On refait le match

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arrivée du leader Scutum à Santander
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Etape 1 : Cherbourg-Octeville/Santander, du 6 au 9 août
590 milles dont la moitié au portant
Au départ de Cherbourg-Octeville, la plus longue étape de cette 37e édition emmenait les 44 marins vers l’Espagne, par les chemins détournés de l’Angleterre avec deux marques à passer avant l’arrivée à Santander : Les Shambles puis Wolf Rock. Après un coup d’envoi dans les petits airs, c’est le bizuth Corentin Douguet (E.Leclerc-Bouygues Telecom) qui mène la danse dès la bouée Radio France et jusqu’aux Shambles à l’issue d’un long bord de bon plein pour traverser la Manche. La suite se joue au près pendant 135 milles le long des côtes anglaises et c’est Gildas Morvan (Cercle Vert), très décalé au nord de ses concurrents, qui passe en tête la marque de Wolf Rock devant Charles Caudrelier (Bostik) et Gérald Veniard (Scutum). Dans 25 nœuds de vent, les marins envoient le grand spi et déboulent à vive allure, cap au sud. La traversée du golfe de Gascogne s’effectuera au portant, d’abord dans le médium fort puis dans un vent instable en mer cantabrique. Le 9 août à 01h00 du matin, Scutum, particulièrement rapide au vent arrière, prend les commandes de la flotte pour ne plus jamais les quitter. A 18h31 le même jour, après 79 heures et 24 minutes de course, Gérald Veniard passe la ligne d’arrivée en tête devant Gildas Morvan (Cercle Vert) et Charles Caudrelier (Bostik).
Gérald sera déclassé suite à une pénalité de 24 minutes infligée pour cause poids excédentaire du matériel embarqué, pesé 3 heures avant le départ, et retiré par la suite.
 
Etape 2 : Santander / Saint-Gilles-Croix-de-Vie, du 13 au 16 août
314 milles pour des écarts historiques
Contre toute attente, c’est l’étape la plus courte qui a scellé le classement général de cette 37e Solitaire.   Au terme d’un superbe parcours côtier en baie de Santander surplombée par la magnifique pointe de la Magdalena, Eric Drouglazet (PIXmania.com) passe en tête la bouée de Radio France. Les 44 concurrents s’attendent ensuite à un long bord bâbord au bon-plein jusqu’aux phare des Birvideaux où la situation météorologique doit théoriquement se compliquer. Elle se compliquera bien plus tôt. Après 24 heures de course à tirer des bords, la flotte se retrouve à l’arrêt au milieu du golfe de Gascogne où le vent a déserté. Seul deux d’entre eux ont pensé différemment. Nicolas Troussel (Financo) et Thierry Chabagny (Littoral), partis dans l’ouest en travers de la route, sont les seuls à avancer… trois fois plus vite que les autres.
Leur option au large aura raison du reste de la flotte. Premier et deuxième à Saint-Gilles-Croix-de-Vie après 62 heures de course, ils infligent une punition de plus de 4 heures à Armel Le Cléac’h (Brit Air), troisième à aborder les côtes vendéennes. Mais les écarts creusés sur le reste du peloton sont énormes (entre 7 et 16 heures). Tous savent désormais qu’ils seront difficiles à combler et que la 37e Solitaire Afflelou Le Figaro s’est certainement jouée ici.
 
Etape 3 : Saint-Gilles-Croix-de-Vie / Dingle, du 18 au 22 août
30 heures de près dans la brise et grande loterie dans la baie Dingle
Les 44 skippers repartent de Vendée à peine reposés car le temps de récupération à Saint-Gilles-Croix-de-Vie n’a pas dépassé les 36 heures. Le menu de cette troisième étape à destination de la verte Irlande est corsé (du reaching puis du près dans la brise) et d’emblée, les organisateurs décident de rogner une portion de 70 milles du parcours (l’aller-retour vers l’île de Ré). Cap au nord-ouest, les Figaro Bénéteau mettent les voiles, vent de travers et dans une houle formée. Armel Le Cléac’h est aux commandes le premier soir avant d’être relayé à Ouessant par Jeanne Grégoire. Dès lors, c’est parti pour plus de 30 heures de louvoyage dans la brise avec 25 à 30 nœuds de nord-ouest. Dans ces conditions musclées, le bizuth Erwan Israël (Delta Dore) fait des miracles, succédant momentanément à la navigatrice de Banque Populaire. Au Fastnet, c’est le regroupement général de la flotte qui aborde la dernière portion du parcours sous les côtes sud de l’Irlande. Jeanne Grégoire, rejointe par Liz Wardley (Sojasun) revenue par l’ouest, contrôle toujours la course. Tout va se jouer le 21 août à la mi-journée, un peu plus de 5 heures avant le dénouement. La pétole s’installe pour les concurrents situés le plus près de terre et dont font partie Jeanne Grégoire et Nicolas Troussel (Financo), obligés de jeter l’ancre la mort dans l’âme.
Pendant ce temps, un groupe de bateaux parti au large – Samantha Davies (Roxy), Corentin Douguet (E.Leclerc-Bouygues Telecom), Gérald Veniard (Scutum), Nicolas Berenger (Koné ascenseurs), Marc Emig (A.ST Groupe) et Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) – fait un retour fulgurant sous spi avec du vent frais. Nouvel arrêt buffet nocturne dans la baie de Dingle qui offre le spectacle étonnant d’une myriade de feux verts rouges et blancs. Nul ne sait qui va l’emporter. Et c’est encore Gérald Veniard qui s’impose sur la ligne. Si l’étape 2 a été exceptionnelle par l’ampleur des écarts, la troisième le sera pour les raisons opposées. Après 479 milles et 83 heures de course, 43 minutes seulement séparent les 39 premiers bateaux à Dingle…
 
 
Etape 4 : Dingle –Concarneau, du 25 au 28 août
A fond sous spi jusqu’au Scilly et finish dans les calmes…
Et de trois pour Gérald Veniard. Le skipper de Scutum remporte cette dernière étape entre l’Irlande et Concarneau, 458 milles exténuants où les marins ont tout donné, que ce soit dans les conditions viriles des premières 36 heures ou dans les calmes horripilants de l’avant dernière journée. Le leader du classement général provisoire Nicolas Troussel prend les devants dès la bouée Radio France, après un superbe départ donné à 15h00 en baie de Dingle. Sous grand spi dans des creux de 2 à 3 mètres et un vent de nord-ouest qui atteint plus de 30 nœuds dans les rafales, les solitaires, rivés à la barre, déboulent à grande vitesse. Les quelques empannages obligatoires se soldent parfois par des ‘départs au tas’ relatés par les skippers à la vacation, quand ce n’est pas des spis enroulés dans l’étai. Ces conditions pour gros bras font le bonheur du trio Le Cléac’h – Veniard – Berenger qui anime tout ce début de course. Aux Scilly, Scutum prend l’avantage. Mais les conditions de navigation vont changer du tout au tout à partir de Ouessant. Le vent s’écroule, la flotte se tasse, et prend un nouveau départ à 100 milles de l’arrivée. Une fois de plus, le salut viendra de l’ouest où Christophe Lebas (Armor Lux) fait une remontée remarquable dans le classement pendant que Le Cléac’h, Eliès et de nombreux autres seront obligés de mouiller. Sentant le coup venir, Veniard s’embarque aussi au large en compagnie d’Oliver Krauss (AXA Plaisance) et de Marc Emig… ce sera le tiercé gagnant de Concarneau. Nicolas Troussel et Thierry Chabagny ont réussi à conserver leur avance depuis leur exploit à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Ils prennent les deux premières places au classement général tandis que Gérald Veniard s’offre la troisième marche au détriment de Le Cléac’h qui voit le podium lui échapper dans cette ultime étape.