Classe Mini. Un bilan positif et des modifications prévues sur les voiles et les système électroniques embarqués

Après une belle Mini-Transat, l’assemblée générale de la Classe Mini s’est tenue le samedi 11 décembre concomitamment aux remises des prix de la Mini-Transat Eurochef et du Championnat de France Course au Large en Solitaire au Nautic Paris. L’occasion de dresser un bilan de l’année écoulée et esquisser les perspectives à venir pour la Classe avec Jean Lorre, président sortant.

Quel bilan dresses-tu de cette année 2021 ?

Il est très positif pour plusieurs raisons. L’année s’annonçait compliquée en début de saison, avec la pandémie. Malgré tout, en travaillant en collaboration étroite avec la Fédération Française de Voile, les autorités maritimes et les organisateurs de course, on a réussi à disputer toutes les courses dans de bonnes conditions et même à proposer plus de milles aux coureurs.
Je suis vraiment reconnaissant du soutien et de l’investissement incroyable que mettent tous ces acteurs, jusqu’aux bénévoles, pour permettre à nos courses d’exister. Cela a été particulièrement vrai cette année où il a fallu s’adapter, trouver des solutions. Tout le monde a déployé une énergie incroyable ; Nous sommes tous animés par cette même passion du Mini, une passion qui s’est peut-être renforcée, affirmée encore un peu plus cette année. On a vraiment fait une belle saison.

590.000 milles parcourus
D’un point de vue sportif aussi l’année est remarquable. Toutes les courses ont fait le plein, on n’a jamais réalisé autant de milles en courses. Au total, les skippers ont parcouru 590.000 milles en course, l’équivalent de presque 25 Vendée Globe ! 199 bateaux ont pris le départ d’une course officielle cette année, avec une moyenne de 2950 milles parcouru par bateau.
Je suis également très content que 84 bateaux [sur 90 au départ – ndlr] aient franchi la ligne d’arrivée de la Mini Transat en Guadeloupe. Les skippers étaient bien préparés et cette édition restera dans les anales de la course tant on a connu de rebondissements ; pandémie, records d’inscrits, attaques d’orques, éruption du volcan aux Canaries, mouvements sociaux, suspens et engagement sportif, cette Mini –Transat a été encore une fois extra ordinaire. Le podium Série est intéressant parce qu’il sacre 3 bateaux différents (un maxi, un Vector et un Pogo3); comme quoi la diversité s’exprime aussi sur l’eau. Chez les protos, Pierre Le Roy, Fabio Muzzolini et Tanguy Bouroullec ont fait honneur à leur statut de favoris.

Faire perdurer et transmettre l’Esprit Mini

Comment expliques-tu le succès de la Classe Mini ?
L’engouement pour le Mini 6.50 ne s’essouffle pas et notre classe continue de susciter de l’envie. Il y aura toujours un avant et un après Mini-Transat, le fameux “passe ta Mini d’abord”. On vit pendant ces 2 saisons de préparation une transformation profonde du sensible des êtres. Je l’ai vu dans le regard de tous ceux qui sont arrivés : quelque soit ce qu’ils ont vécu, leur place, leur parcours, chaque regard est intense, chacun revient avec quelque chose de différent en lui.
Je suis entré au Conseil d’administration exactement pour cette raison. J’avais été bouleversé par ce que j’avais moi-même vécu lors de ma Mini Transat et j’avais vraiment à cœur de le transmettre, de permettre à d’autres de vivre cette expérience incroyable. Je crois que c’est ça, qui nous anime tous au CA : partager ce fameux esprit Mini assez indéfinissable, fait d’aventures, de solidarité, de belles valeurs, un “vivre ensemble” peut-être devenu rare et donc forcément précieux.

Limiter les coûts et l’impact environnemental : une incidence directe sur le nombre de voiles et l’électronique embarqués.

Quelles décisions majeures ont été prises lors de votre assemblée générale ?
Le conseil d’administration a beaucoup travaillé et je suis particulièrement reconnaissant à tous les membres du bureau qui se sont pleinement investis dans leur mission. On a su garder une belle dynamique tout au long de l’année pour avancer sur tous les dossiers qu’on avait identifiés et les faire aboutir, samedi dernier à l’assemblée générale, où toutes les propositions du conseil d’administration ont été validées par l’ensemble des adhérents. Au-delà de la reconnaissance du travail effectué, c’est surtout une belle marque de confiance de la part de nos adhérents.

Je retiens parmi tous les sujets deux nouvelles réglementations relevant de la commission technique avec un double objectif : limiter les coûts et diminuer la consommation de matériel dans une perspective écologique. Sur ce sujet, le moment était venu pour la Classe Mini de passer à l’action, d’agir et d’être responsable, pleinement.
Nous passons donc de 7 à 6 voiles autorisées en course pour tous les bateaux. Cette réduction a, de fait, une incidence sur la configuration des voiles avec une augmentation du “range” et de leur polyvalence.
Nous avons effectué un gros travail de concertation avec tous les voiliers. Au final, en plus de réduire le nombre de voiles pour tous, les bateaux de Série devront désormais obligatoirement être équipés de solents en polyester tissés.
Le même travail a été effectué en parallèle sur l’électronique. Là encore, on a cherché à limiter les coûts pour éviter de partir dans une course à l’équipement. Cette mesure entre pleinement dans la cohérence philosophique de la Classe : rester simple, facile, abordable.
Vincent Lancien (membre du bureau, en charge de ce dossier) a passé beaucoup d’heures à échanger avec les fournisseurs et constructeurs de matériel, à lister le matériel existant sur le marché, comparer les prix, les performances : afficheurs, anémomètres, vérins, sondes, capteurs, tout y est passé !
Nous avons finalisé une liste de produits performants à des coûts raisonnables qui pourront équiper les bateaux de série (les protos, de part leurs spécificités technique et d’innovation, ne sont pas concernés). Bien-sûr cette liste a vocation à évoluer mais en gardant cette même philosophie de sobriété économique et écologique.

Deux nouveaux rendez-vous au calendrier 2022
Le calendrier 2022 a d’ores et déjà été publié sur le site de la Classe Mini : 20 courses (dont 9 en Méditerranée) et 7 532 milles proposés, soit 1.000 de plus que les saisons précédentes (500 sur chaque bassin) : La Calvados Cup s’étoffe d’une troisième manche ; La Méditerranée voit l’arrivée d’une nouvelle épreuve, la Solo Med, une boucle depuis Barcelone avec une escale au Maroc.
La saison débutera le 5 mars prochain avec la Mini Golfe.

Un nouveau CA pour officier aux destinées de la Classe Mini
A l’issue de l’assemblée Générale de la Classe Mini qui se tenait ce samedi 11 décembre au Nautic Paris, le bureau de la Classe a été renouvelé. Le CA compte désormais 3 suppléants.

  • Membres élus pour l’année 2022 : Amélie Grassi – Marine Legendre – Marie Gendron -Djemila Tassin – Antoine Perrin – Simon Tranvouez – Patrick Jaffré – Gaël Ledoux – Jean Marre – Aurélien Poisson – Pierre Le Roy.
  • Suppléants : Pierre Moizan – Anne Liardet – Jean Marie Jézéquiel

Les membres se réuniront très prochainement pour élire leur président, vice-président, trésorier et secrétaire.

La Classe Mini 2021 en chiffres
462 membres dont 12% de femmes (une année record en termes d’adhésions depuis 10 ans)
130 Primo adhérents
22 nationalités représentées (66% de français)
21 nouveaux numéros en 2021 : 17 Séries et 4 protos.
15 courses soit 9152 milles
En 2021, 81 skippers “Born in Mini” ont participé à au moins une épreuve que ce soit en Figaro Beneteau, Class40, Imoca, Ocean Fifty ou Ultim.

Podium du Championnat de France Course au large en Solitaire : 34 participants Protos / 107 en bateaux de Série
Proto : Pierre Le Roy – Sébastien Pebellier – Tanguy Bouroullec
Série : Hugo Dhallenne – Léo Debiesse – Jean-Marie Jézéquel

Source Mini6.50