Avec des moyennes oscillant entre 9 et 12 nœuds, les concurrents de tête devraient rallier Madère en moins de 48 heures (Lundi au lever du jour) . De plus, l’anticyclone des Açores et la dorsale qui l’accompagnent, génèrent des vents portants et soutenus jusqu’à l’arrivée. Les carènes en forme de luge n’ont plus qu’à glisser de bonheur.
A 7h40 ce samedi matin, Philippe Massu n’était plus qu’à 398 milles de Madère.
Le skipper d’Equipages Center, leader en solo, nous raconte sa nuit « d’anthologie » : « A 3 h 30 la nuit dernière j’étais allongé, confiant, dans le cockpit. Et tout d‘un coup, départ au lof, le bateau en vrac. Je prends la barre, nouveau départ au tapis. L’anémomètre affiche 37 nds !! J’affale le grand spi, range tout, change de drisse et envoie le petit, qui est génial. …Le A.35 est top, toujours entre 9 et 12 nœuds ».
Dans le sillage de Philippe Massuà bord de son Archambault 35′, , les JPK 960 font bonne figure en occupant les deux autres marches du podium : Partouche deJean-Pierre Kelbert, architecte et constructeur lorientais du bateau), suivi du Préfaillais Thierry Caribaux (Vil Coyote).
En doubles, l’A.35 « Un monde qui bouge » mène la danse. Nul doute que les adeptes du plaisir et de la gagne que sont Stéphane Névé et Jean-Baptiste L’Ollivier vont tout mettre en œuvre pour aller « chatouiller », voire plus, le tableau arrière de Philippe Massu.
Ils devancent Les Herbiers entreprises de 26,5 milles et Milin 3D (Dufour 425) de 42 milles. A son bord, Yves Glemot, coéquipier de Pierre-Yves Demoulin, nous a fait parvenir des nouvelles fraîches et visiblement heureuses : « C’est parfait ! Nous sommes là où nous voulions être et on glisse vers Madeire à 10 nds. On est super bien. Lors de mon quart je me suis confectionné un petit siège en boutsuspendu entre les 2 winchs de la descente que Pierre-Yves apprécie également. Au suivant j’ai ajouté du confort : un dossier et un support niveau genou soft. De surcroît, il s’incline comme une chaise longue à notre guise : top avec sa vue sur mer ! »
En quatrième position, le jovial et dynamique Thierry Musset, et son coéquipier Didier Six (FBI, A.35), réalisent une remontée spectaculaire, à seulement 45 milles des leaders.
Un PC qui perd la boule
En revanche, les frères rochelais Jérôme et Antoine Croyère sur ATR Team Winds, (un A.35), longtemps leaders, ont reculé en 17e position à 76 milles des premiers. Une mésaventure qu’ils prennent avec philosophie, humilité et une belle sportivité : « Après une traversée du Golfe de Gascogne qui nous a plutôt souri, nous avons bien mal négocié le passage du Cap Finisterre. De la tête de la course, nous voici désormais bien loin dans le classement. Nous avons connu quelques péripéties : la drisse de grand voile partie en l’air par suite de la rupture d’une manille. On a dû envoyer Jérôme en haut du mât hier soir dans une baie abritée à côté de Camarinias. Une bonne heure de perdue sans parler de la GV qu’on ne portait plus depuis 24 H qu’avec un ris sur une drisse de spi ; impossible de recevoir des fichiers grib (météo) pendant plus de 24 h, la cause en étant la perte de la boule de la souris du pc… On l’a retrouvée ce matin dans un spi ! Et surtout le vérin du pilote (hors service) ce qui nous oblige à barrer tout le temps et à effectuer seuls les manoeuvres. Nous sommes très impressionnés par les performances de Philippe Massu qui nous donne une vraie leçon. Le moral reste bon et on essaie de recoller aux bateaux de devant ».
Plus loin au classement, mais pas au mérite, le restaurateur nantais, Antoine Ruffault, coéquipier d’Antoine Lemarchand (First 31.7 Lem équipements) fait, un brin désabusé, contre mauvaise fortune bon cœur, tant la météo leur joue de vilains tours : « Mais enfin, maintenant
que le vent a un peu tourné, c’est le manque de vent qui nous piège. C’est à se demander s’il ne faut pas retourner au près. Il y a deux jours, quand nous étions au près dans le mauvais temps, Antoine m’avait demandé si cela n’était pas trop dur, je lui avais répondu alors que je préférais encore cela à une bonne pétole. Eh bien c’est ce qu’on a depuis 3 heures, on n’est même cap sur Madère ! … ».
de J-M Biette à bord du sun Odyssée 49 i – accompagnateur, Batojano.









