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Ultim. Gitana 17 devient Actual Ultim 4, Gitana 18 en construction

Actual group officialise le rachat du Maxi Edmond de Rothschild qui, dans les prochaines semaines, deviendra Actual Ultim 4 et entamera sa deuxième vie au sein de la Classe ULTIM.

Avec ce rachat de Gitana 17, Actual group entre dans une nouvelle phase de son projet, résolument tournée vers la performance et l’excellence. Ce bateau visionnaire, conçu pour voler au-dessus des mers, incarne l’audace, l’innovation et la précision.
« Je souhaite remercier et féliciter chaleureusement Ariane et Benjamin de Rothschild pour leur audace et leur vision d’avant-garde. Grâce à cet engagement, Gitana 17 a repoussé les limites de ce qui était imaginable dans le monde de la course au large. Un immense bravo également à Cyril Dardashti, team manager, et à toute l’équipe de Gitana, dont la conception visionnaire a donné naissance à un bateau, devenu une référence et une inspiration pour de nombreux autres acteurs de la course au large. Son skipper, Charles Caudrelier, a écrit une page extraordinaire de l’histoire de ce bateau, remportant des succès d’exception grâce à son talent, son travail et sa capacité à maîtriser cette machine d’exception. Son palmarès, enrichi de victoires majeures, restera à jamais lié à l’ADN de Gitana 17 et au rayonnement du Team Gitana. En intégrant Gitana 17 à son projet, Actual group s’inscrit dans une lignée d&rsq uo;excellence et d’innovation, prêt à relever de nouveaux défis à la hauteur de cet héritage exceptionnel. » Samuel Tual, Président Actual group

Ce nouveau défi s’accompagne d’une ambition claire : atteindre l’excellence et se positionner parmi les leaders de la classe Ultim.Comme le souligne Samuel Tual : « Nous avons un jeune skipper talentueux qui ne demande qu’à se réaliser, il fallait lui donner les moyens en le dotant du bateau le plus performant de la flotte aujourd’hui. C’est chose faite. Ce projet va nous obliger à réhausser notre niveau de jeu, à être encore plus exigeants. Nous assumons désormais des objectifs sportifs ambitieux, ce que l’ancien bateau ne permettait pas d’envisager. »
Anthony Marchand, skipper d’Actual Ultim 3, partage son enthousiasme : « Je suis très fier de la confiance qui m’est faite. Je suis conscient de l’enjeu et de l’exigence que ce projet impose, mais je suis certain qu’avec le Team et Yves Le Blevec, nous relèverons ce défi. Nous avons devant nous un bateau exceptionnel, un véritable concentré d’innovation et de technologie, qui va nous permettre de repousser nos limites et d’aller chercher des performances de très haut niveau. C’est une aventure qui exige le meilleur de chacun, et je suis convaincu que, collectivement, nous avons les compétences et la détermination nécessaires pour confirmer la grande histoire de ce bateau.»

Planning 2025 : une année de transition et de préparation

Mise à l’eau au début de l’été.
Transat Café l’Or, départ le 26 octobre, Le Havre : Actual Ultim 4 alignera son étrave sur la ligne de départ de la Transat Café l’Or à l’automne, sous ses nouvelles couleurs.

Pour Ariane de Rothschild et les membres du Gitana Team, se séparer d’un tel bateau de légende provoque forcément un pincement au cœur mais c’est aussi la promesse d’une nouvelle unité qui viendra bientôt agrandir la belle et longue lignée des Gitana, une passion maritime familiale unique au monde, initiée il y a 150 ans.
« Nous sommes ravis de savoir Gitana 17 désormais dans les mains de l’équipe Actual et également ravis que ce bateau de légende puisse rester au sein de la flotte ULTIM. C’était un point important pour notre armatrice, Ariane de Rothschild. Le parcours et l’engagement de Samuel Tual et de ses équipes, présents dans la voile depuis plus de 20 ans, sont admirables. Avec Gitana 17, ils vont, j’en suis certain, écrire de très belles pages. Je leur souhaite beaucoup de succès avec ce grand bateau… mais peut-être pas trop quand même ! », souriait Cyril Dardashti, le directeur de Gitana, avant de poursuivre : « Gitana 17 restera un bateau remarquable dans l’histoire maritime de la famille d’Ariane et de Benjamin de Rothschild. Il symbolise leur audace, leur goût pour l’excellence et l’innovation mais aussi la grande confiance qu’ils accordent à leurs équipes. Imaginer, concevoir et mettre au point une telle machine a été un plaisir immense pour toute l’équipe même si cela a également été un travail colossal et un grand engagement de chacun durant près de 10 ans pour que le rêve de voler autour du monde sur ces bateaux fabuleux devienne une réalité. »

« Ce bateau nous a apporté tant de bonheur ! Personnellement, Gitana 17 est le bateau de ma vie. Celui qui m’a redonné envie de courir et qui m’a offert les plus belles victoires en solitaire de ma carrière. Il est légendaire et il est très loin d’en avoir fini avec les podiums ! Il sera un concurrent redoutable à l’avenir et je suis particulièrement heureux de voir Anthony Marchand en prendre la barre », confiait Charles Caudrelier.

Gitana 18, une relève très attendue

En décembre 2023, Ariane de Rothschild annonçait officiellement la mise en construction d’un nouveau Maxi Edmond de Rothschild : Gitana 18. Depuis, en compagnie des équipes de CDK Technologies et du Team Verdier, les membres du Gitana Team sont à pied d’œuvre pour faire naître celui qui aura la lourde tâche de succéder à Gitana 17, « à jamais le premier maxi-trimaran de course au large pensé et fabriqué pour voler autour du monde ».

La plus grande confidentialité entoure le chantier de construction de ce nouveau géant de 32 mètres de long par 23 mètres de large ; « le bateau ne sera vraiment dévoilé que lors de sa sortie de chantier pour sa mise à l’eau fin septembre prochain », annonçait Cyril Dardashti. Fidèle à sa réputation, l’écurie aux cinq flèches, place ses ambitions très haut et le maxi-trimaran qui prend actuellement forme ne devrait pas laisser indifférent tant dans les concepts architecturaux développés que dans la nouvelle identité graphique imaginée.

Vendée Globe. Rush final !

Il y a du match à tous les étages dans cette fin de course éprouvante pour le top 10 de ce 10ᵉ Vendée Globe. Jérémie Beyou, à bord de Charal, a remporté son duel face à Sam Goodshild par KO, ce dernier ayant explosé sa grand-voile. Jérémie devrait boucler son Vendée Globe dans la nuit de jeudi à vendredi, à une belle 4ᵉ place.

La 5ᵉ place reste très disputée entre Paul Meilhat (Biotherm) et Nicolas Lunven (Holcim-PRB). Les deux anciens Figaristes s’affrontent dans une véritable partie d’échecs, tirant chacun profit des atouts spécifiques de leur bateau. Ce mercredi, Paul Meilhat dispose d’un avantage de 20 milles sur son rival.

Justine Mettraux (Teamwork-Snef), première femme de ce Vendée Globe, devrait dépasser Sam Goodshild pour s’emparer d’une superbe 7ᵉ place. Elle est en passe de battre le record établi par Clarisse Crémer et de devenir la femme la plus rapide de l’histoire du Vendée Globe. Thomas Ruyant, actuellement 9ᵉ, pourrait également dépasser Sam Goodshild, son partenaire d’écurie, à bord du bateau nommé Vulnérable, un nom qui, malheureusement, ne leur aura pas porté chance.

Benjamin Dutreux, sur Guyot Environnement, a effectué une remontée spectaculaire depuis l’océan Indien et est désormais solidement installé dans le top 10, devant Clarisse Crémer, Sam Davies, et Boris Herrmann. Pour tous ces skippers, la fin de ce tour du monde, éprouvant à bien des égards, est désormais attendue avec impatience.

Plus au sud, à l’équateur, dans des conditions encore clémentes, Romain Attanasio mène le groupe des bateaux à dérives, dont Jean Le Cam, 21ᵉ, qui a réussi à recoller au peloton après avoir réparé son étai de J2 cassé. Plus loin derrière, Violette Dorange, 28ᵉ, vient de passer le cap Cabo Frio.

Voici les dernières estimations d’arrivées des prochains concurrents du Vendée Globe.
(ETA : Estimated Time of Arrival)

ETA

Jérémie Beyou (Charal) : Entre le 23 janvier 22h00 et le 24 janvier 8h00

Paul Meilhat (Biotherm) :  24 janvier 2025 
Nicolas Lunven (HOLCIM – PRB) :  24 janvier 2025

Justine Mettraux (Teamwork – Team SNEF) :  Nuit du 24 au 25 janvier 2025 

Thomas Ruyant (VULNERABLE) :  25 janvier 2025
Sam Goodchild (VULNERABLE) :  25 janvier 2025

Benjamin Dutreux (GUYOT environnement – Water Family) : Entre le 26 janvier 15h00 et le 27 janvier 2025 12h00
Clarisse Crémer (L’Occitane en Provence) : Entre le 26 janvier 15h00 et le 27 janvier 2025 12h00                          
Samantha Davies (Initiatives-Cœur) : Entre le 26 janvier 15h00 et le 27 janvier 2025 12h00

Boris Herrmann (Malizia – SeaExplorer) : 27 janvier 2025 

Romain Attanasio (Fortinet – Best Western) :  1er février 2025

Damien Seguin (Groupe Apicil) : Entre le 2 et le 3 février 2025
Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo for  a Job) : Entre le 2 et le 3 février 2025
Tanguy Le Turquais (Lazare) : Entre le 2 et le 3 février 2025
Isabelle Joschke (MACSF) : Entre le 2 et le 3 février 2025
Giancarlo Pedote (Prysmian) : Entre le 2 et le 3 février 2025

Conrad Colman (MS Amlin) : Entre le 3 et le 4 février 2025
Jean Le Cam (Tout commence en Finistère – Armor-Lux) : Entre le 3 et le 4 février 2025
Alan Roura (Hublot) : Entre le 3 et le 4 février 2025

Guirec Soudée (Freelance.com) : Entre le 5 et le 6 février 2025

Sébastien Marsset (Foussier) : Entre  le 6 et le 8 février 2025
Louis Duc (Fives Group – Lantana Environnement) : Entre le 6 et le 8 février 2025
Kojiro Shiraishi (DMG Mori Global One) : Entre  le 6 et le 8 février 2025
Arnaud Boissières (La Mie Câline) : Entre  le 6 et le 8 février 2025
Violette Dorange (Devenir) : Entre  le 6 et le 8 février 2025

Oliver Heer (TUT GUT.) : Entre le 12 février et le 14 février 2025
Antoine Cornic (Human Immobilier) : Entre le 12 février et le 14 février 2025
Jingkun Xu (Singchain Team Haikou) : Entre le 12 février et le 14 février 2025

Fabrice Amedeo (Nexans – Wewise) : Entre le 23 et 26 février 2025
Manuel Cousin (Coup de pouce) : Entre le 23 et 26 février 2025
Denis Van Weynbergh (D’Ieteren Group) : Entre le 23 et 26 février 2025

Ces ETA sont établies par la Direction de Course et seront actualisées quotidiennement.

Vendée Globe. Nicolas Lunven Holcim-PRB : “La mer est dingue!”

Parfois il vaut mieux naviguer de nuit pour ne pas voir l’état de la mer. Nicolas Lunven et son groupe sont dans une dépression assez violente, l’ultime obstacle avant d’arriver aux Sables.

En tout cas, « ce n’est pas le scénario que j’aurais choisi » confirme Nicolas Lunven qui évolue ce lundi au cœur d’une dépression particulièrement virulente. « Les conditions se sont durcies la nuit dernière. L’avantage avec la nuit, c’est que tu ne vois pas dehors. Mais quand le jour s’est levé ce matin, j’ai pu voir l’état de la mer et ça n’est pas génial ! Là, j’ai entre 30 et 40 nœuds de vent mais la mer est dingue. Il y a 6 à 7 mètres de mer. C’est beau mais je serai content quand ce sera terminé » raconte le skipper dans un brouhaha qui témoigne de l’agitation qui règne à bord du monocoque.

Pour Nicolas, actuellement 7e à la lutte avec Paul Meilhat, le scénario est très clair : faire le dos rond. Pas question de tenter le diable dans cette tempête alors qu’il ne reste que 1 200 milles à parcourir. Le solitaire a d’ailleurs choisi de s’éloigner un peu du plus fort du vent et de la mer contrairement qui le devancent Charal (Jérémie Beyou) et Vulnérable (Sam Goodchild). Ces deux-là n’ont pas hésité à pousser leur mano a mano dans le vent portant fort. Ils progressent dans le nord ouest de leurs poursuivants, dans des conditions plus dures qui ont d’ailleurs valu à Sam Goodchild une rude sortie de route cet après-midi. Le bateau du britannique a empanné brusquement et la grand-voile s’est déchirée. « J’ai joué, j’ai perdu » résume le skipper, fataliste.

À bord d’Holcim-PRB, Nicolas a choisi de mettre un peu plus de prudence dans sa route car il sait que jusqu’au bout, la météo semble vouloir jouer contre lui et ses adversaires. « La suite, ce sont des conditions difficiles jusqu’à l’arrivée. Ça devrait mollir un peu ce soir. Ce sera plutôt 30 nœuds que 35. Demain matin, on arrivera au contact du centre de la dépression. Elle va se mettre en route vers Lisbonne à ce moment-là. Je ne pense pas pouvoir passer dessous pour rester au portant et pouvoir faire le tour. Il me reste deux solutions : soit l’attaquer par la face nord au près mais ce sera ambiance louvoyage dans 40 nœuds jusqu’au Cap Finisterre avec la mer qui va bien, soit c’est essayer de rester derrière le centre et de le suivre jusqu’à la côte Portugaise. Tu remontes ensuite la côte portugaise au louvoyage dans du vent qui mollit jusqu’à l’entrée dans le Golfe de Gascogne. Et ce n’est pas fini ! Il y aura une petite dorsale à gérer juste après la dépression avant d’enchainer, jeudi avec une nouvelle dépression » détaille Nicolas conscient aussi que ces conditions offrent l’opportunité de bouleverser le classement d’ici l’arrivée aux Sables d’Olonne. Holcim-PRB progresse au vent de Paul Meilhat, en position favorable pour les heures à venir. Seuls 25 milles séparent les deux IMOCA après 71 jours de mer ! Cette bataille est époustouflante et nourrit tous les espoirs de voir Holcim-PRB grapiller des milles. Si la tempête est belle aux yeux de Nicolas, la compétition qui se joue sur l’eau n’a rien à lui envier vue depuis la terre.

Une chose est sûre, Nicolas comme ses adversaires nous livrent une remarquable démonstration de ténacité et d’engagement. C’est aussi cela qui sera célébré en fin de semaine alors que Nicolas retrouvera sa famille, son équipe, ses amis et ses partenaires pour célébrer la fin de cet immense voyage autour du monde par les trois caps.

Vendée Globe. Benjamin Dutreux, un Top10 à préserver

RACE, JANUARY 19, 2025 : Photo sent from the boat GUYOT Environnement - Water Family during the Vendee Globe sailing race on January 19, 2025. (Photo by skipper Benjamin Dutreux)

Après un Ocean Indien très difficile, une fin de Pacifique plus clément qui lui a permis de revenir, Benjamin Dutreux, le skipper de GUYOT environnement – Water Family, est désormais à la 10e place ce week-end à la lutte avec Clarisse Crémer. Une très belle performance qu’il espère maintenir jusqu’à l’arrivée. Il pourrait même faire 9e après les déboires de GV de Sam Goodshild.

Mais la tâche s’annonce loin d’être facile : entre grains violents, vents instables et une série de dépressions, les derniers milles promettent d’être intenses. Malgré ces conditions éprouvantes, le marin garde le cap, concentré sur l’essentiel : rejoindre les Sables-d’Olonne en évitant les pièges de l’Atlantique. Une fin de course qui s’annonce autant stratégique que physique !

À ce stade de la course, où chaque détail compte, Benjamin Dutreux doit maintenant jongler avec des conditions météorologiques complexes. Après avoir quitté une zone de haute pression, il se retrouve confronté à des défis bien différents. « Ce n’est pas facile. Le vent, qui varie entre 12 et 25 nœuds, parfois de manière assez brutale, tourne dans tous les sens à chaque fois qu’il y a un grain qui passe », explique-t-il. Malgré ces conditions instables, il reste positif : « Je suis content d’être sorti de la dorsale quand même. J’avance dans la bonne direction. » Mais les difficultés ne s’arrêtent pas là. « Il y aura des phases de reaching en mer, avec des vents assez forts qui ne seront probablement pas très agréables. Il y aura aussi des zones sans vent entre chaque front », ajoute-t-il, tout en se préparant mentalement pour gérer trois dépressions successives, dont la dernière semble particulièrement redoutable.

Trois dépressions à négocier ?
« J’espère qu’on arrivera avant, car elle est bien plus solide que les deux premières, et on n’a vraiment pas envie de s’y frotter. » Pour l’heure, le skipper reste concentré sur sa progression. « Il ne faut pas traîner si on veut arriver dans de bonnes conditions. On verra bien ce qui nous attend. Pour l’heure, l’essentiel est de continuer à avancer ». Cette détermination se reflète également dans sa position actuelle parmi les dix premiers. « C’est la bagarre pour le classement, mais j’ai surtout l’impression que ça va être la bagarre pour arriver déjà ». Dans les derniers milles de ce tour du monde, le Vendéen – dont l’arrivée est aujourd’hui envisagée entre dimanche et lundi – sait qu’il doit rester concentré. « C’est sûr que c’est plutôt sympa d’être en groupe, et c’est cool d’être 10e. Ce serait une belle performance de terminer à cette place. Il faut donc rester focus jusqu’au bout ! » Une attitude prudente et combative, à l’image de cette aventure hors du commun.

Vendée Globe. Sam Goodchild déchire sa Grand Voile à 3 jours de l’arrivée!

A la lutte avec Jérémie Beyou (Charal) pour la 4e place, Sam Goodchild, le skipper Britannique du voilier VULNERABLE, a informé peu avant 13 heures la direction de course du Vendée Globe et son équipe technique TR Racing de la déchirure de sa grand voile. Elle a littéralement explosé lors d’un empannage intempestif sous pilote, au niveau de la 3ème latte, sur toute la largeur, de la chute au guindant, alors que le voilier affrontait des vents à près de 30 noeuds.

Sam a repris sa route, grand voile affalée, avec à l’avant le J2 et le J3 en ciseaux. Il bataillait ferme et bord à bord depuis la latitude d’Itajai au Brésil avec Jérémie Beyou (Charal) pour le gain de la 4ème place au moment de l’incident. Certainement l’une des grandes révélations de ce Vendée Globe, Sam, auteur depuis le départ d’une navigation limpide, et pointé en début de course à maintes reprises en tête de la flotte, va dorénavant jeter ses dernières forces pour terminer son premier Vendée Globe, à la meilleure place possible.

Sam Goodchild : « Je passais la dépression au large des Açores, on passait le plus fort du vent et de la mer quand on a subi un double gybe (empannage) sous pilote, dans une risée avec la grand voile bien choquée. Elle a fait un tour de bastaque en cassant des lattes et en se déchirant en deux morceaux. La déchirure est assez haute. Je ne peux pas prendre de 3ème ris mais une réparation est envisageable. Pour l’heure, il y a de la mer et 30 noeuds de vent et ce n’est pas propice à une réparation. Je vais faire de l’Est autant que je peux et essayer de réparer un peu plus tard. Cela change complètement mon Vendée Globe. J’essaie juste de ramener mon bateau à bon port. On va aller jusqu’au bout. Si je ne peux pas réparer, il faudra attendre que le vent soit avec moi pour rentrer comme je le pourrai. On ne voulait pas de cette dépression si proche de l’arrivée. Mais elle était là. J’ai joué et j’ai perdu. C’est un changement d’histoire et on ne lâche rien. Je vais réfléchir à tout cela et essayer de m’en sortir le mieux possible.”

Sam Goodchild, à bord de l’IMOCA VULNERABLE, était à la mi-journée, en ce 72ème jour de course, pointé en 5ème position à 24 milles de Charal et 1 200 milles de l’arrivée.

Franck Cammas dévoile Sailing Generation avec pour objectif le Vendée Globe et les Jeux Olympiques 2028

Sailing Generation est un projet ambitieux avec Franck Cammas qui lance un un projet IMOCA , et trois marins, Jean-Baptiste Bernaz, Jérémie Mion (49er) et Paola Amar (470) qui vise les JO. Objectif : fédérer les énergies, les savoir-faire et mobiliser les ressources techniques afin de se donner les moyens de ses ambitions. En ligne de mire : The Ocean Race 2027 (tour du monde en équipage) puis une année 2028 qui s’annonce grandiose avec les Jeux Olympiques de Los Angeles et la prochaine édition du Vendée Globe. Initiateur du projet, Franck Cammas en décrypte les enjeux et lance un appel à des partenaires.

Franck Cammas (engagé en IMOCA)
Les prémices d’une aventure. « Pendant plus de quinze ans, j’ai pu évoluer en course au large, en voile olympique et en régate inshore. Ces mondes ont toujours été assez hermétiques alors qu’ils ont tant à s’apprendre les uns des autres. Nous sommes capables de travailler ensemble, de mobiliser les énergies, d’utiliser les mêmes outils et la même rigueur afin d’être performant pour se frotter aux meilleurs mondiaux. Sailing Generation vise ainsi à fédérer les talents et multiplier les synergies entre l’offshore et l’inshore. »

Une structure innovante. « Sailing Generation est pensée comme un accompagnement à la performance. Ce sera une structure privée, agile et efficace qui vise avant tout à mettre tous les moyens possibles pour contribuer à la réussite des athlètes qui intègrent la structure. Notre objectif est de s’appuyer sur les connaissances techniques, la solidarité et l’entraide afin de permettre à chacun de briller dans chacune des compétitions où nous participerons. »

                                                            Paola Amar (engagée en Moth)

Une équipe ambitieuse. « Nous avons réuni quatre passionnés. Au-delà de leur tête bien faite c’est avant tout et surtout des sportifs qui souhaitent remporter ce qui se fait de mieux dans leur catégorie. Paola Amar est déjà Vice Championne du monde jeune de 470 ; Jean-Baptiste Bernaz le seul français de l’histoire champion du monde en Laser et 4 fois finalistes aux Jeux Olympiques et Jérémie Mion champion du monde de 470, et acteur majeur de la voile olympique. Nous savons qu’ensemble, nous serons capables de partager notre savoir, notre expérience et que nous serons encore plus efficaces pour viser le plus haut. »

Un projet IMOCA audacieux. « Nous souhaitons former un centre d’excellence technologique. À moyen terme, il permettra de réaliser un travail conséquent en matière d’ingénierie, d’aérodynamique et de structures pour tous les membres de Sailing Génération. En premier lieu, ce design team sera chargé de dessiner et de mettre au point un IMOCA (un monocoque de 18,28 m). Je souhaite en effet participer au Vendée Globe 2028 et disputer The Ocean Race en 2027. L’actuelle édition du Vendée Globe démontre l’importance de disposer d’un bateau de dernière génération pour viser la victoire. La conception est un des aspects qui m’enthousiasme le plus et je suis persuadé que nous pouvons construire un bateau à la fois innovant et performant, conçu pour le prochain cycle (2024-2028). »

Jean-Baptiste Bernaz (engagé pour les Jeux Olympiques) Jérémie Mion (engagé pour les Jeux Olympiques)
Un appel aux partenaires. « Pour la première fois, nous permettons à des entreprises de pouvoir s’engager auprès de tout ce qui fait la richesse et la diversité de la voile, de la course au large à la voile olympique. Ils pourront être visibles sur l’ensemble de nos projets, activités et toutes les courses où nous participeront. Pour eux, c’est l’occasion de soutenir une multitude de profils, des histoires différentes, des destins de sportifs et de mettre en valeur leur singularité. Ce n’est plus le soutien à un marin et un projet, ce sont des histoires de femmes et d’hommes que l’on accompagne, aussi éclectiques que le sont notre discipline et notre société. Notre ADN, c’est d’élargir la base et de s’ouvrir à tous ces profils. »

Des valeurs fédératrices. « Nous tenons beaucoup à la diversité, à l’inclusivité et à favoriser concrètement l’accès à notre sport en général et en particulier au haut niveau. Nos ambassadeurs font office de passerelles intergénérationnelles et sociales. La finalité de ce projet, c’est la transmission, la capacité à travailler ensemble. Le designteam en sera le meilleur exemple : ce sera le centre névralgique de l’équipe en mettant ses compétences au service de chaque sportif. Nous sommes persuadés qu’il n’y a pas de performance sans placer l’humain et la technologie au cœur de notre engagement. »
Un challenge et des promesses. « Nous mesurons tous que ce projet est particulièrement ambitieux. Mais il nous tient à cœur d’être honnête sur nos objectifs et notre capacité à construire ce projet pas à pas. En tant que sportif, nous aimons la difficulté, mais nous savons rester humbles. Ce n’est pas uniquement un projet de plus, c’est le début d’une belle aventure collective, l’union entre des passionnés prêts à relever tous les défis et aller au bout des ambitions de chacun. ».

LE REGARD DE JEAN-BAPTISTE BERNAZ :

« Ce qui m’a séduit avant tout dans ce projet, c’est l’idée de transversalité. La voile est un sport à la fois complexe, complet, et il a de multiples facettes. L’enjeu majeur du projet, c’est de puiser dans la jeunesse et la motivation de l’olympisme, tout en bénéficiant de l’expertise et des appuis techniques de la course au large. Unir les champions et les talents est particulièrement pertinent. Je suis animé en permanence par la volonté de progresser, et pour y parvenir, il n’y a rien de mieux que de s’ouvrir à des personnes comme Franck, Paola et Jérémie. Avec la même détermination à être performant, le même souci du détail, nous avons tous à cœur de nous dépasser. C’est comme ça qu’avec Jérémie nous parviendrons chaque jour à être meilleurs avant les Jeux Olympiques de Los Angeles (2028). »

Vendée Globe. Jean Le Cam en tête de mât

Alors qu’il était en 14è position mardi dernier, le skipper de Tout Commence en Finistère – Armor-lux constatait la casse de l’étai de J2. Cette pièce majeure tendue du haut au bas du mât, le maintient droit. Cet étai, rompu en tête de mât, est tombé sur le pont, devenant inutilisable.

Après plus de 24 heures passées à sécuriser le mât, Jean Le Cam a retrouvé des conditions clémentes vendredi. Il a tenté une réparation partielle de cette pièce majeure pour la fixer de nouveau en tête de mât.

Jean fait part de ses explications à 28 mètres de hauteur. Il est actuellement au large du Brésil en 22è position.

Vendée Globe. Etat des lieux de l’Imoca Paprec-Arkea

L’IMOCA Paprec-Arkea de Yoann Richomme, tout comme celui de Macif de Charlie Dalin, n’a pas subi de vents supérieurs à 40 nœuds. En tête de la flotte et terminant dans un temps record, les deux IMOCA arrivent en bon état. Nous faisons le tour de celui de Paprec-Arkea aux Sables d’Olonne au lendemain de son arrivée avec Gautier Levisse, responsable du bureau d’études, qui se montre très satisfait.

Vendée Globe. Sébastien Simon, heureux troisième sur Groupe Dubreuil

Accueilli ce vendredi matin à 8 h par une foule nombreuse venue célébrer le premier Sablais sur le podium, Sébastien Simon a profité pleinement de sa remontée du chenal.

Sébastien Simon, l’enfant des Sables d’Olonne, a marqué ce vendredi une page inoubliable de l’histoire du Vendée Globe. À 1h27 du matin, il a franchi la ligne d’arrivée, illuminant la nuit sablaise d’un éclat de gloire. En décrochant une magnifique troisième place, il devient le premier Vendéen à monter sur le podium de cette épreuve mythique. Un succès éclatant pour ce héros local, acclamé avec ferveur sur sa terre natale. Ce tour du monde est bien plus qu’une simple course pour lui : c’est une odyssée jalonnée de records et de défis. Avec 615,33 milles parcourus en 24 heures, le skipper de Groupe Dubreuil a repoussé les limites du possible. Mais sa victoire est avant tout celle d’un homme capable de se relever, même quand le sort s’acharne. La casse de son foil tribord, en plein océan Indien, aurait pu anéantir ses ambitions. Il n’en fut rien. Au contraire, ce coup du destin a révélé la force intérieure d’un marin résilient, prêt à tout pour défendre sa place dans le Top 3. Quatre ans après un abandon au goût amer, à l’ombre du cap de Bonne-Espérance, Sébastien Simon revient en conquérant, prouvant que la ténacité triomphe toujours. Mais pour lui, ce podium n’est qu’une étape. Dans son cœur brûle déjà un rêve encore plus grand : celui de revenir ici, un jour, en vainqueur absolu de cette aventure hors du commun, et d’inscrire son nom tout en haut de la légende du Vendée Globe.

Qu’as-tu ressenti à ton arrivée ?
« L’accueil a été extraordinaire, malgré le froid glacial. Ce moment était incroyable, et j’en garderai des souvenirs impérissables. Tout est passé si vite que j’ai l’impression d’être parti hier. C’est fou comme on oublie les épreuves difficiles, et pourtant, il y en a eu. Mais je me suis battu jusqu’au bout. Ce projet, lancé il y a seulement un an et demi avec le Groupe Dubreuil, a dépassé toutes nos attentes. Leur soutien a été exceptionnel. En un an et demi, nous avons bâti une équipe remarquable. Finir le Vendée Globe était déjà un exploit, mais décrocher un podium en ayant été leader à plusieurs reprises, c’est extraordinaire. Paul-Henri Dubreuil m’a confirmé son soutien pour la prochaine édition, et je suis profondément touché par cette confiance. »

Qu’as-tu éprouvé lors de la remontée du chenal ?
« C’était un moment unique, un tourbillon d’émotions. Je ne suis pas quelqu’un qui aime se mettre en avant, mais là, c’était du pur bonheur. J’ai une seule envie : revenir dans quatre ans pour revivre ces instants magiques. Le départ avait été une claque, mais cette arrivée est une fabuleuse récompense. On ramène un bateau magnifique, même avec un foil en moins. Cette troisième place appartient à toute l’équipe, à mes partenaires, et à ceux qui m’ont soutenu dans les moments difficiles. Je suis incroyablement fier de ce parcours. »

A quoi as-tu pensé ?
« Je suis quelqu’un qui anticipe beaucoup, parfois trop. Mais à cet instant, j’ai juste voulu profiter du présent, de cet incroyable moment. Certes, j’aurais aimé rendre une copie encore plus parfaite, mais une troisième place au Vendée Globe… Qui l’aurait cru ? Je reviendrai dans quatre ans avec des objectifs encore plus ambitieux. Terminer était un rêve, mais mon rêve ultime reste de remporter cette course. »

Hormis la casse de ton foil tribord, d’autres dommages ?
« Oui, j’ai aussi perdu l’ogive de quille dans le Pacifique et les lèvres de quille, ce qui peut être critique car cela met le puits de quille sous pression. Dans l’océan Indien, un de mes réservoirs de gasoil s’est vidé sur quatre de mes six sacs de nourriture. Toute ma réserve était contaminée. Heureusement, j’ai pu récupérer le carburant, mais gérer une nutrition dégradée a été un vrai défi mental. Malgré tout, c’est pour ces épreuves que je fais le Vendée Globe. Cette course a tenu toutes ses promesses et m’a rendu plus fort. Cette troisième place en est la récompense. »

Le Vendée Globe est-il, selon toi une régate planétaire ?
« Absolument. Jusqu’à la casse de mon foil, le rythme était infernal. J’aurais aimé tenir cette cadence jusqu’à l’arrivée, mais les circonstances en ont décidé autrement. Malgré cela, j’ai réussi à conserver une place dans le Top 5, puis à monter sur le podium. Cette édition a atteint un niveau de compétition jamais vu. Dans quatre ans, ce sera probablement encore plus intense. Les équipes se préparent incroyablement bien, et le Vendée Globe est désormais une véritable course au sommet. »

On a le sentiment que tu as tout donné jusqu’au bout, même lorsque tu étais assuré de ta place. Vrai ?
« Ce qui m’anime, c’est le sport et me dépasser sans regrets. J’ai continué à pousser, même quand chaque mille comptait, près du Raz de Sein. Je n’avais plus rien à gagner, mais tout à perdre. L’isolement m’a permis de relâcher un peu la pression et de récupérer, mais jusqu’au bout, je me suis donné à fond. »

Ton record des 24 heures et celui des 65 jours sont-ils battables ?
« Bien sûr, les records sont faits pour être battus. Les bateaux progressent sans cesse, et dans quatre ans, ils iront encore plus vite. Avec une descente de l’Atlantique comme celle d’Armel Le Cléac’h, on aurait pu terminer en 58 jours ! Cependant, aller vite ne rend pas la course plus facile. Maintenir de telles vitesses est mentalement et physiquement éprouvant. À 30 nœuds, le bateau tape fort, et il faut rester concentré. Charlie (Dalin) a su gérer cela brillamment. »

Vendée Globe. Premières images de Groupe Dubreuil au large de l’Ile d’Yeu

Le dénouement est proche pour Sébastien Simon, qui, au terme d’une magnifique course, devrait décrocher cette nuit, jeudi, la troisième place de ce Vendée Globe, établissant lui aussi un temps record. Son passage de ligne est prévue entre 23h et 1h du matin. Le skipper sablais remontera le chenal demain matin, vendredi, dès 8 heures, devant une foule nombreuse venue l’acclamer et célébrer son exploit.

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