Trophée Jules Verne. Un pot d’enfer -72 mn

Trophée Jules Verne
Yann Riou / PolaRYSE / Gitana S.A.

Le vent est aux abonnés absents et à l’exception de quelques nuages coopératifs qui leur permettent des sauts de puces vers la sortie, cette traversée de la Zone de Convergence Intertropicale vire au chemin de croix. La journée a coûté cher d’un point de vue comptable. Crédités de 140 milles d’avance hier matin, les marins du Gitana Team démarrent leur sixième jour de tentative avec un retard de 72 milles à 8h.

C’est le principe, en franchissant les portes de cette zone de convergence entre les deux hémisphères, on entre dans l’imprévisible. Des vents violents portés par des grains actifs à des calmes à perte de vue, tout est possible et rien n’est écrit d’avance ici. D’une course à l’autre, le Pot-au-Noir réserve un sort bien différent aux marins qui le traversent. C’est pourquoi il est tant redouté par les navigateurs. Hier matin, en y basculant brutalement aux alentours des 9h, Franck Cammas, Charles Caudrelier et leurs équipiers ne s’imaginaient pas y passer plus de 24 heures impuissants face au manque de vent.

À bord, malgré la tension liée à ce manque de vitesse et au chrono qui file, les quarts ont tâché de continuer leur routine de rotation pour garder le rythme. Un exercice pas toujours évident entre les nombreuses manœuvres, qui nécessitent l’ensemble de l’équipage sur le pont, et la chaleur qui s’est abattue sous la casquette et dans la coque centrale du Maxi Edmond de Rothschild.

Se projeter vers la suite du tour du monde et avoir en tête les points positifs est sans nul doute la meilleure manière de débuter ce 6e jour de tentative de record sur le Trophée Jules Verne. L’équateur, encore distant de près de 150 milles en route directe, devrait être franchi dans la journée. Démarrera alors une toute autre navigation dans les alizés de sud-est en route vers les mers du Sud.