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Francis Joyon : “Ca ressemble furieusement à un début de tour du monde”

Start Idec
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Francis, c’est toujours la samba brésilienne à bord d’IDEC, au près ?

Oui ! Cela fait trois jours maintenant que je fais ce grand bord de près au large du Brésil. Je suis passé à moins de 300 milles des côtes. Je fais route vers Tristan da Cunha, encore distant de 1400 milles, et ce n’est pas impossible que je passe à vue de cet archipel volcanique. Cela ne m’est jamais arrivé et ça me ferait plaisir car cet endroit a une belle histoire : suite à des tas de problèmes – dont des éruptions – le gouvernement britannique avait rapatrié ses occupants… mais très vite tous ont préféré retourner sur leur caillou volcanique plutôt que céder aux sirènes du confort des îles anglaises. Je trouve que c’est une jolie histoire.

Quelles sont tes conditions de navigation en ce moment ?

Le vent a tourné à l’est avec un peu de nord dedans, ce qui me permet d’infléchir mon cap légèrement au sud-est (et donc de se rapprocher de la route directe, ndr). Mais c’est assez instable, le bateau passe allègrement de 23 à 14 noeuds comme tout à l’heure… et il est très sollicité. Tellement sollicité que le palan de l’écoute de grand voile a lâché.

Le palan de grand voile a cassé ?

Oui, c’est bien ça, le lashing (fixation textile, ndr) qui le maintient s’est rompu. Il y a tellement de tension partout sur le bateau à cette allure… cela a fait une grosse explosion qui m’a fait sauter au plafond. A ce moment-là j’étais dans mon siège de veille. J’ai heureusement pu réparer assez facilement, cela ne m’a pas posé trop de problèmes.

On imagine que dans ces conditions, la tension n’est pas seulement dans les écoutes, mais aussi dans la tête du marin ?

Je suis un peu sur les nerfs car il faut vraiment surveiller le bateau en permanence, à cette allure et avec ce vent instable. Le bateau ne fait après tout que 16 mètres de large et il lève la patte très vite. Donc il faut être vigilant chaque seconde pour choquer et reborder les voiles dès que la coque au vent monte trop haut… c’est très sollicitant à la fois pour le matériel et pour le bonhomme, effectivement. Disons que je ne serai pas fâché d’arriver dans des vents portants, ça fera du bien !

Côté météo, le scénario envisagé se confirme ?

Oui, je vais devoir poursuivre ce près océanique encore au moins un ou deux jours, puis il y aura une zone de transition qui ne sera pas facile à négocier avec des vents faibles, au nord de Tristan da Cunha. Ensuite, le but est de rattraper une dépression australe au sud de cet archipel, avec des vents de 30 à 40 noeuds qui devraient me propulser vers le cap de Bonne Espérance. Donc oui, le scénario se confirme et il faut féliciter Jean-Yves Bernot (son routeur, ndr) pour ça : même loin dans l’Atlantique Sud il arrive à faire des bulletins précis et efficaces. Comme quoi la météo a bien progressé (rires) !

Une dépression avec des vents de 40 noeuds… si l’on comprend bien tu vas chercher ce que le plaisancier du dimanche fuit comme la peste ?

C’est la seule manière efficace de faire de la route rapidement et dans le bon sens. En tous cas, ça ressemble furieusement à un début de tour du monde, tout ça !

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Groupama 3 dans les starting-blocks à Brest

Groupama 3
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« Nous cherchons à mettre tous les atouts de notre côté. Partir de Brest sera plus aisé d’un point de vue maritime, tant pour hisser les voiles à l’abri de la rade que pour se rendre sur la ligne de départ à Ouessant avec un vent de secteur Nord assez fort que nous attendons » analyse Franck Cammas.

Pour cette dernière navigation entre Lorient, port d’attache des trimarans Groupama depuis 1998, et Brest, cinq des dix équipiers du Jules Verne étaient à bord. Le boat captain Loïc Le Mignon, bien sûr, mais aussi Bruno Jeanjean, Lionel Lemonchois et Thomas Coville enfin qui connaît bien le port de la pointe Bretagne : « J’ai beaucoup de souvenirs ici. De bons et de moins bons mais rien qui me laisse indifférent ».

Amarré dans le récent port du Château, juste devant La Boudeuse, Groupama 3 profite des belles installations brestoises pour en terminer avec les gros préparatifs : « Il nous reste à sortir le moteur de propulsion et à ôter l’arbre d’hélice » précise Yann Mérour, brestois d’origine en charge de la logistique qui ajoute : « L’avitaillement va être embarqué dès que les fonds du bateau seront propres, mercredi ou jeudi ».

Chargés de veiller sur Groupama 3, Yann et son équipe feront de réguliers allers-retours entre Lorient et Brest : « Il reste toujours quelques détails à améliorer, un bateau n’est jamais prêt » conclut-il, pas mécontent de profiter de ce stand by brestois pour inviter ses amis à admirer le maxi trimaran. Pendant que d’autres déchiffreront quotidiennement les fichiers météo à la recherche de la bonne fenêtre…

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Choisir son camp

Telecom Italia
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La voile est vraiment une discipline particulière ! Il faut tout le temps choisir son camp… Ce fut le cas lorsqu’il a fallu prendre l’option açorienne ou plonger vers les Canaries : la flotte s’est alors scindée en deux dès le cap Finisterre paré. Ce fut de nouveau le cas lorsqu’il a fallu négocier l’archipel des Açores : les uns ont décroché en glissant vers le Sud-Ouest, d’autres ont persévéré dans l’Ouest à l’assaut des dépressions. Et voilà de nouveau un choix cornélien à prendre. Avec la venue en fin de semaine d’une dépression venant du Sud-Ouest, qui va traverser l’Atlantique jusqu’à l’Europe de l’Ouest, il faut soit glisser par-dessous pour affronter des vents contraires mais encore maniables sur une mer tout de même agitée, soit suivre toujours la route directe en espérant passer par-dessus la perturbation pour accrocher des vents portants et forts, avec une mer qui ne sera pas facile à négocier…

Mais en attendant dans un flux de Nord-Ouest encore soutenu pour les trois bateaux les plus Nord, ça allonge bien à l’image des nouveaux leaders, les Italiens Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia) : près de dix nœuds au débridé, cela permet de glisser dans le Sud-Ouest en écrasant les concurrents, c’est-à-dire en laissant un peu plus courir en termes de cap, pour se repositionner devant sur la même latitude. Histoire de marquer son avantage et de regarder ensuite dans le rétroviseur pour être réactif à la moindre incartade… En fait, pour concilier tactique (surveiller les options des concurrents) et stratégie (choix de la route en fonction de la météo à venir). Et de fait, les quatre premiers Class’40 vont se retrouver dès cette nuit sur une route similaire puisqu’en milieu de journée, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) n’avaient pas encore passé le front froid et donc naviguaient vers l’Ouest en attendant la bascule.

A une centaine de milles derrière cette « bande des quatre », un deuxième groupe navigue sur les mêmes traces que Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) et de Bernard Stamm et Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat). Les Finlandais Jouni Romppanen et Sam öhman (Tieto Passion) ont semble-t-il souffert dans ce passage violent de front au point de naviguer plusieurs heures à vitesse réduite et à 90° de la route : probablement pour laisser passer l’orage et préserver le matériel en pleine nuit… Ils ont donc perdu un peu de terrain par rapport aux deux équipage britanniques, Tim Wright et Nicholas Brennan (Palanad 2) et Peter Harding et Miranda Merron (40 Degrees).

Le reste des Nordistes est beaucoup plus dispersé, avec Stephen Card et Shaun Murphy (Orbis) qui ferment la marche mais qui ont retrouvé une vitesse normale et un cap favorable depuis qu’ils ont réparé leur voile. Quant à Yves Ecarlat et Lione Regnier (Vale Inco-Nouvelle Calédonie), ils ont choisi une route originale au large de Madère, histoire de combler leur retard dû à leur escale technique en Espagne. Avec 800 milles de décalage, ils peuvent très bien bénéficier de conditions météorologiques favorables quand ils vont plonger vers les alizés, d’ici ce week-end… Mais les fameux alizés, il faut les attendre patiemment ! Pour les trois partisans de la route des Canaries, le temps commence à s’étirer dans ces vents faibles, même le long des côtes mauritaniennes. Or l’archipel du Cap Vert est encore à 500 milles devant et il faut l’atteindre avant de piquer sur Saint-Barthélemy ! L’autoroute des alizés semble bien être en travaux pour un certain temps…

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La joie de Faber France.

Faber - Ruyant Transat 650
Faber - Ruyant Transat 650

L’ensemble des salariés de « Faber France », leader français de la distribution et de la fabrication de drapeaux, banderoles et compagnie… félicite Thomas Ruyant. Le skipper du voilier aux couleurs de la société nordiste a remporté le 22 octobre la Transat 6.50, course transatlantique en solitaire et sans assistance entre La Rochelle et Salvador de Bahia. C’est le premier nordiste à gagner une course en solitaire de haut niveau.
 
Patrice Verley, président fondateur de « Faber France » : « Beaucoup d’émotions et d’admiration pour Thomas qui a bien géré cette course. Il est entré dans le cercle des grands marins. Nous sommes très fiers que Thomas porte nos couleurs. Cette victoire arrive à un moment important de l’histoire de notre société qui s’agrandit avec l’absorption de deux filiales afin de renforcer notre offre et notre position sur le marché ».
 
« Faber France » en chiffres :
– 30 personnes
– 7000 m2 de surface de stockage
– 11 000 expéditions par an
– 11 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2008

Source : « Faber France »
www.faber-france.fr
 

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Intervention de la Marine Nationale Brésilienne

Route suivie par Alexandre Scrizzi (Phoenix)
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Retour sur le dispositif mis en place hier:
– 3h00 (heures locales – +4 en France) : les MRCC sont informés de la route suspecte de Phoenix
– 10h00 (heures locales – + 4 en France) : L’organisation GPO décide d’affréter un avion pour survoler le bateau. L’équipage est composé d’un membre de l’organisation, du président de la Classe Mini, d’un médecin urgentiste, du pilote et du co-pilote.
– 12h30 (heures locales – +4 en France) : L’avion de l’organisation décolle.
– 15h00 (heures locales – +4 en France) : Un navire de la Marine Nationale Brésilienne appareille de Salvador. Yves Niort est dépêché sur ce dernier pour faciliter les échanges avec le skipper.
– 15h00 (heures locales – + 4 en France) : Décollage d’un avion de l’Armée de l’Air Brésilienne qui part de Salvador pour survoler la zone.
– 15h30 (heures locales – + 4 en France) : Premier compte rendu de l’avion de l’organisation via la base aérienne. Le bateau est sous grand spi, 1 ris dans la grand voile. Une forme semble être aperçue dans la descente. Malgré les appels radio et les passages répétés au-dessus du bateau, aucun contact visuel ni audio n’est constaté.
– 16h00 (heures locales – + 4 en France) : Le cap suivi par le bateau reste inchangé (cap au 202°) et la vitesse constatée est de 9,37 nœuds.
– A 18h (heures locales) hier, Alexandre Scrizzi est situé par 15°50’S et 34°23’O.

Le compte rendu oral du deuxième vol fait par l’Armée de l’Air Brésilienne évoquerait la présence d’une forme sur le bateau, cette fois-ci dans le cockpit. Seule l’intervention de la Marine Nationale Brésilienne dont l’un des navires est parti hier à 15h00 pourra confirmer cette information. Ce bateau sera sur zone aujourd’hui aux alentours de 15/16 heures (heures locales) pour tenter d’entrer en contact avec Phoenix d’Alexandre Scrizzi.

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Calme provisoire

Tanguy de Lamotte & Adrien Hardy- Initiatives Novedia
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Solidaires dans le mauvais temps, les Class’40 du Nord ont joué la dispersion et forment ce mardi matin, un éventail qui s’étale sur plus de 400 milles. La bonne nouvelle de la nuit est la remise en route du tandem britannique Stephen Card et Shaun Murphy (Orbis) : ils étaient les plus extrêmes au Nord, mais la réparation de leur grand voile les a obligés à piquer plein Sud pendant plus de 24 heures avant de pouvoir reprendre le fil du match. C’est aussi une bonne nuit que Patrice Carpentier et Victor Maldonado (Crédit Maritime) ont pu apprécier depuis leur nouveau départ du Portugal puisqu’ils étaient parmi les plus rapides sur l’eau et avaient déjà rattraper une place.

Petits groupes

Le près a cette capacité à séparer les hommes… Car les Class’40 sont plus ou moins à l’aise dans les vents contraires, les voiles sont plus ou moins adaptées à ces conditions difficiles et les marins sont plus ou moins en phase avec une mer chaotique. Le bilan est clair : le duo leader Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives Novedia) est bien calé en pointe, à la latitude de Madère dans une brise de secteur Nord-Ouest modérée et sur une mer un peu plus assagie. Comme il peut faire route directe vers Saint-Barthélemy à près de neuf nœuds, il devrait maintenir son avantage au moins jusqu’à la mi-semaine. Tout en se méfiant des Nordistes qui ont rasé l’île de Faïal dans la nuit et qui allongent sensiblement la foulée : les Italiens Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia) sont revenus dans le tableau arrière de Thierry Bouchard et Oliver Krauss (Mistral Loisirs-Pole Santé Elior).

Mais le groupe des poursuivants est mené par Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) qui concèdent plus de soixante milles sur une voie médiane, entre le leader et les Nordistes. Ils ouvrent le chemin à quatre autres Class’40 dont celui de Bernard Stamm et Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat), celui des Finlandais Jouni Romppanen et Sam Öhman (Tieto Passion) et ceux des Britanniques Tim Wright et Nicholas Brennan (Palanad 2) et Peter Harding et Miranda Merron (40 Degrees). Cette journée de mardi s’annonce un peu comme une pause pour tous ces équipages qui vont bien progresser vers le but et voir la mer se calmer quelque peu. Tout ça dans un flux de secteur Nord-Ouest modéré qui va permettre de bricoler plus facilement, de sécher enfin l’intérieur du bateau et de s’alimenter normalement.

Des nouvelles du front

Une nouvelle perturbation est attendue pour mercredi soir avec son cortège de fronts pluvieux et des vents forts de Sud-Ouest. Le problème est qu’elle est positionnée très Sud, ce qui relègue l’anticyclone à portion congrue, comme un gros haricot des Canaries aux Caraïbes avec une barrière de calmes : impossible de descendre et de le traverser au risque d’y rester coller double-face pendant des jours… Toute la difficulté de la navigation consiste donc pour les partisans de la route plus ou moins directe à continuer d’affronter les vents mauvais jusqu’à ce qu’enfin (en fin de semaine), un vrai régime de Nord-Ouest puissant s’installe au milieu de l’Atlantique. Il pourrait donc y avoir quelques retournements de situation ces prochains jours.

Quant aux Canariens, ce n’est pas la joie : les alizés marocains commencent tout juste à se mettre en place et les deux tandems qui tentent de s’extraire de l’archipel ont bien du mal : David Consorte et Arnaud Aubry (Adriatech) ainsi que Erik Nigon et Marc Jouany (Axa Atout cœur pour Aides) ont redémarré dans la nuit mais à petite vitesse. Ils seront obligés de longer les côtes africaines pendant au moins deux jours pour progressivement accélérer, puis obliquer vers les Antilles.

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Un nouveau front en prévision

Cheminées Poujoulat
DR

Le tandem Thierry Bouchard et Oliver Krauss (Mistral Loisirs-Pole Santé Elior) a dû jeter l’éponge ce mardi, peu avant midi. Le rail de grand voile s’est arraché le long du mât et aucune réparation n’est envisageable en mer. Dans un premier temps, les deux navigateurs pensaient faire une escale technique à Horta avant de repartir, mais la situation semble plus grave qu’il n’y paraissait et ils ont annoncé officiellement leur abandon. Ils avaient pourtant remarquablement animé la course depuis huit jours avec une route Nord qui devait porter ses fruits dans les jours qui viennent. Et leur Class’40, un Akilaria tout juste mis à l’eau cet été, s’est avéré extrêmement véloce dans ces conditions de vents forts et contraires. Les deux marins devraient donner plus de détails sur leur avarie lorsqu’ils seront au port de Faïal (Açores).

Un peu de repos

Pour tous les partisans de la route plus ou moins directe vers Saint-Barthélemy, cette journée de mardi a été plutôt agréable après les rafales, les grains, la pluie et la mer forte de ces derniers jours. Moins de vagues vicieuses, moins de brise instable : de quoi reprendre des forces même s’il a fallu manœuvrer souvent pour adapter la voilure à ce changement radical des conditions. Mais ce n’est qu’une pause ! Un front froid va balayer la flotte du Nord dès la nuit prochaine avec un renforcement du vent, une bascule au Sud-Ouest puis des grains violents avec une rotation de la brise à l’Ouest-Nord Ouest. Deux ris, voire trois dans la grand voile, trinquette à poste : de nouveau, les skippers vont se faire rudement secouer… Et par voie de conséquence, tout ce groupe de onze bateaux va devoir composer pour gagner dans l’Ouest, ce qui devrait resserrer les écarts entre les leaders. Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) qui peinaient dans une bulle sans vent mardi après-midi, et leurs poursuivants directs, Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM), les Italiens Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia) à l’extrême Nord, Bernard Stamm et Bruno JOurdren (Cheminées Poujoulat) et les Finlandais Jouni Romppanen et Sam Öhman (Tieto Passion), vont devoir faire le dos rond…

De fait, les leaders ont perdu un peu de leur superbe et beaucoup de milles en 24 heures : une bonne vingtaine sur ses poursuivants. Car à trop vouloir descendre pour éviter le gros de la prochaine dépression, on peut se brûler les ailes sous le soleil, certes, mais sans vent. Car lorsque les perturbations naissent aussi Sud, elles repoussent l’anticyclone en l’écrasant et en pompant le vent de tout l’Atlantique… Le danger vient du Nord comme le laissait entendre Gio en annonçant encore une dépression pour la fin de la semaine, mais cette fois venant du Sud-Ouest des Açores : ceux qui arriveront (et il faudra donc être sur une route très Nord) à passer par-dessus vont débouler avec des vents portants de plus de trente nœuds. Et ceux qui passeront au Sud vont subir des vents contraires et forts.

Le train des alizés est en retard

Les trois Sudistes ont bien du mal à mettre les Canaries dans leur tableau arrière. À moins de cinq nœuds de moyenne, les journées sont longues même si elles sont plus agréables sous le soleil et avec des températures déjà bien estivales. Mais David Consorte et Arnaud Aubry (Adriatech), Erik Nigon et Marc Jouany (Axa Atout cœur pour Aides) et surtout Mike West et Paul Worswick (Keysource) encore en rade le long du Maroc, ne voient toujours pas venir le train des alizés. Ils vont arriver certes, mais très progressivement, ce qui commence à plomber sérieusement l’option canarienne : 700 milles de retard sur une traversée de l’Atlantique jusqu’aux Antilles de 2 700 milles, deviennent un écart difficilement rattrapable.

Quant aux deux attardés qui ont fait escale technique, ils ne sont plus trop à la fête non plus : Patrice Carpentier et Victor Maldonado (Crédit Maritime) ont choisi de prendre aussi la route directe du Nord, tandis que Yves Ecarlat et Lionel Regnier (Vale Inco-Nouvelle Calédonie) semblent encore hésiter à suivre des chemins de traverse… Les deux bateaux étaient malheureusement mardi après-midi, englués dans une zone sans trop de pression. En tout cas, il devrait y avoir une belle bataille dans le Nord ces deux jours prochains car les leaders semblent en ballottage.

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Scrizzi : c’était une erreur de navigation !

Alexandre Scrizzi
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Comme prévu, le bateau envoyé sur zone est entré en contact avec Alexandre Scrizzi en milieu de journée. Le skipper de Phoenix est bien à bord et en bonne santé. Il a déclaré ne plus avoir de GPS depuis l’hémisphère Nord et pensait être à 400 milles plus au nord que sa position actuelle.

Avec l’autorisation de l’Amirauté Brésilienne, il est autorisé à revenir sur Salvador et sous l’escorte du bateau militaire actuellement sur zone. Il est attendu à Bahia jeudi 28 octobre vers 10h00 heure locale. Rappelons que deux avions avaient survolé le bateau en tentant d’établir un contact visuel et audio avec le bord.

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La Cour Suprême rejette le site de Ras al-Khaimah !

Trophée
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Selon les premières informations à filtrer de la Cour Suprême de l’Etat de New York aujourd’hui mardi et rapportées par Bloomberg.com aux Etats-Unis, puis confirmées par une dépêche de l’Associated Press, la juge Kornreich a expliqué que la 33e édition de la Coupe de l’America ne peut pas être disputée aux Emirats Arabes Unis en février, car cela ne serait pas conforme au règlement de l’épreuve qui impose qu’entre les mois de novembre et de mai, la Coupe doit impérativement se disputer dans l’hémisphère sud ou à Valence, seule exception à cette règle.

Selon Bloomberg, la juge aurait précisé :  "je ne crois pas avoir le droit de contredire ce qui est indiqué dans l’Acte de Donation". Elle a précisé être arrivée à cette décision uniquement à cause de cette raison précise et n’a pas considéré la question de la sécurité qui avait été soulevée par le GGYC. Et, si nouvel appel il devait y avoir, la juge aurait également suggéré à la SNG de le faire immédiatement.

Alors, où aura lieu le fameux Dog Match entre les deux multicoques géants? La question reste donc posée. Et déjà, sur les forums des sites américains, l’affaire fait grand bruit et les supputations vont bon train. Alors, comme d’habitude dans ce dossier décidément hyper compliqué… la suite au prochain numéro !

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Une situation complexe au large des Açores

Damien Seguin & Armel Tripon
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La flotte des dix-sept duos encore en course se disperse de plus en plus sur un Atlantique très peu coopératif : sur le 40° Nord, les dépressions se succèdent marquant l’entrée en lice d’un automne agité tandis qu’au Sud, l’anticyclone des Açores joue les filles de l’air avec des alizés asthmatiques… Le bilan est donc peu reluisant pour les dix-sept Class’40 en mer, puisque Crédit Maritime (Patrice Carpentier-Victor Maldonado) est reparti de Cascaïs dimanche soir après avoir réparé ses pilotes automatiques. Avec près de 800 milles de retard, le tandem franco-mexicain pourrait s’inquiéter d’un décalage conséquent par rapport aux leaders, mais finalement l’incertitude météo est telle qu’un retour aux affaires n’est pas exclu…

Car il va falloir gérer une situation pour le moins complexe et assez inhabituelle par sa durée : des dépressions n’arrêtent pas de se créer dans le Sud-Ouest des Açores ce qui entraîne un flux perturbé de secteur Ouest au Nord du 40° Nord et un décalage très Sud de l’anticyclone. Il y a donc du vent fort sur la route directe et des brises faibles sur la voie du Sud. Entre les deux, c’est simplement un marais de vents instables, variables, erratiques et éphémères ! Il en découle que les options prises dès le cap Finisterre ne vont pas fusionner dans les jours qui viennent, au contraire ! Le leader de ces derniers jours, Initiatives-Novedia (Tanguy de Lamotte-Adrien Hardy) a beau tenté de prendre du Sud dans un régime d’Ouest après avoir paré l’île de Santa Maria, il va devoir continuer à planter des pieux dans la mer formée pendant encore une semaine… Au risque de s’embourber dans les vents mouvants de la zone de transition entre Nord et Sud !

D’ailleurs les autres partisans de la route directe sont aussi dans l’incertitude : pendant que le premier plonge après avoir rasé Santa Maria suivi par son dauphin Cargill-MTTM (Damien Seguin-Armel Tripon) qui concède déjà cinquante milles, les autres Nordistes bataillent dans l’archipel des Açores sans trop savoir comment le traverser. Or ces îles sont redoutables ! Magnifiques, sublimes, envoûtantes, charmeuses, mais aussi pleines de pièges, de dévents, de courants, de houles croisées… Mieux vaut ne pas les aborder de trop près car elles génèrent des effets maléfiques pour un voilier en course. Il n’y a malheureusement pas d’autres voies que celle qui rapproche le plus du but encore à plus de 3 700 milles… Du moins pour ces douze partisans de la route dite directe !

Car au Sud, c’est un tout autre décor : pas de houle croisée, pas de vagues traîtresses, pas de vents violents, pas de pluies diluviennes, pas de front mauvais ! Du côté des Canaries, c’est plutôt paisible, mais peut-être trop… Un régime d’alizés s’est bien installé le long des côtes marocaines, mais au large de l’archipel, ce sont des calmes qui règnent en maître. Il n’y a pas trop d’autres solutions que de continuer à plonger vers le Cap Vert pour espérer tenir un rythme suffisant afin de converger vers Saint-Barthélemy avec quelques chances de reléguer les Nordistes dans le tableau arrière. Pas de chemin de traverse : entre les Açores et les Canaries, distants d’environ 700 milles, il n’y a rien ou si peu !

La flotte des dix-sept Class’40 est donc définitivement scindée en deux groupes (du moins jusqu’aux Caraïbes), mais au sein de ces deux options, il va y avoir aussi scission ces prochains jours : ceux qui préféreront se recadrer au risque de se fourvoyer dans des calmes persistants, ceux qui perdureront dans leur option au risque de continuer à souffrir dans une mer dure et des vents forts, ceux qui douteront, ceux qui joueront à quitte ou double, ceux qui miseront sur le long terme… Et le long terme, c’est pour dans deux semaines ! Quand il faudra parer l’île de Saint-Barthélemy…

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