Epilogue de la Solitaire lundi matin…

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Départt St Gilles Croix de Vie Etape 3 Solitaire du Figaro 2006 Pellecuer
DR

Le blues des calmes blancs
 
Plouf plouf, amstram gram, qui va gagner cette quatrième étape ? Les vieilles comptines de l’enfance doivent revenir, dissonantes, aux oreilles de nos 44 solitaires, scotchés dans le calme blanc et dans l’expectative depuis le milieu de matinée au large de Sein. Après 24 heures de navigation spécialement concoctées pour les durs à cuire, les voilà stoppés dans leur élan. La résistance nerveuse a pris le pas sur les capacités physiques. Mais ce cocktail contrasté puise dans les ressources et plombe le moral des troupes. Les voix fatiguées et lasses entendues à la vacation de 13h30 en témoignent. Sous le soleil qui inonde désormais le plan d’eau, certains font contre mauvaise fortune bon cœur… Trois grandes questions les taraudent. Quand et où le vent va t-il revenir ? Faudra t-il jeter l’ancre pour ne pas reculer ? Ai-je pris la bonne option ?
 
Patience et longueur de temps
 
A 14h00, en effet, Éole avait de nouveau déserté les côtes bretonnes et le courant contraire s’était invité. « Je suis quasiment arrêté. Le courant s’inverse dans la baie, je suis en train de repérer une bouée de pêcheur pour m’y accrocher au cas où » commentait Gérald Veniard. Les maigres risées qui striaient le plan d’eau restaient aléatoires en direction. Kito de Pavant (Groupe Bel) : « Je suis bâbord amures et à 100 m de moi, il y a un bateau qui avance dans la même direction, mais tribord. Ca part un peu dans tous les sens… »
 
La flotte attend avec impatience le flux de sud-ouest annoncé… mais qui tarde toujours à faire porter les voiles. Frédéric Duthil (Brossard) : « Il y a une heure, je me suis dit génial, ça rentre du sud-ouest et ben non ! C’est pas comme ça que ça se passe. A la limite, la pétole de cette nuit, on s’y attendait. Ce matin, j’étais assez optimiste… mais apparemment, ça veut pas. C’est un Figaro bizarre. C’est agaçant de voir que comme sur la 3e étape, tout le travail réalisé pendant les premiers jours est réduit à néant. C’est démoralisant. Mais bon, je ne suis pas le plus à plaindre »
 
Gérald Veniard, toujours du bon côté
 
Il n’a pas tort. Les plus à plaindre s’appellent Armel Le Cléac’h (Brit Air) et Yann Eliès (Groupe Generali assurances), partis de concert chercher fortune près des côtes… à leur grand désarroi. Cet après-midi, le skipper de Brit Air ne pouvait que constater son erreur. Leaders hier soir, les voilà 21e et 22e à 7,4 milles de la tête de course. Le Cléac’h lorgne désormais sur celui qui peut lui prendre sa troisième place au classement général, l’éternel Gérald Veniard. Sur les conseils (avant départ) du spécialiste météo et navigateur Marcel Van Triest, et pour contrecarrer ses adversaires, le Rochelais a décidé de prendre le large aux côtés de Marc Emig et d’Oliver Krauss (Espoir Crédit Agricole). Les voilà récompensés. Ce trio devance de 2,6 milles un groupe qui navigue plus proche de la route directe, composé de Kito de Pavant, 4e, Erwan Tabarly (Iceberg Finance), 5e, Charles Caudrelier (Bostik), Eric Drouglazet (PIXmania.com), Frédéric Duthil et le leader du classement général Nicolas Troussel (Financo).
Ce dernier ne peut s’empêcher de surveiller son rival Thierry Chabagny (Littoral), certes relégué 5 milles plus loin, mais qui avançait un nœud plus vite au dernier pointage…
 
La voie du large
 
La morale de cette histoire est probablement qu’une fois de plus, quand le vent est absent, c’est la voie du large qu’il faut suivre. On l’a vu lors des deux précédentes étapes. Le plus extrême dans cette stratégie est actuellement Christophe Lebas (Armor Lux) qui remonte le classement au fil des heures.
Mais avant de tirer des conclusions hâtives, encore faudrait-il que le vent revienne et permette d’y voir plus clair dans la hiérarchie. Peut-être dans quelques heures. Les concurrents sont toujours attendus à Concarneau entre 8h00 et 11h00 lundi matin.