Dans la Route de la Découverte, le chemin vers San Salvador et l’île de Saint Domingue est tout sauf rectiligne pour Francis Joyon et le maxi trimaran IDEC, partis mardi de Cadix et qui disposent pour le moment de 300 milles d’avance sur le record à battre. Le jeu, pour les grands multicoques menés en équipage ou en solitaire consiste à jouer intelligemment des systèmes météo pour rester en permanence dans le filon de vent le plus favorable en force et en direction. Peu à l’aise et lents au vent arrière, les trimarans fuient les vents trop orientés à l’est. Forts de leurs exceptionnelles potentiels de vitesse, ils acceptent, à l’instar de Francis Joyon à bord d’IDEC aujourd’hui, de rallonger la route, « parfois jusqu’à 30% », à condition de maintenir un angle de vent favorable à la vitesse du bateau. Désormais, et jusqu’à l’arrivée sur l’arc Caribéen, c’est le tempo des empannages qui va non seulement rythmer la vie de Joyon mais aussi décider de l’efficacité de sa progression dans l’ouest. Thomas Coville et son trimaran de 60 pieds Sodebo avaient ainsi enchaîné près d’une vingtaine de ces changements d’amure statégiques lors de leur Route de la Découverte victorieuse en 2005. S’il affiche ce matin une avance de 320 milles sur la trajectoire de Thomas, Joyon, en s’écartant de la route directe, voit sa vitesse de rapprochement diminuer, preuve que l’heure de l’empannage qui le ramènera vers la route orthodromique n’est plus très éloignée….
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