Accueil Blog Page 1607

Veolia au ralenti

Roland Jourdain - Veolia Environnement
DR

3,2 noeuds. C’est la vitesse enregistrée cette nuit à bord de Veolia Environnement. Le grand monocoque rouge est à la peine sur un immense glacis atlantique, voile faseyantes et speedomètre en berne. Le contraste est saisissant avec la navigation de rêve décrite la veille. Comme tous les jours dans ce Vendée Globe, le plaisir peut laisser place à la frustration en l’espace de quelques heures. Et on imagine celle de Roland Jourdain ce matin. La faute à l’anticyclone des Açores, qui, comme chacun le craignait, s’avère plus compliqué à franchir pour le second que pour le premier. C’est la loi du genre dans cette remontée de l’Atlantique. Et la double peine pour le skipper de Veolia Environnement qui a déjà dû composer avec un pot au noir deux fois plus coriace. 
Pendant ce temps, porté par les bonnes fées météorologiques, Michel Desjoyeaux déboule à 15 nœuds vers les Sables d’Olonne. Positionné 180 milles dans le sud-ouest de l’archipel des Açores, Foncia profite d’un bon vent de sud-ouest qui le propulse directement vers le but. Il dispose désormais d’une très confortable marge de 663 milles sur son dauphin.
Le troisième Armel Le Cléac’h subira t-il lui aussi les affres des hautes pressions açoriennes, dernière grande difficulté de cette remontée Atlantique ? Le skipper de Brit Air, qui semble vouloir couper le fromage avec un léger décalage à l’est, profite de ses dernières 36 heures dans les alizés avant de savoir à quelle sauce il sera mangé.

Sam et Marco bientôt dans le pot

Derrière, l’actualité de Samantha Davies et de Marc Guillemot s’appelle le pot au noir. Le tandem franco-britannique qui communique beaucoup par email pour agrémenter leur long pas de deux, n’est plus très loin de la zone de convergence intertropicale, ce no man’s land météorologique parsemé de vents erratiques, de grains et d’orages. Pour une fois depuis trois jours, la navigatrice anglaise est moins rapide que son adversaire. Safran, handicapé par une bastaque intermédiaire cassée et sa grand-voile réduite, était pourtant un des bateaux les plus véloces cette nuit. 
Mais dans cette catégorie, la palme revient à Brian Thompson dont le puissant Bahrain Team Pindar se régale aux allures de largue, des angles de vents pour lequel ce bateau large et toilé a été conçu. Le long du Brésil, Dee Caffari est toujours sur ses talons (157 milles) et s’accroche tant bien que mal pour ne pas se faire distancer. Mais la navigatrice d’Aviva perd tous les jours une poignée de milles sur son homologue masculin.
En 8e position, à proximité des terres Brésiliennes, Arnaud Boissières est en train de vivre la même pénible expérience endurée par Marc Guillemot quelques jours plus tôt. Hier soir sous les grains, " Cali " n’était pas à la fête. Il déplorait un cruel manque de vitesse et confiait devoir faire attention à ses réserves de nourriture et d’énergie. Akena Vérandas a fini par virer à 50 milles des côtes. Ce matin, sa vitesse était toujours inférieure à 10 nœuds.
Derrière, les conditions de navigation sont aussi variées que les concurrents sont espacés : Steve White semble se sortir lentement de l’anticyclone dans lequel il était englué depuis 24 heures ; Rich Wilson qui a laissé l’Île des États sur la gauche, progresse prudemment vers le nord. Enfin, Raphaël Dinelli et Norbert Sedlacek, par 47 degrés sud, poursuivent leur descente en route directe vers le cap Horn, à 1400 milles de leurs étraves.

Le classement de 5h:

1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 1429,4 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 633 milles du leader
3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1033,7 milles
4- Samantha Davies (Roxy) à 2053,1 milles
5- Marc Guillemot (Safran) à 2082,7 milles
6- Brian Thompson (Barhain Team Pindar) à 2401,8 milles
7- Dee Caffari (Aviva) à 2558,6 milles
8- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 3089,6 milles
9- Steve White (Toe in the Water) à 3932,7 milles
10- Rich Wilson (Great American III) à 5264,5 milles
11- Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) à 6949,2 milles
12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 7022,7 milles

- Publicité -

Delta Lloyd abandonne à son tour

Delta Lloyd
DR

Pour Ericsson 3, c’est une fin d’étape démoralisante car l’équipage nordique du Team Ericsson tenait la seconde place au moment de l’avarie, devant son sistership Ericsson 4 et non loin du leader Telefonica Blue. L’équipage raconte : « Pendant la nuit de lundi à mardi, les conditions s’étaient largement détériorées avec des vents soufflant en rafales jusqu’à 40 noeuds et une mer particulièrement formée avec des creux de 7 mètres. C’est dans ces conditions particulièrement délicates qu’on a découvert la voie d’eau à l’avant du bateau provenant d’une fissure de 4m et d’un trou béant. En un mot, on était entrain de couler… On s’est alors  mis vent arrière pour faciliter les manœuvres de pompage et une réparation de fortune. Cette opération de sauvetage du bateau étant accomplie, nous avons mis le cap sur le nord de Taiwan pour y trouver refuge et mettre le bateau et les hommes en sécurité. Le danger une fois passé a fait place à la frustration d’avoir dû abandonner une partie si bien engagée et à l’inquiétude de savoir quelle est l’ampleur exacte de la délamination de la coque. »

Une équipe technique de 6 personnes a été dépêchée sur place pour analyser la situation et devrait rendre ses conclusions dans la journée.

Pour Delta Lloyd, une première alerte avait conduit le concurrent hollandais a suspendre une première fois sa course ce week-end en restant près de 24h au mouillage dans une baie à l’est de l’île philippine de Luzon pour réparer sa barre à roue, une grand voile déchirée et un chariot de grand voile endommagé. Cette fois, les dommages semblent plus sérieux et concernent la structure même du bateau.

Selon un communiqué de presse du team adressé vers 21h hier soir, Team Delta Lloyd a été contraint de se dérouter sur Keelung à Taiwan en raison d’une avarie sur l’avant du bateau. Le VO 70 était alors en 4ème position lors que la décision a été prise de rebrousser chemin.

Alors qu’à l’extérieur, le bateau progressait toujours sur une mer très formée, malmené par des vents de 30 nœuds, l’équipier espagnol David Pella découvrait  une fissure sur la cloison d’étrave, une des parties structurelles maîtresses qui contribuent à la rigidité de la coque. L’étrave elle-même commençait à donner des signes de délamination et la grand voile s’était à nouveau déchirée.

La combinaison de tous ces facteurs a logiquement conduit l’équipage à chercher refuge au plus vite.  La solution la plus évidente qui s’offrait à eux a été le port de Keelung qu’ils ont rejoint en milieu de nuit, peu de temps après avoir notifié officiellement aux organisateurs la suspension de leur course. Pour l’heure, une inspection complète du bateau est en cours  pour mesurer l’ampleur des réparations à envisager.

 “Nous sommes vraiment déçus car nous étions partis pour faire un beau résultat dans cette étape, expliquait l’équipier média du bord, Sander Pluijm.Mais notre skipper Roberto Bérmudez n’a voulu prendre aucun risque quant à la sécurité de l’équipage. Au moment de la découverte de l’avarie, nous naviguions sous tourmentin – 3 ris. Il aurait été irresponsable de continuer notre route alors que le vent fraîchissait encore.  De plus, en raison du début de délanination, la coque a absorbé déjà pas mal d’eau. »

Quelques 12h ont séparé l’arrivée des deux équipages dans le port taïwainais de Keelung.

Malgré cette succession de défections sur avarie, la course en tête de flotte continue, mais sur un mode qui ne ressemble pas à celui des quatre jours précédents. Alors que Telefonica Blue, Ericsson 4 et Puma ont doublé ce matin la latitude de Shangaï, les très forts vents de Nord-Est ont laissé place à une brise d’Est médium permettant aux concurrents de progresser à plus de 13 nœuds, vent de travers ; un changement bienvenu pour ces marins qui n’ont connu que le près depuis qu’ils ont quitté Singapour il y a 11 jours. Demain jeudi, le vent devrait opérer une dernière rotation au  Nord-Est, puis au Nord, laissant cette étape de 2 500 milles se terminer, comme elle avait commencé : vent de face…

A 8h00 ce matin, les écarts en tête de flotte se sont encore resserrés, Ericsson 4 et Puma, désormais bord à bord, n’étant plus qu’à une petite trentaine de milles du leader Telefonica Blue alors que la ligne d’arrivée se profile à un horizon de 259 milles.

A 324 milles derrière ce trio dont l’ordre sur le podium reste encore incertain, Green Dragon s’accroche et navigue dans des conditions encore mouvementées qu’il devrait laisser derrière lui dans 36h. Un répit très attendu pour le concurrent sino-irlandais qui navigue les yeux rivés sur sa coque fragilisée par quelques fissures menaçantes.

Les premières estimations d’Eta à Qingdao sont données pour demain en fin de journée au mieux.

 

Classement ce mercredi 28 janvier à 8h Paris

1 – Telefonica Blue à  259 milles de l’arrivée Qingdao – Chine
2 – Ericsson 4 à 30 milles
3-  Puma à 32 milles
4 – Green Dragon à 324 milles

Delta Lloyd – course suspendue – au port à Taiwan
Ericsson 3 – course suspendue – au port à Taiwan
Telefonica Black – DNF – au port à Luzon
Team Russia – DNS

 

- Publicité -

Transquadra : News du bord

Transquadra 2009
DR

PARTOUCHE
Sur "Partouche" tout est OK et j’ai navigué de concert avec Jean et Suzete toute la journée. A voir leur bateau se dandiner sous grand spi dans 25nds réels, on peut vraiment dire que c’est un couple "rock & roll " qui n’est pas venu là pour "enfiler des perles"… De mon coté j’ai fait le choix de rallonger un peu la route mais je n’ai pas de regrets, bientôt ça va changer de rythme avec spi de brise et angle favorable… Cette nuit petite frayeur quand j’envoie mon empannage dans du 25 nds, au moment où je décroche le tangon ma frontale s’éteint ! j’ai terminé la manoeuvre à l’aveugle (nuit totale noire) sans dommages mais un peu flippé quand même et quand je vois les mésaventures de "merlin" et "coco" ça fait froid dans le dos ! a bientôt jpk

TCHOUK TCHOUK NOUGAT

Tchouk a bien tchouktchouké ces deux premiers jours de course. Nous avons fait un très joli tchouk au nord de madère. Mais pas de tout repos !!! Bon la journée de lundi fut moins glorieuse avec 4h à 2 nds ! Les sudistes, les sudistes !? Mais avec notre ami DSN, nous sommes également des sudistes. Mais nous représentons la branche armée du groupe ouest de l’option sud !! Tout est une question d’angle ! C’est vrai qu’ils sont loin dessous les loulous ! Bon de toute façon tant qu’il reste le lyophilisé crème au chocolat, on ne lâchera rien !!!

ATR TEAM WINDS

A bord de ATR-Team-Winds, rien de bien particulier à signaler. Notre A35 a une speed correcte et le moral du bord reste au beau fixe. Nous étions très fiers de virer en tête la bouée de dégagement. Mais on aurait dû transformer l’essai en contournant Madère… on ne nous y reprendra plus… L’alizé est bien établi entre 20 et 25 Nds. La grande question reste de savoir si on a fait le bon choix de la route sud, mais nous l’assumons. La règle d’or du bord : naviguer vite, proprement et se faire plaisir, et si on se classe honorablement, tant mieux.
A bientôt

VIL COYOTE
Pour le Vil Coyote avec un thé, la vie et belle, mais la chasse au BIP BIP n’est pas fructueuse, j’avais cru pouvoir en attrapé un la deuxième nuit, il se baladait au vent du bateau sous spi dans un grain. Je suis parti au lof pour le chopper, mais mon spi m’a explosé au nez. Ce n’est pas grave je descends dans le sud voir si c’est plus giboyeux, j’ai plein de piège dans ma musette. Je finirai bien par en capturer et miam miam.
Amitiés à toute la flotte
Thierry du VIL COYOTE avec un thé
PS: Mon antenne VHF est descendue voir si ça bougeait moins sur le pont qu’en tête de mat, que les bateaux croisés ne se vexent pas si je ne réponds pas

JULIE
Roland et moi avons investi lourdement sur le fonds "South Winds Opportunity and Equity". On a misé un paquet de poissons volants. On verra bien. Les cigales de l’Ouest auront elles de l’air demain ? En tout cas tout roule à bord, notre petit Sun Fast aime descendre sous spi. Pa ni pb, et ça sent le sud… premiers poissons volants, tortues…
Nous avons touché un OFNI la nuit dernière : grand boom, mais pas de dégâts visibles.

AGIDIS
Nous avons d’abord cassé le stick de barre (pas très grave mais comme la télécommande du pilote ne fonctionne pas, quand je suis à la barre, j’ai le bras trop court pour arrêter le pilote) ensuite, le bout du bout dehors s’est cassé. Ensuite nous sommes partis au lof et le spi s’est déchiré, et le grand tangon s’est cassé en deux… Ensuite en envoyant notre plus beau spi "Agidis", nous sommes partis à l’abattée et l’avons déchiré. Nous venons de renvoyer le spi de brise en espérant qu’il tienne le coup.

MILIN 3D
Après une nuit sans spi, la 2eme au spi bleu sans empannage, la 3me fut avec le grand spi tri radial bariolé. Hier toute la journée a été sous le soleil et sous spi direction le sud ouest pour s’écarter de l’anticyclone qui se présente devant nous, cette zone ou le vent faiblit plus on s’en rapproche… Les conditions de mer sont très bonnes et le vent que l’on retourne chercher (on a empanné à 0 :00) a en plongeant « encore » Sud, est encore trop faible à notre goût et l’on entend rarement la coque vibrer signe de vitesse supérieure à 9 Nds !

LUHONA
Tout va bien sous le soleil des Canaries juste un problème nous n’avons plus de VHF ni fixe ni portable elles sont toutes les deux en rade… Hélas si je peux réparer je vous le ferai savoir. Saleté de commerçant qui m’a vendu cela !!! Nous sommes sous le soleil et nous venons de voir les premiers dauphins.

- Publicité -

DELTA DORE tourne la page du sponsoring voile

Jeremie Beyou - Delta Dore
DR

Une histoire riche et mouvementée.
C’est en 2002 que DELTA DORE sélectionne un jeune skipper Figariste, au terme d’une sélection draconienne parmi plus de vingt candidatures. Le leader en domotique cherche alors à mener une campagne sur le circuit Figaro Bénéteau afin de travailler son image. Ticket gagnant, DELTA DORE et Jérémie Beyou deviennent Champion de France de Course au Large en Solitaire. La « période d’essai » ayant donné un résultat au-delà des espérances, DELTA DORE poursuit la campagne jusqu’en 2005, année de la consécration. A 29 ans, le skipper de DELTA DORE s’impose comme une référence de la course au large, il remporte la Solitaire du Figaro et l’ensemble des épreuves en solitaire de la saison. Pour la deuxième fois, il est sacré Champion de France de Course au Large en Solitaire sous les couleurs de DELTA DORE.

En 2005, DELTA DORE est à une période charnière de son histoire. Afin de poursuivre son développement, le groupe a besoin de développer sa notoriété. Le Vendée Globe, qui se profile trois années plus tard, constitue une opportunité et DELTA DORE développe son implication dans le sponsoring voile aux côtés de son skipper talentueux et ambitieux. Dès 2006, le monocoque Imoca 60 DELTA DORE court en solitaire et en équipage. En 2007, DELTA DORE s’adjuge la deuxième place de la Calais Round Britain Race en équipage. Jérémie Beyou s’entraîne intensément, prépare très rigoureusement son bateau mais les résultats ne sont pas toujours à la hauteur de l’implication. Un démâtage dans la Barcelona World Race, course autour du monde en double, le contraint à abandonner. Il prépare alors la saison 2008 avec minutie afin d’être au départ du Vendée Globe le 9 novembre dernier, dans des conditions de compétition optimales. Durant ces deux années, DELTA DORE met à profit son investissement en impliquant nombre de clients et de collaborateurs : invitations aux départs de courses, rencontres avec Jérémie Beyou, jeu-concours. Le sponsoring voile constitue une dynamique essentielle pour la communication de DELTA DORE. Si l’avarie de mât de son monocoque dans le Vendée Globe, au large des côtes brésiliennes, constitue une déception immense, les retombées en termes d’image et de communication sont relativement positives.

Un tremplin pour Jérémie Beyou.
Durant sept années, Jérémie a fait parler de lui dans de nombreuses classes, notamment en Figaro Bénéteau, en monocoque 60 Imoca, en multicoque sur le trimaran Banque Populaire. Aujourd’hui, le skipper de 32 ans s’est fait une place dans le cercle restreint des skippers de course au large. Il a acquis une expérience et une maturité qui lui permettent d’être confiant dans son avenir.  
Jérémie Beyou : « Je ne peux que remercier DELTA DORE de m’avoir fait confiance durant sept années et de m’avoir été fidèle. Je n’ai qu’une envie aujourd’hui : retourner sur le Vendée Globe. C’est une course remarquable, hors norme dans laquelle on investit une partie de sa vie avec une équipe tout autant impliquée que le skipper. C’est certain, je mettrai tout en œuvre pour être sur la ligne de départ en 2012 ».

- Publicité -

Chacun son destin

Armel Le Cleac h - Brit Air
DR

Un revers ça va, trois, bonjour les dégâts. Il faut être fait d’un drôle de bois pour garder le moral quand le sort s’acharne sur vous. Pour Roland Jourdain, le facteur malchance a déjà sonné trois fois : la première en Atlantique sud quand, alors qu’il était à la lutte avec son pote Desjoyeaux, il a croisé la trajectoire d’un cétacé. La deuxième, lors d’un passage d’un pot-au-noir facétieux qui a cru bon de l’accompagner dans sa remontée pendant plusieurs jours et la dernière, quand il s’est trouvé contraint de traverser une dorsale au large de l’archipel des Açores. Englué dans des vents faibles, le skipper de Veolia Environnement, qui espérait en avoir terminé avec cette poisse qui lui colle au tableau arrière depuis le large du Brésil, arrivait encore à faire bonne figure. Dans l’hémisphère sud, Arnaud Boissières est logé sensiblement à la même enseigne : contraint de naviguer à proximité des côtes du Brésil, il continue de se débattre dans des vents faibles pendant que ses deux compagnons de route des mers du sud, Dee Caffari et Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) s’échappent inexorablement. Pendant ce temps, l’Arcachonnais doit se coltiner une foule de petits pépins techniques qui viennent lui rendre la vie plus difficile : fuite de ballasts, speedomètre en carafe, petits soucis de pilote, réserve de gazole un peu juste… La course au large s’apparenterait-elle parfois à l’école du stoïcisme ?

A la fortune du pot
Pour d’autres, la roue de la chance semble tourner à nouveau dans le bon sens. Marc Guillemot (Safran) comme Sam Davies (Roxy) abordent les frontières de la Zone de Convergence Intertropicale. La traversée du pot-au-noir est toujours délicate, même s’il ne s’agit plus, comme au temps des navires négriers, de jeter par dessus bord les esclaves malades, d’où le nom sinistre de cette zone de calmes, véritable frontière météorologique entre latitudes sud et nord. Mais les deux navigateurs ne devraient pas en subir trop longtemps les influences. Brian Thompson a retrouvé, quant à lui, des conditions qui lui permettent d’exploiter la puissance de son voilier. De même, Armel Le Cléac’h (Brit Air), après un passage express d’un hémisphère à l’autre, pourrait bénéficier de vents plus réguliers pour négocier l’anticyclone des Açores. Ce qui pourrait lui permettre de reprendre encore quelques milles à Roland Jourdain qui, de toutes les façons, n’en peut mais. Steve White, quant à lui, reste bien loin de toutes ces considérations : bien calé en neuvième position, il savoure chaque jour son bonheur de réussir un pari que beaucoup jugeaient insensé. Parti sans véritable préparation, faute de financement suffisant, le navigateur britannique s’embarquait dans une drôle d’aventure. A force de persévérance et de joie de vivre, le voilà en passe de boucler son tour du monde d’ici quelques semaines. Il en est quelques uns qui parfois savent comment trouver leur bonne étoile. Tout dépend de ce que l’on cherche…

Classement :

1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 1280 milles de l’arrivée

2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 756,9 milles du premier

3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1069,8 milles du premier

4- Sam Davies (Roxy) à 2107,2 milles du premier

5- Marc Guillemot (Safran) à 2142,5 milles du premier

6- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2399,2 milles du premier

7- Dee Caffari (Aviva) à 2593,2 milles du premier

8- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 3189 milles du premier

9- Steve White (Toe in the water) à 4037,1 milles du premier

10- Rich Wilson (Great American III) à 5328,2 milles du premier

11-Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6977,4 milles du premier

12- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 7045,3 milles du premier

3- Vincent Riou (PRB) – réparation accordée

- Publicité -

Un océan d´écart, du leader au 12e

Samantha Davies - Roxy
DR

Michel Desjoyeaux a empanné hier en fin d´après midi pour gagner dans le nord, à la rencontre du flux perturbé qui balaye l´Atlantique à la latitude de Madère. Le leader bénéficie actuellement d´un bon vent de sud-ouest qui devrait fraîchir tout au long de la journée. De quoi aligner les milles en direction de l´arrivée, toujours prévue ce week-end.

Calé sur la même trajectoire, Roland Jourdain vit avec 40 heures de retard les mêmes péripéties que son prédécesseur : il s´approche aujourd´hui de l´anticyclone des Açores. Mais en attendant un probable ralentissement, Veolia Environnement était le plus rapide de la flotte cette nuit avec 13,7 nœuds de vitesse moyenne.

Question vitesse, pas de quoi s´inquiéter pour Armel Le Cléac´h qui allonge la foulée depuis deux jours dans les alizés de nord-est. Le skipper de Brit Air a gagné 44 milles ces dernières 24 heures et semble pouvoir raccourcir sa route en navigant plus à l´est que ses devanciers.

Samantha Davies s´empare de la 4e place

Plus rapide que Marc Guillemot depuis au moins deux jours, Samantha Davies a fini par lui voler la vedette cette nuit. La voici placée en quatrième position, 11 milles devant Safran qui souffre toujours à proximité des côtes nord brésiliennes. En s´écartant de la terre, Samantha a touché des vents plus frais et s´est probablement épargné les nombreuses manœuvres. Ce double mixte est bien parti pour se livrer une belle bagarre en direction de l´équateur.

Derrière Dee Caffari – en perte de terrain sur Brian Thompson pour cause de finition sur les réparations de grand-voile -, Arnaud Boissières doit faire attention. Certes, « Cali » est encore 75 milles au large du continent sud-américain, mais s´il continue de la sorte, il pourrait bien commencer à apercevoir l´ombre des footballeurs brésiliens sur la plage ! Chose qu´il redoute par-dessus tout. Il a d´ailleurs passablement ralenti cette nuit et affichait avec Steve White (empêtré dans une bulle anticyclonique au large de l´Uruguay), les moyennes les plus lentes.

Wilson double l´Île des États

Après son entrée lundi à 14h50 dans l´océan Atlantique, Great American III, à la pointe sud-est de l´Amérique du Sud, est en train de laisser l´Ile des États à bâbord. Dans un message envoyé hier soir, le vétéran de ce Vendée Globe a indiqué qu´il était très fatigué, malgré l´euphorie de doubler le Horn. En pleine grisaille, voire en plein brouillard, il a quand même réussi à entrevoir le rocher. Il a également aperçu un patrouilleur, son premier bateau depuis la descente de l´Atlantique et a été survolé par un avion chilien avec qui il est entré en contact. Le vétéran du Vendée Globe ferme la liste des concurrents navigant en atlantique.

Le skipper autrichien, dernier du classement, a passé lundi à 20h00 TU la dernière porte de sécurité Pacifique, la veille de souffler ses 47 bougies. Aujourd´hui, alors qu´il entame une longue plongée vers le sud derrière son compagnon de route Raphaël Dinelli, Norbert fête son anniversaire. Les deux hommes doivent encore patienter une bonne semaine avant de doubler le Horn.

C.El

- Publicité -

Ericsson 3 rentre au port

Ericsson 3
DR

Les “Nordics” de l’Ericsson Racing Team occupaient toujours la seconde position cette nuit quand l’équipage s’est aperçu que de l’eau entrait dans le bateau au travers d’une série de petites fissures à l’avant de la coque. Ils ont réussi à maîtriser l’inondation et à évacuer l’eau par pompage. L’équipage mené par l’un des deux vétérans de la course, le suédois Magnus Olsson, n’est pas en danger.
 
"Vers minuit, nous avons découvert que l’eau entrait par l’avant du bateau, rapportait le navigateur du bord Aksel Magdahl. Elle pénétrait assez rapidement donc nous nous sommes mis vent arrière, nous avons pompé puis procédé à une réparation de fortune sur la partie endommagée. C’est une triste fin d’étape pour nous. En ce moment nous faisons route sur Taiwan. La mer est maniable et nous espérons tenir jusqu’à ce qu’on sorte le bateau de l’eau. La situation est sous contrôle et c’est seulement maintenant que nous prenons la mesure de la situation. C’est triste et très frustrant de s’arrêter sur une si belle lancée.»
 
Ce retrait de l’étape est en effet douloureux pour cet équipage, formé pour la plupart de rookies de la Volvo Ocean Race, qui avait parfaitement géré sa course depuis le départ de Singapour et qui talonnait le leader Telefonica Blue tout en ayant réussi l’exploit de prendre l’avantage depuis quelques jours sur le leader du Classement général, Ericsson 4.
 
Ericsson 3 est attendu dans un port du nord de Taiwan vers 13h (Paris) cet après-midi. Il rejoint Telefonica Black dans son infortune puisque le concurrent espagnol a été contrait également à l’abandon il y a deux jours pour problème de structure et se trouve actuellement à Luzon aux Philippines.
 
Cette seconde tempête plus courte mais tout aussi violente a donc bousculé la composition du trio de tête, Puma prenant la 3ème place. Une belle performance pour le concurrent américain qui avait dû mouiller dans une baie des Philippines samedi matin pour trouver une issue à sa rupture de bôme. La solution a été radicale, puisque l’équipage s’en est débarrassé et navigue sans bôme depuis qu’il est reparti dans la nuit de samedi à dimanche.
 
Telefonica Blue avale toujours ses quelques 200 milles par jours, tout comme Ericsson 4 qui reste à une distance stable de 65-70 milles du leader. La surprise vient donc de Puma qui reprend sans cesse du terrain. Repartis avec plus de 200 milles de retard sur les espagnols, les américains ne pointent plus ce matin qu’à 88 milles du leader alors qu’il ne reste plus de 500 milles à couvrir avant l’arrivée. Et surtout, Puma n’est plus qu’à 16 milles du second, Ericsson 4 ce matin à 8h. Une belle bataille en perspective pour le podium de Qingdao.
 
A l’arrière de la flotte on retrouve Delta Lloyd et Green Dragon qui longent actuellement les côtes de Taiwan dans des vents de sud-est mesurés et qui devraient traverser brièvement dans quelques heures la queue de la perturbation qui a coûté si cher à Ericsson 3. Les deux concurrents retardataires qui naviguent toujours sous haute vigilance en raison de divers avaries, notamment de structure doivent  être soulagés à la perspective de cette accalmie !
 
Les trois premiers vont désormais progresser dans des airs plus civilisés jusqu’à la fin de l’étape et sont attendus à partir de jeudi dans le port chinois dont le village officiel doit être ouvert en grande pompe à 19h30 (Paris) ce soir, festivités du Nouvel An chinois obligent.
 
 
Classement ce mardi 27 janvier à 8h Paris
1 – Telefonica Blue à  501 milles de l’arrivée Qingdao – Chine
2 – Ericsson 4 à 71 milles
3-  Puma à 88 milles
4 –  Ericsson 3 à 150 milles – en route sur Taiwan
5 – Delta Lloyd à 221 milles
6 –Green Dragon à 290 milles
7 – Telefonica Black – DNF
8 – Team Russia – DNS

- Publicité -

La cloche a sonné

Foncia Desjoyeaux
DR

C’est parfois à quelques jours à peine de l’arrivée que surgissent des instants de grâce : au large de l’anticyclone des Açores, faces nord, ouest ou sud, les solitaires embarqués dans l’Atlantique nord s’offrent quelques heures de répit. Pour une fois, le bateau glisse sans à-coups, les réglages deviennent presque des évidences et pour quelques heures au moins, les casse-têtes stratégiques ont laissé la place au plaisir simple d’être en mer. Michel Desjoyeaux (Foncia), lui-même, s’est laissé aller à baguenauder le long de la bordure nord de l’anticyclone des Açores plutôt que de monter plein nord chercher les vents d’ouest forts qui lui promettaient une arrivée express sur les Sables d’Olonne. L’heure de la récréation est sacrée depuis des générations et le professeur démontre ainsi que la recherche du plaisir n’est pas incompatible avec le culte de la performance. C’est aussi le moment où l’on fait le vide, où l’on ne se préoccupe pas de savoir si l’on ne méritait pas d’être aussi premier de la classe. Pour Roland Jourdain (Veolia Environnement), comme pour Armel le Cléac’h (Brit Air), ce sont quelques unes des dernières heures à vivre en mer à son rythme avant de plonger, eux aussi, dans le maelstrom médiatique de l’arrivée.

Gendarmes et voleurs
Pour les élèves de l’Atlantique Sud, c’est encore les parties de gendarmes et voleurs qui ont la préférence. Entre Sam Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran), le petit jeu du " à toi, à moi " continue. Marc qui avait repris l’avantage de belle manière sur sa condisciple britannique, a dû lui céder à nouveau la place de quatrième après une avarie de bastaque qui a handicapé sa marche dans les dernières vingt-quatre heures. Après consultation auprès de son équipe technique, le navigateur trinitain s’est assuré qu’il pouvait, au pire, naviguer aux allures portantes sans ce câble mobile qui retient le mât sur l’arrière. Au mieux, il lui suffira d’affaler la grand-voile et de faire passer la bastaque de l’autre bord par-dessus la grand-voile au deuxième ris. Pour Arnaud Boissières (Akena Vérandas), le petit jeu de poursuite risque de devenir un petit peu plus lassant : relégué à plus de 400 milles de ses deux camarades de jeu britanniques, Dee Caffari (Aviva) et Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), il ne peut qu’espérer que la partie reprenne de son sel aux abords du pot-au-noir. Steve White (Toe in the water) et Rich Wilson (Great American III) espèrent bien profiter de la pause pour rejoindre la cour des grands mais le différentiel de milles qui les sépare d’Arnaud Boissières ne peut leur laisser beaucoup d’espoir. De l’autre côté du Cap Horn, Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), les derniers élèves du Pacifique, cravachent du mieux qu’ils peuvent. Mais ils risquent bien de devoir faire quelques devoirs de vacances quand les autres auront déjà leur examen en poche.

Le classement de 16 heures le 25/01/09

1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 1586,3 milles de l’arrivée

2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 558,2 milles du premier

3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1013,8 milles du premier

4- Sam Davies (Roxy) à 2056,6 milles du premier

5- Marc Guillemot (Safran) à 2106,4 milles du premier

6- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2420,8 milles du premier

7- Dee Caffari (Aviva) à 2563,3 milles du premier

8- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 3011,5 milles du premier

9- Steve White (Toe in the water) à 3811,9 milles du premier

10- Rich Wilson (Great American III) à 5218,5 milles du premier

11- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6910,9 milles du premier

12- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 7011,5 milles du premier

- Publicité -

Du beau monde sur Belle-Ile Marie-Galante

Gildas Morvan - Cercle Vert
DR

Les ténors…
Plusieurs ténors du circuit Figaro ont d’ores et déjà confirmé leur présence à cette nouvelle édition.
Commençons par Gildas Morvan et son sponsor Cercle Vert. Le Champion de Course au Large en Solitaire en titre qui est aussi un grand fidèle de la Transat BPE. Vainqueur en 2001 aux côtés de Charles Caudrelier alors que la course se courrait en double, Gildas n’a pas raté une seule édition de la Transat BPE.

Nous retrouverons également Eric Drouglazet avec Luisina, qui comptabilise 16 Solitaires du Figaro et revient sur une épreuve qu’il a remportée en 2005, avec une belle revanche à prendre sur une année 2008 particulièrement éprouvante. Même état d’esprit sans doute du côté d’un autre favori, Laurent Pellecuer. Le vainqueur de la dernière Transat AG2R aura sans doute à coeur de faire oublier son abandon sur l’épreuve lors de l’édition 2007. Rappelons que malgré ses performances l’année passée, Laurent reste à la recherche d’un partenaire pour la saison 2009.

D’autres habitués des premières places viendront se joindre à la lutte pour le podium. Parmi eux, notamment le vainqueur de la Cap Istanbul 2007 : Thierry Chabagny sur Suzuki Automobiles. Gérald Véniard sur Macif, fort de ses podiums sur la Solitaire du Figaro et la Transat AG2R et Erwan Tabarly avec le soutien d’Athema qui finit toujours en bonne place. Yannig Livory sur Cint 56 revient également sur une épreuve qu’il connaît bien et souhaitera aussi faire entendre sa voix.
 
Des espoirs…
Comme c’est toujours le cas dans cette classe Figaro Bénéteau révélatrice de talents, de jeunes espoirs auront à cœur de confirmer leurs premières joutes dans cette catégorie. François Gabart 2ème de la Cap Istanbul 2007 et premier bizuth sur la dernière Solitaire du Figaro sera un prétendant sérieux. Il représentera la Région Bretagne, partenaire de l’événement, sur le bateau Espoir Région Bretagne. Adrien Hardy viendra également chercher sur cette Transat BPE un premier grand résultat à conquérir aux côtés de son sponsor Agir Recouvrement.
 
…Et des surprises
Deux nouveaux concurrents vont prendre part à cette belle aventure. Il s’agit de Louis-Maurice Tannyères sur Nanni Diesel et d’Isabelle Joschke sur Synergie, qui est pour le moment la seule femme skipper au tableau. Nul doute que ces deux marins défendront crânement leurs chances.
 
À ces onze premiers inscrits viendront s’ajouter plusieurs autres skippers qui ont déjà manifesté leurs intérêts pour l’épreuve. La date limite des inscriptions est fixée au 2 février. Inscriptions tardives comprises. Le plateau complet de cette 5ème Transat BPE Banque Privée Européenne sera officiellement révélé le 5 mars prochain lors de la Présentation des Skippers à Paris
 
Liste des inscrits au 27/01/09
1/ AGIR Recouvrement – Adrien Hardy
2/ ATHEMA – Erwan Tabarly
3/ CERCLE VERT – Gildas Morvan
4/ CINT 56 – Yannig Livory
5/ ESPOIR REGION BRETAGNE – François Gabart
6/ LUISINA – Eric Drouglazet         
7/ MACIF – Gérald Véniard   
8/ NANNI DIESEL – Louis-Maurice Tannyères       
9/ NC – Laurent Pellecuer    
10/ SUZUKI Automobiles – Thierry Chabagny       
11/ SYNERGIE – Isabelle Joschke  

- Publicité -

Desjoyeaux à moins de 2000 milles de la victoire

Foncia Desjoyeaux vitesse croisière
DR

C’était l’incertitude de ce denier sprint final : combien de temps Michel Desjoyeaux (Foncia) allait-il rester bloqué dans la dorsale qui prolonge l’anticyclone des Açores au large des Canaries ? Mais finalement le passage de la nuit dernière n’a pas été très long et malgré des ralentissements à moins de huit nœuds, le monocoque blanc a traversé plutôt rapidement cette zone de vents mollissants qui basculaient progressivement du secteur Sud-Est au Sud-Ouest. Désormais, il ne reste plus au leader qu’à piquer sur le golfe de Gascogne, cap au 45° pour moins de 1900 milles à courir ! Mais ce rush n’est pas si simple que cela : d’abord, il faut que le premier aille chercher les vents portants établis qui sont encore à quelques centaines de milles dans son Nord ; puis il va lui falloir négocier le passage des Açores et ce n’est pas si simple avec la formation d’une dépression sur l’archipel jeudi ; enfin, il faudra éviter de le gros de la tempête qui est annoncée au large du cap Finisterre avant d’embouquer le golfe de Gascogne qui pourrait finir par être paresseux…

Dernière cartouche aux Açores
Le premier objectif de Michel Desjoyeaux est de se dégager très vite des hautes pressions pour aller chercher un front associé à une première dépression attendue pour demain mardi soir avec du vent de Sud-Ouest trente nœuds. Ensuite, il faudra au solitaire choisir de quel côté il va passer l’archipel car après une zone de transition avec des brises moins soutenues de secteur Ouest, c’est une dépression très creuse qui se forme… sur les Açores ! Et cette perturbation semble extrêmement vigoureuse : plus de 55 nœuds sont prévus dans sa partie Sud. Logiquement, la route semble laisser à bâbord l’archipel que le navigateur aura à cœur de ne pas trop approcher car le relief volcanique et l’état de la mer peuvent sensiblement aggraver la situation. 

D’autre part, si la mer se forme assez rapidement en prenant de l’ampleur, cela pourrait offrir l’opportunité de réaliser la plus grande distance parcourue sur 24 heures… Mais Michel Desjoyeaux n’a pas intérêt à prendre des risques à quelques jours de l’arrivée d’un Vendée Globe qu’il a marqué de son empreinte ! Tout déprendra de l’enchaînement vent-houle-vagues mais sur le papier, c’est au minimum 400 milles qui vont défiler sur son compteur de milles en 24 heures… Notons toutefois que le leader a indiqué qu’il avait rangé son ” arme fatale “, une trinquette en Cuben Fiber, spécialement conçue pour les mers du Sud. Voudra-t-il remettre une dernière couche à l’approche du golfe de Gascogne ? En tous cas, une fois cette dépression violente accroché, c’est un long bord de portant qui s’annonce vers le cap Finisterre dans une brise d’une quarantaine de nœuds vendredi alors qu’une nouvelle perturbation arrive samedi sur les Açores…

Pas le même programme
Roland Jourdain (Veolia Environnement) n’est pas sûr d’enchaîner de même façon cette fin de parcours : derrière ces dépressions açoriennes, l’anticyclone se compresse en perdant de son intensité, ce qui risque fort de rendre sa traversée plus laborieuse. Le dauphin pourrait peiner à retrouver les vents portants au-dessus du 35° Nord mais ensuite, c’est aussi dans un violent coup de vent que le poursuivant va se faire cueillir au large des Açores ! Quant à Armel Le Cléac’h (Brit Air), avec quatre jours de décalage, ce passage pourrait être beaucoup plus mou, donc moins véloce…

Dans l’Atlantique Sud, les alizés de Sainte-Hélène sont toujours aussi inconstants : Marc Guillemot (Safran) a dû mal à s’éloigner des côtes brésiliennes où la brise est assez molle tandis que Samantha Davies (Roxy) est revenue très fort ces dernières heures grâce à sa route au large. Il est probable que les deux solitaires vont aborder le Pot au Noir en milieu de semaine, quasiment en même temps. Ils peuvent être assurés que le duo britannique n’est plus inquiétant : Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et Dee Caffari (Aviva) sont ce lundi matin moins pressants dans une zone orageuse, certes moins active que précédemment, mais qui va les ralentir quelque peu. Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) pourra en profiter pour grappiller des milles, même s’il est toujours au près…

Quant à Steve White (Toe in the water), il continue sa progression au large de l’Uruguay en se décalant vers le Nord-Est, ce qui n’est pas très productif en ce moment, mais pourrait l’être dans la semaine quand les alizés d’Est vont s’installer à nouveau. Rich Wilson (Great Americain III) aborde le cap Horn qu’il doit franchir dans l’après-midi de ce lundi avec du vent portant maniable et une belle houle, quand Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) vont passer la dernière porte des glaces du Pacifique. L’ETA de Michel Desjoyeaux est toujours prévue ce week-end alors que les deux derniers ont encore 1900 milles avant d’entrer dans l’Atlantique : il y aura bien un océan d’écart à l’arrivée du vainqueur !

Classement à 5h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 1928,7 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 497,1 milles du leader
3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1039 milles
4- Marc Guillemot (Safran) à 2101,5milles
5- Samantha Davies (Roxy) à 2136,6 milles
6- Brian Thomson (Bahrain Team Pindar) à 2428,8 milles
7- Dee Caffari (Aviva) à 2515,5 milles
8- Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2929,4 milles
9- Steve White (Toe in the water) à 3660,9 milles
10- Rich Wilson (Great American III) à 5192,5 milles
11- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6976,6 milles
12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 7067 milles

- Publicité -
- Publicité -