La 36e édition de l’Eurocat s’est ouverte aujourd’hui dans des conditions parfaites : 12-14 nœuds de vent et du soleil. Les comités de course ont pu lancer quatre courses pour toutes les catégories, sauf les C4 qui ont validé trois courses. De quoi satisfaire les 100 équipages venus de France, Belgique, Irlande et Grande-Bretagne pour profiter de trois jours de régate et de fête.
Classements En C4, Corentin Savina et Axel le Bihan font un carton plein et prennent la tête de leur catégorie. Yanel Thiercelin et Lou Cheylan mènent en C3 devant Vincent Bellec et Marceau Gioanetti du YC Carnac. François Morisset et Lenaic Billard sont en tête en Dart 18, tout comme Eilin Gorgues et Eliott Legru en Nacra 15. En Viper, Youen Champs et Titouan Moreau font une entame de régate parfaite et s’imposent en cette fin de première journée. Les incontournables Frédéric Moreau et Thibaut Vauchel-Camus terminent la journée en tête en F18 à l’image de Michel Kermarec et Fanny Merelle en C1. Enfin, Alex Farrall et Alex Warrington prennent le leadership de l’Européen Hurricane.
Les animations battent leur plein Labellisés Grande Cause Nationale 2024, l’Eurocat et son village ont proposé de nombreuses activités physiques pour le grand public. La marche aquatique ou la découverte des oiseaux du littoral ont été plébiscitées et les Olympiades des centres de loisirs ont regroupé une centaine d’enfants du territoire. Les animations vont continuer à battre leur plein pendant le week-end, de 9h30 à 18h00.
Loïs Berrehar, parrain de l’Eurocat 2024: “J’ai la chance d’être le parrain de cette 36e édition. L’Eurocat c’est une belle flotte, un niveau international. Ça fait plaisir de voir tous ces bateaux et ces gens régater. J’ai participé plusieurs fois à l’Eurocat et je crois que je l’ai même gagnée il y a plus de dix ans. C’est chouette de voir cette dynamique au club où j’ai fait mes premiers bords en cata et où j’ai tout appris. Le cata de sport c’est facile à mettre en place et malgré sa petite taille, ça va très vite. C’est mon support de prédilection et ça fait trop longtemps que je n’en ai pas fait. J’espère pouvoir participer l’année prochaine sur un de ces magnifiques bateaux ! Longue vie à l’Eurocat !”.
Samedi 27, l’épreuve qui a fait le succès de l’Eurocat : le Grand Raid, verra s’élancer toute la flotte sur un parcours longue distance autour de l’île de Houat.
Le deuxième Class40 Crédit Mutuel numéro 202 a été officiellement révélé ce vendredi à Lorient en présence de son skipper Ian Lipinski et de toute son équipe, de Daniel Baal, d’Éric Petitgand, et de nombreux salariés et élus mutualistes de Crédit Mutuel Alliance Fédérale. L’artiste Santa, marraine du bateau, a parfaitement officié en inaugurant en musique cette nouvelle épopée technologique et maritime pour l’équipe Skipper Crédit Mutuel.
La construction de ce nouveau bateau s’inscrit dans le prolongement logique d’une aventure débutée en 2019 et qui a écrit de très belles pages de la Class40 : « En termes de performances sportives, le pari a été gagnant, avec des succès qui se sont enchaînés. Technologiquement, le Class40 Crédit Mutuel a complètement révolutionné la classe. Ce pari technologique gagnant s’est concrétisé dans les relations entre un homme, une aventure sportive et tout un réseau, une communauté de salariés, sociétaires et élus mutualistes. L’engouement est réel, la dimension humaine essentielle. » déclare Daniel Baal, président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale.
« Avec ce nouveau bateau, Ian Lipinski incarne avec brio nos choix d’innovation technologique au service de la performance. C’est un réel plaisir et c’est très enthousiasmant d’assister à la présentation de ce magnifique Class40 et de partager ces moments avec ses nombreux supporters venus des quatre coins de l’Hexagone et des Outre-mer » ajoute Éric Petitgand, directeur général de Crédit Mutuel Alliance Fédérale.
Avancées architecturales et technologiques
La voie architecturale du scow – l’étrave arrondie qui modifie le comportement du bateau dans les vagues, et qui lui confère plus de puissance – a été adoptée par la majorité des projets nautiques récents. Pour tous, les calculs se sont affinés, les retours d’expérience se sont additionnés. Riche des enseignements cumulés, Ian Lipinski, l’architecte David Raison et les équipes mobilisées autour de la naissance du Class40 202 se sont appuyés sur l’existant – le Class40 158, bateau iconique de l’évolution de la classe – et les avancées de l’état de la science.
« L’idée était de faire évoluer le bateau précédent en tenant compte de ses qualités, mais aussi de ses défauts. Tout se joue sur des détails et sur des compromis faits en amont de la construction. Le 158 avait d’énormes atouts, à commencer par sa polyvalence. On avait choisi de ne pas chercher la toute-puissance. Pour le 202, on a décidé de favoriser les conditions de medium au portant qu’on va retrouver souvent dans les alizés – ce fut le cas lors des dernières Transatlantiques », indique Ian Lipinski.
La forme de la carène a changé : elle permet de donner plus de puissance. Elle est plus tendue dans l’axe du bateau, avec plus de largeur à l’avant. Une autre innovation est peut-être encore plus déterminante comme l’ajoute le skipper : «A l’intérieur du bateau que nous avons développé un aspect inédit : l’agencement de structure, en longitudinal, qui permet de gagner en solidité, grâce aux dessins de David Raison. Cette structure longitudinale s’appelle des carlingues. Elles vont de l’arrière à l’avant, de la coque au plafond, tout en créant trois sections dans l’aménagement intérieur. La structure latérale est supportée par ces grosses carlingues, ce qui permet de diminuer le poids de toutes les cloisons transverses. Cela permet aussi de faire un maillage plus serré de l’ensemble des panneaux et de mieux résister aux efforts de slamming (la tendance qu’un bateau dont l’étrave peut avoir à effectuer des mouvements brutaux et verticaux).»
Du fait de sa mise à l’eau très récente, ce n’est pas avec le dernier-né des monocoques de 12,15m que Ian Lipinski prendra le départ de The Transat CIC ce dimanche. Le skipper va vivre les deux prochaines Transatlantiques sur le toujours aussi vivace et robuste Class40 158. Le Class40 202 commencera à défier ses concurrents sur la CIC Normandy Channel Race le 15 septembre prochain.
Ce dimanche, Clarisse Crémer s’alignera avec son IMOCA sur la ligne de départ de la course The Transat CIC, aux côtés de 32 autres skippers de la classe sur un parcours difficile qui les emmènera à New York en plus de 8 jours.
Bonne nouvelle pour le départ, les dernières prévisions météorologiques sont des plus encourageantes. Si samedi, la côte sera frappée par une dépression, une belle fenêtre semble se dégager pour le jour J, avec un anticyclone bien établi sur les Açores qui devrait offrir des conditions idéales. Est attendu un vent d’ouest-nord-ouest soufflant entre 12 et 18 nœuds, un scénario parfait pour permettre aux bateaux de filer à pleine vitesse vers l’océan.
Si les premières heures seront clémentes, cela ne durera pas. Rapidement, les skippers devront négocier au mieux avec un front dépressionnaire. « Il y aura de bonnes conditions météo pour le départ. Les bateaux partiront au près, ce sera un départ assez confortable. Puis rapidement arrivera une dépression accompagnée d’un front, qui évolue encore. Nous sommes très attentifs à celui-ci, ce front-là est plus actif et plus fort que ce que l’on imaginait. Pour la route, Clarisse aura deux options, soit aller dans les vents fort pour essayer de dépasser le front rapidement, soit s’en éloigner et préserver le bateau. Il faudra trouver le bon curseur.. Une fois cette dépression dépassée, elle devra traverser une dorsale, ce qui est une zone sans vent, avant de repartir vers New York. » Explique Alan Roberts, responsable de la performance pour l’équipe L’Occitane en Provence.
Entre les changements de températures attendu sur cette traversée de l’Atlantique et les conditions météorologiques très variables, la traversée de Clarisse promet d’être sportive : les conditions laissent présager de nombreux changements de voile dans les premiers jours puis des températures froides à bord. « C’est sûr que ce sera sportif pour elle, elle va connaitre des conditions très variées en très peu de temps, et le froid va arriver progressivement à bord, ce qui rend les conditions de vie embarquées plus difficiles. Ce sera un bon entrainement finalement pour le Vendée Globe. Elle devrait arriver aux Etats-Unis en un peu plus de huit jours » ajoute Alan.
La compétition s’annonce donc palpitante, offrant à Clarisse et aux autres navigateurs une expérience précieuse en vue du Vendée Globe.
La 36e édition de l’Eurocat se tiendra du 26 au 28 avril dans la baie de Quiberon. Organisée depuis 1986 par le Yacht Club de Carnac , cette épreuve marque le début de la saison pour tous les férus de catamarans. Les conditions promettent d’être optimales pour les 100 inscrits venus de France, Belgique, Irlande et Grande-Bretagne . Parmi les coureurs, on retrouvera des noms bien connus tels que Thibaut Vauchel-Camus, Yvan Bourgnon ou Emmanuel le Roch et des fidèles de l’épreuve comme William Sunnucks ou François Sangiardi .
Loïs Berrehar et L’Echappée Bleue Loïs Berrehar sera le parrain de l’Eurocat 2024. Licencié au YC Carnac depuis son plus jeune âge, coureur au large au palmarès remarquable, vainqueur notamment de la Transat Paprec en double avec Charlotte Yven et 3e de la Solitaire du Figaro en 2023, Loïs a participé à de nombreuses reprises à l’Eurocat, notamment en SL15.5 à ses débuts . Il sera présent lors du briefing coureurs vendredi 26 avril et accueillera les enfants du projet Échappée Bleue , lancé en 2020 par Surfrider Foundation en collaboration avec le vainqueur de la Route du Rhum 2018, Paul Meilhat. L’Echappée Bleue vise à transmettre aux plus jeunes l’amour de l’eau et de l’Océan tout en valorisant les projets et actions de Surfrider pour la défense des milieux aquatiques.
Le village de l’Eurocat Cette année marque le retour du village de l’Eurocat qui sera placé sous le signe de l’ environnement et du développement durable . De nombreux acteurs locaux se sont mobilisés pour proposer des ateliers et animations gratuites pour petits et grands. Parmi les exposants présents, on pourra retrouver l’association Surfrider Foundation qui organise des ateliers DIY pour apprendre à fabriquer de la lessive ou du baume à lèvres et un grand ramassage de déchets. Blue Lines proposera aux pratiquants de sports nautiques d’apprendre à réparer leur combinaison en néoprène. Anne Jacob fera découvrir le plancton et la pêche à pied tandis que Bretagne Vivante animera des découvertes des oiseaux du littoral . Des initiations sportives seront également ouvertes à tous : kayak, paddle, sauvetage sportif, surfskate, aquagym, beach volley, longboard dancing ou marche aquatique seront au programme grâce à Nautic Sport, Sports Nature, Du Temps pour Glisser et Dans Longboard School. Les amateurs d’ art et de cultureseront également servis avec Christophe Garcia et ses créations éphémères sur la plage. Stéphanie Gontard, artiste quiberonnaise, présentera ses œuvres en matériaux recyclés et la librairie de Carnac, Le P’tit Monde de Zabelle, proposera une sélection d’ouvrages autour des thèmes du village. Enfin, un grand concert de Tramp Experience clôturera la journée de samedi 27 avril. Enfin, des bacs de collecte de voiles, combinaisons, écoutes, bouts et cordes ainsi qu’un espace de troc et don de matériels nautiques seront à disposition.
Convivialité L’Eurocat est la combinaison parfaite entre le côté sportif et l’aspect convivial d’une régate : de belles confrontations sur le plan d’eau avec l’occasion pour les amateurs de virer les bouées bord à bord avec les professionnels suivis de moments de partage à terre. Afin de répondre au mieux aux attentes des coureurs, le YC Carnac organise un BBQ le vendredi soir et un «apéro huîtres» après la remise des prix du Grand Raid. La remise des prix du dimanche sera l’occasion pour tous de se retrouver pour un moment de partage et de «refaire» la régate.
Programme Le lancement des hostilités sera donné le vendredi 26 avril avec les premières manches sur des parcours techniques dans la baie. Samedi 27, l’épreuve qui a fait le succès de l’Eurocat : le Grand Raid , verra s’élancer toute la flotte sur un parcours longue distance autour de l’île de Houat. Le YC Carnac offre aux concurrents la possibilité de participer uniquement au Grand Raid. Dimanche 28, les dernières manches seront lancées pour départager les coureurs avant la traditionnelle remise des prix.
Le coup d’envoi de la 21e édition de la Solo Maître CoQ – la deuxième des cinq épreuves comptant pour le Championnat de France Elite de Course au Large 2024 – sera donné ce mardi 30 avril. Si, habituellement, elle permet aux marins du circuit Figaro Beneteau de se remettre dans le bain et de reprendre leurs marques pour la première fois de la saison en mode « course », ses nouvelles dates dans le calendrier changent cette fois un peu la donne. Après la Solo Guy Cotten qui s’est déroulée mi-mars à Concarneau, la trentaine de skippers engagés dans la compétition a, en effet, déjà eu une première occasion de se jauger et d’évaluer la concurrence. Reste qu’en un mois et demi, certains ont rectifié le tir, d’autres, à l’image d’Elodie Bonafous opérée du genou en octobre dernier, signent leur retour, tandis que quelques-uns, comme Gaston Morvan, victime d’une collision lors du premier round, débarquent avec une vraie soif de revanche. En somme, si une première tendance s’est dessinée, elle risque bien d’être nettement chamboulée aux Sables d’Olonne la semaine prochaine !
Un mois et demi après leur première course de la saison – et un mois après le Trophée Laura Verge disputé en équipage pour certains -, les Figaristes ont désormais rendez-vous aux Sables d’Olonne pour la Solo Maître CoQ, parrainée cette année par Julien Pulvé, skipper remplaçant Vendée Globe de Yannick Bestaven.
Les bateaux sont en effet attendus à Port Olona ce samedi tandis que les premières confrontations sont prévues à partir de mardi avec, au programme, des parcours côtiers d’une trentaine de milles au large des côtes Vendéennes puis une grande course de 340 milles. « Dans la foulée de cette épreuve, deux autres (le Trophée Banque Populaire Grand-Ouest et la Le Havre Allmer Cup, ndlr) vont s’enchaîner très vite. Il va falloir gérer l’effort dans la durée lors de ce gros bloc et ne pas tout donner d’un coup mais, au contraire, réussir à être régulier », annonce Loïs Berrehar, le vainqueur de la première régate de la saison qui se montre prudent mais qui ne cache pas non plus ses ambitions. « J’ai très bien commencé l’année et donc, forcément, j’aimerais bien continuer sur ma lancée et faire preuve de constance dans la plus haute partie du tableau. Je sais que la concurrence ne compte pas me faciliter la tâche et qu’ils sont nombreux à vouloir la première place mais mon but est d’être performant et de réussir à conforter mon avance au classement du Championnat », détaille le Skipper Macif 2022 qui va retrouver des adversaires de taille tels que Romen Richard (Voile Passion Santé Trans-forme), Jules Delpech (Orcom / La Réunion), Basile Bourgnon (Edenred), Alexis Loison (Groupe Réel), Martin Le Pape (Demain), Maël Garnier (Selencia Cerfrance) ou encore Gaston Morvan (Région Bretagne CMB Performance), resté, pour sa part, sur une vraie frustration à l’issue de la Solo Guy Cotten, une collision avec Chloé Le Bars (Endobreizh) lui ayant coûté très cher et ce, malgré un reclassement par le jury (10e). « J’ai rarement eu aussi hâte de tirer des bords sur mon Figaro », a commenté le Finistérien dont le bateau a été remis à l’eau ce lundi après un mois de chantier afin de réparer un important trou sur le bordé avant droit. « Ça a été très frustrant pour moi de me retrouver dans cette situation et j’ai évidemment très envie de prendre ma revanche sur cette Solo Maître CoQ », relate Gaston Morvan qui avait forte impression avant sa rencontre fortuite avec son ancienne partenaire de team, et qui compte bien le confirmer. « Je sais ce que je suis capable de faire. Il faut à présent que ça se concrétise », note le marin, à l’aise aussi bien sur les parcours construits que sur les épreuves plus hauturières. « Mon but, cette semaine, c’est d’être bon sur les in-shore et excellent sur la grande course que j’aimerais beaucoup gagner. A mon sens, c’est important de se mettre un peu la pression avant la Solitaire du Figaro ! », souligne Gaston Morvan qui garde en tête que Corentin Horeau, le vainqueur de l’édition 2023 de l’épreuve, a ensuite remporté la fameuse reine des courses en solitaire et à armes égales. Idem pour Tom Laperche l’année précédente.
Trente-quatre marins en lice, dont 14 bizuths et sept femmes
Comme Loïs, il le sait cependant, la concurrence s’annonce redoutable d’autant que certains font leur retour après avoir manqué le premier rendez-vous à Concarneau. Parmi eux, on peut citer l’Espagnol Pep Costa (Orlabay), tout juste de retour en métropole après sa 4e place dans la Niji40 à bord d’Amarris au côté de Gildas Mahé et de Tom Dolan (Smurfit Kappa – Kingspan), mais aussi et surtout Élodie Bonafous. Opérée des ligaments croisés l’automne dernier, la skipper de Quéguiner – La Vie en Rose est évidemment très attendue même si sa rééducation est à peine terminée et qu’elle se focalise avant tout sur la Solitaire. Même si elle est déterminée à ne pas griller les étapes malgré sa récente victoire sur le Trophée Laura Vergne en double avec Corentin Horeau. « A quelques jours de ma première confrontation de l’année en solo, je suis partagée entre différents sentiments. D’un côté, j’ai hâte d’en découdre de nouveau et de l’autre je suis assez stressée car j’ai vu les copains beaucoup s’entraîner cet hiver alors que de mon côté, je suis restée sur le banc de touche. Il est important pour moi de ne pas me tromper d’objectif. Mes buts, lors de cette Solo Maître CoQ, sont de voir comment je me sens avec mon genou, de ne pas me refaire mal puis de me jauger techniquement. L’idée, en clair, ce n’est pas tant de voir où je me situe par rapport aux autres mais plutôt de faire le point sur moi », commente la navigatrice qui fait partie des sept femmes en lice dans cette 21e édition. Une édition qui doit, au total, accueillir 34 marins parmi lesquels 14 bizuths dont certains ont d’ores et déjà montré qu’ils étaient capables de titiller les moustaches des gros bras du circuit, comme Arno Biston (Tizh Mor). « C’est vrai que j’ai fait une bonne entrée en matière à Concarneau mais je garde la tête froide. Je n’ai pas un gros budget, je m’entraîne comme je peux en parallèle de mon boulot et je régate avec les armes que j’ai. L’important pour moi reste avant tout de me faire plaisir. Quand je vais sur l’eau, c’est finalement le plus facile. C’est, en quelque sorte, la cerise sur le gâteau, alors j’en profite au maximum d’autant que le circuit est incroyable et que j’aime particulièrement le fait de régater à armes égales. J’aborde donc les choses avec décontraction », raconte le Montpelliérain dont la dernière épreuve aux Sables d’Olonne n’était autre que la Mini Transat en 2021. Épreuve lors de laquelle il avait déjà montré l’étendue de son talent tout comme d’ailleurs de nombreux autres « rookies », en 2023 ou avant, parmi lesquels, Laure Galley (DGM MORI Academy), Adrien Simon (Faun), Jacques Delcroix (Actual), Thomas de Dinechin (Opagan) ou encore Quentin Vlamynck (Les Étoiles Filantes) qu’il conviendra aussi de surveiller de près cette semaine !
Le skipper belge Jonas Gerckens et son équipe Belgium Ocean Racing dévoilent leur nouveau bateau le «187 Volvo/Curium» aux couleurs de la Belgique. Aux côtés des partenaires actuels, s’ajoute NESCAFÉ, un sponsor fort pour soutenir ce projet d’envergure qui mènera l’équipe jusqu’au tour du monde Globe40.
« Nous avons volontairement choisi le noir/jaune/rouge pour la décoration du 187 Volvo/Curium, car notre volonté est de mettre en avant les talents belges sur les mers du globe. J’ai toujours été très fier d’être belge et je suis ravi de pouvoir dorénavant naviguer avec la Belgium Ocean Racing. Il s’agit d’une équipe qui rassemble des skippers complémentaires, majoritairement belges et animés par la même passion du large » précise Jonas Gerckens.
Le « 187 Volvo/Curium » a été préparé durant tout l’hiver pour les 2 grandes courses de la saison : l’Atlantic Cup qui relie Charleston à Portland fin mai et la célèbre transatlantique Québec-Saint Malo qui aura lieu de fin juin-début juillet. L’équipe de la Belgium Ocean Racing se préparera ensuite pour la course autour du monde Globe 40 qui aura lieu en 2025 et en 2026.
Pour la Québec Saint-Malo, Jonas aura à ses côtés Djemila Tassin (10ème/59 Mini Transat 6.50 – 2024) , Corentin Douguet (3ème Route du Rhum Class40 – 2022) et Renaud Dehareng : « En tant que co-skipper, propriétaire du bateau et sponsor principal à titre privé j’ai un double objectif: réaliser un rêve, une course au large autour du monde aux côtés de professionnels et créer une structure qui permet aux jeunes talents belges de disposer d’un encadrement de qualité (bateau, coachs, management de projet, expertise du pôle compétition de Lorient,…) pour se lancer dans la course au large. »
Jonas Gerckens, Renaud Dehareng, Djemila Tassin et Corentin Douguet @VincentOlivaud)
Pour aboutir à ce projet Belgian Ocean Racing, en plus des soutiens actuels, Jonas s’est entouré d’un nouveau partenaire de choix et évident à ses yeux « Je suis ravi que Nescafé embarque à bord de notre aventure d’autant plus que je suis un grand amateur de café. En mer, il n’y a pas beaucoup de choses qui vous remontent le moral. Après des intempéries ou des siestes trop courtes, une boisson chaude a le don de vous redonner l’énergie nécessaire pour faire avancer le bateau. Sans compter que je partage des valeurs communes avec NESCAFÉ dont la furieuse envie de réaliser mes rêves, l’optimisme et le dépassement de soi » se réjouit Jonas.
Après les grandes courses sur le 187 Volvo/Curium, Jonas participera aux championnats du monde de course au large en double mixte avec la jeune belge espoir de la course au large Djemila Tassin. La compétition aura lieu au mois de septembre au départ de Lorient. Ce sera l’occasion pour le binôme belge de se frotter aux autres nations lors d’une compétition organisée par le World Sailing.
Les deux bateaux porteront désormais le même nom : VULNERABLE. Un mot utilisé dans la cybersécurité que promeut le principal partenaire du projet, la société Advens et qui veut être utilisé également pour une campagne pour défendre les plus vulnérables.
A la veille de l’inauguration du nouveau bâtiment de TR Racing à Lorient, l’écurie de course au large, menée par Thomas Ruyant, Alexandre Fayeulle et Thomas Gavériaux, propriétaire également de ce nouveau bâtiment, révèle le nouveau nom de ses deux voiliers qui seront cette année au départ du Vendée Globe. Ils seront ambassadeurs d’une campagne sur la vulnérabilité.
Alexandre Fayeulle, Fondateur d’ADVENS, co-fondateur de TR RACING et armateur des 2 bateaux VULNERABLE : ““Vulnerable” hissé sur deux Grands Voiles pour lancer le débat : et si la plupart de nos problèmes venaient de notre regard sur la vulnérabilité ? Et quel geste plus fort pour interpeller, que ce simple mot, assumé en grand par ces deux marins d’exception sur leurs bateaux préparés par la meilleure équipe ? Oui, nous sommes tous vulnérables, dans un monde vulnérable, sur une planète vulnérable. Nous le disons haut et fort pour les plus vulnérables d’entre nous que la société met de côté. Mais nous voulons poser la question à tout le monde : “et si nous regardions la vulnérabilité comme un potentiel à valoriser, plutôt qu’une charge à dissimuler ?” C’est exactement ce que nous faisons en cybersécurité et c’est le cœur de la nouvelle raison d’être d’Advens for cyber, people & planet. C’est aussi le sens de cette campagne que nous sommes en train d’imaginer, et j’invite tous ceux qui veulent y participer à nous rejoindre.”
Thomas Gavériaux, directeur général de TR Racing : « Nous sommes fiers d’embrasser cette campagne sur la vulnérabilité sous l’impulsion de notre partenaire, Advens. Agir avec sens est au cœur de l’ADN de TR Racing. Mettre nos performances technologiques et sportives, qui en elles-mêmes ne nous suffisent pas, au service de nos enjeux sociétaux en est l’expression. Toute la puissance et l’intérêt humain, technique, sportif de notre dispositif inédit à deux bateaux, se trouve d’autant plus renforcé avec les deux voiliers de Thomas et Sam portant une même campagne et le même nom. La vulnérabilité est présente dans chacun des métiers, chacune des activités de TR Racing. Chaque jour nos équipes travaillent la possibilité d’une perte de fonctionnalité technique, d’une casse matérielle, d’une blessure en mer ou à terre, d’un dysfonctionnement… Nos travaux quels qu’ils soient conscientisent les vulnérabilités. Elles sont le plus souvent partagées, nous grandissent et nous rendent plus fort, et in fine servent la préparation de nos marins et de leurs bateaux face aux éléments. »
Thomas Ruyant, skipper du voilier VULNERABLE : « Depuis le début de ma carrière en 2005, j’ai toujours eu à cœur de me servir de mes performances pour mettre en avant des causes sociétales. Cela a été le cas avec l’association Capucine, avec le Souffle du Nord pour le Projet Imagine puis avec LinkedOut et le réseau Entourage. Avec elles, je me suis bien souvent senti moins seul à bord de mes voiliers, moi qui navigue beaucoup en solitaire. Depuis nos débuts avec Alexandre et Advens, on veut aller plus loin dans l’ambition d’agir pour les Hommes et la Planète. Je suis heureux d’avoir un partenaire qui pense différemment et qui investit dans nos projets sportifs chez TRR pour porter des idées novatrices. »
Sam Goodchild, skipper du voilier VULNERABLE : « Partager une campagne avec TR Racing, Thomas Ruyant et Advens, en plus de tout ce que nous construisons ensemble, bord à bord, c’est très stimulant. J’ai hâte de hisser mes nouvelles voiles, ça va être beau ces deux VULNERABLE sur l’eau et surtout utile. »
Arnaud Pennarun annonce sa volonté de reconstruire le trimaran mythique d’Éric Tabarly pour courir la Route du Rhum – Destination Guadeloupe avec, puis lui faire prendre le départ de The Transat , « course pour laquelle il a été pensé et construit ».
L’histoire commence en 2017, quand Jacqueline Tabarly, Marie Tabarly et Arnaud Pennarun décident de faire classer Monument Historique Pen-Duick, le légendaire cotre de 1898 d’Éric Tabarly. L’objectif : pouvoir reconstruire sa coque qui ne pouvait plus naviguer, les matériaux la composant ayant perdu leurs caractéristiques mécaniques. « A cette époque, le Ministère de la Culture nous a soufflé l’idée de faire classer la flotte des cinq Pen-Duick. L’association Éric Tabarly a lancé cette démarche en 2023. Les délibérations sont actuellement en cours à la DRAC de Bretagne », explique-t-il. « Cela serait une première en France et en Europe, aucune flotte de voiliers, témoignant chacun d’un pan de l’histoire de la course au large et des innovations de génie d’un seul homme, n’a réussi à être conservée dans son ensemble jusqu’à aujourd’hui et obtenu ce statut qui lui permettrait d’éviter d’être dispersée. » Après la Route du Rhum – Destination Guadeloupe qu’il a courue pour l’association Robert-Debré à bord de Pen-Duick III, Arnaud Pennarun souhaite participer à l’édition suivante à bord d’un autre bateau. « Il manque le maillon de 1968, l’année qui a vu naître Pen-Duick IV, le trimaran le plus grand, le plus innovant et le plus rapide de sa génération. Reconstruire ce bateau est l’opportunité de compléter la flotte des Pen-Duick et de les réunir à nouveau tous les six. De plus, les équipes et la dimension du Chantier Naval de Pors-Moro vont nous permettre de reconstruire avec précision et fidélité ce trimaran si emblématique de la course au large », indique-t-il. Estimant qu’un « bateau de cette trempe ne saurait rester au ponton trop longtemps avec ses frères Pen-Duick », il souhaite courir la Route du Rhum – Destination Guadeloupe avec, puis lui faire prendre le départ de The Transat CIC, « course pour laquelle il a été pensé et construit ». Pen-Duick IV, le premier trimaran de course au large Dessiné par l’architecte Sétois André Allègre, Pen-Duick IV, construit en 1968 aux Chantiers et Ateliers de la Perrière à Lorient, est un trimaran en aluminium ultra moderne pour l’époque. Pionnier, Éric Tabarly avait imaginé un trimaran de 20,80 m de long pour 10,70 m de large, équipé de deux mâts tournants. L’objectif : concevoir le trimaran le plus rapide du monde pour la 3e édition de la Transat Anglaise. Contraint à l’abandon sur l’édition de 1968 de la transatlantique, le trimaran surnommé la « pieuvre géante » ou « le court de tennis » révolutionne la course au large et enchaîne ensuite les records. La tenue des mâts-ailes étant difficile à mettre en œuvre, le « IV », dorénavant équipé d’un grément classique, pulvérise le record de la traversée de l’Atlantique entre les Canaries et les Antilles en décembre de la même année avant de participer à la « Los Angeles – Honolulu » en juillet 1969 hors course (les trimarans n’étant pas admis), deux jours avant les plus grands monocoques américains de l’époque. Le bateau passe ensuite entre les mains d’Alain Colas, l’un des équipiers d’Éric Tabarly. Ce dernier remporte la Transat Anglaise en 1972 et bat par la même occasion le record de l’épreuve avant de renforcer la structure et la stabilité avant des trois coques, au chantier où il a été construit. Alain Colas ayant « caphornisé » son bateau, il le renomme Manureva et boucle le tour du monde en solitaire par les trois caps en 1973. Cinq ans plus tard, il prend le départ de la première édition de la Route du Rhum mais disparait avec son trimaran le 16 novembre 1978 au large des Açores, alors qu’il est deuxième de la course. Cap sur 2026
Avant de se lancer dans l’aventure, il a fallu « patiemment réunir les plans, les photos et les témoignages concernant Pen-Duick IV », comme le souligne Arnaud Pennarun, « surpris par l’audace des choix technologiques de 1968 ». A ce stade, le marin chef d’entreprise travaille avec un organisme de certification et de calcul de structures afin de bien anticiper les enjeux de la construction à venir. « Nous avons opté pour une reconstruction fidèle de Pen-Duick IV, en prenant en compte les modifications réalisées entre 1968 et 1970 par Éric Tabarly, ainsi que certaines améliorations apportées par Alain Colas », précise-t-il.
Afin de pouvoir être présent sur la ligne de départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2026 en catégorie Rhum Multi, le chantier de reconstruction devra démarrer en fin d’année 2024. « Pour démarrer cette construction qui permettrait de compléter la flotte patrimoniale des Pen Duick et faire revivre un monument de la course au large internationale, nous allons rechercher un ou des partenaires financiers désireux de se projeter sur un circuit de course au large moderne avec un trimaran de course qui, nous vous l’assurons, étonnera à nouveau par sa vitesse », conclut-il.
Le port d’attache de Pen-Duick IV sera la Cité de la Voile Éric Tabarly à Lorient La Base. Caractéristiques techniques de Pen-Duick IV Longueur : 20,80 m hors tout Largeur : 10,70 m Tirant eau : 2,40 m/0,80 m Déplacement : 6,5 tonnes Surface de voilure au près : 107m2 Matériau : aluminium
Triana,one of the smallest yachts in the fleet and with only seven crew theyve impressed many since race start consistently ranking highly. Credit?Aïda Valceanu/ OGR2023
Triana FR (66), le plus petit voilier de l’OGR a franchi la ligne d’arrivée au Royal Yacht Squadron. Skippé par Jean d’Arthuys le bateau termine finalement 3e du classement général près avoir failli remporter la course devant sur Maiden.
Des scènes émouvantes se sont déroulées à Cowes, où familles, amis et autres équipages ont accueilli leurs héros de la circumnavigation. Un succès doux-amer pour Triana, leader de longue date en IRC, qui a manqué de peu la médaille d’or de l’IRC au profit de l’équipage féminin britannique de Maiden (03), à une journée près. Le ponton de Trinity Landing à Cowes était bien occupé mardi après-midi avec Triana FR (66), un SWAN 53, et White Shadow ESP (17), un SWAN 57, qui ont terminé la McIntyre Ocean Globe Race après 48 jours de course. Un peu plus d’une heure séparait les deux voiliers partis de Punta del Este pour la dernière étape de la course. Les deux voiliers sont arrivés chacun à leur manière mais unis dans l’émotion, le soulagement, la fierté et la certitude d’avoir accompli quelque chose d’extraordinaire.
La progression a été lente pour le Swan 53 français et le Swan 57 espagnol au cours des 36 dernières heures, avec parfois seulement 4 milles nautiques d’écart entre les deux bateaux. Les vents et les courants capricieux ont rendu leur arrivée frustrante et délicate pour les équipages désireux de boucler la boucle.
Mais, finalement, les Dieux du vent se sont montrés favorables aux circumnavigateurs qui étaient partis de Southampton le 10 septembre, soit 225 jours auparavant.
Triana, skippé par Jean d’Arthuys, a terminé son tour du monde à 16h25 UTC le 23 avril. L’un des plus petits voiliers de la flotte, avec seulement sept membres d’équipage, Triana a impressionné beaucoup de monde depuis le début de la course, se classant constamment en tête – jusqu’à la cruciale dernière étape de l’OGR. Malheureusement, malgré tous leurs efforts sur cette dernière étape, les conditions météorologiques les ont empêchés d’avancer. Après 48 jours de course, ils terminent 7e en temps réel et en IRC pour l’étape 4.
L’équipage très compétitif de Triana, dont le second, Sébastien Audigane, a déjà réalisé six passages du Cap Horn et détient le record Jules Verne, semblait bien parti pour remporter la médaille d’or IRC de la course grâce à une avance de sept jours à l’approche de l’étape 4. Mais la lenteur de la progression depuis le début de l’étape Punta del Este – Cowes, due à des vents forts et contraires, a permis à Maiden UK (03) de grignoter cette avance. Triana devait arriver le 22 avril au matin pour conserver son titre, mais ce ne fut pas le cas. L’équipage féminin de Maiden a été confirmé comme le vainqueur officiel de l’OGR. L’équipage de Maiden était sur le ponton de Trinity Landing pour accueillir Triana.
Triana avait fait la une des journaux quelques jours après le début de l’étape 1 lorsque, à 210 milles nautiques au sud-ouest du Portugal, un membre de l’équipage avait chuté et s’était lacéré la jambe. L’état du marin s’était détérioré au cours de la nuit et il avait été décidé qu’une évacuation était nécessaire. Une évacuation médicale par hélicoptère longue distance avait été effectuée avec succès le jour suivant et le membre d’équipage s’était complètement rétabli.
Le Swan 53 avait franchi la ligne d’arrivée au Cap en 8e position en temps réel et en 4e position en IRC. Ils étaient arrivés sans moteur, ce qui avait rendu l’accostage difficile après une longue course. L’étape 2 s’était améliorée, avec une 5e place en temps réél à Auckland et une 2e place en IRC. Mais c’est l’étape du Cap Horn qui s’était avérée la plus fructueuse pour Triana, se classant 4e en temps réel et 1er en IRC. C’est cette victoire qui leur avait permis d’aborder l’étape 4 en position de force.
Le skipper Jean d’Arthuys, qui rêvait de participer à la Whitbread Round the World Race depuis son plus jeune âge, exprime son immense fierté pour ce qu’ils ont accompli. ” Nous sommes très fiers d’entrer dans le cercle des marins qui ont fait le tour du monde par les trois caps. C’était une course extraordinaire, et pour nous, c’est une aventure fantastique. Quand vous réalisez quelque chose qu’on vous avait dit impossible de faire et que vous le faites, il y a quelque chose de fondamental qui change en vous. Cette course va changer ma vie. “
Mais c’est cette dernière étape qui s’est avérée la plus difficile pour Triana. Pour un équipage habitué à suivre les voiliers plus grands et plus puissants de la flotte, il était mentalement très difficile de savoir que chaque heure signifiait que leur chance de remporter l’or au classement général de l’IRC s’éloignait. À cette tension mentale s’ajoutait le fait qu’ils manquaient de nourriture et qu’ils avaient survécu avec de la soupe et des pâtes pendant les dernières semaines.
Peu après le champagne à bord de Triana, ce fut au tour de White Shadow d’être sous les feux de la rampe. Et peu de voiliers méritent autant ce coup de projecteur que l’équipage fantastiquement enthousiaste du Swan 57 espagnol.
L’équipage international composé de Français, Espagnols, Argentins et Allemands n’a pas toujours été très bien classé, mais il a incarné l’esprit de l’OGR. Ils ont relevé le défi de faire le tour du monde par les trois grands caps et ont vécu l’aventure d’une vie tout au long de leur parcours. Cet esprit s’est exprimé par des chants et des danses sur la ligne d’arrivée, comme à l’accoutumée. L’équipage remportera sans aucun doute la première place au classement général pour la douche au champagne la plus impressionnante.
Jean-Christophe Petit, ému et rayonnant, a parlé de ce que la course a représenté pour lui et son équipage. ” Il y a tellement d’émotions. Quand on navigue, on ne pense qu’au présent, à l’heure suivante, au lendemain, mais on ne pense jamais à ce qu’on est en train de faire. Et puis vous arrivez et vous réalisez que vous l’avez fait ! Nous avons fait le tour du monde. Lorsque je suis parti, je n’ai jamais pensé que dans huit mois je reviendrais, mais nous y sommes. C’est très, très émouvant. Nous avons quatre règles sur le bateau : les « 4 A » – Arrive, All, ASAP et Amigos. C’est ce que nous avons fait.“
Les tweets de White Shadow ont été les plus philosophiques de toute la flotte, l’équipage exprimant souvent ses sentiments les plus profonds en 140 caractères ou moins. Ce n’est pas une tâche facile, mais cela leur a permis de gagner de nombreux fans à l’échelle internationale.
Lors de l’étape 1, ils sont arrivés au Cap en 9e et 8e position en IRC. Lors de l’étape 2, ils sont arrivés à Auckland en 11e position, à la fois en temps réel et en IRC, et ils ont assuré un divertissement musical en utilisant des ustensiles de cuisine à bord. Lors de l’étape 3, ils se sont classé 10e dans les deux catégories. C’est au cours de l’étape 3 que leur étai s’était rompu, déchirant leur grand-voile, ce qui les avait obligés à continuer avec une voile fortement réduite. Mais ils sont restés optimistes tout au long de ces épreuves.
L’étape 4 s’est avérée être la plus fructueuse, mettant la pression sur le voilier français Triana jusqu’à la fin. Mais pour cet équipage passionné, les expériences vécues au cours des huit derniers mois sur l’eau l’emportent de loin sur les classements.
Galiana WithSecure et Evrika continuent de lutter contre les vents contraires en direction de Cowes. Arrivée prévue mercredi soir.
Le Mod70 Limosa d’Alexia Barrier a fait ce matin son entrée dans le port de Portimao au Portugal, terminus de la première transatlantique effectuée par un équipage entièrement féminin à bord d’un trimaran de 20 mètres. Les 8 femmes d’un Team très international concocté par Alexia et sa co-skipper Dee Caffari, avaient quitté Antigua le 13 avril dernier dans le cadre de la campagne de détection menée par les deux femmes pour définir l’équipage 100% féminin qui présidera d’ici 18 mois environ, aux destinées du Maxi trimaran IDEC SPORT dans une nouvelle tentative contre le record du Trophée Jules Verne.
25 navigatrices au ban d’essai Avec méthode, empathie et bienveillance, teintées d’une forte exigence technique, Alexia poursuit ces rencontres et découvertes des talents si particuliers dont elle souhaite s’entourer pour boucler un tour du monde à la voile et sans escale. Marie Riou (FRA), Joan Mulloy (IRL), Deborah Blair (GBR), Annie Lush (GBR), Rebecca Gmuer (NZL) et la media Woman Georgia Schofield (NZL) ont ainsi enrichi une liste déjà forte de 25 profils parmi lesquels Alexia définira la start-list finale des 10 femmes retenues pour leurs compétences nautiques, leurs qualités humaines, et leurs capacités à bien vivre durant 40 jours en mer.
Une Transat découverte… « Je me découvre en capitaine » avoue avec sa franchise coutumière Alexia Barrier. Cette finisher du Vendée Globe 2020 (24ème), connue du grand public pour ses aventures solitaires, a pourtant effectué une bonne partie de sa carrière comme équipière à bord de grandes unités de course au large. Elle revêt depuis une année une casquette de skipper et de chef d’équipe qui lui sied un peu mieux avec chaque sortie. Et celle qui vient de s’achever à Portimao était de taille, puisque pour la première fois, elle menait à son terme une expédition transatlantique à bord d’un véloce et volatile Mod70 exclusivement manié par des femmes. « Certes, nous n’avons pas poussé le bateau dans ses retranchement » poursuit la navigatrice Méditerranéenne. « Nous n’avons pas non plus cherché la difficulté. L’idée dominante était de trouver cohésion et bonne entente entre 8 femmes qui avaient très peu navigué ensemble, même si nous nous connaissions toutes à titre individuel. En ce qui me concerne, il m’importait de me prouver que je savais assumer ce rôle de capitaine et de leader. Il me semble que sur ces deux tableaux, notre transat est un succès. La bonne humeur a régné tout au long du parcours. Chacun a rapidement trouvé sa place, et j’ai pu à loisir observer mes co-équipières et évaluer au large leurs réactions, tant d’un point revue technique que sur le plan humain. J’ai apprécié leur bonne humeur et leur capacité à se soutenir les unes les autres. Il y avait à bord la bienveillance qui me semble indispensable pour réussir un tour du monde en équipage.»
Entre 8 et 10 femmes sur le Trophée Jules Verne Alexia, toujours épaulée de la Britannique Dee Caffari, et à terre de son team manager Jonny Malbon, se donne encore plusieurs mois pour poursuivre ses expérimentations et ses essais avec d’autres navigatrices. « Nos portes sont ouvertes à toutes, quels que soient leurs horizons d’excellence, voire le volume d’expérience. Nous portons cette idée que chacun peut oser et réaliser ses rêves. Mes critères fondamentaux sont la capacité d’adaptation et de vie en groupe à long terme. Je pense devoir tester encore une dizaine de filles avant de décider d’une short-list de 14 personnes, pour un équipage final au départ du Trophée Jules Verne de 8 à 10 équipières. De nouvelles confrontations avec les autres Mod70 toujours opérationnels (Phaedo de Brian Thompson, Zoulou d’Erik Maris et Loick Peyron ou Argo de Jason Carroll) sont au programme, notamment à Palma de Mallorca cet été et en Grèce avec la Aegean 600. Le Maxi trimaran IDEC SPORT aura entre temps, le 31 mai, été mis à l’eau, et les premières navigations à bord du géant pourront débuter. »
A peine le temps de se reposer dans la quiétude printanière de Portimao. Alexia rejoindra dès ce milieu de semaine Lorient et le site de départ de The Transat CIC. Elle retrouvera le Maxi Trimaran IDEC SPORT à Vannes aux bons soins du chantier Multiplast et supervisera le 31 mai prochain la mise à l’eau du voilier détenteur du Trophée Jules Verne.