Le convoyage entre la Trinité-sur-mer et la Normandie le week-end dernier a permis à Anthony Marchand et Thierry Chabagny de tester les nouveaux foils et de continuer à prendre leurs marques à bord du géant rouge et noir : « À certaines allures, on voit nettement le gain de puissance et de vitesse. A nous maintenant de continuer d’apprendre à bien les utiliser », résume le skipper Actual qui s’apprête à vivre sa première grande course en tant que skipper d’Actual Ultim 3.
Thierry Chabagny, co-skipper Actual : « Le bateau décolle plus tôt, ça va plus vite, c’est plus agréable, tout en gardant la même stabilité qu’avec les anciens foils. Il y a encore du travail pour trouver les bons réglages afin de stabiliser au maximum les vols à toutes les allures et avec toutes les configurations de voiles, mais le gain est sensible. » En effet, un foil qui change et ce sont tous les paramètres et réglages du bateau qui doivent être adaptés. « C’est hyper stimulant de découvrir le potentiel de ces nouveaux foils. Rien que sur le convoyage, nous avons beaucoup appris. Nous allons peaufiner cela pendant ces deux semaines de transat : rien de tel que les conditions de course pour travailler ça », précise Anthony.
Anthony Marchand : « Nous nous sommes choisis parce qu’humainement ça marche. Pendant le convoyage vers Le Havre, nous avons répété nos gammes, dans les manœuvres, la communication… Nous sommes sur la même longueur d’onde. » Thierry Chabagny : « J’apporte un deuxième point de vue. Cela permet à Anthony de confirmer certaines choses ou d’en remettre en question. Il a un excellent feeling, c’est un bon marin avec beaucoup d’expérience. Il connaît bien le bateau. Mon objectif est de lui apporter le maximum d’information utiles, notamment en vue de l’Arkea Ultim Challenge. »
Le stress n’est pas encore là A dix jours du départ de cette longue transat de 7500 milles (13 900 km) via l’ile de l’Ascension située au cœur de l’Atlantique sud, la concentration est palpable, mais le stress n’est pas encore là. Anthony Marchand : « Le bateau est au niveau de préparation que nous souhaitions. C’est une super machine, fiable. Tous les nouveaux réglages apportés cette année ont été testés et validés. Le stress n’est pas encore là, mais la pression montera avec les premières dépressions hivernales. Dans quelques jours, nous entrerons dans notre bulle… » Thierry Chabagny : « Anthony a l’expérience du double, moi de l’équipage, nous sommes complémentaires. 15 jours sur une machine de guerre comme celle-ci, ce n’est pas anodin. Nous allons tout donner, mais en préservant le matériel, notamment dans la perspective du tour du monde. »
La Classe IMOCA a officiellement mis en place un bouton de signalement à bord de chaque bateau dans l’objectif d’atténuer l’impact des collisions en mer. Le « Hazard Button » à bord des IMOCA de la Transat Jacques Vabre permettra d’approfondir les connaissances de la Classe sur les mammifères marins et la manière de les éviter.
Au cours des dix dernières années, alors que les bateaux de toutes sortes sont devenus plus rapides, le nombre et la gravité des collisions avec des mammifères marins – en particulier des baleines – ainsi qu’avec des bouts de bois et toutes sortes de déchets, n’ont cessé d’augmenter. Dans le cas des baleines, ces collisions, en particulier avec des bateaux naviguant à plus de 10 nœuds (et jusqu’à 35 nœuds), entraînent souvent des blessures graves, voire létales. Elles peuvent également endommager un bateau ou mettre des marins en danger.
Aussi, l’IMOCA supervise un travail visant à atténuer ces événements dans le cadre d’une collaboration dirigée par Claire Vayer, co-responsable du développement durable pour l’IMOCA, et Damian Foxall, responsable du programme de développement durable de l’équipe américaine 11th Hour Racing Team, qui contribue au financement du projet. D’autres parties prenantes sont impliquées, notamment The Ocean Race et World Sailing (Fédération Internationale de Voile), et forment ensemble le Marine Mammal Advisory Group (MMAG).
L’un des premiers fruits de ce travail porte sur le développement du « Hazard Button » (bouton de signalement). Cet outil est directement intégré dans la dernière version des logiciels de navigation Adrena et Expedition Marine utilisés, entre autres, par tous les skippers IMOCA. Environ un tiers de la flotte de la Transat Jacques Vabre est équipé et peut ainsi enregistrer le lieu, la nature et le moment des collisions.
« Il ne s’agit pas d’une technologie de détection qui nous permettrait d’éviter des mammifères et autres objets dans l’eau, mais bien d’un système permettant d’actionner manuellement ce “Hazard Button”. Ainsi, à chaque observation d’un animal ou d’un objet ou en cas de collision, les skippers peuvent envoyer cette information à la Direction de Course, ainsi qu’aux autres concurrents sur l’eau, » explique Claire Vayer. « Nous avons inauguré ce système, dans sa version test, sur The Ocean Race et nous lançons officiellement le projet sur la Transat Jacques Vabre », ajoute-t-elle.
Pour Damian Foxall, ce système contribuera à l’enregistrement mondial des collisions avec les mammifères marins. L’objectif, à terme, sera bien plus vaste puisque chaque usager de la mer pourra éviter les habitats clés et les flux migratoires des mammifères. « Il ne s’agit pas seulement de compiler ces données, mais aussi de comprendre où et comment le phénomène de collision se produit », précise le marin Irlandais. « Il n’est pas possible de prendre des mesures d’atténuation tant que l’on ne dispose pas des informations nécessaires. Mais avec les bonnes données, nous pouvons définir où sont les risques et donc où nous pouvons naviguer et où nous ne devrions pas naviguer ».
Yann Eliès, qui participe à la Route du Café à bord de Paprec Arkéa aux côtés de Yoann Richomme, est un fervent partisan de ce « Hazard Button » qui sera également utilisé dans d’autres classes sur la course. « Si le système fonctionne correctement et si tout le monde essaie de l’utiliser, je pense que c’est l’avenir parce que nous pouvons partager simultanément toutes ces informations avec l’ensemble des bateaux et avec la Direction de Course », commente celui qui sera adjoint à la Direction de Course du Vendée Globe 2024-25 avec la responsabilité, entre autres, de ce domaine. « Si nous ne sommes pas prêts à le faire, le public ne comprendra probablement pas pourquoi », confie également Yann Eliès, qui ne cache pas l’attente du public sur le sujet.
Le « Hazard Button » n’est pas la seule piste explorée par le MMAG. Parallèlement, des innovations sont en cours sur la technologie utilisée à bord pour détecter des risques de collisions en surface. Actuellement, environ 25 IMOCA sont équipés d’une caméra infrarouge en haut du mât qui détecte les objets flottants, mais il est difficile pour elle de “voir” une baleine, en particulier par gros temps. À l’occasion du Retour à La Base, qui partira de la Martinique pour rejoindre Lorient fin novembre, deux IMOCA – For The Planet de Sam Goodchild et Charal de Jérémie Beyou – seront équipés de la version test d’un système automatique d’évitement des collisions. Baptisé EXOS 2024, ce système utilise la vision artificielle, la fusion multi-capteurs et l’utilisation du pilote automatique. Développé par Pixel sur Mer, en collaboration avec Sea.Ai et l’ENSTA Bretagne, suite à l’Appel à Manifestation d’Intérêt lancé par l’IMOCA et le Pôle Mer Atlantique en 2021, ce système vise à améliorer la détection des objets et à assurer l’évitement automatique des obstacles.
« Le système complet fusionnera les données des différents capteurs de détection et sera capable d’envoyer une instruction au pilote automatique pour aider le bateau à éviter la collision », explique Claire Vayer. « Sur le Retour à La Base, seul le système de fusion de données avec une information envoyée au marin sera opérationnel. Mais l’objectif final est bien que le système agisse automatiquement sur le pilote automatique ».
Claire Vayer précise que la première version d’EXOS 2024 devrait être disponible pour les participants au Vendée Globe 2024-25. Puis, l’objectif est de rendre le système obligatoire à bord de tous les bateaux pour l’édition 2028-29. Damian Foxall, quant à lui, estime que cette Transat Jacques Vabre marque une étape importante dans le changement d’approche des marins et des Directions de Course sur la question des collisions en mer. « L’objectif du MMAG est de sensibiliser les gens, changer la donne et faire en sorte que le protocole de ce bouton de signalement soit adopté par le plus grand nombre », affirme-t-il.
« Ainsi, si vous heurtez quelque chose, il ne s’agit pas de vous taire, mais de le signaler d’une manière simple et de le faire de manière anonyme si vous le souhaitez. En créant ce filet de sécurité, nous naviguerons tous plus sereinement. »
Les préparatifs s’accélèrent pour le Class40 Everial. Après un convoyage express depuis Lorient, le bateau a rejoint le bassin Paul Vatine au Havre. Erwan Le Draoulec et son co-skipper Tanguy Leglatin se préparent entre stratégie, météo et repos.
Erwan, Tanguy, ce sera votre première traversée de l’Atlantique ensemble… Erwan : On a fait quelques courses ensemble en Mini et en Figaro, je dois être un de ceux avec qui Tanguy a le plus navigué en compétition. Je rêvais de faire une grande course un jour avec lui et l’occasion s’est présentée cette année. Il connaît bien le Class40 et mon temps de préparation étant court, je savais qu’il avait beaucoup de compétences à apporter. Et puis il était temps de lui offrir l’opportunité de faire sa première transat ! Tanguy : Ce sera effectivement ma première transat ! J’ai eu quelques événements cette année qui m’ont dit d’y aller, de profiter. Je me suis retrouvé avec deux propositions, j’ai choisi la première, car j’ai toujours respecté ce principe de « premier servi ». Et cela me convient très bien car je connais le personnage et je suis vraiment content d’y aller avec le petit jeune que j’ai vu progresser et grandir. Je trouve que c’est la situation idéale pour passer de l’autre côté, même si ce n’est que temporaire pour moi. L’histoire est belle.
Avec quels objectifs y allez-vous ? Erwan : C’est difficile à dire, ce sera ma première grande course en Class40, Tanguy est loin d’être un novice, c’est un grand sportif et je sais qu’il va très bien gérer cette course. Mon rôle sera de le laisser débrancher de son mode entraîneur et de profiter du moment. Je suis persuadé qu’il faut profiter pour être bon. Si nous parvenons à prendre un maximum de plaisir, je sais que ça le fera bien. Tanguy : J’ai envie de profiter d’être au large, mais je vois ça aussi comme une expérience qui va me donner des pistes pour mieux travailler, pour être plus performant dans mon métier. Sportivement, j’assume parfaitement ce costume de co-skipper aux côtés d’un sérieux outsider.
Comment va s’organiser la répartition des rôles à bord ? Erwan : On va avoir des rôles très complémentaires, c’est ce que je suis venu chercher. Moi, je sais que je peux barrer des heures et des heures. Je me connais par coeur, je sais très bien me gérer que ce soit en termes de sommeil, de nourriture… Je saurai prendre le relai si Tanguy a un souci de fatigue ou quoi que ce soit, bien que je ne m’inquiète pas trop. Lui est également un très bon barreur et il est vraiment fort en météo. Il a été routeur pour des Route du Rhum, donc il a traversé l’Atlantique un paquet de fois derrière son ordi. La seule différence cette fois, est qu’il sera à bord avec moi. Pour les réglages on est très complémentaires, on travaille ensemble depuis plus de 10 ans, on se connaît donc très, très bien. Tanguy : En amont des courses, j’essaye d’apporter mes connaissances techniques du bateau, parce que j’en ai vu un paquet naviguer. Dans la vision du réglage, j’essaie de donner des pistes et d’apporter au maximum ce que je connais de ces bateaux. Faire de la prise de décision au large est un exercice que je découvre, je ne le fais pas si souvent ! Ça fait quelques années que je n’ai pas régaté plus de trois nuits en mer, là-dessus Erwan a beaucoup plus d’expérience que moi !
Le fait de très bien vous connaître est forcément un atout… Erwan : Je sais quand il se creuse un peu trop le cerveau ou quand au contraire il est sur une bonne idée ! Comme lui voit quand je fatigue, quand je commence à être impatient. On se dit toujours les choses, on communique très bien. Tanguy : C’est dans notre façon de se parler, de communiquer et de gérer le système de prise de décision qu’on a encore des choses à caler. Dans la discussion autour de notre gestion mentale, aussi, on voit des pistes d’amélioration. On doit savoir rester froids et mieux gérer nos émotions. Même quand on fait un mauvais coup, même quand c’est un peu plus dur, il faut qu’on arrive à mieux gérer nos frustrations. C’est ce qu’on a appris sur la course des Açores. On avait du mal dans ces moments-là à bien communiquer pour gérer nos émotions et se dire : « Ok, là on n’a pas très bien navigué », mais on doit réussir à prendre sur nous et se dire : « Est-ce que c’est le bon moment pour attaquer ou y aura-t-il des opportunités plus importantes plus tard et faut-il attendre ? » Erwan : Tanguy connaît également très bien le bateau car nous avons décidé du chantier ensemble, en discutant de chaque détail. J’ai une grande confiance en notre binôme.
REGARDS CROISÉS
Tanguy par Erwan : « Presque un coach de vie » Ça va être assez marrant et spécial de vivre avec lui sa toute première transat alors que c’est lui qui m’a appris à effectuer mes cinq premières. Je l’ai au téléphone avant chacune d’entre elle, il m’a routé pour presque toutes les courses que j’ai faites. C’est bien plus qu’un coach pour moi, c’est presque un coach de vie. Lorsque j’étais skipper MACIF, je travaillais avec des préparateurs mentaux mais tous ces trucs ne m’ont pas vraiment plu. Ce que j’aimais le plus, et qui fonctionnait le mieux, c’était de discuter avec Tanguy autour de mes projets. C’est à la fois un mentor et un très bon copain. On se connaît bien, on passe notre temps à faire des choses ensemble, on se voit d’ailleurs souvent en dehors de la voile. Comme si on ne se voyait pas assez ! Je pars donc avec un très bon copain, passionné de performance et de météo, et lui part avec le « skipper de ses rêves » puisque c’est lui qui m’a créé ! Je fonctionne exactement comme il aime qu’un coureur fonctionne, il m’a fait de A à Z !
Du Mini au Class40, de 13 à 26 ans Avec Tanguy, c’est une assez longue histoire bien que je ne sois pas très vieux. C’est un des premiers gars que j’ai rencontré dans la course au large, alors que je n’avais que 13 ans. Mon père avait acheté un Pogo 1, un vieux Mini pour le plaisir de naviguer en famille, sans même penser à une course ou à découvrir le circuit. J’ai vu qu’il y en avait plein d’autres à Lorient, j’ai voulu aller avec eux et c’est Gildas Gallic qui m’a présenté ce gars-là, Tanguy Leglatin. Je lui ai demandé si je pouvais venir au stage et il a accepté. C’était génial, je me suis dit : « Ok, c’est passionnant ». Je crois que j’étais dernier à chaque entraînement, mais je ne voulais plus faire qu’apprendre. À l’époque je vivais en Bourgogne donc je faisais des allers-retours pour un week-end d’entraînement. Tanguy a été intrigué par l’envie que j’avais, déjà à cet âge, et par l’énergie que j’y mettais.
Et puis j’ai commencé à progresser, le petit jeune sur son vieux bateau ne finissait plus dernier à chaque fois. À un moment, j’ai eu la chance de pouvoir construire un bateau neuf et j’ai tout de suite appelé Tanguy pour qu’il m’aide à me décider sur le bateau et sur le choix des voiles. J’ai fait 2 années sur ce Mini à m’entraîner tout le temps, semaine et week-end, toujours avec Tanguy comme coach et j’ai fini par remporter la Mini Transat. Je suis devenu le plus jeune vainqueur et c’est énormément grâce à lui. J’étais jeune dans ma tête, j’ai simplement suivi les règles et j’y mettais l’énergie qu’il fallait. J’espère qu’il est fier de m’avoir accompagné si jeune et si débutant et de m’avoir permis d’aller au bout et de la remporter la course dès ma première participation.
Il m’a ensuite aidé durant mes années Figaro, même si c’était en parallèle du programme avec MACIF à Port-La-Forêt. Au début, j’ai essayé de rentrer dans le moule et de faire sans lui, mais ce n’était pas possible, il me fallait ce gars-là. J’avais besoin de lui, j’avais besoin de travailler avec lui. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai réussi à progresser alors que c’est un monde duquel je ne venais vraiment pas, avec de la régate au contact et des phases de départ qui jouent beaucoup. On a gagné quelques courses l’année dernière, on a fait plusieurs podiums et je parviens à terminer 4e de la Solitaire du Figaro 2022, ce qui était incroyable ! C’était vraiment bien de partager tout ça avec lui durant toutes ces années et je suis heureux d’avoir enfin l’opportunité de faire une grande course avec lui.
Erwan par Tanguy : « Il sait rendre les gens autour de lui heureux » Le petit Erwan a beaucoup progressé ! C’est quelqu’un qui est très motivé, je l’ai connu très jeune et on sentait déjà ce qu’il voulait faire. Au début il était en pleine découverte, et assez rapidement quand il a commencé à se dire « Tiens, je peux régater », il a fait sa première course avec son Pogo 1. On sentait tout de suite après le retour de cette compétition qu’il était un peu plus assidu aux entraînements, un peu plus impliqué. Il a ensuite eu son projet pour sa Mini Transat. Il a partagé sa vie entre ses études et le projet la première année, ça demandait déjà une implication assez forte. Après, l’année où il ne faisait plus que du Mini, il allait beaucoup naviguer, il était vraiment très, très impliqué. Je sais que c’est quelqu’un d’hyper investi. Ces années de Figaro lui ont appris la rigueur de la trajectoire et la gestion d’un monotype en apprenant à travailler sur des détails. C’est quelqu’un qui a une formation plutôt technique, il comprend donc vite les problématiques techniques. Son petit point faible ce serait son manque de patience, et son envie de gagner. C’est important d’avoir de l’envie mais c’est surtout important de rester froid mentalement. Cette impatience et cette compétitivité ne lui permettent pas toujours d’attendre le bon moment pour lâcher les chevaux. Sa plus grande force est qu’il sait rendre les gens autour de lui heureux, bons et investis pour lui. J’ai déjà vu ça chez Thomas Ruyant. C’est une très grosse qualité, il comprend les gens et il sait exploiter leurs qualités et les rendre les plus performants possibles. C’est une vraie force, je pense que ça a été un plus dans le groupe MACIF quand il y avait différents skippers. Sur un projet un peu plus gros comme le 40 pieds où il y a plus d’intervenants, plus de personnes, c’est une qualité qui lui servira, c’est certain !
A l’initiative de Niclofilms qui réalise une sujet de 52 minutes diffusé dans les chaînes bretonnes au printemps prochain, une photo de l’équipage du Grand Louis inspirée de celle parue en quatrième de couverture du livre “La Course de Grand Louis autour du monde (Flammarion, 1974)” consacrée à la participation de la goélette d’André Viant et de son équipage, principalement familial, dans la première édition de la Whitbread 1973/1974, a été réalisée à La Trinité sur mer le 14 octobre 2023,… 50 ans plus tard !
Le positionnement des équipiers a été respecté autour d’une barre à roue fictive où figurent les portraits d’André Viant et Loïc Caradec disparus : au premier rang de gauche à droite, Frank Von Beuningen, Patrice Carpentier, Françoise Viant, Sylvie Viant, François Thépot, Philippe Facque et Bruno Lunven, derrière lesquels figurent Patrick Eliès et Michel Vanek. Debout, de gauche à droite Pitou Rens, Gilles Berthelin, Jean-Michel Carpentier et Jean-Michel Viant. La “paisible” goélette familiale avait terminé 3eme de la première Whitbread derrière Sayula II et Adventure, et premier bateau français.
Au terme d’une véritable course contre-la-montre, Mail Boxes Etc. (MBE) devient le nouveau partenaire-titre du skipper néo-zélandais Conrad Colman pour les deux courses transatlantiques de cette fin de saison 2023. Cela représente l’opportunité pour l’entreprise d’apporter son soutien à un navigateur qui se donne les moyens de réaliser ses rêves en surmontant les obstacles qui se placent devant lui.
L’IMOCA de Conrad Colman s’habille aux couleurs de Mail Boxes Etc pour les deux dernières courses de la saison 2023 : la Transat jacques Vabre qui partira du Havre le 29 octobre pour rallier la Martinique, et la course Retour à La Base qui partira le 26 novembre pour effectuer le trajet inverse jusqu’à Lorient. Il s’en est fallu de peu puisque Conrad a terminé le flocage de ses voiles ce mardi avant de mettre cap sur le Havre aujourd’hui, juste à temps pour prendre position au ponton de la Transat Jacques Vabre pour l’ouverture du village.
Valoriser des valeurs telles que l’esprit d’aventure, l’audace, l’innovation, l’esprit d’équipe ou encore l’entreprenariat Cette collaboration entre Mail Boxes Etc. et le navigateur américano-néo-zélandais illustre non seulement la volonté de MBE de s’engager dans des projets audacieux et innovants, mais également son ambition de soutenir l’engagement de Conrad envers l’environnement et la durabilité. Conrad a notamment été, en 2017, le premier skipper à boucler le Vendée Globe après 110 jours de course sans utiliser d’énergie fossile, en se tournant vers les vents, les courants et le soleil pour alimenter sa vie à bord. Une source d’inspiration pour son partenaire-titre, qui a déjà entamé un process en ce sens et s’engage au sein de son réseau à mettre en place des pratiques plus vertes. “Le partenariat avec Conrad est une aventure humaine que nous voulons vivre ensemble. Mail Boxes Etc. est avant tout un réseau d’entrepreneurs, cela fait partie de notre ADN avec tout ce que cela implique, la volonté, l’engagement, la résilience et nous avons immédiatement retrouvé cet état d’esprit chez Conrad. De plus l’engagement de Conrad envers l’environnement nous inspire à poursuivre dans cette direction…” – Lionel Dindjian, Directeur Général de Mail Boxes Etc. France
Conrad Colman, un profil d’entrepreneur Mail Boxes Etc. est un réseau mondial d’entrepreneurs dont les centres sont établis à travers la France et dans plus de 50 pays, opérant sous différentes marques. Cette grande famille est unie par une caractéristique fondamentale : l’essence de l’entrepreneuriat, une vertu que l’on retrouve également chez le marin âgé de 39 ans. Grâce au soutien de son nouveau partenaire titre, Conrad peut préparer plus sereinement ses objectifs de fin de saison. “Je suis très content de démarrer ce partenariat avec Mail Boxes Etc. pour la Transat Jacques Vabre. Mail Boxes Etc. et ses franchisés ont à coeur le travail d’équipe et la performance, des valeurs que partage la course au large. Cette collaboration est avant tout une aventure humaine qui se base sur la recherche de la performance et la fiabilité. Je suis très content de porter les valeurs et les couleurs de Mail Boxes Etc. à travers les océans. J’espère que ce partenariat pourra être le début d’une grande histoire.” – Conrad Colman
Les perspectives pour la suite Alors que se profile à l’horizon le grand rendez-vous de la saison, la transat Jacques Vabre sera l’occasion idéale d’évaluer la synergie et la collaboration entre Mail Boxes Etc. et Conrad. Cette coopération pourrait potentiellement lui permettre de s’aligner au départ du prochain Vendée Globe, qui partira des Sables d’Olonne en novembre 2024. Après avoir posé ses valises à Lorient pour donner vie à ses rêves de course au large, le Kiwi aura été le premier Néo-Zélandais à intégrer la Classe Figaro Beneteau et à prendre part à la Route du Rhum, la reine des transatlantiques. Ayant déjà couru trois fois autour du monde, la carrière du navigateur est indéniablement riche et éclectique, faisant de lui un concurrent complet pour le reste de la flotte.
L’île de la Réunion rejoint le parcours de la 2ème édition de la GLOBE40 comme étape en Océan Indien. En novembre 2025 l’agglomération du Territoire de L’Ouest accueillera les concurrents de l’épreuve au port de plaisance de la Pointe des Galets. Une première pour l’île qui rejoint ainsi les grandes destinations internationales des courses au large comme ce fut le cas dans la précédente édition pour Lorient, Auckland, La Polynésie, le Brésil… Un projet d’équipage La Réunion est aussi en construction pour porter autour de la planète les couleurs de l’île Intense bien nommée, intense comme l’est son exceptionnel patrimoine naturel maritime et montagneux.
Un retour dans l’Océan Indien après une longue étape Atlantique. Dans le cadre général du parcours défini dans l’avis de course diffusé le 1er septembre l’étape en Océan Indien sera la seconde de l’épreuve, après une longue descente de l’Atlantique (35 jours de mer et 7200 milles en 2022 sur le parcours Cap-Vert / Ile Maurice) ; et ce après avoir contourné le 1er des 3 caps mythiques, celui de Bonne-Espérance, et première étape dans l’hémisphère Sud. La différence essentielle sur le plan nautique tiendra au calendrier puisqu’en partant pour cette édition 2 mois plus tard d’Europe la GLOBE40 se présentera sur la redoutée pointe Sud de l’Afrique dans des conditions en principe plus favorables, en fin de printemps pour une arrivée prévue fin octobre et une durée d’étape de 3 semaines pour les premiers. Après le prologue à Lorient, le Grand Départ et la 1ère étape Atlantique cette étape sera la première grande confrontation océanique pour les skippers avec le passage de l’Équateur, l’Anticyclone des Açores à contourner, et une descente par 34° sud pour le passage du Cap de Bonne-Espérance, avant de remonter sur la façade Est africaine en laissant Madagascar dans l’Ouest. Une étape donc très engageante comme première entame pour les grandes étapes à suivre en Océan Indien et dans la Pacifique.
L’île de La Réunion, île Intense ! L’agglomération du Territoire de l’Ouest regroupe les principales communes touristiques dans l’Ouest de l’île, la côte sous le vent des alizés (La Possession / Le Port / Saint-Paul / Trois Bassins / Saint-Leu). La nature y exulte que ce soit dans ses paysages marins, dans sa grande réserve marine, dans les 22 km du lagon de la Réunion, avec une eau entre 24 et 30° suivant la saison,ou encore dans les Hauts et dans les cirques montagneux intérieurs comme le célèbre cirque de Mafate, paradis du trekking et classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Avec sa réserve naturelle marine et son parc national, avec son classement comme un des 35 sites de biodiversité de référence au monde, avec son volcan du Piton de la Fournaise encore en activité, l’île de la Réunion a élevé au rang de religion le culte de la nature. Les pieds dans l’eau et la tête dans les nuages c’est le programme proposé aux skippers pour cette étape !
Lancé par Thibaut Lefevere, chef d’entreprise installé sur l’île , La Réunion doit aussi être représentée par un équipage défendant ses couleurs autour de la planète ; skipper expérimenté ayant déjà organisé avec succès un projet sur la Transat Jacques Vabre 2021, Thibaut est inscrit à l’épreuve et son projet GLOBE40 a pour objectif de mobiliser toutes les énergies nautiques de l’ile. Au-delà des aspects sportifs et en accueillant un événement dont la couverture media est mondiale le Territoire de l’Ouest met l’accent sur le nautisme comme facteur de promotion touristique et de développement économique.
La GLOBE40 : une préparation avancée et une montée en gamme sportive Après l’officialisation du prologue et de l’arrivée à Lorient, de l’étape sur l’ile sur la Réunion, des discussions avancées sont en cours sur tous les continents pour les autres étapes qui seront annoncées au fur et à mesure de leur finalisation. Sur le plan sportif 4 Class40 ont déjà été achetés, un cinquième est en cours, en vue de participation à l’épreuve. L’annonce cette semaine par le skipper belge Jonas Gerckens de sa participation avec un Class40 de dernière génération de type “scow” (n° 187 ) illustre l’arrivée sur l’épreuve d’unités très récentes et de skippers parmi les plus talentueux du circuit européen. Une montée en performance tout en restant dans l’esprit originel de l’épreuve où se conjugue compétition et aventure.
A neuf mois du coup d’envoi de la cinquième édition de LA DRHEAM-CUP / GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE, l’avis de course vient de sortir, l’occasion de rappeler les grandes lignes d’un événement qui, en 2024, aura lieu du 11 au 21 juillet, avec le départ de la grande course le lundi 15 de Cherbourg-en-Cotentin à destination de La Trinité-sur-Mer. Comme il ya deux ans, trois parcours, DC600, DC1000 et DC1500, seront proposés aux onze classes invitées, dont le très attendu Sun Fast 30 One Design, qui vient d’être présenté et baptisé au salon de Southampton puis au Grand Pavois de La Rochelle. Un classement spécifique sera d’ailleurs réservé à la nouvelle classe créée autour de ce monotype, signé VPLP et construit par Multiplast avec le groupe Jeanneau.
Ce ne sera pas la seule nouveauté de LA DRHEAM-CUP / GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE qui poursuit son implantation en tant qu’épreuve majeure du calendrier international, puisqu’elle sera intégrée en 2024 au Championnat annuel du RORC. Ce que confirme son vice-commodore français, Eric de Turckheim qui, à bord de son NYMD 54 Teasing Machine, sera d’ailleurs au départ de Cherbourg-en-Cotentin le 15 juillet prochain : « Sur l’édition 2022, nous avions intégré LA DRHEAM-CUP / GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE au calendrier du RORC parce qu’elle remplissait nos critères, à savoir un beau parcours, ouvert aux IRC, une direction de course en ligne avec les standards du RORC et le fait qu’elle ne se dispute pas les mêmes années que la Rolex Fastnet Race. A l’issue de cette édition, nous avons rediscuté avec Debbie Fish, qui va bientôt prendre ma succession à la présidence de la commission programme et courses, pour établir un certain nombre de conditions pour que LA DRHEAM-CUP / GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE puisse attribuer des points et donc rentrer dans le Championnat du RORC. Ce qui passait par un audit de tout ce qui est instructions de course, sécurité, inspection des bateaux… Jacques Civilise (président de Drheam-Promotion, qui organise la course) et son équipe ont accédé à nos demandes, ce qui nous a conduits à cette décision de l’intégrer au Championnat. »
Ce n’est pas tout : la cinquième DRHEAM-CUP / GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE, qui, comme depuis sa première, figurera sans doute au calendrier 2024 du pôle course du Yacht Club de France / UNCL, dévoilé en fin d ‘année, fera également office de seconde manche du Championnat d’Europe IRC double, dont ce sera la deuxième édition et dont le RORC est l’un des organisateurs. « En 2024, les deux épreuves qui seront prises en compte seront Cowes-Dinard-Saint-Malo et LA DRHEAM-CUP / GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE », confirme encore Eric de Turckheim .
Cette décision réjouit Kate Cope, directrice des UK Double Handed Offshore Series, circuit créé en 2021 et destiné à promouvoir la pratique du double outre-Manche, qui comprend à son programme plusieurs cours du RORC. “ Le fait que LA DRHEAM-CUP / GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE soit l’une des deux courses retenues pour le Championnat d’Europe IRC double est une très bonne nouvelle. Parmi les duos qui participent à notre circuit, ils sont déjà nombreux à souhaiter y participer, d’autant que le parcours leur est familier. Les bateaux exploités au Royaume-Uni ont beaucoup couru à Cherbourg-en-Cotentin, notamment dans le cadre du programme du RORC et de l’arrivée de la Rolex Fastnet Race. Nous connaissons bien le port qui a une très bonne réputation en ce qui concerne l’organisation d’événements et l’accueil chaleureux qui est réservé aux équipages britanniques. J’ai également déjà été en contact avec Jacques Civilise et ses équipes qui ont toujours su travailler pour faciliter, d’un point de vue logistique, la participation des bateaux britanniques à LA DRHEAM-CUP / GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE. »
Cette dernière devrait donc accueillir encore plus de duos qu’en 2022; ils auront l’occasion de goûter à l’hospitalité cherbourgeoise et à celle de La Trinité-sur-Mer, l’un des berceaux de la course au large française, et également de côtoyer nombre de skippers professionnels, ce mélange entre amateurs et pros. . . . . faisant partie de l’ADN de LA DRHEAM-CUP / GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE depuis ses débuts en 2016.
Les Voiles de Saint-Tropez ont offert encore un magnifique spectacle cette année grâce aux bénévoles et organisateurs de la SNST. Les Maxis Yachts ont terminé une intense semaine de régates. Cinq courses validées en 5 jours ! Contrat rempli pour les 40 Maxi Yachts qui faisaient de l’événement Tropézien le deuxième plus grand rassemblement de Maxis au monde ! Répartis en quatre groupes A, B, C et D, ces élégantes machines de course ont multiplié les parcours côtiers du côté de cap Bénat, ou vers les Issambres. Régatant au contact sur des parcours techniques à souhait, ces imposants voiliers de course animés par des performers venus du monde entier, ont affiché toutes les facettes de leurs incroyables capacités à se jouer de tous les types de vent, rapides à toutes les allures, hyper réactifs aux variations de pression. Ils célèbrent ce soir leurs lauréats, et prennent d’ores et déjà date pour l’édition 2024 !
Cannonball, Lyra, Wallyno et Stella Maris sacrés. Peter Harrison et son Cannonball ont de nouveau survolé la compétition chez les grands MaxiA (Trophée Byblos). Deux victoires de manche et de nombreux accessits l’ont mis hors de portée des ambitions légitimes de l’autre 72 pieds North Star et du grand Wally Galateia à la montée en puissance un brin tardive. Domination similaire en MaxiB (Trophée Galeries Bartoux), avec un Wally 77 Lyra quasiment intouchable. L’autre Wally germanique Rose est un beau deuxième à 5 longueurs, un point devant le Marteen 72 Aragon. Wallyno s’adjuge de magistrale manière le Trophée Barons de Rothschild, qui récompense le meilleur MaxiC. Benoit de Froidmont et ses hommes ont simplement tout raflé des 5 courses proposées. Un grand chelem unanimement salué. Lady First 3 de Jean Pierre Drean, habitué des podiums Tropézien est un beau deuxième, régulier en haut de tableau, tout comme le Mylius 60 Sud, troisième. Enfin, les MaxiD, Trophée Highfield, sacrent un vénérable (2000) plan Starkel 64, Stella Maris, qui a su tenir à distance le Shipman 63 Sao Bernardo et le Swan 65 Allemand Saida.
Un 85 pieds brillant aux Voiles, Deep Blue Lancé en 2020, Deep Blue est un 85 pieds construit par King Marine, avec l’idée de combler l’espace laissé par les grands Maxis de 100 pieds, Wally notamment et les 72 pieds. C’est l’Américaine Wendy Schmidt, co-fondatrice de l’écurie de course au large 11th Hour Racing qui l’a commandité. Le bateau remplit parfaitement son « carnet de commande », s’insérant toute la semaine dans le haut des classements des Maxi A, à couteaux tirés avec les Maxi 72 et les grands Wally.
Benoit de Froidmont, Wallyno, et Président de l’International Maxi Association Wallyno est un authentique Wally de 18,50 m lancé en 2003. Il réalise à Saint-Tropez une performance de haut vol, avec 5 victoires de manche, remportant haut la main le groupe des MaxiC, avec Cédric Pouligny à la tactique et un certain Clément Giraud à l’avant. « C’est une magnifique semaine qui se termine de splendide manière pour Wallyno, mieux qu’espéré. Nous étions donnés favoris, et nous avons confirmé. Je suis très heureux pour l’équipage qui a beaucoup travaillé, beaucoup navigué toute l’année. C’est notre dernière course de la saison. C’est aussi la dernière course pour notre capitaine Rémi Bouvet qui part vers d’autres projets. Nous lui dédions cette victoire. Ce fut un magnifique rassemblement de Maxis, avec un niveau de régate très élevé. La collaboration avec la Société Nautique se déroule merveilleusement. On s’améliore chaque année. Wallyno va rentrer en chantier à Cogolin, pour un bel hivernage avant une nouvelle saison… »
Tradition : Impressionnant Spartan Retour à la compétition pour les voiliers de tradition, après la jolie pause festive du jeudi. Un Aller et retour en bordure du golfe vers les Issambres d’environ 17 milles leur était proposé, dans un vent très variable en force comme en direction, oscillant Nord Nord Est pour 7 à 10 noeuds. La Direction de course a tiré le meilleur parti de ce flux de plus en plus tonique pour enchainer à belle vitesse les différents départs. Chaque groupe offrait alors cette unique combinaison d’esthétisme et de compétition, les somptueux classiques faisant toute la démonstration de leur qualités régatières. Ainsi les jolis P Class, Corinthian en tête et bâbord amure, se livraient à une belle empoignade au bateau viseur. Spartan (Herreshoff 1913), décidément très à l’aise cette semaine sur le plan d’eau Tropézien s’échappait dans du vent frais, décrochant péniblement un Esterel (Sibille 1912) très motivé avant de s’imposer largement au terme de deux heures de course. Le beau New York 50 signé Herreshoff en 1913 domine ce groupe au classement général provisoire, à la voile de la dernière régate demain.
Ca bagarre pour le Trophée Rolex ! Les Yawls, support du Trophée Rolex, offrent décidément un spectacle à la hauteur de leur belle homogénéité. Leur alignement sur la ligne de départ et dans le coup de canon était un modèle du genre. Hermitage au bateau comité profitait de l’embouteillage en bout de ligne pour se déhaler en tête. Jouant littéralement des coudes, Barbara (Nicholson 1923), Stiren (Sparkman & Stephens 1936) et Manitou (Stephens 1937) parvenaient eux aussi à trouver des espaces dans cette éblouissante concentration de coques et de voiles Bermudiennes. Mais c’est bien Varuna, Sparkman & Stephens de 1939 qui tire les marrons du feu pour le Trophée Rolex, avec déjà 2 victoires. Comet (Stephens 1946) n’a plus les atouts en main pour espérer s’imposer mais demeure sous la menace de Stormy Weather (Stephens 1934).
Les 12 mJI en force et en majesté Ils sont dix 12 mJI en lice à Saint-Tropez, tous expression des grandes heures de ces magnifiques monocoques qui ont servi de support à la Coupe de l’America de 1958 à 1987. Australiens, Neo-Zélandais, Américains ou Français conférent au golfe des accents d’Aukland ou de Newport. L’impatience d’en découdre montait d’un cran avec les départs des 12 m et des Big Boats. Chez les beaux métriques, on partait au contact entre French Kiss et Ikra lors d’un départ particulièrement nerveux. Ce dernier réparait et pouvait s’élancer en dernière position d’un groupe dominé par les Américains de Nyala (Olin Stephens 1937), qui survole le groupe des 12 m D. Le Yacht Club de Porquerolles leur donne rendez-vous pour la 21ème édition de la Porquerolle’s Classic du 6 au 9 juin 2024, qui précèdera l’événement phare de la saison 2024 pour le Yacht Club, le Championnat du Monde de 12m JI du 16 au 24 juin 2024.
Marc Pajot (French Kiss -Briand 1985) “On revit les régates d’il y a 40 ans. C’est très sympa et très disputé. On s’amuse beaucoup à bord de voiliers très puissants. La flotte de 12 m JI présent à Saint-Tropez laisse présager d’un beau championnat du monde l’an prochain à Porquerolles »
Modernes En prenant du Sud, le vent a ostensiblement poussé les voiliers Modernes répertoriés en 4 groupes IRC vers le bout de la ligne mouillée à hauteur du Portalet. L’action montait en tension au fil des départs, au point de contraindre le comité à un rappel général de la flotte des IRC D un peu trop pressé d’en découdre. Les Tofinou trouvaient dans les quelques 10 noeuds de vent le carburant dont ils raffolent et qui leur permettait d’ouvrir la marche de leur si dynamique groupe de purs racers de 9 à 12 mètres. Nanoq, au Prince du Danemark signe une nouvelle victoire, qui le rapproche encore davantage d’un triomphe demain peut-être pour le Trophée BMW des IRCC. Peter Byford et Daguet 2 se rapprochent eux aussi avec leur belle deuxième place du jour d’une consécration dans le groupe IRC B. Les mal classés du début de semaine se rebellent chez les IRC D et E, redonnant ainsi encore plus d’importance à la dernière régate de la semaine demain samedi.
Défilé des équipages Le traditionnel défilé des équipages, moment haut en couleur et en éclats de rire, rassemblait hier soir les membres de 17 bateaux, tous grimés selon un thème particulier et choisi individuellement. Défilaient ainsi autour du port des personnages aussi fantasques que des dignités grecques, Brassens ou punks ! Un jury 100% tropézien, composé de “cinq Barbies et un Ken”, devra attribuer le prix du meilleur déguisement à l’équipage le plus créatif et le plus imaginatif dans la fantaisie, et dont le nom sera révélé dimanche lors de la remise des Prix.
05/10/2023, Saint-Tropez (FRA,83), Les Voiles de Saint-Tropez 2023, Race Day 5, Défi Pride Vs Ikra
Après un début de semaine tonitruant, chacun des trois grands groupes Maxis, Modernes et Classiques validant quotidiennement les régates au programme, la belle semaine Tropézienne a fait une petite pause pour la journée des Défis et la Club 55 Cup, le défi entre le Swan Pride et le 12 m Ikra.
Les 23 voiliers centenaires présents aux Voiles en profitaient pour disputer une régate originale, dans le sillage de non pas une, mais deux versions de la Club 55 Cup, le 12 m France challengeant le Yawl Bermudien Hermitage, vite suivis d’une bonne douzaine de défis individuels, à deux ou trois bateaux de construction et de type différent. Seuls les grands Maxis poursuivaient dans l’est du golfe leur championnat Tropézien, validant une nouvelle manche très disputée.
Club 55 Cup Deux Club 55 Cup au programme du jour, après celle disputée hier par les deux Maxis My Song (Vainqueur) et Magic Carpet 3. Les deux voiliers mythiques initiateurs en 1981 de ce qui allait devenir la Nioulargue, le Swan Pride, avec Pierre Roinson, Président de la Société Nautique de Saint-Tropez à bord, et le 12 m Ikra, renouvelaient l’acte fondateur des Voiles. Cet incroyable duel marquait le grand retour du bateau américain qui n’avait plus été vu en course à Saint-Tropez depuis les attentats du 11 septembre 2001. Dans le même temps, le 12 m France défiait dans ce même cadre le yawl Bermudien Hermitage. Victoires d’Ikra et de France, les 12 m J triomphent d’un duel profondément marqué du sceau de l’amitié et du souvenir.
La course des Centenaires 23 centenaires ont répondu aujourd’hui à l’invitation du Gstaad Yacht Club de profiter de la journée des Défis pour régater ensemble, indifférents à leurs différences de taille, et dans le cadre d’une jauge spécialement créée qui permet un départ échelonné. La Société Nautique de Saint-Tropez et son Principal race Officer Georges Korhel leur proposait un aller-retour dans le golfe avec un départ au Portalet, une marque à enrouler à l’extérieur du golfe, et un retour vers le Portalet. 9 milles de course, pour le plaisir des yeux et la magie d’un yachting éternel. C’est Jap, le plan Fife lancé en 1897 qui ouvrait le bal, avec 6 minutes d’avance sur son premier poursuivant, Dainty, et le rapide, car léger ,15 mJ The lady Anne (Fife 1912) qui fermait la marche , 33 minutes après Jap. Le vainqueur étant le premier bateau à revenir au Portalet. Les 3 P Class Corinthian, Chips et Olympian, en tout point identiques, partaient dans un même élan, bord à bord. Au près dans 6 à 7 noeuds de vent, les vénérables centenaires se déhalaient rapidement, touchant en bordure du golfe un flux de Sud Sud Est fraichissant. Ils résistaient un temps à Spartan, le New York 50 signé Herreshoff, qui prenait l’avantage passée la marque de la Verhuge , pour s’imposer au terme d’un peu plus de 1 heure 30 de course. Olympian, le P Class (Gardner 1913) manquait de peu la passe de 4, mais devançait ses quasi sister-ships Chips et Corinthian. A noter la belle performance du 15 m J Monégasque Tuiga, intercalé entre les deux P Class. Charlie Ryan, propriétaire de Spartan (Herreshoff 1913) : “Cette idée de faire courir ensemble les Centenaires est fantastique. J’ai adoré ! ce n’est pas souvent que l’on peut rivaliser avec les 15 m. C’était super de voir Barbara (Nicholson 1923) intégrer les centenaires et naviguer avec nous pour la première fois était aussi magnifique.”
Cindy Schoenrich, managing Director du Gstaad Yacht Club : “Le Gstaad Yacht Club fête ses 25 ans cette année, comme les Voiles. On est fidèle à l’événement. 23 ont confirmé leur participation à notre régate des centenaires demain matin jeudi. Les propriétaires sont heureux de cette idée, qui permet de fêter et célébrer ces magnifiques unités. Saint-Tropez a beaucoup d’affinités avec Gstaad. Nos clubs sont très liés. Gstaad est un endroit traditionnel, dont la station est née il y a un peu plus de 100 ans. On aime les bateaux, les belles unités traditionnelles. Nous partageons avec Saint-Tropez la même passion pour les beaux voiliers. La proximité avec les éléments nous confèrent aussi cette sensibilité environnementale qui est inhérente au monde de la mer. “
Les Maxis Alors que voiliers Modernes et Classiques choisissaient aujourd’hui soit de se reposer, soit de naviguer pour le plaisir, soit de se défier dans le cadre de cette journée de jeudi dédiée à la tradition, les Maxis reprenaient leurs joutes au départ de Pampelonne. Un parcours d’environ 23 milles leur était proposé, en direction de l’Est Tropézien et Fréjus, pour changer, avec un passage aux Issambres et une spectaculaire arrivée jugée à hauteur du Portalet. Un joli courant de secteur Sud pour environ 7 – 8 fraichissant était dès la mi-journée exploité par le Comité de course pour lancer les 4 Groupes A, B, C et D vers la bouée de dégagement mouillée devant la plage. Le Wally Cento Galateia était ensuite le plus prompt à s’élancer vers le large et Fréjus, au près débridé et sur une mer légèrement clapotante. Vainqueur en temps réel Galateia s’incline en temps compensé devant le Botin 80 Deep Blue, qui se relance dans la course à la victoire finale, en revenant aux basques de Cannonball de Peter Harrison, et de Peter Dubens et son Maxi 72 North Star, respectivement premier et deuxième au terme de 4 courses validées. Léger faux pas du Wally Lyra, troisième aujourd’hui après un règne sans partage lors des trois premières manches en Maxi B. Le Wally Rose se replace pour la victoire finale après sa première place du jour, précédant Aragon. Wallyno de Benoit de Froidmond rajoute une quatrième coche à son palmarès, pour autant de course disputée. Il relègue Lady First 3 à 4 points au général chez les Maxi C. Enfin en Maxi D, Stella Maris et Saida continuent leur pas de deux, Saida l’emportant aujourd’hui pour revenir à deux points du Starkel 64 au classement provisoire.
Zoom sur : Pride, le retour de la légende! Pride, après une si longue absence, fait son retour à Saint-Tropez, en course au sein du groupe Moderne des IRC C. L’événement fondateur dont se sont inspirées « La Nioulargue » – puis les Voiles – est né d’un défi en 1981 entre Dick Jayson, propriétaire et barreur du bateau Pride (Swan 44), et Jean Lorrain à la barre d’Ikra, (12 m JI) présentés l’un à l’autre par l’intermédiaire de Patrice de Colmont, propriétaire du Club 55. Ce défi consistait en une course au départ de la tour du Portalet, le premier invitant l’autre à déjeuner au Club 55. Une course amicale remportée par Ikra. Moment chargé en émotion quand le fils de Dick Jayson (décédé en 2013), Bill a fait son entrée dans le port de Saint-Tropez, à bord d’un Pride rutilant, parfaitement restauré par son nouveau propriétaire, son gendre Will Graves. Pride est donc à lui seul un événement aux Voiles. Ils régatent à Saint-Tropez en IRC C, avec à bord le médaillé d’argent des Jeux Olympiques de Los Angelès en 470, Steve Benjamin.
Arrivée Carlos Manera (ESP) Proto - 1er de l'etape 1
L’épilogue de la première étape de la 24e édition de La Boulangère Mini Transat pour la catégorie des Proto n’a finalement eu lieu qu’après 9 heures, ce jeudi. La pétole s’est en effet invitée sur les quinze derniers milles du parcours, redistribuant alors largement les cartes. Ainsi, si la victoire semblait promise à Victor Mathieu (967 – Celeris informatique) qui caracolait en tête depuis lundi après-midi et avait porté son avance à plus d’une quarantaine de milles sur son poursuivant le plus proche, Carlos Manera Pascual (1081 – Xucla) s’est finalement présenté le premier sur la ligne d’arrivée, chipant la victoire à son rival pour seulement neuf petites minutes et des poussières. Derrière, même scénario. Maël Cochet (621 – Marc SA) qui pouvait espérer se hisser sur le podium après une jolie option ouest, s’est fait piéger dans la molle tandis que Julien Letissier (1069 – Frérots Branchet) est parvenu à trouver un trou de souris pour revenir du diable Vauvert, et ainsi compléter le tiercé gagnant.
Alors qu’hier soir encore tous les voyants étaient au vert pour Victor Mathieu (967 – Celeris informatique) et que ce dernier était attendu en grand vainqueur sur la ligne d’arrivée de la première étape de cette 24e édition de La Boulangère Mini Transat dans la catégorie des Proto, l’histoire a pris une tournure inattendue. En milieu de nuit, une bulle sans vent est en effet venue jouer les trouble-fêtes aux abords de l’île de La Palma. A la clé, une redistribution complète des cartes. Dès lors, la belle avance que comptait le Suresnois a fondu comme neige au soleil, faisant, de fait, les affaires de ses concurrents, et en particulier celles de l’Espagnol Carlos Manera Pascual (1081 – Xucla). Relégué à plus de 40 milles du leader à 24 heures l’arrivée, ce dernier a effectué un retour en force en étant positionné plus à l’est que son adversaire sur la fin du parcours, profitant à la fois d’un meilleur angle d’attaque et de davantage de pression. « J’espérais que le vent mollirait à l’approche de l’île et que la flotte se regrouperait. Après ma première participation à la course, il y a deux ans, je savais que l’atterrissage sur La Palma serait potentiellement compliqué. Je savais qu’il pourrait se passer des choses et que, de ce fait, il serait important de réussir à garder un minimum d’énergie et de lucidité », a commenté le vainqueur (avant jury) qui s’est néanmoins avoué étonné de découvrir ses adversaires si proches de lui à une quinzaine de milles de l’arrivée.
Toujours y croire jusqu’au bout
« Lorsque j’ai vu des feux de mât puis certains de mes concurrents à l’AIS, j’ai été un peu surpris je l’avoue, mais j’ai réalisé que j’avais une vraie chance et je me suis battu pour faire avancer le bateau alors qu’il n’y avait vraiment plus un fil d’air », a indiqué le marin qui a ainsi fait une nouvelle fois la démonstration qu’en course au large, tant que la ligne n’est pas franchie, tout peut arriver. Idem pour Julien Letissier (1069 – Frérots Branchet). « Je suis parti du principe que c’était un peu la loterie depuis le début de cette étape et que ça le resterait sans doute jusqu’à la fin. En somme, que tout restait à faire et qu’il fallait y croire », a commenté le skipper à son arrivée avec l’impression non dissimulée d’avoir effectivement réalisé un hold-up. « Quand j’ai vu le groupe de devant collé à la côte ce matin, je savais que je n’avais rien à perdre et j’ai tenté un truc en restant dans un petit couloir de vent entre les deux points culminants de l’île. Ça a fonctionné, j’ai gardé du vent. Je suis quand même revenu de loin. Avant-hier, je cumulais 75 milles de retard sur Victor. J’avais calculé qu’à 10 nœuds, ça faisait 7 heures. Un tel écart, ça commençait à piquer pour attaquer la deuxième étape dans de bonnes conditions », a souligné Julien Letissier qui est parvenu non seulement à réduire son écart avec le premier à 1h16, mais aussi et surtout à souffler la troisième place à Laure Galley (1048 – DMG MORI Sailing Academy 2).
Des écarts infimes
« C’est clairement une grosse surprise ! », a concédé le skipper. Voilà un constat que ne contredira certainement pas Maël Cochet (621 – Marc SA) qui filait tout schuss vers la deuxième place après une belle option au plus près de la route directe après le débordement du cap Finisterre et qui s’est littéralement fait piéger dans la pétole des derniers milles. Une chose que ne contredira pas non plus Victor Mathieu qui a fait preuve d’une belle maîtrise du début à la fin de la course et pouvait espérer frapper un grand coup au classement général provisoire avant la deuxième étape. « Dans les alizés, j’ai bourriné parce que je ne voulais pas laisser une seule chance aux autres de me rattraper. Je n’avais toutefois pas anticipé qu’il y aurait de la molle à la fin. J’avais préparé beaucoup de choses, notamment le passage du Portugal, mais rien concernant les Canaries. C’est en arrivant que je me suis dit que j’avais été bête. J’oscillais entre m’énerver et me remettre dans le match. J’ai beaucoup repensé à la deuxième étape de la Solitaire du Figaro de cette année. A deux milles de l’arrivée, j’ai vu une risée arriver. Carlos est parti avec. J’ai compris que c’était plié mais je suis content. La victoire aurait été un bonus mais mon but était d’être dans le match et cela a été le cas. Le contrat est rempli malgré tout », a commenté le skipper de Celeris Informatique. Il le sait, neuf minutes de retard sur le leader, à l’échelle d’une transatlantique, c’est totalement dérisoire. Infime même. C’est d’autant plus vrai que les neuf premiers se tiennent en moins 4h15. Aussi, si certains ont marqué des points, c’est avant tout sur le plan psychologique car tout reste à faire !
Quel finish ! Que ressentez-vous ? « C’est vraiment très fort ! Je suis vraiment, vraiment très heureux ! Ça a été une première étape marquée par le petit temps. Mon bateau n’a pas été pensé pour ce type de conditions mais il est toutefois très polyvalent et il l’a prouvé. La grande leçon de cette première étape, comme souvent en course au large, c’est que tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, tout peut arriver. Il ne faut jamais baisser les bras mais, à l’inverse, s’accrocher et toujours croire en ses chances jusqu’au bout ! »
A 15 milles de l’arrivée, vous comptiez une quarantaine de milles de retard sur le leader. Aviez-vous réellement pu imaginer un tel scénario, un tel retournement de situation ? « Disons plutôt que je l’espérais. J’espérais que le vent mollirait à l’approche de l’île et que la flotte se regrouperait. Après ma première participation à la course, il y a deux ans, je savais qu’il pouvait se passer des choses en arrivant à La Palma et que, de ce fait, il était important de réussir à garder un minimum d’énergie et de lucidité pour gérer le tampon du vent sur la côte, par ailleurs très montagneuse. Je savais que ce serait potentiellement compliqué. J’ignorais où se trouvait Victor par rapport à moi. Lorsque j’ai vu des feux de mât puis certains de mes concurrents à l’AIS, j’ai été un peu surpris je l’avoue, mais j’ai réalisé que j’avais une vraie chance et je me suis battu pour avancer alors qu’il n’y avait vraiment plus un fil d’air. J’ai poussé, poussé. Je termine mort de fatigue mais tellement content ! »
Globalement, cette première étape a été compliquée mais aussi et surtout très complète. Comment l’avez-vous vécue ? « C’est vrai qu’elle a été particulièrement complète avec presque toutes les allures mais aussi de la pétole, du vent très fort… Pour ma part, j’ai vécu quelques heures vraiment très dures au large du Portugal. Je suis resté planté dans la dorsale pendant 10 ou 12 heures et j’ai vu Federico Waksman (1019 – Repremar – Shipping Agency Uruguay), avec qui je bataillais alors pour la première place, filer et me coller cinq milles. Il y a ensuite eu trois jours vraiment sympas dans les alizés. C’était la première fois que je faisais un bord de portant de 100 milles avec le bateau et j’ai pu continuer de le découvrir. J’ai tapé un OFNI (objet flottant non-identifié), hier, et j’ai légèrement fissuré un safran mais je n’ai trop rien cassé à bord. J’ai vraiment eu de belles sensations et j’ai bien pu pousser la machine. J’ai pu voir ce qu’elle avait dans le ventre et j’ai vu qu’elle avait vraiment un gros potentiel. Cela me donne davantage de confiance pour la suite de la course. »
Neuf minutes et 31 secondes d’écart, cela promet de la belle bagarre pour la deuxième étape ! « Ça va être incroyable ! Comme souvent dans la Mini Transat, à l’issue de la première manche, les écarts sont faibles, voire inexistant. A ce stade de la course, tout reste à faire mais ce qui est pris n’est toutefois plus à prendre et une victoire d’étape, ça fait évidemment du bien ! »