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Pas de repos pour Francis Joyon

idec
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400 milles ! une misère au regard du formidable potentiel de son multicoque qui, voici quelques jours encore, tutoyait les 600 milles avalés en 24 heures. Mais face à un "tout petit filet d’air venu du Nord Ouest", Francis s’est blindé de patience, conscient qu’il doit encore tabler sur une bonne trentaine d’heures d’effort et d’improvisation avant de rallier les rivages enchanteur de l’île Maurice.

"Un endroit paradisiaque, c’est pour moi un endroit où il y a du vent !". A l’évocation des plages bordées de palmiers, Francis Joyon préfère à l’évidence et en ce début de 26ème jour de navigation solitaire, ses rêves de vent puissant, portant, capable de redonner à son trimaran géant toute sa vélocité. Son voyage au coeur de l’océan Indien débuté après le passage sous l’Afrique du Sud voici près d’une semaine, est scandé par une succession d’allures toutes moins favorables les unes que les autres. Grains orageux, franche pétole, ne l’auront cédé qu’à des séquences de vents et de mers contraires, qui ont soumis l’homme et la machine à la terrible épreuve d’un multicoque sans pression dans ses voiles et que malmène la houle. Francis, sous sa doucereuse bonhomie coutumière, n’aura cessé de livrer bataille, s’appuyant plus sur son sens marin, sur ses qualités analytiques de la situation ambiante que sur de scientifiques synthèses météo, s’est démené comme le diable de marin que l’on admire en lui, pour s’extraire des calmes de l’Indien, et progresser depuis deux jours, à vitesse certes réduite, mais directement vers l’île Maurice.

Une nouvelle période transitoire s’avance, qui doit marquer le passage entre régime de faibles vents de secteur Nord Ouest, à un semblant d’alizé d’Est à Nord Est. "La dernière difficulté" espère Francis, qui bataillera de nouveau pour faire fructifier en vitesse sur la route le flux venu de tribord et qui devrait tenir jusqu’à l’arrivée. "Encore une bonne trentaine d’heures de navigation" estimait-il ce matin. L’océan Indien s’est donc paré de bien inaccoutumés atours pour accueilir Francis Joyon ; "Je m’attendais à une fin de parcours difficile car inconnue" avoue t’il, "mais ce manque permanent de vent régulier en force comme en direction aura été la grande surprise de ce voyage". Un périple qui se compte déjà en une dizaine de milliers de milles effectivement parcourus, alors que la distance orthodromique n’en annonçait que … 7 900. Deux chiffres qui traduisent la complexité de la route, et l’énergie dépensée par Francis Joyon pour mener IDEC à bon port…

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Moins de 500 milles à parcourir

Passage de la porte de Saint-Barth
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A dix nœuds, sous spi et sous les étoiles, le pilote à la barre… Tanguy De Lamotte, en veille, déguste ces purs moments de bonheur concentré. En tête de course depuis 11 jours, le duo De Lamotte-Hardy peut se féliciter de bénéficier d’un confortable matelas d’avance d’une centaine de milles (200 km) sur ses poursuivants Soldini-D’Ali (Telecom Italia) et Jourdren-Stamm (Cheminées Poujoulat). Pas question cependant de se laisser aller pour autant ! Le long de la côte Sud de Cuba, les classements n’ont donc pas fini de jouer au yoyo en tête de course ! Le suspense ne devrait réellement prendre fin que vendredi prochain dans l’après-midi (heure française), date estimée de l’arrivée des premiers concurrents de la Solidaire du Chocolat à Progreso, au Mexique.


Match race et course contre la montre

Les deux duos, Soldini-D’Ali (Telecom Italia) en seconde position et Jourdren-Stamm (Cheminées Poujoulat) troisième, à neuf petits milles l’un de l’autre sont toujours au coude à coude. Ils affichent des vitesses équivalentes, évoluent dans les mêmes conditions de vent : un véritable match race se joue entre ces deux Class40 ! Même compétition acharnée et passionnante entre les Chiliens Cubilos-Bravo Da Silva (Desafio Cabo de Hornos) 6e et les britanniques Harding-Merron (40 Degrees), 7e à 10 milles l’un de l’autre…

Pour les autres, c’est la course contre la montre : slalomant entre les îles des Grandes Antilles, chaque concurrent entré en mer des Caraïbes s’applique à gagner le moindre dixième de milles par rapport au but. Le soleil, les conditions relativement clémentes bien qu’instables et encore orageuses boostent le moral des skippers et les performances des bateaux.

Petit bémol toutefois pour Groupe Picoty qui signalait de nouvelles déchirures dans sa grand-voile après une nuit musclée : « nous n’avons plus le matériel nécessaire à bord pour réparer (ils ont déjà réparé deux fois leur grand voile, ndr). Je ne sais pas encore comment nous allons faire mais le positif de l’histoire c’est que nous ne devrions plus avoir à naviguer au près d’ici l’arrivée : cela limite le problème ! », commentait Jean-Edouard Criquioche.

Mode course et mode « rallye »

Depuis ce mercredi, avec l’entrée en mer des Caraïbes ce midi de la paire Denis Lazat-Frédéric Nouel sur (Plan les enfants changeront le monde) et cet après-midi de Stephen Card et Shaun Murphy (Orbis), ils sont désormais 11 duos à avoir fait leur premiers bords sur cette mer encore inconnue des coureurs au large…

En Atlantique, sous la tourmente de très violents orages, cinq équipages bataillent toujours vers Saint Barthélemy.  Pour Yves Ecarlat et Lionel Regnier (Vale Inco Nouvelle Calédonie) en revanche, Saint Barthélemy, qu’ils devraient rallier d’ici demain soir, marquera un tournant définitif dans leur transat. Le duo calédo-vendéen a en effet perdu ses deux spis et déchiré à nouveau sa grand-voile hier lors d’un orage « apocalyptique ». Ils ne peuvent matériellement plus rallier le Mexique en course dans des conditions satisfaisantes. Yves et Lionel ont en revanche promis d’aller jusqu’à Progreso et ils tiendront parole !

Classement de 17 heures (heure française)
1 Initiatives – Novedia Tanguy De Lamotte/Adrien Hardy à 464.08 milles de l’arrivée
2 Telecom Italia Giovanni Soldini/Pietro D’Ali à 116,66 milles
3 Cheminées Poujoulat Bruno Jourdren/Bernard Stamm à 129,67 milles
4 Cargill-MTTM Damien Seguin/Armel Tripon à 308.29 milles
5 Palanad 2 Tim Wright/Nicko Brennan à 388,91 milles

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Timing serré pour Cammas et ses hommes

Groupama 3
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En milieu de nuit, l’équipage pouvait constater que les nuages et les grains étaient dans le tableau arrière de Groupama 3 : le ciel se dégageait, les étoiles brillaient, un croissant de lune éclairait faiblement un horizon limpide. Le Pot au Noir était franchi à plus de quinze nœuds de moyenne, ce qui reste une performance étonnante, mais prévisible au regard des prévisions de Sylvain Mondon de Météo France. Franck Cammas et ses hommes n’ont toutefois pas chômé pour s’extraire au plus vite de cette Zone de Convergence Inter Tropicale, puis pour foncer vers l’équateur qu’ils franchissaient à 8h 13′ (heure française), avec donc un jour onze heures trente-trois minutes d’avance sur le temps du record du Trophée Jules Verne établi en 2005 par Orange 2.

« Le passage de la ligne s’est fait aux toutes premières lueurs du jour, j’étais de quart avec Franck et Loïc quand on a franchi l’équateur. On regardait défiler les milles sur le GPS pour savourer le passage au moment précis : c’est toujours un moment un petit peu magique quand on passe d’un hémisphère à l’autre… On est plutôt mieux que ce qu’on aurait pu prévoir au départ de Ouessant, on a eu plus de vent semble-t-il. » indiquait Jacques Caraës ce midi.

Attraper le front

3 235 milles à 24 nœuds de moyenne : voilà ce que les dix hommes de Groupama 3 ont déjà réalisé au passage de l’équateur ! Et normalement à la latitude de Recife (Brésil), soit en soirée de ce mercredi, le vent va s’orienter au secteur Est, ce qui permettra de naviguer vent de travers et de faire monter les compteurs à plus de 25 nœuds de moyenne. La journée de jeudi s’annonce donc assez rapide puisque, au fur et à mesure que le trimaran géant va gagner dans le Sud, la brise va tourner au Nord-Est, puis au Nord au niveau de Salvador de Bahia. Et à cette latitude, une zone orageuse en formation va générer un chapelet de petites dépressions qui vont repousser l’anticyclone de Sainte-Hélène vers l’Afrique : un couloir de vent portants soutenus se formerait alors vers le cap de Bonne-Espérance…

« Nous sommes maintenant dans les alizés de Sud-Est, des alizés plutôt soutenus puisqu’ils soufflent entre 20 et 25 nœuds : on vit penchés au près serré et ce n’est pas l’allure la plus agréable sur un trimaran. Le ciel est dégagé, avec une bonne chaleur, mais ce n’est pas très confortable : il faut attendre encore quelques heures avant de commencer à débrider, à choquer les écoutes, à accélérer… Mais nous n’avons pas trop de manœuvres à faire en ce moment, juste renvoyer la grand voile ou prendre un ris de temps en temps, selon la force des alizés. Cela ne sera pas la même chose d’ici une semaine dans le froid… On espère attraper un front du côté du Brésil pour descendre rapidement vers Bonne-Espérance, et c’est pour ça qu’on ne se relâche pas car ça peut se jouer à quelques heures près… »

En effet, le timing est serré pour attraper le front froid qui permettrait d’incurver la route afin de faire cap direct vers l’océan Indien. Le cap de Bonne-Espérance est à un peu plus de 3 500 milles en route directe des étraves de Groupama 3 : s’il maintient sa cadence à 24 nœuds de moyenne depuis le départ, il lui faudra entre sept et neuf jours pour l’atteindre…

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Brit Air contraint à l’abandon

Brit Air à Concarneau
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Dans ces conditions où le navigateur ne pourra pas, non plus, passer des heures à la table à carte sous peine de mal de mer insidieux, il faut être capable de synthétiser rapidement les informations, d’évaluer les prises de risques en terme de fatigue d’une part, de casse de matériel de l’autre. Au diable les recadrages tactiques, ce sont les grands choix stratégiques qui priment même si on surveille parfois avec inquiétude les progressions des uns et des autres. Michel Desjoyeaux (Foncia) n’avouait pas autre chose à la vacation de midi, quand il constatait que ses concurrents positionnés sur la route directe n’avaient jusque là, pas subi le coup de frein espéré par les hommes du sud. D’autres étaient moins diserts, à l’instar d’un Jean-Luc Nélias (Veolia Environnement) soucieux de ne pas lâcher la moindre information susceptible d’éclairer la concurrence. Certains n’ont pas ces précautions oratoires, tel un Marc Guillemot (Safran) n’hésitant pas à décrire par le menu, le tambour de machine à laver qui les essore. Même Sam Davies (Artemis Ocean Racing), dont on connaît le bonheur de vivre en mer, reconnaissait que les conditions étaient particulièrement délicates à négocier.

Brit Air abandonne
Brit Air était arrivé à Concarneau en début d’après-midi et l’équipe technique s’était aussitôt attelée à faire un premier diagnostic des réparations à effectuer. En tout état de cause, comme pour Alain Maignan et Nicole Harel (Fenetrea Cardinal) en escale technique à Lorient, les conditions qui les attendaient sont délicates : la dépression qui frappe la flotte ne tardera pas à gagner le golfe de Gascogne et promet des instants particulièrement difficiles pour qui voudrait reprendre la mer dans les prochaines heures… L’évident souci de ne pas mettre en danger leur bateau, conjugué à l’absence d’enjeu sportif d’une course à la traîne du reste de la flotte a donc amené Armel et Nicolas à déclarer forfait. La réparation du rail de grand-voile n’était pas, en soi, insurmontable, mais les conditions météo sur zone en ont décidé autrement.

Explication d’Armel Le Cléac’h:
«Si on repartait ce soir ou demain à la première heure, il nous aurait fallu remonter très au nord pour éviter le mauvais temps qui va arriver demain soir sur la Bretagne et surtout dans le Golfe de Gascogne, rendu impraticable. Cette option, quasi obligatoire pour des raisons évidentes, aurait considérablement rallongé notre route et du coup, si nous assurions du côté de la sécurité, nos objectifs sportifs auraient été sérieusement revus à la baisse. Il restait la solution de partir demain soir, mais là, c’était en plein dans la tempête, avec 1000 milles de retard sur la flotte. Ce qui n’est pas davantage raisonnable pour notre sécurité et est encore plus pénalisant pour la suite de la course. Finalement c’est ce coup de vent qui nous retient à terre et nous fait perdre toutes ambitions sur cette Transat Jacques Vabre. C’est d’autant plus rageant que nous étions vraiment bien dans le match au moment où c’est arrivé».

Comme quoi, par effet domino, une avarie, somme toute mineure, peut avoir parfois des conséquences redoutables. C’est la même analyse de cette situation qui a finalement motivé l’équipage de Prince de Bretagne à chercher refuge au sud du cap Finisterre, vraisemblablement à Vigo, quitte à naviguer un peu plus longtemps avec une grand-voile handicapée. Avoir déjà dans son dos la pointe de la péninsule ibérique sera peut-être décisif à l’heure de reprendre la route de Puerto Limon.

Ils ont dit:
Lalou Roucayrol, Région Aquitaine Port Médoc, 2ème au classement Multi50
«Les conditions en mer ne sont pas hyper faciles. On va faire notre chemin en essayant de grappiller ! On est super content d’être à la deuxième place, en plus, à bord ça se passe à merveille : on mange bien et dans la brise on est à l’aise. La première nuit, on s’est fait plaisir car on allait très vite. Pour l’instant, on arrive à bien gérer le bateau au près, dans 35 nœuds de vent…On est à l’abri tout le temps, on est mouillé dans les manoeuvres mais on a un bateau confortable et on peut y vivre relativement bien. »

Marc Guillemot, Safran, 2ème au classement IMOCA
« Ça va « brutalement » : ça cogne, ça cogne, ça cogne ! Depuis la fin de la nuit, on a constaté une dégradation de la mer avec des rafales de plus en plus puissantes. C’est bien d’avoir un marin comme Charles à bord. Les manœuvres sont particulièrement dures à enchaîner dans ces conditions mais avec Charles on arrive à gérer. Par rapport à notre option nous sommes satisfaits : si on est là c’est par ce qu’on l’a voulu. Je préfère largement être ici, même si c’est certainement plus dur. Par contre il faut tout le temps faire gaffe avec le matériel… Mais on est là et on assume ! …»

Vincent Riou, Akena Vérandas, 10ème au classement IMOCA
«Ça va bien. Les premiers jours ont été humides mais les conditions n’ont pas été difficiles pour l’instant : nous avons pris une option confortable, vers le Sud et nous n’avons eu aucun souci sur le bateau. Nous avons choisi une route intermédiaire. Les conditions restent donc maniables. Avec Arnaud ça se passe très bien : on n’a pas eu de souci par rapport aux manœuvres, de plus, on a réussi à bien se reposer. C’est un garçon fort agréable à vivre… »


Classement à 17 heures :

IMOCA 60
1 BT (S Josse – JF Cuzon) à 3860 milles de l’arrivée
2 Safran (M Guillemot – C Caudrelier) à 10,7 milles du premier
3 Veolia Environnement (R Jourdain – JL Nélias) à 10,9 milles du premier
4 Mike Golding Yacht Racing (M Golding – J Sanso) à 32,4 milles du premier
5 Aviva (D Caffari – B Thompson) à 37,3 milles du premier

Multi 50 :
1 Crêpes Whaou ! (FY Escoffier – E Le Roux) à 4315,3 milles de l’arrivée
2 Région Aquitaine Port Médoc (Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro) à 22,6 milles du premier
3 Prince de Bretagne (H Cléris – C Dietsch) à 233,9 milles du premier
(Guyader pour Urgence Climatique non localisé au classement de 17 heures)

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Baston au programme, pépin pour Brit Air

Brit Air
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L’accalmie d’hier a en effet laissé la place à des conditions de navigation plus aisées et les duos profitent de ces quelques moments qui précèdent l’arrivée d’un front au sujet duquel les qualificatifs ne manquent pas dans la bouche des marins, les excès de langage traduisant bien l’appréhension. En la matière, l’anticipation prévaut et la contemplation n’a pas forcément sa place. Tous s’apprêtent à faire le dos rond afin de préserver toutes leurs chances de bien figurer au Costa-Rica. Chez les Imoca, Sébastien Josse et Jean-François Cuzon jouent ce matin les premiers rôles, quand Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux mènent toujours la flotte des Multi50.

Quand il faut y aller… Voilà bien le sentiment qui domine depuis quelques heures à bord des bateaux engagés sur la neuvième Transat Jacques Vabre. La dorsale d’hier n’est plus qu’un lointain souvenir, bien vite effacé par la négociation du front du moment qui offre toutes les caractéristiques de l’anecdote si l’on en croit marins et observateurs. La suite et le prochain phénomène occupent en effet tous les esprits et nul n’est dupe en la matière. Demain en fin de journée, des vents violents et une mer très inconfortable entoureront la flotte de bien peu d’attentions favorables, rendant la progression difficile et non sans conséquence. Pour l’heure, chacun se prépare et fourbit ses armes pour faire face aux éléments. Ainsi chez les Multi50, le leader Crêpes Whaou ! a-t-il d’ores et déjà mis le cap au Sud pour tenter d’esquiver au maximum les effets néfastes d’une mer casse bateaux pour un trimaran. Même inspiration chez Victorien Erussard et Loic Fecquet chez qui la nuit a permis un positionnement opportun pour la suite des évènements. A quelques encablures de Port-La-Forêt, Alain Maignan et Nicole Harel s’apprêtent à faire escale pour estimer la possibilité ou non de solutionner le problème de fissures sur un bras de liaison de FenêtréA Cardinal. Du côté des Imoca, du concurrent le plus au Nord, Hugo Boss, à celui positionné le plus au Sud, Foncia, les avis semblent diverger quand à l’interprétation de l’avenir. Mais là encore, on profite et on se dit que l’ambiance « humide et grise » du moment n’est sans doute rien comparée à la suite.

Avec une route à l’opposé de celle de leurs camarades de jeu et des vitesses nettement en deçà, Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel éveillent l’attention à la lecture des premiers classements du jour. Si le skipper de Brit Air confirmait ce matin que tout allait bien pour les hommes, il ne cachait pas rencontrer un problème technique depuis quelques heures. Sans entrer dans les détails, le deuxième du Vendée Globe confiait attendre le lever du jour pour se pencher sur la question, effectuer une expertise et prendre les décisions qui s’imposeront. (lire aussi en "dépêches")

Classement de 8 heures
Monocoques
1.Sébastien Josse – Jean François Cuzon (BT), à 4204.8 milles de l’arrivée
2. Kito De Pavant – François Gabart (Groupe Bel), à 3.7 milles
3. Marc Guillemot – Charles Caudrelier Benac (Safran), à 5.3 milles

Multicoques
1. Franck-Yves Escoffier – Erwan Leroux (Crêpes Whaou !), à 4533.8 de l’arrivée
2. Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro (Région Aquitaine-Port Médoc), à 65.3 milles
3. Victorien Erussard – Loic Fecquet (Guyader pour Urgence Climatique), à 66.0 milles

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Les écarts fondent en tête de course

Cheminées Poujoulat
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Leurs poursuivants directs de Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy sont passés à l’offensive : ils ont tiré bénéfice des accélérations de la brise au large de la République Dominicaine et d’Haïti pour reprendre la 40 milles ces dernières heures et surtout goûter enfin au pur plaisir de la glisse au reaching. En mer des Caraïbes qu’ont rejoint hier à 20h16 (HF), les compères de Groupe Picoty, Jacques Fournier et Jean-Edouard Criquioche, le vent a en effet pris du coffre et permis aux huit équipages en lice d’afficher des belles vitesses de progression de 9-11 nœuds et de franchement accélérer la foulée. De quoi aussi faire une belle opération à bord de 40 Degrees. Face aux Chiliens de Desafio Cabo de Hornos (Cubillos-Bravo Silva), Peter Harding et Miranda Merron ont en effet repris leur 6è place perdue dans les petits airs aux abords de la porte de Saint-Barth. Moins d’un mille sépare ces deux bateaux ce matin.

En Atlantique aussi, même si la forte activité orageuse actuellement à l’œuvre en approche de l’arc antillais ne facilite pas la progression des bateaux au passage de grains survoltés. Denis Lazat et Frédéric Jouel ont même connu des heures particulièrement électriques dans de violentes et sournoises rafales à bord de Plan, les enfants changeront le monde. Ils ont annoncé leur intention de faire une courte escale technique à Gustavia pour réparer un génois et un spi déchirés dans la bataille. De leur côté, les complices d’Axa Atout Cœur, Erik Nigon et Marc Jouany, pointent à 60 milles de la porte de Saint-Barth ce matin. Mais difficile d’évaluer une heure précise pour leur passage en mer des Caraïbes compte tenu de leur vitesse de progression qui varie au gré des grains et des trous de vent jalonnant leur fin de parcours sur le grand océan.

Classement du 10/11/09 à 8h (UTC)
1. Tanguy De Lamotte-Adrien Hardy (Initiatives-Novedia), à 828.53 milles de l’arrivée
2. Giovanni Soldini-Pietro D’Ali (Telecom Italia), à 49.96 milles
3. Bruno Jourdren-Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), à 57.02 milles
4. Damien Seguin-Armel Tripon (Cargill-MTM), à 169.17 milles
5. Tim Wright-Nicko Brennan (Palanad 2), à 304.55 milles

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ALL4ONE marque son premier point

All4One à Nice
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Team Origin bat TFS-Pages Jaunes
Pendant un tour, les Français de TFS-Pages ont tenu la dragée haute aux Britanniques de Team Origin. Un tour pendant lequel l’écart n’a pas dépassé 10 secondes aux passages de bouée entre les deux Class America. En pleine progression, l’équipage de Bertrand Pacé commence à rivaliser avec les meilleurs. Le match s’est joué dans le deuxième bord de près. Ben Ainslie et ses hommes ont contrôlé leur adversaire et creusé l’écart pour franchir la dernière marque avec 30’’ d’avance. Un écart stabilisé au vent arrière puisque Bertrand Pacé et ses compatriotes n’accusaient que 33’’ de retard sur la ligne d’arrivée.

ALL4ONE bat Artemis
Quel match ! Du genre à passionner les spectateurs les plus novices. Voir deux Class America se bagarrer de la sorte donne ses lettres de noblesse au match-racing. Sébastien Col, John Cutler et Jochen Schümann, barreur, tacticien et stratège d’ALL4ONE, face à Terry Hutchinson, Morgan Larson et Paul Cayard. Après un premier bord très serré, c’est l’équipage suédois qui enroule la première bouée avec 9’’ d’avance. Le duel reste serré au vent arrière. A la porte sous le vent, Artemis commet peut-être l’erreur de choisir la bouée de gauche, laissant celle de droite à son adversaire. L’écart s’est alors réduit à seulement 1 seconde ! Le deuxième bord de près tourne au duel de chiffonnier. Les deux équipages lancent toutes leurs forces dans la bataille. Sur la fin du premier bord, les deux Class America abattent simultanément au moment de se croiser et foncent l’un vers l’autre à plus de 13 nœuds ! L’équipage franco-allemand vire au dernier moment pour renvoyer son adversaire à gauche, et enchaîne immédiatement un deuxième virement pour le contrôler. Une manœuvre qui permet à ALL4ONE de passer en tête et d’enrouler la dernière bouée avec 11’’ d’avance. Paul Cayard et son équipe attaquent à tout va. Mais la défense de Sébastien Col et son équipage est sans faille. Les deux Class America se retrouve régulièrement à quelques mètres l’un de l’autre. Mais c’est ALL4ONE qui sort victorieux de ce duel et remporte son premier point dans ce Louis Vuitton Trophy.

Classement provisoire du Round Robin 1
1) Emirates Team New Zealand, 3-0
2) Team Origin, 2-0
3) Azzurra, 1-0
4) ALL4ONE, 1-1
4) Artemis, 1-1
6) BMW Oracle Racing, 0-1
7) Synergy Russian Sailing Team, 0-2
8) TFS-Pages Jaunes, 0-3

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Francis Joyon espère arriver jeudi

IDEC
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"Oui la journée d’hier a été très sympa" reconnaissait dans un large sourire perceptible sur les ondes satellitaires le skipper d’IDEC. "A 70 degrés du vent, on appelle cela "du près océanique", une allure rapide pour IDEC, mais qui suppose une grande vigilance car le bateau monte sur une coque. mais les conditions de mer s’y prêtaient et j’ai profité à plein de ce régime pour gagner dans le nord." IDEC a ainsi très rapidement rejoint des latitudes clémentes en température, mais toujours aussi capricieuses en termes de vent. Les orages du matin ont de nouveau levé une houle irrégulière dans laquelle les puissantes étraves du multicoque viennent frapper. L’heure n’est toujours pas à la glissade, mais bien à la lutte permanente contre de bien peu coopératifs éléments. Un centre anticyclonique s’interpose de nouveau devant ses étraves et si Joyon se félicitait ce matin d’avoir évité une zone de calme en partant radicalement à l’est, il sait que sa route sera jusqu’au bout faite de détours, de virements de bords, et de tâtonnement dans des flux instables en force comme en direction. "J’ai fait tourner mes logiciels de routage" explique t’il, "et je reste sur une estimation d’arrivée jeudi après midi."

Port Louis, site d’arrivée sur l’île Maurice, se trouve sous le vent des alizés d’est. Francis se prépare, à l’instar de ses expériences sur la Route du Rhum ou sur la Route de la Découverte, à devoir gérer un "atterrissage" délicat dans le dévent de l’île. Une ultime difficulté dans un voyage particulièrement corsée en la matière.

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Groupama 3 avale le Pot avec 660 milles d’avance !

Groupama
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Déjà en vue la nuit dernière lorsque le ciel s’est zébré d’éclairs à l’horizon et que les coups de tonnerre grondaient au loin, le Pot au Noir a été abordé par Groupama 3 vers 5h00 (heure française) ce mardi. Et il restait encore un petit croissant de lune pour éclairer un paysage en plein chambardement : énormes cumulonimbus annonciateurs de pluies et de rafales, court clapot de face prémices des alizés de Sud-Est soufflant sur l’équateur, poissons volants en quête d’un souffle avant de se prendre dans les filets du trimaran, atmosphère lourde et oppressante sous une chaleur torride et humide… On le voit venir, on le sent tout proche et déjà il vous enserre ! La Zone de Convergence Inter Tropicale est une pieuvre qui joue avec sa proie, tentant de l’enserrer dans ses tentacules, alternant calmes et bourrasques, changements brusques de température, pluies diluviennes et soleil de plomb…

Par ici la sortie…

Mais le « côté obscur » de ce Pot au Noir a des failles : pour trouver la porte qui s’ouvre sur l’hémisphère Sud, il faut composer avec les grains, s’écarter momentanément de la route, adapter la voilure à ces brises erratiques, esquiver les zones d’ombre et les plaques sans vent. Le navigateur Stan Honey, enfin remis de sa migraine, s’est creusé la tête… et un tunnel sur le 29° Ouest. La trajectoire de Groupama 3 est remarquablement pure depuis Madère pour s’engager dans cette masse nuageuse, là où elle est la plus étroite et la moins active. Et jusqu’à ce mardi après-midi, le résultat est concluant : si le ralentissement est un fait, le trimaran géant n’est jamais descendu en dessous de quatorze nœuds !
« Cette nuit, il y avait beaucoup d’éclairs dans le ciel et nous avons vu les masses nuageuses au radar. Nous n’avons pas eu trop de rafales sous les grains : le vent a plutôt molli en refusant. Les manœuvres sont simples, mais nous sommes aux aguets et le quart de veille est sur le pont… La fenêtre météo s’avère meilleure que lors de notre première tentative il y a un an et demi. On devrait avoir encore trois ou quatre heures de ralentissement à 15-16 nœuds, mais il reste 3° de latitude (180 milles) à passer avant de toucher les alizés de Sud-Est, donc un vent plus régulier mais au près… La sortie de zone est pour ce soir ! » Confirmait Franck Cammas à la vacation radio de midi.  

Chaleur étouffante

Le Pot au Noir s’avère donc coopératif et à ce rythme, l’équateur pourrait être abordé avant mercredi 16h50 (heure française), ce qui porterait à moins de six jours le franchissement de la ligne de changement d’hémisphère… Au moins six heures de mieux que lors de la précédente tentative de Groupama 3 en janvier 2008 (6j 6h 24′), mais surtout plus d’une journée de bonus par rapport au temps de référence établi par Bruno Peyron sur le Trophée Jules Verne !
« Le ciel n’est pas trop chargé : nous n’avons pas pu prendre de douche, mais l’équipage est en caleçon sur le pont ! C’est la grosse chaleur tropicale, ici… On a changé de saison. On navigue ce midi sous grand voile haute et foc Solent. Stan regarde ses cartes et ses images satellites pour sortir au plus vite du Pot au Noir : les prévisions à moyen terme pour négocier l’anticyclone de Sainte-Hélène fluctuent pas mal ces dernières heures. Si nous arrivons à maintenir notre avance sur Orange 2, qui avait fait un parcours exceptionnel entre l’équateur et Bonne-Espérance, ce sera déjà super ! » concluait le skipper Franck Cammas.

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Carton plein pour Kiwis et Britanniques

Louis Vuitton Trophy à Nice
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Opposé à BMW Oracle Racing, elle a subi la domination américaine d’un bout à l’autre de la rencontre en s’inclinant avec 48 secondes de retard à l’arrivée . Ironie du match, lors du tirage au sort lundi soir, Stéphane Kandler a choisi de naviguer sur le Class America GBR-75 – systématiquement choisi par toutes les équipes – laissant son propre voilier, FRA-93, à son adversaire qui a donc battu ALL4ONE à bord du bateau franco-allemand !

Ensuite les Italiens d’Azzurra ont disputé deux rencontres. En infligeant une pénalité dans la phase de pré-départ face à Artemis, on pouvait penser qu’Azzurra avait fait le plus difficile. Mais à la fin d’un premier bord très disputé, Francesco Bruni commettait à son tour une faute en virant trop près du bateau suédois. Lorsque chaque concurrent est pénalisé, les deux pénalités s’annulent. Coup double donc pour Paul Cayard et sa bande qui, dans l’affaire, se sont débarrassés de leur pénalité et ont enroulé la première bouée avec moins de 10 secondes d’avance. La situation semble même empirer pour les Italiens au vent arrière lorsqu’ils n’arrivent pas à affaler leur génois. Profitant de l’aubaine, Artemis empanne le premier pour se dégager du marquage italien. Mais une grosse bascule de vent à gauche remet Azzurra dans le match et permet aux Italiens de franchir la porte sous le vent en tête. Le vent, toujours aussi instable, favorise à nouveau les Italiens sur le second près. L’équipe suédoise ne pourra jamais revenir et s’incline avec un gros écart de 2’05’’.

Lors de leur second match d’affilé face à Emirates Team New Zealand, tout s’est joué dans la phase de pré-départ où Dean Barker a poussé son adversaire au-dessus de la ligne avant le coup de canon. A la barre d’Azzurra, Francesco Bruni est revenu franchir la ligne juste au moment du coup de canon. Mais le Class America n’est pas entièrement repassé du bon côté de la ligne lorsque Bruni est reparti au près. Rappelé à l’ordre par le comité de course, l’équipage italien est revenu une seconde fois pour finalement repartir avec plus de 100 mètres de retard. Cet écart d’environ 30’’ est resté le même pendant tout le match. Cette quatrième victoire confirme le leadership de Team New Zealand, toujours invaincu après quatre rencontres. Seul Team Origin reste également invaincu, mais sur deux rencontres seulement.

Match serré pour TFS-Pages Jaunes
Quel dommage que TFS-Pages Jaunes ait été pénalisé pendant la phase de pré-départ ! Ce match face à BMW Oracle Racing est l’une des plus belles performances de l’équipage de Bertrand Pacé depuis le début du Louis Vuitton Trophy. Les deux Class America sont restés au contact pendant les deux tours de ce duel palpitant. Au passage de la première bouée, les Français ont contourné la première bouée en tête avec 7 secondes d’avance. Dans le bord de vent arrière, les Américains sont repassés devant avec seulement 6 secondes d’avance à la porte sous le vent. Les deux équipages sont restés très proches jusqu’à la ligne d’arrivée. L’écart final correspond au temps nécessaire pour effectuer le tour de pénalité juste avant le passage de la ligne, mais ne reflète pas l’intensité de ce très beau match.

Malgré un problème de chariot de grand-voile juste après le départ, l’équipage russe de Synergy n’a rien lâché et a maintenu la pression sur Artemis pendant toute la régate suivante. Pour Terry Hutchinson, Paul Cayard et leurs équipiers, il était primordial de remporter ce match après leurs deux premières défaites plus tôt dans la journée. Pour les hommes de Karol Jablonski, cette troisième défaite en autant de matchs ne reflète pas le niveau de l’équipage russe qui a déjà perdu de justesse contre Team New Zealand la veille. Cette fois la marge était seulement 21 secondes.

All4One s’incline de justesse face à Team Origin
Troisième point en trois matchs pour Team Origin, principal rival d’Emirates Team New Zealand. Ben Ainslie a réussi à coincer son adversaire Sébastien Col au bateau comité juste avant le départ pour s’élancer avec 60 mètres d’avance. Un écart suffisant pour pouvoir croiser devant lorsque la cellule arrière de Team Origin a réalisé que le côté droit du plan d’eau était plus favorable que le gauche vers lequel il se dirigeait. L’équipe franco-allemande est restée menaçante pendant toute la rencontre avec un écart aux bouées de moins de 10 secondes sur le premier tour. Mais la pression n’était pas suffisante pour empêcher les Britanniques de s’imposer avec 14 secondes d’avance à l’arrivée.

Classement provisoire du Round Robin 1
1) Emirates Team New Zealand, 4-0
2) Team Origin, 3-0
3) Azzurra, 2-1
3) BMW Oracle Racing, 2-1
5) Artemis, 2-2
6) ALL4ONE, 1-3
7) Synergy Russian Sailing Team, 0-3
8) TFS-Pages Jaunes, 0-4

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