Toujours en attente d’une bonne fenêtre météo pour tenter de battre le Record SNSM, Arthur Le Vaillant a embarqué des sauveteurs sur son son multi50. Après une première journée passée au centre de formation de la SNSM à Saint-Nazaire durant laquelle Arthur Le Vaillant et Sam Goodchild ont pu découvrir les outils de formation au sauvetage en mer, c’est le match retour qui s’est joué à La Trinité sur Mer. Cette navigation qui s’est déroulée dans des conditions idéales a permis à Arthur d’échanger avec les sauveteurs et de les informer sur les spécificités de ces machines taillées pour la régate à haute vitesse. Une journée placée sous le signe du partage et de la solidarité qui visait à renforcer le retour d’expériences entre les deux mondes, celui du sauvetage et celui de la compétition.
Les hommes et femmes de la SNSM qui n’avaient jamais navigué sur un tel bateau ont vécu une expérience inédite et ont engrangé une multitude d’informations qu’ils pourront mettre en pratique lors de leurs prochaines opérations de sauvetage. Car c’est souvent uniquement dans ces situations extrêmes que se côtoient sauveteurs et coureurs au large. Pour Arthur, l’occasion était rêvée de partager sa passion avec des personnalités qui, comme lui, vivent au quotidien avec l’océan et qui peut-être un jour, lui sauveront la vie.
« La solidarité est une valeur essentielle pour Leyton et encore plus dans la période actuelle. C’est pourquoi nous avons initié avec Arthur et Sam Goodchild ce partage d’expérience avec les Sauveteurs en Mer » explique Caroline Villecroze, directrice marketing et communication du groupe Leyton.
Côté sportif, le skipper de Leyton est actuellement en stand-by en vue du Record SNSM. L’équipe étudie chaque jour les fichiers météo afin d’identifier la fenêtre idéale pour tenter de battre le record entre Saint-Nazaire et Saint-Malo.
Parti le jeudi 2 juillet à 6 heures 21 min du matin, Ian Lipinski s’est élancé avec son Class40 Crédit Mutuel pour tenter de battre le record du tour des îles Britanniques. En solitaire, il ambitionne de faire mieux que les 8 jours 4 heures 14 minutes et 49 secondes de l’équipage Phil Sharp en 2018. En début de week-end, Ian Lipinski comptait environ 200 milles d’avance sur le record de Phil Sharp. Il n’en comptait « plus » que 30 d’avance ce lundi matin à 6h30, quatre jours exactement après son départ du cap Lizard et 10 milles ce lundi à 18h. La météo des prochains jours s’annonce propice à la vitesse. Il lui reste encore 673 milles à parcourir.
🎥 Vidéo du bord – Le tonique passage des Shetlands à bord du Class40 @CreditMutuel 💨🚀 Accrochez-vous, ça secoue !
— Ian Lipinski – Skipper Crédit Mutuel (@ianlipinski) July 6, 2020
Ian Lipinski : « Avant de partir en mer, j’éprouve toujours de l’appréhension. C’est une sensation habituelle durant les courses. Je la connais, je prévois sa montée en puissance. Dans le cas présent, avec la pression du record, la situation est différente. Tout se précipite, le compte à rebours avant le départ comme les émotions. Ce qui est chouette, c’est que j’attaque le record dans de bonnes conditions, peut-être sous grand spi, ce qui sera parfait pour me mettre dans le rythme. Je vais m’appliquer à bien faire pour emmagasiner de l’expérience. Si tout s’enchaîne correctement, je pourrai relever le défi et accomplir ce tour, mais la sécurité reste ma priorité ».
Le temps à battre
– 8 jours 4 heures 14 minutes et 49 secondes : Phil Sharp et son équipage (Julien Pulvé, Pablo Santurde del Arco et Sam Matson) en 2018, lors de la dernière édition de la Round Britain and Ireland Race, à la moyenne de 9,03 nœuds (16,7 km/h).
La distance théorique à parcourir
1773 milles le long des côtes des îles Britanniques (3283 km).
Ce lundi à 14 heures, Armel Tripon avertissait son équipe que deux lisses longitudinales situées à tribord en arrière de la zone réparée suite à la collision avec un OFNI le weekend du 21 juin s’étaient fissurées. Le skipper nantais rentre en Bretagne et devrait signifier son abandon. Celui-ci ne perd pas ses chances de se qualifier pour le Vendée Globe lui a assuré Jacques Caraës qui devrait organiser une autre course qualificative.
“Nous sommes dans l’impossibilité à ce stade d’évaluer plus précisément la cause de ce nouvel incident même si nous pensons sérieusement qu’il s’agisse de dégâts collatéraux liés à cette collision dans une zone que nous avions prévu de renforcer au retour de la course Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne,” déclare Michel de Franssu, Team Manager.
Puis le skipper de L’Occitane en Provence a pris contact avec la direction de course pour envisager les options.
Jacques Caraës, directeur de course, a invité le skipper à la prudence en lui préconisant de ne pas tenter de rallier le point COI-Unesco, la marque de parcours située dans le sud-ouest de l’Islande.
Le principe de précaution et la sécurité ont donc conduit Armel et son équipe à prendre la décision il y a quelques instants de rejoindre la Trinité-Sur-Mer le port d’attache du bateau.
Jacques Caraës, Directeur de course de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne et du Vendée Globe : « Armel est forcément très attristé par la situation. Après les échanges sur l’avarie, qui semble conséquente, j’ai invité le skipper à la prudence. Puis j’ai tenu à le rassurer en détaillant les dispositifs qui permettent encore à L’Occitane en Provence d’ambitionner une qualification pour le Vendée Globe 2020. »
Armel Tripon a été mis en relation avec Christian Dumard, le météorologue de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne afin d’établir la route la plus sûre pour rallier son port d’attache.
Armel Tripon a entamé la course avec, parmi ses ambitions, celle de conquérir sa qualification sportive pour le Vendée Globe. Le fait qu’il en ait pris le départ lui ouvre la possibilité de demander d’effectuer un parcours de substitution, ainsi que le dispose l’article 9.3 de l’Avenant 3 à l’Avis de course du Vendée Globe, daté du 2 juin 2020.
Plus d’informations à venir.
🇫🇷 DOSSIER DE PRESSE
Présentation de la course, de ses marins, de son parcours, de ses partenaires ainsi que des opérations menées avec les éditions Gallimard, la COI-UNESCO et l’Institut Pasteur.
Communication
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A 18H00 ce jour, Damien Seguin, skipper du monocoque 60’ Groupe APICIL qui évoluait en 14ème position sur la Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne a prévenu son équipe à terre qu’il faisait route vers La Bretagne.
En cause, la casse du support d’alternateur qui n’est plus solidaire du moteur et qui empêche de recharger totalement les batteries. Damien estime qu’il ne peut pas réparer ce problème technique en course. Actuellement à 50% de charge de batterie, Groupe APICIL ne peut compter, en complément, sur ses hydrogénérateurs, moins performants au près. Pour rappel, un manque d’énergie à bord signifierait notamment une impossibilité de récupérer les informations météo indispensables en course et surtout essentielles an vu des conditions de navigation difficiles à venir. Aussi, le triple médaillé paralympique a choisi de rallier la Bretagne pour des questions de sécurité. Damien navigue actuellement dans 25 nœuds de vent d’ouest sous 2 ris dans la Grand-voile et J3. Son équipe se prépare à l’accueillir au petit matin demain.
Après la casse de son foil tribord en début de course hier, Sébastien Simon a rallié Port-La-Forêt, son port d’attache vers 3 heures du matin. Le skipper a été accueilli par Vincent Riou et son équipe qui ont pu procéder aux premières constatations.
Les dégâts engendrés par la casse de ce foil sur la coque et la volonté de ne pas perdre de temps pour commencer les réparations ont poussé Sébastien à prendre la décision d’abandonner la Vendée Arctique Les Sables d’Olonne.
Les mots de Sébastien Simon à son arrivée à Port-La-Forêt : « J’abandonne la Vendée Arctique Les Sables d’Olonne. Il y a quelques dégâts sur la coque dont une petite voie d’eau. Continuer cette course, ça nous ferait perdre 15 jours sur le chantier qui s’annonce et les expertises. Je ne veux pas devoir faire des réparation à la va-vite. Je préfère prendre cette décision même si c’est forcément avec beaucoup de regrets. Ce qui me rend heureux, c’est de régater, ce n’est pas d’être juste sur l’eau. »
« L’important maintenant est de rassembler tous les acteurs qui ont participé à la conception et à la construction de ce foil pour comprendre ce qu’il s’est passé. Un 3e foil est en construction et celui qui est à bâbord du bateau est réversible. Nous allons tout mettre en œuvre pour que cela ne se reproduise pas sur ces prochains foils. »
Retour sur l’avarie et le départ
« Cela faisait environ 3 heures que l’on progressait bâbord amure au près à quasiment 17 nœuds. Il y avait un petit peu de mer. J’étais plutôt sous toilé sous J3 et GV 1 ris. J’étais à l’intérieur pour manger un morceau et j’ai entendu un énorme crac. Le bateau s’est couché, c’est le foil qui venait de casser. »
« J’ai pris un départ assez moyen mais je me suis rendu compte que le bateau avait un super potentiel au près. J’ai raccroché direct avec le groupe de tête. J’allais plutôt très vite à ce moment-là. J’ai fait une belle entame de course, je tenais la 4e place et j’avais PRB qui est une belle référence juste derrière moi. Je suis frustré car je n’ai pas tiré sur le bateau, je n’en avais pas l’intention. »
Ils ne sont plus que 19 bateaux en course ce dimanche matin après l’arrêt de Sébastien Simon sur Arkea Paprec qui a cassé son foil tribord quelques heures à peine après le départ de la course. En tête, Thomas Ruyant avec Kevin Escoffier, Jérémie Beyou et Charlie Dalin impriment un bon rythme dans une mer casse-bateaux. On retrouve aussi non loin MACSF, l’IMOCA d’isabelle Joschke. Armel Tripon qui s’est montré véloce au départ a levé le pied cette nuit et ne se trompe pas d’objectif : se qualifier.
Ce dimanche, la flotte va devoir réduire la toile. « Le vent va monter progressivement au passage d’une dépression. Il va probablement falloir réduire la toile, peut-être changer la voile d’avant. On ne va pas chômer » expliquait Thomas Ruyant à la vacation du matin. Même discours pour Maxime Sorel (V and B-Mayenne), très appliqué sur la météo et la stratégie à venir… Les marins de La Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne vont devoir affronter ce dimanche plus de 20 nœuds de vent au près dans un secteur encombré par les cargos et les pêcheurs, puis effectuer des manœuvres de virement de bord. Vigilance, stratégie, exercices physiques au programme !
Armel Tripon, l’Occitane en Provence, 5h11 : « Hier après-midi, c’était un bon moment de partir en tête comme ça, avec un bord assez court mais suffisant pour se jauger en vitesse et se mesurer aux autres bateaux. C’était sympa pour toute l’équipe, une façon de les remercier pour leur travail et leur engagement qui m’ont permis de prendre le départ hier. Cette nuit, c’était sport, il y avait moyen d’aller vite. Je n’ai pas suivi le rythme devant car je découvre encore le bateau. Il y avait de la mer et ça tape beaucoup. Il faut trouver le bon dosage pour manœuvrer le bateau et j’ai encore plein de petits trucs à bricoler à droite et à gauche. J’ai réussi à grappiller un peu de sommeil en début de nuit, à me nourrir et à me changer parce que j’étais trempé. Ce sont des bateaux qui mouillent énormément. Il y a le passage du DST (Dispositif de Séparation de Traffic) au rail d’Ouessant dans quelques heures et le vent peut probablement refuser (être moins favorable) donc il va falloir rester bien vigilant pour ne pas rentrer dans cette zone interdite. Il y a plusieurs stratégies d’approche, aller dans le nord ? Rester un peu ouest ? Chacun choisira en fonction de ses objectifs ! »
Thomas Ruyant, LinkedOut – 5h23 : « Je prends encore mes marques à bord. Je n’ai pas encore beaucoup dormi ni trop mangé depuis le départ mais l’appétit commence à arriver donc je vais pouvoir me faire un bon petit déjeuner ce matin. Il y a toujours un petit temps d’adaptation avant d’être complètement bien à bord. Ce n’est pas encore totalement bon pour moi mais ça arrive petit à petit et je commence à me sentir bien dans la course là. Pour l’instant, les conditions sont assez maniables. On a eu un bord assez rapide depuis le départ avec 20 nœuds de vent au près. Ça a un peu ralenti après mais là je suis au-dessus de la flotte et vais donc un peu plus vite que les autres. On se fait bien secouer quand même mais le problème avec ces bateaux, c’est qu’on va se faire secouer tout le temps je crois ! Aujourd’hui, le programme est chargé. Il va falloir trouver le bon angle pour passer le DST de Ouessant en le laissant bien à tribord. Ce matin, je fais la météo pour commencer à gérer la partie entre l’Irlande et l’Islande où il y aura beaucoup de choses à faire. Le vent prévoit de monter aujourd’hui donc il va falloir prendre des ris pour réduire la toile, changer de voiles et puis je m’attends à avoir pas mal de houle à l’approches de îles Scilly et de l’Irlande donc c’est une journée bien remplie en perspective ! »
Maxime Sorel, V and B – Mayenne – 5h34 « Les 24 heures passées en mer avant le départ n’étaient pas forcément de tout repos mais cela a rendu le départ plus facile que d’habitude je trouve. Nous étions tous impatients de pouvoir partir naviguer au large. Les premières heures se sont bien passées avec une mer moins formée que ce que j’imaginais. Je n’ai pas pris trop de risques en mettant moins de toile que j’aurais pu. J’ai passé une bonne nuit, j’ai dormi, bien mangé et je vais attaquer la deuxième journée plus frais que ce que je pensais. Je suis vraiment en mode entraînement du Vendée Globe sur cette course donc mon objectif est de tester un maximum de choses sur le bateau. Ce matin, je suis concentré sur la météo et sur le virement qu’il va y avoir à faire au passage du front. »
Alors que les 20 IMOCA font route vers le nord en direction de l’Islande après un départ sous la grisaille à 15h15, quelques heures plus tard, à 19h55 Sébastien Simon a prévenu son team à terre que le foil tribord venait de casser. ARKEA PAPREC naviguait à 17 nœuds dans 20 nœuds de vent lorsque l’avarie est survenue. Sébastien était à l’intérieur et le bateau s’est couché. Le foil s’est cassé au bord de la coque. Sébastien fait route vers Port-La-Forêt qu’il devrait rallier en milieu de nuit. L’équipe met tout en oeuvre pour établir un diagnostic précis au plus vite.
On se souvient qu’il avait déjà cassé sa première paire de foils pendant la Transat Jacques Vabre. En cassant à nouveau l’un de ses nouveaux foils avec un dessin très différent, c’est un vrai coup dur pour l’équipe. On ne sait pas encore s’il s’agit d’un OFNI ou si c’est structurel.
Les bateaux de course au large de la classe IMOCA engagés dans la course Vendée Arctique ont enfin largués les amarres après près de trois mois d’immobilisation pour cause de crise sanitaire. Tous les bateaux étaient en mer ce vendredi 3 juillet à 15h et ce quelque soit leur port d’attache : Port la forêt, Lorient, les Sables d’Olonne, sauf dérogation pour cause d’écluse à La rochelle.
Après l‘annulation de deux courses préparatoires au Vendée globe, les IMOCA vont pouvoir s’élancer ce samedi 4 juillet pour le départ effectif permettant ainsi à une flotte de 20 bateaux de renouer avec la compétition en haute-mer. Basés « à domicile » aux Sables d’Olonne, masqués et heureux, les skippers Arnaud Boissière et Manuel Cousin seront de la partie, vécue comme une répétition pour le grand départ du Vendée Globe le 8 Novembre prochain.
La veille tous les skippers ont suivi un protocole sanitaire stricte imposé par l’organisation : tests médicaux et masques de protection. « Nous avons rendu obligatoire ce test avant le départ pour les skippers et les équipiers qui vont faire le convoyage, pour être certains que tout le monde est négatif » explique Thierry Charland (Association Médicale Course Au Large). « Il est essentiel aussi de s’assurer de la préservation de la chaîne de secours en cas d’avarie avec des marins qui ne sont pas contaminés. »
Antoine Mermod, Président de la classe IMOCA : « L’histoire de ce départ très inhabituel débute le 19 mars quand on a rangé le tapis rouge qui nous menait au Vendée Globe. Il a alors fallu tracer à la place une allée de graviers, et tout remettre d’aplomb. La grande qualité des marins, c’est la résilience : surmonter les tempêtes et repartir de plus belle à la sortie, c’est leur mode de vie. On a vu le programme initial s’effondrer, on a réfléchi, et on est reparti. Retrouver la compétition fut difficile, parce qu’il a fallu obtenir beaucoup d’autorisations, mais le degré de confiance qui unit les membres de la Classe IMOCA a permis de lever toutes les barrières en faisant accepter à tout le monde ces protocoles sanitaires contraignants et nécessaires ».
Jérémie Beyou (Charal) : « L’ambition, c’est de prendre plaisir à être seul sur l’eau et sur le bateau, parce qu’on a fait beaucoup de navigations en équipe, mais finalement très peu en vrai solo. Or, c’est important d’en faire pour être bien préparé pour le Vendée Globe ».
Armel Tripon (L’Occitane en Provence) : « La météo, c’est comme un film qui défile. Alors on commence à entrer dans le film. Ce qui est sûr, c’est que ce sera rythmé, avec une dorsale, une dépression… Il y aura beaucoup de changements de conditions, d’allures, de voiles… ».
Clément Giraud (Vers un monde sans sida) : « C’est une année compliquée pour moi. Mon ambition est d’aller faire un tour sur un parcours magnifique et innovant, et de terminer la course. Je vais me régaler côté météo : je suis allé une paire de fois dans le nord. Je dois faire attention au fait que je suis fatigué par deux mois de chantier : il va falloir que je compose avec ça ».
Manuel Cousin (Groupe SETIN) : « On est heureux de retourner sur l’eau, sur un parcours magnifique, et de valider tout ce qui a été fait sur le bateau cet hiver. C’est une répétition générale pour le Vendée Globe. Il est essentiel de finir la course mais aussi, je serai content de faire des “speed tests” avec les camarades qui ont un bateau de la génération du mien ».
Samantha Davies (Initiatives-Cœur) : « L’objectif pour moi est de tout valider sur mon bateau, et sur moi-même en configuration Vendée Globe. J’applique ce plan en termes de choix de voiles, de matériel de spare embarqué. La seule chose qui diffère sera le nombre de jours de nourriture. Je suis aussi une compétitrice, donc je ne vais pas résister au désir de pousser mon bateau et j’espère une belle bagarre avec le groupe de concurrents qui ont la même génération de bateau et vont à la même vitesse. »
Boris Herrmann (Seaexplorer – Yacht Club de Monaco) : « Je n’ai navigué que six jours avec la nouvelle configuration et les nouveaux foils. Il était prévu que je navigue plus, et je suis très heureux que cette course ait lieu. On a une bonne préparation, ce sera un test pour moi cette course, c’est une bonne occasion pour se projeter sur le Vendée Globe. Mon objectif est d’apprendre les meilleurs réglages avec ce nouveau comportement du bateau. Ce bateau a complètement changé. Avant; à 50° du vent, la vitesse était de 11 nœuds au près ; aujourd’hui, à 60°, on va à 18 nœuds dans la brise forte. Cela change complètement la manière de mener le bateau dans toutes les allures. On n’a pas eu le temps de tout faire. Je serai ravi de finir la course sans problèmes techniques ».
Giancarlo Pedote (Prysmian Group) : « On a pu tester le bateau dans des conditions musclées, avec 35 nœuds de vent. On a pu tester un maximum de choses, même en termes de vêtements, de nourriture. J’essaie de m’organiser dans la situation du Vendée Globe. Je pars sur la Vendée – Arctique – Les Sables d’Olonne avec l’envie de tester le bateau dans toutes ses performances et aussi m’organiser dans la vie à bord, en cherchant à être structuré. Je ne me projette pas trop : je ferai de mon mieux, mais c’est super intéressant d’aller si nord ! »
Thomas Ruyant (LinkedOut) : « C’est étonnant comme situation car on prépare la course à la maison ! Je suis bien dans mes bottes, je me suis bien préparé physiquement, et impatient de régater : cela fait un moment qu’on n’a pas pu se confronter… Je suis excité de repartir en solo, c’est toujours un sacré défi. Il y a peu de chances qu’on ait des conditions clémentes tout le temps ! Il y a des systèmes météo à traverser du sud au nord, et du nord au sud. Cela veut dire beaucoup de manœuvres, de dorsales, des dépressions, ce sera très différent de ce qu’on a l’habitude de faire (…) Je suis déjà allé au Lofoten en croisière. A l’époque, il y avait beaucoup de pêcheurs et ils faisaient la fête à Dunkerque avant de partir : c’est de là que vient le carnaval ».
Fabrice Amedeo (Newrest – Art & Fenêtres) : « Je ne suis jamais allé aussi nord, je suis très excité, c’est une course, mais il y a aussi une dimension voyage. Je m’attends à avoir du vent. La dernière fois c’était 45 nœuds, j’avais cassé, j’aimerais vraiment avoir du vent sur cette course ! J’ai l’impression de partir sur une course plus courte alors que ce sera plus long que la Route du Rhum. Il y aura des écarts gigantesques entre les anciens bateaux et les nouveaux. Je m’attends à ce que la course pose les débats. Le podium de cette course sera sûrement celui du Vendée Globe. C’est dommage que tout le monde ne soit pas présent : ce n’est pas en faisant des runs que l’on se prépare à un tour du monde ».
Clarisse Crémer (Banque Populaire X) : « Ce n’est pas les tropiques là-haut ! Il peut y avoir du brouillard, du vent… J’y vais en mode découverte, je ne suis jamais allée aussi nord, et je n’ai jamais fait une course en solo. Sur le chemin vers l’Islande, il y a beaucoup de dépressions et de choses nouvelles. J’ai besoin d’avoir du vent fort, je ne suis pas stressée de ce point de vue-là ».
Maxime Sorel (VandB – Mayenne) : « Ça a été assez intense entre les navigations techniques, des entraînements de 24 heures, des sorties presse et partenaires. En tout cas, le bateau est prêt, il va être au top. C’est pour moi le brouillon du Vendée Globe. Pour toute la team, à terre, pour les équipes de communication, on s’est mis dans format tour du monde de manière à utiliser les systèmes qu’on a : l’audio, les procédures de réparation, de manière à se préparer au Vendée Globe et améliorer ce qui doit l’être. Ce n’est pas désagréable de préparer une course depuis la maison, on se fatigue moins, mais il manque le côté « boost » de la rencontre avec le public. Même si on la chance de partir frais, je préfère la configuration avec village. »
Kevin Escoffier (PRB) : « Côté performances, sur le serré portant, on tient les foilers. Au débridé ou au reaching, les logiques mécaniques et sportives font que les bateaux neufs sont plus rapides. En 2019, avec PRB, on arrivait encore à suivre car ils étaient en cours de développement. Là, c’est plus compliqué même si les développements faits sur PRB ont permis de progresser. Il faut voir dans la durée si ces bateaux parviennent tenir le tempo très élevé sur des longues durées, parce que plus tu vas vite, plus tu te fatigues. Je vais chercher à avoir un rythme “Vendée Globe” (sur la Vendée – Arctique – Les Sables d’Olonne, ndlr). Je vais essayer d’arriver à peu près frais après 13 jours de course, d’être devant les bateaux optimisés et anciens, et de tenir le rythme des bateaux neufs sans surexploiter PRB. »
Sébastien Simon (ARKEA PAPREC) : « On a enfin nos deux ailes, ça donne le sourire à toute l’équipe, on retrouve le potentiel du bateau. C’est une grande découverte en solitaire, j’ai hâte de voir ce que donnent 10 jours en mer sur ce bateau. Il faut que j’arrive à mettre cœur de compétiteur de côté. Sur un effort semi-sprint, semi-endurance, il faut ménager le matériel. Nos bateaux sont très sensibles à l’état de la mer. Il faut apprendre à connaître les limites du bateau, et celles de l’homme. Il faut vite se mettre à l’abri, ne pas se mettre en danger, mais l’envie est forte d’aller au charbon ! Il faut que j’arrive à naviguer pour moi ».
Arnaud Boissières (La Mie Câline – Artisans Artipôle) : « Je suis super content d’aller naviguer et de me confronter à cette flotte diversifiée, c’est une chance de pouvoir faire cette course. C’est un sprint, mais c’est intéressant pour le froid, les allures, c’est très court par rapport à un Vendée Globe. Si tu casses une latte pendant la Vendée – Arctique – Les Sables d’Olonne, tu ne la changes pas. Sur le Vendée Globe, tu prends le temps de changer. C’est un exercice ultra intéressant pour préparer le tour du monde, on va être au contact. Gaffe aux bêtises : le timing est très court. On n’aura pas tous les moyens de réparer ».
Alan Roura (La Fabrique) : « Il y a des décisions qui ne sont pas faciles à prendre. On navigue énormément depuis la mise à l’eau, il y a eu la qualification pour la course, des speed tests… Tout se goupillait super bien jusqu’à la crise sanitaire. Ma compagne attend un heureux événement pour le 15 juillet, mais ce sera sans doute avant. Mes partenaires ont tout à fait compris mon envie d’être là pour la naissance. On donne notre vie dans ce genre de projet, je ne me vois pas laisser passer la naissance de mon premier projet ».
Yannick Bestaven (Maître-CoQ IV) : « Les 10 foilers au départ devraient être plus rapides que moi, que ce soit les nouveaux bateaux ou certains des anciens (PRB, MACSF)… mais ce sera une course aussi très tactique. Je pense que tout le monde a un peu sa chance. Je n’ai pas la pression d’un objectif de résultat. Je peux entrer dans les 10 premiers, voire mieux. J’y vais pour le plaisir, pour faire du solitaire et trouver mes marques avant le Vendée Globe. Si on a quelque chose à casser ou à renforcer, c’est l’occasion sur cette course. Aller dans des conditions musclées, c’est la seule opportunité qu’on a aujourd’hui pour tester le bateau et le bonhomme ».
Isabelle Joschke (MACSF) : « Je me suis rendue compte en janvier que c’est très, très physique. Il va falloir trouver le juste rythme au fil des jours, des semaines et savoir quel niveau d’implication physique je peux avoir… Le facteur humain, ce sera notre capacité à supporter ce qu’on va endurer. Et avec les foils, ce sera nouveau pour pas mal de concurrents. Savoir ce que nous sommes capables de supporter et de faire supporter à nos bateaux (quand ils se crashent dans les vagues…), c’est un des enjeux de la course. On aura peut-être des surprises à la fin ».
Charlie Dalin (Apivia) : « En un mois d’entraînement, j’ai passé 11 nuits en mer. Il a fallu ça pour passer en revue la liste de tout ce qu’il y avait à faire et refaire, dans un temps plus court. C’était intense. J’ai hâte de retrouver la confrontation, cette fois-ci pour de vrai, en vrai en solitaire. Ce sera ma première course en solo en IMOCA. J’en attends beaucoup : il faut trouver le rythme, la bonne gestion des manœuvres. On parle beaucoup des bateaux, mais il faut parler des binômes skipper/bateau. Ce qui sera intéressant c’est de voir comment ces binômes vont performer. Ces bateaux qui vont vite, ça a un prix. Mais j’assume ça. La capacité du skipper à supporter l’inconfort fait partie de la performance. La question sera : quel ryhtme on arrive à tenir sur cette course qui sera plus difficile qu’une transat classique où l’on accompagne les systèmes météo ? Là, on sera tout le temps en train de changer de système. Ce qui est sûr, c’est que ce sera une course très fatigante. Je préfère casser quelque chose maintenant que sur le Vendée Globe, alors je ne vais pas me gêner pour tirer sur le bateau ».
Miranda Merron (Campagne de France) : « Campagne de France est le bateau le plus vieux de la flotte au départ de la Vendée-Arctique-Les Sables et je suis très contente de partir sur un bateau simple, classique sur lequel la vie à bord est confortable. Et j’ai vraiment hâte de retrouver le large ! »
Damien Seguin (Groupe APICIL) : « L’objectif pour moi sera de retrouver le rythme de navigation en solo. Mais si je me sens bien, je serai à 100% dessus. J’ai un instinct de compétiteur. Je suis content d’être sur un bateau fiable, simple, avec qui je forme un couple cohérent. Sur cette course, j’ai des problématiques simples et bien identifiées. J’ai coché toutes les cases. J’y vais assez sereinement ».
Cette troisième édition s’annonce record avec une très belle flotte qui partira de Cherbourg le 19 juillet. Des Ultimes sur le parcours de 1100 milles, aux Figaro Bénéteau 3, en passant par les Multi50, Class40, Multi 2000, IRC, Open Grands monocoques et yachts classiques.
Ultimes : Trois géants sur un parcours taillé sur mesure (DRHEAM-CUP 1100) Privés de The Transat CIC, les trimarans Ultimes se voient offrir leur première confrontation de l’année sur le nouveau parcours de 1100 milles spécialement conçu pour eux, avec notamment un long passage en Mer d’Irlande entre le Fastnet et l’île de Man. Vainqueur en décembre dernier de Brest Atlantiques, le Maxi Edmond de Rothschild, avec à ses commandes le duo Franck Cammas-Charles Caudrelier, secondé par Morgan Lagravière, Erwan Israel, David Boileau et Yann Riou, jouera une nouvelle fois pour la gagne. Il retrouvera face à lui Sodebo Ultim 3, emmené par Thomas Coville, désormais 100% volant puisque doté de nouveaux plans porteurs sur la dérive et le safran central. L’un comme l’autre sont en pleine préparation pour le Trophée Jules Verne en fin d’année, la DRHEAM-CUP arrive à point nommé, comme le confirme Thomas Coville : «Elle va nous permettre de monter en puissance, de continuer à peaufiner l’équipage, d’ajuster les automatismes. Le fait de prendre un départ et de boucler un parcours est le meilleur exercice qu’on puisse faire pour préparer un Jules Verne». Troisième inscrit en Ultime, Actual Leader (Yves Le Blevec) aura sa carte à jouer sur un parcours stratégique et tactique.
Multi50 : Au carrefour des ambitieux (DRHEAM-CUP700) Après Lalou Roucayrol sur la première édition, Thibaut Vauchel-Camus sur la deuxième, quel sera le lauréat de la troisième édition de la DRHEAM-CUP en Multi50 ? L’issue de la course de 736 milles s’annonce bien indécise, entre le tenant du titre, qui maîtrise désormais son Solidaires en Peloton-ARSEP sur le bout des doigts (et sera accompagné de Billy Besson, skipper de l’équipe française de SailGP, de Corentin Douguet et de Louis Viat), l’ambitieux nouveau venu dans la classe qu’est Arthur Le Vaillant, sur Leyton (l’ancien Arkema vainqueur en 2016), entouré lui aussi d’un équipage de choc (sans doute son père Jean-Baptiste, véritable spécialiste du multicoque, Aymeric Chappellier, venu comme lui de la Class40, et Christophe Espagnon), et Erwan Le Roux, sur Ciela Village que lui confie son propriétaire Thierry Bouchard, qui voudra briller pour son retour en trimaran de 50 pieds. Quant à Sébastien Rogues, il fera tout pour être au départ de Cherbourg-en-Cotentin à bord de Primonial, dont le long chantier d’optimisation a pris du retard à cause du confinement.
Class40 : Un scow et des bateaux affûtés (DRHEAM-CUP700) La Transat Québec-Saint-Malo annulée, les inscrits en Class40 ont choisi de conserver le format équipage pour la DRHEAM-CUP / GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE . Et comme il y a deux ans, il devrait y avoir du match entre quelques bateaux taillés pour jouer la victoire : c’est notamment le cas de Banque du Léman, représentant de la nouvelle génération de 40 pieds avec son étrave arrondie en forme de scow, skippé par les Suisses Valentin Gautier et Simon Koster, accompagnés de leur compatriote Justine Mettraux. Ses principaux rivaux ? Lamotte-Module Création, mené par le Malouin-Britannique Luke Berry, Black Mamba, qui n’est autre que le bateau tenant du titre, passé des mains de Yoann Richomme à celles du Normand Nicolas Jossier, l’ancien Leyton désormais baptisé Entraide Marine, skippé par Charles-Louis Mourruau, et Everial, avec à ses commandes le cinéaste-navigateur Stan Thuret, entouré de Lionel Garcia, le directeur général d’Everial, et de Roland Jourdain, que l’on ne présente plus.
Figaro : Répétition générale avant la Solitaire (DRHEAM-CUP400)
A un peu plus d’un mois du coup d’envoi de la 51e édition de la Solitaire du Figaro dont elle est course qualificative, la DRHEAM-CUP / GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE sera une répétition grandeur nature de la classique estivale, avec un parcours exigeant de 428 milles qui ressemble à s’y méprendre à une étape de Solitaire. Quasiment tous les prétendants à la victoire sur cette dernière seront ainsi de la partie et voudront marquer le coup, dont Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), tenant du Vendée Globe et double vainqueur de la Solitaire, Vincent Riou (Capmar), de retour sur le circuit Figaro Bénéteau, le toujours redoutable Gildas Mahé (Breizh Cola), le Cherbourgeois Alexis Loison (Région Normandie), les Anglais Sam Goodchild (Leyton), Phil Sharp (Oceans Lab) et Alan Roberts (Seacat Services), le Normand Fabien Delahaye (Loubsol), mais aussi la jeune génération emmenée par Tom Laperche (Bretagne CMB Espoir), vainqueur fin juin de la Solo Maître CoQ, Pierre Quiroga et Erwan Le Draoulec (Skipper Macif), Loïs Berrehar (Bretagne CMB Performance), Gaston Morvan, et deux nouvelles venues sur le circuit Figaro Bénéteau, Elodie Bonafous (Bretagne CMB Performance) et Violette Dorange (Les Apprentis d’Auteuil).
IRC : Le double à l’honneur (DRHEAM-CUP400) 40 bateaux sont inscrits cette année en IRC, dont 25 en IRC double, preuve du succès ce format mis à l’honneur par la Transquadra (qui a dû être reportée d’un an). Dans cette catégorie, on retrouvera sur cette troisième édition les vainqueurs des deux précédentes, Patrice Carpentier en 2016 (Groupe 5) et Alain Duvivier en 2018 (Hagat L’Hirondelle), qui auront affaire à forte concurrence, avec notamment Guy-Philippe Claeys (Expresso), Noël Racine (Foggy Dew), Penny Aubert (Georgia pour le Conservatoire du Littoral), Pierrick Letouzé (Raging Bee), François Moriceau (Mary), Patrick Isoard (Uship). En équipage, le vainqueur toutes classes de la Rolex Fastnet Race 2017, Didier Gaudoux (Lann Ael 2), tentera d’inscrire la DRHEAM-CUP-GRAND PRIX DE FRANCE AU COURSE AU LARGE à son palmarès, mais là encore, la concurrence sera au rendez-vous, avec le lauréat de l’édition 2018 en IRC1, Sébastien Harinkouck (Amanjiwoo), Jacques Pelletier (Quadriconsult), membre du Yacht Club de France, le club support de la DRHEAM-CUP, Richard Fromentin (Leclerc Hennebont) et bien d’autres.
Autres classes : ACapella pour le triplé ? Dans les autres classes, Charlie Capelle, vainqueur au scratch il y a deux ans sur le parcours de 428 milles, mais également en Multi 2000 (comme en 2016), tentera de prolonger son invincibilité à bord d’ACapella Proludic, il aura notamment pour adversaires un autre Trinitain, Yann Marilley (No Limit), le Belge Gilles Buekenhout (Jess), vainqueur en catégorie Rhum Multi il y a deux ans, Fabrice Payen (Team Vent Debout) et Christian Guyader sur son tout nouveau Guyader/Mext, TS5 sorti du chantier Marsaudon Composites début mars. A noter enfin la participation de deux Open grands monocoques, le véloce Bretagne Telecom de Nicolas Groleau et le fameux « Cigare Rouge », Formatives Network, de Jean-Marie Patier, et de deux yachts classiques, Le Loup Rouge (Pierre Le Goupil) et Faiaoahe (Rémy Gerin).
Ils ont dit :
Patrice Carpentier (Groupe 5), inscrit en IRC double : « Depuis la première, je suis fidèle à la DRHEAM-CUP et à Jacques Civilise qui dépense tellement d’énergie pour l’organiser, j’ai d’ailleurs été le premier inscrit ! Je suis toujours content d’aller à Cherbourg, où nous sommes toujours très bien accueillis, et d’arriver à la maison, à La Trinité. En plus, cette année, je vais étrenner mon nouveau bateau, un JPK 960 que j’ai racheté en Irlande, il est très marin et facile à mener. En IRC double, il y a beaucoup de beau monde, c’est un format qui marche bien, pour des amateurs, c’est l’idéal. »
Franck Cammas (Maxi Edmond de Rothschild), inscrit en Ultime : « C’est super que la DRHEAM-CUP ait lieu, parce que ça nous oblige à avoir un objectif, à nous préparer pour être performants. C’est important d’avoir des étapes intermédiaires avant de partir faire le Trophée Jules Verne en fin d’année, en plus avec des concurrents, comme Sodebo qui a dû franchir une marche importante en termes de performance avec ses nouveaux appendices. En termes de difficultés, on va être servis, on risque d’avoir toutes les allures et beaucoup de conditions différentes, c’est parfait en vue de notre programme de l’année. Si le vent est de la partie, ça va aller vite, 48 heures, peut-être moins.»
Arthur Le Vaillant (Leyton), inscrit en Multi50 : « Ça fait plaisir de reprendre le chemin de la compétition avec un si beau bateau pour sa première course et un bon équipage. L’objectif sera de faire un très bon résultat et de montrer que la voile est un sport fabuleux. Je pense que ça va être une belle bataille avec les autres bateaux de la classe dans de beaux coins pour jouer, où il peut y avoir des rebondissements, du vent fort, des brises thermiques, de la pétole. Le mélange de supports qu’il y a sur cette course fait de la DRHEAM-CUP une belle fête maritime.»
Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), inscrit en Figaro Bénéteau (solitaire) : «Avec la DRHEAM-CUP, on est vraiment dans le format d’une étape de Solitaire du Figaro, à la fois au niveau de la distance, 430 milles, et parce qu’on ira naviguer dans des zones qu’on retrouvera en septembre, à savoir la Manche, les îles anglo-normandes, le passage de la pointe de la Bretagne… En Figaro en solitaire, ce sera la première fois que je participerai à une course multi-classes, je suis content d’aller naviguer avec pas mal d’amateurs éclairés et de retrouver un peu d’effervescence au ponton à Cherbourg, où je suis d’ailleurs très content de retourner, parce que ça fait longtemps que je n’y suis pas allé. Et 100 bateaux sur le plan d’eau, c’est sympa, il y en aura pour tous les goûts»
Violette Dorange (Les Apprentis d’Auteuil), inscrite en Figaro Bénéteau : « La DRHEAM-CUP est super importante pour moi en vue de ma préparation pour la Solitaire du Figaro, c’est un grand parcours, assez difficile en termes de navigation, avec deux traversées de la Manche qui nécessitent de bien s’organiser au niveau sommeil pour surveiller le trafic des cargos et gérer le DST d’Ouessant. Ça va encore être une découverte pour moi qui débute dans la classe Figaro Bénéteau. Ça sera ma première grande course multi-classes, c’est top qu’on soit tous rassemblés comme ça et de se retrouver au milieu de grands bateaux. »
Stan Thuret (Everial), inscrit en Class40 : « C’est chouette de reprendre la compétition par cette manifestation qui a été baptisée GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE et réunit plusieurs classes de bateaux. C’est super sympa de pouvoir regrouper tout le monde au sein d’une même famille, mais aussi de retourner au Fastnet, un lieu où on aime toujours aller, bravo à l’organisation de s’être battue pour que la course ait lieu. La DRHEAM-CUP sera ma première régate en tant que skipper de Class40, mon bateau n’est peut-être pas le tout dernier-né, mais il est bon partout, très polyvalent, il y a moyen d’être dans le match. »
Charlie Capelle (ACapella Proludic), inscrit en Multi 2000 : « C’est notre troisième participation sur ACapella Proludic, nous avons gagné les deux premières en Multi 2000 et même terminé premiers au scratch sur la DRHEAM-CUP 400 il y a deux ans, ce qui était assez inespéré. Nous sommes très heureux de revenir, d’autant que c’est la première course de la saison sur un parcours inversé par rapport à la précédente édition, qui peut être un peu plus sport et sélectif si on a du vent d’ouest dominant. Il va y avoir beaucoup de beau monde sur la ligne de départ, nos concurrents directs seront No Limit et le nouveau Guyader qui a l’air d’être un très bon bateau. ACapella est une vieille demoiselle qui a quand même 38 ans, mais nous sommes régulièrement sur les podiums, d’abord parce que c’est un magnifique bateau qui marche bien, ensuite parce qu’on navigue beaucoup et qu’on ne fait pas trop de bêtises. »
Les 20 solitaires IMOCA engagés sur cette course partiront d’abord vers le nord pour aller chercher le Waypoint COI-UNESCO*, située au 62° Nord, entre le sud de l’Islande et la pointe méridionale du Groenland, en mer d’Irminger. Ils redescendront ensuite plein sud pour aller chercher la marque de parcours Gallimard, au large des Açores, avant de revenir à la bouée Institut Pasteur puis aux Sables d’Olonne, conclusion d’un triangle en Atlantique Nord de 3556 milles nautiques (6585 km) que les plus rapides devraient boucler en une dizaine de jours.
Jacques Caraës, directeur de course :« Nous savons, en optant pour le parcours n°1, que les bateaux les plus rapides seront confrontés à plus de vent, mais ils auront aussi la possibilité de ne pas aller chercher le plus fort. Les moins rapides seront épargnés par les conditions les plus dures. Mais de toute façon, j’estime que les conditions sont tout à fait maniables pour des bateaux et des marins qui sont engagés dans une préparation pour le Vendée Globe. Si nous avions débuté par les Açores, nous n’aurions pas eu de visibilité sur le nord, la zone la plus méconnue des skippers solitaires ».
Afin de limiter les rencontres impromptues le long des côtes en dessinant une zone côtière d’exclusion à la navigation pour sa flotte, la direction de course impose à la flotte IMOCA de laisser à tribord les DST (dispositifs de séparation du trafic) qui jalonnent l’est de la route. Au retour, ils devront les laisser à bâbord.
Tout à l’ouest et autour du Groenland, la direction de course a dessiné la zone des glaces, appelée Zone d’exclusion arctique, et qui exclut la Mer de Labrador depuis Saint-Pierre-et-Miquelon et le Détroit de Danemark, entre le Groenland et l’Islande. Les derniers relevés de glaces, canadiens et danois, ne relèvent pas d’icebergs dans la zone dans laquelle devraient naviguer les IMOCA.
Les prévisions fournies par le météorologue Christian Dumard laissent apparaître des conditions très maniables et agréables sur la ligne de départ, samedi : 12 à 17 nœuds de vent d’ouest-sud-ouest, un temps ensoleillé et une température de 20 à 22 degrés. Progressivement, la flotte se rapprochera d’une dépression qui glisse vers le nord-est, avec des conditions qui se renforcent tandis qu’un anticyclone s’installera dans son sud. C’est au passage en mer Celtique que les solitaires devraient trouver des conditions plus soutenues, avec 20-25 nœuds d’ouest-sud-ouest et une mer formée dans le sud-ouest de l’Irlande (de 3,20m de houle à 4m, dans le sud-ouest de l’Irlande). Des conditions qui devraient encore forcir en milieu de semaine prochaine, plus au nord. Ça se mérite d’aller fricoter avec le grand nord trois mois et demi avant de partir affronter le grand sud…
*COI-UNESCO : Commission océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO, partenaire de la Classe IMOCA et plusieurs skippers de la flotte.
Alan Roura (La Fabrique) renonce pour la plus belle des raisons :”Mon épouse et moi nous apprêtons en effet à accueillir notre premier enfant aux alentours du 15 juillet. Nous avons espéré qu’il arrive un peu en avance mais je me vois dans l’impossibilité de prendre le risque de manquer cet événement ». A l’origine, la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne devait s’appeler la New York-Vendée-Les Sables d’Olonne, et elle devait débuter le 16 juin. La crise sanitaire a considérablement modifié le calendrier…
En revanche, la présence d’Armel Tripon sur la ligne de départ est confirmée, et c’est une remarquable performance d’équipe qu’il faut saluer.Il y a moins de deux semaines, le skipper nantais a heurté un OFNI lors de sa qualification pour la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne. Un choc à 18 nœuds qui provoqua un trou dans l’étrave tribord et des dégâts sur le safran. Après dix jours d’un labeur acharné de la part des équipes de Black Pepper Yachts, L’Occitane en Provence a quitté le hangar à La Trinité-sur-mer avec une étrave toute neuve… et pas mal d’humour : des pointillés blancs sur la coque noire soulignent la partie qu’il a fallu refaire. Bravo !