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Un sur trois

Sebastien Josse - BT
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Bonne Espérance dans le sillage
Le franchissement de la longitude du cap de Bonne Espérance est toujours un symbole – que Yann Eliès n’a d’ailleurs pas manqué de fêter en avalant la blanquette de veau qu’il s’était réservée pour l’occasion -. Il s’agit d’un des trois grands caps qui ponctuent le parcours du Vendée Globe, un cap qui fleure bon l’histoire et la vieille marine, mais qu’aucun des navigateurs n’a évidemment aperçu ce matin. De BT à Brit Air, les leaders sont passés 600 milles au sud de la pointe sud-africaine, avec une seule idée en tête : peaufiner leur trajectoire. Le temps de référence Départ-Bonne Espérance réalisé en 2004 par Vincent Riou en 24 jours 2 heures et 18 minutes, n’a donc pas été battu, puisque " Jojo " cumulait ce matin un temps de course de 26 jours, 19 heures et 38 minutes.

Dick se démarque
Après un épisode météorologique compliqué vendredi, qui a ralenti les leaders à tour de rôle, le train dépressionnaire est de retour et propulse à nouveau l’ensemble du peloton de tête, qui déboule vers l’est à 16 ou 18 nœuds moyens. Le skipper de BT qui a repris les commandes ce matin, emmène une troupe dispersée sur 200 milles du nord au sud, un étalement qui reflète les divergences stratégiques d’ici la porte des Kerguelen – deuxième porte des glaces- à 156 milles des étraves. L’option la plus radicale est celle de Mike Golding (Ecover) et surtout de Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) qui ont plongé dans le sud à la recherche d’un vent plus fort et d’un angle plus favorable, propices à faire grimper les compteurs. Ce matin, " J-P " côtoyait le 47e degré sud, à quelques poignées de milles des icebergs repérés par CLS Argos. Une position qui faisait – glaces mis à part – quelques envieux.

Le grand sud au rythme d’une fabuleuse régate
Côté vie à bord, la routine du grand sud s’installe sous un ciel uniformément gris et une houle qui s’est organisée. Le froid et l’humidité se font de jour en jour plus présents, obligeant certains à se calfeutrer, à l’image de Marc Guillemot ( 11e à 181 milles) qui a cloisonné son habitacle avec une toile, lui permettant désormais de circuler en charentaises devant sa table à cartes. Joints à la vacation du jour, Sam Davies ou Loïck Peyron confiaient s’être totalement habitués aux vents soutenus et aux vitesse élevées. Même remarque chez Michel Desjoyeaux, qui indiquait ne pas forcer pour faire avancer Foncia à des moyennes toujours un à deux nœuds supérieures à ses camarades. Mich Desj’ occupe désormais la 9e place après avoir doublé Armel Le Cléac’h. Il est sur le point d’en faire autant avec Mike Golding et n’est plus qu’à 89 milles de la tête de course. Incroyable ! De son côté, Bernard Stamm (15e à 562 milles) observait Sam Davies dans son viseur et n’avait pas l’intention de se montrer particulièrement galant avec la navigatrice anglaise. Mais cette " routine " du sud est aussi faite de doutes sur l’opportunité d’adapter sa voilure au moindre changement de vent, d’interrogations sur la pertinence de sa trajectoire quand on voit les adversaires prendre la tangente, de dilemmes quant au repos à s’accorder. La compétition est si intense, la flotte est si compacte, que " tout le monde se bat pour le moindre pouillem de mille " expliquait Sébastien Josse. Après 27 jours de course, à l’entrée de l’océan indien, cette situation est aussi ahurissante qu’inédite.

Les premiers au pointage de 16 heures le 06/12/08
1- Sébastien Josse (BT) à 17,324 milles de l’arrivée
2- Yann Eliès (Generali) à 25 milles du leader
3- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 40milles
4- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 41,3 milles
5- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 53,3 milles

Les premiers étrangers
8- Mike Golding (Ecover) à 83 milles
12- Dominique Wavre (Temenos II) à 212,7 milles
13- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 420,7 milles

Chacun son tour aux commandes

Yann Elies - Generali
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Pointe à 30,44 nœuds pour Foncia
Chose promise, chose due. Hier soir et cette nuit, le vent a escaladé l’échelle de Beaufort pour atteindre les 40 nœuds et dans une mer désordonnée, les monocoques ont frôlé l’excès de vitesse. Dans un message envoyé au petit matin, Michel Desjoyeaux (10e à 21 milles de Golding) annonçait avoir battu le record de son propre bateau, avec 30,44 nœuds affiché sur son GPS ! " A quand les 35 nœuds " se demandait en trépignant le skipper de Foncia ? Mais la vitesse a un prix et quelques violents enfournements dans les vagues ont rappelé à l’ordre des marins qui péchaient par excès de griserie.

Josse et Eliès qui naviguent en couple depuis jeudi ne se quittent plus d’une semelle. Aussi, devait arriver ce qui arriva : Generali a pris le dessus avec deux infimes milles d’avance sur son ancien lièvre BT ! Qui aurait pu croire à ce fantastique match racing par 43 degrés de latitude sud ? Très rapide cette nuit, Loïck Peyron a retrouvé de sa superbe, en même temps que sa place dans le trio de tête. Il n’est qu’à 12,8 milles d’Eliès. Toujours plus véloce ce matin, il s’est calé sur une trajectoire au nord de ses adversaires.

Portant stratégique par 43° sud
Car désormais, c’est chacun sa voie pour aller chercher la deuxième porte de sécurité des Kerguelen, 589 milles devant.

Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) a littéralement plongé au sud, et se retrouve sur le 45e, au risque de flirter avec le centre de la dépression (où le vent est quasi absent) qui a balayé la flotte cette nuit. Le top 10 est désormais dispersé sur 250 milles entre Dick au sud et Le Cléac’h/Peyron au nord. C’est reparti pour une formidable régate de portant, dans une brise qui ne cessera de fraîchir aujourd’hui.

Dans moins de 24 heures, les leaders auront franchi la longitude du premier des trois grands caps qui jalonnent ce tour du monde. Bonne Espérance est à moins de 300 milles des étraves !

Les premiers au pointage de 05h00 le 05/12/08 :
1- Yann Eliès (Generali) à 17 757 milles de l’arrivée
2- Sébastien Josse (BT) à 2 milles du leader
3- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 12,8 milles
4- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 51,5 milles
5- Jean le Cam (VM Materiaux) à 64,4 milles

Cap sur le Costa Rica pour la Transat Jacques Vabre 2009

Depart Prologue
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La Mer des Caraïbes comme dernière ligne droite et le Costa Rica à la clé    
Après quatre éditions vers la Colombie, puis quatre encore, à destination du Brésil, la flotte de la Transat Jacques Vabre mettra le cap sur Puerto Limon, Porte d’entrée du Costa Rica de la côte des Caraïbes.
Puerto Limón, ou simplement Limón est la capitale de la province du même nom. Paradis naturel situé au centre de la cote caribéenne du Costa Rica, cette province est formée par un mélange de denses forêts tropicales, d’imposantes montagnes et de plages paradisiaques. La région la plus exubérante de Limón est sans doute le Parc National de Tortuguero, une immense étendue lacustre composée de canaux naturels, qui est aussi le lieu privilégié de ponte des tortues vertes.
En 1852, le port de Limón fut aménagé en port de commerce, pour transporter le café produit dans la Vallée Centrale de San José et il devint un port essentiel pour la vie économique du Costa Rica et le plus bel exemple de la rencontre multiculturelle vécue par la région au cours de l’histoire.
En 1872 arrivèrent à Limón les premiers afrocaribéens  pour participer à la construction de la voie ferrée. C’est ainsi que commença une immigration qui donne à cette province son caractère ethnique et culturel si varié.

Deux départs, deux parcours
Deux catégories de bateaux seront au rendez-vous : les monocoques et les multicoques. Comme de coutume, il y aura deux départs et deux parcours. Les monocoques (60 pieds Imoca et les Class 40) quitteront le port du Havre le 7 novembre pour un départ à 14 heures. Quant aux multicoques (60 pieds Orma et Class’ 50 Open), ils  rejoindront la ligne de départ le lendemain, dimanche 8 novembre, pour s’élancer à 14 heures également.
La course poursuite s’engagera immédiatement avant même d’avoir quitté la Manche. Ensuite, place au large, pour une traversée de l’Atlantique express à l’issue de laquelle les deux flottes auront toutes les deux une marque de passage imposée différente : les monocoques devront laisser la République Dominicaine à tribord, tandis que les multicoques laisseront la Barbade à tribord également. Soit un parcours de 4730 milles pour les monos et  5005 milles pour les multis.
Les navigateurs ne passeront ainsi plus l’équateur, et n’auront donc pas à négocier avec l’épouvantail que constitue le Pot au Noir. En revanche, ils seront confrontés à un dilemme : choisir entre la route nord et ‘l’autoroute du sud’, celle des alizés, plus longue, mais plus confortable.

Une passion intacte
Depuis sa création en 1993 et après déjà 8 éditions, la Transat Jacques Vabre n’a cessé de progresser à tous les niveaux. Que ce soit en termes de participants (avec 62 inscrits en 2007, contre 36 en 2005), d’engouement du public ou encore de la qualité du dispositif média. La passion reste donc intacte. Avec un pays si authentique que le Costa Rica pour nouvelle destination, les marins, partenaires et organisateurs de la Transat Jacques Vabre ne peuvent être qu’impatients à l’idée d’être en 2009…
 

Loïck Peyron remet la main sur le Vendée Globe

Gitana 80 Peyron start VG
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Dans un tour du monde par les trois caps (Bonne-Espérance, Leeuwin et le célèbre Horn), le passage du premier cap marque l’entrée dans l’Océan Indien. L’océan le plus redouté au monde pour la violence de ses éléments. Pas de photo souvenir au passage de ce cap qu’ils laisseront cette nuit (ou demain matin) à près de 500 milles dans leur nord (l’équivalent d’un Paris-Perpignan). C’est donc un passage symbolique qui confirme aux solitaires – au cas où ils en douteraient – qu’ils sont véritablement entrés dans les mers du sud et les 40es Rugissants. Albatros, ciel gris et grands surfs endiablés ponctuent désormais le quotidien des marins. A la vacation du jour, nombre d’entre eux racontaient des surfs aux alentours de 30 nœuds ! Des vitesses hallucinantes pour des monocoques ! Bienvenue dans le Grand Sud… Si ce n’est quelques îles éparses et inhospitalières, la prochaine terre s’appelle l’Australie, à plus de 4500 milles au loin.

Peyron, le retour
Jeudi soir, Sébastien Josse (BT) menait la course, avant de céder les rênes à Yann Eliès (Generali, 7e leader différent) à 5h ce matin, puis à Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 11h. C’est le 20e changement de leader depuis le départ en 26 jours de course ! Peyron, qui n’a quasiment jamais quitté le trio de tête, a profité de son décalage au nord de ses adversaires pour s’échapper pendant que la plupart d’entre eux étaient fortement ralentis par une bulle sans vent. Toute la journée, les vitesses disparates traduisaient l’instabilité des conditions météo. 15 nœuds pour les uns (Peyron, Le Cléac’h) et 3 à 5 nœuds pour les autres (Dick, Le Cam, Jourdain, Golding, Eliès) au pointage de 11h. Cinq heures plus tard, le trio de tête était ralenti à 8 nœuds tandis que leurs poursuivants redémarraient entre 9 et 14 nœuds. La faute à une bulle anticyclonique venue semer le trouble sur le groupe de tête. Inévitablement, avec des écarts aussi serrés depuis le début, les classements s’en ressentent immédiatement. Mais pas de quoi inquiéter les navigateurs du Vendée Globe qui savent que cette régate au contact est loin d’être finie.

Un rythme d’enfer
Si les premiers impriment un rythme élevé à la course, le peloton et les retardataires ne sont pas en reste. 22e, Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve), qui aura ce soir doublé son 4e adversaire depuis son retour en course, était une nouvelle fois le plus rapide sur 24 heures, juste devant Derek Hatfield (Algimous Spirit of Canada), 23e. Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) a pour sa part doublé Dee Caffari (Aviva) et pointe désormais en 15e position.

Les 5 premiers au pointage de 16h00:

1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 17628 milles de l’arrivée

2- Sébastien Josse (BT) à 44,9 milles du premier

3- Yann Eliès (Generali) à 58,2 milles

4- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 68 milles

5- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 87,8 milles

Les premiers étrangers:

8- Mike Golding (Ecover) à 128 milles

12- Dominique Wavre (Temenos) à 260 milles

13- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 445 milles

Ecarts infimes et affluence à la porte

Sebastien Josse - BT
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Ça croise dans tous les sens aux abords de la porte de sécurité glaces que sept concurrents ont respectée depuis mercredi après-midi. Ce matin, au sein des 10 hommes de tête, seuls Jean- Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), Loïck Peyron (Gitana Eighty) et plus loin Michel Desjoyeaux (Foncia) devaient encore se soustraire à cette obligation, à savoir, laisser un point de cette ligne virtuelle à tribord.

Les trajectoires des leaders forment sur la cartographie un vrai sac de nœuds et le pointage de ce matin révèle quelques évolutions dans le classement.

Sébastien Josse (BT), n’est plus qu’un fragile leader au regard de ces 1,7 milles d’avance sur son nouveau second Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac), très rapide sur une heure avec 17,7 nœuds au compteur. Troisième, à 3,7 milles, Yann Eliès (Generali) navigue littéralement bord à bord avec Josse. Les deux hommes ont plongé vers le sud pour aller chercher du vent plus fort, de même que Jourdain, Riou et Golding.

Vitesses disparates

Une seule chose est sûre : le skipper de BT est toujours plus lent que ses poursuivants (plus de deux nœuds en moyenne), d’où un retour tonitruant de quelques-uns dans son tableau arrière, à l’instar de Loïck Peyron et Jean Le Cam qui ont gagné une trentaine de milles dans la nuit.

Deuxième certitude ce matin : les vitesses de progression sont toujours aussi variables. Il y a fort à parier que le vent soit très irrégulier sur le plan d’eau. Dans un message envoyé cette nuit, Michel Desjoyeaux (10e à 154 milles) relatait des transitions rapides de 20 à 30 nœuds, d’où des manœuvres incessantes de changement de voile. Il suffit d’être un temps sous-toilé, ou simplement moins bien servi par Éole que ses camardes, pour perdre immédiatement 1, 2 voire 3 nœuds de vitesse.

Troisième (quasi) certitude: avec des écarts aussi infimes et des options nuancées sur la route du cap de Bonne Espérance, les pointages de la journée devraient continuer de semer le trouble dans la hiérarchie.

Les premiers au pointage de 05h00 le 04/12/08 :
1- Sébastien Josse (BT) à 18090 milles de l’arrivée
2- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 1,7 milles du leader
3- Yann Eliès (Generali) à 3,7 milles
4- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 21,9 milles 
5- Jean le Cam (VM Materiaux) 46,5 milles

(source Vendée Globe)

Le nouveau Course Au Large est en kiosques

Course Au Large N° 33
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Ce dernier numéro de Course Au Large fait évidemment la part belle au Vendée Globe qui s´est élancé des Sables d´Olonne le 9 novembre dernier. Outre les plus belles photos du début de course et le récit complet des deux premières semaines, les journalistes de la rédaction s´intéressent par exemple à la gestion du physique et du mental des coureurs. Ils expliquent aussi comment les solitaires font leur route, sans assistance, avec leurs nouveaux logiciels de météo et de navigation ou bien encore, en amont, pourquoi le contrôle des composites est devenu si important et comment il se pratique. Une grande partie des « ils ont dit » chers à nos lecteurs sont évidemment aussi consacrés à cette « course du siècle».

La Volvo Ocean Race, elle, est d´une intensité rare – comme le prouvent les images d´un portfolio spécial sur l´engagement extrême des marins lors de la première étape. Course Au Large revient sur cet événement, tente de décrypter ce qui a fait le succès et les déconvenues des différents teams.

Autre circumnavigation évoquée dans nos colonnes : la tentative de Thomas Coville contre le record planétaire de Francis Joyon. L´étude de l´infernal tempo à tenir et l´interview du skipper du trimaran Sodeb´0 sont diablement instructifs. Comme l´est encore l´entretien avec Lionel Lemonchois, grand témoin de la rubrique « Parole de skipper » dans cet opus. Le dossier historique, lui, est consacré au Golden Globe 1968, l´ancêtre des courses autour du monde en solitaire, épreuve qui fabriqua autant de légendes qu´il y avait alors de concurrents.

Les amateurs de courses en IRC ne seront pas déçus non plus, avec leur cahier spécial, mais aussi – salon oblige – un panoramique des nouveaux coursiers performants dans cette jauge. Les rubriques équipements, écrits du large et essai du pro ont été encore renforcées à l´occasion du Nautic. Et toujours vos rendez-vous habituels : ils ont dit, actualités, portfolio, Cahier IRC, nouveautés….

En kiosques ce jeudi 4 décembre.

Bonnes lectures.

La rédaction

Pointe à 52 noeuds… et crash pour le Sailrocket !

Sail Rocket
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Sur le plan d’eau les conditions étaient parfaites et l’équipe envisageait certes une bonne journée, mais pas vraiment les résultats obtenus. Après une courte attente, le vent est arivé et l’équipe était déterminée à viser le record, comme Paul Larsen raconte : “ce n’était plus un run d’entraînement, mais une tentative de battre le record absolu. Le rêve. Il fallait faire un peu plus, chercher à l’intérieur de soi-même, bien évaluer la performance…Le moment arrive. Le vent suffit pour offrir une bonne trajectoire sur le plan d’eau. Et voilà, nous sommes partis. Vraiment une affaire de solitaire maintenant. Le Sailrocket avance bien et j’ai une bonne vue de ce qui se passe devant moi, depuis les changements effectués au gréement pour empêcher l’étrave de se lever. Et effectivement, le bateau a une bonne assiette. Il est bien contrôlé. Une rafale, qui le fait dévier un petit peu, mais je peux le ramener sur la trajectoire. Le bateau fume, mais reste équilibré. Je continue pour être sûr de pouvoir enregistrer une vitesse sur 500 mètres…et puis je choque. On ralentit sans abattre. Je suis assez surpris par les données sur le GPS. Cela indique une vitesse de 48,90 nœuds et une moyenne de 47,35. Ce n’était que plus tard que nous avons vérifié les GPS à bord et nous que nous avons vu des vitesses régulières de plus de 50 nœuds et une pointe à 51,76 nœuds. Nous avons réalisé une moyenne de 46,4 sur 1000 mètres avec un vent moyen de 22 nœuds.

52 noeuds avant le crash !

Pour la seconde tentative, on avait des rafales de 25 nœuds pour le départ. Quelle accélération! Elle a atteint 52 nœuds avant que l’étrave ne se lève. Je vole. J’attends l’atterrissage. Mais cela ne vient pas. Le nez de plus en plus en l’air…jusqu’au vertical. Je ne suis qu’un pauvre passager. Plus de bruit, le silence total et on boucle la boucle. Je sens que je suis à l’envers, mais cela prend du temps….Je me dis “il faut sortir de là, rapidement”. L’impact est brutal. Je sors rapidement. Un peu meurtri et avec des bleus, mais tout va bien. Par contre le casque est cassé…

On était content de voir que le GPS marchait encore, malgré son immersion. Nos données sont bel et bien enregistrées. J’avais peur que tout soit perdu. Nous étions donc le bateau le plus rapide de la planète. On a empoché quelques records, mais nous n’avons pas réalisé notre objectif de devenir le numéro un absolu.”

A noter que ces vitesses sont toutes en attente d’homologation par le WSSRC.

La deuxième porte des glaces décalée dans le nord

iceberg barcelona race jean pierre dick
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La porte des glaces Kerguelen a donc été décalée comme suit : elle sera positionnée par 46°S entre les longitudes 25°E et 34°E, ce qui correspond à une remontée dans le nord de la porte d’environ 130 milles (soit une distance d’environ 230 km) et dans l’ouest de 600 milles soit environ 1000 km. La mise en place des portes correspond à la volonté de l’organisation d’éviter au maximum les risques de rencontres avec des growlers, plaques de glace dérivantes détachées d’icebergs isolés. Etablies au départ en fonction des données statistiques dont disposait l’organisation, elles pouvaient être éventuellement déplacées en fonction des nouvelles données fournies par CLS, chargé pour le compte de la course de faire une observation en temps réel des glaces dans les mers du sud. C’est ce cas de figure qui se présente aujourd’hui par la conjonction de deux phénomènes ;
- Premièrement, les dernières observations ont permis de détecter deux icebergs -et donc des risques de glaces dérivantes aux alentours- légèrement au sud de l’orthodromie, route la plus courte d’une porte à l’autre.
- Deuxièmement, les données météorologiques font apparaître que la route la plus rapide pour rallier ces deux portes serait d’empanner directement dès le passage de la première porte des glaces pour aller chercher des vents nettement plus favorables au sud.
Cette analyse partagée par la direction de course du Vendée Globe, Sylvain Mondon de Météo France, Louis Mesnier de CLS et Alain Gautier, consultant sécurité pour l’épreuve, a donc conduit logiquement à cette modification de parcours. L’ensemble des concurrents a été averti ce soir par un message écrit sur Inmarsat doublé d’un e-mail. Le décalage dans l’ouest de la porte est justifié par la nécessité de permettre aux concurrents de ne pas s’approcher par la suite trop près des hauts-fonds de l’Archipel des Kerguelen.

Extrait de l’article 8.2.2 des instructions de course du Vendée Globe 2008-2009
Pour signaler un changement de parcours, la Direction de Course a envoyé à tous les concurrents avant le passage de la porte précédente, un message écrit sur Inmarsat ” C ” et sur e-mail du bateau, éventuellement doublé par instructions verbales notamment par téléphone satellitaire…

Les six premiers en 100 milles

BT - Sébastien Josse / VG
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Ils y sont : l’Océan Indien commence à devenir une réalité tangible. Aux lumières basses et aux vols des albatros sont venus s’ajouter un vent forcissant et une houle qui a pris de l’amplitude. Comme les vitesses des concurrents. Même si la nuit incite à la prudence, on a pu voir avant le coucher du soleil des solitaires flirter régulièrement avec la barre des vingt nœuds de moyenne. Le premier passage de front a permis à la tête de flotte d’accélérer la cadence et de creuser un nouvel écart avec les poursuivants. Marc Guillemot (Safran) et Michel Desjoyeaux (Foncia) pointent en effet ce matin à plus de 200 milles de Sébastien Josse qui semble se plaire dans rôle de leader. Plus loin encore, Sam Davies (Roxy) et Brian Thompson (Barhain Team Pindar) peinent à s’extraire des calmes générés à l’arrière du petit front qui les a rejoint hier. Il semble que rien n’est acquis à voir la valse des classements d’une journée à l’autre : à cinq heures, 13 malheureux petits milles séparaient le cinquième Roland Jourdain (Veolia Environnement) du huitième Jean Le Cam (VM Matériaux). Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), quant à lui, a dévoilé ce matin que son bout-dehors avait de nouveau été endommagé. Le navigateur suisse qui a détecté le problème à l’entrée du pot-au-noir n’a pu remplacer les tissus de carbone affectés qu’hier, compte tenu des vents rencontrés. Bernard croise maintenant les doigts pour que la réparation tienne.

Mais l’information qui taraude tous les esprits est bien la modification de la position de la deuxième porte des glaces dite Porte de Kerguelen. De toute évidence, les effets du changement climatique sont perceptibles, qui amènent de plus en plus fréquemment des icebergs à des latitudes inhabituelles. Devant cette situation atypique, la direction de course a pris ses responsabilités en modifiant, comme prévu aux instructions de course la position de la porte des Kerguelen.

Classement du mercredi 3 décembre à 5 heures :
1- Sébastien Josse (BT) à 18368 milles de l’arrivée
2- Yann Elies (Generali) à 41,9 milles du premier
3- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 43,2 milles du premier
4- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 67,2 milles du premier
5- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 84,3 milles du premier

Sélection internationale :
9- Mike Golding (Ecover) à 112,5 milles du premier
12- Dominique Wavre (Temenos II) à 253,8 milles du premier
13- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 490,1 milles du premier

Rappel du communiqué diffusé hier à 21h

La porte des glaces dite de Kerguelen a été décalée comme suit : elle sera positionnée par 46°S entre les longitudes 25°E et 34°E, ce qui correspond à une remontée dans le nord de la porte d’environ 130 milles et dans l’ouest de 600 milles.

La deuxième étape s’achève

Ericsson 4
DR

Inédit en compétition à voile, cette remonté nord-nord-est de l´Océan Indien a été vécu avec plus ou moins de bonheur et de chance par les 8 concurrents de l´épreuve. Il aura fallu entre 15 et 17 jours de mer pour venir à bout de quatre systèmes météo bien distincts. Commencée dans le chaos des Quarantièmes, agrémenté (?) des effets du très fort courants contraire des Aiguilles le longs de la côte sud-est de l´Afrique, la course s´est poursuivit par une belle chevauchée dans les alizés de sud-est, avant d´être arrêtée net par le Pot au Noir indien (sauf pour E4 et T Blue !) pour enfin finir dans les dévents thermiques le longs des côtes indiennes. Bref comme l´a souligné le navigateur d´Ericsson 4 : « Une étape qu´on aborde au début comme un lion et qu´on termine humble comme un agneau ».

Grand vainqueur de l´étape, Ericsson 4 a semblé survoler les débats. Il moissonne le maximum de points sur cette troisième manche après avoir franchi en tête le 58° méridien, marque de passage intermédiaire, puis en coupant la ligne d´arrivée en vainqueur. Ce sans faute renforce le leadership de Torben Grael et de l´équipage international de l´Ericsson Racing Team avec 26 points au compteur au classement général provisoire.

Grand déçu de cette troisième manche, Puma, victime d´une avarie de structure au premier tiers du parcours, et qui est arrivé à l´arrachée en 5ème position à Cochin. Avec le cumul des points du passage intermédiaire et le classement d´étape, l´équipage américain n´empoche que 5 points sur cette étape, alors que Telefónica Blue, second à Cochin engrange 9 points, ce qui lui permet de se hisser à la seconde place du classement général, à 1 point devant Puma, relégué à la 3ème position du général avec 18 points.

Green Dragon, dont la rupture de bôme en début d´étape a largement hypothéqué les performances sur ce parcours indien s´est classé 7ème à Cochin et prend la 4ème place au général avec 16 points.

Ericsson 3, 3ème à Cochin prend la 5ème place au général avec 14,5 points. Un total surprenant quand on sait que le second VO 70 du Team suédois avait été frappé d´une forte pénalité en points pour non-conformité de quille au départ d´Alicante. Ce jugement avait empêché l´équipage d´engranger de précieux points à l´issue de l´in port d´Alicante, du passage des Iles Fernando de Noronha et à l´arrivée à Cape Town. Le mal étant réparé par le remplacement d´un nouveau voile de quille en Afrique du Sud, l´équipage des « nordiques » d´Ericsson 3 semble parfaitement disposé à jouer les épouvantails au côté de son alter égo International.

Le 6ème VO 70 au classement général avec 13,5 points, est Telefónica Black, arrivé 4ème à Cochin, suivi ex aequo, avec 7,5 points, Delta Lloyd et Team Russia, avec un avantage à Delta Lloyd en cumul de meilleures places qui prend donc la 7ème place.

Peu avant l´arrivée de Team Russia au ponton, le village course de cette escale indienne venait d´être inauguré en grande pompe devant un public très nombreux, et qui ne cesse d´augmenter depuis l´arrivée des premiers concurrents. Il faut dire que le Team Ericsson avait fait les choses en grand pour fêter la victoire d´Ericsson 4 en commandant quelques éléphants pour venir saluer la performance de leurs navigants. Cochin marque la première visite de la Volvo Ocean Race/Whitbread Round the World Race en Asie en 35 ans d´existence. Les célébrations de l´inauguration du village ont largement été à la hauteur d´une telle première.

Après quelques jours de repos, la course reprendra ses droits avec le départ de la 3ème étape, le samedi 13 décembre, cap sur Singapour avec 1 950 milles devant les étraves.

Classement de l´étape Le Cap – Cochin

1. Ericsson 4

2. Telefónica Blue

3. Ericsson 3

4. Telefónica Black

5. Puma

6. Delta Lloyd

7. Green Dragon

8. Team Russia

Classement général provisoire après les arrivées à Cochin

1. Ericsson 4: 26 points

2. Telefónica Blue: 19 points

3. PUMA: 18 points

4. Green Dragon: 16 points

5. Ericsson 3: 14.5 points

6. Telefónica Black: 13.5 points

7. Delta Lloyd: 7.5 points

8. Team Russia: 7.5 points

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