Bermudes 1000 race. Départ ce dimanche vers le Fastnet pour les 24 IMOCA

Guyader Bermudes 1000 Race - Brest 07/05/2022 Les 24 marins de la Guyader Bermudes 1000 Race © F.Van Malleghem - Guyader Bermudes 1000 Race

Le départ de la 3e édition de la Guyader Bermudes 1000 Race sera donné au large de Brest ce dimanche 8 mai à 14 heures. L’occasion pour les 24 skippers inscrits de cumuler des milles sur leur IMOCA sur un parcours de 1 200 milles. Le tracé a été défini par la Direction de course après la lecture des derniers fichiers météo et qui mènera les marins d’abord au mythique phare du Fastnet puis au way-point Gallimard positionné 300 milles dans le nord-ouest du cap Finisterre.

A la clé, de la technicité et des conditions variées. En somme, un cocktail parfait pour (re)pendre ses marques en solitaire, valider les travaux réalisés cet hiver mais aussi garantir de la belle bagarre à tous les étages !
Lors du premier briefing coureurs, vendredi matin, la tendance avait été annoncée et celle-ci a été confirmée hier soir, à 20 heures, par la Direction de course de la Guyader Bermudes 1000 Race : le parcours de cette 3e édition s’effectuera dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. « Le choix a été fait naturellement en fonction des conditions météo. Il a, par ailleurs été décidé d’ajouter une marque virtuelle nommée Trophée Région Bretagne. Située à 100 milles au large de Brest, cette dernière va permettre de dégager la flotte du DTS d’Ouessant mais aussi du rail des cargos. Pour ce qui le concerne, le way-point Gallimard restera une variable d’ajustement jusqu’à quelques milles avant le passage du Fastnet. Pour l’heure, il a été positionné à 300 milles au nord-ouest du cap Finisterre afin que les solitaires n’aillent pas trop dans l’ouest chercher un système dépressionnaire », explique Jacques Caraës qui, avec son équipe, Pierre Hays et Hubert Lemonnier, souhaite garantir un maximum de sécurité aux marins lors de ce premier round de la saison. « En l’état, c’est un parcours qui peut s’avérer assez rapide pour les foilers et qui risque, par ailleurs, de générer des écarts assez importants entre les bateaux compte-tenu de leurs disparités », détaille le Directeur de course dont les derniers fichiers laissent envisager les arrivées des premiers jeudi, puis celles des derniers vendredi soir.

Des conditions très variées au programme
Des prédictions partagées par Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve. « Les conditions pour le départ s’annoncent assez faibles et la direction du vent, lors des premiers milles de course, demeure incertaine. En principe, les marins devraient rejoindre la marque Trophée Région Bretagne au vent arrière avant d’entamer la remontée en direction du phare du Fastnet poussés par un flux de secteur sud sud-ouest qui va progressivement se renforcer pour atteindre 25-28 nœuds, et jusqu’à 35 dans les rafales. Il n’est pas impossible que les premiers enroulent le fameux rocher avant le passage du front. Dans tous les cas, c’est au près que tous effectueront la descente vers le way-point Gallimard dans un vent qui va mollir petit à petit. A date, deux scénarii sont possibles pour la fin de course. Le premier laisse entrevoir de la molle pour les derniers. Si cela se confirme, la flotte va naturellement s’étirer par devant. Le second peut, à l’inverse, provoquer un regroupement général peu avant l’arrivée ». En résumé, le menu s’annonce assez complet, avec du portant, du près, de la pétole, du vent soutenu, de nombreuses manœuvres et un brin d’incertitudes.

De nombreuses cases à cocher
« On va rentrer tout de suite dans le vif du sujet puisque dès demain, il va falloir réussir à s’extirper de Brest. La première nuit promet, elle aussi, d’être délicate, avec une dorsale à traverser. Les premiers qui retoucheront du vent prendront alors un petit avantage. Dans tous les cas, ça s’annonce intéressant. De plus, on ne va pas se faire trop secouer car on ne va pas prendre 50 nœuds, ce qui est plutôt bien dans la mesure où c’est la reprise pour tout le monde. Pour ma part, comme je suis arrivé tardivement dans le projet, je ne connais pas encore bien le bateau. Même si j’ai eu un apprentissage accéléré ces trois dernières semaines, je suis encore en phase de découverte », explique Nicolas Lunven (Banque Populaire), qui, pour mémoire, remplace Clarisse Crémer, enceinte. « Je sais que je n’ai pas le bateau le plus performant mais on est une dizaine de bateaux à dérives et cela promet un joli match dans le match », assure le Finistérien, impatient, comme l’ensemble de ses concurrents, d’en découdre et de tester ce que sa monture a dans le ventre. « Il y a beaucoup d’excitation. On va avoir des conditions très variées et ça va être très intéressant. Le plateau est incroyable. Cette Guyader Bermudes 1000 Race, c’est un peu comme une étape de Solitaire du Figaro car elle s’apparente à un sprint. On va multiplier les manœuvres et on va naviguer dans des endroits très stratégiques. Ça promet d’être intense. Il y a des bizuths, des marins avec de nouveaux bateaux, d’autres avec des machines largement optimisées… En clair, on est tous en phase d’évolution et ça va assurément être une très belle course ! » assure Alan Roura (Hublot).

Ils ont dit :

Kojiro Shiraishi (DMG Mori Global One) : « Si certains de nos adversaires ont effectué d’importants chantiers d’hiver, cela n’est pas trop notre cas puisqu’hormis un nouveau siège à l’intérieur, nous n’avons pas changé grand-chose. Nous avons donc peu de choses à valider de notre côté sur le bateau mais nous sommes impatients de renouer avec la course. Je pars sur cette Guyader Bermudes 1000 Race avec la même ambition que d’habitude, c’est-à-dire celle m’amuser sur l’eau. C’est la première fois que je vais avoir l’occasion de contourner le Fastnet. J’espère avoir la chance de le faire de jour pour le voir. J’ai hâte de prendre le départ et je vais tout faire pour arriver le plus vite possible à Brest car il y a ici un très bon restaurant de sushis ! »

Manuel Cousin (Groupe Setin) : « Le bateau est sorti du chantier il y a peu de temps. On est super heureux d’être là et on est prêt. Il y a toujours des détails à régler avant de partir, mais aujourd’hui on a hâte de voir ce que donnent les travaux qui ont été faits cet hiver. Je pense que tous les meilleurs bateaux à dérives sont là. Ça va donc être super intéressant. Ça va vraiment nous permettre de nous jauger. Les conditions vont être très variées. Ça va être parfait pour nous remettre dans le bain. Quatre jours de mer, c’est presque un sprint. Dès le départ, il ne va rien falloir lâcher pour être dans le bon wagon. Je suis motivé à bloc ! »

Antoine Cornic (EBAC Literie) : « J’ai déjà très envie d’être à demain. J’ai hâte de quitter la terre et d’être en mer. Le départ s’annonce tranquille mais on va toutefois devoir effectuer de nombreuses manœuvres pour s’extraire de la molle rapidement. La montée jusqu’en mer d’Irlande devrait être assez rapide, avec une petite dépression susceptible de se creuser et donc à surveiller. Il va y avoir une section un peu sportive. Ça va vraiment être très intéressant et sympa, avec des conditions très différentes. Pour ma part, j’ai beaucoup de cases à cocher sur le plan technique en vue de la saison à venir, avec notamment de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. En ce sens, mon seul objectif est de finir la course. Je vais faire attention de ne pas transformer mes vieilles voiles tout de suite en sacs. Je vais tâcher de bien m’appliquer et de bien réfléchir à la météo puis à la stratégie ».