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Une première journée à l’avantage de Yann Eliès

Yann Eliès / Generali Assurances
DR

La première régate a été remportée par Armel Tripon (Gedimat), devant Ronan Treussart (Groupe Celeos) et Gérald Véniard (Scutum). Au gré d’une stratégie parfaite, Armel Tripon avait réussi à préserver le meilleur côté du parcours pour arriver dans le groupe de tête à la Bouée du Casino de Fécamp. Il effectuait la meilleure lecture du plan d’eau, comprenant donc que le courant était fort et le vent refusant. Il contournait la marque avec juste assez d’avance pour s’échapper le long de la plage. Gérald Véniard se montrait menaçant en milieu de parcours, puis Ronan Treussart (Groupe Celeos) à son tour sur la fin de la manche mais rien n’y faisait, Armel Tripon s’imposait sans faillir.

Deuxième régate et superbe coup signé Christopher Pratt (Espoir Crédit Agricole). Le jeune espoir de la Classe Figaro Bénéteau virait la première marque en cinquième position. Au gré de quelques jolies manoeuvres au portant il attaquait le deuxième tour en tête, devant Yann Eliès déchaîné, qui tentait tout pour prendre le meilleur. C’était sans compter la fougue et la clairvoyance de Christopher Pratt qui ne cédait rien à son aîné et s’imposait avec panache.

Christopher Pratt s’illustrait à l’attaque de la troisième et dernière régate du jour, coupant la ligne comme une fusée, pour aussitôt prendre l’avantage. Le vent irrégulier en force et en direction compliquait le jeu de la régate. Yann Eliès revenait alors très fort, puis Etienne Svilarich, bien inspiré dans les courants normands, relançait le débat au contact de Yann Eliès. Le duel s’achevait à l’avantage de Groupe Generali Assurances, d’une courte longueur.

Yann qui aimerait bien gagner cette Course des Falaises, sa dernière régate en Figaro-Bénéteau,  garde néanmoins lucidité et philosophie « Cela me ferait vraiment plaisir de finir ma carrière Figaro en beauté ! Pour cela je dois faire mon travail du mieux possible. A chaque manche il faut donner le meilleur de soi-même … Gérald a manqué de réussite aujourd’hui mais se rattrapera certainement dans les jours qui viennent ».

Demain, à 9h30, une course côtière mènera les concurrents vers Etretat, pour virer une bouée au pied de la célèbre aiguille, avant une longue remontée vers Saint-Valéry-en-Caux, extrémité de ce parcours. Le retour vers Fécamp s’effectuera en passant par Yport, avec une arrivée devant la plage. La météo annonce une brise de force 3 à 4 de sud-ouest se renforçant en milieu d’après-midi par l’ouest. La bataille navale des vingt-cinq solitaires louvoyant sous les falaises, dans les rafales des vertes vallées du Pays de Caux, promet donc un spectacle de qualité.

Pas de Rhum pour Karen Leibovici

Karen Leibovici / Benefic
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Une décision raisonnable et motivée par un délai trop court pour finir la mise au point définitive de ce nouveau trimaran avant le départ de la course.  Ce plan de 42 pieds dessiné par les jeunes architectes Robin DORVAL et Hugues FARSY, est avant tout un bateau destiné au plaisancier passionné de glisse et amateur de sensations fortes.
 
Mis en chantier début Mars 2006, l’objectif initial était de participer à une des plus prestigieuses courses de voile, la Route du Rhum afin de tester le bateau dans des conditions parfois difficiles. C’était sans compter sur le facteur temps qui a joué les arbitres et siflé la fin de la première mi temps.  Mais ce n’est que partie remise car toute l’équipe reste motivée, tournée déjà vers le futur proche. La fin de la mise au point se fera donc durant l’hiver 2006 afin de pouvoir aligner le trimaran au départ de la prochaine grande course au large en équipage Lorient-Les Bermudes-Lorient qui partira le 13 mai prochain.
 
Le bateau actuellement installé au cœur du chantier AURIGA YACHT est couvé par l’équipe technique animée par Karen Leibovici (conseiller technique en titre). Cette dernière étape de la construction d’un voilier est particulièrement longue car tout est détail et précision. La pose tout l’accastillage,  la préparation du gréement et le matelotage sur les cordages (drisses et écoutes), l’installation du mât, des appareils électroniques et électriques demandent beaucoup de concentration.
 
La mise à l’eau du bateau est programmée début octobre à Pornic. Plusieurs jours de navigation sont alors prévus pour tester le comportement du bateau en mer et contrôler les différents outils de navigation.

Karen Leibovici est déçue évidemment car pour elle la Route du Rhum est aussi un rêve qui s’éloigne mais lucide elle rajoute: « mon rôle de conseiller technique est de choisir la bonne solution pour le chantier et le sponsor. De plus la Route du Rhum est une course importante et je ne veux pas faire de la figuration juste pour être là et ne pas avoir toutes les chances de mon coté. Je veux pouvoir bien préparer ce bateau, l’optimiser en navigant beaucoup dessus ».

Source Auriga Yacht / Fininfor & Associés
 

Les Sables – Les Açores : une étoile est née !

Capian départ Les Sables
DR

La grande première de l’été, revival et déjà digne héritière de Vannes-Les Açores a incontestablement été une réussite.

Tout d’abord, (et cela doit rester un préalable au constat de succès), il y a bien eu des abandons  (17% quand même)  dont un bateau tristement perdu, mais tout le monde est arrivé à bon port. Ensuite c’est une belle reconnaissance de l’essor de la classe et un aboutissement en soi pour ceux qui ont travaillé d’arrache-pied à cette résurrection (et tant pis pour Nantes!).

C’était ma première « grosse » course et je pensais que les coureurs seraient « noyés » dans la grosse machine qui devrait aller avec. Pour l’anecdote, J’ai déjà vu un organisateur encaisser les 2 chèques des coureurs 10 mois avant la course au motif qu’« il faut bien que l’organisation vive ! »
A contrario, aux Sables, Florence arpentait le quai chaque jour pour répondre à nos questions et se mettait en 4 pour apporter une solution. D’autres exemples ? A chaque arrivée, collation pour tous servie par les bénévoles qui se relayaient à l’espace coureur 24/24. Et c’est encore les membres du club qui ont coordonnée les sorties de l’eau des bateaux après l’épreuve, remorquant et aidant aux mises sur ber. Incroyable ! Au delà de leur expérience des grands évènements, les Sports Nautiques Sablais ont répondu avec leur logique associative au défi lancé. C’est à dire en mettant tous la main à la pâte et en faisant appel aux bonnes volontés. Je crois c’est la recette du succès. Et ça colle tellement bien à l’esprit mini !

Et, pour ne pas dépareiller, à Horta aussi, l’accueil a été exemplaire. Et dans cette belle mécanique, Armando Castro a été incontestablement une pièce maîtresse. Le jour où le podium de la première étape a souhaité offrir une fête à tous les autres coureurs ( Vous avez déjà vu ça ailleurs ?), c’est vers lui qu’ils se sont tournés. Autorisation de fête sur la plage ? (normalement impossible), obtenue. Musique ? Ce sera une sono grand format. Logistique ? Les sanitaires au bord de la plage seront ouverts pour nous toute la nuit.  Et, à la fin de la liste, pour rire, la bière avait été évoquée. Ce sera une vraie machine a pression de bar qui débarquera sur la plage avec toutes les munitions nécessaires. Trouvée où ? Magic Armando !

Sur le plan sportif aussi le bilan est éloquent ! Adrien Hardy en superbe vainqueur qui a su remettre son titre en jeu en osant le nord en milieu de seconde étape. Un podium série inédit récompensant l’audace et la clairvoyance météo de Gérard Marin. 2006 aura été l’année « options » et la deuxième étape bouscule le postulat général de privilégier la route directe puisqu’on ne peut se placer par rapport aux systèmes météo avec la vitesse des gros. Jusqu’à en négliger la logique de la circulation océanique ? Je crois que nous avons trouvé une exception à la règle.

Il est intéressant de noter que les seuls à avoir opté sans équivoque vers le nord ne font pas partie des centres d’entraînement (dont l’apport est, par ailleurs, plus qu’incontestable).  Et je me souviens avoir lu Christian Le Pape (le boss de Port La Forêt) se souciant de voir tous ses poulains tracer la même trajectoire. Comme si, une fois que le niveau s’est homogénéisé et « ne suffit plus à faire la différence », il fallait, pour faire le trou, se repencher sur les spécificités et aptitudes de chacun. L’édition 2008 est déjà programmée et en sera d’autant plus passionnante à suivre.

Reste à savoir comment cette épreuve, qui a d’ores et déjà acquis une légitimé forte, va s’inclure dans les projets mini : Epreuve alternative à la Transat ( sur un mois, sans cargo et avec quand même 3000 milles au loch à l’arrivée) ou nouvelle obligation dans la course à la Transat 6.50?
La polémique n’a servi à rien puisque l’on n’en aura une première idée qu’en décembre, lors de l’inscription à la Transat 2007 (en comptant les inscrits qui ont fait les Açores). Et encore, 2009 sera certainement plus révélateur, les Açores étant dès aujourd’hui clairement au calendrier 2008, lui permettant de jouer le rôle d’alternative Transat. Et, si l’on accepte qu’un (premier) projet mini aujourd’hui, pour bien faire tout en bossant, c’est 3 ans, il me semble possible d’avoir les milles pour partir sans les Açores. Il reste que c’est l’occasion de se faire une vraie première expérience au large.

Quoi qu’il en soit, c’est une nouvelle course au large d’ampleur avec une destination mythique. Et une nouvelle réussite pour les minis. C’est cela qui doit retenir l’attention.

Matthieu Girolet

Le Class 40´ sans concessions de Tanguy de Lamotte

Class 40 Tanguy de Lamotte
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Tanguy de Lamotte, jeune architecte / skipper de 28 ans a dessiné et construit son proto MIni, qui s’est fait remarquer aux avant postes de la flotte durant les trois dernières saisons du circuit. Il termine 7ème de la Transat 2005 et achève cette magnifique aventure par une victoire remportée en double cet été sur l’Open Demi Clé. Fort de cette expérience il se lance dans un nouveau projet grâce au soutien de ses deux partenaires : le Groupe Smart up et SET Environnement.  Un bateau plus grand, un programme de course sur 4 ans, ce projet reste cependant dans le même esprit que celui du Mini : l’objectif étant de concevoir, de construire et de régater sur son nouveau Class 40 (monocoque de 12 mètres), direction le Rhum 2010.  Tanguy sera le premier de cette classe naissante à relever ce challenge. Le bateau sera le fruit d’une collaboration avec l’architecte anglais Simon Rogers et sera construit au chantier CMI en Thaïlande (filiale de Green Marine). Un cocktail très exotique qui promet un résultat intéressant entre la culture anglaise et le style français…  La Classe 40 compte déjà un grand nombre de plans différents : beaucoup de bateaux ont été pensés pour une double utilisation : course et croisière… Pour Tanguy le cahier des charges était simple : « Un Class 40 de course sans compromis! »

1ère phase : Conception du bateau (de Juillet à Octobre 2006)
Tanguy a décidé de s’associer pour l’élaboration des plans de ce nouveau 40 pieds à l’architecture naval anglais : Simon Rogers mondialement reconnu pour la qualité de ses bateaux de course, Mini et Imoca en particulier. Il travaille durant toute la période de conception au sein du cabinet à Lymington profitant ainsi de la force de calcul et de l’expérience architecturale de Rogers Yacht Design tout en restant le chef d’orchestre du projet. On trouve dans le grand cockpit ergonomique, un winch central relié à un moulin à café… Le plan de voilure sur vitaminé est à la hauteur de la puissance de la carène et a été optimisé pour la jauge. Les plans de ce premier 40 pieds que Tanguy skippera donneront naissance à une petite série de bateaux : les « Rogers Class 40 ». Un second bateau a déjà été commandé par un propriétaire anglais.

2ème phase : Construction du bateau (d’Octobre 2006 à Avril 2007)
Les bateaux seront construits par le chantier CMI en Thaïlande. Tanguy supervisera la construction sur place au côté de Pom Green directeur de CMI pendant toute la durée du chantier, s’assurant ainsi de la parfaite finition des moindre détails.  Le chantier CMI a été choisi pour sa grande expérience en matière de bateaux de course. Déjà impliqué dans la construction de plusieurs VO 70 et de bateaux pour la Coupe de l’América, c’est l’un des meilleurs chantiers navals au monde ! Les bateaux seront construits en sandwich verre, époxy et âme mousse dans des moules femelles et seront équipés en série d’un mât, d’une bôme, d’un bout dehors et d’un tangon en carbone.

3ème phase : Programme de navigation (de Mai 2007 à Décembre 2010)
De retour en France dès le mois de Mai 2007, le Class 40 sera jaugé, testé, mis au point et préparé pour ses premières courses : la Transmanche en double en Mai, le tour des îles britanniques en équipage au mois de Juin et la Fastnet en équipage en Août. Ces courses permettront à Tanguy de prendre le bateau en main, de le tester et de s’entraîner de façon à optimiser sa préparation pour s’aligner dans les meilleurs conditions au départ de la grande course du programme 2007 : la Transat Jacques Vabre en double (le Havre – Bahia) au mois de Novembre.

« Encore un projet de cœur », puisque ce défi technologique, sportif et surtout humain sera de nouveau l’occasion de soutenir activement l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque (association créée afin d’opérer en France des enfants défavorisés atteints de malformations du cœur lorsque ceci est impossible dans leurs pays).

Source Stéphanie Gaspari

Un nouveau 60 pieds pour Armel Le Cléac’h

Monocoque Brit'air
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L’aventure continue
Après les excellents résultats d’Armel depuis le début de cette aventure commune, BRIT AIR s’engage plus que jamais à lui offrir les moyens de porter haut les couleurs de la compagnie, sur les mers et les océans du monde entier.
Cette nouvelle dimension, Armel la souhaitait depuis toujours.
« Dans ma carrière sportive, j’ai toujours fonctionné en essayant de me fixer des objectifs, sans brûler les étapes. En m’engageant dans le circuit Figaro, mon objectif était clairement de gagner la Solitaire.
Ce fut chose faite en 2003 et à l’arrivée à Saint-Nazaire, vainqueur de cette édition, l’objectif du Vendée Globe s’est imposé à moi. Mais le délai de préparation pour l’édition 2004 était trop court.
Quand je prépare ces courses, j’aime arriver au départ bien préparé en ayant les moyens d’arriver au bout et, éventuellement, de gagner.
Aujourd’hui, BRIT AIR m’apporte cette sérénité. Je sais que je suis prêt à poursuivre cette magnifique aventure humaine avec les 1300 salariés de la compagnie et à leur faire vivre cette course mythique qu’est le Vendée Globe. »
BRIT AIR s’engage donc dans la construction de son monocoque IMOCA 60 pieds et a choisi, avec Armel, la solution idéale en termes de performance et de calendrier : construire un bateau qu’Armel va pouvoir fiabiliser en faisant quelques grandes courses avant le Vendée Globe, puisque sa mise à l’eau aura lieu un peu plus d’un an avant le départ de la grande boucle (9 novembre 2008).

Armel Le Cléac’h, vainqueur du Figaro 2003, et son partenaire
BRIT AIR ont choisi Multiplast pour construire leur nouveau monocoque Imoca 60 pieds pour le Vendée Globe 2008. Dessiné par le Groupe Finot, sa fabrication démarrera à Vannes début octobre 2006.

Le Groupe Finot : un cabinet d’architecture navale reconnu
Le Groupe Finot a conçu ce bateau en tenant compte des 60 pieds précédents (4 victoires sur les 5 Vendée Globe, 3 victoires au BOC). L’évolution des 60 pieds va vers toujours de plus en plus de stabilité et de plus en plus de toile. « Nous avons initié ce style de bateau avec le bateau d’Alain Gautier en 1990, et peu à peu, les bateaux (aussi bien les nôtres que les bateaux concurrents) ont évolué vers plus de stabilité et plus de voilure ».
Une recherche sur les matériaux et une recherche sur les efforts auxquels les bateaux sont soumis, ont été entreprises.
« Cette année, nous avons développé des essais en bassin de carènes au Val de Reuil, ainsi que de nombreux calculs en CFD (c’est à dire en bassin numérique). Ces recherches nous ont permis de quantifier beaucoup mieux les différents facteurs de traînée du voilier ».
Une recherche continue sur la glisse au portant permet peu à peu de comprendre la marche de ces bateaux aux vitesses élevées et les formes associées qui correspondent le mieux. « Depuis longtemps, nous dessinons des voiliers (comme le Wizz, l’Open 6.50) qui arrivent à planer gîté en allant droit, mais nous avons encore beaucoup à progresser sur le sujet ».
Une recherche sur les appendices pour les optimiser en poids, en rigidité, en forme, en inclinaison … est également menée.
« Dans ce cadre d’évolution des bateaux, nous avons spécifiquement adapté notre dessin à la façon dont Armel Le Cléac’h souhaite utiliser le bateau. Un travail commun a été fait entre Armel et Gaël Le Cléac’h (boat captain), Pascal Conq, David de Prémorel et Erwan Gourdon pour définir le pont et le cockpit les plus adaptés, le plan de voilure optimum, et l’intérieur qui corresponde à ses besoins. La volonté commune, en particulier celle d’Armel, a été la recherche de la simplicité, gage de fiabilité, de légèreté et souvent de facilité de manœuvre.
Notre souhait à tous est d’obtenir un bateau solide, fiable et rapide, de façon à ce que le coureur et le bateau reviennent en bon état au port, en ayant pris beaucoup de plaisir, plaisir partagé avec le sponsor, le constructeur, l’équipe technique, les architectes, les supporters… »

Neuf mois de construction
Yann Penfornis, chef de projet chez Multiplast pour la réalisation de BRIT AIR : "…Dès le début octobre 2006, nous entamons la construction du pont. Puis, ce sera le tour de la coque en décembre. Fin février 2007, nous débuterons la jointure pont/coque. Une fois l’assemblage terminé, nous entrerons en peinture en avril et poserons l’accastillage et le moteur en mai. Nous réaliserons aussi les safrans. La mise à l’eau est programmée pour juin 2007…".
Comme tous les prototypes de compétition fabriqués par Multiplast, BRIT AIR sera réalisé en sandwich composite carbone avec âme en nid d’abeille (Nomex) cuit au four, ce dans des moules femelle en carbone, afin d’avoir une parfaite homogénéité de dilatation lors des cuissons. Un process de fabrication où le savoir-faire de Multiplast dans sa mise en œuvre, est une  référence mondiale, aussi bien dans le monde de la compétition voile que dans l’univers industriel. Armel Le Cléac’h : "…j’avais eu l’occasion lors de la transformation d’un autre bateau chez Multiplast, de constater leur sérieux et leur professionnalisme.  Il n’a donc pas été difficile avec BRIT AIR d’opter pour Multiplast lors du choix du chantier, car nous avons beaucoup de points communs dans l’approche et la gestion de la technique. Et avec Multiplast, nous sommes sûrs d’avoir un bateau livré à l’heure…".

Dominic Vittet qualifié

Atao Dominic Vittet Akilaria 40 Class 40
DR

Mardi au petit matin, Dominic Vittet et son Akilaria aux couleurs de l’entreprise lilloise franchissaient la ligne symbolique des 1000 milles de navigation et empochaient ainsi leur qualification pour la Route du Rhum 2006 dont le départ est donné le 29 octobre prochain à St Malo.

Des conditions difficiles…
Parti jeudi 14 après-midi de la Trinité-sur-Mer, Dominic a pris la direction de l’Espagne dans un temps à grains avec un vent de NW de 18 à 20 nœuds (rafales à 25-28 nds) et une forte houle croisée. A 20 milles au nord de la Corogne, englué dans la pétole, il a viré et mis le cap plein Nord, direction l’Irlande sous gennaker avec un vent revenu par l’ouest.

A 30 milles au sud du Fasnet, le vent étant tombé, ATAO Audio System® a empanné dans de « la molle ». Heureusement, une dépression lui a permis d’aller directement à Belle-Ile plein travers sous génois avec 1 ou 2 ris. Après 110 heures de mer et un tour de l’île par le sud pour arriver au compte des 1000 milles,  Dominic termine heureux sa première navigation en solitaire sur son ATAO 40’, sa qualif en poche !

Premières impressions de navigation :
« Je suis content du bateau, il marche très bien. Très toilé et très sportif, il demande beaucoup d’attention. Avec de bons réglages, il tient ses 10 nœuds de moyenne sans problème !  Effectuer les 1000 milles de qualif est essentiel pour prendre la mesure de son bateau, de l’apprivoiser dans la durée. En distance, cela représente plus d’1/4 d’une Transat. C’est révélateur des efforts, des besoins, des consommations d’énergie… Au fil des milles, j’ai noté un tas de petits détails à voir avant le départ du Rhum ! Ca fait tout de même 3 pages ! »

Source Atao Audio System

Thomas Coville de retour sur l’eau

Sodeb'O 2006 Thomas Coville
DR

 Thomas, en quoi a consisté ce dernier mois de chantier ?
« Nous avons réparé les étraves du flotteur tribord et de la coque centrale qui avait été abîmées par un choc pendant le record du Tour des Iles Britanniques. Nous avons aussi renforcé certaines parties des carénages des bras de liaisons à l’avant, où tapent énormément les vagues. Nous avons amélioré l’ergonomie à l’intérieur pour gagner en confort, même si cette notion reste toute relative sur ces bateaux. Sodeb’O a également de nouvelles voiles, et surtout une nouvelle grand voile, dont j’avais validé la forme pendant Cadix-San Salvador (autre record battu en solo par Thomas). Nous continuons à optimiser aussi les pilotes automatiques et l’équipe a conçu des nouvelles bulles de protection pour les embruns aux postes de barre. »  

Tu as battu 4 records en solitaire en 1 an, soit un programme d’entraînement très pensé en vue de la Route du Rhum, que cela t’a-t-il apporté ?
« Multiplier les différents contextes de navigation en solitaire m’a donné des références précises sur ma manière de gérer la puissance du bateau, m’a aidé à mieux connaître mes réactions, même quand cela devient « chaud », et à mieux gérer mes ressources physiques, mon stress, le manque de sommeil, tout ce qui n’est propre qu’au solitaire, même le double est différent. Durant Cadix – San Salvador puis sur les Iles Britanniques, j’ai vraiment poussé mon organisme et je ne me souviens pas être allé si loin avant. »

Mais s’habitue-t-on réellement à la navigation en solitaire sur ces bateaux ?
« L’appréhension est toujours présente et je pense qu’elle est salutaire. En réalité, ces expériences m’ont permis de diminuer la part d’appréhension et de laisser plus de place au plaisir. J’attends la Route du Rhum depuis 4 ans, et dans l’équipe c’est pareil, j’ai envie d’en profiter, de la savourer, c’est maintenant et pas dans 4 ans. »

Comment vas-tu physiquement ?
« Je poursuis mon programme de préparation. Le foncier, les sports d’endurance, c’est fini. Je travaille maintenant le renforcement musculaire pour prendre du poids car je vais en perdre pendant la course. Je pousse de la fonte en salle et ce n’est pas très drôle ! »  

Moralement, comment abordes-tu ces dernières semaines avant le départ ?
« La Route du Rhum c’est 12 jours de concentration "non stop". En mer, tu fais attention à chacun de tes gestes, tu ne peux pas décrocher. J’aimerais arriver à faire monter progressivement ma concentration d’ici jusqu’au départ. De privilégier l’important, quitte à faire abstraction de certaines choses, d’économiser mon énergie pour partir totalement focalisé sur ce que je dois faire. »  

Source Sodebo

Premier mondial RS:X ce week-end

Planche à voile-Neil Pride-RS:X-Faustine Merret
DR

Il attire donc pas mal d’anonymes mais aussi quelques têtes d’affiche qui s’étaient faites discrètes suite au changement de support. La locale de l’étape, Alessandra Sensinin ainsi que l’Australienne Barbara Kendal, toutes deux championnes olympiques, viendront mettre leur grain de sel dans une hiérarchie qui se cherche encore. Elles retrouveront une autre médaillée d’or à Athènes : Faustine Merret qui vient de remporter la préolympique de Qingdao. Lise Vidal, Pauline Perrin et Charline Picon complètent cette délégation.

Chez les hommes, les retours sont moins nombreux mais on note tout de même la présence du Grec Nikolas Kaklamanakis, médaillé d’argent à Athènes ou de Gal Fridman, champion olympique en titre. Côté français, cela fait maintenant un an et demi que l’on expérimente ce support avec déjà des résultats comme la troisième place au championnat d’Europe de Nicolas Huguet ou le titre, officieux*, de champion du monde RS :X en 2005 pour le Nantais Julien Bontemps. En dehors de ces valeurs sûres, il faudra aussi surveiller la génération montante à l’image du jeune Julien Quentel qui vient de terminer deuxième du mondial d’un support proche : la Formula Windsurfing.

* En 2005, Julien avait remporté le championnat du monde Raceboard où les RS :X étaient très bien représentées.

Interview de Pascal Chaullet, entraîneur
« Avec autant d’engagés, il y a des risques de gros incidents de parcours individuels. Pour les meilleurs Français, avant de jouer le podium, il va falloir passer le stade de la medal race. Ce n’est pas comme une épreuve à 30, ici, il faudra être régulier et ne pas se prendre de grosses mauvaises manches, ce qui peut vite arriver. Ce championnat du monde sera le premier rendez-vous vraiment significatif pour la série puisque maintenant, tout le monde à environ 1 an et demi d’expérience sur cette planche. »

Interview de Nicolas Huguet
« Le site est toujours aussi joli et il y a beaucoup de monde puisqu’il y a environ 270 inscrits. Ça risque d’être assez chaud pendant les qualifs car il y a des coureurs qui ne sont pas forcément très bons. Mon objectif, c’est le podium, mais je vais prendre le championnat manche après manche. »

Principaux Français engagés :
Faustine Merret (Crocos de l’Elorn)
Lise Vidal (YC Pointe Rouge)
Charline Picon (CN La Tremblade)
Pauline Perrin (CV Mayenne)

Julien Bontemps (ASPTT Nantes)
Nicolas Huguet (YC La Pelle – Marseille)
Fabrice Hassen (YC Pointe Rouge – Marseille)

Pierre-Yves Guennec qualifié pour le Rhum !

Pierre-Yves Guennec / CJD
DR

Depuis le 1er septembre, le monocoque Classe 1 « Jeunes Dirigeants » est donc officiellement qualifié pour participer à la 8ème édition de la Route du Rhum. Le skipper de Port Louis dans le Morbihan, Pierre-Yves Guennec, Stewart à Air France, a effectué seul et au départ de Lorient, son grand périple entre l’Irlande et la Corogne. Profitant de l’intense circulation des masses dépressionnaires d’une fin d’août bien peu estivale, Pierre-Yves a trouvé en Atlantique la brise, la mer et l’allure face au vent prémonitoires et typiques des premiers jours d’une Route du Rhum. « Du près jusqu’en Irlande et durant toute la traversée du Golfe de Gascogne » explique « Pierrot ». « Avec juste un peu de portant sur l’arrivée, de quoi tester le bon comportement du bateau sou  s pilote. »
Un monocoque « Classe 1 » tout neuf…
 55 pieds tout alu, littéralement forgé à l’envie par une cohorte d’amis, de soutiens, de parrains, jeunes dirigeants d’entreprises, le voilier entame les semaines cruciales de validation de ses options techniques. « Nous testons cette semaine notre nouveau bout-dehors » poursuit l’infatigable Guennec. « A moi de trouver les bons réglages des voiles d’avant et de maîtriser le comportement du bateau aux allures portantes. Mais le sentiment général est d’avoir construit un bateau très sain dans ses réactions. Il est stable, solide et très agréable à la barre. » Une trinquette et un génois neufs en kevlar viendront très prochainement compléter la panoplie de course du voilier.

Mike Birch baptise le trimaran de Charlie Capelle

A Capella Charlie Capelle 2006
DR

"C’est un moment extrêmement émouvant pour moi, avec Mike (Birch), mon idole, mon exemple, qui est là… aujourd’hui, le rêve devient réalité, tout simplement." Le navigateur breton Charlie Capelle avait tout pour être heureux ce jeudi 21 septembre, aux pontons du salon nautique du Grand Pavois à la Rochelle, pour le baptême de son joli bateau jaune, SWITCH.FR. Sponsors, amis, journalistes… et donc Mike Birch, étaient là pour découvrir la petite merveille : ce trimaran de  12 mètres, cet A Capella mythique avec lequel le skipper canadien a gagné la première Route du Rhum en 1978 et que Charlie a reconstruit deux fois de ses mains pour poursuivre son rêve : participer à cette même Route du Rhum cet hiver et si possible la gagner, en classe 3. "Ce bateau me colle à la peau depuis 20 ans" a souri Charlie Capelle, "c’est avec lui que j’ai appris mon métier, avec lui encore que j’ai appris à traverser l’océan".
 
Mike Birch était visiblement ému lui aussi : "Charlie est un garçon fidèle, qui aime ce petit bateau. Je suis vraiment content qu’il reprenne le flambeau… et j’espère qu’il gagnera en Guadeloupe car je sais ce que cela représente. Ma propre victoire en 1978 m’a marqué à tout jamais. C’est un sentiment extrêmement spécial et je suis content d’être là aujourd’hui pour l’encourager et apprécier le travail extraordinaire qu’il a fait en reconstruisant ce bateau."

Le bateau, lui, confine à la perfection. Finitions impeccables, efficacité désormais éprouvée par le parcours de qualification, il a pleinement donné satisfaction à son skipper, par ailleurs patron du chantier Technologie Marine, à St Philibert. "C’est aussi une vitrine du chantier et certains me trouvent trop perfectionniste, mais c’était hors de question pour moi de naviguer autrement que sur un bel objet marin. D’autre part, mon parcours de qualification s’est idéalement passé : j’ai pu valider tout mes choix, je n’ai rien cassé, c’était vraiment parfait, nickel", assure Charlie Capelle. Et maintenant? "Maintenant le bateau et le bonhomme sont fin prêts : il n’y a plus qu’à remonter à la Trinité, faire l’avitaillement et y aller!" Et "y aller", c’est dans un mois : quand le petit trimaran jaune s’élancera sous les remparts de Saint-Malo, destination Pointe-à-Pitre, pour faire marcher nos turbines à rêves transatlantiques.

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