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Le fabuleux exploit d’IDEC Sport 40 jours autour du monde

Il fonce IDEC SPORT, et affole de nouveau les compteurs alors que la distance restant à parcourir pour rallier l’arrivée du Trophée Jules Verne se réduit à un rythme impressionnant. À moins de 550 milles du but en ce début d’après midi, Francis Joyon, Clément Surtel, Bernard Stamm, Sébastien Audigane, Alex Pella et Gwénolé Gahinet parachèvent leur chasse au record de vitesse absolue autour du monde de la plus belle manière : lancés à 35 nœuds de moyenne vers le cap Finisterre, dernier marqueur d’une chevauchée fantastique d’un peu plus de 40 jours autour de la planète mer.  Les six marins d’IDEC SPORT sont attendus demain, jeudi 26  janvier 2017, au petit jour (entre 6h et 7h, heure française) au large d’Ouessant, pour ajouter leur nom au palmarès du plus prestigieux challenge maritime en équipage. Et recevoir dans la matinée à Brest, au terme d’un tour du monde express devant se conclure avec une avance de près de cinq jours sur le record à battre (45j 13h 42mn 53sec), un accueil à la hauteur de cet exploit collectif qui fera date.

« C’était assez agité dans du vent assez fort. Le bateau était pas mal secoué. Même si on allait un peu moins vite dans une mer plus formée de 3-4 mètres, cela nous a rappelé nos cavalcades dans l’océan Indien. Mais, on est très contents d’avoir réussi à rester à l’avant du front », commente ce matin, Francis Joyon qui ne cache pas se réjouir de cette arrivée qui se rapproche à vitesse grand V des étraves du vaillant trimaran rouge et gris. « On est hyper bouillants d’impatience à l’idée de cette approche », ajoute-t-il, confiant et serein devant les quelques milles qu’il reste à parcourir depuis le départ d’IDEC SPORT, le vendredi 16 décembre dernier, à 9h19 tapantes (heure française) dans sa chasse au record planétaire.

Vers une arrivée en accéléré

À ses côtés, ses cinq équipiers de haut vol ne sont pas en reste et affichent le sourire des grands jours. « On est au portant sous J2 et ça envoie plutôt pas mal, on progresse à 35-38 nœuds sur une mer plutôt sympa. On profite des ces derniers moments de mer, on profite à fond de ce beau bateau qui va super vite », confirment volontiers Gwénolé Gahinet et Sébastien Audigane en approche du cap Finisterre, leur indiquant la fin imminente et en accéléré de leur course effrénée face au chronomètre. Le bonus sur le tableau de marche de l’actuel détenteur du Trophée Jules Verne, qui dépasse la barre des 2 000 milles d’avance en ce début d’après-midi, en témoigne : IDEC SPORT progresse comme une fusée vers la ligne d’arrivée d’un tour du monde pour attraper dans ses voiles un record après une circumnavigation marquée sous le signe de la vitesse sur une trajectoire exemplaire.

« Ce Trophée Jules Verne, c’est une vraie ligne droite qu’on a pu tracer en gardant le même rythme que les fronts dans le Grand Sud, comme on est en train de le faire en Atlantique Nord. Selon les derniers routages, on devrait aussi battre le record intermédiaire entre l’équateur et Ouessant, ce sera un peu la cerise sur le gâteau », se félicite Clément Surtel. « C’est une trajectoire exceptionnelle. Le jour s’est levé et on peut donc attaqué un peu plus fort. »

« Un grand moment… »

Très attentifs au trafic maritime, aux centaines de cargos et de bateaux de pêcheurs qui croisent dans cette zone – « l’une des plus fréquentée au monde », selon Francis Joyon –  les six marins continuent, sur leur lancée, portés par l’élan et l’énergie collective qui les accompagnent dans cette campagne planétaire en passe de hisser le team d’IDEC SPORT au rang de neuvième détenteur du Trophée Jules Verne, après les équipages de Bruno Peyron, Peter Blake, Olivier de Kersauson, Franck Cammas et de Loïck Peyron. «  J’en ai vu partir des Trophée Jules Verne dont j’avais préparé le bateau avant le départ. De parvenir à le décrocher, c’est un peu un aboutissement dans mon parcours de marin, et c’est aussi un rêve qui se réalise. Couper la ligne d’arrivée, record à la clé, ce sera forcément un grand moment, » ajoute Clément Surtel qui n’a pas ménagé sa peine pour garder le potentiel du maxi-trimaran de 31 mètres intact tout au long du parcours.

Suivi live entre 10h et 12h30

D’après les dernières estimations, IDEC SPORT devrait couper la ligne entre 7h et 9h demain matin (heure française). Il est ensuite attendu à l’entrée de la rade de Brest dans le courant de la matinée. À partir de 10h débutera la retransmission en direct de cette arrivée victorieuse sur le site et les réseaux sociaux, suivie jusqu’à 12h30 par l’amarrage du bateau au ponton et les premières réactions à chaud sur le podium en présence du public attendu nombreux pour saluer cet exploit maritime.

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Vers la fin de l’America’s Cup ?

Larry Ellison et Sir Russell Coutts ont dévoilé à Londres leur vision de la prochaine édition de l’America’s Cup en présence de 4 challengers dont Team France. Nous avions présenté dans le dernier numéro de Course au Large les grandes lignes. Il ne s’agit pas d’un protocole mais d’un accord-cadre « Framework agreement ». Une nuance importante en terme juridique.

Nous n’avons pas eu le document final. Si on peut trouver légitime les attentes des équipes pour avoir une visibilité sur la suite, ce qui a toujours existé dans la Coupe sans la remettre en cause, il n’en reste pas moins vrai que c’est cela la Coupe. Elle appartient à celui qui la gagne et c’est lui qui fixe les règles jusqu’à ce qu’on lui lance un autre défi. C’est un challenge permanent.

L’annonce qui est faite aujourd’hui n’a rien d’inédit sur le constat mais tout est fait pour détruire la Coupe dans le futur. Ce n’est pas une avancée mais une atteinte à la Coupe où les 4 challengers, dont TeamFrance, se fourvoient en cautionnant cela. Seuls les Néo Zed n’ont pas signé cet accord et c’est tant mieux. On peut espérer également que les Anglais ne le respecteront pas. L’une de ces deux équipes affrontera certainement le Defender pour l’America’s Cup Match. Espérons que l’un d’eux la gagne.

Russel Coutts et Larry Ellison veulent apparaître comme les « modernisateurs » de la Coupe alors qu’ils ont démontré un vrai cynisme pour se l’approprier et pour la défendre en l’organisant à la limite du Fair-Play. Ils tuent l’esprit de la Coupe et il est regrettable que TeamFrance les suivent dans cette voie-là. On peut gagner la Coupe sans forcément sacrifier son âme sur l’hôtel du Defender. Les kiwis avec des financements publics et privés, sans milliardaire derrière, prouve que l’on peut monter une équipe performante sur plusieurs éditions et sans rien renier. C’est de cet exemple ou de celui des Anglais que TeamFrance doit s’inspirer.

Vouloir organiser la Coupe tous les deux ans n’a aucun intérêt et le format tel qu’il est proposé fait oublier les rôles bien différents qui existent dans la Coupe : un Defender d’un côté, le meilleur challenger de l’autre.

Coutts veut verrouiller le système et il serait naïf de croire que ce soit pour de bonnes raisons. Coutts et Larry Ellison ont mis la Coupe à feu et à sang en 2007 en imposant à Alinghi un DOG Match. Les raisons : Alinghi avait créé un faux challenger espagnol – Oracle fait pareil avec Team Japan. Alinghi voulait moderniser la Coupe, Oracle l’accusait de remettre en cause le Deed of Gift – Oracle le déchire. Trois ans de querelles juridiques qui ont tués 11 équipes. 10 ans plus tard, il n’y a que 5 challengers.
La 34è édition , même si elle a été belle par le retournement de situation, a été un fiasco avec 3 challengers.
La 35è a été lamentable dans son organisation. Aucune des obligations du protocole n’a été respectées, tant dans la parution du calendrier, la définition de la jauge, que l’annonce des différents lieux de la Coupe. Pire, le Challenger of Record a disparu au profit d’un comité et il y a un challenger quasiment officialisé et étiqueté proche du Defender, en l’occurrence Team Japan. Le Defender organise la compétition des Challengers. Du jamais vu. Luna Rossa a disparu.
Le Fair-Play n’est pas du côté du Defender, encore moins de celui de Russel Coutts.

Si le spectacle de ces bateaux volants est magnifique et nul doute que le spectacle aux Bermudes sera beau, il doit subsister la magie de la Coupe dans un match entre deux nations qui s’affrontent autour d’un défi technologique, sportif et national où les deux ont leur chance.
Aujourd’hui, le Defender s’entraîne avec les challengers. Il n’est plus seul. Pire il va participer à l’élimination d’un challenger lors de la première phase. Un challenger qui aura dépensé 20 millions d’euros, participer à 8 courses avec son nouveau bateau et qui devra rentrer chez lui.

La modernité n’est pas là où l’on pense. L’histoire de la Coupe, plus vieux trophée sportif du monde est l’ADN de la Coupe. Vouloir changer les règles, en dénaturer l’esprit et le vider de sens pour en faire comme un championnat de F1 n’a pas de sens. C’est le programme proposé par le Defender et ses “supplétifs contraints”.

Ci-dessous le communiqué de la Coupe

“C’est un moment extrêmement important pour l’America’s Cup”, a déclaré Sir Russell Coutts, cinq fois vainqueur de la Coupe et le PDG de l’America’s Cup Event Authority. «Pour la première fois depuis plus de 165 ans, les équipes se sont rassemblées pour le bénéfice non seulement d’elles-mêmes, mais aussi de l’America’s Cup. Les équipes qui voudraient participer à la prochaine édition savent maintenant combien il en coûtera, quel type de bateau ils ont besoin de construire et quelles seront les règles », a déclaré Larry Ellison, fondateur d’ORACLE TEAM.

L’accord qui a été dévoilé concerne la 36e et la 37e America’s Cup qui auraient lieu en 2019 et 2021, soit tous les deux ans. Le cycle de la 36e America’s Cup commencerait dès 2017 avec des ACWS en AC45F.

Martin Whitmarsh, le PDG de Land Rover BAR, et Torbjörn Törnqvist, fondateur de l’équipe d’Artemis Racing ont approuvé cette vision. Une vision partagée par Iain Murray, le directeur de la 35e America’s Cup qui a déclaré: «Il y a un vide à combler entre deux éditions et nous avons essayé de répondre à cela. Il faut saisir cette opportunité. Cela assure de la stabilité et donne la possibilité aux équipes intéressées par la Coupe de s’organiser en offrant également un coût d’entrée plus bas. »

Franck Cammas, Skipper de l’équipe France, a ajouté : « Il est important pour les équipes de savoir ce que sera l’avenir de l’America’s Cup. C’est bon pour tout le monde, commercialement et pour avoir de la visibilité à long terme. ”

Sir Ben Ainslie, Land Rover BAR a commenté : « Cet accord est vraiment essentiel pour l’avenir de l’America’s Cup. La coupe a une histoire incroyable depuis plus de 165 ans, mais maintenant les équipes et l’America’s Cup Event Authority peuvent vraiment commencer à travailler. »

Cet accord cadre selon les organisateurs respecte et maintient tous les aspects du Deed of Gift qui régit l’America’s Cup : C’est celui qui gagne qui fixe les règles.
Entre les éditions, il est arrivé fréquemment qu’il y ait un laps de temps important avant d’enchaîner sur la suivante. Les règles changeaient également souvent entraînant la dissolution d’équipes et l’élimination d’équipements dispendieux et redondants.
Jimmy Spithill, skipper ORACLE TEAM USA, a déclaré: «Nous avons tous vu combien cette période de silence prolongée peut être dommageable pour chacun des intervenants de l’événement. Ce que nous avons fait au cours de la dernière année, c’est de travailler ensemble pour aborder ce problème de front. Nous savons que l’une des équipes actuelles va gagner, alors nous avons travaillé sur une vision commune pour la suite et officialisé certaines règles. Il y a maintenant un plan clair en place qui confirme le format de la compétition en utilisant les bateaux existants et le matériel autant que possible pour réduire les coûts. Je pense que cette annonce sera l’un des moments forts de l’histoire de l’America’s Cup. C’est bien pour les fans, les équipes et commercialement pour la Coupe – une victoire pour tous. C’est un énorme pas en avant. ”

Iain Percy, directeur d’équipe d’Artemis Racing « Nous réalisons tous que notre sport est sur la bonne voie et c’est le bon moment pour construire maintenant et pour les générations suivantes »
Larry Ellison a déclaré: « C’est un sport très moderne, c’est un sport extrême, c’est un sport d’équipe et c’est pays contre pays, donc je suis très optimiste pour rendre ce sport très attrayant pour la prochaine génération de marins. Les enfants l’adorent, et cela aidera aussi à le rendre attrayant pour le public qui ne pratique pas la voile tous les jours, mais adorent regarder la compétition à la télévision.

Les signataires de l’accord-cadre et du futur protocole de la 36ème Coupe de l’America (AC36) et de la 37ème (AC37) s’entendent donc selon les termes suivants :
– La Coupe de l’America se déroulera tous les deux ans, soit en 2019 pour l’AC36 et en 2021 pour l’AC37.
– Le circuit préliminaire, America’s Cup World Series (ACWS), débutera au cours du 4ème trimestre 2017. L’ambition est que ce circuit comporte 12 événements internationaux au cours des deux prochaines années.
– La première année des ACWS sera disputée sur des AC45 Foiling, c’est-à-dire sur les catamarans ayant courus les LVACWS 2015 et 2016.
– Une transition s’opérera à compter de la deuxième année vers les catamarans de la Class America’s Cup, classe qui aura concouru en 2017 aux Bermudes.(avec toutefois une modification de la règle de manière à étendre entre 4 et 26 nœuds, la gamme de vent dans laquelle peuvent courir les bateaux). Après ce passage aux Class AC, les AC45 Foiling sortiront définitivement du circuit.
– Le dernier grand prix des ACWS se tiendra sur le lieu où se jouera la Coupe. Le classement de ce circuit déterminera les équipes sélectionnées pour concourir sur les America’s Cup Playoffs.
– Le lieu où se tiendra la 36ème Coupe de l’America sera choisi par le vainqueur de la 35ème
– Pour réduire les coûts, les équipes ne seront pas autorisées à construire, à tester ou à s’entraîner sur les bateaux du type AC45 Turbo comme cela est aujourd’hui permis.
– Les mêmes règles seront appliquées sur la 37ème Coupe de l’America, à la seule différence que seuls les bateaux de la Class AC régateront sur l’ensemble des courses.
Cinq des six concurrents* et leur Yacht Club sont signataires de cet accord et d’ores et déjà d’autres équipes auxquelles cette entente a été soumise ont montré un vif intérêt et pourraient rapidement se présenter en tant que challengers. Emirates Team New Zealand n’est pas aujourd’hui signataire de l’accord-cadre mais a été tenu informé tout au long du process. Dès l’annonce du communiqué, ils ont tweeté que seul le Deed of Gift compte : C’est le vainqueur qui fixe les règles.

Ils ont dit :
Franck Cammas, skipper et membre fondateur de Team France :
« Etre présents dès le départ de cette nouvelle aventure nous permet de construire demain dès aujourd’hui avec des règles clairement identifiées. Boucler le budget en temps et en heure, conserver les talents qui sont à nos côtés sont autant d’atouts essentiels dans notre quête de l’excellence et de la performance. Grâce à cette entente historique, nous allons pouvoir présenter à nos partenaires et à nos futurs soutiens un plan clair afin que leur engagement se constitue sur de bases précises. C’est rassurant pour tout le monde et ça permet de construire une stratégie sur le long terme. Je pense que c’est vraiment une réelle avancée pour la Coupe de l’America afin qu’elle reste ce qu’elle est, à savoir le summum dans la course à la voile. »

Bruno Luisetti, Président de Team France :
« Cet accord et notre inscription à la 36ème Coupe de l’America sont la concrétisation de l’ambition des fondateurs du projet Team France et de ses Filières d’Excellence, d’inscrire notre projet dans la durée. C’est la condition du succès qui permettra à la France de devenir de manière pérenne, une des grandes nations de la voile en équipage. »

Amiral Yves Lagane, Président du Yacht Club de France :
« Au-delà d’accompagner Team France dans sa conquête de l’America’s Cup, nous supportons l’équipe dans sa démarche exemplaire qui a beaucoup de sens pour nous, en France. Celle-ci repose sur la recherche d’un idéal d’Excellence dans un processus qui engage simultanément la science, la haute technologie, l’intuition, l’esprit d’entreprise, l’engagement sportif et le sens marin. Elle passe aussi par la solidarité d’un équipage aguerri aux techniques de la régate au plus haut niveau international et le transfert de ses compétences aux nouvelles générations. »

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Le trio magique le deuxième podium

Il y avait de l’ambiance aux Sables pour l’arrivée du trio Jean-Pierre Dick 4e, Yann Eliès 5e et Jean Le Cam 6e qui ont tous peu remonter le chenal à temps. L’écart était d’1h25 entre JP Dick et Yann Eliès qui montre que le match a été intense jusqu’au bout et s’est joué en mode Figaro.

Les 3 hommes sont revenus sur leur course lors de la conférence de presse confiant les bons et les mauvais moments comme le joie du devoir accompli : Terminer le Vendée Globe.

JP Dick : ” La course développe une force mentale. Il faut en vouloir, y arriver. Cela me rend fier. Je suis heureux d’arriver. C’était une belle aventure. Chaque Vendée Globe est différent. Là il y a eu une vraie course en permanence. J’ai eu le sentiment d’être en compétition.”

Yann Eliès lui a eu du mal à prendre du recul. La tête encore en course. Prêt à arriver tout seul. Une arrivée, un moment pas facile à vivre.
Y E : “J’ai fait la course comme je voulais le faire. J’ai l’impression que mon objectif est atteint. J’ai été surpris par la fiabilité des foilers qui sont aux 4 premières places. Je félicite les architectes. C’est une sacrée performance. On se sent chanceux de finir. Passer au travers des Ofnis, tempêtes et avaries. Alors quand les autres font trois ou quatre Vendée Globe et les finissent, je leur dit bravo.”

JP : “Mon moment fort a été de passer par le détroit de Bass. L’option d’ordinateur qui m’a été proposé par mon routeur. C’était un moment chaud et au final une bonne option pour moi. Elle m’a permis de me repositionner et créer un écart important. L’autre moment, cela a été quand j’ai dépassé la porte des glaces. Il y a eu un bug sur mon ordinateur. Je n’avais pas les bons points. Heureusement que le comité m’a averti. ”

YE : “L’énorme dépression que nous avons eu était un moment fort. Quand la mer devient très grosse. Il faut avancer avec la mer. Je la voyais grossir, grossir. J’ai eu peur et à la fois c’était fascinant.”

JP Dick : ” Avant d’arriver, j’ai du plonger 2h pour enlever les algues que j’avais pris. Physiquement, j’ai l’impression que les algues poussent sur mon corps (rires). Mais pendant que je plongeais, le vent changeait et je reculais. ”

YE : J’ai compris qu’il y avait un petit quelque chose qui était caché quand on m’a demandé de monter au mât pour dégager un hook.
C’est dur. 80 jours en mer, c’est long. Je pense à ceux qui sont derrière. C’est un truc de fou encore plus en foiler. C’est du sport de haut de niveau.

JP : La longueur ne me choque pas. C’est un truc un peu dingue de se retrouver face à soi-même. Une aventure extraordinaire, hors du commun, des moments qui m’enrichissent.

Jean Le Cam est arrivé avec sa caméra dont le clac-clac-clac restera marquante pour le Vendée Globe de Jean Le Cam.
“Si on fait le ratio Budget classement, c’est Jean Le Cam qui a gagné de loin” pour Alain Gautier.

“Cette édition a été pour moi 2 personnes Vincent Riou et Bernard Stamm qui m’ont permis de côtoyer leur façon de faire à bord. Je me suis enrichi de leur expérience.”

“C’est un projet d’hommes que nous avons monté.”
C’était mon plus beau Vendée Globe. Il a commencé avant la course, il m’a beaucoup appris sur moi, sur les autres. De ne pas avoir peur.
Tout ce qu’on fait à bord, c’est l’halu complet dans des situations extrêmes. Comment l’être humain fait pour passer les étapes. Il faut y aller. C’est dur. Très dur. Mais en moyenne, ça le fait.”

“J’y vais parce que je pense que je donne du plaisir au gens. Ils m’ont amenés ici. Il y a des moments où c’est difficile, comme lorsqu’on m’a demandé de vendre mon bateau. J’ai dit non.”

” Avec Yann, cela a été extraordinaire. Je sais que je le vois à l’AIS à 12 milles. Je sais quand je suis bon ou pas. Dans le sud, c’était la première fois qu’on parlait à quelqu’un. Nos échanges avec Yann c’était deux cochons qui parlaient dans la même porcherie.”

“Etre au départ c’était un soulagement, le Cap Horn aussi et l’arrivée c’est t’es content.”

” Je n’ai pas manqué de nourriture parce que le Lyophilisé c’est un truc de fainéant. C’est pour ceux qui n’aiment pas matossé. On doit avoir 4t de ballast. La nourriture ça sert à matosser. C’est un trou dans la jauge. Les choses légères et délicates sont dans un filet. Si tu matosses les chips, je te raconte pas la fin de l”histoire. Tu fais de la poussière mélangée avec du beurre. Je ne matosse que ce qui est dense. On ne matosse pas des plumes.” (rires).

 

 

 

 

 

 

 

 

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5e place pour Yann Eliès après 80 jours 03 h 11 mn

Yann Élies est arrivé ce mercredi peu de temps après Jean-Pierre Dick et devant Jean Le Cam. Un finish serré et une belle 5è place pour Yann, premier bateau à dérive droite à franchir la ligne et la première fois pour le skipper, après son abandon sur blessure lors de l’édition 2008-2009. Son temps de course : 80 jours 03 heures 11 minutes et 09 secondes.

Yann Éliès voulait absolument boucler ce Vendée Globe. « Je suis admiratif de ce qu’a fait Yann, je vois ça comme un exploit. Y retourner après ce qu’il a vécu est extraordinaire. Je ne sais pas si j’aurais été capable d’en faire autant » a déclaré à son sujet Jérémie Beyou mardi, en conférence de presse. Bel hommage.

Joli coup dans l’Atlantique Sud
Dès le départ le 6 novembre dernier, Yann Eliès montre qu’il faudra compter avec son savoir-faire, celui qui lui a permis de gagner trois fois La Solitaire du Figaro, entre autres faits d’armes de son (très) impressionnant palmarès. Yann navigue à bord du tout premier bateau signé VPLP-Verdier, à savoir l’ex-Safran de Marc Guillemot, troisième du Vendée Globe en 2009… C’est donc à la fois la machine qui a montré la voie prise depuis par tous les IMOCA, mais aussi le bateau avec lequel Marc était venu le secourir dans les mers du Sud. Au cap Finisterre, Yann Éliès est dans le paquet des dix bateaux de tête, alors aux côtés de Paul Meilhat et Jérémie Beyou, puis de Sébastien Josse et Vincent Riou. Au Cap-Vert, il est classé huitième. Même pointage à l’équateur, malgré un pot au noir complexe. Yann navigue alors devant… Jean Le Cam et Jean-Pierre Dick, deux concurrents qu’il retrouvera très souvent tout au long du parcours. Hélas une première avarie sur son hook de grand-voile lui fait perdre une cinquantaine de milles, qui se multiplient vite en sa défaveur.
Son premier joli coup stratégique intervient dans la descente de l’Atlantique Sud : vers le 20 novembre, les sept bateaux de tête s’échappent et les circonstances météo vont faire que, toujours, cela va « partir par devant ». C’est le moment où Jean Le Cam annonce « des écarts énormes », en plusieurs milliers de milles… Ce qui se confirmera dans les grandes largeurs. Yann Éliès – qui émarge à 300, puis 800 et près de 1 200 milles derrière le groupe de tête – est fortement menacé de faire partie de la charrette subissant la double, puis triple punition… C’est-à-dire ceux qui vont se retrouver très vite dans une toute autre course, à 3 000 milles et plus des leaders. Pour garder le fil avec la tête de flotte, Yann tente alors une option très osée, via un couloir de vent étroit qui « coupe le fromage » dans l’Atlantique Sud. C’est chaud, mais ça passe et au cap de Bonne-Espérance, Quéguiner-Leucémie Espoir limite son débours au leader, à un gros millier de milles. Bien joué !

Deux fois bloqué par des tempêtes
Yann Éliès est classé en sixième position dans l’océan Indien, devant Jean Le Cam et Jean-Pierre Dick. Malheureusement, il est obligé de mettre sa course entre parenthèses une première fois pendant 24 heures, car il n’a pas d’autre choix que de ralentir volontairement afin de laisser passer devant lui une grosse tempête venue de Madagascar. Il peste. Du coup, sa traversée de l’Indien est solitaire, intercalé à longue distance entre Jérémie Beyou devant lui et Jean Le Cam derrière. Yann double la longitude du cap Leeuwin en cinquième position après 33 jours et 4 heures le 9 décembre, vingt-trois heures après le Maître CoQ de Jérémie Beyou.

Le Sud de l’Australie, de sinistre mémoire pour lui, se passe relativement bien hormis ces coups de vent qui le freinent pendant que, devant, la météo favorise encore le duo des meneurs : Armel Le Cléac’h et Alex Thomson. Nouveau coup de frein obligatoire au Sud de l’Australie, où il doit ralentir une deuxième fois pour laisser passer une furieuse tempête avec des vents prévus entre 60 et 80 nœuds ! C’est le moment où il temporise, pendant que Jean Le Cam peut passer plus au Sud et que, a contrario, Jean-Pierre Dick s’en va plein Nord emprunter le détroit de Bass, entre Tasmanie et Australie. C’est à la suite de cette option que le trio infernal se constitue, au Sud de la Nouvelle-Zélande : Jean-Pierre Dick, Yann Éliès, Jean Le Cam… On n’est encore qu’à la moitié du parcours du Vendée Globe et déjà ces trois compères-là ne se quittent plus, ou presque.

Bord à bord avec Jean Le Cam
Dans le Pacifique, Jean-Pierre Dick prend les devants par intermittences grâce aux performances de son foiler. Mais les deux « briscards » Yann Eliès et Jean Le Cam (tous deux triples vainqueurs de La Solitaire du Figaro) naviguent bord à bord. Et leur match dans le match est époustouflant. Par leur manière de naviguer bien sûr, mais aussi par leurs appels entre eux à la VHF et les vidéos qu’ils envoient au service de presse du Vendée Globe, souvent amusantes.

Au cap Horn le 30 décembre, il y a du monde au portillon : Jean-Pierre Dick passe en début de matinée à 7h34, puis Jean Le Cam à 16h48 et Yann Eliès à peine plus d’une heure plus tard, à 17h56. Yann s’accroche : il veut d’abord absolument finir ce Vendée Globe et si possible à la cinquième place. « C’est tout bête, mais on ne voit que les cinq premiers sur les home-page des sites Internet », se justifie-t-il malicieusement. Jean-Pierre Dick essaie de leur fausser compagnie via le détroit de Lemaire et l’Est des Malouines. Nouveau contretemps pour Yann quand il déchire la chute de sa grand-voile sur un double empannage. Mais l’ex maître-voilier sait réparer ce genre de chose, comme il avait su également fabriquer un dessalinisateur fonctionnel avec les pièces des deux qui ne l’étaient plus… Entre autres menues avaries.

Dans la remontée de l’Atlantique, Yann Éliès et Jean Le Cam ne se quittent plus et se taquinent par vidéos interposées quand ils ne le font pas directement entre eux. Le retour à la maison va lui aussi se faire quasiment bord à bord pour les deux Bretons. Au passage retour de l’équateur en 67 jours le 13 janvier, il n’y a qu’une demi-heure d’écart (31 minutes) entre Yann et Jean ! À grande vitesse, ils parviennent même à revenir à portée de lance-pierres de Jean-Pierre Dick, dans le dernier contournement de l’anticyclone des Açores. Tous deux tenteront d’ailleurs de lui faire l’intérieur du virage dans les deux derniers jours avant l’arrivée… Jusqu’au final dont on connaît maintenant le dénouement : Yann Eliès a bouclé le Vendée Globe. Cinquième. Et premier des « anciens » bateaux à dérives droites. On ne saura jamais quel aurait pu être son classement sans ces deux tempêtes scélérates qui l’ont contraint à copieusement ralentir dans le Grand Sud. Probablement meilleur encore, évidemment… Mais c’est déjà une sacrée performance de revenir aux Sables d’Olonne après à peine plus de 80 jours de mer ! Lui aussi a réussi son tour du monde. Bravo, Yann !

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4e place pour Jean-Pierre Dick après 80 jours 1h 45 min

Jean-Pierre Dick arrive aux Sables pour prendre la 4è place de cette 8e edition. Une édition qui n’aura pas été simple pour Jean-Pierre mais une place logique qui finalement correspondant aux performances de son à bateau à foil. Résistant aux assauts de Yann Eliès et Jean Le Cam, Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac) maintient pour le moment sa 4e place. Au pointage de 9h ce matin, il n’était plus qu’à 41 milles de l’arrivée et progressait à une dizaine de nœuds dans un léger flux d’Est.

C’est donc entre 13h30 et 14h que Jean-Pierre Dick devrait franchir la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne et ainsi en terminer avec son quatrième Vendée Globe. 6e en 2004-2005, contraint à l’abandon en 2008-2009 et 4e en 2012-2013, Jean-Pierre devrait décrocher une nouvelle place au pied du podium et boucler son tour du monde en 80 jours !

Yann Eliès actuellement 5ème est attendu entre 15h30 et 16h30

6.11.16 / Départ du Vendée Globe
« Comment prévoir l’imprévisible : c’est ça qui fait la beauté du Vendée Globe »

7.11.16 / 2ème à 2 milles d’Alex Thomson.
« La nuit a été agitée, il y avait beaucoup de grains, un vent très instable. Cela fait plaisir d’être dans le top 3 dès les premières 24 heures.

8.11.16 / StMichel-Virbac prend la tête du Vendée Globe
« Ah je suis premier ! C’est une bonne nouvelle ! Mon placement semble intéressant aujourd’hui grâce à mon option à l’Est de la flotte au large des côtes portugaises. »

10.11.16 / Erreur stratégique à Madère
« J’ai voulu faire du décalage pour éviter le dévent sous l’île de Madère. Sur les fichiers, il y avait du vent plus loin c’est pour ça que j’ai progressé dans cette direction. Je suis finalement allé trop loin dans l’anticyclone. C’est plus facile à dire après qu’avant ! Au final la réalisation n’est pas bonne. »
12ème à 81,3 milles du leader

12.11.16 / Avarie à bord de StMichel-Virbac
« Le coinceur (KJ25) de l’amure du J0 s’est arraché du pont. La voile est partie en l’air. J’ai réussi à enrouler la voile d’avant et suis passé sur le 2ème système d’amure. Décidément, je n’avais pas imaginé ce début de course comme cela. Après cette nuit sur le pont, je vais me reposer et repartir du bon pied ! Je me dis que la route est longue et que je vais inverser la tendance. »
12ème à 223,5 milles du leader

15.11.16 / StMichel-Virbac freiné dans le pot au noir
« Malheureusement, le pot au noir a commencé très tôt pour nous (ndlr : Thomas, Jean et moi). Les premiers sont passés comme des fleurs. Le pot au noir s’est étendu pour les poursuivants. Les leaders vont prendre pas mal d’avance car nous allons mettre un temps infini à le passer ! Pour me changer les idées, j’ai eu la chance cette nuit de voir une baleine qui somnolait au soleil de la lune. »
11ème à 291,1 milles du leader

17.11.16 / Passage de l’équateur
En fin de nuit StMichel-Virbac a passé l’équateur après 10 jours 16 heures et 51 minutes de course.
10ème à 575,1 milles du leader

18.11.16 / Glissades et passage à niveau
« J’ai pu distancer Thomas Ruyant. Ma prochaine étape est de viser la neuvième place de Jean qui est maintenant à une trentaine de milles devant moi. Pour la deuxième partie de la flotte, nous allons devoir jongler avec les systèmes météo après Rio pour attraper une nouvelle dépression et gérer un troisième passage à niveau. Je m’attends encore à perdre du terrain à terme. »
10ème à 655,1 milles du leader

19.11.16. « Ça foile à bord de StMichel-Virbac »
En 48 heures, Jean-Pierre a doublé deux concurrents directs : Thomas Ruyant et Jean Le Cam. « C’est une bonne nouvelle ! StMichel-Virbac est dans ses meilleures allures ! Les foils peuvent vraiment exercer leur influence ! La situation est complexe pour nous avec la négociation de l’anticyclone de Sainte-Hélène. »
9ème à 765,7 milles du leader

19.11.16 / Rencontre avec Jean Le Cam
« C’est sympa d’être au contact avec Jean, cela permet de s’étalonner. On s’est parlé par VHF, c’était un moment hors du temps. »
9ème à 765,7 milles du leader

21.11.16 / « Le chevalier noir sans peur et sans reproche »
C’est le surnom que Jean Le Cam a donné à Jean-Pierre Dick dans sa dernière vidéo. Le roi Jean a pris l’avantage cette nuit, mais depuis ce matin, le chevalier Jean-Pierre a accéléré et est repassé devant.
9ème à 1047,3 milles du leader

22.11.16 / Après le pot au noir, l’anticyclone de St Hélène arrête de nouveau StMichel-Virbac
« L’anticyclone de Sante Hélène est vraiment terrible ! J’en ai fait l’expérience cette nuit en naviguant à 2 nœuds ! Ce sont les pires moyennes que j’ai réalisées en Imoca ! Je n’avais pas besoin de ça pour me rappeler que mes petits camarades sont à plus de 1000 milles devant maintenant. Comment dire il faut être zen ! »
10ème à 1391,6milles du leader

23.11.16 / « Place à la vitesse ! »
« Ouf ça va mieux ! J’allonge enfin la foulée. Je retrouve le bruit de la vitesse. Il me manquait ! Je suis content d’avoir pris un peu d’avance sur Jean. Le vent va bientôt rentrer à 20 -25 nœuds. Il va falloir être sur le pont pour mettre les bonnes voiles et ajuster la trajectoire. Je revis ! »
8ème à 1699 milles du leader

29.11.16 / Good Hope !
Jean-Pierre Dick vient de franchir la longitude du Cap de Bonne-Espérance ce mardi à 10 heures 15 (heure française) après 22 jours et 21 heures de course. StMichel-Virbac passera dans la journée au large du Cap des Aiguilles symbolisant son entrée dans l’Océan Indien.
7ème à 1869,6 milles du leader

30.11.16 / Entrée dans les mers du sud
« Les albatros sont enfin arrivés, j’en ai vu surtout des noirs. C’est magnifique et en plus il fait beau ! Nous avons des éclaircies, du soleil, les journées sont plus agréables depuis 3 jours. La température est cohérente avec les mers du sud, il ne fait pas très chaud une dizaine de degrés et l’eau est à 8°. Ma prochaine cible est Quéguiner. »
7ème à 1869,6 milles du leader

2.12.16 / Le dragster des mers du sud
« J’ai de bonnes sensations de vitesse avec les foils, c’est impressionnant de voir les gerbes d’eau qu’ils dégagent dans le sillage, on dirait un dragster ! Cela fait un boucan d’enfer quand ça part à 30 nœuds : des sifflements, des hurlements, c’est ce qu’on appelle les cinquantièmes hurlants à bord de StMichel-Virbac ! »
7ème à 1963,2 milles du leader

2.12.16 / StMichel-Virbac est entré dans la zone interdite des glaces
Alors que StMichel-Virbac était dans les temps du record des 24h, il a parcouru 44 milles dans la zone interdite des glaces (ZEA*). StMichel-Virbac est repassé par son point d’entrée dans la zone interdite et a réparé sa faute. Il a repris sa route vers le nord-est et a perdu une dizaine d’heures dans l’opération.
7ème à 1 903,6 milles du leader

5.12.16 / Abcès au genou
Pendant plusieurs jours, JP a une grosse infection au genou droit. Après consultation de son médecin, il va soigner ce gros abcès avec des antibiotiques et des soins quotidiens.

08.12.16 / « C’était un peu cocasse »
« La nuit a été agitée. J’ai fait une sortie de route dans une rafale à plus de 30 nœuds. Manque de pot, j’étais en train de mettre de l’eau dans mon plat lyophilisé. J’ai valdingué et j’ai retapissé l’intérieur du bateau avec le plat. Je vous laisse visualiser la scène (rires) ! Seul dégât collatéral : la souris de l’ordinateur n’a pas supporté le choc ! »
6ème à 1845,1 milles du leader

10.12.16 / Le bon chrono de JP
StMichel-Virbac a passé le Cap Leeuwin cette nuit à 4 heures 55 (heure française). Jean-Pierre Dick réalise un excellent chrono entre Bonne Espérance et Leeuwin en signant le deuxième meilleur temps du passage après Armel Le Cléac’h. Temps de passage 33 jours 15 heures et 53 minutes. Dans l’Océan Indien, StMichel-Virbac a gagné 430,2 milles sur Queguiner entre Bonne Espérance et le Cap Leeuwin.
6ème à 2049,8 milles du leader

12.12.16 / Inédit sur le Vendée Globe : StMichel-Virbac passe par le détroit de Bass
« La sécurité du bateau et du marin passe clairement avant la course. Cette dépression est très puissante et dure 3 jours à partir de demain. Les vents seront supérieurs à 45 nœuds avec des passages à 60 – 70 nœuds. La mer sera très forte avec des vagues supérieures à 10 mètres. Il est hors de question que nous allions là-dedans, la situation est dangereuse. Je fais le choix de la sécurité maximum. Je vais passer par le détroit de Bass (entre l’Australie et la Tasmanie). »
6ème à 2 048,9 milles du leader

14.12.16 / Passage dans le détroit de Bass
« Je suis ému de mon passage dans le Détroit de Bass cette nuit, c’est incroyable de vivre cela pendant le Vendée Globe ! Je suis juste dans le passage de Barren Island, c’est très impressionnant avec le vent qui est monté à 40 nœuds. La mer est abrupte. J’ai décidé de rouler la voile d’avant car c’était chaud avec les bancs de sable tout autour. J’entame maintenant la descente vers la Nouvelle Zélande pour retrouver les mers du grand sud. »
7ème à 2 534 milles du leader

17.12.16 / Option gagnante ?
« C’est incroyable cette trajectoire, je dois être le premier concurrent du Vendée Globe à passer par le Détroit de Bass. Mon option n’est pas perdante pour l’instant. Elle sera sans doute gagnante à terme ».
6ème à 2 114,2 milles du leader

19.12.16 / L’instant bricolage
« J’ai dépensé pas mal d’énergie pour réparer un chariot de grand-voile cassé. Je suis intervenu le plus rapidement possible pour que la situation ne se dégrade pas. J’ai affalé la voile dans plus de 25 nœuds et j’ai mis en place le nouveau chariot. »
5ème à 1944,9 milles du leader

22.12.16 / Rencontre
« C’est tellement rare de croiser des dauphins dans cette partie de l’Océan Pacifique, ils sont restés au moins dix minutes autour du bateau. Ils étaient vraiment beaux avec des taches blanches sur les côtés, c’était un moment exceptionnel ! Par contre, je ne connais pas cette race, je ne l’ai pas étudiée à l’école véto ! »
4ème à 1924,5 milles du leader

29.12.16 / Bulle sans vent inopinée
« Je suis tombé dans une grosse bulle sans vent. Aucun fichier ne prédisait cette bulle la veille. Mon avance sur Jean et Yann a fondu, c’est une profonde déception. Tu passes des jours et des jours à grappiller des milles sur tes concurrents et en une demi-journée, tout part en fumée. »
4ème à 2 002,9 milles du leader

30.12.16 / 5ème passage du Cap Horn pour JP
« Il est beau celui-là, impressionnant même, je suis passé à moins de 5 milles du Cap, le jour se levait tout juste. J’ai éprouvé beaucoup de plaisir en voyant ce cap mythique, perdu tout au sud du continent américain. »
Temps de StMichel-Virbac entre le Cap Leeuwin et le Cap Horn : 20 jours 2 heures 39 minutes
4ème à 1 883,3 milles du leader

01.01.17 / Temporisation
« L’idée est de temporiser au centre de la dépression et de sortir quand le vent extérieur a diminué. Ce n’est pas évident car je suis en course et j’aimerais accélérer. Mais il faut préserver le bateau. Je vais quand même naviguer dans 35-40 nœuds cet après-midi. »
4ème à 1 699 milles du leader

04.01.17 / « J’ai rarement vu cela »
« Les conditions sont démentes ! Toutes les deux secondes, il y’a un impact fort des vagues sur le bateau.
A bord, c’est vraiment l’horreur. C’est impossible de dormir et tu ne tiens pas debout. Vivement que cela se calme un peu car depuis le Cap Horn, les conditions sont sévères. Ce n’est pas cela l’Atlantique Sud normalement ! »
4ème à 1 343,9 milles du leader

8.01.17 / StMichel-Virbac s’extirpe en premier de l’anticyclone de St Hélène
« Hier soir, j’ai touché le vent en premier, ce qui m’a permis de sortir de la dorsale anticyclonique avant Jean et Yann. Maintenant, la vitesse du bateau va s’accentuer avec mon foil et je vais tirer un long bord dans les alizés jusqu’au Pot au Noir. J’ai profité de la pétole pour plonger et inspecter la coque. Il n‘y a rien à signaler. J’ai également passé un petit coup d’éponge sur la carène pour améliorer la glisse ! »
4ème à 1 542,3 milles du leader

10.01.17 / Une option payante
« Je suis content car il faut avoir les nerfs solides pour rester dans ton option quand des skippers de qualité croient en une autre ! Ils sont revenus à mon niveau, m’ont dépassé, mais je voulais absolument garder mon décalage latéral comme une denrée précieuse. Il pouvait me servir plus tard. Ce qui est finalement la réalité aujourd’hui. »
4ème à 1 251 milles du leader –

11.01.17 / Promesse à mon père
« Je vais passer à quelques milles de ma fameuse île fétiche Fernando di Noronha dans l’après-midi, je vais peut-être la voir cette fois ! Le vœu scellé avec mon père sera en partie exaucé. Je vais devoir y retourner pour débarquer ! »
4ème à 1 205,2 milles du leader

12.01.17 / Retour dans l’hémisphère nord. Un temps historique
Ce jeudi, Jean-Pierre Dick a franchi l’équateur à 11h33 (heure française) après 66 jours 22 heures 31 minutes de course. Le skipper de StMichel-Virbac a été le plus rapide entre le Cap Horn et l’équateur avec un temps historique de 13 jours 3 heures et 59 minutes. « Incroyable, cela fait plaisir d’apprendre cela ! Je ne pensais pas avoir été le plus rapide car depuis le Horn les conditions météo ont beaucoup varié. Il a fallu s’activer. C’est une belle satisfaction ! »
4ème à 1 251 milles du leader

14.01.17 / Pot au noir express
« J’ai fait un beau passage du pot au noir. J’ai des milles d’avance, mais maintenant il va falloir gérer tout cela car il y a de la pétole à venir. Le schéma n’est pas simple. Pour l’instant il n’y a pas de gros coup à faire, c’est une situation d’attente. Malheureusement je ne peux pas tenter quelque chose avec les conditions actuelles, cela pourrait me coûter très cher. »
4ème à 1 085,8 milles du leader

16.01.17 / La pétole freine StMichel-Virbac
« Le bon travail de ces derniers jours pour creuser un écart conséquent (ndlr : plus de 300 milles) sur Yann et Jean va s’envoler. C’est frustrant car ils vont bien revenir sur StMichel-Virbac. Je suis dans la pétole. Cela va être long et douloureux avant de toucher les vents portants. »
4ème à 1 510,6 milles du leader

19.01.17. « Encore un nouveau départ »
« J’ai encore passé la nuit dans la pétole alors que les fichiers donnaient 10 nœuds de vent. Dur, dur de voir Yann et Jean me passer au classement, mais je ne baisse pas les bras. J’ai hâte que le nouveau vent arrive pour me battre à armes égales avec Yann et Jean. C’est encore un nouveau départ ! »
6ème à 1 973,2 milles du leader

20.01.17 / Course de vitesse pour le trio infernal
« Nous allons bientôt naviguer dans une dépression qui se dirige vers le Groenland. Comme elle monte vers le nord, elle s’échappe. Le jeu va être de capter son vent le plus longtemps à sa périphérie. C’est pour cela que je suis positionné plus nord-ouest que Jean et Yann. Une course de vitesse à trois dans la brise est enclenchée ! »
6ème à 1 218,6 milles du troisième

21.01.17 / JP agrafé
« En manœuvrant hier, j’ai trébuché. Je me suis ouvert le menton sur la filière. Il a quand même fallu que je pose des agrafes pour refermer la blessure. Du coup, j’ai 3 agrafes dont une dans la joue. Et oui, même en bon véto, ce n’est pas évident de viser avec l’agrafeuse quand le bateau bouge ! Maintenant je ressemble à un punk (rires) car je ne peux pas l’enlever. »
6ème à 1 201,2 milles du troisième

22.01.17 / « Dans un état d’esprit combatif »
« Je suis à bloc pour ces 3 derniers jours. Cette nuit, je me réveillais toutes les 20 minutes pour vérifier le réglage des voiles. Je dois m’appliquer car je me bats contre les meilleurs figaristes* du circuit ! Ils excellent dans la régate au contact ! »
*Jean Le Cam et Yann Eliès ont gagné tous les deux 3 fois la Solitaire du Figaro
4ème à 867,5 milles du troisième

24.01.17. « Un finish très serré »
« Il faut que j’adopte la bonne stratégie pour la suite. C’est certainement celle de la patience ! Cela va être très frustrant car Yann et Jean ont plus de vent derrière donc ils vont revenir très vite sur moi. Si j’arrive avec 10 milles d’écart par rapport à mes concurrents sur la ligne d’arrivée, ce sera déjà un beau succès. »
4ème à 260,1 milles de l’arrivée

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A 24h d’un énorme exploit pour IDEC Sport

Les exploits dans la course au large se succèdent. Après Thomas Coville, les foilers du Vendée Globe, c’est Francis Joyon et son équipage qui vont écrire une nouvelle page du Trophée Jules Verne. Un immense exploit puisque le trimaran IDEC Sport devrait couper la ligne d’arrivée au large d’Ouessant demain vers 5h/6h du matin avant d’arriver à Brest vers 10h. Un tour du Monde en 40 jours et quelques heures pulvérisant le record détenu par Loïck Peyron sur Banque Populaire V depuis 2012 en 45j 13h 42mn et 53sec. C’est énorme! Parti le 16 décembre après une première tentative avortée au pot au noir quelques semaines avant, IDEC a dévalé les mers du sud a une vitesse stratosphérique avec parfois des distances de 900 milles parcourues par jour.

À l’aube de sa dernière journée en mer dans la conquête du Trophée Jules Verne, IDEC SPORT poursuit sa progression sur la route retour vers Brest selon le rythme qui lui est propre : à pleine vitesse sur une trajectoire optimale. « Il dévale les pentes au large de Lisbonne », raconte Sébastien Audigane dans un message de la nuit. À 350 milles du cap Finisterre, Francis Joyon et ses équipiers abordent la phase finale de leur folle épopée maritime. Lancés à plus de 30 nœuds, ils avalent les milles avec une facilité rare. Les six marins sont toujours attendus, demain au petit jour, sur la ligne d’arrivée au large d’Ouessant pour accrocher à leur palmarès le prestigieux record de vitesse absolue autour de la planète mer. Et signer, après un peu plus de 40 jours de course, un formidable exploit collectif…

« Sous un ciel mi étoilé et poussé par des vents de sud nerveux IDEC SPORT dévale les pentes au large de Lisbonne. Une dernière ligne droite en direction des côtes finistériennes, le vent devrait refuser dans le golfe de Gascogne. La dernière nuit risque d’être sportive et humide au reaching. Pour l’instant, nous naviguons vite et safe. La mer n’est pas trop formée, nous permettant de bien dormir. Tout va bien à bord de notre brave coursier des océans. »

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Arrivée jeudi matin pour IDEC

« Nous sommes depuis ce matin en route quasiment directe vers une arrivée qui pourrait intervenir jeudi matin. » Francis Joyon ne masque pas sa satisfaction.

À moins de 1500 milles de l’arrivée au large d’Ouessant, IDEC SPORT progresse dans le sud des Açores sur la route directe qui doit le mener jusqu’à la ligne de la délivrance d’ici 48 heures. C’est dire si ça commence à sentir l’écurie pour le fougueux pur-sang des océans et son équipage, qui abordent, au cœur de l’Atlantique Nord, l’ultime épisode stratégique de leur odyssée planétaire.

« La dépression qui arrive en apportant du sud-ouest aux Açores nous offre une fin de parcours idéale. Elle nous permet de couper le fromage », consent Gwénolé Gahinet à bord du trimaran rouge et gris, qui a déjà retrouvé dans les alizés des vitesses constantes de plus de 25 nœuds et avale de la distance avec l’appétit qu’on lui connaît sur une trajectoire économe en milles. Déjà, l’écart avec son concurrent virtuel, qui a ce stade du parcours avait fait un grand tour par l’ouest, se creuse de nouveau à vitesse grand V.

Dans les prochaines heures, Francis Joyon et ses hommes doivent au prix de quelques empannages, passer des alizés au système dépressionnaire. Il s’agit en effet d’attraper au niveau des Açores, ce flux de sud-ouest dans les voiles du maxi-multicoque, qui pourra dès lors, foncer sur le cap Finisterre et le golfe de Gascogne, en direction de Brest. Déjà dans le ciel les cumulus ont laissé la place aux cirrus. Le vent, lui, commence à se renforcer augurant un sprint final d’une belle intensité en direction de la ligne d’arrivée. La formidable équipée sauvage y est toujours attendue jeudi au petit matin pour accrocher à son palmarès le prestigieux Trophée Jules Verne au terme d’un tour du monde rondement – et si rapidement – mené…

Les systèmes météos s’organisent de manière favorable sur la route du maxi-trimaran IDEC SPORT. Joyon et ses hommes visent un point dans le sud des Açores, au plus près d’un centre de hautes pressions qu’il conviendra d’esquiver en empannant à deux, voire trois reprises, pour foncer vers le cap Finisterre et le Golfe de Gascogne, tribord amure dans le fort vent de sud-ouest. Un moment crucial, une dernière grosse difficulté stratégique avant la fin de ce tour du monde express. Les Joyon, Surtel, Audigane, Pella, Stamm et Gahinet s’y préparent déjà, non sans profiter au maximum des belles conditions du jour, quand leur maxi-trimaran donne le meilleur de lui même, dans l’exacte dose de vent, d’angulation et de houle pour tenir sans effort apparent ses 30 nœuds .

« Nous sortons d’une nuit à grains. Les gars se sont démenés en lofant, abattant, réglant sans cesse pour rester au plus près du routage, et aller vite dans la bonne direction. » A un peu plus de trois jours de la délivrance, Francis Joyon nous rappelle combien rien n’est encore acquis à son formidable équipage. Les milles, dans un alizé enfin ensoleillé, se gagnent toujours aussi âprement, au talent, à la concentration, à la vigilance. « Le vent adonne sur le travers du bateau et on peut progresser sur la route directe. 30 nœuds, c’est la vitesse que le bateau et nous même aimons bien, en équilibre sur le foil. »

Francis, à l’instar de ses 5 équipiers, profite à fond de ces derniers jours de mer, de ce bateau décidément magique, et de l’efficacité de ses marins. « On commence à parler un peu de l’arrivée » confesse Gwénolé Gahinet. « Nous sommes heureux de retrouver de belles vitesses, et de voir que l’horizon se dégage pour nous, avec une route et une trajectoire, dans la théorie des fichiers météos, bien dessinées devant nous. » Quelques dévents à anticiper du côté du cap Finistère, le trafic maritime qui s’intensifie au rythme de la progression dans l’hémisphère Nord, la route de la Bretagne semble en effet idéalement tracée pour permettre une arrivée jeudi matin à Ouessant, en un peu moins de 41 jours !

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La belle course de Jérémie

Podium with Armel Le Cleac’h (FRA), skipper Banque Populaire VIII (winner) and Alex Thomson (GBR), skipper Hugo Boss (2nd), during Finish arrival of Jeremie Beyou (FRA), skipper Maitre Coq, 3rd of the sailing circumnavigation solo race Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on January 23rd, 2017 - Photo Jean Marie Liot / DPPI / Vendee Globe Arrivée de Jeremie Beyou (FRA), skipper Maitre Coq, 3ème du Vendee Globe, aux Sables d'Olonne, France, le 23 Janvier 2017 - Photo Jean Marie Liot / DPPI / Vendee Globe

Parti le 6 novembre des Sables d’Olonne parmi les 29 skippers inscrits à cette édition 2016-2017 du Vendée Globe, Jérémie Beyou a pris la troisième place après 78 jours 6 heures 38 minutes et 40 secondes. Retour sur le parcours du skipper de Maître CoQ, terminé en apothéose.

6 novembre, top départ !
L’émotion est intense ce dimanche 6 novembre quand Jérémie Beyou débarque à 10h sur le ponton de Port Olona. « On a beau être prévenu, l’émotion revient à chaque, fois, il ne faut pas essayer de lutter contre ça », avait-il prévenu la veille. Les étreintes avec les nombreux proches et salariés de Maître CoQ venus lui témoigner leur affection sont poignantes, un dernier salut de la main et le Finistérien s’élance dans le chenal où se sont rassemblés plusieurs centaines de milliers de spectateurs. A 13h02, c’est sous grand-voile haute et J1 à l’avant (grande voile de reaching) qu’il prend la direction du large, dans une brise de 14 nœuds de nord. Un départ parfaitement maîtrisé au milieu des très nombreuses embarcations de toutes sortes (14 000 personnes !) venues sur l’eau accompagner les 29 marins. L’aventure commence…
Jean-Marie Liot / DPPI / Vendée Globe

16 novembre, dans le sud sans pilotes
Comme prévu, la descente de l’Atlantique Nord a été particulièrement rapide pour le peloton de tête dont fait partie Jérémie qui attaque cependant le Pot-au-noir handicapé par des problèmes de pilotes automatiques. « J’ai eu des soucis avec mes deux premiers pilotes quasiment depuis le départ des Sables d’Olonne, ils se sont aggravés durant le passage du Pot-au-noir. J’utilise maintenant un troisième pilote sommaire qui me permet de passer du temps à essayer des modes de réparation. Le reste du temps est passé à la barre », confie le skipper au moment de basculer dans l’hémisphère Sud en sixième position après 9 jours 16 heures et 49 minutes de mer.

23 novembre, « une nouvelle course » commence
Après de belles glissades le long du Brésil – journées entre 450 et 500 milles en 24 heures, pointes à 30 nœuds -, Jérémie Beyou, s’il a pu trouver une solution pour réinitialiser ses pilotes automatiques, se retrouve confronté peu avant son entrée dans le Grand Sud à un problème de taille : ses antennes Fleet, qui lui permettent de se connecter à Internet et donc de recevoir les infos météo, ne fonctionnent plus, l’obligeant à utiliser son Iridium pour récupérer un ou deux fichiers par jour. Le moral est atteint pour le marin breton qui a en outre appris l’abandon de son ami Vincent Riou suite à une collision avec un OFNI. « Ça m’a forcément touché. Il y a tellement d’engagement sur cette course, tu vas au bout de toi-même, que quand ça s’arrête brutalement comme ça, c’est terrible. Je suis vraiment triste pour lui. » Et de poursuivre, à propos de « la nouvelle course » qui commence pour lui, désormais contraint de naviguer avec un minimum d’infos météo : « J’avance jour par jour. Cette course, je peux vous dire que j’ai envie de la finir, je ne veux pas tourner à gauche, je me battrai jusqu’au bout, j’ai encore de l’énergie. »

27 novembre, régate au contact dans le Grand Sud
Après vingt jours et demi de course, Jérémie Beyou attaque l’océan Indien à vive allure, porté par une bonne dépression qui lui permet d’enchaîner des journées à 450 milles. Le skipper de Maître CoQ livre une course dans la course à Paul Meilhat, les deux marins évoluant à quelques milles l’un de l’autre au point de régulièrement converser à la VHF. Une proximité qui est plutôt utile au Finistérien pour mesurer la pertinence de ses choix météo. « Je passe beaucoup de temps à la table à cartes à faire des suppositions et des schémas, confie-t-il alors. J’ai des infos succinctes, je ne vois pas trop ce qui se passe devant, j’ai du mal à me projeter plus loin que 24 ou 36 heures, c’est difficile pour moi d’anticiper. C’est plus de la navigation à l’observation, je regarde aussi la trajectoire de Paul qui est à côté. »

3 décembre : après le hook, la grand-voile !
Alors qu’il navigue en plein milieu de l’océan Indien, Jérémie Beyou enchaîne les pépins : c’est d’abord le hook de son gennaker (grande voile d’avant utilisée au portant) qui se retrouve bloqué en tête de mât, l’empêchant de l’affaler – il réussira finalement après plusieurs essais infructueux à le débloquer, ce qui lui évitera une périlleuse ascension dans le mât -, c’est ensuite la grand-voile qui tombe soudainement sur le pont, encore à cause d’un problème de hook, l’obligeant à mettre la course entre parenthèses le temps de le remplacer (il passera ensuite pas mal de temps à réparer les déchirures dans la grand-voile occasionnées par la chute). « Ces avaries sont derrière moi, je croise les doigts, confie-t-il quelques jours plus tard au moment de franchir le Cap Leeuwin après 32 jours de mer. Mais quand mon hook de grand-voile a cassé, j’ai failli baisser les bras. Il faisait nuit noire, dans des creux de 5 mètres, pendant quelques heures, j’ai eu du mal à redémarrer, je me disais que je n’arriverais pas à réparer. Après, je ne sais pas où j’ai été chercher ça, mais j’ai réussi à le faire. Je me dis que chaque journée passée est une journée gagnée, j’essaie d’avancer comme ça, sans me projeter plus loin. »

12 décembre : A l’assaut du désert Pacifique
35 jours après avoir quitté les Sables d’Olonne, Jérémie Beyou, quatrième, entre dans le Pacifique, toujours à la lutte avec Paul Meilhat. Une entame musclée avec 40-50 nœuds de vent de travers et une mer croisée, le tout dans un décor de fin du monde qui n’entame pas le moral du skipper, content de disposer d’un « bateau en état de marche » et décidé à le ménager : « Je prends du plaisir dans les petites choses, comme faire de belles manœuvres. Et à chaque fois que j’arrive à me connecter à Internet, c’est la fête ! J’ai trouvé ma cadence, je fais ma course, sans trop regarder ce que font les autres, j’ai envie de sortir du Pacifique pas plus amoché que je n’y suis rentré. »

16 décembre : Jérémie Beyou passe troisième
Après avoir fait le dos rond dans la grosse dépression d’entrée de Pacifique, Jérémie Beyou s’empare de la troisième place (qu’il ne quittera plus), son duel avec Paul Meilhat prenant fin suite à l’avarie de quille rencontrée par ce dernier, contraint de mettre le cap sur Tahiti. Les ateliers bricolage se poursuivent sur Maître CoQ : fuites de puits de foil et de ballast à colmater, déchirures dans la grand-voile à réparer, le tout dans des conditions assez dantesques, les grosses dépressions s’enchaînant dans le Pacifique… « Allez, ne rien lâcher, malgré tout, on avance toujours », lâche-t-il à son équipe…

Après Noël, c’est le Cap Horn !
Il est 14h44 (heure française) ce mardi 27 décembre lorsque Jérémie Beyou franchit pour la première fois de sa carrière le mythique Cap Horn, après 51 jours 1 heure et 42 minutes de mer. Soit le troisième chrono de tous les temps en solitaire sur un monocoque, derrière ceux réalisés par les deux skippers qui le devancent au classement de ce Vendée Globe, Armel Le Cléac’h et Alex Thomson. Un beau cadeau de Noël après l’heure pour le marin qui devient alors cap-hornier à 40 ans. « J’ai pris beaucoup de départs de tours du monde, entre le Vendée Globe, le Trophée Jules-Verne et la Barcelona World Race, à chaque fois, je n’ai pas réussi à passer le Cap Horn, donc il est temps ! Je suis content de sortir de cette zone compliquée, il est temps de changer de coin, parce que ce n’est pas le plus sympa », commente-t-il, avant de se projeter aussitôt vers la suite du programme : « La course va reprendre ses droits, le jeu va se rouvrir, il va falloir s’engager au maximum pendant ces dernières semaines. »

11 janvier : la tête de nouveau à l’endroit
Deux semaines après avoir passé le Cap Horn et 65 jours, 1 heure et 27 minutes après avoir quitté les Sables d’Olonne, Jérémie Beyou fait son retour dans l’hémisphère Nord, solidement campé à la troisième place qu’il occupe depuis près d’un mois. La remontée de l’Atlantique Sud est parfaitement maîtrisée par le Finistérien qui file à vive allure (Jérémie reprend près de 800 milles au leader entre le Cap Horn et l’Equateur !). Le Pot-au-noir puis l’Atlantique Nord, en revanche, sont plus compliqués : « J’ai passé cinq jours dans des orages, des nuages qui bourgeonnaient dans tous les sens, de grosses masses pluvieuses, c’était juste n’importe quoi ce Pot-au-Noir !, confiera-t-il. J’ai laissé un paquet de plumes dans l’histoire. Je n’aurai été servi ni à l’aller ni au retour. » A ce stade de la course, les jeux au classement sont faits : sauf avarie, les deux de devant ne sont plus à la portée du skipper de Maître CoQ qui n’a pas non plus à s’inquiéter d’un éventuel retour derrière lui du trio Dick-Eliès-Le Cam qu’il a mis loin derrière.

20 janvier : « Des images dans la tête »
Armel Le Cléac’h a coupé la ligne d’arrivée en vainqueur la veille, Alex Thomson le vendredi matin, Jérémie Beyou est le prochain skipper attendu aux Sables d’Olonne. S’il essaie de rester concentré sur la bonne marche et l’entretien de son bateau, le capitaine de Maître CoQ ne cache pas qu’il commence à penser à l’accueil qui l’attend… « Ça chamboule un peu partout dans la tête ! Tu as beau essayer de t’en empêcher, tu penses forcément à l’arrivée et tu commences à avoir des images dans la tête. » De belles images, forcément…

23 janvier : Sur le podium !
Au terme de trois derniers jours à naviguer sans vent, Jérémie Beyou franchit la ligne d’arrivée du Vendée Globe en troisième position le lundi 23 janvier à 19h 40min 40sec après 78 jours 6h 38min et 40sec de mer, à la vitesse moyenne réelle de 14,43 nœuds (27 101 milles parcourus). Ses premiers sentiments avant d’aller embouquer le chenal des Sables où l’attend ses supporters de Maître CoQ et d’ailleurs venus nombreux et enthousiastes. « De l’euphorie, de l’adrénaline, du plaisir, quelque chose d’énorme et ce n’est pas fini ! Maintenant, je vais me laisser porter, lâcher prise, parce que j’en ai besoin ! » Sa première nuit de terrien s’annonce aussi longue que festive !

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Les premiers mots de Jérémie Beyou

Il y avait du monde sur l’eau pour venir accueillir dans la nuit Jérémie Beyou au moment où il franchissait la ligne d’arrivée à 19h40 ce lundi soir.  Dès celle-ci franchie, son équipe est montée à bord prend en main l’Imoca dont le moteur ne fonctionne plus. Et après avoir retrouvé sa famille montée à bord, il a livré ses premières impressions.

” C’est un truc de barge parce que c’est une course qui se mérite. Cela m’a pris trois éditions pour le finir. Il faut aller chercher chaque mille. Il faut se dépasser, demander au bateau de se dépasser. Il fallait de la ténacité. C’est parti à l’envers la 2e semaine; J’ai traîné cela jusqu’au bout mais je n’ai pas lâcher la course même si je l’ai mis entre parenthèse parfois. Arrivé à faire 3e c’est génial. Sans Paul Meilhat c’était plus facile; Dans l’Indien il m’a servi de poisson pilote mais après c’était oppressant. Je regrette qu’il ait eu un souci mais je me suis sentie ensuite plus libre et dans ma course.”

“C’est délirant de voir ces bateaux. L’arrivée était magique à 19 nds et les zodicas à cotés alors que je n’avais pas de vent il y a quelques jours. J’ai profité de la navigation toute la journée. Au bout de 78 jours on est à l’aise sur le bateau. On maîtrise son sujet. On fait corps avec son bateau. Le bateau m’en a fait bavé mais moi aussi. Et c’est moi qui est commencé. La bateau a bien tenu, il n’y a pas eu de problèmes majeurs type gréément ou énergie. ”

“Ça me fait presque un peu peur d’avoir terminé un Vendée. C’est une dimension supérieure. J’ai hâte de voir Armel et Alex parce qu’il y a que eux qui peuvent comprendre ce que je ressens. Je voudrai leur dire bravo.”

 

 

 

 

 

Jérémie Beyou devra attendre la marée de 22h30 pour pouvoir remonter le chenal.

 

 

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Arrivée de Jérémie Beyou

Finish arrival of Jeremie Beyou (FRA), skipper Maitre Coq, 3rd of the sailing circumnavigation solo race Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on January 23rd, 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee Globe Arrivée de Jeremie Beyou (FRA), skipper Maitre Coq, 3ème du Vendee Globe, aux Sables d'Olonne, France, le 23 Janvier 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee Globe

Jérémie Beyou sur Maître CoQ a franchi la ligne d’arrivée ce lundi soir à 19h40 pour monter sur la 3è marche du podium de cette 8e édition du Vendée Globe. Un véritable exploit compte tenu des conditions avec lesquelles il a du composer tout au long de ce tour du monde. Il remontera le chenal à partir de 22H45 pour une arrivée au ponton prévue à 23h20.

La troisième place est presque inespérée pour Jérémie et c’est un exploit qu’il réalise. Jérémie Beyou fait partie de ceux qui ne lâchent jamais rien mais on imaginer à quel point il a du souffrir sur cette édition qu’il n’aurait jamais envisager sous cette forme. Ses problèmes ont commencé dès la première semaine avec un pilote récalcitrant qui l’envoyait à l’abattée régulièrement. Le problème venait d’une minuscule résistance dont il est parvenu à bout. Dans la bataille, il aura laissé partir les leaders et accumulé après 10 jours déjà beaucoup de fatigue. Mais ses problèmes malheureusement ne se sont pas arrêtés là. Son antenne fleet puis la deuxième l’ont lâché. Impossible de récupérer des fichiers météos volumineux à l’entrée de l’Ocean Indien. Certains se seraient peut-être arrêtés mais pas lui. Bord à bord avec SMA, Maitre CoQ a suivi le rythme avec une faible visibilité des dépressions à venir. Jérémie à fait le dos rond poursuivant sa course à une place qui n’était pas à la hauteur de ses espérances. Mais devant, entre le Cap de Bonne Espérance et le Cap Leeuwin, la route s’est éclaircie, PRB, Safran, Edmond de Rotschild et SMA ont du abandonner et Jérémie s’est retrouvée 3e.

 

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