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Transat Café l’Or. Avantage en Class40 pour Guillaume Pirouelle et Cédric Chateau sur SEAFRIGO – SOGESTRAN

La bataille en Class40 se poursuit dont l’épilogue prévu dans la nuit du 17 au 18 se rapproche. A moins de 500 nm de l’arrivée, l’équipe de SEAFRIGO – SOGESTRAN a pris une option pour la victoire mais rien n’est encore joué. La victoire pourrait encore se décider à la minute près en Martinique. Le verdict final reste aussi incertain qu’explosif.

Depuis 24h, SEAFRIGO – SOGESTRAN a pris la tête du classement et compte 40 nm d’avance sans pour autant crier victoire. « Ça va se jouer vraiment dans les derniers jours« , expliquait ce matin Cédric Chateau à la vacation. « C’est difficile de savoir qui va passer devant car, selon les routages, on devrait recroiser 5 ou 10 milles devant eux. » Le souci pour Cédric, c’est que SNSM FAITES UN DON ! semble aller plus vite que les routages, « notre petit matelas d’avance est en train de fondre. » A cela s’ajoute une nuit assez mouvementée pour le duo qui a enchainé une dizaine d’empannages pour slalomer entre les grains jusqu’au petit matin.

Plus au nord, Corentin Douguet profite d’une orientation du vent plus favorable « La mer est plate. C’est plutôt de la glisse. » Le skipper de SNSM FAITES UN DON ! relativise la deuxième place provisoire au classement qu’il occupe avec Axel Tréhin. « A priori, on est sur une route un peu plus directe », expliquait Corentin à la vacation. « Le paquet du sud est passé par les Canaries et a maintenant le vent un peu dans l’axe pour aller aux Antilles. Ils sont obligés de tirer des bords, alors que nous on a le vent avec un angle qui permet quasiment d’aller tout droit vers les Antilles. »

Si le finish s’annonce plus que serré, rappelons que SNSM FAITES UN DON ! Et SEAFRIGO – SOGESTRAN sont arrivés respectivement premier et deuxième à La Corogne lors de la première manche avec seulement 21 minutes d’écart. Quelques précieuses minutes qui pourraient fortement peser dans la balance dans la baie de Fort-de-France.

En 3e position, le Class40 Les Invincibles joue la carte du sud. Ils pointent à 80 nm du leader mais l’écart pourrait diminuer d’ici l’arrivée.

Deux invités surprises
Au-delà de la compétition, la vacation de ce matin a permis d’avoir également quelques éclaircissements quant à ce phénomène lumineux intriguant qu’Axel Tréhin et Corentin Douguet ont capturé cette nuit. Entre deux attaques de poissons volants, le duo a eu le temps d’admirer une pluie de petites boules de feu au loin et même d’immortaliser le moment. Trop lente pour être une étoile filante, Corentin pense davantage à une météorite, « il faudrait demander à la NASA », plaisante le skipper avant d’avancer une autre théorie « à moins que ce soit des envahisseurs venus d’une autre planète. On le saura vite si c’est le cas. »

Et cette météorite n’est pas la seule invitée de la nuit, les sargasses ont également fait leur apparition. « Ces algues présentes dans le sud-ouest de l’Atlantique Nord sont maintenant visibles à perte de vue », écrivait ce matin l’équipage de Vogue avec un Crohn. « Elles s’amassent en immenses plaques flottant à la surface de l’eau parfois sur des kilomètres. Elles se coincent dans la quille, les safrans et ralentissent notre progression déjà pénible avec ces vents instables. A défaut de pouvoir les éviter, nous scrutons en permanence la caméra de quille et essayons d’évaluer à partir de quelle densité il faut effectuer une marche arrière pour les retirer. »

La vie est loin d’être un long océan tranquille, excepté pour un équipage qui avait une énergie débordante au téléphone ce matin.

ENGIE branché sur 100 000 volts
« Avec le soleil on a plein d’énergie, nos panneaux solaires aussi ! On fait de supers surfs dans les alizés. Il y a un peu de sargasse mais franchement là c’est génial », raconte Axelle Pillain avec un sourire qu’on devine bien au-delà des oreilles. Le duo 100 % féminin de Cap pour Elles savoure au-delà de leurs espérances cette TRANSAT CAFÉ L’OR et adore se mesurer aux concurrents qui les entourent. « On compare tout le temps nos routes, nos vitesses, si on se rapproche, si on s’éloigne » détaille Axelle. « Là, on regarde si on peut passer devant Pep ou pas (VSF). Le nord, le sud, je sais pas encore qui va réussir à passer devant. On fera les comptes à la fin en Martinique. »

Une chose est sûre, les filles ne veulent pas se mettre la pression. « Sur la route, qui nous fait le plus peur ? Personne ne nous fait peur. On navigue décomplexé. Notre but, c’est d’arriver avec la meilleure place possible. On n’a rien à perdre et tout à gagner. » Et d’ajouter ironiquement au sujet de Vincent Riou et Michel Desjoyeaux, deux vainqueurs du Vendée Globe, proches d’elles : « C’est nous qui leur mettons la pression. Il faudrait leur demander si on leur fait peur. »