Débutée en 2006, l´expédition Tara Arctic a permis pendant deux ans d’étudier et de comprendre les phénomènes de changements climatiques en Arctique. Pour cela, la goélette polaire Tara a passé plus de 500 jours, prise dans les glaces de l’océan Arctique, dérivant au rythme de la banquise
Transition avant la dépression
Tromperie sur la marchandise : Christopher Pratt, coéquipier de Nicolas Troussel sur Financo, n’hésitait pas à employer les grands mots, au vu du menu qui attendait les tandems dans les heures à venir. « Nicolas m’a vendu des glissades sous spi et on va encore faire du près pendant des jours… » Moral toujours au beau fixe chez le leader de la course malgré la perte d’une petite dizaine de milles sur ses poursuivants immédiats. La faute à un empannage un tout petit peu tardif, mais comme le notait Dominic Vittet à bord de Gedimat : « C’est peut-être la première erreur qu’ils font depuis le départ…. » Mais, qu’on se le dise, les tenants de la route du nord affichaient plutôt des mines réjouies à la lecture du classement de ce jour à 11 heures. En témoignait aussi Vincent Biarnes à bord d’Athéma : « Notre position est plutôt avantageuse : nous avons encore le choix entre plonger au sud dans un couloir ou continuer sur la route du nord. C’est quand même plus confortable… »
Si la satisfaction semble de mise au pays du nord, les sudistes semblaient plus circonspects sur leurs chances à venir. « On investit, on investit. Mais il ne faut pas espérer de retour sur les fonds avancés avant samedi ou dimanche prochain. L’équipage est un peu tendu, un peu crispé, mais on assume », reconnaissait Jean-Paul Mouren sur Cliptol Sport. Il reste que si les tenants de la route nord arrivent à tenir le rythme, il faudrait aux extrémistes méridionaux pouvoir tenir une moyenne de deux nœuds supérieure au reste de la flotte. Un pari difficile, mais il n’est pas toujours nécessaire d’espérer pour entreprendre…
Centre ou ventre mou ?
Restent bien évidemment les tenants d’une route plus centrale… Aujourd’hui, il était impossible de joindre les tenants de cette option. Et pour cause : au classement de 11 heures, les leaders tel Cercle Vert ou Les Mousquetaires voyaient leur progression très nettement ralentie. Coup de frein provisoire, baisse de régime propre à obérer les chances de quelques uns des favoris de la course ? Cette journée est, pour eux, celle de tous les dangers. On imagine qu’à bord, la tension est montée d’un cran : se voir progresser à trois ou quatre nœuds quand les petits camarades continuent de filer à plus de sept met les nerfs à rude épreuve… Dans ce genre de cas, on se tait, on se concentre sur les réglages, on se fie aux fondamentaux : faire marcher le bateau, rester calme, jouer le fataliste… La régate a beau être un jeu incertain, on a parfois envie que le manège tourne à la même vitesse pour tout le monde.
Ils ont dit :
KPMG – Bertrand Castelnarac, 13ème au classement de 17h
« Cela se passe bien. On est encore rapide sous spi. On passe beaucoup de temps à regarder ce qui nous attend. Ce qui est sûr c’est que les cirés vont être de sortie car on va être au près ou au reaching. Ce n’est pas la transat dans les alizés comme tout le monde peut en rêver. Ce que l’on va prendre là, il vaut mieux le prendre en Figaro qu’en Mini. Il y a quand même de belles différences, le Figaro est un super bateau. Le classement n’est pas très significatif. C’est vrai qu’il va se passer encore pas mal de chose ; on espère que cela ne sera pas dramatique pour nous. »
SNEF et Cliptol Sport – Jean Paul Mouren, 20ème au classement de 17h
« On y croit encore un peu. Ça va arriver un peu tardivement pour passer par la cuillère du sud. Là-haut ils ont avancé et cela va peut-être nous coûter cher. On devrait être en positif d’ici 4 à 5 jours. Une fois que l’on a commencé à investir, il est difficile de se retirer. On devrait avoir un retour sur investissement, mais pas avant le 5 mai.
On n’est pas aux anges, on est tendu, crispé mais on assume. On va faire avancer le bateau au mieux et on a encore pleins de ressources à bord (nourritures, humaines…). Il faut croire à son étoile. On fait son devoir de bon marin et on espère récupérer une partie de notre retard. »
Gedimat – Dominic Vittet, 2ème au classement de 17h
« Ça va bien. On n’est pas mécontent d’être là où on est. On a resserré le jeu avec nos petits camarades de Financo, on n’a jamais été aussi près. On est bord à bord avec Athema, c’est comme une petite régate. Financo, qui a fait une régate parfaite depuis le début a peut-être fait une petite erreur en empannant un peu tard hier. On est content qu’il y ait du jeu. On avait 30 milles de retard à Madère, mais 30 milles avec du jeu ce n’est pas énorme. On est content que le jeu soit complexe, chacun doit prendre ses risques, tracer sa route. On regarde ça, c’est vraiment amusant ce jeu d’échec. »
68 voiliers à la Semaine de Porquerolles
Inconditionnel du rendez vous Porquerollais, le Marseillais Alain Fédensieu revient cette année avec un plaisir non dissimulé défendre un titre emporté l’an passé de haute lutte à bord d’un A 35. Après avoir écumé tous les plans d’eau de la planète, c’est sans ambages qu’il classe radicalement le cadre nautique des îles varoises parmi les plus paradisiaques au monde.
"Porquerolles rassemble les trois grands critères de l’excellence souhaités par tout régatier qui se respecte" explique t’il volontiers : "Un plan d’eau paradisiaque, avec des systèmes de vent propices à de belles navigations. Un comité de course de haute volée, et des classes de voiliers homogènes, ouvertes, qui permettent à des régatiers et leurs équipages de talent de venir s’exprimer avec sérieux toute une semaine." Alain Fédensieu, tout nouveau directeur de course du Tour de France à la voile, revient ainsi avec plaisir pour "sa 5 ou 6ème participation". Vainqueur l’an passé à bord de l’Archambault 35 à l’italien Luca Bassani, il voit d’année en année le niveau des compétitions s’élever, et voit poindre le moment où Porquerolles deviendra le grand rendez vous incontournable pour tous les régatiers de la Méditerranée. "C’est un privilège de naviguer ici, et la réputation de la Semaine de Porquerolles ne fait que s’amplifier auprès des propriétaires français mais aussi étrangers. L’ouverture chaque année à une Classe "Invitée" permet d’élargir toujours et encore le champ des postulants potentiels. Et une fois qu’on a goûté au sérieux des régates et à la légendaire convivialité de l’île, on ne peut plus s’en passer."
Alain Fédensieu sera, à l’instar des 600 et quelques régatiers, dès aujourd’hui à pied d’oeuvre pour sacrifier aux rituels des inscriptions et autres contrôles de jauge. Le tout nouveau A 40 RC qu’il devait étrenner pour le compte du chantier Archambault ne sera hélas pas totalement prêt et c’est en tant que tacticien à bord du même A 35 que l’an passé qu’il participera aux régates. La Semaine de Porquerolles se disputera cette année sous l’égide de la jauge IRC. Le Challenge IRC de l’UNCL connaîtra dans les eaux varoises sont 5ème épisode. En tête de ce Challenge, Alain Fédensieu dispose là d’une nouvelle raison de briller.
Les prévisions météo :
Tendance pour la journée du jeudi 1er mai 2008
Vent variable force 1 à 3 de secteur Sud force 3 à 4 l’après-midi.
Mer belle devenant peu agitée.Temps peu nuageux.
La Classe Invitée, les X-Yachts…
L’entreprise, située à Haderslev sur la côte de la mer Baltique, appartient à ses trois fondateurs : Birger Hansen, Lars Jeppesen et Niels Jeppesen. La maîtrise de la production est complète, depuis le design de Niels Jeppesen jusqu’à la vente.
Dès la création de X-Yachts est lancé le X-79, suivi du 3/4 Ton et du X-102, trois bateaux dont les victoires en IOR ont contribué au lancement de la marque.
A ces victoires ont succédé celles de l’IMX 38 et du X-332, aux championnats IMS cette fois.
Dans les années 80 ont été produits d’autres modèles de cruiser-racer, et à partir de 1990, X-Yachts a centré sa production sur des "bateaux de croisière performants", avec notamment le lancement du X-412, qui reste encore aujourd’hui un produit phare de la gamme. Cette gamme a comporté jusqu’à 13 modèles de 30 à 73 pieds.
En 2003 débute une nouvelle gamme avec l’apparition du X-43, suivi du X-46 puis du X-40 et X-37 en 2004.
Si ces voiliers sont toujours conçus dans le même esprit, une évolution certaine est à noter dans l’éventail des options standards, ainsi que dans la recherche d’une qualité de confort toujours supérieure.
Programme
Mercredi 30 avril 2008
9h à 18h : Confirmation des inscriptions (clôture définitive à 18h) à Porquerolles
Jeudi 01 mai 2008
Régate au départ de Porquerolles
11h : Mise à disposition en mer, banane ou côtier
Vendredi 02 mai 2008
Régate au départ de Porquerolles
11h : Mise à disposition en mer, banane ou côtier (plusieurs manches à suivre) Arrivée à Porquerolles
Samedi 03 mai 2008
Régate au départ de Porquerolles
11h : Mise à disposition en mer, banane ou côtier (plusieurs manches à suivre) Arrivée à Porquerolles
20h00 : "dîner des Vignerons"
Bal sur la place du village
Dimanche 04 Mai
Régate au départ de Porquerolles
11h : Mise à disposition en mer, banane ou côtier
16h00 Remise des prix à Porquerolles après les courses du jour.
A noter :
La Dixième Semaine de Porquerolles est organisée par le Yacht Club de Porquerolles (Y.C.P.) et l’International Yacht Club de Hyères (I.Y.C.H.).
Elle est fortement soutenue par l’ensemble des collectivités locales, Conseil Général du Var, Région PACA, Ville d’Hyères, Total Gaz, Aigle, Transports Littorales varois… et est placée sous le haut patronage du Yacht Club de France.
Cette épreuve se déroulera en baie de Hyères du 01 au 5 mai 2008, à partir de l’Ile de Porquerolles.
Classe Invitée : Les X yachts
65 voiliers inscrits, répartis en 3 Classes, sous l’égide de la jauge IRC
Alain Gautier au Challenge Julius Baer ce week-end
Alain, le week-end prochain c’est la reprise du Challenge Julius Baer avec comme première manche, le Grand Prix Chopard. Comment te sens-tu ?
« L’équipe a quelques objectifs pour cette saison. Donc automatiquement, nous abordons ce premier Grand Prix avec une certaine envie. Celle de retrouver ce bateau vraiment sympa, mais aussi ce plan d’eau bien agréable. Le championnat s’annonce assez ouvert. Nous savons par conséquent que cela ne sera pas simple de rééditer la victoire de 2007 sur ce premier Grand Prix, mais on a ce qu’il faut pour se battre et cela risque d’être très intéressant ! Je suis plutôt heureux de commencer cette saison 2008 ! »
Comment décrire ce catamaran de lac, le D35 ?
« Le D35 est un très joli bateau, très technique, sympa à naviguer : c’est un monotype d’un peu plus de dix mètres. Il est naturellement très toilé car la tendance sur le lac est plutôt aux vents faibles. Le bateau est démonté pour l’hiver. Nous n’avons le droit d’effectuer aucune modification, ce qui rend la série très simple : nous arrivons trois jours avant les épreuves, remontons le bateau et nous naviguons »
Comment s’organise le Challenge Julius Baer ?
« Le Challenge Julius Baer se joue sur huit à dix épreuves selon la saison, de mai à octobre. Les épreuves du lac s’organisent en quatre à cinq régates aller-retour (banane) quotidiennes sur deux ou trois jours lors des Grand Prix, et en parcours côtiers lors des grands rendez-vous comme le Bol d’Or qui réunit quelques 600 bateaux, ce qui est vraiment sympa. Le programme et le plan d’eau sont vraiment superbes »
Qui sont les participants ?
« Les équipages sont très diversifiés mais on les connaît bien puisqu’on y retrouve Loïck Peyron, Karine Fauconnier aux côtés de Dona Bertarelli, Yvan et Steve Ravussin qui viennent régulièrement, Franck Cammas et Pascal Bidégorry qui s’y sont essayés, l’équipe d’Alinghi, le redoutable Suisse Philippe Cardis… Le niveau est de plus en plus homogène entre les professionnels et les amateurs éclairés. C’est de plus en plus disputé pour monter sur le podium ! »
Quels sont vos objectifs pour cette saison 2008?
« Jusqu’à présent nous avons plutôt été à l’aise sur les Grand Prix. Il faut que nous progressions sur les courses « Classiques », comme le Bol d’Or ou la Genève – Rolle – Genève. Nous visons une progression au championnat général puisque nous avions fait 3ème en 2006 et 2ème en 2007. Il faut que nous progressions encore, sans perdre les Grand Prix. »
Le programme d’Alain Gautier en D35 / Challenge Julius Baer 2008 :
2-4 mai : Grand Prix Chopard (Genève)
24-25 mai : Open de Rolle (Rolle)
7 juin : Genève-Rolle-Genève (Genève)
14 juin : Bol d’Or Mirabaud (Genève)
30-31 août : HP Cup La Réserve (Genève)
5-7 Septembre : Open de Versoix (Versoix)
20-21 septembre : Open du Yacht Club (Genève)
3-5 octobre : Grand Prix Beau Rivage Palace (Versoix)
Avantage nord
« La connaissance est la navigation dans un océan d’incertitudes à travers des archipels de certitudes. » La phrase est du philosophe Edgar Morin. Elle sied bien encore ce matin aux marins de la Transat AG2R qui s’accrochent à leur intuition et leurs convictions. Qui se cramponnent surtout à une option décidée et choisie après maintes réflexions.
À l’aube, les nordistes – emmenés par le solide leader Financo (Nicolas Troussel/Christopher Pratt) tirent leur épingle du jeu. Ils ont toutes les raisons de se réjouir de leur stratégie. Pour l’instant, elle porte ses fruits. Argos révèle en effet que Financo prend ses distances avec ses plus proches poursuivants d’hier – les centristes – tout en cédant du terrain à ses camarades nordistes puisque Athema (Erwan Tabarly/Vincent Biarnes) et Gedimat (Armel Tripon/Dominic Vittet) émargent désormais aux 2e et 3e places, mais n’ont plus qu’une dizaine de milles de retard au leader contre une vingtaine hier.
Les centristes – Suzuki, Cercle Vert, Les Mousquetaires etc – sonttoujours aux avant-postes mais doivent donc céder leurs places d’honneur. Bref, la nuit fut d’or par 32° Nord. Les uns et les autres gagnent des milles et lorgnent le passage de la dépression. Place à une journée de transition, qui s’annonce riche en surprises et rebondissements…
Quelques degrés de latitude plus bas, la flotte a incontestablement réduit l’allure. Dans des airs « mollissants », Les Mousquetaires, Suzuki Automobiles ou encore Cercle Vert, à 50 milles de la tête de flotte ce matin, connaissent les premiers effets d’une zone de calmes anticipés et redoutés. Il reste que c’est en connaissance de cause qu’ils ont choisi leur option et tracé le sillon de leur destin transatlantique. Ils voient, eux, des lendemains qui déchantent pour les nordistes bientôt aux prises avec les vents contraires de la dépression. Ils en vivront aussi le passage, mais dans une moindre mesure. Calés sur une route médiane, forts d’un décalage en latitude de plus de 100 milles encore, ils ont évidemment dans l’idée de revenir et de regagner du terrain, surtout si ceux du nord n’ont pas d’ouverture pour "descendre". Cette stratégie ne manque pas de cohérence, elle mise sur une certaine forme de sagesse et de prudence.
Tout en bas, par 25°N et à 300 milles des premiers, c’est une toute autre histoire. Solarinox, SNEF-Cliptol Sport ou encore Concarneau-Saint Barth cavalent toujours après l’alizé. Coûte que coûte, vaille que vaille, les voilà lancés sur la route du soleil. Il leur faut plonger. Loin de l’influence de la dépression, ils parient sur la cohérence du système atlantique. La route du soleil, aussi longue soit-elle, mène toujours aux tropiques. C’est une certitude dans un océan d’incertitudes…
Ils ont dit…
GEDIMAT – Dominic Vittet – 3ème au classement de 5h
« C’est extraordinaire cet éclatement, cet éventail qui s’est produit sur la flotte en 24 heures ! Il y a des bateaux de partout ! Actuellement nous sommes concentrés sur la dépression et son évolution… Elle vient vers nous et va nous envoyer au près quelques jours. Ça va générer des trajectoires différentes de ce qui était prévu ! Le passage mou s’approche, on devrait commencer à flirter avec lui cet après-midi. Certains signes annoncent cette dépression en effet, comme l’espèce de crachin brouillardeux que l’on a eu tout à l’heure, ou encore tout simplement le fait que je me sois permis de mettre le pilote pour te répondre ! Du stress ? Non, nous ne sommes pas stressés puisqu’on a pris la bonne option ! (rires). Non, plus sérieusement on est super excité, c’est génial, on est vraiment content d’être là. On regarde la flotte, on observe et on se dit que c’est génial ! Et puis nous on s’est construit un schéma, et c’est parfait pour se rassurer. On ne se dirige pas vers le Sud, on a empanné depuis hier pour se diriger vers le petit col de jonction entre l’anticyclone et la dépression, qui va nous offrir du près… Au fait, nous avons accueilli une 9ème hirondelle sur le bateau ! »
SUZUKI AUTOMOBILES – Corentin Douguet – 6ème au classement de 5h
« Nous avons perdu pas mal de terrain par rapport au paquet du Nord, mais c’était prévu. C’est demain, après le passage de la transition que l’on pourra faire un bilan et que l’on saura qui a vraiment perdu du terrain. Le plus important, ce sont les plus de 100 milles en latéral qui séparent les deux groupes. Non, nous n’avons pas de stress… Regarde, j’ai Thierry qui ronfle à côté de moi il n’est pas stressé lui! (rires). C’est le jeu de la régate… C’est sûr que là je préférai être au Nord car en ce moment il y a plus de vent mais la course ne s’arrête pas demain ! Notre placement est ce qu’il est. Sachant qu’on ne peut plus changer, on fait au mieux, on fait avancer le bateau. Demain matin à la même heure, on sentira les évolutions. Pour le moment nous sommes sous spi, nous glissons sur une mer plate. Demain, on remettra les bottes et les cirés ! On s’attend à deux jours de près pas très agréables, avec un vent assez soutenu. Ce ne sera pas l’enfer non plus, ce sera moins pire qu’au Cap Finisterre. Aujourd’hui sera difficile, c’est la journée de transition. »
SNEF CLIPTOL SPORT – Laurent Pellecuer – 19ème au classement de 5h
« La météo n’est pas encore pas encore parfaite pour cette route mais bon… Quitte à finir dernier, on a décidé de rester sur cette route ! Nous sommes à la recherche de l’alizé, qui, si tout va bien, sera là dans trois jours. Nous la dépression ne nous concerne pas du tout… Pendant que les autres galèreront, en bottes et cirés, nous nous serons en short et t-shirt, sous spi…. Au moins, quoi qu’il se passe nous arriverons bronzés ! (rires) Notre objectif est de toucher les alizés pour combler le retard géométrique que l’on a pris. Mais si on veut le combler totalement, il faudrait que ceux du nord se fassent un peu piéger pour descendre…. Je connais bien cette Transat, mais c’est la première fois que je prends cette route. Autant en 98 nous avions fini sur une route Sud, mais ce n’était pas si extrême que maintenant. Là, nous nous dirigeons presque vers le Cap Vert ! Jusque-là nous avons eu environ 14 nœuds de vent, c’était super agréable. Mais là, nous allons avoir trois jours avec du vent beaucoup plus faible, jusqu’à ce que l’on passe sous l’anticyclone. »
Gill : nouvelles lunettes solaires.
Gill ajoute six nouveaux modèles à sa gamme de lunettes de soleil spécialement conçues pour être portées en mer.
Ces lunettes sont fabriquées en matériaux de faible densité et sont donc suffisamment légères pour flotter lorsqu’elles tombent à l’eau. Tous les modèles ont une forme enveloppante et des verres polarisés pour réduire les reflets et protéger de la luminosité plus forte en mer.
Les modèles Dual, Cutter, Blade, Razor et Shield sont disponibles en taille adulte. Le modèle Sandfly, plus petit, est conçu pour les enfants. Toutes ces lunettes disposent de branches recouvertes de caoutchouc et d’un renfort pour le nez.
Pour éviter de faire tomber ses lunettes à l’eau, Gill propose également un cordon à prix attractif qui permet de garder les lunettes confortablement en place.
Source Gill Marine
www.gillmarine.com
www.interdist.fr
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Remue-méninges du nord au sud
Vidés, sans plus de goût pour la suite de l’aventure. L’équipage de NIVEA Athlètes du Monde jette l’éponge (lire article précédent). Malgré des mois d’entraînement en commun, la mer et la compétition ont eu raison de la très grosse envie de cet équipage atypique qui partait avec beaucoup d’humilité sur cette épreuve. Pendant ce temps, la course continue avec son lot d’incertitudes. Interrogé aujourd’hui, même Nicolas Troussel, toujours leader sur Financo avouait ne pas avoir été depuis longtemps aussi dubitatif sur la stratégie à venir : « C’est vraiment aléatoire. On ne peut pas tout analyser. Nous tentons la trajectoire médium la plus cohérente. » Qu’il se rassure, à l’autre bout du plan d’eau Erik Nigon sur AXA Atout Cœur pour Aides, n’en menait pas plus large. « C’est un peu l’angoisse. On ne sait pas trop où aller. Pourtant c’est large. Nous sommes entre les Canaries et Saint Barth. On attend des conditions établies. On se pose la question. Nous étions partis avec une option radicale vers le sud. Mais l’anticyclone nous barre la route. » Autant dire que rien n’est figé et qu’il va falloir attendre encore plusieurs jours avant que les stratégies des uns et des autres se décantent.
Investissements tous azimuts
Il en est pourtant quelques uns qui semblent se porter à merveille, acceptant avec un certain fatalisme les aléas d’une situation météorologique définitivement complexe. Gwen Riou sur Les Mousquetaires démontrait ainsi que l’osmose pouvait se faire naturellement entre un « petit jeune qui en veut » et un taulier de la course hauturière : « On régate bien. Je viens de me réveiller. C’est pour ça que je suis bien décontracté. Je viens de manger donc je suis en forme. On regardait le dernier classement. Il ne faut pas se faire d’idée préconçue. Nous ne sommes pas très Sud. On régate correctement. On est dans un bon créneau. »
Sur le grand jeu d’échec de la Transat AG2R, à chacun ses stratégies : si Financo, Gedimat et Défi Mousquetaires semblaient bien calés au nord-ouest, Suzuki, Cercle Vert et Les Mousquetaires semblaient opter pour des trajectoires à responsabilité limité sur une stratégie plus médiane. Quand au sud, Sojasun, SNEF – Cliptol Sport ou bien encore Concarneau Saint-Barth investissaient massivement quitte à risquer le dépôt de bilan. Faut-il thésauriser, savoir faire le grand tour avec le mors aux dents… Qui vivra verra !
Ils ont dit :
SUZUKI Automobiles – Thierry Chabagny (4ème au classement de 17h)
« Nous sommes sous le soleil, sous spi. Ce n’est que du bonheur. Les trois derniers jours étaient compliqués en termes de météo. Ce n’est pas simple. D’ailleurs l’état de la flotte sur le plan d’eau montre bien que personne ne sait réellement quelle va être l’évolution. La différence en latéral va se faire suivant le moment de l’empannage. Cela peut être décisif sur la façon de récupérer le vent pour Saint Barth. Il y a du suspense. C’est un moment clé. Nous regardons des deux côtés. Il y a des bons meneurs. C’est important de suivre chaque classement et l’évolution de la météo, en comparaison avec les autres bateaux afin de voir qui a raison. C’est un peu dur à vivre. Le plan d’eau est bien élargi. La météo est incertaine. En plus il y a une part de loterie que l’on ne contrôle plus. Ceux qui sont au Nord doivent avoir peur de ne pas descendre. Le danger avec la route Nord est le défilement des dépressions. Ce n’est pas tout de se retrouver à New York, mais il faut pouvoir redescendre. On va prendre du prés d’ici une trentaine d’heures avec du vent soutenu. Nous ne sommes plus en short pour très longtemps. On sait que l’on va souffrir. On anticipe en faisant un check de tout le bord. Mais à bord on rigole bien. Ca nous fait les abdos. Comme le classement est bon, nous sommes plutôt de bonne humeur. »
ATHEMA – Erwan Tabarly (3ème au classement de 17h)
« Nous sommes sous le vent de Gedimat, à 7-8 milles. Il y a toujours de l’air. Nous sommes contents. On a réduit l’écart avec les premiers. Les bateaux sont bien étalés entre le Nord et le Sud. Il va falloir regarder dans deux ou trois jours si les différentes options vont payer. Nous avons des remises en questions permanentes à chaque fichier météo reçu. Finalement, est-ce que ça passera mieux au nord ? Au sud ? On se demande si les alizés vont s’établir. Sinon on continuera de jouer dans le nord. Pour l’instant, nous trouvions l’investissement un peu trop cher dans le sud. Les plus menaçants à trois jours sont Financo et Défi Mousquetaires dans le nord. J’ai du mal à croire que SNEF, Concarneau-Saint-Barth et autres puissent rattraper leur retard dans le sud. En ce qui concerne le groupe Suzuki, Cercle Vert et Les Mousquetaires, je ne sais pas trop ce qu’ils vont donner. »
Coup de vent sur Douarnenez
Que font des skippers à terre ? Et bien, ils refont leur course. «Quelle journée hier !» s’exclamait Marc Guillemot (Safran). « On a été très mauvais au près, jamais en phase, mais c’était quand même sympa. En fait, l’exercice est forcément intéressant parce que c’est la première fois, depuis la Transat Jacques Vabre, que nous pouvons naviguer ensemble et nous n’avions encore jamais vu PRB sur l’eau». Jean Baptiste Epron, venu faire un petit tour de baie sur Generali, avait également bien apprécié sa journée. «Une vraie belle journée pour faire du bateau, au contact, sur un plan d’eau exceptionnel». «La plus belle baie d’Europe» renchérissait Jacques Caraës en toute simplicité, lui aussi équipier de Yann Eliès. Sur Foncia, vainqueur de la course côtière d’hier, Michel Desjoyeaux confiait également sa satisfaction : «Ma foi, c’était parfait ce petit départ devant, après, il y a eu un grain qui a un peu créé la zizanie sur le plan d’eau et redistribué les cartes, nous avons enclenché le surmultiplié et nous nous sommes propulsés à l’avant de la flotte ». Une belle journée pour Foncia, mais insuffisante pour remporter le Grand Prix de la course au large, en effet, c’est Gitana Eighty qui, après les deux courses, s’est hissé en tête du classement.
En 40 pieds, Giovanni Soldini est le grand vainqueur de ce Grand Prix Petit Navire. C’était la première fois que ce talentueux navigateur italien venait à Douarnenez. Avec son Telecom Italia, il n’a pas laissé beaucoup de chance à ses adversaires, comme ce fût le cas sur la dernière Transat Jacques Vabre. «C’est une superbe idée ce grand prix, nous avons trop peu d’occasions de naviguer de cette manière, au contact. J’aime tout ici, naviguer dans cette baie, la soupe de poisson, les salades Petit Navire et la fête le soir ». A propos de salades Petit Navire, Yann Eliès annonçait son intention de faire le plein de boîtes pour sa Transat anglaise… Venu de beaucoup plus près (Carantec), avec son 40 pieds Hénaff, Bruno Jourdren ne cachait pas sa satisfaction après les deux journées de runs et les deux journées de courses au large. «J’ai énormément appris sur mon bateau, plus que sur la Transat Jacques Vabre. Tu n’as pas besoin de faire des bords de 300 milles pour savoir si tu vas plus vite ou moins vite. Là, c’est au contact, on a vu les réactions du bateau dans toutes les configurations et tous les angles de vent. C’est top ! Et il ne faut pas imaginer que parce que le Grand Prix est sympa, les mecs naviguent les mains dans les poches, tout le monde est aux taquets, faut pas rêver ». Tellement aux taquets sur 40 Degrees qu’ils en ont déchiré le gennaker… «On s’est fait avoir comme des bleus dans un gros grain, on est parti au tas. Après, quand nous avons voulu envoyer la trinquette, la drisse s’est barrée en tête de mât. Du coup, il a fallu envoyer Alexandra là haut pour la chercher » raconte Anne Liardet, embarquée aux côtés de Miranda Merron. Tout sauf une promenade de santé, finalement.
En Mini 6,50, il faut saluer la performance de Pierre Brasseur sur Ripolin Nord Pas de Calais qui a tout remporté, runs et courses. A surveiller de près dans cette série…
Ça s’est passé à Douarnenez
Le Grand Prix Petit Navire course au large s’achève donc aujourd’hui avec la remise des prix qui se tiendra à 19 h 30 à la salle des fêtes de Douarnenez. C’était indéniablement un spectacle exceptionnel, car où peut-on voir ainsi naviguer ensemble ces monocoques de courses au large à quelques mètres de la côte ? Sans compter que parmi les concurrents, il y avait les vainqueurs des deux derniers Vendée Globe (Desjoyeaux et Riou), un champion du monde Imoca (Bernard Stamm embarqué avec Bruno Jourdren) et deux des vainqueurs de la dernière Transat Jacques Vabre (Desjoyeaux en 60 pieds et Soldini en 40 pieds). Un plateau du tonnerre, du spectacle à couper le souffle, de la convivialité à revendre et bien entendu, du sport. Tous ces ingrédients qui font du Grand Prix Petit Navire un événement unique en son genre.
Les classements
Groupe 60′ après deux courses
1: "Gitana Eighty", Loick Peyron 3 points
2: "Foncia", Michel Desjoyeaux 4 points
3: "Safran", Marc Guillemot 6 points
4: "Generali", Yann Elies 9 points
5: "PRB", Vincent Riou 9 points
6: "Groupe Bel", Kito de Pavant 11 points
7: "Akena Veranda", Arnaud Boissieres 14 points
Groupe 40′ après deux courses
1: "Telecom Italia", Giovanni Soldini 2 points
2: "Hénaff", Bruno Jourdren 4 points
3: "CG mer", Wilfrid Clerton 8 points
4: "40 Degrees", Harding 9 points
5: "Monbana", Damien Grimont 10 points
6: "Beluga", Boris Herrmann 10 points
7: "Neurodon.Fr", Christian Chardonnal 15 points
8: "Shere Khan 3", Alain Barazer 18 points
9: "Cariberia", Stephen Card 18 points
10: "Ixfun", Olivier Rabine 20 points
—: "Appart City", Yann Noblet 24 points
Groupe 6,50 après deux courses
1: "Ripolin Nord Pas de Calais", Pierre Brasseur 2 points
2: "Navman", Stanislas Delbarre 5 points
3: "Solidaires", Louis Mauffret 5 points
4: "Veole", Sebastien Marsset 11 points
—: "Ligue Contre le Cancer", Nicolas Charmet 14 points
—: "Maisons de L’avenir", Henri Paul Shipman 14 points
Coupe Internationale de Bretagne de Dragon
Les 15 premiers après cinq courses
1: DEN375 "African Queen", Jorgen Schönherr 28 points
2: FRA365 "Ar Youleg II", Louis Urvois 34 points
3: FIN50 "Rat-Pack", Henrik Dahlman 36 points
4: GBR734 "Billy The Kid", Tim Tavinor 49 points
5: RUS96 "Murka 8", MikhaÏl Apuhtin 55 points
6: RUS44 "Red October", Georgy Shaiduko 60 points
7: GBR656 "Elusive", Ivan Bradbury 65 points
8: UKR8 "T.Bunker", Evgeniy Braslavets 70 points
9: FRA360 "Ar Gwellan", Bruno Peyron 71 points
10: GER1042 "Puk III", Philip Dohse 72 points
11: RUS31 "Integrity", Konstantin Emlianov 72 points
12: RUS34 "I Feel Good", Vassiliy Senatorov 73 points
13: GER1013 "Follow Your Dream", Peter Fröschl 75 points
14: GBR723 "Gorgeous Worgeous", Quentin Strauss 81 points
15: GBR700 "Princess Jalina", David Palmer 95 points
Le grand échiquier Atlantique
En haut, dans les parages des 34° Nord, les équipages misent en effet sur le profit immédiat. Les tandems cravachent dur sous spi et les monotypes avalent goulûment les milles nautiques. Au compteur de Financo : 233 milles parcourus en 24 heures à presque 10 nœuds de moyenne. Pour Nicolas Troussel et Christopher Pratt, tout ce qui est pris ne sera plus à prendre avant le passage d’une dépression et l’arrivée de vents contraires dans les prochains jours. Athema et Gedimat, partisans de cette route depuis Madère, se sont refaits une belle santé au classement.
La quête de l’alizé
Au Sud, c’est tout le contraire. Les purs et durs de la route du soleil tels que SNEF-Cliptol Sport, Solarinox ou Conarneau-Saint Barth, parient volontiers sur un rendement à plus long terme. Par 28-29° Nord, ceux là sont partis vaille que vaille chercher l’alizé qui doit leur donner des ailes pour l’arrivée. Pour l’instant, ils s’éloignent de la route directe, ils perdent des milles et du terrain sur la tête de flotte qui caracole.
L’attitude du centre
Et puis, comme en politique, il y a désormais les centristes, souligne Jean Le Cam ce matin. A bord de Cercle Vert, le complice de Gildas Morvan joue avec les latitudes. Question d’attitude. Hier, le duo a mis le clignotant à gauche et ajouté un peu de Sud dans sa route Nord. Allez comprendre ! Il n’est pas le seul. Les tandems des Mousquetaires et de Suzuki Automobiles progressent aussi sur cette option savamment dosée entre Nord et Sud. Un itinéraire bis assez proche de la route directe tout compte fait…
Ils ont dit…
FINANCO – Nicolas Troussel – 1er au classement
« Ca va vite depuis Madère, ça avance. C’est un peu stressant ce début de 2ème étape, car ça part un peu dans tous les sens… Pour le moment on est toujours dans l’anticyclone, mais on devrait croiser la dépression le 1er dans la journée et passer le front le 2. Nous avions prévu de ranger les cirés après Porto Santo, mais c’est raté. On va le remettre ! J’espère que l’on ne se fera pas rincer pour rien. On reste confiant. Ce que je pense de la route de Cercle Vert ou Les Mousquetaires ? Je ne sais pas trop… Pour moi, si on voulait aller dans le Sud il fallait y aller direct mais bon… On a choisi le Nord en fonction de ce que disent les papiers mais ce n’est pas fiable à 100%, donc nous verrons bien d’ici 10/12 jours…. Notre problème va se poser en fin de parcours, pour réussir à descendre rapidement. Pour les sudistes, la question c’est de savoir s’ils réussiront à toucher des alizés. Nous, nous n’en aurons certainement pas, ou peut être qu’à la fin du parcours seulement. Ca va être cool aujourd’hui les conditions, au portant, avec de l’air et de bonnes vagues. Il faut être vigilent à la barre, mais ça déboule bien. »
CERCLE VERT – Jean Le Cam (6ème au classement)
« La nuit a été bonne, je viens de me réveiller. Ca va très vite depuis 2/3 jours, la course est très intéressante car il y a des gens un peu partout : à droite, à gauche, au centre, il y a un peu de tout… Nous n’avons pas changé de décision en nous dirigeant vers le Sud, nous avions prévu de contourner Madère par le Nord, un peu comme les Mousquetaires en fait. On espère que les prochains jours seront sympas, même si on sait que l’on s’approche d’un passage difficile…Nous allons entrer dans une période calme. D’ici deux jours, nous serons dedans, on le sait. C’est passionnant de regarder les positions. Les Nordistes, les Sudistes, et puis les centristes comme nous : ni à droite ni à gauche… »
ATHEMA – Erwan Tabarly (4ème au classement)
« Tout va bien à bord. La flotte est très éparpillée sur l’Atlantique, c’est intéressant car chacun peut jouer sa carte. On attend 48 heures pour voir ce qu’il va se passer… Nous, nous sommes nordistes. Mais nous venons d’empanner donc maintenant on est à 10/20° de la route directe. Demain soir la dépression va arriver et va casser les alizés. Je pense que son passage sera plus facile dans le Nord, donc nous allons jouer la sécurité en la contournant. Nous avons reçu le classement de ce matin, on est content. Ca fait plaisir de revenir devant dans le groupe de tête. Actuellement les conditions sont vraiment sympathiques : on fait de belles glissades sous 25 nœuds établis. Mais ça devrait mollir pour toute la flotte dans la journée… »
Tempête sous les crânes
Les fichiers météo ont décidé de jouer avec les nerfs des navigateurs. Pour tous ceux qui sont restés aux avant-postes, ce début de traversée océanique a des allures de « qui perd gagne ». Face à cette situation complexe, certains des leaders jouent la carte du silence radio : les meilleurs secrets sont ceux que l’on décèle le plus tard possible et plusieurs gros bras de la course étaient injoignables aujourd’hui. D’autres proposent une sérénité immuable, persuadés de leur bonne étoile ou adeptes des bonnes vieilles recettes de Monsieur Coué. A bord de Solar Inox, Luc Poupon avouait son plaisir de descendre vers le sud et sa confiance : « On a fait le choix de descendre plus sud d’après les données que l’on avait. Rien n’est évident, c’est pour cela que l’on est tous assez éparpillé. » Bertrand de Broc, en vieux sage, s’en remettait à une stratégie moins audacieuse confiant rester dans une position d’attente tant que la situation ne s’était pas éclaircie. Jeanne Grégoire à bord de Banque Populaire avouait carrément, quant à elle le stress, qui la guettait au départ d’une option qui la tentait mais présentait un caractère assez radical : « Hier soir, on a vu des trucs qui nous ont confirmé notre décision. Aujourd’hui, je suis beaucoup moins confiante. A voir ! A l’heure actuelle, j’ai un peu une grosse boule au ventre. Par moments, la route du paquet Nord semble belle, alors qu’hier elle ne le paraissait pas. A voir, ça passe ou pas… »
Second souffle
Si pour les premiers, rien n’est facile, la situation est pain béni pour les poursuivants. L’incertitude donne des idées nouvelles au second peloton qui se voit déjà en escadrille de chasse. Miguel Danet sur Concarneau Saint-Barth reflétait bien cet état d’esprit : « On a la tête dans le guidon. Nous tentons ce qu’il y a à tenter. Ca passe, ou ça ne passe pas. Nous ne voulons pas avoir de regrets. On rigole bien. D’ici quatre ou cinq jours, nous aurons le résultat des options Sud. ». Même son de cloche chez Fabrice Amédéo sur Aquarelle Le Figaro : « Nous avons eu deux jours difficiles. On a enfin franchi cette maudite porte de Porto Santo. Il n’y a plus qu’à remonter un peu le classement. On y croit. C’est incroyable. A la porte de Porto Santo, les chiens sont lâchés. Chacun choisit son option. On va au Sud, au Nord. Finit les navigations à vue.» Visiblement, le spleen du dernier bord vers Porto Santo est oublié et la perspective de pouvoir jouer un coup gagnant donne des ailes aux poursuivants. En vingt-quatre heures, l’incertitude a changé de camp… Hier les patrons savouraient les fruits mérités de leur première étape maîtrisée de main de maître. Aujourd’hui, leurs poursuivants voient une occasion exceptionnelle de revenir sur le devant de la scène. Où va donc se nicher la glorieuse incertitude du sport ?
Ils ont dit :
GROUPE CELEOS – Anthony Marchand (12ème au classement de 11H)
« Il y a les milles qui défilent. On est en forme. Ca fait du bien de lâcher les chevaux. Ca n’a pas été simple en début de transat. Mais maintenant c’est agréable. Devant ça se complique. Nous avons les idées claires sur ce que nous voulons faire. On ne va pas attendre de voir ce que font les autres. Il y a un empannage à caler au bon moment dans les heures à venir. Il faudra aller vite, mais il n’y aura pas vraiment de manœuvres. C’est un peu stressant de voir Banque Populaire qui a empanné très tôt. On est sur le bord rapprochant. On va vite. Nous essayons d’être positifs dans tout ce que nous faisons. »
CONCARNEAU – SAINT BARTHELEMY – Miguel Danet (17ème au classement de 11H)
« On est sous spi. Ca marche bien. On se rapproche de la maison. C’est plutôt sympa. Avec Eric on tourne. On est juste à côté de Lucky (Luc Poupon). On voulait se mettre à couple et prendre l’apéro. Mais on va attendre. C’est la tactique des îles : apéros au rhum. On rigole bien. D’ici quatre ou cinq jours, nous aurons le résultat des options Sud. On essaye de prendre les décisions ensemble. Eric a plus d’expérience du large et des fichiers météo. Pour le moment, on a un rythme croisière : le soir nous mettons le pilote et allons dormir tout les deux. Personne sur le pont, une bouteille de rhum par jours… Bon, c’est vrai il ne faut pas nous croire. Ca s’appelle s’arrêter pour mieux sauter à l’arrivée ! »
SOLAR INOX – Luc Poupon (16ème au classement de 11h)
« Ca ne va pas trop mal aujourd’hui. On a fait le choix de descendre plus Sud d’après les données que l’on avait. Rien n’est évident sur les choix, c’est pour cela que l’on est tous assez éparpillé. De voir la dernière terre avant l’arrivée, cela fait quelque chose mais on s’y habitue au fil des traversées. On a eu des oiseaux deux ou trois jours avant Madère. Certains sont repartis et les autres sont morts à bord. La vie à bord est bien organisée, il n’y a pas de problèmes entre nous deux. Il y a du soleil, il fait beau. On va vers les tropiques, cela remet du baume au cœur. »


















