Commentaires des skippers encore en course de The Transat :
Dee Caffari (Aviva) ce dimanche matin
« Pétole brumeuse : après avoir bien dormi, la journée qui a suivi a été bien meilleure. Je me sentais au top après avoir étudié la météo et avoir compris qu’il ne me restait plus qu’à ramener Aviva jusqu’à Boston. Si je suivais tout le temps les autres, alors je continuerai de perdre des milles constamment. Je devais faire ma propre course comme j’ai fait jusque là. Je me suis laissée prendre par l’excitation d’être plus près des autres. J’ai plongé au Sud et j’ai changé la voilure en avance car j’étais sûre qu’on allait vers moins de vent. Et là, alors que je commençais à prendre du plaisir et qu’on avançait bien, je me suis arrêtée. Coincée dans la pétole et le brouillard. Pas de visibilité, pas de vent, pas de vitesse, en fait pas grand-chose de rien ! Quelques heures plus tard, le brouillard s’est dissipé pour laisser place à une soirée magnifique avec 4 nœuds de vent qui ont suffi à nous faire repartir. J’ai regardé le banc de brume partir et me suis dit que celui-là devait être rien pour nous et que les autres, encore une fois devaient profiter de bonnes conditions de navigation. On ne saura ça qu’au petit matin. »
Marc Guillemot (Safran) ce dimanche midi
« Le vent ne me dérange pas ! C’est calme sur zone : cela ressemble étrangement au lac de Genève. Je suis à 175 milles de Boston et hier soir, j’étais au cap Sable où j’y suis resté sept heures ! J’avance tout de même à quatre nœuds mais en fait, il n’y a pas de vent en surface mais de la brise en tête de mât : ça cisaille ! Quelle transat particulière depuis le départ. On peut m’attendre dans la nuit de dimanche à lundi, mais plus tard aussi ! Les routages ne voient pas les bulles sans vent. Je vais m’ouvrir ma dernière boîte de foie de morue : c’est de bon ton vu que nous sommes sur les anciennes zones de pêche à la morue ! Les nuits sont très fraîches : ce matin, l’huile d’olive était gelée.Le soleil s’est levé et c’est magnifique : il y a une belle lumière et du passage, des cargos, des bateaux de pêche, une mer d’huile. »
Arnaud Boissières (Akena Vérandas) ce dimanche midi
« C’est calme et il n’y a pas beaucoup de vent. pas grand-chose ! Mais j’avance pour l’instant comme je n’ai pas avancé de toute la nuit. Je fais avec ce que j’ai mais c’est un peu délire ! Samantha nous a mis une « danse » ! Elle m’a pris trente milles dans la nuit. On va voir après : nous ne devrions pas arriver à Boston avant la nuit de lundi. Mais il n’y a pas de stress : j’essaye de faire le moins de route possible jusqu’à l’arrivée. »
Yannick Bestaven (Cervin EnR) ce dimanche midi
« Je frise l’excès de vitesse : je suis à 1,43 nœud depuis hier après-midi. La mer est plate comme un lac, lisse de chez lisse. Je n’ai jamais vu ça. Ils ont décidé de nous mettre trente nœuds dans le nez comme hier puis des calmes comme maintenant. Et de nouveau, une cartouche à 27 nœuds la nuit prochaine ! On essaye de gagner mille par mille vers Boston, ce qui n’est pas très reposant. Et en plus, Samantha n’a décollé d’une vingtaine de milles. Les jeux ne sont pas loin d’être faits. Il n’y a plus trop de plan tactique : il y aura un virement de bord à faire la nuit prochaine. pour une arrivée le 27 mai au petit matin ! Que des arrivées en pleine nuit. On ne s’est pas adapté au décalage horaire ! »








