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Dernières heures de course

Passage de la porte de Saint-Barth
DR

Le trio de tête de la Solidaire du Chocolat évolue toujours dans un flux de secteur Nord qui devrait cependant faiblir sensiblement dans la journée en s’orientant à l’Est. Telecom Italia et Cheminées Poujoulat pourraient même vivre une fin de course au ralenti et chargée de suspens ! Les deux duos n’étant qu’à une quinzaine de milles l’un de l’autre, une risée que l’autre n’a pas, et cet écart peut passer du double… à néant.

Pétole et stratégie
Malgré les faibles brises qui sévissent au Nord de la Jamaïque et au Sud de Cuba, les quatre concurents sur zone : Seguin/Tripon (Cargill-MTTM) 4e, Wright/Brennan (Palanad 2) 5e, Cubilos/Bravo Silva (Desafio Cabo de Hornos) 6e et Harding/Merron (40 Degrees) 7e affichent des vitesses moyennes très honorables autour de 7 à 8 nœuds. « Petit temps au Sud d’Haiti, 6-8 nds ENE, courant avec nous, heureusement », écrivait Miranda Merron hier.
Dans la journée, les nantais et le couple britannico-australien devraient accélérer tandis que le duo chilien et la paire britannique risquent fort de passer par la case « pétole ».

Afin d’éviter ce passage à vide, le duo de groupe Picoty confirme son option Sud, risquée mais intéressante : « cela nous rallonge la route, il y aura une bulle à gérer cet après midi, mais nous aurons ensuite un meilleur angle de vent et du courant porteur… », précise Jean-Edouard Criquioche.

Sur la partie Sud Est de la Mer des Caraïbes, l’alizé et son flux – presque – régulier de secteur Est devrait pousser le reste de la flotte de la Solidaire du Chocolat sur une route directe. Pas de gros coup de mou ni de vrai coup frein prévus pour ces six concurrents là. Malgré des orages nocturnes persistants mais peu violents, ils devraient pouvoir filer à 8-9 nœuds sur une route directe et déguster ces derniers jours de course.

Classement de 5 h (heure française)
1 Initiatives – Novedia Tanguy De Lamotte/Adrien Hardy à 178,18 milles de l’arrivée
2 Telecom Italia Giovanni Soldini/Pietro D’Ali à 128,19 milles
3 Cheminées Poujoulat Bruno Jourdren/Bernard Stamm à 143,51 milles
4 Cargill-MTTM Damien Seguin/Armel Tripon à 389,67 milles
5 Palanad 2 Tim Wright/Nicko Brennan à 466,04 milles

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Groupama 3 ralenti au large du Brésil

Groupama 3
DR

« Il faut savoir manger son pain noir avant de goûter au pain blanc ». L’adage vaut pour bien des situations et sur un tour du monde de 24 530 milles (parcours le plus court), il y a forcément des zones de transition entre les grands systèmes météorologiques. Passer d’un anticyclone de Sainte-Hélène à une dépression brésilienne ne se déroule pas toujours comme une lettre à la poste… C’est le cas ce vendredi matin pour Groupama 3 qui se voit contraint d’obliquer vers le Sud-Sud Ouest pour traverser au plus vite cette dorsale dont il devrait sortir en fin de nuit prochaine. L’avance de 715 milles sur le temps de référence de Bruno Peyron va donc fondre comme glace au carnaval de Rio de Janeiro, mais c’est pour mieux danser la samba dès samedi avec la dépression qui va fuser vers les Quarantièmes Rugissants…

Ralentissement temporaire
« Le vent commence à mollir par à-coups en bordure Nord de la dorsale Nord-Ouest issue de l’anticyclone de Sainte Hélène. La phase d’entrée dans la dorsale va durer toute la journée de vendredi. La vitesse moyenne va continuer de diminuer lentement en fluctuant, puis ce sera la traversée de la dorsale la nuit prochaine avec une trajectoire vers le Sud dans des vents très faibles et des grains orageux (comme un petit Pot au Noir) : une zone de convergence quasi-permanente au large de Rio de Janeiro. Cette traversée sera lente et l’écart avec Orange 2 va "fondre". L’objectif est de prendre le virage à gauche samedi après-midi. La réduction de l’avance s’arrêtera samedi soir, » précisait Sylvain Mondon de Météo France ce vendredi matin.

Cette petite « pause » n’est pas pour plaire à Franck Cammas et ses neuf équipiers, mais elle leur permettra certainement de faire un check-up complet du bateau, en particulier du gréement, sur une mer adoucie et sous les températures printanières des tropiques. Car il n’y a pas péril en la demeure ! La perte sèche ne devrait pas excéder quelques heures et Groupama 3 devrait aligner ensuite des journées aussi productives que Orange 2 en 2005 qui avait été particulièrement véloce sur cette tranche de parcours.

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BT déclenche sa balise de détresse

BT - Sébastien Josse / VG
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Les navigateurs sont en contact régulier avec Jean Maurel, directeur de course de la Transat Jacques Vabre, et ont fait état de dommages importants au niveau du roof, ayant occasionné une entrée d’eau. Le MRCC coordone les opérations avec le Direction de course et l’équipe technique de BT, de manière à assurer le sauvetage des skippers. Le MRCC Falmouth a confirmé que le RCC des Açores venait d’envoyer un hélicoptère et un navire de la Marine sur zone, tout en diffusant une alerte par satellite à tous les navires susceptibles de porter assistance.  Sébastien Josse et Jean-François Cuzon sont actuellement 210 milles au Nord des Açores, par 42 10º N – 27 50º W.

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Groupama 3 dans une phase de transition

Groupama 3
DR

Le contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène est toujours un moment important lors du Trophée Jules Verne car il n’est pas aisé de connaître à quelques heures près comment les bouffées de chaleur brésilienne vont se transformer en dépression orageuse et s’élancer vers l’Afrique du Sud. Surtout quand il faut prendre le départ de Ouessant, distant de près de 5 000 milles ! La fenêtre du coup d’envoi le 5 novembre, choisie collégialement par le routeur à terre Sylvain Mondon de Météo France, le navigateur de Groupama 3 Stan Honey et en dernier ressort, le skipper Franck Cammas, prévoyait bien un chapelet de perturbations en formation. Mais de là à savoir exactement le point d’impact, il y a une marge d’erreur. Celle-ci s’avère finalement assez faible puisque le rendez-vous doit avoir lieu dès samedi dans le Sud de Rio de Janeiro…

Sous la Croix du Sud

En ce vendredi midi, Lionel Lemonchois indiquait à la vacation radio que ce petit détour brésilien n’entamait en rien l’ambiance du bord et que ce n’étaient pas quelques dizaines de milles perdus qui allaient modifier leur manière de naviguer.

« On discute tous les jours sur ce qui va se passer dans les heures qui viennent : dans les grandes lignes, cela fait déjà trois ou quatre jours que nous savons comment les conditions météorologiques dans l’Atlantique Sud vont évoluer. Nous ne sommes donc pas surpris de perdre du terrain ce vendredi même si on navigue encore bien ce midi : sur un tour du monde, on ne peut pas tous les jours gagner du terrain. Il y a des phases de transition comme aujourd’hui, mais la suite s’annonce plutôt pas mal… Et puis nous avons une petite marge de manœuvre par rapport à Orange 2 ! Mais on va bientôt sortir les bottes et les polaires : on perd toutes les nuits un peu de chaleur. En ce moment, c’est toute la toile dehors avec grand voile haute, trinquette et grand gennaker : ça glisse bien avec quatorze nœuds de vent sous un beau soleil. Et la nuit, la voute céleste est très étoilée, avec la Croix du Sud de plus en plus haute dans le ciel ! »

De fait, quelques minutes plus tard, Groupama 3 commençait à incurver sa trajectoire vers le Sud, puis progressivement vers le Sud-Est toujours à plus de 22 nœuds de moyenne. Certes, en termes comptables, le bilan est moins flatteur puisque ce cap à 60° de la route directe depuis la latitude de Recife, lui a fait perdre du terrain : 380 milles en 24 heures effectués sur le parcours du Trophée Jules Verne, mais toujours 550 milles quotidiens sur l’eau ! Bref, le ralentissement n’est pas perceptible à bord, mais seulement par rapport à la route de Bruno Peyron. Notons d’ailleurs que Franck Cammas et ses neuf équipiers suivent une voie pratiquement parallèle à celle de Orange 2 depuis leur passage de l’équateur, réalisé déjà près de 5° plus à l’Ouest. D’ici samedi midi, la faible hémorragie (30 milles de déficit en 48 heures, soit 0,6 nœud de différentiel) va être totalement cautérisée avec les vents de secteur Nord puissants programmés…

Le clignotant à gauche…

Aucune inquiétude d’ailleurs dans le ton des équipiers venus à la vacation depuis le départ de Ouessant : l’ambiance à bord est sereine et concentrée, détendue mais attentive. Groupama 3 n’a pas souffert, l’équipage a pu se reposer avant les frimas du Grand Sud et le temps est à la douceur de vivre… Sur une mer assagie et dans une brise portante modérée, Franck Cammas et ses hommes ont d’ailleurs prévu un check-up complet du gréement samedi matin avant l’arrivée de la dépression brésilienne. Un week-end torride et tonique se prépare !

« Le rythme est pris car Groupama 3 est bien conçu pour se reposer. Les journées passent vite entre le sommeil, un peu de bricolage, les heures de barre et de quart, la contemplation de la mer. Mais on n’est pas débordé par le travail d’entretien… Il y a juste un cordage qui s’use un peu sur la commande de descente d’un foil. Nous n’avons eu que de bonnes surprises : on a même de bons fous rires ! Nous avons la chance d’être sur un très beau bateau … Avec un superbe équipage en qui tout le monde à confiance. Et pour l’instant, nous avons plutôt de bonnes conditions de glisse. Le Trophée Jules Verne est avant tout un marathon : il faut tenir dans la durée et de ce point de vue, Franck (Cammas) a une approche très proche de celle de Bruno Peyron, avec beaucoup de sagesse. » concluait le vainqueur de la Route du Rhum 2006.

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de Lamotte et Hardy attendus cette nuit

de Lamotte et Hardy/ Initiatives Novedia
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Forts d’une navigation fluide, inspirée et audacieuse, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy, toujours vissés aux avant-postes depuis le départ de Saint-Nazaire, ont incontestablement mené une bien jolie course sur cette Solidaire du Chocolat. A l’aube du 27è jour de mer, ils semblent bien partis pour inaugurer de la plus belle manière, entre la France et le Mexique, cette nouvelle grande épreuve du large réservée aux monocoques de 40 pieds. Du haut de leur 27 ans et demi de moyenne d’âge, les deux jeunes capitaines d’Initiatives-Novedia sont en passe de signer un beau succès sur la route du chocolat, de ceux qui écrivent parmi les plus mémorables pages de la course au large.

Entre 21h30 et minuit
Après avoir pris les commandes du 24 au 28 octobre avant le passage des Açores, puis le 1er novembre pour ne plus les lâcher, les voilà bien lancés en tête sur la route de la victoire le long des côtes du Yucatan dans un vent de nord d’une dizaine de nœuds. En tout cas, ces premiers brillants héros venus des grands espaces océaniques sont attendus entre 21h30 et minuit, heure locale à Progreso. Si rien ne devrait désormais assombrir le tableau de cette chronique d’une victoire annoncée sous le soleil golfe du Mexique, d’autres rebondissements et chamboulements dans les classements se profilent encore à l’horizon de la mer des Caraïbes où la régate pas son plein de la pointe ouest de Cuba aux côtes sud de la la République Dominicaine.

Pour le podium d’abord puisque les duos de Telecom Italia (Soldini-D’Ali) et de Cheminées Poujoulat (Jourden-Stamm) se chamaillent toujours comme des chiffonniers façon match-racing dans les vents contraires générés par le passage inopiné d’un front froid qui se déplace vers l’est. Au dernier classement, l’avantage est aux Italiens qui affichent moins de 15 milles d’avance sur leurs éternels rivaux, qu’on devine néanmoins moins à l’aise au près suite à la rupture de leur étai. La chose est entendue, et ces deux tandems promettent de faire des arrivées très serrées et d’animer la grande digue de Progreso longue de 7 km, samedi à partir de midi, heure locale.

Cinq bateaux en 40 milles
Plus en arrière, au sud de la République Dominicaine, le suspense reste entier et rien n’est encore joué. Les 1 000 milles qui restent à parcourir pour en terminer avec cette Solidaire du Chocolat pour le moins corsée s’annoncent riches de surprises et propices à de nouveaux coups de théâtre. Les passages de grains et les conditions aléatoires générés par une formation orageuse ont en effet favorisé un net regroupement de la flotte. Cinq bateaux – de Plan, les enfants changeront le monde (Lazat-Nouel) à Crédit Maritime (Carpentier-Maldonado), en passant par Adriatech (Consorte-Aubry), Orbis (Card, Murphy) et Keysource (West-Worswirck) – se tiennent en 40 milles. Après la grande traversée océanique, place désormais à une grande régate côtière sur les eaux turquoise.

Classement de 17h (heure française)

1 Initiatives – Novedia Tanguy De Lamotte/Adrien Hardy à 93,11 milles de l’arrivée
2 Telecom Italia Giovanni Soldini/Pietro D’Ali à 101,21 milles
3 Cheminées Poujoulat Bruno Jourdren/Bernard Stamm à 118,7 milles
4 Cargill-MTTM Damien Seguin/Armel Tripon à 379,94 milles
5 Palanad 2 Tim Wright/Nicko Brennan à 456.99 milles

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Au lendemain de la tempête

Sebastien Josse - BT
DR

C’est une loi récurrente : c’est toujours à la fin du coup de vent que la mer se montre le plus chienne. Même quand Eole perd de sa vigueur, les vagues continuent leur travail de sape et c’est bien souvent à cet instant qu’elles expriment toute leur puissance. Jean-François Cuzon, joint à la vacation de ce matin, évoquait alors des vents soutenus de plus de 50 nœuds et ne faisait pas mystère d’une certaine appréhension. Avec raison, puisque quelques heures plus tard, une déferlante s’abattait sur le bateau et arrachait le roof de BT. Au plus vite, les deux navigateurs informaient le PC Course et déclenchaient leur balise de détresse. Immédiatement, contact était pris avec le MRCC portugais basé aux Açores de manière à organiser le sauvetage des deux navigateurs. Dans le même temps, Jean Maurel directeur de course, mettait en alerte Safran (Marc Guillemot – Charles Caudrelier) et Veolia Environnement de manière à envisager, si besoin, de dérouter un des deux bateaux sur zone.

Contact visuel
En fin d’après-midi, l’Ocean Explorer, un bateau océanographique est entré en contact visuel et VHF avec l’équipage de BT. L’équipage du navire et les deux navigateurs vont pouvoir envisager les moyens de sauvetage les plus adaptés….

Déraillements successifs
Comparées à la situation de l’équipage de BT, les avaries qui affectent Veolia Environnement comme Artemis peuvent sembler dérisoires. Elles témoignent néanmoins de la violence des conditions rencontrées par la flotte. Rail de grand-voile arraché lors d’une prise de ris, Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias ont d’ores et déjà prévu de s’arrêter à Horta, sur l’île de Faial, pour réparer. C’est déjà le troisième bateau affecté par ce type d’incident depuis le départ après Brit Air et Prince de Bretagne.

Sam Davies et Sydney Gavignet envisagent eux aussi une escale technique pour réparer leur grand-voile endommagée ainsi que leur Iridium défaillant. Madère, Les Açores ou pas d’escale du tout, le duo franco-britannique n’a pas encore annoncé officiellement sa décision à la direction de course. D’autres concurrents ont choisi de réparer en mer, tel Brian Thompson, qui s’est offert une visite en tête de mât d’Aviva pour installer une nouvelle girouette, la précédente ayant été arrachée dans le mauvais temps. Un bel exploit pour Brian et Dee Caffari quand on imagine l’état de la mer sur zone.

Grand écart
Sur le plan sportif, cette Transat Jacques Vabre reste plus ouverte que jamais avec un écart latéral de plus de 750 milles entre les deux bateaux les plus extrêmes de la flotte Hugo Boss (Alex Thomson – Ross Daniel) au nord et Foncia (Michel Desjoyeaux – Jérémie Beyou). Joint à la vacation de ce midi, le double vainqueur du Vendée Globe semblait serein et surtout content de n’avoir subi « que » des vents de 40 nœuds. Position favorable stratégiquement au nord, équipage reposé et bateau en bon état au sud, le jeu est peut-être plus ouvert qu’on ne pouvait encore le supposer hier au soir.

Chaude alerte pour Crêpes Whaou !
Franck-Yves Escoffier alerté par un bruit suspect constatait que le bloc moteur était en train de se désolidariser de son support. Le navigateur malouin, se voyait confier un nouveau travail gratifiant consistant à fixer le bloc avec des éléments de la chaine du trimaran, le tout, bien évidemment alors que le bateau s’obstine dans une partie de saute-moutons sans fin. Avant les glissades paradisiaques à destination des Antilles, le purgatoire risque d’être encore long.

Ils ont dit :
Franck-Yves Escoffier, Crêpes Whaou ! : « Ça bouge énormément. Hier je disais que ce n’était pas l’enfer, mais aujourd’hui ce n’est pas loin de l’être ! On est parti dans le sud parce qu’on est sur un bateau neuf et en plus c’est un trimaran. On a toujours une mer hyper croisée donc on ne peut pas aller vite. En plus j’ai un problème avec mon moteur et ça sur un voilier c’est vraiment agaçant! Je suis donc entrain d’essayer de réparer pour qu’il ne se fasse pas la valise et à l’heure où je vous parle j’ai les mains en sang… C’est un peu la folie ici.»

Roland Jourdain – Veolia Environnement : « On a arraché le chariot de têtière du rail de grand voile dans une prise de ris. Le vent est entré à 40/45 nœuds, on a pris un premier ris, puis un 2ème et ça s’est décapsulé. On s’en est rendu compte une fois le ris pris, du coup on a tout de suite affalé la grand voile. On ne peut pas naviguer avec plus de 2 ris dans ces conditions donc pour le moment ce n’est pas un problème, mais si on veut s’amuser jusqu’au bout il faut réparer maintenant. Du coup on va faire un arrêt aux Açores. Si tout va bien ça devrait aller assez vite. »

Kito De Pavant – Groupe Bel : « On s’est fait une frayeur parce qu’un tuyau s’est décroché au niveau des ballasts, le bateau s’est rempli d’eau. On a du pomper. On navigue à 90 degrés du vent, donc c’est difficile de ne pas aller vite… mais comme ne nous sommes pas très toilés on marche entre 12 et 16 nœuds. C’est pas génial, génial, mais on a passé le plus dur ce matin. On n’a pas beaucoup mangé et dormi depuis le départ. C’est incroyable parce qu’hier c’était le grand beau temps, on avait 10 nœuds de vent et en moins d’un quart d’heure c’est passé à 40 nœuds. Ça a été une bonne galère pour virer de bord. Mais bon… demain ça devrait aller mieux.»


Classement de 17h
Monocoques
1 SAFRAN Marc Guillemot – Charles Caudrelier Benac à 3430,8 milles de l’arrivée
2 MIKE GOLDING YACHT RACING Mike Golding – Javier Sanso à 33,9 miles
3 GROUPE BEL Kito De Pavant – François Gabart à 42 milles

Multicoques
1 REGION AQUITAINE-PORT MEDOC Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro à 4146,8 milles de l’arrivée
2 GUYADER POUR URGENCE CLIMATIQUE Victorien Erussard – Loic Fecquet à 103,2 milles
3 PRINCE DE BRETAGNE Hervé Cleris – Christophe Dietsch à 404,2 milles
Non-localisé CRÊPES WHAOU ! Franck Yves Escoffier – Erwan Leroux

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Sébastien Josse et Jean-François Cuzon sains et saufs

Josse BT
DR

Dès lors, les opérations sont déclenchées : le CROSS Gris-Nez met en relation la direction de course avec le MRCC de Ponta Degalda aux Açores. Les premiers contacts entre Jean Maurel et BT sont placés sous le signe de l’efficacité. Entre l’équipage et la direction de course, les procédures sont clairement mises en place : pour les deux navigateurs, il s’agit avant tout d’organiser leur sauvetage. Enfiler les combinaisons de survie, combattre l’hypothermie, se reposer, s’alimenter deviennent les priorités. Nul ne sait si BT, blessé, pourra résister encore à une nouvelle déferlante. Pendant ce temps, Jean Maurel alerte Veolia Environnement et Safran de manière à ce qu’ils se tiennent prêts si besoin. Bien évidemment, les deux équipages répondent présent, mais rapidement l’évidence apparaît : les moyens mis en œuvre depuis les Açores seront plus efficaces que l’intervention d’un autre voilier dans une mer démontée.

Des procédures maîtrisées
Tout l’intérêt des procédures de sécurité prend alors son sens. De l’aveu même de Sébastien Josse, les topos sécurité rabâchés à chaque départ de course, permettent d’avoir les bons réflexes. Les automatismes fonctionnent. Vers 18h, les navigateurs rentrent en contact avec l’Ocean Explorer, un navire océanographique. Mais les conditions de mer particulièrement difficiles, avec des creux d’environ huit mètres rendent l’opération délicate. Rapidement, les navigateurs sont informés qu’un hélicoptère Puma de la marine portugaise sera sur zone. Dès lors, il s’agit de se remémorer les signes à faire à l’hélicoptère, et surtout de ne pas oublier que les sauveteurs sont les maîtres de l’opération. Le Puma arrive sur zone, une heure avant la tombée de la nuit. Le pilote de l’hélicoptère intime alors l’ordre aux deux marins de se jeter à l’eau l’un après l’autre tandis qu’un plongeur les récupère pour les hélitreuiller. Quelques minutes plus tard, ils sont à bord en route pour Terceira.

Arrivés à Terceira, ils sont pris en charge par les autorités locales. Ils sont sains et saufs, bien évidemment choqués de leur aventure et tristes d’avoir dû abandonner leur bateau. La déception est immense, mais le soulagement de les savoir sauvés les encore plus.

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Petite accalmie entre les coups de vent

Marc Guillemot - Safran
DR

Si le gros coup de vent d’hier, généré par une dépression atlantique, est dans leur sillage, les marins ne sont pas pour autant complètement sortis de ce premier phénomène. Ils se réjouissent cependant ce matin d’avoir vu Eole perdre en colère et leur destiner désormais des vents flirtant avec les 25-30 nœuds. Dans la même mouvance, l’état de la mer abonde lui aussi dans le sens des duos en étant passé de montagnes russes de 6 mètres à des creux de 4 mètres. Sans aller jusqu’au confort évoqué ce matin par un Sébastien Josse en proie à une certaine malice, force est de reconnaître que la vie se fait un peu plus douce entre Le Havre et le Costa Rica. La flotte des Imoca s’est désormais entièrement ralliée à l’inspiration sudiste, les deux récalcitrants d’hier soir, les équipages espagnols de W Hotels et 1876 s’étant eux aussi résolus à naviguer tribord amures. Dans une belle unanimité, les monocoques 60 pieds gagnent donc à présent vers des latitudes meilleures et se préparent à une journée placée sous le signe d’une belle accalmie. En effet, dans les heures à venir, le vent devrait nettement se calmer et jouer entre 15 et 20 nœuds, permettant à tous de souffler un peu, avant un nouveau passage de front et un retour à la navigation dans un shaker…

Avec l’arrêt au stand de FenetréA Cardinal et la halte galicienne annoncée pour Prince de Bretagne, la flotte des Multi50 connaît une légère dispersion des rangs. Mais la bagarre ne perd pour autant rien de son intensité et de son intérêt. Toujours solidement installé en tête, le duo Escoffier – Le Roux ne souffre d’aucune démobilisation. Derrière les avis divergent. Avec un cap au Nord sujet ce matin à interrogations, les aquitains Roucayrol – Alfaro attirent l’attention. Inspiration stratégique visant à affronter la perturbation de face ou problème à bord ? Les prochaines heures devraient lever le voile sur ces questions. Au Sud, les hommes de Guyader pour Urgence Climatique poursuivent leur descente en mode préservation et le généreux Victorien Erussard ne cachait rien de sa satisfaction ce matin.

Ils ont dit…
Sébastien Josse – BT – 1er au classement de 5h
« La nuit s’est mieux passée que la précédente, mais c’est toujours aussi agité que prévu par contre ! La mer est un peu moins formée qu’ hier, parce qu’on a quand même eu des pointes à 40/50 nœuds dans des creux allant jusqu’à 6,50 mètres. On est presque dans le confort là ! Maintenant les conditions devraient mollir pas mal, pour descendre à 15/20 nœuds. Mais on reviendra à un passage de front toute la nuit prochaine. Ensuite ça devrait être l’ouverture vers des vitesses plus rapides et un bateau un peu plus plat. BT va très bien mais ça tape beaucoup, on souffre pour lui en fait ! Mais on touche du bois, c’est un bateau solide et je pense que le plus dur est passé donc on ne devrait pas avoir de soucis. Ce ne sont pas les manœuvres qui nous épuisent. La fatigue dans ces conditions est plus mentale que physique. En tous cas ça va, on arrive à bien se reposer ».

Marc Guillemot – Safran – 2ème au classement de 5h
« Depuis deux jours nous ne sommes pas très loin de BT, avant-hier on a vu Veolia pendant la nuit et on a Kito qui n’est pas très loin aussi. C’est rassurant parce qu’on sait que se sont des marins qui naviguent bien. Par contre, non, ce n’est pas une motivation car pour le moment on n’a pas de place pour les motivations extérieures : on se concentre sur ce qu’il y a à faire sur le bateau et rien que ça c’est un vrai combat ! »

Victorien Erussard – Guyader pour Urgence Climatique – 3ème au classement de 5h
« On descend le long des côtes du Portugal, on va rapidement vers le sud pour éviter la grosse mer. C’est payant pour l’instant car on est à une vitesse constante de 11/12 nœuds au près dans une mer assez formée, ce qui est suffisamment raisonnable pour avancer. Hier nous n’avons pas fait une bonne journée car on a eu du mal à passer le front. On a du virer plusieurs fois dans des grains pluvieux pour aller dans un ciel de traîne avec du soleil, mais on finissait toujours par se faire rattraper. Si on pouvait faire les 4600 milles qui restent sur un bateau en bon état ce serait bien, parce que la Transat est encore longue. Quand on aura des conditions médiums on sera content de pouvoir avancer avec 100% des capacités du bateau».

Classement de 8h
Monocoques
1 BT Sébastien Josse – Jean François Cuzon à 3730,9 milles de l’arrivée
2 SAFRAN Marc Guillemot – Charles Caudrelier Benac à 8 milles
3 VEOLIA ENVIRONNEMENT Roland Jourdain – Jean Luc Nelias à 27,6 milles

Multicoques
1 CRÊPES WHAOU ! Franck Yves Escoffier – Erwan Leroux à 4179,4 milles
2 REGION AQUITAINE-PORT MEDOC Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro à 111,8 milles
3 GUYADER POUR URGENCE CLIMATIQUE Victorien Erussard – Loic Fecquet à 195,3 milles

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Tous en Mer des Caraïbes

Cheminées Poujoulat - La Solidaire du Chocolat
DR

Ça s’est bousculé à la porte de Saint Barthélemy depuis hier après-midi ! Cinq concurrents ont fait leur entrée en mer des Caraïbes lors des 12 dernières heures.
Denis Lazat et Frédéric Nouel ont même fait un pit-stop imprévu à Gustavia : invités à dîner à bord du voilier d’un ami, ils ont profité des trois heures minimum autorisées par la direction de course pour « se faire chouchouter ». La solidarité des gens de mer a fonctionné à merveille, en moins de temps qu’il ne faut pour prendre une douche et un brunch de rêve, les deux spis et le génois de « Plan les enfants changeront le monde » ont été raccommodés, le plein de gasoil, de fruits et légumes frais effectué ! Les skippers sont repartis du bon pied avec en prime un cadeau précieux : des aiguilles et du fil…

Accélération prévue en tête de flotte
En tête de flotte, les dernières 24 heures ont profité – un peu – à la paire Soldini/D’Ali (Telecom Italia) et au duo Jourdren/Stamm (Cheminées Pujoulat). Ils ont repris une vingtaine de milles aux leaders De Lamotte/Hardy (Initiatives Novedia). L’avance du duo de tête reste cependant confortable : 113 milles ce jeudi matin au pointage de 4h00.
Pas de réelle inquiétude donc pour Tanguy et Adrien, d’autant qu’ils devraient dès ce matin bénéficier d’un flux de secteur Nord établi qui va leur permettre d’accélérer sensiblement, au près ou vent de travers sur la route directe de Progreso. Cette brise va également toucher rapidement les paires italienne et franco-suisse lancées à leurs trousses. Les trois premiers devraient entrer dans le Golfe du Mexique dans la journée… Ils ne sont plus à quelques 400 milles du but. Dans deux jours, le podium de cette première Solidaire du Chocolat sera connu !

Slow down au large de la Jamaïque
La course se poursuit à petits pas au Nord de la Jamaïque et au Sud de la République Dominicaine. 4 à 5 nœuds cette nuit au compteur du duo Seguin/Tripon (Cargill-MTTM) pris dans des calmes inévitables. Le tempo est un brin plus rythmé (6 à 7 nœuds) pour les Chiliens de Desafio Cabo de Hornos et les Britanniques de 40 Degrees. Ces deux concurrents là sont toujours au coude à coude, et le seront fort probablement jusqu’à Progreso !

Bonne nouvelle hier soir pour le duo de groupe Picoty : ils ont réussi (pour la troisième fois !) à réparer leur grand-voile, la course a immédiatement repris ses droits pour Jacques Fournier et Jean-Edouard Criquioche. La paire vendéo-normande semble incurver sa route vers le Sud, peut-être pour échapper aux calmes qui sévissent actuellement entre les îles des grandes Antilles ?

Classement de 5 h (heure française)
1 Initiatives – Novedia Tanguy De Lamotte/Adrien Hardy à 389,4 milles de l’arrivée
2 Telecom Italia Giovanni Soldini/Pietro D’Ali à 113,16 milles
3 Cheminées Poujoulat Bruno Jourdren/Bernard Stamm à 124,62 milles
4 Cargill-MTTM Damien Seguin/Armel Tripon à 334,12 milles
5 Palanad 2 Tim Wright/Nicko Brennan à 399,95 milles

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Francis Joyon attendu cet après-midi à Maurice

Joyon sur un flotteur
DR

IDEC fait désormais route au nord à près de 20 noeuds de moyenne en direction de l’île Maurice, ligne d’arrivée de ce nouveau record océanique entre Port-Louis en France et Port-Louis, capitale de l’île Maurice.

A 5h00 GMT ce jeudi matin (6h00 en France / 9h00 à l’île Maurice) le grand trimaran rouge naviguait par 23° de latitude sud et ne se trouvait plus qu’à 187 milles nautiques de l’arrivée. Les conditions de vent (12 à 15 noeuds de sud-est) devrait rester stables aujourd’hui et permettre au navigateur d’envisager son arrivée dans une dizaine d’heures. L’ETA (Estimate Time of Arrival) se situe ce jeudi 12 novembre entre 19h00 et 21h00 à Maurice, soit entre 16h00 et 18h00 heure française.

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