Transquadra. Deux flottes, deux ambiances, départ des 75 concurrents

Les 75 concurrents de la Transquadra Madère Martinique ont pris le départ de la 2e étape samedi. Comme attendu, les choix stratégiques des coureurs ont été faits une fois le dévent de l’ile de Madère négocié. Après seulement 36h de course, les conditions météo sont déjà radicalement différentes entre celles, toniques, négociées depuis la nuit dernière par les nordistes et les calmes qui commencent à envelopper les sudistes. Sous spi dans 20 à 25 nœuds, les concurrents engagés sur la route des Açores ont accéléré la cadence la nuit dernière, mais leur ascension n’est pas terminée.

Au sein de ce paquet de 67 bateaux, le jeu des placements a commencé depuis hier : près de 60 milles séparent en latéral les plus nord (Eric Guigné et Tangi Caron – Ose), du duo de Champagne (Philippe Claude et Frédéric Gautier).
Des choix qui auront sans doute des conséquences dans quelques jours.

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Les nordistes sont depuis ce matin en tête du classement avec Alex Ozon (Sapristi), très nord, chez les solitaires. Il est talonné par Arnaud Vuillemin (Jubilations Corses) et Olivier Grassi (Grassi Bateaux) plus sud.
Chez les doubles Atlantique, on retrouve là aussi des favoris avec la paire Noël Racine/Ludovic Sénéchal (Foggy Dew), parmi les plus nords, suivis de Philippe Claude et Frédéric Gautier (Champagne) et Gérard Quenot/Jérôme Apolda (Blue Skies).

Les Méditerranéens sont menés par Bruno Maerten et Olivier Guillerot (Figaro 2 Shamrock V) suivis de Gilolo (Jean-Christophe Petit et Grégoire Comby) et du duo Turc Tolga Pamir et Sinan Sumer (OMM Alize Ocean racing). Ce trio est virtuellement en tête même si, en distance au but, Eric Soubier et Philippe Angaud (ASAP) font de la résistance sur une route presque directe.

Ils sont trois (un solitaire et deux duos) en effet, à avoir, après quelques hésitations, finalement opté pour une trajectoire médiane.
Les 4 sudistes restant sont déjà au large des Canaries. Ils commencent à entrer dans une zone de vent faible. Leurs vitesses ce matin ont chutées à 4 – 5 nœuds. C’était prévu et attendu, il va falloir tenir bon quelques jours avant de toucher des alizés à environ 200 milles de là…
Au nord en revanche, en bottes, polaires et cirés, les quadrasailors tracent à plus de 10 nœuds pour certains. Blue Sky (Gérard Quenot/Jérôme Apolda) était même flashé à plus de 14 nœuds ce matin !

Et demain ?
Les nordistes devraient pouvoir commencer à infléchir leur route vers l’ouest. Mais, une fois ce premier système négocié, ils vont devoir appréhender le suivant : une dépression en formation dans l’ouest des Açores qui semble plus virulente que la première et risque fort de leur donner du fil à retordre… A suivre !

Alain Caudrelier et Didier Grégory (Plan International) : « Voilà les choix stratégiques sont établis. Tout petit groupe vers le sud qui va chercher et espérer que la dépression centrale remonte un peu pour ouvrir les alizés au sud. Les modèles divergent à 8j donc c’est un pari qui de toute façon sera plus confort.
Première nuit, premiers ronflements de l’autre. Ça descend bien, mais il y a un premier passage à niveau au large des Canaries. Les sudistes vont faire leur course dans la course. »
Alex Ozon (Sapristi !) : « Après moultes péripéties on a enfin pris le large… Accompagné de dauphins, le sillage planctonné, Sapristi navigue au sec ! Quel bonheur de naviguer…
Quelques déboires sur la ligne de départ, pilote en vrac et logiciel de nav aussi… Bref après 30min tout refonctionne.
Maintenant il faut passer le dévent de cette magnifique île de Madère et ce n’est pas rien car la “bête” culmine a plus de 1800m donc ça fait une belle barrière… »