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Nomination d´un jury technique

Coupe America Cup
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Russell Coutts, PDG et skipper de BMW Oracle a réagi hier soir à ces nouvelles informations : « Notre position que les safrans ne devraient pas être mesurés dans le calcul de la ligne de flottaison a été acceptée par la Cour Suprême de New York. Nous sommes heureux de cette décision. Nous sommes d’accord avec la Cour quant à la nomination d’experts (d’anciens membres du jury de la Coupe – NDLR), car ils pourront apporter leur expertise lors des jugements sur des questions techniques. La Juge Kornreich a demandé au Golden Gate Yacht Club et au defender, la Société Nautique de Genève de nominer trois personnes pour passer devant la Cour Suprême de New York mercredi prochain, (le 4 novembre). Chaque partie sélectionnera un ancien membre du jury, et ensuite ces deux choisiront un troisième membre indépendant.
Leurs témoignages serviront à déterminer:
• l’utilisation ou non de ballasts mobiles dans le calcul de la longueur de flottaison
• si la sécurité pourrait être garantie lors de courses au large de Valence en février 2010
• si les règles peuvent être modifiées après la publication de l’Avis de Course
• les dates concernant la mise en place du Jury International pour le match de la Coupe de l’America
• et si l’accord entre l’ISAF et la SNG permet à ce jury d’être indépendant et objectif.

Ces questions concernent ce que nous réclamons depuis longtemps – une épreuve équitable et un esprit de fair-play. C’est un grand pas en avant, car cela remet la Coupe sur les rails. »

Jusqu’ici, les Suisses n’ont pas commenté ce jugement officiel à l’exception d’une courte réaction du conseiller juridique de la Société Nautique de Genève, Barry Ostrager : « Nous sommes déçus qu’elle arrive à cette conclusion. Et nous en sommes un peu surpris. Je dirais que la Juge a identifié cinq questions qui nécessitent un examen approfondi et je suis sûr que les trois experts lui offriront un témoignage favorable à la SNG concernant les cinq  litiges. »

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La dépression s’éloigne des leaders

Telecom Italia
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Si ce n’est pas encore du portant, c’est déjà du vent de travers ou presque ! Et cela fait du bien pour tous ceux qui ont mangé cinq dépressions de face depuis le départ de Saint-Nazaire il y a deux semaines… Presque tous les Class’40 de cette première édition de la Solidaire du Chocolat déboulent à plus de huit nœuds de moyenne dans une brise qui s’est orientée au Sud voire au Sud-Est… Du vent modéré sur une mer qui s’assagit progressivement et une bascule progressive de la brise vers le secteur Est pour la fin du week-end : les spinnakers devraient fleurir, enfin ! Du moins pour ceux du Nord, car les Sudistes ont déjà cette voile à poste depuis deux jours : désormais bien installés dans des alizés qui se renforcent à plus de vingt nœuds, voire vingt-cinq nœuds, les trois partisans de la voie canarienne grappillent des milles avec des moyennes qui frisent les douze nœuds ! L’écart se resserre donc lentement mais sûrement par rapport aux leaders qui sont tout de même à plus de 700 milles de leurs étraves…

Rotation favorable

En fait, la flotte des Nordistes avait préféré gagner dans le Sud après les Açores pour s’assurer de ne pas se retrouver au cœur de la tempête programmée. Mais cette dépression venue du large de la Floride a finalement décidé de repartir vers le Nord, ce qui laisse le champ libre pour l’anticyclone des Açores qui descend : il génère donc sur sa bordure méridionale, un régime d’Est qui va propulser toute la flotte directement vers les Antilles. Il n’y aura plus qu’à gérer le rythme des empannages pour glisser le plus possible vers le Sud-Ouest. Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia) maintiennent leur position de leaders mais 120 milles dans leur Sud, le duo Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) reprend du terrain : légèrement plus rapides, ils peuvent débrider les voiles de 10° de plus que les premiers et gagner ainsi un nœud ! À moins de vingt milles des Italiens par rapport à Saint-Barth, ils pourraient reprendre la tête de la flotte dès dimanche midi…

Quant aux deux poursuivants les plus proches, ils naviguent à vue ! Au milieu de l’Atlantique… Incroyable croisement des routes entre celle de Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) et celle de Bruno Jourdren et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) qui ne concèdent qu’une soixantaine de milles aux leaders. Et pour Patrice Carpentier et Victor Maldonado (Crédit Maritime), leur route sous l’archipel des Açores devrait bénéficier d’un flux de secteur Est avant la fin du week-end : ils pourront aussi faire route directe vers la mer des Caraïbes et peut-être croiser devant les trois Sudistes à l’atterrissage sur les îles… Et si la flotte est particulièrement dispersée, il y a certainement des rebondissements à suivre avant ce passage obligé. Pour l’instant, ce week-end s’annonce nettement plus agréable pour tout le monde, ce qui marque une pause enfin méritée après ces jours sans fin contre le vent.

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Nouveau coup de vent pour les Nordistes

Damien Seguin & Armel Tripon
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Depuis le départ de Saint-Nazaire, les partisans de la route directe n’arrêtent pas de faire du près, mais un coup en bâbord amure vers le Sud, un coup en tribord amure vers l’Ouest. Cette nuit fut le début d’un nouveau bord vers la Floride pour les trois premiers du classement, tout comme pour les trois Sudistes au large des côtes mauritaniennes. Les Sudistes sont dans des alizés qui prennent forme et vont se renforcer au fil des heures : un flux de Nord-Est d’une quinzaine de nœuds qui devrait atteindre plus de vingt-cinq nœuds dans le week-end. De quoi aller très vite vers Saint-Barthélemy dans des conditions stables, sous un soleil qui commence à cogner.

Ces trois Class’40 de l’option canarienne pourraient ainsi regagner une centaine de milles par jour, diminuant leur déficit de plus de 800 milles de plus de la moitié, ce qui devrait leur permettre de revenir au contact du peloton avant les Antilles. Mais est-ce que cela sera suffisant pour inquiéter les leaders ? Rien n’est moins sûr à ce stade de cette traversée de l’Atlantique car, à un moment ou à un autre, les routes vont se croiser. À l’image de ce qui se passe loin au Nord-Ouest pour les premiers : avec le basculement du vent au Sud-Ouest, les leaders sont de nouveau au près dans une mer qui se forme et un vent qui prend des tours.

En effet, les Italiens Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia) ont été parmi les premiers à virer de bord en milieu de nuit en compagnie de leurs poursuivants directs, Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) qui en profitaient pour prendre la place de dauphins, et de Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives Novedia) calés 200 milles plus Sud. Bruno Jourdren et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) qui ont failli démâter jeudi, ne devraient pas tarder à faire de même. Le peloton est encore en train de plonger vers le Sud, mais pour eux aussi, la route vers l’occident est incontournable dans les prochaines heures.

Car la nouvelle perturbation qu’ils vont devoir affronter ne laisse pas de choix : il faut de nouveau planter des pieux jusqu’à la fin du week-end au moins avant que le vent ne tourne vers le Sud-Est, puis se transforme en alizés portants. C’est encore un chemin de croix que les pénitents du Nord vont devoir accomplir. Un seul équipage pourrait glisser de l’autre côté de cette barrière perturbée. Patrice Carpentier et Victor Maldonado (Crédit Maritime) en approche de l’île açorienne de Santa Maria, pourraient attraper des vents de secteur Nord dès samedi s’ils avancent rapidement vers l’île de Horta. Un boulevard s’ouvrirait alors à eux pendant plusieurs jours, ce qui les remettrait dans le match à moins de 400 milles des leaders. Car Saint-Barth est encore à 1 700 milles des étraves des premiers.

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IDEC en pleine zone de transition

Francis Joyon - Maxi-trimaran Idec
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Passage obligé vers les grandes latitudes Sud, la négociation des hautes pressions de Sainte Hélène présente à chaque tour du monde un visage différent. Pour IDEC en route vers l’île Maurice, il s’agit cette année d’accepter de traverser une zone déventée, au près et sur une grosse houle résiduelle qui bouscule le trimaran géant. Joyon, tout à la découverte de nouveaux horizons, se démène avec l’énergie qu’on lui connait pour se frayer un chemin vers les dépressions qui cavalent en son sud, moins par impatience de redonner à son coursier tout le carburant vélique dont il raffole, que par agacement de voir son beau voilier balloté par la houle.
La page connue du contournement de Sainte Hélène devait être tournée dès demain. Francis entrera alors dans la phase vierge du chapitre inédit en cours de rédaction vers l’Afrique du Sud et la remontée de l’océan Indien. Une perspective qui pique la curiosité du recordman du tour du monde à la voile, mué en découvreur d’océan, et qui se réjouit comme un enfant à l’idée d’apercevoir, peut-être, les îlots aux noms enchanteurs et mystérieux de Tristan da Cunha, "Inaccessible" et "Nightingale".

Virements à répétition

"S’il est une chose que je déteste, c’est bien de voir claquer mes voiles". Du Joyon dans le texte. L’homme le plus rapide autour de la planète n’est effectivement pas marin à lambiner et à rêvasser quand nulle pression vient, comme ce fut le cas cette nuit, gonfler ses voiles et tendre ses écoutes. Francis, loin de subir l’anticyclone avachi sur sa route, est au combat. Un combat bien pacifique, livré par un marin serein, lucide, et tout au plaisir de la découverte d’une nouvelle route vers l’Afrique du Sud, mais qui s’emploie pourtant sans évoquer la prise d’aucun repos, à placer son grand trimaran dans les fugitives et erratiques veines de vent. "Je suis vent debout pour l’instant, et sur une mauvaise houle levée loin dans mon sud par les forts flux d’ouest" raconte t’il avec sa placidité coutumière. "Il n’y a pas de contournement possible de l’anticyclone de Sainte Hélène et il me faut traverser cette zone de calme pour accrocher les vents d’ouest." Toujours aussi peu avare de ses efforts, aussi herculéens soient ils, Joyon multiplie ainsi les virements de bords, exercice ô combien physique à bord du géant IDEC, "afin d’appuyer toujours et encore le bateau sur le peu de vent existant, et maintenir une vitesse de progression tantôt à l’est, tantôt au sud." Il peut en ces heures peu propices à parler record, se féliciter de l’excellent comportement de son plan Cabaret Irens. "Le bateau, plus léger que lors du tour du monde, car mois chargé en nourriture, parcours oblige, me semble plus véloce dans ces zones intermédiaires que nous avons rencontrées depuis le départ." explique t’il, "Et puis je l’utilise aussi différemment, le poussant peut-être un peu plus que pour un tour du monde où on a plus à l’esprit la nécessité de s’inscrire dans la durée. Ces deux éléments combinés font que je ne m’en sors pas trop mal dans la pétole."

Au ralenti jusqu’à demain…

Une pétole dont Francis souhaite naturellement s’extraire au plus vite. Il sait devoir patienter au moins jusqu’à demain samedi en milieu de journée. Il accélérera alors aux allures portatives plein est vers la pointe australe de l’Afrique. "A la différence d’un tour du monde, je n’ai pas besoin de plonger radicalement au sud. Je vais rester sur des latitudes intermédiaires et dans des vents forts avec pour stratégie un bon placement lors du passage sous l’Afrique du Sud". Les échanges téléphoniques avec Jean-Yves Bernot à terre vont bon train ; "Jean-Yves est devenu, au fil de nos courses, un complice avec lequel il est toujours agréable d’échanger, et pas seulement pour quémander de l’info." L’ordre du jour n’est en effet pas à la cogitation. A 100% de sa forme selon le dernier "check up" effectué par "docteur Joyon", IDEC doit se déhaler, sortir de cette zone bien tristounette que baigne un "crachin breton", et gagner au plus vite les latitudes, les lumières et les flux du Grand Sud.

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Sixième dépression en douze jours

Telecom Italia
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La fatigue commence à se faire sérieusement sentir à bord des Class’40 en route vers le Mexique. À la moitié de leur traversée de l’Atlantique, les duos n’ont pas vraiment eu de repos depuis le départ de Saint-Nazaire avec déjà cinq dépressions en douze jours et une sixième qu’ils sont en train d’aborder ! Les Italiens Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia) mènent toujours le bal, mais doivent tout de même surveiller attentivement ce que font leurs trois poursuivants, à moins de soixante-dix milles derrière. Surtout Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) qui naviguent dans une position favorable à plus de 150 milles dans leur Sud. Pour Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) et pour Bruno Jourdren et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), la problématique est un peu différente puisqu’ils sont quasiment sur le même axe que les leaders, ce qui réduit leur marge stratégique.

Au près de mon onde

Treize bateaux naviguent encore une fois au près, contre un vent de Sud-Ouest qui varie entre 18 et 25 nœuds et qui devrait même se renforcer avec des grains en s’approchant du front froid. Longtemps cinquièmes, emmenant le peloton à la chasse aux premiers, les Finlandais Jouni Romppanen et Sam Öhman (Tieto Passion) ont perdu deux places, mais ils ont cherché à gagner du terrain dans le Sud, ce qui risque fort d’être bénéfique d’ici la fin du week-end. Il en est de même pour Denis Lazat et Frédéric Nouel (Plan, les enfants changeront le monde) qui piquent désormais plein Ouest à la latitude des Canaries. Cela sera plus facile pour aborder, ce que tout le monde espère être la dernière dépression avant l’arrivée à Progreso ! Sur ces ondes pour le moins disharmoniques, c’est donc toujours du près… Et pendant que Patrice Carpentier et Victor Maldonado (Crédit Maritime) longent l’archipel des Açores, Yves Ecarlat et Lionel Regnier (Vale Inco-Nouvelle Calédonie) sont arrivés à suivre la route directe depuis leur escapade portugaise.

En milieu de flotte, les deux voiliers anglais de Tim Wright et Nicholas Brennan (Palanad 2) et de Peter Harding et Miranda Merron (40 Degrees) s’en sortent plutôt bien, alors que les Chiliens Felipe Cubillos et Daniel Bravo Silva (Desafio Cabo de Hornos) persévèrent sur une voie assez Nord. Quant au Grand Sud, il se porte très bien depuis 24 heures ! Les trois partisans de l’option canarienne touchent un alizé de Nord-Est qui se renforce à plus de vingt nœuds et les trois tandems progressent avec des vitesses à deux chiffres… Il leur faut toutefois veiller à bien négocier les petites bascules du vent à l’image de David Consorte et Arnaud Aubry (Adriatech) qui enchaînent les empannages pour contrôler leurs plus proches concurrents, Erik Nigon et Marc Jouany (Axa Atout Cœur pour Aides). Ces deux Class’40 ont déjà rattrapé une centaine de milles en 24 heures sur les leaders ! À ce rythme, ils pourraient croiser le peloton avant les Antilles, mais il semble difficile d’imaginer qu’ils pourront compenser leurs 750 milles de retard sur les Italiens…

Week-end prolongé

Il ne faut pas s’attendre à beaucoup de changements côté conditions météorologiques pour ce week-end : à l’Ouest, le vent va rester installé de secteur Sud-Ouest tandis qu’au Sud, les alizés de Nord-Est vont perdurer. Bilan : du près sous voilure réduite et une mer contraire pour les partisans du Nord, du portant sous spinnaker et une longue houle pour surfer pour les Sudistes… La prochaine vraie pause pour le groupe du Nord ne devrait arriver qu’en début de semaine, ce qui permettra aux marins d’enfin se sécher, s’alimenter normalement, et prendre du repos avant un atterrissage sur les Antilles qui s’annonce assez tactique en raison de la faiblesse du vent en mer des Caraïbes… Quand ce n’est pas le gros temps, ce sont les petits airs. Quand c’est fini, ça recommence !

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Telecom Italia creuse l’écart

Telecom Italia
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À ce rythme, c’est plus d’un mois de mer qui sera nécessaire pour atteindre le Mexique depuis le départ de Saint-Nazaire, il y a douze jours. Douze jours de près pour le groupe du Nord, huit jours de pétole pour les partisans du Sud… L’automne est certes la période de changement climatique sur l’Atlantique, mais ces dernières semaines sont particulièrement perturbées et surtout, les dépressions naissent très bas en latitude, ce qui complique énormément la navigation. Et pour les jours à venir, c’est l’option Sud qui devrait être payante car les alizés vont enfin s’installer entre les Canaries et le Cap Vert.

L’espoir mauritanien

La sortie des calmes semble proche, du moins pour les deux premiers du groupe des Sudistes : David Consorte et Arnaud Aubry (Adriatech) et Erik Nigon et Marc Jouany (Axa Atout Cœur pour Aides) qui commencent à toucher les dividendes de leur choix canarien. Un petit flux de Nord-Est d’une dizaine de nœuds les pousse le long des côtes mauritaniennes et ce régime de vents portants devrait enfin prendre du souffle au fil des heures à venir. Il devront toutefois attendre un peu avant de piquer directement sur les Antilles afin d’être sûrs qu’ils ne s’engluent pas dans de nouveaux calmes au large du cap Blanc.

Et ce n’est pas du tout le même programme pour les Nordistes. Du près, encore et toujours, mais cette journée devrait apporter une petite pause par l’Ouest. Le vent qui était encore la nuit dernière plutôt rude, doit lentement se calmer pour ne plus atteindre qu’une quinzaine de nœuds. Mais cette pause ne sera que de courte durée… Le week-end s’annonce extrêmement violent avec deux dépressions en cours de formation au large de la Floride : elles vont s’étirer vers les Açores et suivre exactement la route directe optimale que devait prendre les Class’40. Mais comme il va être très difficile de prendre de l’Ouest contre un vent d’Ouest ce jour, les équipages n’ont pas trop le choix : ils plongent au Sud, du moins les trois premiers. Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia) semblent avoir fait leur deuil d’un passage par-dessus ces perturbations et foncent vers un temps un peu plus clément. Leurs dauphins, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) font de même 200 milles plus bas, tout comme Bernard Stamm et Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat) en position intermédiaire.

 L’avantage du décalage

Le reste de la flotte du Nord hésite encore à l’image de Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) qui tentent de rester sur la route directe : ils devraient d’ailleurs en profiter pour s’adjuger la troisième place cet après-midi. Et derrière aussi c’est un ballet de croisement au rythme des bascules du vent. Denis Lazat et Frédéric Nouel (Plan les enfants changeront le monde) avaient décroché plein Sud, mais malheureusement, la brise a tourné au Sud. Retour vers l’Ouest et donc vers le mauvais temps des prochains jours… Et c’est finalement Patrice Carpentier et Victor Maldonado (Crédit Maritime) qui pourraient en profiter s’ils persévèrent sur leur route Nord : avec leur décalage de 750 milles, ils pourraient être juste dans le timing pour passer par-dessus ces mauvaises perturbations. Ils débouleraient alors en fin de week-end dans des vents portants d’Est quand les leaders affronteraient des brises contraires très fortes.

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Un prologue inédit pour lancer la Jacques Vabre

Départ transat jacques vabre 2007
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Il est parfois sain de rompre avec les traditions : au fur et à mesure que les bateaux deviennent sophistiqués, les navigateurs reconnaissent avoir toujours une appréhension à sortir en mer et à faire prendre des risques aux bateaux à la veille du départ d’une transatlantique ; pour une course sans véritables enjeux sportifs, mais qu’il est d’usage d’organiser : le prologue.



Pour cette 9ème édition, les concurrents de la Transat Jacques Vabre s’affronteront par groupes de cinq, entre deux bouées et sous forme de parcours allers retours. Les vainqueurs de chaque poule s’affronteront ensuite en finale. 



Pour tout comprendre de ce prologue, orchestré par la Ligue de Voile Haute Normandie, les courses seront commentées en direct avec la présence d’autres coureurs.
Des bateaux véloces, des parcours réduits et techniques, le public qui pourra se répartir tout autour du bassin : l’ambiance devrait être garantie durant ce week-end. Enfant de la ville du Havre, profondément attaché au caractère populaire que se devait de développer la voile, Paul Vatine aurait sûrement aimé ce type de manifestation festive et populaire. C’est aussi une belle manière de lui rendre hommage.



Programme du prologue

Samedi 31 octobre :
–    de 10h à 13h, entrainement des équipages.
–    de 14h à 16h45 : régates qualificatives en quatre poules aller.
–    17h30 : résultats de la 1ère journée au bar de la Transat.

Dimanche 1er novembre :
–    de 10h à 12h45 : régates qualificatives en quatre poules, retour
–    de 14h à 16h : régates finales en trois manches.
–    16h30 : remise des prix sur le stand de la Ville du Havre.

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Cap au Sud

Cheminées Poujoulat
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C’est un véritable mur qui se forme entre la Floride et les Açores, un mur de dépressions qui va créer une barrière extrêmement difficile à traverser car la mer sera particulièrement grosse, désordonnée, voire démontée. Ce chapelet qui s’aligne avant de rejoindre l’Europe de l’Ouest, va en effet créer un double couloir de vents très violents : à l’avant une succession de brises très musclées de secteur Sud-Ouest et derrière les fronts froids, un flux très puissant de Nord-Est. Deux couloirs de vents contraires à quelques dizaines de milles l’un de l’autre avec au milieu un « no man’s land » particulièrement agité… Il n’est pas bon du tout de se retrouver dans des grains qui vont dépasser les cinquante nœuds alors qu’une pluie diluvienne sera aussi au programme ! Car le fait que ces perturbations naissent aussi bas en latitude leur donne une force décuplée par la chaleur tropicale qui se mélange avec de l’air froid polaire : le contraste thermique est fort, ce qui amplifie le phénomène de grains violents.

Plongée au Sud

Leaders depuis mercredi, les Italiens Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia) ont analysé qu’ils ne leur étaient pas possible de passer par-dessus ces dépressions suffisamment tôt et pour ne pas se retrouver en plein cœur de la tempête, ils ont décidé de débrider à près de dix nœuds de moyenne dans un flux d’Ouest encore modéré ce jeudi après-midi. Pas de près, mais de la vitesse pour continuer de couvrir leurs concurrents : 5° de latitude gagnés en 30 heures. Cela ne fait pas beaucoup progresser vers le but, mais dans ces conditions météorologiques annoncées, il vaut mieux éviter l’obstacle. Et tous les autres Nordistes de suivre le mouvement : toujours le plus Sud des Nordistes, le tandem Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) est déjà à la latitude des Canaries, soit par 29° Nord… L’objectif est d’être le plus bas possible pour avoir moins de mer et moins de vent quand le flux de Sud-Ouest va s’installer ce week-end. Même décision pour Bruno Jourdren et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) et pour Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) qui naviguent à quelques milles l’un de l’autre.

Derrière cette « bande des quatre », le peloton suit le même chemin, emmené par les Finlandais Jouni Romppanen et Sam Öhman (Tieto Passion) désormais au coude à coude avec les Britanniques Tim Wright et Nicholas Brennan (Palanad 2). Dans cette « deuxième flotte », Stephen Card et Shaun Murphy (Orbis) sont les seuls à persévérer vers l’Ouest, mais il est probable qu’ils obliquent aussi avant la nuit vers le Sud. En revanche, cette situation météo pourrait devenir favorable à Patrice Carpentier et Victor Maldonado (Crédit Maritime) : leur décalage est tel qu’ils peuvent passer avant l’arrivée de ces nouvelles dépressions, et donc accrocher le flux de Nord-Est qu’elles génèrent derrière elles. Ce serait un coup gagnant car les deux marins bénéficieraient d’un régime puissant mais portant pendant au moins trois jours.

 Fin des travaux…

L’autoroute des alizés est enfin fluide. Les trois partisans de la voie canarienne ont mangé leur pain noir et récoltent désormais les dividendes de leur choix finisterrien… Mike West et Paul Worswick (Keysource) qui ferment la marche de cette première édition de la Solidaire du Chocolat, à plus de 1 000 milles des leaders, frisent même les dix nœuds de moyenne. Et ça devrait s’accélérer au fur et à mesure qu’ils vont, comme leurs deux compères déjà un peu plus Sud, se rapprocher de l’archipel du Cap Vert. Attention tout de même aux pêcheurs et au trafic maritime le long des côtes mauritaniennes… De fait, il va y avoir un sacré rebondissement quand les Sudistes vont aligner des journées à près de 300 milles sur la route directe, quand les Nordistes vont encore peiner contre le vent de Sud-Ouest.

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Le Livre du Nautic, une sélection éclectique.

Livre Nautic
Livre Nautic

Autour de Michel Desjoyeaux, nouveau membre très actif et de Yann Kersalé, président passionné, le jury a longtemps débattu dans la salle du Conseil du Musée de la Marine. Faut il privilégier la richesse iconographique d’un ouvrage, ou saluer le choix d’un sujet inédit ? Oui, mais la gravure et la qualité du papier sont-elles à la hauteur de ce sujet ? Le Livre du Nautic doit honorer un bel ouvrage, un livre que l’on aura plaisir à lire certes, mais aussi à conserver, à reprendre les soirs d’hiver, que l’on sera fier de partager comme un bel objet. Et c’est là toute la difficulté de cette sélection, chacun ne voyant pas le beau du même œil !

Toute une matinée aura donc été nécessaire pour se mettre enfin d’accord sur les 10 livres nominés, qui seront tous exposés Porte de Versailles du 4 au 13 Décembre. Yann Kersalé déclarait à la sortie « La qualité de cette sélection 2009 est en nette hausse par rapport à l’année dernière, et très éclectique en plus. On n’oublie pas qu’on est chargés de dénicher Le Beau Livre de l’année, mais chaque ouvrage avait un sacré paquet d’arguments, qualité du papier, de la photo, de la gravure. Et la plupart sont très documentés, les sujets très variés. D’où la difficulté de se mettre d’accord sur cette première sélection ! »

Comme elle, le jury se veut éclectique, avec un champion hors du commun, un prince de la lumière, un écrivain capitaine au long cours, un patron de presse enthousiaste, un journaliste investigateur mais coureur, un conservateur des plus grands rêves maritimes, une directrice de magazine littéraire aux pieds salés, un grand distributeur amoureux des livres iodés. Autour de la Fédération des Industries Nautiques et des organisateurs, chacun d’entre eux exprime avec son immense talent ce qui fait l’âme du Nautic, la passion de naviguer.

Les dix ouvrages nominés, après de passionnés débats, sont donc :

– L’Art de la mer, de Pierre Bohran, chez Arthaud.
– Les marins font la mode, ouvrage collectif chez Gallimard.
– Peuples des mers, de Nathalie Meyer-Sablé chez Glénat-Chasse Marée.
– Il était une flotte pour les phares, de Jean-Christophe Fichou, chez Marines Editions-Infomer.
– Pirates, de Michael Pitiot, chez Glénat-Chasse Marée.
– La grande histoire du sauvetage en mer, de Michel Giard, aux éditions Sud Ouest-Le Télégramme.
– Monstres marins, de Pierre Chavot, chez Glénat-Chasse Marée.
– Surf Collection, de Gérard Decoster et Alain Gardinier, chez Aubanel-Herme.
– Vrai Faux Solitaire, de Marc Guillemot et Christine Vannier, chez Glénat-Chasse Marée.
– L’ostréiculture en Bretagne, de Jacques et Ronan Guillet, chez Coop Breizh.

Ces dix ouvrages ont été remis à chacun des membres du jury, qui va les lire, les manipuler, les emmener sur son bateau, son île déserte ou sa table de chevet…jusqu’au 6 Novembre. C’est en effet durant la veillée d’armes de la Transat Jacques Vabre, au Havre, que les membres du jury s’enfermeront à bord du magnifique ketch Etoile Polaire, bientôt centenaire. Ils n’en ressortiront qu’une fois le Livre du Nautic 2009 désigné !

Les membres du jury du Livre du Nautic :

Président, Yann Kersalé, navigateur et artiste plasticien.
Henri Bourdereau, écrivain, capitaine au long cours, trésorier de la Corderie Royale.
Michel Desjoyeaux, skipper professionnel au palmarès inégalé.
Nicky Fasquelle, navigatrice et directrice du Magazine Littéraire pendant 35 ans.
Michel Edouard Leclerc, président des Centres Leclerc et passionné de la chose maritime.
Pierre-Yves Lautrou, navigateur, journaliste à l’Express et animateur de blog.
Alain Niderlinder, conservateur au Musée National de la Marine.
Olivier Pérétié, grand reporter au Nouvel Observateur, navigateur et spécialiste maritime.
Nathalie Bigaignon, adjointe à la direction de la Fédération des Industries Nautiques.

Source : Le Nautic
www.salonnautiqueparis.com

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Remise à plat

Tanguy De Lamotte & Adrien Hardy (Initiatives-Novedia)
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Il y a pourtant plus de 250 milles d’écart latéral entre les leaders, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) et leurs nouveaux dauphins, Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia). Et pourtant, ces deux équipages devraient converger vers la même zone ce mercdredi et se retrouver à une distance très similaire par rapport au but… En effet, pendant que les premiers font de l’Ouest dans un régime de Sud-Ouest de plus de vingt nœuds, les seconds peuvent piquer au Sud-Ouest dans un flux de Nord-Ouest de plus de trente nœuds. C’est toute la particularité de ces dépressions qui à quelques centaines de kilomètres près, proposent des conditions très différentes. Et tant que les leaders n’auront pas franchi ce front froid, tant qu’ils n’auront pas toucher la bascule franche du vent, ils vont perdre du terrain.

Au port d’Horta

Pour Thierry Bouchard et Oliver Krauss (Mistral Loisirs-Pole Santé Elior), la course est terminée alors qu’ils échappent à cette nouvelle dépression très mauvaise du côté des Açores : ils sont arrivés en milieu de nuit à Horta, une marina très bien protégée qui va leur permettre de voir passer des grains à plus de quarante nœuds au large. Car plus les voiliers sont au Nord, plus le vent est violent. De fait, la situation ne va pas être des plus confortables pour les Chiliens Felipe Cubillos et Daniel Bravo Silva (Desafio Cabo de Hornos) et pour Jacques Fournier et Jean-Edouard Criquioche (Groupe Picoty) qui sont les plus proches de l’archipel açorien. Mer très forte, pluies diluviennes, brises en rafales au programme jusqu’à la fin de la journée.
Quant à Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) et à Bernard Stamm et Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat), ils sont revenus dans le match à l’occasion de cette nouvelle dépression : moins de quarante milles d’écart par rapport aux premiers et une position intermédiaire leur permet de voir l’avenir avec le sourire. Les quatre premiers Class’40 sont donc en passe de se retrouver à quelques dizaines de milles les uns des autres, en ayant fait le break face au peloton.

À l’Est, rien de nouveau

Les Canaries auront été le piège des défenseurs de la route Sud car il est encore loin le temps des alizés. La bonne nouvelle pour les deux Class’40 en pointe, c’est qu’ils ont enfin réussi à s’extirper de l’archipel et donc à bénéficier d’un flux de Nord-Est moins perturbé, alors que Mike West et Paul Worswick (Keysource) n’ont pas encore réussi à parer l’île de Fuerteventura. Progressivement les vents vont se renforcer au fur et à mesure que David Consorte et Arnaud Aubry (Adriatech) et Erik Nigon et Marc Jouany (Axa Atout Cœur pour Aides) vont se rapprocher du Cap Vert en longeant le côtes mauritaniennes. Mais il leur faudra patienter encore jusqu’à la fin de la semaine pour attraper ces fameux alizés et obliquer enfin sur la route directe vers les Antilles. Notons qu’il y a plus de 10° d’écart en latitude entre ce groupe Sudiste et les partisans du Nord, soit plus de 600 milles en latéral.

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