La Transat Paprec partira le 30 avril prochain et se jouera pour la première fois en double mixte. Élodie Bonafous et Martin Le Pape ont décidé de la faire ensemble sous les couleurs du Groupe Quéguiner et de l’association La Vie en Rose
La skipper du Figaro Bénéteau 3 qui, pour mémoire, a bouclé la dernière édition de la Solitaire du Figaro à une belle 8e place, signant au passage un podium d’étape historique, espère en effet profiter de l’occasion pour exprimer son talent à travers l’Atlantique et, pourquoi pas, aller chercher la victoire à Gustavia. « La course promet, une nouvelle fois, de jolis moments de partage et d’échanges », assure Élodie Bonafous qui a longuement cogité le choix de son co-équipier pour cette aventure de 3 890 milles à travers l’Atlantique, entre la Bretagne et les Antilles. « Dans un premier temps, j’ai sélectionné plusieurs profils en me basant sur trois critères : l’expérience, la performance et l’humain », détaille la navigatrice, attachée à la notion de transmission mais aussi pleinement consciente que passer près de trois semaines en mer dans un espace pour le moins restreint avec la même personne n’a rien d’anodin. « Au final, mon choix s’est porté sur Martin Le Pape. Ce qui a fait la différence ? Principalement son niveau d’engagement et d’investissement dans le projet. Il était essentiel pour moi d’avoir à mes côtés un co-skipper vraiment motivé et pour qui cette Transat Paprec était clairement sur le haut de la pile en termes d’ambition », détaille la Finistérienne qui peut clairement espérer jouer aux avant-postes et même aller décrocher la victoire à Saint-Barthélemy, même si un exercice tel qu’une traversée de l’Atlantique réserve, on le sait, toujours bien des surprises.
« Notre atout est que, l’un comme l’autre, nous connaissons bien le support. Nous savons comment le faire avancer et le manœuvrer », souligne Élodie qui a aussi fait appel à un marin tel que Martin pour l’épauler dans la prise de décision et l’analyse météo sur le long terme. « Pour l’heure, je n’ai l’expérience que d’une transatlantique. C’était cette même course, il y a deux ans, avec Corentin Horeau. A l’inverse, Martin s’apprête à prendre part pour la cinquième fois à l’épreuve tandis que parallèlement il compte une participation à la Transat Jacques Vabre en IMOCA puis une autre à la Route du Rhum – Destination Guadeloupe en Class40. Il va clairement pouvoir m’apporter beaucoup en termes de méthode », annonce la skipper du Groupe Quéguiner – La Vie en Rose qui, comme à son habitude, construit rationnellement ses objectifs. « Nous savons que nous avons une carte à jouer mais nous restons sur nos gardes. Nous mettons, en tous les cas, tout en œuvre dans notre préparation et dans nos choix pour aller chercher la plus haute marche du podium à l’arrivée », promet Élodie.
Avis partagé par Martin Le Pape qui, lui aussi, préfère rester prudent. « On part ensemble pour faire un bon résultat. Une transat reste une transat, avec son lot d’aléas, mais effectivement, on fait partie des bons duos, ne serait-ce que parce qu’on a tous les deux de l’expérience à bord du Figaro Bénéteau 3. Il n’empêche que de très beaux tandems sont formés par des gens qui viennent d’autres milieux (olympisme, match-racing…). Aujourd’hui, on peut difficilement les positionner en termes de performance mais on sait qu’ils seront dangereux », avance le navigateur. Après un premier stage en double, Élodie et Martin vont profiter d’une deuxième session d’entraînement cette semaine organisée par la Pôle France Course au Large de Port-la-Forêt spécifiquement en vue de la Transat Paprec avec, au programme, un parcours off-shore de 24 heures. « Cela va nous permettre de continuer d’évaluer les points forts de chacun puis de solidifier notre binôme en gagnant en fluidité dans les manœuvres et la prise de décision, l’une des clés de la performance en double », termine Martin Le Pape.
Transat Paprec : Un duo de choc Élodie Bonafous et Martin Le Pape !
The Ocean Race. La réaction de l’équipe Holcim-PRB : “C’était fou !”

Kevin Escoffier et son équipage Tom Laperche, Sam Goodchild, Susann Beucke et Georgia Schofield (OBR) ont emporté la deuxième étape de The Ocean Race entre le Cap Vert et Cape Town au terme d’une incroyable bataille menée jusqu’à la dernière seconde. L’équipe conforte sa place de leader au classement général.
Pour Kevin Escoffier et l’ensemble de l’équipe, cette victoire à Cape Town est mémorable et pourrait bien rester comme l’un des moments les plus épiques de ce tour du monde. A l’arrivée seules 16 minutes et 45 secondes séparent l’équipe de son dauphin, Biotherm. L’équipage de 11th Hour Racing Team complète le podium en coupant la ligne seulement 25 minutes et 31 secondes après Holcim-PRB. Ces écarts si faibles témoignent de l’engagement de chaque seconde investi par l’ensemble des femmes et hommes de The Ocean Race pour tenter de s’imposer dans la baie surplombée par la Table Mountain.
« Je suis tellement content pour l’équipe parce que nous n’avions pas toute l’équipe technique pour célébrer notre victoire à Mindelo. Ici, à Cape Town, tout le monde est réuni : les navigants et l’équipe technique. Nous allons partager ensemble cette victoire. Nous avons eu de très faibles écarts entre les bateaux. Cette étape s’est presque apparentée à une étape avec des monotypes comme par le passé. Pour le public, c’est fantastique à suivre. Pour nous, ça a été une énorme bataille sur l’eau. Je ne peux pas être plus satisfait qu’avec cette deuxième victoire avec Holcim-PRB qui est un bateau neuf, avec une équipe que nous avons constituée tardivement pour la course, … Non, nous ne nous sentons pas du tout imbattable. Il n’y a qu’à regarder ce qui s’est passé sur l’eau. C’était très dur de gagner ici. Il était impossible de faire un pronostic même une heure avant l’arrivée. »
C’est à la faveur d’une position sous le vent de ses adversaires que Holcim-PRB a finalement réussi à prendre la tête de la flotte quelques milles seulement avant l’arrivée et à récupérer un flux plus solide le long des côtes. Avant cet instant, ils étaient quatre à pouvoir l’emporter. Sam Goodchild décrit ces derniers moments et souligne l’apport considérable que constitue cette étape pour l’équipe en termes de connaissance du bateau: « Remporter ici à Cape Town, ce n’était pas gagné. Les derniers jours, c’était un peu aléatoire mais nous sommes vraiment heureux de gagner ici, d’avoir tenu jusqu’au bout. Nous sommes restés solides malgré le stress. Nous avons maintenu un bon niveau d’échange. C’était extrêmement constructif pour la suite. Je suis fatigué, c’était vraiment dur ! Nous ne connaissons pas encore bien Holcim-PRB mais nous avons appris beaucoup, notamment en vitesse. C’était une étape super instructive. »
Pour l’allemande Susann Beucke, qui effectuait sa première navigation océanique à bord d’un IMOCA, cette étape restera longtemps gravée : « C’était fou ! Je n’ai jamais vécu une expérience aussi intense sur le plan physique et émotionnel. L’équipage est resté extrêmement concentré du début à la fin et je suis vraiment heureuse que nous l’ayons emporté au final. » Tom Laperche avait lui aussi le sourire à l’arrivée et est revenu sur le plaisir ressenti par l’équipe dans cette navigation au contact. « C’était vraiment intéressant de naviguer comme cela, au contact en IMOCA. Nous avons bien géré toute la première partie. Nous terminons avec un petit peu de chance aujourd’hui. Mais l’étape était vraiment longue. Nous avons trouvé le bon équilibre entre être focus sur la stratégie, faire avancer vite le bateau et prendre du temps pour bien nous alimenter et nous reposer. Nous étions en bonne forme pour gérer cette fin intense. »
Dans deux semaines, la flotte de The Ocean Race s’élancera pour une étape longue de 12 750 milles depuis Cape Town jusque Itajai au Brésil. Les mers du sud ne feront pas de cadeau à Kevin Escoffier et son équipage qui se préparent depuis plusieurs mois pour ce rendez-vous unique avec le Grand Sud et l’océan austral. « La course est longue, je le sais » commentait avec humilité Kevin à l’arrivée à Cape Town pour répondre à chaque question qui l’amenait à se projeter sur la troisième étape. I
Trophée Jules Verne. Départ du Maxi Edmond de Rothschild ce dimanche : “Aller le plus loin possible !”
En stand-by depuis fin décembre, les hommes du Maxi Edmond de Rothschild ont décidé de tenter leur chance même si la fenêtre météo s’avère atypique. Charles Caudrelier, Franck Cammas et leur équipage ont quitté le port de Lorient, ce dimanche 12 février au lever du jour et pris le départ à 14h09 pour une nouvelle tentative.
Le Gitana Team s’apprête à relever un sacré challenge : battre le fameux record établi par IDEC (2017) en 40 jours, 23 heures et 30 minutes. Le passage de ligne, moment toujours exaltant et riche en émotions, est prévu à la mi-journée ce dimanche. L’horaire sera affiné lors du convoyage vers Ouessant en concertation avec Marcel van Triest, le routeur de l’équipe aux cinq flèches.
C’est le début de la grande aventure, d’une course contre-la-montre qui débute enfin sur l’océan et d’un des défis les plus exaltants de la planète voile. Charles Caudrelier et Franck Cammas, deux des palmarès les plus fournis de la discipline, accompagnés par leurs quatre équipiers, s’apprêtent à tenter de battre le Trophée Jules Verne, le record absolu à la voile autour du monde sans escale et sans assistance.
Charles Caudrelier : « C’est une fenêtre un peu atypique mais on arrive en fin de stand-by, on a envie de tenter notre chance, d’autant que les fichiers donnaient des bons temps de passage hier soir. Si on a une idée très précise de ce qui peut se passer dans l’Atlantique Nord, c’est moins le cas dans l’Atlantique Sud. Il y a une dépression au sud du Brésil qui est un peu incertaine en fonction des modèles. Mais nous avons décidé que ça valait le coup d’essayer, même si on doit faire demi-tour si ce n’est pas le cas. L’objectif, c’est d’aller le plus loin possible. Une des zones où on peut gagner le plus de temps par rapport au précédent record, c’est dans l’Atlantique. On se doit d’avoir au moins 24 heures d’avance sur le passage au cap de Bonne Espérance de Francis Joyon (12 jours, 19 heures). Il avait mis la barre très haut et on sait que son record sera difficile à aller chercher. Le plus dur dans ce record, c’est d’arriver à terminer avec un bateau à 100 %. Mais on pense que le Maxi Edmond de Rothschild est arrivé à maturité ! »
Franck Cammas : « C’est la première fois que nous franchissons la ligne de départ cette année. Nous savons que pour réussir ce record, il est important d’avoir un peu de chance sur les enchaînements météos. Les journées qu’on perdra lors de la première phase pourraient être rédhibitoires pour le record. C’est pour ça qu’on a mis du temps à partir. On ne peut pas perdre de temps, d’autant que le record de Francis (Joyon / IDEC – ndlr) est très bon dans l’hémisphère sud ! Les records, pour les battre, il faut les tenter avant tout. »
Morgan Lagravière : « Je n’avais pas vraiment d’inquiétude sur le fait qu’on parte. Quand on voit la dynamique dans laquelle sont toujours Charles et Franck, on savait qu’on allait y aller. C’est un moment fort, un moment aussi d’éloignement de la famille, donc il y a pas mal d’émotions et de sentiments qui se partagent dans la tête. Mais c’est globalement très positif. Après, on garde la tête froide car on sait qu’il y a pas mal d’incertitudes dans cette fenêtre-là. On a vraiment envie d’aller dans les mers australes. C’est une case que je n’ai pas encore cochée dans ma carrière. Le bateau est exceptionnel, l’équipage est top : ce sont de très bonnes conditions pour prendre du plaisir et vivre cette expérience unique. On va croire en notre bonne étoile pour avoir les planètes qui s’alignent aussi au niveau de la météo. »
David Boileau : « Bien sûr, on est dans un état d’esprit conquérant ! Ça fait un mois et demi qu’on attend et on est forcément très contents de partir. Pour nous tous, c’est une forme de libération. Nous savons que la fenêtre n’est pas formidable mais on va y aller, on va tenter notre chance. Si la météo s’avère moins bonne, on fera demi-tour et on attendra pour la suivante. Mais ça bouge, ça donne envie de se faire plaisir et de tout donner ! »
Erwan Israël : « Ce n’est que la deuxième fois que je me change dans le bateau depuis le début du stand-by (rires) ! Finalement, on n’avait jamais vraiment envisagé un départ. Cette fois, c’est la bonne ! Forcément, on en a tous un peu marre de cette période de stand-by, de regarder la météo… Là, on est ravi, on a tous le sourire et on y croit. Même s’il y a des incertitudes, l’Atlantique Nord est plutôt bon, la fenêtre météo est intéressante, on va faire du près et chercher un front demain donc ça rend le challenge encore plus sympa ! »
Une fenêtre singulière aux allures de coup de poker
Avant, il a fallu faire preuve de patience, étudier avec soin l’évolution des conditions, déterminer l’enchaînement météorologique favorable entre l’Atlantique Nord et l’Atlantique Sud. Le stand-by avait débuté le 22 décembre dernier, quelques semaines à peine après la victoire de Charles Caudrelier lors de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Depuis vendredi, les réunions ont été plus nombreuses entre les hommes du Gitana Team et leur routeur, Marcel van Triest. Une fenêtre s’est, en effet, dessinée pour s’élancer depuis la pointe bretonne. Sauf que cela ne relève pas de l’évidence. Après avoir longtemps tergiversé – le scénario s’est avéré moins pertinent samedi matin – la situation s’est retournée ces dernières heures, conduisant au départ du Maxi Edmond de Rothschild ce dimanche matin de son port d’attache lorientais.
Certes, l’équipe tente un véritable coup de poker, d’autant que la fenêtre est atypique. « Il est de toute façon quasiment impossible d’avoir un scénario idéal », répétait ces dernières semaines Charles Caudrelier. Si l’Atlantique Nord parait très favorable, la porte ouverte dans le Sud est moins évidente. Tous savent qu’il faudra aussi, en plus d’une abnégation à toutes épreuves, ce zeste de chance et de réussite pour faciliter leur progression au large.

Un record se construit ainsi et tout l’équipage en a bien conscience en quittant les pontons de Lorient ce dimanche matin. Les pulsations se sont accélérées, les visages sont devenus un peu plus tendus et l’excitation s’est mêlée à une concentration accrue. Il y a peut-être, au bout de cette aventure à se donner sans compter, l’occasion d’écrire l’histoire. Tous ont en tête la marque du précédent record, établi en 2017 par Francis Joyon et ses hommes suite à un enchainement de conditions exceptionnelles : 40 jours, 23 heures et 30 minutes en 2017.
L’équipage en détails
Charles Caudrelier
Rôle : skipper
3 tours du monde, dont 2 Volvo Ocean Race gagnantes (2012 et 2018)
Franck Cammas
Rôle : co-skipper
2 tours du Monde, dont 1 Volvo Ocean Race gagnante et 1 Trophée Jules Verne (48 jours en 2010)
Erwan Israël
Rôle : barreur régleur
2 tours du monde, dont 1 Volvo Ocean Race gagnante(2012) et 1 tentative de Trophée Jules Verne (47 jours en 2016)
Morgan Lagravière
Rôle : barreur régleur
Deux tentatives de Trophée Jules Verne ( 2020 et 2021), 1 participation au Vendée Globe 2016
David Boileau
Rôle : régleur, N°1
Deux tentatives de Trophée Jules Verne ( 2020 et 2021), 1 passage de Bonne Espérance et du Cap Horn à l’envers (record Route du Thé et Route de l’Or sur Gitana 13 en 2008)
Yann Riou
Rôle : régleur équipier média
3 tours du monde, dont 1 Volvo Ocean Race gagnante(2012) et 1 tentative de Trophée Jules Verne (47 jours en 2016)
Marcel van Triest
Rôle : routeur météo, le « 7e homme »
7 tentatives sur le Trophée Jules, dont 2 récompensées par un record (2012 et 2017)
The Ocean race. Holcim-PRB réalise le doublé, Biotherm 2e devant 11th Hour Racing en moins de 20 minutes d’écart !

Kevin Escoffier et son équipage sur Holcim-PRB ont remporté ce dimanche la 2e étape Cape Vert -Le Cap à 13h 10m 09s après 17 jours et 19 heures d’une course haletante au contact de ses adversaires. Paul Meillhat et son équipe Biotherm termine 2e à 16 minutes du premier juste devant l’équipe américaine 11th Hour arrivée 25 minutes après le premier.
Cette deuxième étape aura été épique et on ne s’attendait pas à voir des Imoca arriver avec des écarts aussi proches au départ de la course. Tant mieux pour le spectacle et l’intérêt de la course. Kevin Escoffier et son équipe ont réalisé la course parfaite dans les derniers milles qui a pris des airs de Solitaire du Figaro et où la présence de Tom Laperche à bord a du beaucoup jouer dans les choix tactiques. Paul Meilhat avec son Imoca plus véloce dans le petit temps a su tirer profit des qualités de son coursier pour prendre une belle 2e place. Les américains, eux, prennent une 3e place.
Team Malizia devrait arriver dans la journée et prendre la 4e place. Très rapide ces derniers jours, les choix tactiques de Yann Eliès et Nicolas Lunven n’ont pas payé.
Guyot qui est revenu dans la course à moins de 60 milles des leaders devrait en finir en fin de journée.
Le skipper Kevin Escoffier et son Team Holcim – PRB ont remporté l’étape 2 de The Ocean Race de Cabo Verde à Cape Town après une bataille tendue dans les derniers milles de la course.
Au lever du soleil dimanche matin, quatre équipes étaient à la lutte pour la victoire de l’étape, Biotherm, 11th Hour Racing Team et les équipages Holcim – PRB faisant la course au pas dans des conditions légères et changeantes.
L’équipe Malizia était à environ 20 milles au sud, mais a ensuite passé les trois heures suivantes à naviguer à peu près autour du trio de tête.
Mais les vents légers et capricieux n’ont pas tenu pour eux et à la fin ce fut une course de trois bateaux parmi le trio nord.
À peine trois heures avant l’arrivée, Escoffier et son équipe ont finalement pris la tête du classement, après avoir pu naviguer sous un angle légèrement meilleur à une vitesse similaire vers Cape Town, créant ainsi l’étroite séparation nécessaire pour s’assurer une position gagnante.
Il s’agit de la deuxième victoire d’étape consécutive pour Escoffier et son équipe, qui maintiennent un bilan parfait, et étendront leur avantage au classement de la course.
Classements de la deuxième étape à 1311 UTC – 12 février 2023
1. Team Holcim-PRB, vainqueur
2. Biotherm, distance à l’arrivée, 3,4 milles
3. 11th Hour Racing Team, distance à parcourir, 0,7 milles
4. Team Malizia, distance à parcourir, 11,6 milles
5. GUYOT environnement – Team Europe, distance à parcourir, 53,2 milles
The Ocean Race. Arrivée très serrée pour la fin de la 2e étape !

Les premiers IMOCA sont attendus au Cap ce dimanche pour les quatre premiers bateaux – alors qu’une bataille dans un vent léger se joue sur cette dernière ligne droite. Un final à suspens où Holcim-PRB pourrait bien décrocher sa seconde victoire d’étape.
Alors qu’il ne reste plus que 15 milles à parcourir, c’est l’équipe de Kevin Escoffier qui semble bien parti pour l’emporter mais les bateaux évoluent en moins de 5 milles et il reste encore quelques manœuvres avant de couper la ligne qui sera une délivrance pour les marins. Cette étape 2 marquée par des vents légers laissera sans doute des traces.
The Ocean Race. Une arrivée à quatre bateaux en moins d’une heure ?
Le dénouement de l’étape 2 de the Ocean Race approche avec un finish qui s’annonce haletant. A moins de 300 milles de l’arrivée, les choix tactiques des dernières 24h ont été déterminant. Holcim-PRB, Biotherm naviguent quasiment bord à bord. 11th Hour a trouvé un petit décalage alors que team Malizia reste plus sud. Guyot lui est revenu à 60milles après avri accusé 400 m de retard.
15 UTC – Christian Dumard :
La dernière ETA se situe entre 08h00 et 12h00 UTC (10h00 – 14h00 heure locale) pour les premiers bateaux. La probabilité la plus élevée se situe entre 0930 et 1130 UTC.
Les quatre premiers bateaux pouvaient terminer en moins d’une heure après près de trois semaines de course. L’ETA pour GUYOT environnement est plus proche de 1800 UTC.
1225 UTC — “En top gun, vous appelleriez cela un combat aérien, une finition comme celle-ci, non ?!?” — Kevin Escoffier, le skipper du Team Holcim PRB.
1200 UTC — Ça devient lent là-bas car le rapport de position de 1200 UTC montre que la flotte a du mal à faire 10 nœuds. Tous les bateaux ont tourné vers le nord, un angle plus favorable pour la vitesse du bateau, mais légèrement en dehors de la layline pour Cape Town. Les navigateurs aiguiseront leurs crayons à la recherche du moyen le plus efficace pour faire avancer le bateau vers Cape Town à une vitesse raisonnable. Tout en gardant un œil sur l’opposition.
“Nous nous précipitons dans un mur sans vent”, explique Sam Goodchild de l’équipe Holcim PRB. “Nous choisissons tous où nous entrons, puis espérons que vous pourrez le traverser plus rapidement que les autres pour vous rendre au Cap. L’arrivée sera probablement assez serrée.”
1000 UTC — La mise à jour de 1000 UTC montre que cette course se déroulera jusqu’au bout. Biotherm est maintenant à l’avant-garde de l’équipe 11th Hour Racing (l’actuel leader de la distance jusqu’à l’arrivée) et de l’équipe Holcim PRB, qui sont si proches qu’elles apparaissent comme un seul bateau sur le tracker. Gardez les yeux ouverts sur le tracker, qui passera en “mode direct” cet après-midi pour la dernière poussée vers l’arrivée au Cap.
08h50 UTC — Rosalin Kuiper, Team Malizia : “Cela semble un peu délicat… Juste avant Cape Town, le vent sera léger et portant. Ce ne sont pas nos meilleures conditions. C’est donc un très grand jour. Nous devons faire gagne maintenant…”
0800 UTC — C’est une autre journée spectaculaire au Cap – c’est comme ça depuis une semaine maintenant. Ensoleillé, chaud, mais très peu de vent. Et c’est bien le problème des cinq équipes IMOCA qui tentent de boucler les 300 derniers milles nautiques de l’étape 2.
Un coup d’œil sur le tracker vous dit tout ce que vous devez savoir. Les quatre premiers bateaux sont tous à moins de 7 milles en termes de distance à parcourir. Et le bateau le plus rapide de la flotte est GUYOT environnement – Team Europe, cinquième, à seulement 80 milles de la ligne d’avantage. Il y a deux jours, ce delta était à plus de 500 miles !!
Les vitesses sont en baisse maintenant – dans la fourchette des 8-10 nœuds – et c’est ce à quoi nous pouvons nous attendre d’ici l’arrivée.
The Ocean race. Regroupement en vue, rationnement à bord !
Les cinq équipes devraient se retrouver ensemble à l’approche finale du Cap distant encore de 750 milles mais barré par une dorsale qui va considérablement ralentir tout le monde. De quoi relancer le jeu pour la victoire finale de cette 2e étape qui s’annonce éprouvante avec des équipes qui commencent à rationner la nourriture à bord avec une ETA qui se décale jour après jour.
Les leaders s’enchainent en tête de flotte. Team Malizia l’était ce jeudi avant que 11th Hour reprenne la tête au gré des repositionnements. Le vent devrait se renforcer par l’ouest, ce qui bénéficiera à GUYOT environnement-Team Europe et Biotherm qui peut espérer se rapprocher des leaders.
Charlie Enright, skipper de 11th Hour Racing Team, deuxième, actuellement coincé entre Maliza et Team Holcim-PRB, troisième, décrit la situation. “(Nous tirons) vers Le Cap, qui correspond à une trajectoire nord-est sur laquelle nous allons rencontrer une dorsale. Toute la flotte va se comprimer et nous devrons être sur nos gardes : ce sera premier arrivé, premier sorti. Nous pourrions tourner en rond pendant un moment et n’importe qui pourrait doubler n’importe qui. Puis nous terminerons cette étape par un sprint côtier épuisant de 100 milles… Nous devons rester frais jusqu’à la fin”.
Ce ne sera pas facile. Cette étape a déjà été très éprouvante et l’heure d’arrivée prévue ayant été repoussée de deux ou trois jours, tandis les équipes arrivent à court de nourriture. Elles se sont rationnées depuis quelques jours déjà, ce qui accroît le stress physique et mental des derniers jours de cette deuxième étape.
L’ETA pour Cape Town est fixée au dimanche 12 février.
Classement de la deuxième étape à 13h00 – 9 février 2023
- Team Malizia, distance à l’arrivée, 867,6 milles
- 11th Hour Racing Team, distance au premier, 18.5 milles
- Team Holcim-PRB, distance au premier, 73,6 milles
- Biotherm, distance au premier, 190.8 milles
- GUYOT environnement – Team Europe, distance au premier, 416.3 milles
Route du Rhum. Le film “Le Rhum d’Erwan Le Roux, dans les coulisses d’une seconde victoire !”
Retracer la victoire d’Erwan Le Roux sur la dernière Route du Rhum en quinze minutes, c’est le pari d’Evan De Bretagne qui sort son film ce mercredi.
« Pour résumer, c’est l’histoire d’un gars qui n’y connait pas grand-chose et qui se retrouve immergé pendant un mois dans le quotidien d’un team de course au large avec, en tête, toutes les questions que tout le monde se pose », explique Evan qui a, de fait, pu vivre intensément les moments de tension et d’exaltation pendant la plus célèbre des transatlantiques en solitaire jusqu’à son heureux dénouement, mais aussi découvrir les coulisses des prises de décision (stratégiques, tactiques…) et l’importance des différents spectres de la performance.
« Lors de mon immersion, j’ai découvert des métiers, comme ceux de préparateur mental ou de routeur et j’ai tenu à les mettre en lumière dans le film. L’idée, pour moi, était aussi de faire ressortir la passion d’Erwan. En remportant la Route du Rhum pour la deuxième fois de sa carrière (en 2014 puis en 2022, ndlr), il a réalisé un remarquable exploit et montré l’importance de croire en ses rêves », détaille Evan qui réfute, tout comme le skipper trinitain, la certitude de l’impossible.
« L’un des messages que je souhaitais faire passer, aux jeunes comme aux moins jeunes, c’est effectivement le fait qu’il ne faut jamais renoncer mais, à l’inverse, toujours croire en ses rêves de gosse. Ce qui s’est passé pour moi lors de cette Route du Rhum est aussi dingue que génial », avance Erwan de son côté qui, après une première collaboration avec Evan de Bretagne lors de la Route du Rhum en 2018, lui a complètement naturellement ouvert les portes de son équipe la saison passée. « Au fur et à mesure, il s’est fondu dans le team, exactement comme l’aurait fait un médiaman à bord d’un bateau. Dès lors, on a tous oublié qu’il était là, ce qui fait que dans le film, tout le monde est vrai, personne ne joue. Le spectateur rentre ainsi totalement dans l’intimité de la préparation de la course et c’est, à mon sens, ce qui fait que le film se démarque par rapport à ceux que l’on a l’habitude de voir », note le skipper de Koesio.
« L’interview réalisée chez Erwan m’a permis de construire la colonne vertébrale du film. Un film dans lequel son côté très accessible transparait franchement, de même que le côté multidisciplinaire de son métier », relate le Youtuber 100% pur beurre qui apporte un regard à la fois nouveau et moderne sur monde de la course au large, mais aussi sur la personnalité d’Erwan Le Roux, tantôt compétiteur, chef d’entreprise et parfois bout en train. « Erwan m’a fait confiance pour raconter son histoire. Il s’est montré très ouvert et a su me transmettre ses émotions que j’espère à mon tour parvenir à transmettre au plus grand nombre », termine Evan. Le résultat est à découvrir ici
America’s Cup. Le proto d’Ineos chavire et manque de bruler !
L’équipe britannique n’est pas passé loin de la catastrophe. Son prototype T6 a subi des dommages importants et a failli bruler entièrement après avoir chaviré lors d’une journée d’essai dans la baie de Palma à Majorque en Espagne.
L’incident s’est produit quatre heures après le début de la journée d’essai après lors d’un virement dans 18 nœuds de vent. Après s’être initialement couché sur le côté, le T6 s’est retourné pour s’inverser complètement dans l’eau avec le mât et la double GV. Les travaux ont rapidement commencé pour le remettre debout. L’équipe à terre et les marins ont travaillé ensemble pendant plus de deux heures et après avoir initialement redressé le T6 sur le côté, ils ont pu redresser complètement le bateau. Le T6 a ensuite été remorqué latéralement par un bateau de soutien jusqu’à la base de l’équipe, où une évaluation complète des dommages est en cours.
L’équipe a également été confrontée à d’autres défis lorsque les batteries au lithium, qui alimentent les systèmes des bateaux ont réagi à la pénétration d’eau de mer provoquant un incendie à bord. L’équipe a rapidement réagit pour minimiser les dégâts.
Ben Ainslie a déclaré : « La situation a été difficile pour l’équipe une fois le T6 complètement inversé. Tout le monde s’est bien réuni pour résoudre ce qui aurait pu être un problème beaucoup plus grave lors de la récupération du bateau. Heureusement, tout le monde est en sécurité et nous pouvons maintenant nous concentrer sur la réparation des dégâts pour espérer renaviguer à la fin de cette semaine.“
L’équipe britannique a déjà pris du retard dans ses sorties d’entraînements sur son proto par rapport aux autres équipes. Cet incident ne va pas améliorer les choses. L’enjeu de ces sorties sur le proto est de tester un maximum de systèmes et de configuration avant de lancer le dessin final du prochain AC75 qui disputera les Challengers Séries et pour le meilleur, l’America’s Cup Match.

The Ocean Race. A 3 jours de l’arrivée, rien n’est joué !

La flotte IMOCA est à 1200 milles de l’arrivée et le jeu tactique reste encore très ouvert avec un atterrissage difficile au Cap où une dorsale devrait voir la flotte se regrouper. 11th Hour, Malizia et Holcim-PRB continue d’animer la tête de course.
“La dernière partie de cette étape ne sera pas facile“, déclare Kevin Escoffier, skipper de Holcim-PRB. “Avant d’arriver à Cape Town, une bulle sans vent se formera. Cela signifie que la veille de l’arrivée, toute la flotte pourrait se rassembler pour vous offrir une superbe arrivée, enfin pas pour nous ! Nous n’aimons pas vraiment cela mais l’arrivée pourrait être serrée avec tous les bateaux réunis sous Table Mountain.“
Christian Dumard, consultant météo de la course, indique que la dorsale avant l’arrivée pourrait donner à l’équipage de Guyot Environnement-Team Europe une chance de se rattraper. L’équipe skippée sur cette étape par l’Allemand Robert Stanjek, est actuellement cinquième, à 400 milles de la tête de flotte. “Le vent va d’abord revenir par l’ouest, ce qui est une bonne chose pour Guyot environnement-Team Europe. Aussi, ils devraient pouvoir recoller aux premiers bateaux“, résume-t-il.
Cette étape fascinante, qui voit les IMOCA poussés à leurs limites en équipage, a connu deux évolutions majeures ces cinq derniers jours. Tout d’abord, la perte du leadership de Guyot environnement-Team Europe après ses gains spectaculaires à la sortie du Pot au Noir. L’ancien Hugo Boss, dont l’équipage comprend Sébastien Simon comme navigateur et tacticien, a payé le prix fort. En plus de s’être fait piéger par des vents irréguliers, le team a vu son spinnaker partir en lambeaux.
Néanmoins, Christian Dumard affirme qu’ils auraient pu gagner gros. “Ils sont restés dans l’est. Ils auraient probablement pu accepter de perdre une partie de leur avance et faire un peu plus d’ouest mais ils ont décidé de rester dans l’est”, rapelle-t-il. “C’est facile à dire maintenant mais si vous revenez quatre ou cinq jours en arrière, il n’était pas si clair qu’il y allait avoir beaucoup plus de vent à l’ouest.”
L’autre fait marquant est la remontada de Team Malizia, skippé par Will Harris. Depuis le Cap-Vert, le bateau allemand navigue en arrière de la flotte, après avoir perdu du terrain dans des conditions légères en début de course. Le skipper ayant même déclaré que l’équipage avait du mal à trouver les bons réglages dans ces conditions. Pendant plusieurs jours, Will et ses coéquipiers, Yann Eliès, Rosalin Kuiper et Nicolas Lunven sont donc restés bloqués à l’extrémité ouest de la flotte, avant que le bateau ne fasse finalement ses preuves dans des conditions plus soutenues. Désormais revenu dans le même système météo que ses rivaux, le bateau tient la cadence.
L’empannage de la nuit pour les équipes a mis un peu plus au clair les pions sur l’échiquier Atlantique Sud… Aux avant-postes, Holcim PRB progresse quasiment bord à bord avec 11th Hour Racing Team, actuel leader, et Team Malizia. Le trio a creusé l’écart avec Biotherm qui a déchiré son spi et est à 200 milles du leader. Poussés par un flux de nord-ouest d’une vingtaine de nœuds, les IMOCA de tête filent à bonne vitesse sur une mer très praticable. « Nous sommes contents d’aller assez vite, on essaie de trouver les bons réglages, de profiter de la glisse avec une mer assez agréable depuis 12-24h, assez sud dans l’Atlantique. Tout va bien, nous avons hâte d’arriver mais on est content d’avaler les milles assez vite dans la bonne direction parce que ça fait longtemps qu’on attend ça. » décrit Tom Laperche qui passe le plus clair de son temps à la table à cartes dans son rôle de stratège.
Cette route vers Cape Town s’annonçait semée d’embûches et elle a laissé en effet peu de répit aux équipiers. La fin d’étape semble du même acabit. Une zone de transition et de vents faibles (dorsale anticyclonique) s’est invitée sur le chemin de Table Bay… « Ce sera beau pour le spectacle ! » confie Kevin Escoffier avec une pointe d’ironie. Côté cardio, c’est sûr qu’il y aura du rythme tant la tension va grimper sur les derniers milles de course ! Les équipages vont devoir trouver le meilleur chemin pour subir le manque de pression moins longtemps que leurs adversaires. Il reste un peu moins de 1 200 milles devant les étraves des 60 pieds et personne ne peut dire aujourd’hui qui va réussir à sortir son épingle de ce jeu.












