JO Paris 2024/Course au large : Maracineanu a apporté des garanties au CIO

Marseille Horizon ©yohanbrandt

A trois mois de la décision du Comité international olympique de maintenir ou non la course au large au programme des Jeux olympiques de Paris-2024, la ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, a rencontré le président du CIO Thomas Bach et lui a apporté des garanties sur la faisabilité de l’épreuve.

Le programme des épreuves de voile des JO de 2024, qui se disputeront à Marseille, a été validé en décembre dernier par le CIO et 9 des 10 séries proposées par la fédération internationale (World Sailing) ont été acceptées. Mais l’instance olympique a en revanche émis des réserves concernant la 10e épreuve, la course au large, épreuve mixte en double, disputée sur un quillard et sur 3 jours.

Le CIO doit se prononcer fin mai sur la présence ou non de cette course au large qui ferait alors ses grands débuts aux Jeux olympiques. Alors que les membres de World Sailing avaient voté à leur grande majorité en faveur de l’introduction de cette nouvelle épreuve, la Commission exécutive du CIO a exigé fin décembre plus de détails concernant les coûts, la protection (des personnes) et la sécurité (des athlètes) .

Sollicité notamment par la Fédération française de voile, le gouvernement français s’est mobilisé et la ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, a profité, selon nos informations, d’une rencontre avec le président du CIO Thomas Bach, mi-février, à Lausanne, au siège de l’institution, pour lui apporter des garanties.

La vice-championne olympique en natation à Sydney a abordé le sujet à l’occasion de la signature d’une convention entre la France et le CIO confirmant le soutien français à la Fondation olympique pour les réfugiés. Durant cette visite, la ministre déléguée aux Sports a également abordé avec l’ancien escrimeur la question de la vaccination  des sportifs dans la perspective des Jeux de Tokyo.

A cette occasion, selon nos informations, la ministre a rappelé au président Bach que la France disposait d’une large expérience en matière de course au large. Elle a insisté sur le fait que la sécurité de l’épreuve comme des concurrents ne posait pas de problèmes, du fait de l’expertise de la Préfecture maritime et des moyens mis en œuvre par la Marine nationale.

« Chacun a fait son travail pour montrer que les arguments avancés par les opposants à la course au large ne tiennent pas », a réagi Nicolas Hénard, président de la FFV, interrogé par Courseaularge.

Ce dernier s’est félicité « de la mobilisation de tous les acteurs, notamment au niveau gouvernemental ». Nicolas Hénard, qui dans le même temps poursuit sa campagne en vue de sa réélection à la tête de la FFV, a également expliqué que la Préfecture maritime «a fait son travail » et que « le déploiement du réseau a porté ses fruits ».

De son côté, M. Hénard a adressé mi-janvier un courrier à l’ensemble des fédérations membres de World Sailing, leur demandant de peser sur leurs membres respectifs du CIO pour convaincre du bien-fondé de l’ajout de la course au large au programme olympique, à même de lui apporter « un nouveau souffle ».

« L’épreuve mixte de course au large est parfaitement en ligne avec la mission et la vision du CIO », insistait M. Hénard, dans cette lettre.

Cette course offrira de la « diversité » car outre les séries traditionnelles, « la communauté de la course au large, la plus large au monde, sera représentée pour la première fois aux Jeux olympiques ». Elle apportera également de la « modernité et de l’attractivité » et de la « visibilité » grâce à une couverture média « sans précédent », ajoutait-il.

Une autre question a été soulevée par le CIO et sa filiale OBS (Olympic broadcasting service), concernant la production des images de la course au large. Pour le patron de la FFV, « là aussi, la France a montré son savoir-faire et il suffirait à OBS de sous-traiter à une société habituée à ce genre de couverture », comme celles ayant notamment couvert le Vendée Globe.

Interrogé par Courseaularge, le CIO confirme que la décision finale sur la présence de la course au large sera prise « le 31 mai ».

Le programme olympique, précise le CIO, est développé «en consultation étroite avec le Comité d’organisation de Paris-2024, les fédérations internationales, les Comités nationaux olympiques et les sportifs » et est « finalisé par la Commission exécutive, après recommandation de la Commission du programme olympique ».

Présidée par l’Autrichien Karl Stoss, cette commission composée d’une vingtaine de personnes, dont une dizaine de membres du CIO, ne comprend aucun Français ni aucun membre de World Sailing. Parmi les membres du CIO présents ont trouve par exemple l’ancien rugbyman roumain Octavian Morariu, le président du Comité olympique italien Giovanni Malago ou encore le Britannique Craig Reedie, ancien président de l’Agence mondiale antidopage (AMA).

Interrogée sur un possible agenda de réunions avec le CIO et Paris-2024, World Sailing a indiqué de son côté qu’elle n’avait «aucune information à communiquer ».

Quant à Thomas Bach, qui a été réélu mercredi pour 4 ans à la présidence du CIO, il a d’autres dossiers plus sensibles à régler dans l’immédiat, dont l’organisation des JO de Tokyo l’été prochain, toujours menacés par la pandémie de coronavirus.