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Le 470 brille à Palma

Médaille de bronze en 470 pour Nicolas Charbonnier et Olivier BaussetMedaille de bronze en 470 pour Nicolas Charbonnier et Olivier Bausset
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Chez les filles, c’était le grand retour du duo Ingrid Petitjean/Nadège Douroux après un an d’interruption. Et leur retour s’effectue en force même si elles peuvent regretter que leur Medal race manquée (elle termine dernière de la finale) leur ait coûté la place de leader qu’elles occupaient jusqu’à ce matin. Camille Lecointre, associée le temps d’une régate avec Hélène de France (désormais son équipière, Mathilde Géron reprendra sa place à la SOF), ont brillé aujourd’hui en terminant 2ème de la Medal race ce qui leur permet de décrocher la 7ème place au général.
En Star, Xavier Rohart et Pierre-Alexis Ponsot n’avaient navigué ensemble que 5 à 6 jours avant la compétition. Leur 5ème place, même si elle ne satisfait pas complètement Xavier, n’est donc pas vraiment une surprise pour un duo en rodage qui doit trouver ses automatismes mais qui a su réaliser de beaux départs tout au long de la semaine.
Dans les séries de dériveur en solitaire masculin, un seul français accède à la Médal race : le jeune Jonathan Lobert qui termine 10ème en Finn.    
Enfin, la planche à voile française prouve une nouvelle fois ses ressources en plaçant, malgré l’absence de ses chefs de file, trois de ses représentants dans le top ten : Alexandre Guyader, qui signe son retour sur cette discipline après quatre années passées sur Tornado, termine 8ème chez les hommes, et Marine Rambaud et Eugénie Ricard, 6 et 8ème chez les filles.
Prochain rendez-vous de la saison : la Semaine Olympique de Hyères qui démarre le 18 avril.
 
 
Interview
Ingrid Petitjean : « Nous sommes plutôt contentes de ce que nous avons réalisé cette semaine. Dommage que nous ayons mal géré notre stratégie aujourd’hui en Medal Race ce qui nous a coûtés des places et peut-être la victoire. C’est sans doute notre plus grosse faute de la semaine… Pour le reste nous sommes satisfaites, nous avons notamment bien réussi nos départs et c’est ce que nous voulions. Nous sommes heureuses de nous retrouver sur l’eau après un an d’interruption. Avons-nous retrouvé nos marques ? Oui et non mais en réalité nous ne voulions pas les retrouver toutes. Nous souhaitions repartir avec de nouveaux automatismes et nous y sommes plutôt arrivées tant en matière technique, sur les virements de bord par exemple, qu’en matière de communication à bord où à certaines allures je me concentre sur la vitesse et Nadège s’occupe seule du positionnement des autres bateaux ».
 
Nicolas Charbonnier : « C’est une bonne première régate ! On s’est fait plaisir. Avant de venir ici nous n’avions pas trop de repères. Nous formons un duo basé sur la confiance. Car cela fait longtemps que nous travaillons ensemble, moi en tant que coureur, Baptiste en tant qu’entraîneur. Donc nous avons tout de suite trouvé une bonne cohésion. C’est une bonne réponse à ceux qui doutaient de notre association. Il ne faut pas s’enflammer, on a encore beaucoup de travail technique à réaliser. On se donnait un an à 1 an ½ pour atteindre notre potentiel et c’est toujours d’actualité mais c’est un bon début. Nous avons su garder la régularité qui faisait notre force à Olivier (Baussset) et moi. Côté vitesse, comme Baptiste est un peu plus lourd et grand qu’Olivier, on a un peu plus de vitesse au dessus de 12  nœuds de vent. En dessous, comme on aime bien ce genre de temps, on va vite. Cela faisait 12 ans que Baptiste n’avait pas fait du dériveur mais je peux vous dire qu’il a gardé un sacré physique. Je suis aussi content pour Pierre et Vincent qui se classent bien. Avec eux cela se passe vraiment parfaitement et si cet esprit perdure nous pouvons vraiment faire quelque chose de grand ».
 
Philippe Michel, entraîneur des 470 : « ca va bien, vraiment bien. Les garçons ont réalisé un superbe travail. Hier (jeudi) dans des conditions de vent difficiles, ils ont été impressionnants. Ils ont un sacré potentiel et cela donne envie de s’investir plus. D’autant que Vincent et Pierre ont eux aussi confirmé leur niveau. Chez les filles, cela a  bien marché pour Ingrid et Nadège. Dommage que le symptôme de la dernière olympiade se répète avec une Medal race où elles se battent un peu elles-mêmes. Il faut qu’elles naviguent plus relâchées surtout qu’aujourd’hui elles avaient le potentiel de vitesse pour cela. Le niveau du 470 français est vraiment excellent comme le montre aussi la 2ème place dans la Medal race de Camille ce qui lui donne la 7ème place au Général alors qu’elle ne disposait pas de son équipière attitrée. ».
 
Xavier Rohart : « On a raté pas mal de choses à Palma. Disons tout simplement que c’est une reprise ! On est un peu passé à côté de chaque coup à jouer. Pierre Alexis dans les manœuvres est en phase d’apprentissage et c’est vrai qu’on a perdu des places par exemple dans les enroulés sous le vent. Parce que par contre, on a passé 80% des bouées en tête, on a fait de supers départs. Mais c’était notre première régate et on a seulement derrière nous 5 à 6 jours d’entrainement. Il y a beaucoup de points sur lesquels on doit travailler : la communication sur les choix tactiques, la vitesse, la technique. Ce qui est rageant c’est d’être passé à chaque fois près de la victoire. Ce qui est par contre positif, c’est qu’il y a plein d’équipages jeunes qui arrivent et nous, sans entrainement, on arrive à les accrocher. On devrait donc rester dans le haut de la hiérarchie mondiale.
     
Résultats du Trofeo Princess Sofia :
 
470 Hommes :
1 – Nicolas Charbonnier (YC Antibes) / Baptiste Meyer (CN Nice) : 29 pts
2 – Gideon Kliger / Udi Gal (ISR) : 58 pts
3 – Anton Dahlberg / Sebastian Ostling (SWE) : 64 pts

7 – Pierre Leboucher (ASPTT Nantes) / Vincent Garros (SNO Nantes) : 70 pts
 
470 Femmes :
1 – Sylvia Vogt / Carolina Flatscher (AUT) : 41 pts
2 – Tara Pacheco / Berta Betanzos (ESP) : 43 pts
3 – Ingrid Petitjean (SN Marseille) / Nadège Douroux (SN Marseille) : 43 pts

7 – Camille Lecointre (SR Brest) / Hélène Defrance (ASPTT Marseille) : 77 pts
 
Finn :
1 – Giles Scott (GBR) : 26 pts
2 – Edward Wright (GBR) : 29 pts
3 – Andrew Mills (GBR) : 32 pts

10 – Jonathan Lobert (SNO Nantes) : 75 pts
19 – Thomas Le Breton (SR Brest – Equipe de France Militaire) : 108 pts
 
49er :
1 – Pietro et Gianfranco Sibello (ITA) : 43 pts
2 – John Pink / Rick Peacock (GBR) : 52 pts
3 – Dave Evans / Simon Hiscocks (GBR) : 85 pts

11 – Julien D’Ortoli (YC Pointe Rouge) / Noë Delpech (YC Pointe Rouge) : 99 pts
12 – Morgan Lagravière (YC Pointe Rouge) / Yann Rocherieux (CN de Sciez) : 100 pts
16 – Axel Silvy / Ulysse Hoffmann : 117 pts
20 – Manu Dyen (CNV Aix Les Bains) / Stéphane Christidis (EV Cagnes sur Mer) : 128,1 pts
 
Star :
1 – Robert Stanjek / Markus Koy (GER) : 23 pts
2 – Emilios Papathanasiou / Apostolos Karnoutsos (GRE) : 30 pts
3 – Diego Negri / Luca Devoti (ITA) : 33 pts

5 – Xavier Rohart (YC La Pelle) / Pierre Alexis Ponsot (SNO Nantes) : 34 pts
 
RS : X Hommes :
1 – Dorian Van Rijsselberge (NED) : 21 pts
2 – Ricardo Winick Santos (BRA) : 31 pts
3 – Nick Dempsey (GBR) : 37 pts

8 – Alexandre Guyader (CN Angoulins) : 60 pts

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En route vers les alizés

Gedimat 2008 Tripon
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Le casting de la Transat BPE, s’il ne ressemble pas toujours à celui d’une superproduction hollywoodienne, propose néanmoins quelques jolies têtes d’affiche qui toutes, voudraient bien se pousser du col pour monter sur le devant de la scène. Et les vedettes du circuit Figaro Bénéteau tentent, tant bien que mal, de contenir les assauts des jeunes premiers. A l’instar d’un Adrien Hardy (Agir Recouvrement) à l’ouest ou d’un François Gabart (Espoir Région Bretagne) au sud, les jeunes pousses du circuit n’ont aucun complexe et rappellent chaque jour aux vieux briscards que les premiers rôles ne les effraient pas. Dans cette bataille tactique et psychologique, chaque mille gagné ou perdu compte. A quelques cinquante milles au nord de Madère, les ténors du circuit cherchent à pousser leur avantage à l’aide de recettes travaillées depuis des années. C’est Erwan Tabarly qui sait lever le pied au bon moment pour pouvoir attaquer une nuit complète, quand les conditions sont limites pour porter le spinnaker. Armel Tripon (Gedimat), de même, a su puiser dans ses réserves pour ne pas se faire décrocher après une nuit précédente difficile passée à batailler avec son spinnaker en coquetier. D’autres continuent de tailler la route aux avant-postes sans sembler s’émouvoir d’une éventuelle passation de pouvoir. Qu’on y regarde bien, de Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) à Adrien Hardy côté jardin, à Gildas Morvan (Cercle Vert) côté cour, l’espace de jeu reste large. Ce sont encore 180 milles qui séparent, en latéral, les tenants les plus extrêmes des différentes options.

Chacun cherche son camp
Les prochaines vingt-quatre heures devraient, d’ores et déjà, donner quelques indications sur la pertinence des choix des uns et des autres. Ouest, centre ou sud, bien malin qui pourrait prédire qui décrochera le rôle titre dans les prochaines heures. Ceux du sud espèrent toujours bénéficier de cette pression supplémentaire qui leur permettra de s’engager enfin sur l’autoroute des alizés, quand ceux du nord-ouest comptent bien sur la rectitude de leur trajectoire pour décrocher la timbale. Même si, comme aiment à le rappeler certains habitués du circuit, la route est encore longue jusqu’à Marie-Galante, il n’est pas forcément de mauvais aloi de marquer ses adversaires, à l’issue de cette première semaine de course qui aura fait la part belle à la tactique. Pour les deux semaines à venir, il faudra aussi compter sur les petites bricoles qui peuvent affecter la bonne marche des solitaires. La première semaine a été éprouvante et nombre de navigateurs doivent faire face à des petits pépins qui, sans être déterminants, peuvent altérer une récitation parfaite de leur texte. Ainsi Gérald Véniard avouait aujourd’hui avoir dû passer des heures dans son moteur pour réparer une cosse électrique défectueuse. En conséquence de quoi, le skipper de Macif devra surveiller sa consommation de gazole jusqu’à l’arrivée. Eric Drouglazet n’aura pas cette chance : après avoir failli sancir, son Luisina s’est retrouvé noyé sous une tonne d’eau qui a grillé définitivement toute son informatique embarquée. La mort dans l’âme, Droug, en bon marin qu’il est, a dû se résoudre à se retirer de la scène. Ce nouveau coup du sort, à l’issue d’une année 2008 compliquée, doit lui faire penser que le chat noir est toujours vivant. Qu’il se rassure, les grands artistes reviennent toujours.

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SNIM 2009 : Manches musclées

SNIM 2009
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En rade sud, les 5.7 ont essuyé un aller retour entre le Vieux Port et le bateau comité, prenant  au passage une sacrée rincée, malmenés par les vagues. Les 31.7, les Sélection37 et les petits IRC ont pu valider une manche. « Nous avons pu faire deux tours avec de 25 à 35 nœuds en pointe » raconte Vincent Trousseau, 3e sur Virus (31.7). Mais toute la flotte a dû se résoudre à rentrer au port avant l’heure espérant une accalmiequi n’est pas venue.

Ce vent de secteur sud-est soutenu et la mer agitée a permis une belle lutte du côté du rond des Melges 24. « La première manche a été lancée sur une moyenne de 28 nœuds de vent, dans des conditions musclées » explique Corinne Aubert, présidente du comité de course Melges 24. «Nous avons assisté à deux très beaux départs. Au moment de lancer la deuxième, nous avons eu des conditions plus clémentes, puis le grain s’est levé d’un coup. Il y a eu 30 nœuds, nous avons décidé d’écourter le parcours banane et avons pu valider la manche, mais les derniers ont eu du mal ».
« Mais quel drôle de temps pour Marseille, un temps de Breton » a relevé Kito de Pavant. «Mais même cela n’a pas gêné les Italiens d’Altea toujours en tête ».

La journée a été ponctuée par une série d’avaries, un démâtage pour le A35 Tchin Tchin, une barre cassée pour le Swan 42 Cachou, et deux grand voile déchirées dont celle de Near Miss, contraint à l’abandon. «  Nous avons un très bon bateau, avec une bonne cohésion à bord. Tout le monde percute bien, après ce sont les aléas de la régate, a résumé François Brénac. « Après une belle première manche, nous étions bien partis dans la deuxième, mais à la fin du premier portant nous avons déchiré la grand voile », détaille Clément Giraud. « Ce n’est que la deuxième régate en IRC de Near Missaprès la Giraglia l’an dernier, c’est très agréable de disputer la SNIM à bord de ce bateau de classe (GP42). « Dans ces conditions de 25 nœuds, le bateau est parfait et au vent arrière sous spi, nous nous sommes régalés » ajoute un autre équipier de renom, Fabrice Blondel. Du côté des Swan, la journée a de nouveau été dominée par Cuordileone qui profite de ce premier faux pas de Near Miss. Sébastien Col a refermé sa parenthèse marseillaise rassasié. « Cela m’a fait vraiment plaisir. Il y avait cinq ans que je n’avais plus navigué en France en flotte et ça fait du bien de retrouver le pays. Cela a été musclé, sportif, la SNIM quoi, et pour moi cela a été une première de naviguer en rade nord. C’était un plaisir».

La météo de dimanche
 La journée devrait débuter elle aussi sous la pluie avec un vent d’est de force 5 à 7 basculant en cours de journée en vent de nord ouest, force 3 à 5. Toujours des conditions sportives, pour le plus grand bonheur des régatiers.

Melges 24 (5 courses, 4 retenues)
1. Altea (racchelli Andrea)
2. Marsail (Paul maxime)
3. Cotes d’Armor ( Dreano Ronan)

Selection (après 3 courses, 3 retenues)
1. 2J Impression ( Terrier Bernard)
2. Sarbacane (Forestier Nicolas)
3. 3. Swindler (Auboiroux Marcel)

First 31.7 (après 3 courses, 3 retenues)
1. Sagaï ( Lexa Dominique)
2. Nicolaïs (Morante André)
3. Virus (Castelli Didier)

IRC A (après 4 courses, 3  retenues)
1. Near Miss ( Noël Franck)
2. Cuordileone ( Freccia)
3. Kora ( Scermi Enrico)

IRC B (après 4 courses, 3 retenues)
1. Glen Ellen (Tian Dominique)
2.  Spirti of Ad Hoc ( Bouchard Thierry)
3. Geranium Killer ( Metenier Charles)

IRC C (après 4 courses, 3 retenues)
1. Kalinka (Radullic Walter)
2. Tchin tchin ( Bertrand Jean-Claude)
3. Desirade ( Berthelot Christian)

IRC D (après 4 courses, 3 retenues)
1. DSN ( Peteto/ Gonon Christophe)
2. 2. Prima One ( Chevalier Vincent)
3. Zulu (Alicot François)

IRC E (après 3 courses, 3 retenues)
1. Jin Tonic ( Daurelle Bernard)
2. Over Dose Bravo ( Baradat Luc)
3. Windswept of Breizh ( Lahieyte jacques)

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Cap au sud et premiers surfs pour les figaristes

adrien Hardy edition 2009
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Sans être encore totalement sortis des esprits des marins, le près et les conditions d’inconfort qui vont avec sont à présent dans leur sillage. Depuis hier après midi, la flotte de la Transat BPE 2009 allonge la foulée et peut enfin voir le compteur dépasser les dix nœuds. Mais la rotation du vent au Nord Ouest entraînant avec elle l’arrivée de la navigation à des allures plus portantes n’a pas non plus définitivement donné des couleurs alizéennes au tableau. Le long des côtes portugaises, la nuit des solitaires n’a pas été de tout repos. Le silence des uns et des autres à l’occasion de la vacation quotidienne est éloquent. Au largue serré, dans des conditions de vent soutenues et instables, renforcées ça et là par des passages de grains, l’heure n’est définitivement pas à la conversation de longue durée. On imagine aisément les figaristes dans leurs combinaisons sèches, concentrés à la limite de l’obsession sur leur conduite de barre et soumis à un régime « lance à incendie » comme le confiait le jeune François Gabart. Cherchant à assurer la trajectoire et à gagner au maximum en cap et en vitesse. Ne rien lâcher et ne surtout pas perdre de vue l’objectif. Dans de telles conditions, le sommeil et l’alimentation deviennent accessoires.
Chaque classement amène avec lui son lot de petits bouleversements et d’évolutions. Il n’est toutefois encore pas question de tirer les conclusions des options engagées après le départ de Belle-Île-en-Mer, ou plutôt de l’échappée belle dans l’Ouest d’un Thierry Chabagny toujours en tête ce matin. Aux commandes depuis deux jours, le finistérien a été le premier des quatorze concurrents à envoyer le spi. Toujours positionné le plus proche de la route directe,  ce dernier risque fort de devoir aller jouer en limite de la bordure anticyclonique et prendre le risque d’un enfermement. Affaire à suivre. Derrière lui, les écarts se creusent et chez les partisans du Sud, 77,4 milles séparent actuellement François Gabart, le plus à l’Ouest d’Eric Drouglazet (Luisina), le plus à l’Est.
En attendant, l’heure est aux sensations de vitesses et les premiers surfs se profilent pour le plus grand plaisir des figaristes. Ce vendredi ne devrait pas connaître de bouleversement majeur d’un point de vue stratégique, chacun s’attachant à affiner sa route. « Ce sera une journée de vitesse ! », lâchait Adrien Hardy ce matin… autant dire que tous sont prêts à affoler les compteurs.
 
Ils ont dit…
 
Adrien Hardy (Agir Recouvrement) – 2ème au classement de 5h00
 
« Ca va. Je ne suis pas très content de moi, j’ai passé pas mal de temps hier après-midi  à bricoler à l’intérieur du bateau à cause d’une voie d’eau. Ce n’est pas très grave, mais les conditions exigeaient d’être à la barre;  du coup c’est mal tombé. Les conditions sont exigeantes, le vent est musclé, très instable entre 30 noeuds à 40 nœuds avec les passages de grains. On est au vent de travers, largue serré.
Ce matin, c’est clair que c’est le bonheur, on avance dans la bonne direction, c’est un peu fatiguant, tout va bien. Hier, j’ai enfin pris le temps de manger un peu. Je suis désormais dans le rythme de la course. Devant ça ne mollit pas vraiment, il faut être tout le temps dessus pour ne pas décrocher, être présent à tous les instants. La journée d’aujourd’hui est assez simple, il faut affiner la trajectoire, ce sera une journée de vitesse. »
 
François Gabart (Espoir Région Bretagne) – 3ème au classement de 5h00
 
« Ca fait plaisir, ça glisse pleine balle. Il y en a qui ont mieux glissé, mais ce n’est pas grave, il y a encore du chemin. Désormais, on est du bon côté de l’anticyclone. Maintenant on est portant, ça fait plaisir
J’ai eu un début de course difficile, au près face à la mer, il fallait être présent sur le bateau car les conditions étaient musclées, elles ne permettaient pas forcement d’être à l’intérieur.
Je suis entre 12 et 15 nœuds tout le temps, c’est pas mal pour un Figaro-Bénéteau. J’ai 28 nœuds de vent et navigue à 130° du réel. Je suis au portant avec les vagues avec moi, cela risque de rester comme ça une partie de la journée.
C’est un peu chaud là, ne raccroche pas…   Je ne vais pas rester très longtemps. J’ai passé une bonne partie de la nuit à la barre avec des vagues à surfer tout le temps, on s’est bien fait rincer, du coup c’est un régal mais j’ai un peu froid ce matin et je ne suis pas sûr de pouvoir me changer aujourd’hui. Je suis resté en ciré et l’eau est encore froide, et cette nuit c’était option lance à incendie. Il n’y a pas vraiment d’endroit pour être au sec. »

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Banque Populaire V endommagé par un OFNI

maxi trimaran banque pop
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Un enthousiasme partagé
Si le séjour espagnol du Team Banque Populaire ne s’est pas soldé par l’opportunité d’établir un nouveau temps de référence sur la Route de la Découverte, l’activité autour du Maxi Trimaran a battu son plein à Puerto Sherry. L’équipage a su en effet enchaîner les navigations au large des côtes ibériques afin non seulement d’éprouver la monture sous toutes les allures mais également d’achever de cimenter le collectif. Entre performance et franche satisfaction, Pascal Bidégorry ne tarit pas d’éloges sur son compagnon de route : «Nous venons d’effectuer une navigation de six jours à bord du Maxi Banque Populaire V, c’est la première fois que nous restions autant de temps sur l’eau et cela nous a permis de faire un parcours intéressant via les Canaries, Madère et Les Açores avant de revenir sur Lorient. Nous éprouvons une grande satisfaction quant à la performance du bateau. Nous avons pu le tester dans une mer formée mais aussi dans du petit temps ou médium léger et cela s’est très bien passé. La progression du bateau va crescendo ce qui est très positif.» 

Au sec pour les vérifications
Le tempérament du Maxi Banque Populaire V semble donc définitivement à la performance et promet de belles choses dans un avenir proche. Rien ne vient ternir le tableau dessiné ces derniers mois par un travail exceptionnel, pas même la « petite découverte » observée à l’issue de cette semaine d’entraînement : « Nous avons heurté un OFNI sur la toute fin de notre parcours entre Cadix et Lorient. Nous ne savons pas ce que c’était. En faisant le tour du bateau lundi, nous nous sommes rendus compte que le flotteur tribord était partiellement endommagé. Dans la perspective du Trophée Jules Verne, nous avons à cœur de ne rien laisser au hasard dans notre préparation. C’est pour cette raison que nous mettrons le bateau au sec dès que possible. Cela n’entame évidemment en rien notre programme d’entraînement et notre campagne de records ». Le retour du Team Banque Populaire sur sa base lorientaise, décidé bien avant le départ de Cadix la semaine dernière, va permettre une intervention rapide sur le flotteur.

Une fois le check-up effectué sous la houlette du chantier CDK Technologies, le Maxi Banque Populaire V retrouvera son élément et un équipage affûté pour la suite de la campagne. Celle-ci se matérialisera dans les semaines à venir sous la forme d’un convoyage d’entraînement vers les Etats-Unis avec à suivre un positionnement pour le record de l’Atlantique Nord et un temps de référence que Pascal Bidégorry et ses hommes entendent bien accrocher à leur tableau de chasse.

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Départ samedi de l’étape Rio Boston

arrivée ericsson 3
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Le départ sera donné à Rio qui est près de la limite sud des alizés de sud-est  mais la situation au large du Brésil peut compliquer la tâche. Il n’est en effet pas rare d’y rencontrer un vent faible avec des conditions anticycloniques, comme ce fut le cas à la fin de la cinquième étape de la course. Il faudra également tenir compte du courant nord-sud qui sera sans doute difficile à éviter au départ. Ensuite, les navigateurs vont se concentrer sur le passage de Recife car une option tactique s’impose ici. Ils auront le choix entre un raccourci près des côtes ou bien un vent plus régulier au large. L’expérience montre qu’il faudra rester à moins de dix milles de la côte ou bien progresser à plus de 100 milles au large. Ce sera le quatrième passage dans le Pot au noir dans cette édition de la Volvo Ocean Race mais la position de la flotte plus à l’ouest que lors de la descente devrait faciliter cette partie du parcours. Une fois sorti de cette zone de convergence intertropicale, les équipages vont espérer retrouver les alizés avant de s’attaquer au contournement de l’anticyclone des Açores. Sa position va déterminer la régularité et la force des alizés mais parfois ces hautes pressions règnent sur une grande partie de l’Atlantique et se confondent avec l’anticyclone des Bermudes, frustrant les espoirs d’un passage rapide. Ce sera néanmoins la dernière partie du parcours qui pourrait bien être la plus difficile. La flotte devra mettre le cap au nord-ouest et confronter les dépressions qui remontent vers l’Europe. Le printemps est traditionnellement un moment d’instabilité dans cette zone et il ne serait pas surprenant de rencontrer des conditions musclées dans l’Atlantique Nord à cette époque de l’année. Une remontée au vent combinée avec l’influence du Gulf Stream offrirait une fin de parcours sportive. 
Deux bateaux effectueront leur retour à la course samedi à Rio. Après de longues réparations suite aux dégâts subis au large de la Chine, Delta Lloyd et Telefonica Black s’aligneront au départ de cette sixième étape. Les deux équipages et les deux bateaux seront normalement en pleine forme pour s’attaquer à ces 4900 milles mais à bord des autres VO70, des modifications ont également été réalisées avec notamment sur Telefonica Blue une nouvelle garde-robe et de nouveaux safrans.    

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Sportives glissades

macif 2009
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Encore vingt-quatre heures de ce régime… Après le près lancinant, les solitaires de la Transat BPE sont partis pour une cavalcade aux allures de largue qui prend parfois des airs de sarabande infernale. Dantesque, épuisant, sont les qualificatifs qui reviennent le plus souvent dans les propos des skippers soumis au régime de la douche écossaise. Aux instants d’euphorie provoqués par une grande glissade à plus de quinze nœuds peut vite succéder un instant d’abattement consécutif à un dérapage incontrôlé… C’est Armel Tripon (Gedimat) qui doit grimper par deux fois dans son mât pour démêler son spinnaker enroulé dans l’étai ; et ce, pendant que le bateau dévale les vagues au vent arrière par trente-cinq nœuds de vent. C’est Nicolas Troussel (Financo) qui doit bondir en catastrophe dans le cockpit alors qu’il se reposait à l’intérieur quand le bateau part en vrac couché par une rafale à plus de cinquante nœuds. C’est encore Franck Le Gal (Lenze) qui, en guise de cadeau d’anniversaire pour ses trente-six ans, doit en pleine nuit effectuer une marche arrière dans le coup de vent pour extraire un bout enroulé dans sa quille. Sans compter toutes les petites misères que l’on ne raconte pas, histoire de ne pas donner prise à la concurrence… Mais de Gildas Morvan (Cercle Vert) à Erwan Tabarly (Athema), tous reconnaissent avoir vécu des heures pas faciles. Et commencent à compter les heures qui les séparent de l’instant où ils pourront ôter la combinaison sèche et se faire un vrai repas chaud sur un bateau enfin à plat. Sans assiette normale pour le navire, pas de fantaisies culinaires…

Rien n’est jamais acquis

A l’ouest Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) et Adrien Hardy (Agir Recouvrement) continuent de tenir la dragée haute au groupe du sud. Au prix parfois d’une navigation musclée : les quelque quatre-vingts milles de latitude qui séparent le leader des méridionaux du moment, changent radicalement la donne. Au nord, le vent est plus puissant, les vagues plus formées. Selon les observations relevées sur place, si toute la flotte navigue dans des conditions pour le moins toniques, le pire est bien pour Adrien et Thierry. Lequel reconnaissait avoir navigué à l’aveugle depuis plus de vingt-quatre heures, privé de connexions Internet qui lui aurait permis de récupérer les fichiers de vent d’une part et les positions de ses adversaires, d’une autre. Quoi qu’il advienne, la trajectoire de Suzuki Automobiles aura le mérite d’une lisibilité et d’une détermination remarquable.
La flotte devrait continuer à descendre vers des latitudes plus clémentes pendant encore deux jours. Dans la journée de dimanche, viendra l’heure des premiers comptes quand il s’agira de commencer à mettre de l’ouest dans sa route. Les hommes du sud bénéficieront-ils d’un régime d’alizé suffisamment puissant pour compenser l’écart de route ? Ceux du nord parviendront-ils à garder une trajectoire au cordeau sans s’engluer dans les calmes de l’anticyclone des Açores ? C’est aussi le charme des courses transatlantique de proposer des scénarios où rien n’est écrit d’avance. L’incertitude du lendemain est parfois le prix à payer pour la liberté de choix d’hier.

Le mot du jour : anticyclone des Açores
Cette zone de hautes pressions qui stationne aux abords de l’archipel du même nom est celle qui génère dans son sud les régimes d’alizés de nord-est qui devraient permettre aux concurrents de descendre vers les Antilles. A l’inverse des basses pressions, les zones anticycloniques sont eu mobiles et s’étalent sur de longues distances. D’où des gradients de pression peu importants qui génèrent des vents relativement faibles à ses abords. C’est toute la problématique à laquelle sont confrontés les concurrents de la transat qui tentent de contourner cette zone de hautes pressions par le sud-est.

Ils ont dit :

Armel Tripon – Gedimat – 9ème au classement de 15h
« J’ai eu quelques soucis en fin de journée. Au moment d’affaler mon spi, en abattant un poil trop, il s’est enroulé autour de l’étai et s’est transformé en paquet de nœuds. Après avoir affalé la grand-voile, j’ai essayé, à deux reprises, de monter en tête de mât, mais je n’ai pas réussi à atteindre le deuxième étage. Finalement, j’ai renvoyé la grand-voile et c’est parti comme ça ; mais j’étais cuit, les bras tétanisés, trempé jusqu’aux os. En plus, j’ai pris 35 milles dans la vue. Là, j’ai remis le génois puis j’ai voulu recharger les batteries en faisant tourner le moteur. Et là, la courroie d’alternateur a explosé. Heureusement j’ai des courroies de rechange, mais ce n’était pas ma journée… Il faut que je vérifie mon spi, mais il a l’air d’être intact et j’ai récupéré toutes mes drisses. Dans mon malheur, je m’en sors bien. »

Nicolas Troussel – Financo – 4ème au classement de 15h
«Cette nuit, il y a eu de l’air et des bons grains, jusqu’à 55 nœuds. J’étais dans ma bannette et quand je suis sorti c’était un peu le bordel. J’ai cassé mon antenne VHF et elle bloque ma girouette, ce qui est plutôt handicapant. J’espère que quand j’empannerai elle se décrochera toute seule. Cette nuit, je l’ai joué tranquille, mais on arrive bientôt dans le rythme anticyclone des Açores. Je fais mon petit bonhomme de chemin et j’essaie de rester au contact des 3 premiers pour pouvoir jouer dans les alizés.»

Gildas Morvan – Cercle Vert – 7ème au classement de 15h
« Ces dernières 24 heures, c’était un peu l’enfer, le passage du front dans 40 nœuds a été dur. Cette nuit j’ai navigué sous spi, je suis assez content de ma trajectoire, elle est parfaite par rapport à Madère. C’est génial, quand on a une stratégie et qu’on arrive à l’appliquer. La mer est un peu démontée, mon Figaro avance entre 12 et 17 nœuds, ça défile vite et à partir d’aujourd’hui ça va être sympa, on devrait avoir un bel alizé. »

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Terry Hutchinson nouvel ambassadeur de Gill.

Quantum
Quantum

Gill, le spécialiste de vêtements et accessoires de voile techniques annonce un nouveau partenariat avec Terry Hutchinson, navigateur Rolex de l’année 2008 et vainqueur en TP52 de la Med Cup.
 
Un partenariat de fourniture de vêtements techniques, souhaitant que l’attention au détail aide à obtenir de grands résultats.
 
Gill a, de plus, une politique de partenariat avec des personnes qui ajouteront leur expérience et perspicacité au développement des produits véliques et, de ce fait, assurant la réputation continuelle de Gill comme innovateur technique du nautisme.

Source : Gill Marine
www.gillmarine.com

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Une météo capricieuse

francois gabart transat BPE 09
DR

D’un point de vue strictement terrien… mieux vaut être au sud ! A écouter les récits de la nuit d’un Thierry Chabagny ou d’Armel Tripon (Gedimat), le tableau dépeint par le premier laisse imaginer des moments particulièrement difficiles dans la quête de vents plus favorables. 25 nœuds de moyenne, des rafales à 39-40 nœuds, une nuit humide, un bateau qui cogne sans arrêt et une alimentation réduite au strict minimum, tel est le quotidien actuel du leader de la flotte. En troisième position, le ton de la voix du skipper de Gedimat  traduit une toute autre ambiance qui sans être totalement détendue, semble teintée d’un peu plus de confort. Mais chez tous, une idée fixe, un graal leur permet d’accepter le ballottage incessant, l’absence de sommeil, l’humidité permanente et une alimentation laissée au second plan. Dans quelques heures, les solitaires pourraient « lâcher les écoutes » et abandonner comme un méchant souvenir les longues heures passées à la barre, au près, donnant à la mise en route de la Transat BPE des allures de chemin de croix. Mais il leur faudra encore attendre pour conjuguer leur quotidien de marins sur un mode portant…

Pour l’heure, le front attendu et recherché par les concurrents est arrivé sous une forme particulière en n’étant pas en phase avec la rotation espérée. C’est dans la matinée que cette dernière devrait permettre aux premiers de « souffler » un peu et de virer de bord. Mais cette évolution météorologique ne livrera pas forcément la réponse attendue aux questions qui se posent depuis l’échappée nordiste de Thierry Chabagny. Le finistérien le disait ainsi lui-même à l’occasion de la vacation matinale ; « il faudra peut-être attendre la fin de la course pour connaître le résultat de cette option… ». Suspense quand tu nous tiens…
 
Ils ont dit:

Thierry Chabagny – (Suzuki Automobiles) – 1er au classement de 5h
 
« La nuit est assez musclée car ici on a rarement en dessous de 25 nœuds de vent et j’ai eu des rafales à 39/40 donc les manœuvres s’imposent. C’est humide aussi, on prend de bons paquets sur la figure. Au moment où on se parle ça cogne pas mal à l’intérieur. Le vent a pas mal tourné dans ce secteur donc la mer n’est pas très rangée, il y a une houle un peu de travers.  Côté repos, c’est un peu le régime de la Solitaire, c’est à dire que tu dors par petites tranches de 20 minutes. Pour mo, à part la deuxième nuit qui n’était pas trop mal, depuis le début c’est  régime sec. Il est temps que ça se calme un peu parce que ça risque d’être un peu plus long qu’une étape du Figaro ! Le front de vent je l’ai passé, mais comme ça arrive souvent dans certaines dépressions, là il est n’est pas en phase avec la rotation de vent, ce n’est pas franc, c’est-à-dire que j’ai passé le front mais le vent n’a toujours pas  tourné.
Je ne suis pas parti pour faire une route complètement nord, je vais finir par croiser les autres et là on verra ce que ça donnera. Mais si ça se trouve on n’aura le résultat qu’à la fin de la course. J’ai mangé un peu mais je pense que je suis tout de même un peu sous-alimenté par rapport à d’habitude, je suis à un seul vrai repas par jour. Mais l’estomac n’en demande pas beaucoup plus, on est encore dans la mise en route, il faut que l’organisme s’habitue petit à petit ».
 
Gérald Véniard – (Macif) – 2ème au classement de 5h
 
« Ca va mais je n’arrive pas à télécharger d’emails et de fichiers météo depuis deux jours donc je n’ai pas de nouvelles ! Je ne sais pas où sont les autres. Les conditions de navigation ce n’est pas les vacances ! Mais ça va passer. A priori je suis passé de l’autre côté du front, mais je n’ai pas encore touché la bascule. J’en ai touché une première, mais elle ne me permet pas d’ouvrir les voiles. J’ai 20 nœuds ça a bien baissé car j’ai eu jusqu’à 33 nœuds cette nuit. La mer est assez désordonnée, il ne fait pas très chaud et c’est toujours aussi humide ! J’ai fait deux repas chauds depuis le départ, sinon je grignote. Et pour ce qui est de dormir, moi je dors beaucoup. Donc ça va bien, d’autant que je sais que ces conditions ne vont pas durer ! Dans 4 heures maxi ça se calmera. Quand on verra les milles défiler vers le sud ça va faire beaucoup de bien ! »
 
Armel Tripon – (Gedimat) – 3ème au classement de 5h
 
« Je vais bien même si je suis un peu fatigué. D’autant que quelque chose s’est renversé et que c’est la patinoire dans le bateau. Je ne peux pas me déplacer sans finir sur les fesses ! Cette nuit on a eu du vent de Sud Ouest jusqu’à 33 nœuds, avec un peu de mer. La bascule ne se faisait pas en fait, c’était un peu long. Ca a eu lieu il y a une petite heure à peine, et là ça a bien molli, je suis au près sous génois et grand voile haute. Mais ce n’est pas encore le Nord Ouest qu’on attend. Il est long à venir, on se décale un peu dans l’ouest pour aller le rechercher. J’essaie de rester lucide pour prendre les bonnes décisions, pour moi c’est le plus difficile à faire. Je dors bien et je mange bien.  J’ai même ouvert le foie gras que m’avait offert mon sponsor pour fêter le dégolfage!»
 

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Enfin au portant

chabagny 2009
DR

Autant dire que nul n’est tenu à la même lecture du plan d’eau. Au nord, Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) poursuit son chemin solitaire quand Gérald Véniard (Macif), calé sur une route intermédiaire se verrait bien à la place du skipper de Nevez. Plus au sud, Gildas Morvan (Cercle Vert) continue de mener la danse, poursuivi comme son ombre par un Armel Tripon (Gedimat) au mieux de sa forme. A croire que l’école de la Mini-Transat apprend à s’endurcir le cuir et se tanner le moral : d’un Erwan Tabarly (Athema) revenu en quatrième position, à Isabelle Joschke (Synergie) ou bien encore Adrien Hardy (Agir Recouvrement), nul ne se plaint des conditions météorologiques qui ont obligé les navigateurs à adopter la position du dahu.
Mais les heures à venir pourraient être décisives : les adeptes de la route nord, Chabagny, Véniard, Hardy ont tous enclenché la surmultiplié. Naviguant tous à près de 10 nœuds de moyenne, on peut supposer qu’ils ont ouvert l’angle suffisamment pour envoyer un spi de brise qui permet enfin de faire décoller l’étrave. Corollaire de l‘opération : les solitaires vont devoir rester rivés à leur barre, à négocier les vagues quand de l’autre main, ils n’auront de cesse de jouer sur l‘écoute de spinnaker pour trouver l’efficacité maximum et surtout éviter que le bateau ne parte au lof. Choquer, border, la vie des solitaires se trouve rythmée par un tempo incessant qui n’autorise plus la moindre approximation. Reste à savoir si ce gain sera suffisant pour combler le retard pris sur la route du sud. Au classement de 16h, la différence de vitesse était de plus de trois nœuds entre ceux qui pouvaient profiter du vent adonnant pour envoyer le spi et les autres.

Empirisme et informatique

Certains sont loin de ces considérations tactiques et psychologiques. Devoir résoudre certaines basses contingences matérielles influe aussi tant sur le moral que sur la marche du bateau. Ainsi Yannig Livory (CINT 56) cumule depuis quelques jours les petites avaries qui, si elles ne remettent pas en cause l’intégrité du bateau, modifient sensiblement l’environnement du navigateur. Téléphone satellite intermittent ne permettant pas de recevoir les fichiers météo, souci de bombonne de gaz entraînant l’obligation de manger froid, le navigateur lorientais redécouvre les vertus des navigations à l’ancienne où l’observation des systèmes nuageux, de l’orientation des vents et de la courbe du baromètre n’avait pas encore été détrônée par l’informatique de bord. Aux figures théoriques de Monsieur Buys-Ballot ont succédé les fichiers grib : ce que les navigateurs ont perdu en poésie, ils l’ont incontestablement gagné en efficacité. Il suffirait de voir les trajectoires au cordeau de certains leaders, en comparaison d’une route aux zigzags parfois hésitants de Yannig pour comprendre que le temps des baladins est bel et bien révolu. Il en est un autre qui évolue ainsi à l’aveuglette depuis plusieurs jours, c’est Gérald Véniard. Le navigateur rochelais a pourtant tranché pour des solutions pour le moins radicales, usant de toute sa science de la météorologie pour aller chercher la bascule attendue sous un front. Une trajectoire limpide qui lui permet de figurer en seconde position au classement de 15 heures. Comme quoi, intuition et empirisme peuvent parfois suppléer avec efficacité les froides logiques informatiques.

Le mot du jour : reaching
Cet anglicisme désigne en fait les allures de largue, celles où l’on peut choquer les écoutes sans pour autant s’autoriser encore la perspective de naviguer à plat. Entre 70° et 110° du vent en moyenne, le reaching fait la part belle à la puissance du bateau. Souvent rapide, c’est une allure qui demande une attention constante et une grande vigilance, notamment dès que l’on hisse le spinnaker.

Ils ont dit :

Yannig Livory – Cint 56 – 12ème au classement de 15h
« J’ai eu un premier problème, c’est le plombage qui s’est mis dans la bouteille de gaz au niveau du joint donc je n’ai plus de gaz. Et croyez moi, le «lyophal » froid ce n’est vraiment pas bon! Autrement vu que le téléphone ne marche plus, je n’ai ni la météo, ni la position des autres bateaux ; donc je navigue vraiment à l’aveugle. J’ai l’impression d’être en pleine découverte, comme Christophe Colomb ! Je ne sais pas où sont les autres ; je ne sais pas si je suis devant ou derrière. »

Gérald Véniard – Macif – 2ème au classement de 15h
« Moi, je pense que Thierry Chabagny a fait le bon choix, si j’avais pu, j’aurais fait comme lui. Je suis tout de même content de ma position, mais je n’ai pas non plus inventé le fil à couper l’eau chaude! Il y avait un front à aller chercher, j’y suis allé à temps mais il n’y a rien de définitif à tout ça. Vu de l’intérieur, sachez qu’il n’y a pas grand-chose qui fonctionne comme je le voudrais, mais je suis super content d’être là. Je me repose, je fais des petites siestes en m’accrochant bien à la bannette. Demain, on devrait pouvoir envoyer un spi. Mais c’est une allure assez serrée encore pour quelques jours ; donc ça va continuer à mouiller fort, mais comme on n’a pas trop le choix, on va attaquer ! »

Adrien Hardy – Agir Recouvrement – 7ème au classement de 15h
« C’est très physique, chaque déplacement est un gros effort qui demande beaucoup d’énergie. Le bateau tape vraiment beaucoup, heureusement que le Figaro Bénéteau est un bateau costaud. Vivement que le bateau soit à plat, que je puisse me faire de bons petits plats ! »

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