JO Paris 2024. Nicolas Hénard lance un nouvel appel pour la course au large

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A moins de 5 mois de la décision du Comité international olympique sur la présence ou non de la course au large aux Jeux olympiques de Paris 2024, le président de la Fédération française de voile (FFV), Nicolas Hénard, vient de lancer un nouvel appel notamment aux fédérations, pour peser sur l’instance olympique et ses membres afin de valider la présence d’une épreuve « parfaitement en ligne avec la mission et la vision du CIO ».

Si la présence à Marseille en 2024 de 9 des 10 séries proposées par World Sailing a bien été confirmée en décembre par la CIO, l’instance basée à Lausanne a en revanche repoussé à la fin mai sa décision concernant la course au large, épreuve mixte en double, disputée sur un quillard et sur 3 jours.

Décidée par les instances internationales de la voile en 2018, l’introduction de cette épreuve, une grande première dans le monde de la voile olympique, se heurte cependant à des résist  ances d’une frange conservatrice, opposée à l’ancien président de World Sailing, le Danois Kim Andersen et qui souhaite conserver les séries traditionnelles.

Menés par le Singapourien Ser Miang, ancien vice-président de la Fédération internationale de voile et membre influent du CIO, dont il est vice-président, les frondeurs ont réussi à installer le doute dans l’esprit des responsables du CIO, alors que le course au large apporterait assurément un souffle nouveau dans le programme olympique.

« L’épreuve mixte de course au large est parfaitement en ligne avec la mission et la vision du CIO », insiste Nicolas Hénard, dans une lettre adressée récemment à l’ensemble des fédérations membres de World Sailing.

Cette course offrira de la « diversité » car outre les séries traditionnelles, « la communauté de la course au large, la plus large au monde, sera représentée pour la première fois aux Jeux olympiques ».

Elle apportera également de la « modernité et de l’attractivité » et de la « visibilité » grâce à une couverture média « sans précédent.

Pour couper court aux arguments des opposants, Nicolas Hénard assure également que la question de la protection des personnes et de la sécurité des équipages « ne se pose pas » car « la Marine française assure régulièrement la sécurité de grands événements en Mer Méditerranée ».

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De plus, la Préfecture maritime possède « une grande expérience dans la sécurisation des épreuves de voile », ajoute le président de la FFV, citant comme exemple un acte de la Coupe de l’America à Toulon en 2016.

Dans son courrier, M. Hénard se dit « inquiet concernant la décision du CIO si nous ne sommes pas capables de soutenir la décision de World Sailing et de parler d’une seule voix pour défendre les intérêts de la voile ».

Le président de la FFV assure avoir déjà reçu de nombreux retours « positifs » comme celui de son homologue Cory Sertl, présidente de la Fédération américaine de voile et vice-présidente de World Sailing, qui dit partager le même « enthousiasme pour la course au large et les inquiétudes ».

« Je vais écrire aux membres américains du CIO », indique-t-elle, ajoutant avoir rencontré « plusieurs fois » Anita Defrantz, membre américaine de l’instance et vice-présidente du CIO.

« Je l’ai emmenée sur l’eau à Long Beach assister à des entrainements olympiques », ajoute Cory Sertl, elle-même ancien athlète olympique.

Au-delà du monde olympique, Nicolas Hénard a aussi sensibilisé le monde politique et compte sur un soutien «  au plus haut niveau » pour convaincre le président du CIO, Thomas Bach.

De son côté, Interrogé pour savoir comment la processus d’évaluation et de décision allait se dérouler, le CIO a rappelé à Courseaularge que « la commission exécutive du CIO a demandé plus de détails concernant l’épreuve, en particulier concernant les coûts, la protection (des personnes) et la sécurité (des athlètes) . Le détail sur la façon dont cette évaluation va être menée est encore en cours de finalisation ».

« En étroite collaboration, les partenaires concernés et les autorités vont fournir une évaluation avant la décision finale qui sera prise d’ici au 31 mai prochain», a ajouté le CIO.