24 heures après le démâtage de Gitana Eighty dans l´Océan Indien, les opérations de récupération du monocoque s´organisent. Parallèlement à ces aspects logistiques qui mobilisent les membres du Gitana Team, Loïck Peyron a lui organisé sa vie à bord. Depuis hier soir, il navigue sous gréement de fortune ; un espar mis en place après de longues et épuisantes heures de travail sur le pont. Depuis les bureaux du Gitana Team, basés à Saint-Philibert dans le Morbihan, l´équipe technique multiplie les contacts afin de proposer un maximum de possibilités à leur skipper. Cet après-midi, après quelques échanges avec Loïck Peyron, plusieurs options demeurent valides et le choix final réclame encore quelques tergiversations.
Regagner l´Australie, pourtant distante de 2 700 milles, sous gréement de fortune reste d´actualité ; les vents poussant « naturellement » Gitana Eighty dans cette direction. Mais cette traversée de l´Océan Indien sous voilure réduite induirait une longue et pénible route pour le marin baulois. Autre cas de figure envisagé : affréter un navire pour rallier l´Afrique du Sud, Madagascar ou La Réunion. Parmi ces possibilités de remorquage en haute mer, une mérite quelques explications. En effet, un bateau se trouve actuellement sur zone, à proximité de Gitana Eighty : il s´agit du Marion Dufresne. Bâtiment de 120 mètres, ce navire basé à la Réunion et lancé en 1995 assure habituellement deux fonctions principales. Il effectue, en effet, des recherches océanographiques pour l´IPEV (Institut Polaire Français Paul Emile Victor) mais également des missions de logistique et de ravitaillement pour les terres australes françaises du Sud de l´Océan Indien. Croisant ce jeudi entre les îles Crozet et les îles Kerguelen, le Marion Dufresne pourrait donc rejoindre Loïck peyron et Gitana Eighty sur zone. Face à ces choix multiples, le skipper et son équipe se laissent une nouvelle nuit de réflexion : « A la voile, je mettrais autant de temps pour rallier l´Afrique du Sud ou l´Australie. Par contre, différentes opérations de remorquage sont étudiées et pourraient changer la donne. Du coup, je vais faire route au Nord Nord-Est pour les prochaines heures afin de me laisser le choix de mettre le clignotant à gauche ou à droite. Nous bénéficierons de l´ensemble des éléments nécessaires pour prendre une décision demain » expliquait Loïck Peyron dans l´après-midi.









