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Vendée Arctique. Violette Dorange: « Un bateau à foils, c’est un nouveau challenge ! »

Ronan Gladu

Violette Dorange prendra le départ de la Vendée Arctique Les Sables d’Olonne, sa deuxième course en solitaire à la barre d’Initiatives-Cœur. Après une première expérience réussie début mai sur la 1000 Race, conclue par un premier podium en IMOCA, la navigatrice française poursuit sa montée en puissance sur un défi inédit : une course sans escale vers le cercle polaire arctique. Interview

Pour Violette Dorange, cette Vendée Arctique représente une nouvelle étape importante dans sa progression à bord d’Initiatives-Cœur. Mise en confiance par sa première course en solitaire sur Initiatives-Cœur, Violette est là où elle souhaitait être à ce stade de la saison, aussi bien dans la prise en main du bateau que dans sa capacité à enchaîner les navigations avec maîtrise. Sa performance sur la 1000 Race, disputée dans des conditions très particulières et peu ventées, lui a permis de franchir un cap important. Très propre dans son exécution, avec peu d’erreurs commises, Violette a surtout engrangé de précieux repères et beaucoup de confiance avant d’aborder un défi d’une toute autre nature. Car cette fois, les conditions attendues seront bien différentes. Direction le nord, le froid, des systèmes météo complexes, une eau à 4°C et un parcours totalement inconnu pour la jeune navigatrice, qui abordera cette course avec davantage de marge de sécurité dans ses choix et sa gestion du bateau.


Tu as réussi une belle première course sur la 1000 Race
C’était super. Il y avait peu de vent, donc cela m’a permis de ne pas être dans le dur et de me concentrer sur les manœuvres et mes trajectoires. Mon bateau est moins rapide au reaching et aux allures portantes. J’ai tout donné sur la fin et j’ai décroché mon premier podium en IMOCA. Mon expérience sur le Vendée Globe m’a aidée. Cette première course de la saison montre qu’on est au taquet avec l’équipe technique. On a modifié plusieurs choses sur le bateau cet hiver. On a changé les voiles, ajouté un ballast à l’avant et travaillé sur l’ergonomie. On essaie aussi de l’alléger en permanence. On sent que le bateau a du potentiel. J’étais à l’aise sur la 1000 Race parce qu’il y avait peu de vent, mais je sais que ce sera beaucoup plus difficile sur d’autres courses, comme cette Vendée Arctique, où je devrai prendre mon temps pour les manœuvres, ce qui sera un peu pénalisant.

Cela fait plus d’un an que tu découvres ton bateau…
C’est assez fou, ce bateau. Avant cette course, on a fait deux entraînements au pôle. Tous les deux se sont déroulés dans énormément de vent. On a eu des orages, mon pilote est tombé en panne. C’est dur dans ces moments-là sur ces bateaux. Mais la 1000 Race m’a fait du bien, dans le sens où j’ai vu qu’il n’y avait pas que des moments de souffrance. Il y a aussi des moments où c’est juste magnifique et où l’on se sent bien. Plus je vais maîtriser ce bateau, plus je sais que je vais me sentir à l’aise et avoir envie de naviguer encore davantage. Il y a un côté où, quand le bateau décolle, on se demande ce qu’il se passe. Puis, quand on va vite et que tout est normal, on est vraiment heureux. Mais il faut bien se tenir et parfois porter un casque.

Entre un bateau à dérives et un bateau à foils, pas de regrets ?
Je suis super heureuse d’avoir vécu mon dernier Vendée Globe sur un bateau sans foils, parce que j’ai vraiment pu vivre l’aventure, où j’étais en permanence en contact avec la mer, où je voyais les albatros m’accompagner durant toute ma traversée des mers du Sud. Cela m’a permis d’apprendre petit à petit. Mais aujourd’hui, le bateau à foils, c’est grisant. J’aime le challenge. Je n’aurais pas voulu refaire un Vendée Globe sur un bateau à dérives. Là, je suis heureuse d’être sur un bateau encore plus performant. J’ai beaucoup de choses à apprendre. Je découvre une autre manière de naviguer et de travailler. C’est très poussé. À certains moments, je me dis que je n’ai pas l’expérience nécessaire pour savoir quoi décider ou proposer comme choix, mais je suis très bien entourée par l’équipe et par Sam aussi. Parfois, je ressens les choses différemment et l’équipe est à l’écoute. Je peux faire évoluer certains éléments qui me tiennent à cœur, comme l’ergonomie du bateau. Sur les voiles, j’ai également pu donner mon ressenti sur la saison précédente afin de les améliorer. Je suis encore en phase d’apprentissage, mais tout avance très bien.

Qu’attends-tu de cette Vendée Arctique ?
Je suis vraiment contente de participer à cette course. Aller vers le nord, franchir le cercle polaire, c’est quelque chose de complètement nouveau. Le format est passionnant aussi, parce qu’il n’y a pas de waypoint ni de route imposée : ça change totalement la stratégie et la manière d’aborder la course. Je suis impatiente de prendre le départ. On s’est énormément entraînés avec l’équipe technique, qui a encore fait un travail incroyable sur le bateau. Mais rien ne remplace la sensation du grand large, cette liberté et cette connexion particulière avec le bateau quand on navigue seule. Cette course va aussi énormément m’apprendre. À chaque navigation en solitaire, je découvre encore de nouvelles choses sur Initiatives-Cœur et sur la manière de le faire avancer au mieux.