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Jean Le Cam recueilli à bord de PRB !

PRB - Vincent Riou / VG
DR

Revêtu de sa combinaison de survie, Jean est sorti tout seul de son bateau. Vincent a fait quatre passages pour tenter de le récupérer. Au quatrième passage, le bout de l’outrigger bâbord de PRB s’est pris dans la quille de VM Matériaux et s’est cassé. Dans la foulée, Jean Le Cam a pu grimper à bord, mais les deux hommes ont dû bricoler pour assurer le gréement et virer de bord rapidement pour éviter que le mât ne tombe. Ils font actuellement cap 110° tribord amures, avec trois ris dans la grand-voile et rien à l’avant, en attendant de réaliser une réparation de fortune du gréement. Armel Le Cléac’h qui était également sur place, s’est mis en route dans leur sillage. ” C’est une histoire incroyable qui se termine bien ” selon les mots d’Alain Gautier, le consultant sécurité du Vendée Globe.

Les opérations de sauvetage de la marine chilienne sont en cours d’annulation. Le pétrolier sur zone depuis ce matin va pouvoir reprendre sa route. L’hélicoptère a rebroussé chemin, de même que le remorqueur de la marine chilienne qui devait arriver sur VM Matériaux mercredi matin.

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Le Forum « Mer en Sécurité » pour innover et débattre.

SNSM
SNSM

Le monde de la sécurité maritime est invité par la SNSM à débattre et innover pour améliorer la sauvegarde de la vie humaine en mer.

C’est une première en France, Le Forum « Mer en Sécurité » associera pour une journée exceptionnelle de travail et d’échanges autour des sauveteurs en mer, tous les acteurs publics et privés concernés par la sécurité maritime.

La Villette ouvrira sa Cité des Sciences et offrira ses bassins aux nombreux participants attendus le Mardi 3 mars 2009, qu’ils soient acteurs opérationnels du sauvetage en mer, industriels du nautisme, chercheurs, usagers professionnels de la mer ou pratiquants de loisirs nautiques, Institutions, fédérations, associations, Ports de plaisance, professionnels du tourisme, médecins, juristes …

Au programme : Rencontres, ateliers-débats, exposition de matériel et d’équipements liés à la sécurité maritime, démonstrations de sauvetage …

La finalité de cette journée : Informer les usagers de la mer sur tout ce qui contribue à leur sécurité ; évaluer les risques et l’efficacité des moyens mis en oeuvre pour les prévenir ; et surtout dégager des axes de recherche, des pistes d’amélioration et des propositions d’actions qui pourront être étudiés tout au long de l’année par tous les acteurs concernés pour améliorer les conditions de sécurité des personnes en mer. Le bilan et la poursuite de ses travaux seront présentés au prochain Forum mer en Sécurité qui sera pérennisé chaque année.

Inscriptions : Forum Mer en sécurité, 31 cité d’Antin – 75009 Paris
Ou www.merensecurite.org à partir du 15 janvier – participation au frais 30 € – déjeuner 30 €

Source SNSM”

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Michel Desjoyeaux a passé le Cap Horn

Desjoyeaux Foncia Cap Horn 2009
DR

56 jours 15 heures 08 minutes : Michel Desjoyeaux (Foncia) a donc été un tout petit peu plus rapide que le vainqueur de l’édition 2004 au passage du cap Horn (56j 17h 13′), alors que le parcours pour arriver jusqu’au début de cette remontée de l’Atlantique est plus long de 1 200 milles… Deux heures de gagner en quatre ans mais des moyennes pour traverser l’océan Indien et le Pacifique nettement rehaussées (bilan en milieu de journée). Le vainqueur du Vendée Globe 2000 est donc une nouvelle fois en tête au passage du cap Horn, et une nouvelle fois devant Roland Jourdain (Veolia Environnement) qui devrait concéder environ huit heures au leader. Car la très forte brise de Nord-Ouest du week-end a fait place à un vent d’Ouest 20-25 nœuds, nettement plus maniable bien que la mer soit encore très désordonnée au large des côtes chiliennes. Après un petit contre-bord pour parer la falaise sinistre de ce bout du bout du monde, Michel Desjoyeaux remontait vers le détroit de Le Maire, mais il n’était pas encore acquis qu’il passe à l’intérieur de l’île des Etats : la brise devrait légèrement mollir derrière la pointe patagone avec l’installation provisoire de hautes pressions…

Temps compensé pour Marc Guillemot et Sam Davies


Après avoir longuement délibéré en faisant appel aux données fournies par la Direction de Course et aux informations météorologiques établies par Météo France, le Jury International a décidé que Marc Guillemot (Safran) recevait une bonification de 82 heures qui devra être retranchée de son temps de course, tandis que Samantha Davies (Roxy) recevra 32 heures. Au vu des écarts de plus de 1 300 milles pour Sam et de plus de 1 700 milles pour Marc par rapport à leurs concurrents directs qui les devancent, Armel Le Cléac’h (Brit Air) et Vincent Riou (PRB), cette bonification ne devrait pas changer la hiérarchie dans l’immédiat. En revanche, si Marc Guillemot décide de faire un nouvel arrêt technique pour réparer son rail de grand voile arraché, il devra compter les heures car il concède ce lundi 300 milles à Samantha soit environ la moitié du différentiel de bonification (50 h)… À vos calculettes !

Ils ont dit:

Michel Desjoyeaux (Foncia) par mail ce lundi matin au passage du cap Horn.
” Ça y est, comme on dit chez les Broken Arms : “ça, c’est fait”. Foncia vient de rentrer en Atlantique. Il était 3h 10 TU quand je suis passé dans le Sud du Cap : temps à grains avec 35-40 nœuds, grains à 45 noeuds, il faisait nuit comme un lundi, donc vous n’aurez ni photo, ni vidéo de ce caillou perdu tout en bas. Les deux feux fonctionnent, celui du cap et celui de la pointe Est. La mer est enfin plate, le vent est enfin raisonnable : 23 nœuds, du petit temps, direz-vous ! En route pour de nouvelles aventures vers le haut.”

Classement du lundi 5 janvier à 5h00
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 7 017,4 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 120,4 milles
3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 481,9 milles
4- Vincent Riou (PRB) à 713,4 milles
5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 727 milles

Premiers étrangers
6- Samantha Davies (Roxy) à 2 108,7 milles
8- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2 761 milles
9- Dee Caffari (Aviva) à 2 957,3 milles

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De nouveau deux jours de retard pour Thomas Coville

Thomas Coville - Sodebo
DR

Au large de l’Amérique du sud, le skipper d´IDEC avait lui aussi mangé son pain noir, progressant difficilement face au vent et dans une mer « casse bateau ». Trois jours avant de couper l´équateur, Joyon racontait : « J’ai eu toute la nuit des grains très violents sous de sombres nuages, et l’allure du bateau était très inconfortable, avec de très gros chocs dans les vagues.» (source IDEC) Une situation qui fait parfaitement écho à celle que vit actuellement Thomas Coville, pénalisé par des conditions « très changeantes avec des alizés capricieux, perturbés par des grains et ça cogne de partout dans les sessions au près. »

950 milles de déficit

Sodeb´O et IDEC suivent désormais des routes parallèles mais le déficit du « challenger », qu’il avait réussi à réduire autour des 300 milles, vient de tripler en 48 heures. L´écart s´élève désormais, ce lundi 5 janvier, à un peu plus de 950 milles après avoir perdu une dizaine d´heures depuis hier dans une succession de nuages orageux. La tendance pourrait s´inverser dans les jours qui viennent, car dans la zone « roulette russe » du Pot au Noir, le détenteur avait ralenti suite à la rupture de sa drisse de grand voile et surtout du problème de fixation d’un hauban, qui menaçait de faire démâtêr IDEC. Mais pour l´instant, le skipper de Sodeb´O navigue toujours dans le Sud de l´équateur et traverse une nouvelle transition météo complexe, en attendant que l´alizé se stabilise. Rappelons que Francis Joyon avait coupé l´équateur avec 12 jours d´avance sur le tableau de marche d´Ellen MacArthur… Un an plus tard, Thomas Coville flirte, lui aussi, avec l´exceptionnel, même si « les records et notamment celui de Francis sont devenus si difficiles à battre. » A 4 400 milles de l´arrivée alors qu’il entame son 49e jour de mer, Thomas Coville continue de se démener, même si rien est simple et que l´enchaînement météo se fait une fois encore aux forceps. « Je vais me battre jusqu´au bout. J´ai voulu faire ce trip et vais continuer à me donner à fond pour exploiter les conditions au mieux et garder le rythme. »

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Desjoyeaux et Jourdain de retour en Atlantique

Roland Jourdain - Veolia Environnement
DR

Michel Desjoyeaux a franchi ce lundi matin à 4h10 (heure française), la longitude du troisième et dernier des grands caps de ce Vendée Globe suivi de Roland Jourdain qui lui emboîtait le pas, à 13h00 très exactement. Le skipper de Foncia a eu beau s’approcher du rocher autant qu’il le pouvait, c’est dans l’obscurité totale qu’il a doublé le cap Dur, sans pouvoir l’immortaliser. Bilou en revanche, croisait ses cailloux chéris en plein jour, et se réjouissait en chantant, malgré la grisaille, de mettre le clignotant à gauche.

Les deux hommes de tête sont apparus alertes et très détendus lors de la vacation et de la visioconférence du jour, célébrant leur arrivée en Atlantique comme une fête et un soulagement. Les deux tiers du parcours sont dans leur sillage. Ils ont échappé à la casse et il leur reste maintenant 7 000 milles au fil d’un océan certes parsemé de pièges, mais qui reste synonyme de retour à la maison et à la civilisation. ” Ce n’est pas que j’ai mal vécu les mers du Sud, mais il n’y a jamais eu de répit, confiait Michel Desjoyeaux. Ce qui est plaisant, c’est de quitter cette oppression du vent fort, permanent “. En franchissant cette pointe rocheuse symbolique, Mich’ Desj’ a deux raisons de se réjouir, il célèbre aussi son 20e jour de course en tête !

Stratégie compliquée

Passablement ralenti alors qu’il embouquait de détroit de Le Maire – un étroit corridor de 16 milles situé entre la pointe Sud-Est de la Terre de Feu et l’île des États -, il profitait du soleil et des vents calmes pour ranger, matosser et vérifier Foncia, sans trop se soucier du retour de Bilou, presque deux fois plus rapide que lui. Entre le pointage du petit matin et celui de 16h00, ce dernier avait réussi à grappiller plus de 53 milles sur son prédécesseur. Mais ce lundi soir, dans les mêmes parages, le skipper de Veolia Environnement devrait être ralenti à son tour… Les parties de yo-yo et de cache-cache ne font que commencer au sein du tandem de tête qui s’apprête à entamer une remontée de l’Atlantique compliquée stratégiquement.

Jean Le Cam sera le troisième sur la liste du Horn, une délivrance qu’il appelait de ses vœux et qui devrait intervenir dans la journée de mardi. A bord de son bateau rose fuchsia, le skipper de VM Matériaux avouait avoir connu une nuit mouvementée aux abords des côtes chiliennes et ce matin, il décrivait à sa manière très imagée ” des grains colossaux ” et les contrastes violents de son environnement, que ce soit dans les lumières ou la force du vent.

Vincent Riou (PRB), quelques milles devant son éternel compagnon de route Armel Le Cléac’h (Brit Air) relatait lui aussi des conditions instables et musclées. Les deux hommes devront encore patienter 48 heures pour retrouver l’Atlantique

82 heures pour Marco, 32 pour Sam

En 6e et 7e position à plus de 2 000 milles de la tête de course Samantha Davies et Marc Guillemot se sont réjouis des bonifications en temps accordées par le jury international du Vendée Globe (32 heures pour la première, 82 pour le deuxième) suite à leur détournement pour porter assistance à Yann Eliès. La navigatrice anglaise, toujours de bonne humeur, semblait à peine contrariée par les allures de près qui freinaient aujourd’hui sa progression vers la dernière porte du Pacifique. Quant au navigateur de Safran, il confirmait son intention de s’arrêter juste après le passage du cap Horn ou bien aux Malouines pour réparer son rail de mât arraché au niveau du 3e ris… avec ses deux mouillages laissés à Auckland Island, ‘Marco’ n’est pas au bout de ses peines.

A l’Ouest de la carte, les Anglais Dee Caffari (Aviva) et plus loin Steve White (Toe in the Water) profitaient d’une journée de navigation idyllique dans la Pacifique. Ce 57e jour de course était en effet celui d’une relative et bienvenue accalmie sur une bonne partie de la flotte. Seuls malchanceux de l’histoire, Norbert Sedlacek et Raphaël Dinelli : en queue de peloton, à 6 000 milles des hommes de tête, les deux marins ont fait ce matin leur entrée dans l’océan Pacifique. Ils vont subir deux forts coups de vent successifs, avec 35 à 45 nœuds d’Ouest et de fortes rafales, accompagnés d’une mer très forte.

Voix du large…

Michel Desjoyeaux (Foncia), 1er à 6904 milles de l’arrivée « Je me prépare à passer par le détroit de Le Maire. Le temps est mou et le ciel est grand bleu… ce qui ne fait pas de mal pour bricoler et sécher. Sortir des mers du Sud n’est jamais désagréable, car si on n’est pas vraiment mal là-bas, on est tout de même content que ça s’arrête. Je me souviens la dernière fois avoir eu des conditions difficiles mais avec des moments de calme. Tandis que cette fois-ci, le manque de répit m’a tapé sur le système. Mais bon : il reste encore un mois de course avant de rentrer. »

Roland Jourdain (Veolia Environnement), 2ème à 76,8 milles du leader « Je vois le Cap Horn. Il y a un grain, mais je suis content de voir les cailloux et la pointe. En même temps depuis hier, je me dis que je ne reviendrai pas là-bas de si tôt. Mais ça fait plaisir pour le bateau. Et puis la vie est belle, je suis deuxième à 100 milles du premier. J’ai hâte de me dégourdir et de faire manœuvres dehors. »

Marc Guillemot (Safran), 7ème à 2348,9 milles « Mes problèmes de rail se sont aggravés en début de week-end. Le rail au niveau du 3ème ris s’est arraché, ce qui montre qu’il y a un souci de structure. Ça m’handicape fortement. Dans Safran, tout est fixé au même endroit, vissé avec le même échantillonnage, donc lorsque la têtière se détache, la grand-voile n’est plus retenue. J’envisage vraiment de m’arrêter. Si je veux continuer à naviguer dans des conditions à peu près correctes, je n’ai plus vraiment le choix. Soit je fais escale après le cap Horn, mais il faut pour cela des conditions météo correctes, soit je le fais aux Falkland, à côté de Port Williams… »

Vincent Riou (PRB), 4ème à 653,2 milles « La mer est agitée et croisée, mais il y a surtout un ciel instable, avec des grains et un vent qui oscille de 35 à 40 nœuds. Quand l’air arrive, ça pousse fort sur le bateau. Je suis presque en route directe. Moi, j’ai vécu deux Pacifique différents. La dernière fois, je n’avais pas eu de tempêtes. Là, j’ai eu un Pacifique agité, avec d’énormes dépressions et de belles tempêtes. Il a fallu adapter les trajectoires. Celui qu’on a vécu cette année est plus conforme aux standards. Je suis content de passer dans l’Atlantique, même si la semaine qui suit le passage du cap Horn est assez sportive, en général. Il faut du temps pour remonter en latitude. Le cap est un passage psychologique. Il va y avoir du boulot et des conditions fraîches. Ce n’est pas le moment de se relâcher. »

Samantha Davies (Roxy), 6ème à 2084,5 milles « Je suis toujours au top moralement. Je sais qu’un coup de spleen peut toujours arriver. Les causes ne manquent pas : en cas de souci sur le bateau, ou si je tape quelque chose, ou encore si j’ai des ennuis avec mon safran. Pour l’instant, tout va très bien. La chance suit Roxy. Je me repose au maximum car, si jamais j’ai un coup dur et que je suis obligée de travailler sans dormir, je serai prête. »

Jean le Cam (VM Matériaux), 3ème à 461,2 milles « Purée ! Il n’y a ni trop de mer, ni trop de vent, mais alors des grains… Des grains de partout, avec du mou. Et ceux-là, il vaut mieux se retourner pour les voir arriver, même s’ils font peur. C’est du colossal. Tout ici est couvert de grains, des caricatures de grains, des monstres ! Par rapport au dernier Vendée, il fait moins froid et, grâce à la Direction de Course, on a été moins obligé de slalomer entre les icebergs. Mais alors niveau météo, on a été servi. Et pour le coup, ça a été très musclé. »

Les premiers au pointage de 16 h :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 6 904,7 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 76,8 milles du leader
3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 461,2 milles 
4- Vincent Riou (PRB) à 653,2 milles
5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 665,9 milles

Sélection internationale :
6- Samantha Davies (Roxy) à 2084,5 milles
8- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2 728,2 milles
9- Dee Caffari (Aviva) à 2 957,5 milles

(source : Vendée Globe)

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Dernier jour dans le Pacifique

Roland Jourdain - Veolia Environnement
DR

Retrouver l’Atlantique, la proximité des côtes, la civilisation des grandes routes maritimes et, surtout, une mer un peu moins déchaînée que celles rencontrées successivement dans les Océans Indien et Pacifique, voilà ce que représente le passage du Cap Horn pour les coureurs du Vendée Globe… Aussi dangereux soit-il, le Cap Horn est attendu avec impatience. Après un mois dans les mers du sud (pour les premiers et deux pour les derniers), il représente un grand soulagement psychologique d’être sorti indemne des tempêtes des mers australes. Comme en 2001, Michel Desjoyeaux (Foncia) devrait franchir le légendaire Cap Horn en chef de file la nuit prochaine. Une dernière journée dans le Pacifique où le vent souffle toujours aussi fort (40 nœuds) et les vagues restent une menace permanente.

Avec 73 milles d’avance sur Roland Jourdain (Veolia Environnement), son plus tenace adversaire, et 452 milles sur Jean Le Cam (VM Matériaux), Desjoyeaux a nettement profité de la traversée du Pacifique pour creuser un écart conséquent avec ses concurrents. A l’entrée du Pacifique, les six premiers se tenaient en 450 milles. Ils ne sont désormais plus que trois sur la même distance. La sixième, Samantha Davies (Roxy), bien que la plus rapide sur les dernières 24h, est reléguée à plus de 2000 milles du leader. Seuls les cinq premiers peuvent encore rêver des honneurs du vainqueur. Et encore, renvoyés à plus de 700 milles de Desjoyeaux alors qu’il reste 7000 milles à parcourir, Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit Air), 4e et 5e, affichent donc un retard équivalent à 10% de la route à parcourir. Sans un bon coup de pouce météorologique, il leur sera impossible de rattraper un tel écart en vitesse pure. Mais la route est encore longue avec toute la remontée de l’Atlantique au programme et cette 6e édition s’est déjà révélée riche en surprises. Et avant ce dernier grand sprint dans l’Atlantique, il faut déjà franchir le Cap Horn et ses parages redoutés. Pour Michel Desjoyeaux, ce n’est plus qu’une question d’heures…

Classement à 5h00 :

1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 7375 milles de l’arrivée

2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 73 milles du leader

3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 452 milles

4- Vincent Riou (PRB) à 701 milles

5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 724 milles

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Desjoyeaux, premier au Horn

Desjoyeaux en tête
DR

Ils ne sont donc plus que quatorze en course mais encore dix-sept en mer puisqu’il ne faut pas oublier Sébastien Josse (BT) et Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) qui font route vers Auckland, le premier à 250 milles de la ville de la Coupe de l’America 2000 et 2003, le second à environ dix jours du port néo-zélandais… Mais le dernier en date à avoir jeté l’éponge est Jonny Malbon, décidément poursuivi par les problèmes techniques depuis quasiment son départ des Sables d’Olonne, le 9 novembre de l’an dernier ! Le jeune Anglais a en effet indiqué à la Direction de Course qu’il avait officiellement abandonné : Artemis fait aussi route vers Auckland, distant de 900 milles environ… Jonny Malbon pourrait être à bon port jeudi prochain. Sa grand voile se désagrège inexorablement et le solitaire sait qu’il n’aura pas d’alternative après la Nouvelle-Zélande jusqu’au cap Horn… En accord avec son sponsor, le Britannique a préféré préserver l’intégrité de son bateau et envisager d’autres courses Imoca pour cette saison à venir.

Horn y soit qui mal y pense…
Le " caillou " est une véritable borne marquant le passage du Pacifique à l’Atlantique, mais il ne suffit pas de le passer : encore faut-il le parer, c’est-à-dire continuer une centaine de milles en plus pour atteindre le détroit de Le Maire ou contourner l’île des Etats. Alors seulement, la mer commence à reprendre des allures moins musclées, des ondulations moins volages, des mouvements plus métronomiques : derrière les tapis de mousse et les forêts primaires de la Tierra del Fuego, les vents sont parfois encore mauvais, mais la houle du Pacifique ne vient plus se fracasser sur le tableau arrière. Les dangers sont encore nombreux et les inconnues incernables jusqu’aux Sables d’Olonne, mais au moins, l’insoutenable lourdeur de l’air n’est déjà plus qu’un souvenir… Le Horn est une obsession, un poids, une angoisse, un nœud au ventre, une falaise sans âme si ce n’est celles qui ont vécu leurs dernières heures, fracassées sur le faux Horn, un promontoire à trente milles dans le Nord-Ouest qui a la fâcheuse apparence de son vrai frère… Plusieurs milliers de navires seraient sédimentés dans les eaux glacées et tumultueuses de ces parages désolés !

Pour Michel Desjoyeaux (Foncia), le Horn n’est plus une découverte car pour la seconde fois, il devrait embouquer le détroit de Drake entre Terre de Feu et péninsule antarctique, en tête du Vendée Globe. Après 2001, ces premiers jours de 2009 marquent une étape importante dans son tour des ondes : Roland Jourdain (Veolia Environnement) reste son plus fidèle dauphin ! Mais si son compagnon était aussi présent il y a huit ans, à la même place et avec un écart similaire, cette fois le vainqueur de l’édition 2000 devra compter sur un concurrent qui n’a pas besoin de mouiller dans une crique pour réparer, ce qui avait été le cas précédemment… Roland Jourdain n’a fait part d’aucun souci technique à bord de son monocoque et ne devrait concéder que six heures environ à Michel Desjoyeaux ! Les 7 000 milles à parcourir jusqu’aux Sables d’Olonne s’annoncent plein de rebondissements.

Horn de bataille…
Car derrière se profile aussi un autre " gars de Port la Forêt " ! Jean Le Cam (VM Matériaux) a beau être distancé de plus de 450 milles, cela peut n’être rien à l’échelle d’un océan aussi impalpable qu’un Atlantique qui a bien le temps de changer de visage au fil des semaines à venir… Certes le skipper marquait un sacré coup de pompe samedi à la vacation radio, mais il va avoir l’avantage d’une météo plus coopérative que ses devanciers : alors que le leader et son dauphin vont se faire brasser jusqu’aux abords des côtes chiliennes avec le passage d’un front, Jean Le Cam va bénéficier d’un flux d’Ouest 20-25 nœuds plus régulier pour en finir avec le Pacifique. De quoi reprendre le fil du match s’il s’avérait que le vent s’essouffle entre l’Argentine et les Falkland.

Mais pour Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit Air), le Horn aura des allures de champ de bataille : de nouveau une dépression va venir creuser des tranchées et bombarder des déferlantes avec plus de quarante nœuds établis et une mer épouvantable. Les deux inséparables profitaient ce dimanche de bonnes conditions de glisse, mais ce détour de l’extrême s’annonce assez rugueux ! Et du rude, il y en a aussi derrière, loin derrière, à 6 000 milles du cap Horn, là où Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) entrent tout juste dans l’océan Pacifique… Une nouvelle cartouche qui devrait imposer aux deux navigateurs de rester sur une route assez Nord, en visant l’île Stewart au Sud de la Nouvelle-Zélande.

Les 5 premiers au pointage de 16h00
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 7 202,3 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 86,6 milles du leader
3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 478,3 milles
4- Vincent Riou (PRB) à 720,8 milles
5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 744,5 milles

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Le duo Desjoyeaux – Jourdain creuse l’écart

Jourdain Véolia
DR

Visiblement, le curseur des limites à ne pas dépasser n’est pas le même pour tout le monde. Une fois de plus, dès que le vent monte et que la mer forcit, Michel Desjoyeaux consolide son matelas d’avance sur ses poursuivants, à l’exception toutefois de Roland Jourdain, le seul à suivre le rythme du chef de meute. Le leader de la course, depuis maintenant 19 jours, aurait-il trouvé l’arme fatale ? Si les pontons bruissent que le skipper de Foncia aurait particulièrement travaillé sur la précision et la réactivité de ses pilotes, lui-même laisse entendre qu’il disposerait en la matière d’une voile particulièrement adaptée : une trinquette conçue spécialement pour les mers du sud qui devrait retrouver sa place dans la soute à voile dès le Cap Horn franchi. Grâce à elle, Michel disposerait d’une voile polyvalente apte à travailler de 30 à plus de 50 nœuds de vent : plus besoin de rouler la voile pour la préserver, elle aura fait son usage d’ici quelques heures maintenant et pourra se reposer des services rendus à la patrie Foncia.

Petits duels entre amis
En milieu de peloton, Sam Davies(Roxy) a, quant à elle, choisi de passer à la vitesse supérieure. Frustrée d’avoir été bloquée hier par des calmes (relatifs à l’échelle des quarantièmes rugissants), la navigatrice britannique est créditée de la meilleure moyenne de la nuit. Comme elle l’avouait elle-même, dans un mail envoyé cette nuit à la direction de course, l’objectif est de garder un petit peu d’avance sur son binôme Marc Guillemot (Safran). Un objectif personnel et une source de motivation plus qu’une volonté de rester devant au classement puisque logiquement, Marc devrait bénéficier d’un temps de bonification conséquent pour le temps qu’il a passé à veiller auprès de Yann Elies. De même Dee Caffari (Aviva) continue de tenir la dragée haute à Arnaud Boissières (Akena Vérandas). Le skipper arcachonnais qui doit lutter contre un déficit de vitesse chronique attend néanmoins son heure pour tenter, à la faveur d’une petite option météo, de revenir sur ses talons. Bilan des derniers jours contrastés pour Steve White (Toe in the water) et Jonny Malbon (Artemis). Quand le premier se réjouit d’en avoir pratiquement terminé avec la préparation de son vit-de-mulet, le second voit avec inquiétude le délaminage de sa grand-voile se poursuivre sans avoir trouvé jusque là de solution satisfaisante pour briser la spirale de la dégradation. Pendant ce temps, Derek Hatfield (Algimouss Spirit of Canada) se prépare à atterrir sur les côtes de Tasmanie. Son entrée en baie de Hobart est prévue dans la journée. Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) continue sa progression vers le nord en attendant d’attraper les vents d’est qui lui permettront de virer de bord et de faire cap sur la Nouvelle-Zélande.

Classement à 5h00 :

1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 7743,1 milles de l’arrivée

2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 74,9 milles du premier

3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 409,2 milles du premier

4- Vincent Riou (PRB) à 679,8 milles du premier

5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 696,5 milles du premier 6- Sam Davies (Roxy) à 2074,7 milles du premiere

7- Marc Guillemot (Safran) à 2229,3 milles du premier

8- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2601,1 milles du premier

9- Dee Caffari (Aviva) à 2829,8 milles du premier

10-Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2863,9 milles du premier

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Le cap dès dimanche soir

Foncia/ Michel Desjoyeaux
DR

En fait, à part les cinq premiers qui cachent certainement des soucis techniques pour ne pas dévoiler un handicap plus ou moins marqué, et Samantha Davies (Roxy) qui semble survoler autant les océans que les avaries ou les interrogations métaphysiques, presque personne n’a été épargné par les problèmes matériels, et pratiquement tout le monde a subi des avaries dans l’Indien. Un océan qui va enfin être dans le tableau arrière des deux compères, Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) et Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) : logiquement lundi soir, ils seront tous les deux entrés en Pacifique… quand le leader Michel Desjoyeaux (Foncia) naviguera déjà dans l’Atlantique ! Un océan d’écart et pas n’importe lequel : le plus grand, avec presque 6 000 milles de différentiel. Et comme souvent lors d’un Vendée Globe, les premiers sont semble-t-il moins touchés par les avaries mineures que les derniers qui devront passer plus d’un mois supplémentaire en mer avant d’être acclamés en embouquant le chenal des Sables d’Olonne…

Tout fatigue…
Et la lassitude se fait sentir lors des vacations radio, à l’image de celle de Jean Le Cam (VM Matériaux) qui était marqué du sceau de la fatigue, de la volonté d’en finir avec ces mers du Sud, d’enfin pouvoir parer ce cap Horn pour remonter vers la « maison ». Laminés, plusieurs solitaires le sont sans conteste quand les ennuis succèdent aux problèmes : Jonny Malbon (Artemis) ne sait plus comment réparer sa grand voile qui se délamine ! Il a beau coller des patchs pour éviter que cette séparation entre les fibres de Kevlar et le film en Mylar qui fait office de support, ne se propage, c’est une opération de dernier secours quand on sait que le jeune Britannique n’en est qu’à la mi-parcours… À plus de 12 000 milles des Sables d’Olonne ! Et le problème semble identique pour Dee Caffari (Aviva) qui voit sa grand voile se dégrader à vitesse grand « V » sans avoir les moyens d’intervenir efficacement pour « suturer la plaie » : délaminage égale affaiblissement à court terme, puis déchirure, voilure réduite, voire grand voile inutilisable… En bricolant avec de la résine de stratification et du joint Sikaflex, cela semble les dernières cartouches dont dispose la navigatrice anglaise !

Car si les premiers peuvent encore supporter un coup de vent qui a des allures de tempête, sachant que c’est pratiquement l’ultime redoutable obstacle à surmonter, la situation n’est pas la même lorsqu’il faut doubler la mise (ou presque), en termes de distance au but et de temps passé en mer. Les marins savent que la Nouvelle-Zélande est quasiment le dernier repli possible dans le Pacifique et qu’une fois à plus de 2 000 milles d’Auckland, c’est dans la région du monde la plus isolée qu’il faudra se débrouiller, seul : les uniques portes de secours se situent à des milliers de milles, au Chili ou en Polynésie…

Si les conditions semblaient propices à de bonnes glissades pour Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) samedi midi, c’est parce que les deux hommes étaient en bordure de dépression, une dépression proche de l’Antarctique (mer de Bellingshausen) qui se renforce par une perturbation secondaire qui s’enroule autour de la première… 40 nœuds minimum de Nord-Ouest pour les trois premiers qui doivent aussi faire avec une mer qui ne s’est toujours pas rangée ! Le vent devant mollir par le large en tournant à l’Ouest, le leader a choisi d’aller à la rencontre de la bascule pour sortir plus tôt de la tempête quand ses deux poursuivants préféraient naviguer avec des déferlantes moins méchantes en se rapprochant du continent Sud américain.

En tout cas, Michel Desjoyeaux devrait être le premier au cap Horn, à ce rythme probablement dimanche juste avant minuit avec quelques heures (entre 2 et 4 heures) seulement de marge sur son dauphin, Roland Jourdain (Veolia Environnement). Normalement, le vent sera plus coopératif à leur passage devant le « caillou » avec une vingtaine de nœuds de secteur Ouest et un ciel dégagé… Mais allez savoir dans ces coins où la confrontation des masses d’air et des masses d’eau, la barrière de la Cordillère des Andes et la proximité de la péninsule Antarctique (le détroit de Drake fait à peine 500 milles de large !). La suite s’annonce pas si évidente que cela, puisque la brise va enfin mollir dans le Pacifique après cette grosse perturbation… pour se renforcer de nouveau en milieu de semaine ! Enfin, saluons la superbe performance de Samantha Davies qui a largement dépassé les 400 milles quotidien ce samedi avec le meilleur score du jour : 409,6 milles en 24h, soit 17,06 nœuds de moyenne…

Les 5 premiers au pointage de 16h00

1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 7597,2 milles de l’arrivée

2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 56 milles du leader

3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 424 milles

4- Vincent Riou (PRB) à 661,6 milles

5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 683,3 milles du premier

Classement des premiers étrangers

6- Sam Davies (Roxy) à 2040,4 milles du premier

8- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2612,6 milles du premier

9- Dee Caffari (Aviva) à 2833,1 milles du premier

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Retour dans les Cinquantièmes hurlants

Samantha Davies - Roxy
DR

Dans un message de la nuit, Sam Davies (Roxy), toujours rayonnante et désormais pointée en sixième position, se plaignait qu’il n’y ait plus de vent sur sa zone. 2000 milles devant la joyeuse Anglaise, Michel Desjoyeaux (Foncia) a retrouvé l’ambiance marmite des Cinquantièmes avec vent fort et mer croisée. Sa vitesse au pointage de 5h s’en ressentait puisque – fait suffisamment rarissime pour le souligner – il était le moins rapide des cinq premiers avec un "petit" 11,6 nœuds de moyenne contre 16 nœuds pour ses poursuivants. Les écarts pourraient donc se réduire légèrement dans les prochaines heures. A moins de 1100 milles d’un Cap Horn aussi dangereux que libérateur, les trois premiers zigzaguaient vent arrière en direction du légendaire cap. Armel Le Cléac’h (Brit Air) et Vincent Riou (PRB), toujours aussi inséparables, ont franchi la dernière porte de sécurité en milieu de nuit et ont abattu à leur tour vers ce dernier des trois grands caps du Vendée Globe. Avec le ralentissement de Michel Desjoyeaux, le passage au Cap Horn est plutôt prévu lundi matin après 56 ou 57 jours de mer. Soit le même timing que Jean Le Cam en 2004, mais avec un parcours plus long de 1160 milles.

L’odyssée continue
Pour Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), Sébastien Josse (BT), Derek Hatfield (Algimouss Spirit of Canada) et Unaï Basurko (Pakea Bizkaia), les quatre marins ayant abandonné et toujours en mer, l’aventure n’est toujours pas finie. Le Basque Unaï, aujourd’hui à la latitude de Gibraltar, remonte toujours vers le Portugal. Le Canadien Derek espère atteindre Hobart dimanche. Pour les deux Français, la route est encore longue pour rejoindre la Nouvelle-Zélande. Sébastien, à 600 milles d’Auckland, pourrait y arriver mardi. Quant à Jean-Pierre, il lui reste encore 2000 milles à parcourir avec un seul safran, soit une bonne douzaine de jours de mer.

Classement à 5h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 8152 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 69 milles du leader
3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 336 milles
4- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 599 milles
5- Vincent Riou (PRB) à 616 milles

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