Thomas Ruyant et Sam Goodchild réunis dans la même équipe TR Racing ont fait le choix de ne courir que la Transat New-York Vendée. Ils rallieront New-York en convoyage tout en s’entraînant avec leurs deux Imoca.
Aucun skipper ne se trompe d’objectif cette année. C’est bien le Vendée Globe et son départ prévu le 10 novembre qui est dans toutes les têtes. La Transat “Anglaise” qui n’en est plus vraiment une n’a pas beaucoup d’intérêt. Et Thomas Ruyant et Sam Goodchild qui font partie des favoris l’ont bien compris. « L’important pour moi, au-delà de toutes ces navigations, est de garder l’envie, de conserver l’énergie positive, en bref, ne pas me « crâmer ». C’est pourquoi nous faisons le choix de ne pas courir la Transat CIC fin avril. Toutes nos équipes, Sam et moi-même, souhaitons nous donner le temps de faire les choses telles que nous les imaginons à l’idéal, pour nous présenter au départ du Vendée Globe au maximum de notre préparation technique, avec deux bateaux parfaitement aboutis, réglés et préparés pour un tour du monde express, dans un état de fraicheur mental optimum, et une envie d’en découdre et de livrer le meilleur de nous-mêmes totalement décuplée, et non altérée par une éventuelle lassitude à l’issue d’une saison par trop surchargée. »
Sam Goodchild : Profiter de la dynamique du Team « Les années hors Vendée Globe, nous terminons nos saisons en novembre-décembre. Cette année, nous aurons, à cette époque-là, le plus grand rendez-vous dans la carrière d’un coureur au large, le Vendée Globe. Il convient de l’aborder au meilleur de notre préparation, technique, physique et mental. Il ne nous a pas semblé qu’aligner deux transats en solitaire durant l’été était la meilleure méthode. TR Racing est une équipe à deux bateaux, et nous voulons profiter à plein de cette chance de pouvoir naviguer, bord à bord durant le printemps et dès la mise à l’eau. Nous allons multiplier les sorties, en solo, en double et en équipage, avec tous les instruments de mesure dont nous disposons grâce à notre équipe et à la technologie d’Advens, notre principal partenaire. Nous allons travailler tous les compartiments du jeu, et pas seulement l’allure au plus près du vent comme le propose la Transat CIC. Nous rallierons New York en mode performance, avec à bord des membres de notre staff, dont les retours d’expérience seront extrêmement enrichissants. Le printemps sera ainsi dense et particulièrement riche en retour d’expérience des deux bateaux. »
L’écurie de Thomas Ruyant, Alexandre Fayeulle et Thomas Gavériaux inaugurera le 25 avril son bâtiment technique situé quai du Pourquoi Pas à Lorient. Mieux qu’un hangar de chantier, il s’agit d’un véritable complexe moderne destiné à accueillir deux Imocas, mais suffisamment grand pour toute l’équipe dédiée au fonctionnement de l’écurie, staff technique, coureurs, bien sûr, administration et communication. Construit sur 4 niveaux et sur plus de 1 300 m2, il témoigne d’un profond désir de qualité environnementale avec une utilisation maximale de matériaux bio sourcés, récupération des eaux de pluie, isolants bio sourcés, panneaux solaires photovoltaïques….
Loïs Berrehar a remporté la 48e édition de la Solo Guy Cotten, première course en solitaire du calendrier de la classe Figaro Bénéteau fort de deux victoires de manches et d’une place de 2e.
« Je ne pouvais rêver mieux pour ce début de saison ! » confiait à peine son Figaro amarré, Loïs Berrehar en magnifique vainqueur. Pour sa troisième saison avec Macif, le marin de Carnac démarre fort : 1er de la première manche, 2e de la deuxième, et vainqueur de la grande course. Une victoire sans appel et grandement méritée au regard du travail fourni et de sa détermination sans faille à jouer aux avant-postes… Charlotte Yven ne cache pas non plus son enthousiasme d’avoir repris la compétition : « Ce fut une belle Solo Guy Cotten, riche en enseignements, la saison est lancée ! ». 9e dès le premier parcours côtier, la navigatrice native de la baie de Morlaix, après une 21e place le deuxième jour, se hisse dans le top 10 dès l’entame du grand parcours entre Ouessant et l’île d’Yeu pour finir 12e sur la ligne d’arrivée. Une belle entrée en matière pour Charlotte qui ambitionne de monter en puissance jusqu’à La Solitaire du Figaro. Vendredi prochain 22 mars, c’est à La Trinité-sur-Mer que le programme se poursuit avec le Trophée Laura Vergne, course en double. Loïs Berrehar et Charlotte Yven, dont les caractères et les compétences fonctionnent parfaitement, ne manqueront pas de tout donner sur les parcours côtiers et le grand offshore de 48h !
Les mots des skippers Macif
Loïs Berrehar (Skipper Macif 2022) : « Je suis super content ! Je suis heureux d’inscrire mon nom sur la Solo Guy Cotten. Ce n’est que la première étape de l’année, il va maintenant falloir rester régulier. On a eu beaucoup de vent en moyenne sur cette grande course, et la dernière nuit s’est déroulée en mode sous-marin. Mais j’aime ces conditions. Le bateau va super bien, j’ai réussi à pas trop mal le régler sans faire trop de mauvais bords. J’ai réussi à creuser la distance avec Alexis (Loison) juste avant l’île d’Yeu. Je suis parti avec un grain sous spi, j’ai eu un peu de chance. En repartant de l’île d’Yeu, j’ai bien attaqué. J’ai confirmé le mode de fonctionnement que j’avais mis en place l’année dernière. Si j’arrive à rester régulier ce sera super positif. Je sens que l’expérience et les années de navigation paient. C’est ma première victoire en solitaire sur une étape du Championnat de France. C’est super satisfaisant, j’ai pris beaucoup de plaisir. J’ai de bonnes sensations, une bonne gestion du sommeil, tout est très positif. Cette victoire me booste pour la suite, c’est super de commencer en tête du Championnat, cela confirme que la forme est là, la vitesse aussi ! »
Charlotte Yven (Skipper Macif 2023) : « Je me sens bien quoiqu’un peu fatiguée. C’était physique cette grande course ! Bravo à Loïs ! Je suis contente de cette reprise, avec une semaine intense et un dernier long parcours bien venté. Je vois qu’il y a des petites choses encore à modifier notamment sur les trajectoires, et la vitesse du bateau reste à améliorer encore. J’ai pris un casier aux abords de l’île d’Yeu, de nuit. J’ai réussi à m’en défaire relativement rapidement, je savais que cela pouvait arriver. Globalement, j’ai eu du mal à trouver la bonne vitesse. Il n’y avait pas de gros coups stratégiques à faire, il fallait être rapide. Sur toute la durée de la Solo Guy Cotten, nous avons eu de super conditions, un bel accueil. Cette année, il y a un beau plateau de coureurs avec plein de nouveaux et un bon niveau. Cela risque de monter en puissance tout au long de l’année, et ce sera très intéressant. »
(*) : Classement général avant jury
AVIS AUX CANDIDATS !
NOUVELLE SELECTION SKIPPER MACIF EN VUE POUR 2025 !
Une fois le programme de courses achevé, la saison se terminera avec la sélection d’un nouveau Skipper Macif pour 2025 qui succèdera à Lois Berrehar l’année prochaine. Créée en 2008, ce programme d’accompagnement sportif de haut niveau dans le domaine de la course au large permet à de jeunes navigateurs et navigatrices prometteurs de bénéficier d’un encadrement sur mesure (financier, technique et opérationnel) pour leur permettre de progresser et d’exceller sur le circuit Figaro. Pour participer à cette nouvelle sélection, les candidats seront donc invités à déposer leurs dossiers de candidature entre la mi-juin et la mi-septembre.
Vincent Riou a imaginé et peaufiné son nouveau projet : la construction d’un Class40 ultra-innovant au sein du chantier Pogo Structures. Mis à l’eau le 19 février dernier, le monocoque casse les codes. Un seul safran, un aileron sur la quille… Un projet qu’il mène avec deux nouveaux partenaires, Pierreval et la Fondation GoodPlanet, et qui allie ce qu’aime le plus le marin bigouden : la compétition et l’innovation.
« Le Class40 Pierreval – Fondation GoodPlanet est le numéro 203. Il y a donc eu 202 bateaux construits précédemment. Tous ont une quille et deux safrans. Le 203 n’a qu’un seul safran. Par contre, il a une quille équipée d’un trimmer. C’est un petit volet qui se situe à l’arrière de la quille et qui permet de rendre le profil de quille asymétrique. C’est une expérience que j’avais envie de faire depuis longtemps car le trimmer existe depuis plusieurs années sur pas mal de monocoques. Je pense qu’il y a moyen de gagner en performance. Mais c’est de la performance au détriment de quelque chose… Ici, ce sera au détriment de la tenue de route du bateau si on peut comparer à une voiture » explique le marin qui a déjà réalisé plusieurs navigations à bord de son nouveau monocoque. « J’ai de bonnes sensations avec le bateau sur mes premières navigations. Je vois bien que ça tient moins bien la route qu’un bateau à deux safrans mais j’ai bon espoir de réussir à faire fonctionner ce concept »
La saison 2024 va donc signer le retour de Vincent Riou en compétition et à la tête de ce nouveau projet. Le circuit Class40 sur lequel il a déjà évolué l’an dernier aux côtés d’Aurélien Ducroz lui apporte tout ce qu’il recherche. « Je reviens à la compétition en Class40 parce que je trouve que c’est une série très intéressante. Il y a beaucoup de bateaux, cela apporte un bon niveau de compétition. De nombreux coureurs de très haut niveau ont fait le même choix que moi. Des anciens figaristes, des gars qui ont de gros palmarès. Je vais y trouver de la concurrence et c’est ça que je cherche. Et puis les Class40 sont des bateaux beaucoup plus simples, ils demandent de l’engagement physique mais nécessitent des efforts un peu moindres qu’en IMOCA par exemple. Forcément, pour quelqu’un qui commence à avoir un peu d’âge comme moi, c’est plus simple à gérer. Ce mixte me permet de trouver ce que j’aime dans la voile, c’est-à-dire faire de la compétition et du haut niveau en prenant beaucoup de plaisir. Car c’est vraiment la finalité. »
Sous les couleurs de Pierreval et de la Fondation GoodPlanet, Vincent va porter un message fort en faveur de l’environnement et de la décarbonisation. « Pierreval a envie avec ce projet de fédérer ses équipes autour des défis de demain et en tant que promoteur immobilier, il y a une volonté d’aller vers la décarbonation. Le projet doit permettre de sensibiliser aux problèmes écologiques. La Fondation GoodPlanet est évidemment très investie et va permettre d’accompagner la démarche à travers des actions très concrètes. Je suis vraiment heureux de cette nouvelle aventure ensemble ».
La saison 2024 sera rythmée pour Vincent Riou avec la participation prochaine à The Transat CIC, à la Transat Québec-Saint Malo et à la CIC Normandy Channel Race.
Class40 en flotte - Crédit photo : Jean-Marie LIOT
VSF Sports lance un appel à candidatures pour trouver le navigateur ou la navigatrice qui portera ses couleurs sur le circuit Class40 les trois prochaines années, de 2025 à 2027.
Les navigateurs ou navigatrices intéressé(e)s – français ou étrangers – peuvent postuler*, à condition de justifier d’une bonne expérience en course au large. La date limite pour déposer les dossiers de candidatures est fixée au 30 avril minuit.
En juin, les profils dont le dossier aura retenu l’attention, seront auditionnés devant un jury constitué d’une dizaine de personnes, comprenant l’équipe de 4 Winds Strategies, le partenaire et des acteurs de l’univers de la course au large. La révélation du nom de la personne retenue aura lieu début juillet.
« L’idée de lancer un appel à candidatures est naturellement venu pour proposer à un large plateau de skippers de présenter leur projet qu’ils viennent du circuit 6.50, du Figaro ou de la class40. Le projet se veut sportivement ambitieux. Le profil attendu est celui d’une personne qui serait à la fois compétente sur l’eau mais aussi techniquement investie et intéressée dans la préparation de son bateau. Bien sûr, les valeurs humaines sont également déterminantes ; il faut qu’une alchimie se crée entre la personne et le groupe VSF » conclut Franck Levieil.
Précisions : un(e) candidat(e) peut présenter son ou ses partenaires déjà engagé(s) à ses côtés. Il ou elle devra avoir une bonne maîtrise du français.
Le départ de la grande course a été donné ce mercredi à Concarneau. À 20h58 le CROSS CORSEN a été contacté suite à la collision de deux Figaro Bénéteau à 1 mille nautique au sud-est de la bouée des Pierres Vertesau sud d’Ouessant.
Gaston Morvan, skipper Région Bretagne-CMB Performance, qui venait d’enrouler la marque des Pierres Vertes et Chloé Le Bars, skipper EndoBreizh-E.Leclerc, qui arrivait en approche de cette marque, sont entrés en collision. Les deux marins sont ressortis indemnes mais leurs deux Figaro Bénéteau ont subi des avaries majeures ne leur permettant pas de continuer la course.
Hervé Gautier, directeur de course, livre quelques détails sur les circonstances de cet accident : « Gaston évoluait au près et croisait les bateaux qui remontaient au portant en direction de la marque des Pierres Vertes. Chloé était en pleine manœuvre en train d’affaler son spi et ils ne se sont pas vus. Le bateau Région Bretagne – CMB Performance a subi un trou dans la coque et avait une voie d’eau, tandis que Chloé a rapporté avoir de gros dégâts sur son foil tribord et son bout-dehors. »
Accompagnés par la SNSM à la demande du CROSS CORSEN, les deux bateaux sont arrivés dans le port de Camaret-sur-Mer peu après minuit.
Pendant ce temps, les 33 Figaro atteignaient la chaussée de Sein et entamaient la descente en direction du Plateau de Rochebonne qu’ils devraient atteindre à 19h ce jeudi.
Ce jeudi matin, Loïs Berrehar a repris l’ascendant sur Alexis Loison mais les deux compères ne se quittent pas ! La flotte est cependant très éclatée en latéral avec Jules Delpech le mieux positionné au vent et Victor Le Pape (Région Bretagne – CMB Espoir) sous le vent. A noter également l’excellent début de course des deux bizuths Arno Biston (Tizh Mor) et Quentin Vlamynck (Les Etoiles Filantes) pointant actuellement en 6e et 8e position.
« C’est un bord de près propice au repos » explique Hervé Gautier. « Il leur faudra être en alerte après Rochebonne car ils auront un petit bord de vent arrière pour atteindre l’île d’Yeu avec quelques empannages à bien négocier car la moindre petit bêtise pourrait coûter cher. L’évolution du routage est stable et la flotte devrait revenir devant Concarneau entre 6h30 et 9h30 demain matin. »
C’est au culot et après un timing de préparation record qu’Eric Péron avait choisi d’embarquer dans l’aventure de cet événement hors normes qu’est l’ARKEA ULTIM CHALLENGE – Brest, le premier tour du monde en solitaire en course des ULTIM. Franchir la ligne d’arrivée à bord de son ULTIM ADAGIO après 66 jours, 1 heure, 14 minutes et 27 secondes de mer d’une circumnavigation combative et maîtrisée est une immense victoire pour le Finistérien. Cinquième sur les six engagés à retrouver le public brestois, Eric Péron sera fêté à la hauteur de cette performance : il rentre dans le club prestigieux des onze marins à avoir bouclé dans l’histoire un tour du monde en solitaire en multicoque. L’étoffe des héros.
C’était hier, c’était il y a une éternité ! Célébrés comme des astronautes au départ d’un vol spatial, chaque skipper rejoignait son bateau au petit matin du 7 janvier sur le quai Malbert de Brest. Premier à quitter le ponton, Eric Péron partait un peu plus que ses camarades dans l’inconnu. Après trois mois à raturer des jobs lists, une grande page blanche s’ouvrait pour le skipper de l’ULTIM ADAGIO, l’ex-Géronimo, né en 2001, refondu en 2013 et récupéré trois mois plus tôt. Ce jour-là, Eric Péron ne comptait pas plus de 10 jours de navigation à son bord pour sa qualification et quelques sorties techniques. L’ARKEA ULTIM CHALLENGE – Brest était sa première course en ULTIM, son premier tour du monde en solitaire aussi !
Mise en orbite
Petit poucet chez les géants, Eric ne pouvait compter que sur son sens marin et l’expérience de vingt ans de course au large tous azimuts, pour trouver le meilleur tempo, la meilleure route, bref faire de l’ULTIM ADAGIO son compagnon, son double pour retrouver derrière le goulet de Brest, la civilisation. « Je serai soulagé au Pot au Noir », disait alors le skipper, conscient que son jardin de l’Atlantique Nord serait un SAS de décompression avant sa mise en orbite autour de l’Antarctique. Dix jours plus tard, Eric avait pris ses marques, passé sa première dépression en faisant le dos rond, et s’apprêtait à réaliser de belles journées en bordure de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Coup du sort, son avarie de safran le contraignait à relâcher à Cape Town, escale technique autorisée par le règlement à laquelle aucun des six skippers engagés n’a échappé et à laquelle le team Adagio a répondu présent dans un temps record. Après tout juste 24 heures, le minimum obligatoire, Eric reprenait la mer avec un trimaran à 100% de ses capacités.
Les joies et les peines
Le skipper rentrait vraiment dans le Sud, avec ses joies et ses peines. La peine, ce fût l’océan Indien où la conjonction du pit stop de Cape Town et une dépression tropicale imposaient une route Nord, pas vraiment inscrite dans les livres de cet océan vicieux et mal pavé. Eric découvrait aussi l’ingratitude de la course en deuxième rideau où seuls les initiés savent que chaque mille se gagne, que la distance aux leaders, si grande soit-elle, ne signifie jamais le relâchement sur ces bateaux capables de performances exceptionnelles mais qui supposent un investissement physique, une attention constante et une résistance au stress hors normes.
La joie, c’est d’avoir réalisé une traversée du Pacifique presque parfaite, signant au cap Horn le meilleur temps de la course (9 jours, 15 heures, 50 minutes et 10 secondes), avec des enchaînements impeccables pour rester devant les dépressions australes. Et comme la course au large en solitaire est toujours un yoyo émotionnel, la remontée de l’Atlantique Sud alternait méchantes dépressions et pétole tenace, un vrai supplice pour Eric lancé à la poursuite d’Anthony Marchand qui le précède à Brest.
Histoire de générations, question de personnalité
Constater qu’Eric Péron coupe la ligne d’arrivée à Brest « seulement » 15 jours derrière le vainqueur Charles Caudrelier a-t-il un sens ? Même si les aléas techniques et météo de chacun ont été différés dans le temps, ce delta de 30% est conforme à l’écart de générations entre les deux, mais certainement pas supérieur. La juste confirmation du bond prodigieux entre un ULTIM volant qui peut marcher à 40 nœuds et un trimaran archimédien qui plafonne à 30. Eric le savait au fond de lui avant le départ, mais le compétiteur a sans doute eu du mal à se l’avouer, cravachant sans cesse et ne lâchant rien pour rester dans le match qu’il s’était fixé.
Reste aussi de ce tour du monde l’immense bonheur, la fierté du marin capable de mener un des plus grands bateaux de la planète qui, tout archimédien soit-il, peut chavirer avec 15 nœuds de vent et réclame un savoir-faire et une attention peu communs. Mais aussi la reconnaissance d’avoir été bien accompagné par une équipe dévouée, attachée à lui permettre de partir dans les meilleures conditions possibles et lui apporter toutes les solutions et l’appui nécessaires dans cette immense épreuve en solitaire. Une aventure extraordinaire qui n’aurait pas été possible sans le soutien de sponsors engagés et solidaires : Adagio, leader européen de l’appart’hôtellerie qui a pris les devants en septembre en devenant partenaire titre ; French Touch Oceans Club, collectif d’entreprises qui défendent le savoir-faire français et soutien historique du skipper ; et la manufacture horlogère suisse Alpina, chronométreur officiel de ce tout premier tour du monde en ULTIM et dont Eric Péron est devenu ambassadeur pour les valeurs communes qu’ils partagent.
Et puis la joie de partager une aventure qui a le sel des grandes premières. Des six marins engagés, Eric est celui qui a probablement le plus communiqué depuis son bord, multipliant interviews, rencontres avec les écoles et ses partenaires, ne comptant jamais son temps et répondant inlassablement présent aux multiples sollicitations.
Tenace, direct, combatif et endurant, c’est en ces mots que tous ceux qui ont échangé avec Eric ont découvert ou retrouvé ce skipper attachant qui revient à Brest la tête haute, se donnant raison d’avoir cru en lui.
Ils ont dit :
Eric Péron, skipper de l’ULTIM ADAGIO : « Je suis très fier de boucler ce tour du monde à la cinquième place vu les clients autour de moi et le potentiel de leur bateau. Fier de rentrer dans ce cercle très fermé des skippers qui ont réalisé un tour du monde en multicoque en solitaire. Et fier de comment on a mené ce tour du monde avec mon équipe ! Ce n’était pas simple, il y a eu des péripéties, de la casse, des réparations et des bons moments aussi. Il y a même eu un temps de référence sur le Pacifique, avec un bateau qui est 30% moins rapide que les bateaux qui volent. C’était une performance d’avoir des moments de gloire comme celui-là !
Ça a été une épreuve pour moi dans plein de domaines de passer 65 jours en mer. J’ai appris plein de choses, j’ai appris sur moi. Je suis maintenant assez confiant, il y a des choses que je suis venu chercher et que j’ai trouvées. C’était une quête pour moi de vivre ça. Après tant d’années de préparation en tant que marin, j’y suis arrivé, j’ai fait ce que je voulais faire. Il y a des moments où j’en ai bavé, mais je me disais que j’étais chanceux et que je n’avais pas le droit de me plaindre. Quand on relativise comme ça, on peut soulever des montagnes.
Ce tour du monde s’est fait au forceps sur la mise en place, ça s’est fait très tard. Je suis hyper fier de ce qu’on a pu réaliser en tant qu’équipe pour monter et gérer un projet d’une telle ampleur en si peu de temps. Ça aussi c’est une super performance ! Chaque personne du team, de la technique à l’opérationnel en passant par la com, tous ont œuvré pour que tout se passe bien. Donc bravo à eux !
Enfin, un immense merci à tous les sponsors qui se sont investis dans cette aventure. Pour raconter de belles histoires comme ça, il faut oser. Il faut prendre le risque de les écrire à plusieurs. Même si j’étais tout seul sur mon ULTIM ADAGIO, j’étais gonflé à bloc par les messages de soutien de tous les collaborateurs des entreprises qui me soutiennent. »
Depuis plus de 50 ans, l’élite de la voile olympique se donne rendez-vous fin avril à Hyères. En 2024, du 20 au 27 avril la 55ème édition de La SOF aura une saveur toute particulière puisqu’elle sera le dernier grand rendez-vous multiséries pour les meilleurs régatiers olympiques mondiaux avant les Jeux Olympiques de Paris 2024.
Au programme de La Semaine Olympique Française de Hyères – Toulon Provence Méditerranée 2024, deux événements : La Semaine Olympique Française accueillera dans la rade de Hyères les « Qualified Nations*», avec deux représentants par nation et par série. The Last Chance Regatta, qui regroupera toutes les nations non encore qualifiées pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 et qui pourront décrocher les 39 dernières places encore en lice. Sur chacun des deux événements, les 10 séries olympiques seront en lice : ILCA (dériveur solitaire femmes et hommes), 49er (dériveur double hommes et femmes), Nacra 17 (catamaran double mixte), 470 (dériveur double mixte), Formula Kite (kitefoil hommes et femmes), iQFOiL (windfoil hommes et femmes). 90 nations présentes à Hyères Cette configuration exceptionnelle, devrait permettre à la SOF de battre son record de nations présentes à Hyères. Avec près de 1 000 athlètes et 500 accompagnateurs issus de 90 pays venant des 5 continents, la Semaine Olympique Française, Toulon Provence Méditerranée, accueillera une vingtaine de nations de plus que ses moyennes annuelles dans son format historique. L’attrait des 39 dernières places pour Jeux Olympiques bat son plein et promettant un scénario de joies et de larmes.
La Semaine Olympique Française C’est donc un format adapté à l’année des JO et de très haute qualité que va proposer cette année la SOF. A moins de deux mois des Jeux Olympiques de Paris 2024, toutes les grandes équipes nationales des cinq continents, dont une armada de médaillés olympiques ou encore de champions de monde venant entres autres de Grande Bretagne, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, du Brésil, de Chine, de Croatie, du Japon, d’Espagne, d’Allemagne, d’Italie, des États-Unis, d’Argentine sans oublier la France auront à cœur de briller et de marquer les esprits dans un format qui sera très proche de celui des Jeux Olympiques.
The Last Chance Regatta The Last Chance Regatta ou « la régate de la dernière chance » sera réservée aux nations qui ne sont pas encore qualifiées pour participer aux Jeux Olympiques de Paris 2024. A l’issue de cette régate, qui se disputera également sur les 10 séries olympiques, 39 places seront attribuées. 3 places par séries, sauf en kiteboard et iQFOiL où il y aura 5 places pour les femmes et 5 places pour les hommes. 4 places seront attribuées pour le dériveur double mixte (470). Rendez-vous du 20 au 27 avril 2024 à Hyères pour un événement qui s’annonce d’ores et déjà exceptionnel ! *Nations qualifiées pour participer aux Jeux Olympiques de Paris 2024
Programme de La Semaine Olympique Française – Toulon Provence Méditerranée (Sous réserve de modifications)
La Semaine Olympique Française Vendredi 19 avril : accueil et inscriptions Samedi 20 avril : accueil et inscriptions Samedi 20 avril : cérémonie d’ouverture Dimanche 21 avril au mercredi 24 avril: phases qualificatives pour les iQFOiL et Formula Kite Lundi 22 au vendredi 26 avril : phases qualificatives pour les ILCA, 49er, Nacra 17 et 470 Jeudi 25 avril : Medal Races iQFOiL et Formula Kite Samedi 27 avril : Medal Races ILCA, 49er, Nacra 17 et 470 Samedi 27 avril : Remise de prix et cérémonie de clôture.
The Last Chance Regatta Jeudi 18 avril : accueil et inscriptions Vendredi 19 avril : accueil et inscriptions Samedi 20 avril : cérémonie d’ouverture Dimanche 21 avril au 24 avril: phases qualificatives pour les iQFOiL et Formula Kite Dimanche 21 au jeudi 25 avril : phases qualificatives pour les ILCA, 49er, Nacra 17 et 470 Jeudi 25 avril : Medal Races iQFOiL et Formula Kite Vendredi 26 avril : Medal Race : ILCA, 49er, Nacra 17 et 470 Samedi 27 avril : Remise de prix et cérémonie de clôture.
C’est un soulagement pour l’équipe. Ce mardi 12 mars en fin de journée, l’équipage de sauvetage a récupéré le class 40 Sogestran Seafrigo en dérive sur l’Océan Atlantique depuis le 3 mars dernier.
Après 5 jours de navigation pour atteindre la zone de recherche, c’est à 16h30 que le premier contact visuel a été réalisé. Il a fallu moins de deux heures à l’équipage composé de skippers et de navigateurs chevronnés pour récupérer le 197 et le remorquer derrière le catamaran. C’est ainsi chargé qu’ils font désormais route vers la Martinique à une vitesse moyenne de 6 noeuds. L’arrivée est prévue dans 6 jours. De retour sur terre, un diagnostic complet sera réalisé permettant d’envisager la suite du programme sportif.
Pierrick Letouzé et Noa Geoffroy de retour en France En parallèle, Pierrick Letouzé et Noa Geoffroy, co-skippers du class40 lors de l’épisode de la foudre sont arrivés en France le 12 mars dernier. Suite au déploiement d’un important dispositif de sécurité piloté par le CROSS Gris Nez et les coast guards américains, ils avaient été accueillis à bord du cargo Frio Ionan, expressément détourné. Ils ont fait route vers le Panama où les attendaient leurs proches. « Ce bateau a une histoire chargée depuis le début. Pourtant, ses performances sont là avec une équipe sportive de très bon niveau, preuve en est notre dernière victoire lors de la RORC Caribbean 600. Nous nous organisons désormais pour préparer la suite de la saison avec une remise en état la plus rapide possible. Mon rêve est celui de prendre le départ de la course Québec-Saint Malo le 30 juin prochain » Cédric Chateau, Directeur sportif du Normandy Elite Team Program. « Me voilà soulagé et tout aussi touché et impressionné par le sérieux, les compétences et la solidarité déployés pour récupérer le 197 ! Il me tarde d’en savoir plus sur le diagnostic du bateau. Un grand bravo à l’équipage et à l’ensemble des acteurs qui ont permis cette belle victoire ! » Pierrick Letouzé, skipper.
Au bout d’une semaine de mer dans la nuit du 3 au 4 Mars, le Class40 197 se fait prendre au piège par un orage qui se crée autour de lui:
« Nous avons vu sur les images satellite l’ampleur de cet orage et nous étions en relation avec Cédric Chateau et Guillaume Pirouelle à terre pour en sortir au plus vite».
Malheureusement vers 23h52 la foudre s’est abattu sur le bateau:
« J’étais à l’intérieur sur l’ordinateur, Noa à la barre, quand tout à coup un énorme flash rose, et un bruit dont jamais je n’oublierai la puissance. J’en ai encore les oreilles qui bourdonnent. Du mal à comprendre ce qui m’arrive je sors du bateau et crie, je ne me rappelle pas de ce moment. Après avoir repris mes esprit au bout de quelques secondes je rentre à l’intérieur du bateau quand l’alarme incendie tribord se déclenche. Je me saisi de l’extincteur, asperge le tunnel arrière tribord et arrache l’alarme. Tout l’électronique du bord est cramé. Quand je me retourne les voiles flottent devant. Je comprend alors que la foudre a explosé les passes coques. Noa s’occupe de rouler le J2 pendant que je comble les passes coque speedo avec des bouchons et le passe coque de la caméra qui est totalement désintégré avec une pinoche en mousse. Je ressors aider à affaler la gv. Noa lui rentre pour commencer à écoper pendant que je déclenche les balises de détresse et prépare radeau, grab bag, TPS. Les éclairs continuent de s’abattre à proximité. S’entame alors une nuit que nous sommes pas prêts d’oublier. Des longues heures à écoper, à inspecter le bateau, essaye de changer des fusibles en vain. Nous nous relayons pour sécuriser la pinoche qui parfois s’enlève quand le bateau tape les vagues. Peu après le lever du jour, un avion de l’armée américaine nous survole. Un sentiment assez fort nous envahi, cela signifie que la balise a émis correctement. Nous dégoupillons une fumigène orange et rentrons en communication via la VHF portable du grab bag. Il nous informe que deux navires sont déroutés et que nous serons secourus avant le nuit. Nous déclenchons alors une balise Sart + ais perso. Peu de temps après nous avons Cédric Château au téléphone qui nous le confirme grâce à l’iridium de secours. Nous bricolons alors avec une plaque de monolithique et de la colle une cage pour que la pinoche cesse de s’enlever. S’en suit des heures à surveiller et essayer de manger jusqu’à que le cargo fasse son apparition. La communication avec ce dernier est difficile, il se place à notre vent, nous sommes sans moteur ce qui rend la manœuvre délicate. Au bout de 15 min de tentative, nous réussissons à nous saisir de l’échelle de bois à deux et commençons l’ascension de la coque. Arrive en haut, nous sommes sauvés. La pression et l’adrénaline redescendent, nous restons bien 5 min assis sur le pont. Nous montons à la passerelle, donnons nos passeports, et remercions l’équipage et le capitaine Aleksandr. Nous prenons un peu de temps pour comprendre ce qu’il vient de nous arriver. Puis nous allons manger, boire et se doucher puis prendre contact avec nos proches.
Voilà en résumé notre histoire, nous voudrions avant tout remercier toute l’équipe du Class40 SEAFRIGO-Sogestran qui a préparé le bateau dans les moindres détails, ces détails qui peuvent faire gagner de précieuses secondes lorsque qu’il arrive une situation de ce genre.
Merci à eux pour le suivi des opérations et la communication avec nos proches. Merci aux MRCC américain, U.S. Coast Guard Training Center Capey, au capitaine et à l’équipage du FRO IONIAN, et tout nos amis pour leur soutien.
Bravo à Noa malgré son jeune âge pour sa combativité et son sang froid.
Nous souhaitons à l’équipe de recherche du bateau de le retrouver au plus vite et nous sommes tous derrière eux. Le 197 est un bateau extraordinaire et je suis certain que son histoire sera composée de nombreuses autres compétitions et victoires. Nous aurions préféré apprendre le portugais aux acores plutôt que le russe sur un cargo en direction du panama c’est sur, mais nous allons bien. À très vite Pierrick
L’Imoca Maître CoQ d été remis à l’eau ce lundi à La Rochelle. À l’issue d’un entrainement intensif qui débutera dans quelques jours au Portugal, Yannick Bestaven entamera fin avril la saison de courses. En ligne de mire le Vendée Globe, le dimanche 10 novembre prochain, tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance dont il est le tenant du titre.
La mise à l’eau est toujours un moment particulier. Un mélange d’émotions aussi diverses qu’intenses. L’impatience bien sûr de voir le bateau retrouver son élément. Beaucoup de prudence également et de précision dans chacun des mouvements effectués. Lundi, sur le bassin des Chalutiers à La Rochelle, Yannick Bestaven et toute son équipe ont suivi chacune des manœuvres avec la plus grande attention. Le test à 90° sera effectué ce mercredi (capacité d’un IMOCA à se redresser lorsqu’il est sur le flanc, à la verticale, soit à 90°).
Entré en chantier en novembre au retour d’une Transat Jacques Vabre malheureusement écourtée suite à des ennuis techniques, le bateau a été entièrement révisé dans les moindres détails et renforcé avant d’attaquer cette nouvelle saison bien évidemment marquée par le Vendée Globe (départ le 10 novembre aux Sables d’Olonne). Pour la première fois mis à l’eau au mois d’août 2022, Maître CoQ V a également été optimisé pour ce tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance.
« C’était chouette d’avoir une belle journée ensoleillée pour quiller, mater et mettre à l’eau, tous ensemble, note Julien Pulvé, co-skipper et skipper remplaçant pour le Vendée Globe. Tout le monde a bossé dur. On a hâte maintenant d’aller naviguer, tirer des bords, s’éclater en mer et ramener des belles perfs. »
Dès la réception des nouveaux foils, la semaine prochaine, Maître CoQ V quittera son port d’attache et prendra le cap de Cascais, sur les côtes portugaises, devenu depuis plusieurs années le lieu privilégié d’entraînement de l’équipe. Il y restera environ trois semaines avant de prendre le départ de The Transat CIC Lorient – New York (ex Transat anglaise) le 28 avril, première course de l’année.
YANNICK BESTAVEN : « LE BATEAU VA BIEN » Nous sommes évidemment très contents. Le bateau va bien. Nous avons bien travaillé cet hiver. Nous avons fait beaucoup de renforcement structurel sur le bateau suite à notre avarie sur la Transat Jacques Vabre. J’ai pris cet abandon avec philosophie. C’est quelque part un bien pour un mal. Il valait mieux que ça casse à ce moment que dans les mers du sud où il n’y aura personne pour aller me chercher. Pendant ce chantier, nous avons aussi revu l’équilibre des poids sur le bateau. Nous avons travaillé l’ergonomie et amélioré tout ce que nous souhaitions en vue du Vendée Globe. Nous allons réceptionner les nouveaux foils la semaine prochaine. Nous enchainerons par nos premières navigations avant de partir nous entraîner à Cascais. À titre personnel, je me suis préparé physiquement avec l’équipe de One2One et de Pascal Mas qui suit toute l’équipe de navigants, deux à trois fois par semaine. Préparation mentale aussi avec Éric Blondeau avec qui il y a beaucoup d’échanges.
Comment allez-vous aborder le prochain Vendée Globe. Ressentez-vous une pression en tant que tenant du titre ?
Non aucune. J’ai la chance d’avoir déjà gagné donc je n’ai pas cette pression. Il y a certes un peu plus d’attention autour de moi mais tant mieux. Je repars avec pour premier objectif l’envie de me faire plaisir. Et quand il y a du plaisir, généralement, les résultats suivent. Se faire plaisir c’est avoir un bateau avec lequel je serai bien, avec lequel je n’aurai pas de problème et avec lequel je pourrai m’exprimer et prendre les bonnes options météo.
Quelle est la suite du programme ?
Il y a d’abord les trois semaines au Portugal. C’est toujours un super moment pour toute l’équipe. Nous vivons ensemble dans un endroit sympa. Ça resserre les liens. Nous allons beaucoup travailler avec de nombreuses navigations mais nous pouvons aussi profiter de l’environnement. C’est très fédérateur. Il y aura ensuite deux belles transats en solo. C’est donc un peu tôt pour l’instant de faire le focus complet sur le tour du monde. Je vais déjà être concentré sur ces deux transats à venir pour obtenir un bon résultat et bien préparer le Vendée Globe. »
JEAN-MARIE DAURIS, DIRECTEUR TECHNIQUE ET SPORTIF : « LE CHANTIER A ÉTÉ ORIENTÉ SUR LA FIABILITÉ » « C’est une étape importante de franchie car nous sommes avant tout des marins et le plus important c’est d’être sur l’eau. Un bateau c’est fait pour naviguer. Le chantier s’est bien passé et nous sommes contents d’avoir tenu l’objectif du 11 mars pour la remise à l’eau. Nous avons fait ce que nous souhaitions. Nous y sommes malheureusement rentrés un peu plus tôt que prévu, mais ça nous a permis de faire tous les renforts structurels demandés par les architectes à la suite du problème rencontré pendant la Transat Jacques Vabre. Nous avons ajouté trois cloisons à l’avant du bateau. Il nous reste à réceptionner notre paire de foils V2 qui va arriver la semaine prochaine. En attendant, nous allons préparer le bateau à naviguer, remettre tout le matériel nécessaire à la navigation.
Une fois les foils installés, nous partirons pour Cascais. Là-bas le programme sera simple : navigation, navigation et navigation. Si on peut naviguer tous les jours, on naviguera tous les jours. L’objectif de ce bloc intensif de trois semaines est de valider tout ce qu’on a mis en place en structure pour que le bateau soit fiable et qu’il puisse être costaud pour le Vendée Globe. Le chantier a été orienté sur la fiabilité car pour bien figurer, il faut d’abord finir. Nous allons pouvoir tester le bateau avec ses nouveaux foils. C’est une petite évolution mais ça nous permet aussi d’avoir la possibilité d’un remplacement car on n’est jamais à l’abris de rencontrer un OFNI. Nous partirons ensuite directement à Lorient où nous pensons arriver le jeudi 18 avril, une dizaine de jours avant le départ de la Transat CIC. Les deux transats, très rapprochées sont importantes. Elles vont permettre à Yannick d’être en situation de course et de mettre en place tout ce qu’il faut pour être dans les meilleures conditions sur un bateau sur lequel il pourra compter sans avoir de soucis techniques. »
STAN DELBARRE, BOAT CAPTAIN : « UNE FIN DE CHANTIER C’EST TOUJOURS UN BEL ÉVÉNEMENT » « La mise à l’eau d’un tel bateau, une fin de chantier c’est toujours un bel événement pour l’équipe. C’est la fin d’un dur labeur, on est content de remettre le bateau à l’eau, et c’est aussi le synonyme d’une joblist accomplie. À présent il nous reste quelques travaux à faire sur l’eau, qu’on ne pouvait pas faire à terre. Il y a un challenge qui nous attend dans les prochains jours, c’est l’installation des foils sur l’eau. Nous n’avons jamais fait ça sur ce bateau, on va travailler sans filet en quelque sorte, car si une pièce tombe, elle finit au fond du port. On a fait le choix de mettre Maître CoQ 5 à l’eau sans les foils car il nous reste beaucoup de travail au niveau du réglage des voiles, de cordage, qu’on ne peut pas faire pendant le chantier. C’est un bon redémarrage après trois mois de chantier, et ensuite place aux navigants ! Il va falloir qu’ils nous montrent s’ils sont contents, ils vont tirer sur le bateau pour tester les renforts, voir s’ils sont efficaces. »
Eric Péron sur son ULTIM ADAGIO est attendu à Brest ce mercredi entre 13h et 15h. Il sera le dernier de ce premier tour du monde en solitaire en ULTIM.
« Être au départ était mission impossible. Être à l’arrivée est un exploit. Là, on y est ! » déclarait ce matin Eric Péron depuis la cellule de vie de l’ULTIM ADAGIO où la dérive sifflait en continu, témoin des belles vitesses tenues depuis plusieurs jours. Après le pénible Atlantique Sud, Eric Péron a pu lâcher la bride de son ULTIM ADAGIO et fouetter l’océan Atlantique Nord à belle cadence pour se présenter à Brest 48 heures derrière Anthony Marchand au terme de 65 jours de course.
Les derniers milles ne seront pas les plus durs puisque le vent de Sud reste maniable avec une mer bien rangée comme l’explique le routeur David Lanier : « Eric navigue devant le front dans des conditions maniables. Le vent devrait prendre un peu de gauche à la fin du bord, si bien qu’il pourrait terminer sans avoir à empanner jusqu’à la ligne. Le timing précis d’arrivée dépendra de cette variable et de sa gestion du bateau cette nuit où il risque quand même de jouer la prudence… »
Qui dit retour à la civilisation dit en effet dangers avec le trafic maritime aux abords du golfe de Gascogne en premier lieu. Mais vue la trajectoire du trimaran, il devrait couper assez rapidement le rail des cargos sans le tangenter et ce sont surtout les bateaux de pêche qu’il faudra veiller en deuxième partie de nuit à l’approche du plateau continental.
Après Anthony Marchand qui s’emparait hier de la quatrième place, Eric sera le cinquième skipper à franchir la ligne d’arrivée de cette grande première qu’est l’ARKEA ULTIM CHALLENGE – Brest et le 11ème marin à boucler un tour du monde en solitaire sur un multicoque.
L’ULTIM ADAGIO est attendu quai Malbert à partir de 16 heures demain après-midi où son arrivée sera suivie de la cérémonie officielle sur la grande scène du village de la course.