On n’était pas habitué à voir les Skippers Macif aussi loin dans le classement au général. Respectivement 19e et 31e de la deuxième étape de la Solitaire du Figaro Paprec entre Vigo et Pornichet, et 14e et 20e au général, Hugo Dhallenne et Chloé Le Bars espéraient davantage. La Solitaire est parfois cruelle. Ils espèrent faire mieux sur la troisième étape.
Fatigués mais loin d’être abattus, les deux skippers Macif comptent bien tout donner sur l’ultime étape vers Le Havre, dont le départ sera donné dimanche à 19 heures. Avec un scénario météo annoncé plus venté et plus lisible, l’occasion est belle d’aller chercher un résultat après une 2e étape à haute intensité, entre coups tactiques et nuits blanches.
À les écouter raconter leur course, un mot revient sans cesse : l’intensité. « Je suis cramé. Le vent était instable et on a passé notre vie à bosser jour et nuit », résume Hugo Dhallenne. Dès la sortie de la baie de Vigo, les scénarios divergent. La flotte se fracture, les groupes se forment puis se recomposent au gré des options météorologiques. Entre orages, grains à plus de 35 nœuds et vents erratiques, les deux marins passent l’essentiel de leur temps sur le pont. « On était tout le temps à manœuvrer, à essayer d’anticiper », raconte Hugo. Même sentiment chez Chloé Le Bars, qui a longtemps cru tenir le bon wagon. « J’ai fait un super parcours dans la baie de Vigo, j’étais dans le bon rythme, j’avais le flow. Dans le golfe de Gascogne, quand je me suis retrouvée deuxième, c’était dingue, j’y croyais. »
Dans cette Solitaire où les écarts se jouent parfois sur quelques choix de placement, la navigatrice a assumé ses convictions : « Je doutais parfois en me demandant si ce n’était pas trop risqué, mais je ne comprenais pas non plus pourquoi les autres ne faisaient pas les mêmes choix. Je perds finalement sur des options très tranchées, mais c’est comme ça que je navigue. Je trouve ça ennuyeux de suivre les autres. Au moins, j’ai tenté des choses. »
Pour les deux skippers, le sommeil est devenu secondaire car les manœuvres se sont enchaînées. « Je n’ai même pas compté les changements de voiles entre le foc, le gennaker et le spi. C’était en continu », sourit Chloé. « J’ai très peu dormi sur toute l’étape. » Une dépense d’énergie permanente qui laisse des traces à l’arrivée.
DéLa frustration est réelle. Hugo ne la cache pas. « J’ai réussi à reprendre quelques places sur la fin, ce qui fait un peu de bien au moral, mais ces deux premières étapes ne se sont pas déroulées comme je l’espérais au niveau du résultat. » Même constat pour Chloé, qui estime pourtant avoir réalisé plusieurs bons coups tactiques. « J’ai eu beaucoup d’idées stratégiques. Elles n’ont pas toutes fonctionné, mais il faut que je garde confiance. » Car au-delà du classement, tous deux retiennent aussi leur engagement total. Hugo sait l’énergie investie. « J’ai mis énormément d’intensité dans cette étape. Quand on sacrifie autant d’heures de sommeil, on aimerait être davantage récompensé au classement. » Chloé, elle, préfère retenir ce qu’elle a appris et les moments forts vécus en mer : « Cette étape était magnifique. J’ai vu énormément de dauphins, des globicéphales, des lumières incroyables. Nous avons aussi passé près de vingt-quatre heures dans le brouillard dans une ambiance incroyable. »
Pour la troisième et dernière étape de cette Solitaire du Figaro Paprec, les scénarios météorologiques s’annoncent plus lisibles. Les concurrents devraient d’abord composer avec un flux de nord-ouest avant une bascule au sud-ouest, puis l’arrivée d’un front actif mercredi qui pourrait rebattre les cartes. Des conditions plus franches, plus engagées aussi, qui promettent une course offensive jusqu’au Havre. De quoi redonner de l’appétit aux deux skippers Macif. Car dans une Solitaire où chaque manche raconte une histoire différente, ils auront une dernière occasion d’aller chercher la place qui correspond à leur niveau, et à l’énergie déployée depuis le départ de Perros-Guirec.
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