Thierry Chabagny remporte la première étape

Thierry Chabagny Solitaire 2015
DR

Cette première étape de la 46e édition de La Solitaire du Figaro restera dans les annales. La plus courte sur le papier (461 milles), elle s’est avérée longue et compliquée. Le golfe de Gascogne, traversé par deux fronts successifs, a contraint les 39 marins à aller chercher des bascules de vents et à faire des choix stratégiques permanents. Dans une mer formée et un vent de sud-ouest établi, la flotte s’est scindée, au bout de 48 heures, en deux groupes bien distincts dans l’idée d’aborder le cap Finisterre sous le meilleur angle possible.

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La bataille des ténors du circuit Figaro Bénéteau

Thierry Chabagny se trouve alors avec les favoris de l’épreuve, à l’image de Yann Eliès (Groupe Queguiner – Leucémie Espoir) et de Jérémie Beyou (Maître CoQ), respectivement double et triple vainqueurs de La Solitaire. Dans le bon rythme, signant une trajectoire parfaite, le skipper de Gedimat colle au tableau arrière d’un Yann Eliès combattant. L’option ouest du petit groupe mené par Adrien Hardy (Agir Recouvrement), Gildas Mahé (Qualiconfort – The Beautiful Watch) ou encore Corentin Horeau (Bretagne – Crédit Mutuel Performance) fait douter les sudistes un temps… Entre la gestion du bateau, du bonhomme et de la météo, les cerveaux fonctionnent à 200% sur la façon d’aborder le cap Finisterre et son coup de vent.

Chab’ s’envole

Passé le cap Ortegal, Chabagny met le turbo. La flotte est en mode sécurité (port du gilet de sauvetage obligatoire compte tenu du vent fort), et le stress de casser du matériel freine parfois les ardeurs. Chabagny en profite pour se décaler pour toucher du vent encore plus fort, sans hésiter à manœuvrer dans ces conditions délicates. Hier après-midi, le voilà qui prend les commandes de la flotte, pour ne plus les lâcher jusqu’à l’entrée de la baie de Sanxenxo. A 3 milles de la délivrance, comme Météo Consult l’avait annoncé, le vent s’écroule complètement, permettant aux poursuivants de Gedimat de revenir… à toucher son tableau arrière. Patience, concentration et détermination ont été les armes de Thierry Chabagny qui durant près de 4 heures a tenu tête à une meute de figaristes parés à le croquer. Il termine 15 minutes devant le deuxième de l’étape, Yann Eliès. Un rêve qu’il touche enfin à pleines mains depuis quatorze ans qu’il use ses fonds de cirés sur le circuit Figaro Bénéteau…

Ils ont dit :

Thierry Chabagny (Gédimat) : « J’ai dû faire une cinquantaine d’étapes, c’est la victoire de la patience. Je dois être un animal à la maturité lente, mais à maturité quand même, cela finit par arriver. C’est aussi la victoire de la fidélité avec mon partenaire, parce que ça fait cinq ans qu’on est ensemble. C’est une grande joie. C’est sûr la fin dans la molle, c’était un peu énervant, mais pour que ça se termine comme ça, c’est que je devais vraiment la gagner. C’est seulement à 0,05 mille de l’arrivée que je me suis dit que ça allait le faire.
Sur la ligne, j’ai pensé que c’était incroyable. Cette étape a été dure, compliquée, dès le départ et la sortie de la Gironde, puis les passages de front froid au près, le passage du cap Finisterre dans la brise… Il y avait pas mal de difficultés. Mais à chaque fois, j’étais dans le bon paquet. Cette victoire on ne pourra pas me la reprendre, même si Yann a un quart d’heure… Il faut le mettre à cinq heures, sinon cela ne sert à rien ! Il n’est jamais mort cet animal, il revient toujours, il a une aptitude à faire ça qui est folle. »

Yann Eliès (Groupe Queguiner – Leucémie Espoir) : « Je crois que c’est la première fois que je mets autant de temps à finir une course ! Pas de vent, pas de vent, pas un souffle d’air, très peu de vagues. Ce n’était pas évident, mais j’ai appris des trucs, comme de faire gîter le bateau, régler la grand-voile à la main… C’est bien pour Thierry (Chabagny), il a pas mal navigué ! J’étais devant à un moment, mais je n’avais pas compris qu’il n’y aurait plus de vent jusqu’à la fin. Ce fut une étape riche en situations, le scénario était proche de ce qu’on avait prévu. Je ne me suis pas senti perdu dans les enchaînements. La pétole était prévue, les 30 nœuds au cap Finisterre aussi. C’était varié, j’ai eu des bonnes phase de plaisir, mais des phases où Charlie et Thierry allaient très vite au près. Il faut que j’y croie plus ! Parfois je n’ai pas le mental, je n’y crois pas assez, je pars battu. »

Alexis Loison (Groupe Fiva) : « Du début à la fin, cette étape s’est plutôt bien passée, puisqu’au départ de Bordeaux, qui n’était pas forcément simple, j’ai réussi à me faufiler et à prendre la tête. Tout du long, j’étais dans les bons coups ; et là, je pense qu’il va y avoir un peu d’écart, qui va coûter cher à certains et qui va aider pour le général, parfait, je suis satisfait ! J’ai eu peur à la fin, que tout le monde revienne, que je perde quelques places… A un moment j’étais plutôt 5è, mais j’ai réussi à mériter mon podium ! C’était très impressionnant ce final, on attendait une petite risée et cela ne revenait jamais. On a essayé plein de techniques, on se surveillait entre nous pour voir comment les autres faisait… Mais on progressait tous à 0,5-0,6 nœuds, c’était interminable. » Yann râlait à la fin, il commençait à trouver ça long moi aussi. On était ensemble, on n’a pas arrêté de faire le yoyo, mais il va vite, j’avais du mal à le contenir, il faut que je trouve pourquoi. »

Classement à Sanxenxo
1 GEDIMATThierry Chabagny             Arrivé en 3 jours, 9 heures, 11 minutes et 36 secondes à la vitesse moyenne de 5.68 noeuds.
2 GROUPE QUEGUINER – LEUCEMIE ESPOIRYann Elies Arrivé en 3 jours, 9 heures, 26 minutes et 39 secondes à la vitesse moyenne de 5.66 noeuds.
3 GROUPE FIVAAlexis Loison Arrivé en 3 jours, 9 heures, 28 minutes et 13 secondes à la vitesse moyenne de 5.66 noeuds.
4 SKIPPER MACIF 2015Charlie Dalin Arrivé en 3 jours, 9 heures, 30 minutes et 2 secondes à la vitesse moyenne de 5.66 noeuds.
5 SKIPPER HERAULTXavier Macaire           arrivé en 3 jours, 9 heures, 32 minutes et 41 secondes à la vitesse moyenne de 5.65 noeuds.
6 CERCLE VERTGildas Morvan         Arrivé en 3 jours, 9 heures, 36 minutes et 20 secondes à la vitesse moyenne de 5.65 noeuds.
7 MAITRE COQ Jérémie Beyou  Arrivé en 3 jours, 9 heures, 44 minutes et 56 secondes à la vitesse moyenne de 5.64 noeuds.
8 SAFRAN – GUY COTTEN Gwenolé Gahinet Arrivé en 3 jours, 9 heures, 47 minutes et 30 secondes à la vitesse moyenne de 5.64 noeuds.
9 SKIPPER MACIF 2014 Yoann Richomme Arrivé en 3 jours, 10 heures, 56 minutes et 33 secondes à la vitesse moyenne de 5.56 noeuds.
10 GUYOT EnvironnementVincent Biarnes Arrivé en 3 jours, 11 heures, 7 minutes et 0 secondes à la vitesse moyenne de 5.55 noeuds.