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Thomas Coville dans le bon tempo

Thomas Coville - Sodebo
DR

Le skipper de Sodeb´O a du se réadapter au quotidien très particulier de la navigation en solitaire en multicoque : s´habituer aux mouvements du bateau, à sa vitesse, aux bruits et retrouver cette dépense physique permanente combinée à un stress lancinent. “C’est parti très vite ! J´ai mis du temps à entrer dans le rythme après le départ. Les premières nuits ont été difficiles dans le golfe de Gascogne. Je n´arrivais pas à me dire « ça y´est, on est parti pour le tour du monde ». C´était un sentiment étrange, j´étais préoccupé par le trafic et l´état de la mer, avec l´angoisse d´abîmer le bateau. Mais je n´ai aucun souci technique et tout s´enchaîne parfaitement. Quand ça va si vite et que tout se passe si bien, on aborde les choses très sereinement ».

Ca s´emballe dans les grains

Après un recalage dans l’Ouest avec trois empannages dans les deux premiers jours, Thomas plonge désormais vers le Sud à plus de 25 nœuds. « C’est de la glisse pure dans une atmosphère où la température ambiante croit régulièrement sous des nuages gris, très bas. Beaucoup de grains depuis hier soir avec des rafales allant jusqu’à plus de 35 nœuds ». Sodeb´O navigue actuellement sous grand gennaker avec grand voile haute, le maximum de voilure qu´il peut porter, soit 620 m2 de toile.

« Ca va vite et les conditions sont très exigeantes. La moindre erreur est fatale et ma vigilance doit être sans faille. Je ne me suis pas fait de frayeur et je reste bien en phase avec le bateau et la météo » explique Thomas qui a réussi à fermer l’œil six heures en trois jours. « C´est le sommeil qui m´a le plus manqué depuis le début et je commence tout juste à m´occuper de moi. » confie le skipper sans oublier que son défi n´est pas uniquement technique mais qu´il doit humainement tenir cette cadence pendant près de deux mois.

Combien de milles aujourd´hui ?

Le rythme n´est pas très tendre pour le marin mais c´est bien celui à tenir pour rivaliser avec la performance de Francis Joyon qui sur cette partie du parcours, avait vraiment mené sa « fusée » IDEC pied au plancher et explosé les compteurs avec un temps de 6 jours, 16 heures et 58 minutes à l´Equateur. Aujourd´hui vendredi, Sodeb´O possède 88 milles d´avance sur le détenteur mais plutôt que de rester focalisé sur les performances de Francis, Thomas a préféré se donner tous les soirs avec son équipe, un objectif de milles à parcourir le lendemain et pour l´instant, contrat rempli ! « Une manière de prendre les choses comme elles viennent et de me concentrer sur la marche de mon bateau avant tout. »

Les routeurs de Sodeb´O observent toujours cette petite dépression au niveau du Cap Vert. Le vent et la cadence devraient mollir sans que cela soit pour autant très inquiétant.

Les dix premiers passent au sud

Brit air
DR

Les traditions se perdent ! Peu de marins joints aujourd’hui à la vacation n’ont prévu de fêter dignement le passage de l’équateur la nuit prochaine. Quasiment pas la moindre offrande à Neptune qui, pourtant, leur a concocté un pot-au-noir des plus complaisants. Un ersatz de pot même, sans orages ni grains à 40 nœuds. Une version allégée que les premiers ont traversé comme des fleurs. Et selon certains, le plus facile pot-au-noir qu’ils aient connu ! Finalement, le groupe de tête a plus été ralenti dans son approche de la zone de convergence, lorsque l’alizé était faible, que dans la traversée elle-même de cette zone redoutée. Pour les retardataires aussi le pot-au-noir semble des plus cléments. Mais méfiance. D’humeur ombrageuse, Neptune pourrait se vexer de l’ingratitude des premiers et se venger sur les suivants.

Statu quo en tête

Grâce à cette traversée express, le classement n’a pas été chamboulé. L’inamovible Loïck Peyron (Gitana Eighty) mène la flotte depuis maintenant neuf jours, avec Sébastien Josse (BT) toujours collé dans son sillage. Plutôt discret jusque-là, le vainqueur du dernier Vendée Globe se hisse sur le podium provisoire. Vincent Riou (PRB) profite d’une position décalée dans l’est par rapport à ses adversaires directs pour grappiller quelques places. Tout ce petit monde navigue désormais penché, au près bâbord amures dans une mer désordonnée. Le top 10 de ce Vendée Globe, toujours aussi groupé en 75 milles, a changé de garde-robe, rangé les spis et ressorti les génois ou trinquettes. Au menu des prochains jours, du près et encore du près. Et en l’absence d’un anticyclone de Sainte-Hélène bien établi, les options stratégiques vont de nouveau fleurir au large du Brésil.

Gasoil ou baignade

Au registre des petites avaries du quotidien, Jean Le Cam (VM Matériaux) a déploré une fuite de gasoil au fond de son bateau, l’obligeant à éponger les 30 litres nauséabonds qui se baladaient dans la cale moteur. De son côté, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) a perdu quelques milles en accrochant un filet de pêche dans sa quille. Comme à son habitude, Jean-Pierre n’a pas traîné longtemps avant d’affaler les voiles et plonger sous la coque de son navire un couteau à la main. Enfin une tradition qui ne se perd pas…

Meilleure progression

Attribuée pour la deuxième journée consécutive au dernier de la flotte, Jean-Baptiste Dejeanty, qui a parcouru 340 milles en 24h. Le skipper de Groupe Maisonneuve, au large des Canaries, avait repris la mer une semaine après le départ pour réparer son monocoque fissuré au pont.

Voix du large…

Roland Jourdain (Veolia Environnement) : « Je suis plutôt content de mon coup à l’ouest. Dans le pot au noir, je n’ai pas eu de grosse molle, pas de pluie ni de nuages à négocier. Maintenant, le vent est monté et la situation n’est pas très confort. Ça tape dans la houle, le vent est irrégulier, entre 14 et 20 nœuds. Je marche à 10,5 nœuds… vivement que ça débride un peu ! »

Armel Le Cléac’h (Brit Air) : « Nous sommes à nouveau entrés dans un monde qui penche. J’ai réglé ma bannette pour pouvoir dormir par 20 degrés de gîte ! Je suis content d’avoir retrouvé les alizés de sud. Il y a encore de gros nuages, mais on sent qu’on se rapproche de l’équateur. On devrait le franchir cette nuit. J’ai mis le champagne au frais… enfin, il est plutôt au chaud. »

Vincent Riou (PRB) : « Le bateau tape plus qu’il ne glisse. On est au près serré dans 15 à 20 nœuds et ça risque d’être comme ça pendant de nombreux jours. Il faudra s’habituer à faire du près et du reaching. Sinon, pour le passage de l’équateur, je n’ai rien prévu de spécial. J’ai arrêté de boire un coup tout seul dans mon coin parce que c’est un peu glauque… Je réserve ça à plus tard en bonne compagnie. »

Yann Eliès (Generali) : « Ça y est, on a dépassé la bête et je suis passé du spi au génois. En fait, à part l’approche qui a été langoureuse, on a eu du vent quasiment sans interruption. Il n’y a pas eu d’entourloupe, pas de gros grain, pas de surprise, ça a été super franc. C’est la première fois que je passe le pot au noir aussi rapidement (…). Pour le passage de l’équateur, je n’ai pas trouvé grand-chose dans mon sac de bouffe de la semaine N°2. J’ai déjà mangé le meilleur : la blanquette ! »

Jean le Cam (VM Matériaux) : « J’ai passé la nuit les mains dans le gasoil, à cause d’une fuite dans le tuyau qui permet de remplir le réservoir journalier. Je me suis retrouvé avec 30 litres dans les fonds. J’étais là, avec mon éponge, ma bouteille en plastique coupée en deux et mon seau et puis j’ai refait l’opération dans l’autre sens pour en récupérer le maximum. C’est terrible, l’odeur est insupportable. Bref, à chaque jour suffit sa peine. »

Le mot du tour…

Génois, Solent, trinquette : ce sont les voiles d’avant qui permettent de remonter au vent. Le génois est la plus grande des voiles de près. Solent et trinquette sont deux appellations qui désignent sensiblement le même type de voile, plus petite qu’un génois et utilisée pour une plage de vent supérieure.

Les 5 premiers au pointage de 16h00

1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 20796 milles de l’arrivée

2- Sébastien Josse (BT) à 19,6 milles du premier

3- Vincent Riou (PRB) à 33,1 milles

4- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 34,6 milles

5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 42,5 milles

Les premiers étrangers

10- Mike Golding (Ecover) à 75,8 milles

11- Dominique Wavre (Temenos II) à 170,8 milles

12- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 180,4 milles

Ericsson 4 premier à la porte, Puma rétrograde

Ericsson 4 leader Volvo
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A 3h45 TU cette nuit, Ericsson 4, skippé par Torben Grael – déjà vainqueur de la première étape – a été le premier bateau à franchir la porte à 58° Est, dans la seconde étape de la Volvo Ocean Race. L’équipe prend ainsi quatre points et peut désormais tourner à gauche pour remonter vers Cochin, en Inde. A environ 30 milles derrière, mais situé bien plus au nord, c’est Ericsson 3 qui devrait être le prochain bateau à y prendre des points. Bouwe Bekking sur Telefonica Blue espère également récupérer des points ici, étant donné le net ralentissement de Puma, suite aux dégâts structurels sur le bateau skippé par Ken Read.

Selon les dernières prévisions, les bateaux vont pouvoir bénéficier des alizés dans les prochaines 48 heures.

Classement de 8h ce jeudi :

1. Ericsson 3 à 3073 milles de l’arrivée

2. Ericsson 4 à 15 milles

3. Puma à 63 milles

4. Telefonica Blue à 139 milles

5. Delta Lloyd à 146 milles

6. Telefonica Black à 155 milles

7.Green Dragon à 163 milles

8.Team Russia à 198 milles

Au 10e jour, Loïck Peyron tient tête

Gitana 80 Peyron start VG
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Dix avant-hier, sept hier et aujourd’hui plus que six… Tel est le nombre de concurrents du groupe de tête séparés de moins de 100 milles. Malgré le pot-au-noir, Loïck Peyron continue d’imposer une cadence infernale à ses adversaires qui sont de moins en moins nombreux à tenir le rythme. Jean Le Cam (VM Matériaux), qui disputait la première place à Peyron en début de semaine, pointe désormais en 9e position à 125 milles du chef de file. Comme ses prédécesseurs, Le Cam a multiplié les empannages cette nuit pour zigzaguer entre les nuages noirs du pot-au-noir. Un pot qui pour l’instant n’a pas beaucoup ralenti le leader, à peine freiné quelques heures mercredi soir. Jeudi matin, au premier pointage, Loïck Peyron filait à 9,7 nœuds. En est-il déjà sorti ? Sera-t-il à nouveau ralenti dans la journée ?

Derrière le maestro, Sébastien Josse (BT) s’accroche à sa place de dauphin, désormais menacée par le métronome Armel Le Cléac’h (Brit Air), 3e ce matin. Avec Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), Vincent Riou (PRB) et Yann Eliès (Generali), ils forment un quatuor soudé et naviguent régulièrement à vue les uns des autres. Si le pot-au-noir joue souvent les entonnoirs, obligeant la flotte à se recentrer vers un même point de passage, trois solitaires – ou plutôt trois joueurs – semblent avoir décidé de le traverser 250 milles plus à l’est que tout le monde. Là où le pot-au-noir est statistiquement le plus épais ! Jonny Malbon (Artemis), Unai Basurko (Pakea Bizkaia) et Rich Wilson (Great American III), respectivement 19e, 20e et 21e tentent une option qui paraît très risquée d’un point de vue comptable. Mais si le pot-au-noir leur ouvrait les portes en grand, il leur permettrait de faire un bond au classement. Dans le cas contraire, la dégringolade n’en sera que plus sévère…

Les premiers au classement de 5h00 :

1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 21073 milles de l’arrivée

2- Sébastien Josse (BT) à 42 milles du premier

3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 56,7 milles

4- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 60 milles

5- Yann Eliès (Generali) à 84 milles

Coville sur sa lancée

sodebo
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Peut-être même que Sodeb´O croisera la route du monocoque Groupe Maisonneuve, du benjamin de la flotte du Vendée Globe, Jean-Baptiste Dejeanty qui est reparti des Sables d´Olonne le 16 novembre après avoir réparé un problème de fissure au niveau du pont. 

Le trimaran navigue actuellement à la latitude de Lisbonne, toujours sous gennaker avec un ris dans la grand voile. Sodeb´O fait désormais une route parallèle et même un peu plus Est que IDEC il y a un an et a logiquement concédé une trentaine de milles de son avance d´hier dans le contre-bord de cette nuit puisqu´il y a ce matin 29 milles d´écart, contre 60 à 22 heures mercredi soir. 

C´est de la glisse pure qui attend maintenant Thomas dont le moral est excellent. La fenêtre choisie pour le départ de Brest semble pour l´instant répondre aux attentes même si le skipper a passé beaucoup de temps hier à la barre pour gérer cette mer courte qui l´accompagne depuis la Pointe Bretagne.

Tassement de la flotte

Delta Dore 2008 dauphins
DR

Mercredi, aux abords du 7e degré de latitude nord, les leaders du Vendée Globe ont vécu un premier épisode de calmes. Voiles faseyantes et claquant dans une houle sans vent, douches tièdes sous les orages, de nombreux empannages et des changements de voiles ont été le lot de la nuit. Manque de chance, le pot au noir persiste aujourd´hui à leur faire des misères.

Cette zone de conflit entre les deux alizés (hémisphère nord et sud) s´est en effet décalée dans le sud pour se placer à nouveau en travers de leur route. Conclusion : à la mi-journée, l´avant-garde de la course subissait un nouveau coup de frein.

Pétole, moiteur et guerre des nerfs

Vaillant leader depuis 8 jours, Loïck Peyron avait la voix fatiguée et la verve fataliste. A la vacation du jour, il avouait n´avoir aucune idée de l´issue de cette affaire, ne plus regarder les infos météo et tenter simplement d´avancer droit devant, cap au sud. Depuis ce matin, le skipper de Gitana Eighty avait en effet de quoi se faire des cheveux blancs. Dans son rétroviseur, se profile l´ombre de ses adversaires qui profitent de ses difficultés pour peaufiner leur trajectoire et avancer. De fait, ils sont désormais dix en 80 milles à se bagarrer comme des chiffonniers au prix de quelques litres de sueur. Car l´atmosphère est toujours aussi torride à 344 milles de l´équateur. Dans les habitacles de carbone, le thermomètre dépasse les 30 degrés tandis qu´un soleil cuisant inonde les cockpits, ce qui a valu à Dominique Wavre quelques vilains maux de crâne, tandis que Sam Davies se baladait sur le pont de Roxy en bikini. Dans ce contexte, les quelques grains pluvieux croisés dans le pot étaient accueillis comme des douches providentielles. Mais les conditions de navigation restent éreintantes, d´autant que ce pot au noir est en train de devenir le lieu d´un nouveau départ.

Au pointage de 16h00, Loïck Peyron, crédité d´une vitesse de 7 nœuds (contre 2,2 nœuds ce midi !), conservait certes une avance de 20 milles. Mais dans son tableau arrière, c´est la guerre entre Sébastien Josse (BT), Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), Vincent Riou (PRB), Armel Le Cléac´h (Brit Air), Yann Eliès (Generali), Mike Golding ( Ecover), Roland Jourdain (Veolia Environnement), Jérémie Beyou (Delta Dore) et enfin Jean Le Cam (VM Matériaux). D´après les données météo, tout ce petit monde pourrait entrevoir la porte de sortie dans la soirée et toucher cette nuit ou demain matin les premiers signes de l´alizés du sud-est. Mais dans quel ordre ? Peyron, lui, avait déjà sorti son génois…

116 milles de gagnés pour Foncia

En deuxième et troisième rideau, les bateaux de chasse assistent de loin à ce spectacle en applaudissant des deux mains. Crédités de vitesses parfois deux à trois fois supérieures à leurs prédécesseurs, ils sont les grands gagnants de ces dernières 48 heures. Onzième, Dominique Wavre (Temenos II) a récupéré une quarantaine de milles ; Marc Guillemot (Safran), émerveillé par le spectacle d´un groupe de gros mammifères marins, en a rattrapé 70. Enfin, Michel Desjoyeaux (Foncia) qui a passé sa nuit allongé dans le cockpit à admirer les étoiles, a quant à lui gagné 116 milles en 24 heures. Mais en navigateur prudent et expérimenté qu´il est, il estimait à raison qu´il était bien trop tôt pour se réjouir !

Meilleure progression…

Attribuée au dernier concurrent de la flotte, Jean Baptiste Dejeanty, qui cravache à la latitude de Gibraltar à 14 nœuds de moyenne. Le skipper de Maisonneuve a parcouru 337 milles entre les pointages de mercredi et jeudi 16 heures. Il est encore à 1875 milles de la tête de course.

Les voix du large

Dominique Wavre (Temenos), 11e à 191 milles des leaders :

« La nuit était compliquée. J´ai enchaîné 7 ou 8 empannages. Il commence à faire chaud. J´ai eu un petit mal de crâne à force de trop barrer en plein soleil. Il faut boire beaucoup d´eau, mouiller régulièrement la casquette. »

Jérémie Beyou (Delta Dore), 9e à 80,3 milles :

« Comme il fait très chaud, les manœuvres sont vite fatigantes. J´essaye de faire glisser (abattre vers le sud, ndlr) car j´ai vu au dernier pointage que Peyron était bien arrêté. J´essaye donc de ne pas trop me caler sur sa trajectoire. »

Samantha Davies (Roxy), 13e à 205,8 milles :

« J´ai dormi 5 heures d´affilée cette nuit car j´ai oublié de mettre le réveil. Maintenant, il fait chaud. Tout va bien, je suis en forme. J´ai croisé juste devant Brian Thompson ce matin. On s´est appelé lorsqu´on commençait à être proche pour faire attention à nos routes. »

Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), 3e à 23,7 milles

« Je suis entré dans le pot-au-noir ce matin avec une énorme pétole. Heureusement, j´ai bien dormi la nuit dernière. Il faut prendre son mal en patience. Mais quelle chaleur ! Chaque manœuvre occasionne des suées terribles. Je pense que ceux qui sont dans l´ouest dans le pot-au-noir comme Bilou jouent un bon coup. »

Sébastien Josse (BT), 2e à 21,8 milles

« Il fait chaud et il n´y a pas de vent. Tout comme on avait prévu… Pour l´instant, il n´y a rien du tout comme vent. On attend le nouveau vent. Il faut être vigilant, car le pot-au-noir, c´est aussi là où on peut casser le plus. Le bateau est chahuté de droite à gauche, les voiles claquent… »

Le mot du tour

Grain : coup de vent aussi fort que soudain qui peut durer plusieurs minutes et se dissiper aussi rapidement. Les grains se développent généralement dans des zones d´air instable, à l´image du pot au noir. Ils sont associés à des cumulus et peuvent générer de fortes pluies.

Les premiers au pointage de 16 heures le 20/11/08 :

1 Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 21 024 milles de l´arrivée

2 Sébastien Josse (BT) à 21,8 milles du leader

3 Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 23,7 milles

4 Vincent Riou (PRB) à 29,5 milles

5 Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 38,9 milles

Premiers étrangers :

7 Mike Golding (Ecover) à 55,1 milles

11 Dominique Wavre (Temenos II) à 191 milles

12 Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 193 milles

Hier, aux abords du 7e degré de latitude nord, les leaders du Vendée Globe ont vécu un premier épisode de calmes. Voiles faseyantes et claquant dans une houle sans vent, douches tièdes sous les orages, de nombreux empannages et des changements de voiles ont été le lot de la nuit. Manque de chance, le pot au noir persiste aujourd´hui à leur faire des misères.

Cette zone de conflit entre les deux alizés (hémisphère nord et sud) s´est en effet décalée dans le sud pour se placer à nouveau en travers de leur route. Conclusion : à la mi-journée, l´avant-garde de la course subissait un nouveau coup de frein.

Pétole, moiteur et guerre des nerfs

Vaillant leader depuis 8 jours, Loïck Peyron avait la voix fatiguée et la verve fataliste. A la vacation du jour, il avouait n´avoir aucune idée de l´issue de cette affaire, ne plus regarder les infos météo et tenter simplement d´avancer droit devant, cap au sud. Depuis ce matin, le skipper de Gitana Eighty avait en effet de quoi se faire des cheveux blancs. Dans son rétroviseur, se profile l´ombre de ses adversaires qui profitent de ses difficultés pour peaufiner leur trajectoire et avancer. De fait, ils sont désormais dix en 80 milles à se bagarrer comme des chiffonniers au prix de quelques litres de sueur. Car l´atmosphère est toujours aussi torride à 344 milles de l´équateur. Dans les habitacles de carbone, le thermomètre dépasse les 30 degrés tandis qu´un soleil cuisant inonde les cockpits, ce qui a valu à Dominique Wavre quelques vilains maux de crâne, tandis que Sam Davies se baladait sur le pont de Roxy en bikini. Dans ce contexte, les quelques grains pluvieux croisés dans le pot étaient accueillis comme des douches providentielles. Mais les conditions de navigation restent éreintantes, d´autant que ce pot au noir est en train de devenir le lieu d´un nouveau départ.

Au pointage de 16h00, Loïck Peyron, crédité d´une vitesse de 7 nœuds (contre 2,2 nœuds ce midi !), conservait certes une avance de 20 milles. Mais dans son tableau arrière, c´est la guerre entre Sébastien Josse (BT), Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), Vincent Riou (PRB), Armel Le Cléac´h (Brit Air), Yann Eliès (Generali), Mike Golding ( Ecover), Roland Jourdain (Veolia Environnement), Jérémie Beyou (Delta Dore) et enfin Jean Le Cam (VM Matériaux). D´après les données météo, tout ce petit monde pourrait entrevoir la porte de sortie dans la soirée et toucher cette nuit ou demain matin les premiers signes de l´alizés du sud-est. Mais dans quel ordre ? Peyron, lui, avait déjà sorti son génois…

116 milles de gagnés pour Foncia

En deuxième et troisième rideau, les bateaux de chasse assistent de loin à ce spectacle en applaudissant des deux mains. Crédités de vitesses parfois deux à trois fois supérieures à leurs prédécesseurs, ils sont les grands gagnants de ces dernières 48 heures. Onzième, Dominique Wavre (Temenos II) a récupéré une quarantaine de milles ; Marc Guillemot (Safran), émerveillé par le spectacle d´un groupe de gros mammifères marins, en a rattrapé 70. Enfin, Michel Desjoyeaux (Foncia) qui a passé sa nuit allongé dans le cockpit à admirer les étoiles, a quant à lui gagné 116 milles en 24 heures. Mais en navigateur prudent et expérimenté qu´il est, il estimait à raison qu´il était bien trop tôt pour se réjouir !

Meilleure progression…

Attribuée au dernier concurrent de la flotte, Jean Baptiste Dejeanty, qui cravache à la latitude de Gibraltar à 14 nœuds de moyenne. Le skipper de Maisonneuve a parcouru 337 milles entre les pointages de mercredi et jeudi 16 heures. Il est encore à 1875 milles de la tête de course.

Les voix du large

Dominique Wavre (Temenos), 11e à 191 milles des leaders :

« La nuit était compliquée. J´ai enchaîné 7 ou 8 empannages. Il commence à faire chaud. J´ai eu un petit mal de crâne à force de trop barrer en plein soleil. Il faut boire beaucoup d´eau, mouiller régulièrement la casquette. »

Jérémie Beyou (Delta Dore), 9e à 80,3 milles :

« Comme il fait très chaud, les manœuvres sont vite fatigantes. J´essaye de faire glisser (abattre vers le sud, ndlr) car j´ai vu au dernier pointage que Peyron était bien arrêté. J´essaye donc de ne pas trop me caler sur sa trajectoire. »

Samantha Davies (Roxy), 13e à 205,8 milles :

« J´ai dormi 5 heures d´affilée cette nuit car j´ai oublié de mettre le réveil. Maintenant, il fait chaud. Tout va bien, je suis en forme. J´ai croisé juste devant Brian Thompson ce matin. On s´est appelé lorsqu´on commençait à être proche pour faire attention à nos routes. »

Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), 3e à 23,7 milles

« Je suis entré dans le pot-au-noir ce matin avec une énorme pétole. Heureusement, j´ai bien dormi la nuit dernière. Il faut prendre son mal en patience. Mais quelle chaleur ! Chaque manœuvre occasionne des suées terribles. Je pense que ceux qui sont dans l´ouest dans le pot-au-noir comme Bilou jouent un bon coup. »

Sébastien Josse (BT), 2e à 21,8 milles

« Il fait chaud et il n´y a pas de vent. Tout comme on avait prévu… Pour l´instant, il n´y a rien du tout comme vent. On attend le nouveau vent. Il faut être vigilant, car le pot-au-noir, c´est aussi là où on peut casser le plus. Le bateau est chahuté de droite à gauche, les voiles claquent… »

Le mot du tour

Grain : coup de vent aussi fort que soudain qui peut durer plusieurs minutes et se dissiper aussi rapidement. Les grains se développent généralement dans des zones d´air instable, à l´image du pot au noir. Ils sont associés à des cumulus et peuvent générer de fortes pluies.

Les premiers au pointage de 16 heures le 20/11/08 :

1 Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 21 024 milles de l´arrivée

2 Sébastien Josse (BT) à 21,8 milles du leader

3 Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 23,7 milles

4 Vincent Riou (PRB) à 29,5 milles

5 Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 38,9 milles

Premiers étrangers :

7 Mike Golding (Ecover) à 55,1 milles

11 Dominique Wavre (Temenos II) à 191 milles

12 Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 193 milles

Sept en 100 milles

Gitana 80 Peyron start VG
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La traversée du pot-au-noir n’a rien d’une partie de plaisir. Même des marins aux multiples tours du monde, comme le Suisse Dominique Wavre (Temenos II) qui l’a traversé près d’une vingtaine de fois, reconnaissent une grande part de loterie et la désagréable sensation de dépenser beaucoup d’énergie pour une progression minime et aléatoire. C’est ce qui attend aujourd’hui les dix premiers de ce Vendée Globe qui vont traverser cette zone de non droits météorologiques. Orages, pétole, grains fugaces et ciel noir seront le décor de cette partie d’échec qui tourne parfois à la roulette. Et les risques d’avaries ne sont pas négligeables pour celui qui, toutes voiles dehors, n’a pas bien anticipé une soudaine bourrasque de vent. Nul doute que la tension à bord sera à son maximum.

Côté classement, Loïck Peyron (Gitana Eighty), en tête depuis six jours, conserve toujours une petite avance d’une quarantaine de milles sur ses deux premiers poursuivants, Sébastien Josse (BT) et Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2). Mais la flotte s’étale un peu plus qu’hier. Mardi matin, les dix premiers se tenaient en moins de 100 milles. Aujourd’hui, Roland Jourdain (Veolia Environnement), 10e et dernier de ce groupe de tête, pointe à 164 milles de Peyron. A noter également la belle prestation de Dominique Wavre qui continue sa remontée au classement. Le Suisse se hisse à la 11e place, soit trois de mieux en 24h. Il mène désormais le peloton lancé aux trousses des dix échappés. Tout à l’arrière, Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve), reparti une semaine après le départ, a passé cette nuit le Cap Finisterre, à plus de 2000 milles derrière le groupe de tête. La moitié de l’Atlantique les sépare…

Classement à 5h00 le mercredi 19 novembre :

1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 21211 milles de l’arrivée

2- Sébastien Josse (BT) à 38,4 milles du leader

3- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 47,3 milles

4- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 54,3 milles

5- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 72,6 milles

Thomas Coville : près de 500 milles le premier jour

Sodebo 2008 start
DR

Le tempo est rapide. La moyenne du trimaran sur la première journée est de 20,8 nœuds et Sodeb´O est régulièrement au-dessus de 25 nœuds en vitesse instantanée. Le golfe de Gascogne et le cap Finisterre sont déjà des souvenirs puisque Thomas longe actuellement les côtes portugaises et sera demain matin à la latitude de Lisbonne. Sodeb´O a ce soir 60 milles d´avance sur IDEC. Le routeur Richard Silvani a eu au téléphone satellite le skipper qui témoignait d´un vent de Nord-Nord Est de 30 nœuds, donc supérieur aux prévisions qui annonçaient plutôt 26 nœuds sur cette zone. La houle croisée suit toujours le trimaran qui déboule sous petit gennaker dans trois mètres de creux.

Empannages

Thomas Coville a très peu dormi depuis le départ et il avait prévu de manger pour la première fois en début d´après-midi. Rien d´étonnant pour le skipper de Sodeb´O qui doit se mettre dans le rythme très particulier de la navigation en solitaire en multicoque : s´habituer aux mouvements du bateau, à sa vitesse, aux bruits et retrouver cette dépense physique permanente combinée à un stress lancinent. Surtout que ce n´est pas encore le grand large mais une navigation à haute vitesse à proximité des côtes, avec le trafic et cette mer courte et croisée.

Après un premier empannage ce matin, à 4h50, Thomas se prépare à en effectuer un second dans quelques heures, afin d´effectuer un petit contre-bord et gagner dans l´Ouest pour pouvoir ensuite empanner une troisième fois et faire cap au Sud, direction l´Equateur.

Sur la carte, le schéma météo à court terme est très clair, avec ce vent de secteur Nord-Est qui permet d´avancer en ce moment parfaitement sur la route (appelée orthodromique et matérialisée en rouge sur la carte lorsque l´on active la fonction en cliquant sur le 3e onglet en partant de la droite). En revanche, comme avant le départ, l´équipe de Sodeb´O garde un œil très attentif sur la zone entre les Canaries et le Cap Vert où le vent semble légèrement faiblir, sans pour autant changer de direction.

(Source : Julia Huvé/ Sodeb’O)

Les premiers dans le pot

Bernard Stamm - Cheminees Poujoulat
DR

En ce 10e jour de course, 2100 milles séparent les chefs de file du dernier concurrent. Quand les premiers pensent déjà au franchissement de l’équateur, d’autres abordent ou s’extirpent de l’archipel du Cap Vert. Plus haut sur la carte de l’Atlantique nord, Bernard Stamm arrondit les Canaries, Derek Hatfield glisse à l’ouest de Madère et Dejeanty file au large du Portugal. Le skipper de Maisonneuve surveille l’étanchéité du pont de son bateau comme du lait sur le feu. Il est le dernier concurrent à avoir profité des 10 jours d’ouverture de la ligne de départ pour rentrer aux Sables d’Olonne et réparer à terre. La ligne est d’ailleurs définitivement fermée depuis ce mercredi 13h02.

Le Cam puni par ses pilotes

Les autres, depuis longtemps déjà, sont contraints de résoudre sur l’eau le moindre pépin technique, à la force des bras et des méninges. Jean le Cam en a fait la douloureuse expérience la nuit dernière : ses quatre pilotes automatiques hors service, il a passé plusieurs heures en travers de la route pour résoudre la panne et estime avoir perdu 45 milles dans l’opération. A ce contretemps viennent s’ajouter les milles envolés au cours de son recalage obligatoire dans l’ouest. Résultat des courses : VM Materiaux a dégringolé à la 8e place, à 93 milles de Loïck Peyron.

Peyron en éclaireur à 2,6 nœuds de vitesse

Ce dernier qui entame son 7e jour de course aux avant-postes, a ouvert aujourd’hui la voie dans le pot au noir. La traversée de cette bande de 300 milles située de part et d’autre de l’équateur, où règnent grains violents et vents erratiques, confine parfois au jeu de hasard. A la vacation du jour, les navigateurs ont évoqué ces aléas, l’indispensable facteur chance, se remémorant avec un certain fatalisme les milles perdus ou gagnés par enchantement lors de leurs précédents passages. Yann Eliès, lui, imagine un pot au noir sous forme de ” bête “, cerbère fantasmagorique, gardien du passage dans l’hémisphère sud.
Dans cette zone où l’irrationnel et l’imprévu prennent le pas sur le calcul, les marins vont renouer avec les basiques de la navigation à la voile : observer la mer, scruter les nuages et surtout, veiller sur le pont pour répondre dans la minute aux variations de vent. Ce jeu de patience et d’abnégation va durer pendant les 36 prochaines heures et chacun espère secrètement qu’il en sortira gagnant. Ce matin, dans le sillage bleu marine de l’éclaireur Peyron, les poursuivants avaient placé leurs pions et glissaient paisiblement sous un soleil de plomb, tube de crème solaire à la main et ventilo en marche à l’intérieur des bateaux. Mais au classement de 16h00, les vitesses avaient déjà amorcé leur chute libre, Gitana Eighty peinant à 2,6 nœuds de moyenne, tandis que Sébastien Josse (BT), Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), Armel Le Cléac’h (Brit’ Air) plafonnaient à 4 nœuds.

Petit à petit, les poursuivants vont buter à leur tour dans ce mur sans vent et un joli regroupement est à prévoir dans les prochaines heures. Parmi les retardataires qui glissent toujours dans l’alizé, cet arrêt buffet fera quelques heureux. De Dominique Wavre (Temenos II) à Michel Desjoyeaux (Foncia), certains y verront une belle occasion de revenir au contact. Un bonheur probablement éphémère, à moins que la ” bête ” dans ses caprices, ne décide de les laisser passer comme des fleurs.

Meilleure progression….

Attribuée ce mercredi 19 novembre à Bernard Stamm, 24e au pointage de 16h00, à 1133 milles de la tête de course. Le skipper de Cheminées Poujoulat, qui glisse actuellement au portant au large des Canaries, a parcouru 277,9 milles ces dernières 24 heures. Poussé par un alizé constant, le navigateur suisse se réjouissait de ces belles conditions de navigation dont il profite depuis le cap Finisterre.

Les voix du large…

Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve), 26e à 2103 milles du leader : « Je suis actuellement au large de Vigo. C’est sûr que c’est moins intéressant sportivement, mais je me motive avec tous les mails d’encouragement que je reçois et ces milliers de gens qui étaient le long du chenal dimanche. Mon deuxième départ était vraiment incroyable. Sinon, ma réparation est nickel. Il reste encore une ou deux petites fuites au niveau des tunnels des drisses. »

Jean Le Cam (VM Matériaux), 8e à 93 milles : « J’ai eu un problème de pilote hier (mardi). Je suis resté quatre à cinq heures arrêté en travers de la piste pour réparer. J’ai quatre pilotes à bord. Je les ai essayé un par un, et tous avaient la même panne. Je peux vous dire que ça a fumé à bord pendant quatre heures. Être arrêté à 0 nœud à chercher une panne pendant que les autres foncent à 10 nœuds, c’est dur psychologiquement. Disons que ça forge le caractère. Mais maintenant tout est nickel. »

Armel Le Cléac’h (Brit Air), 4e à 44,8 milles : « Je navigue à vue avec Jean-Pierre Dick. Je suis content d’être bord à bord avec lui. Il a beaucoup d’expériences en 60 pieds Open, a remporté de grandes courses. On s’accroche au rythme de Peyron. Hier (mardi), on a fait une bagarre d’empannages à distance. On se serait cru en stage à Port-La Forêt. »

Vincent Riou (PRB), 5e à 54 milles : « Le vent est faible. 6-7 nœuds. Tout le monde essaye de gagner dans le sud. Le pot-au-noir est une zone aléatoire. Parfois il y a des gros écarts, parfois rien. C’est un peu la surprise. C’est une zone où on ne dort pas beaucoup. Coup de chance, j’ai pu bien dormir la nuit dernière. »

Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital), 22e à 644 milles : « Mon gennaker a explosé et lorsque j’ai voulu l’affaler, il est passé à l’eau et s’est coincé sous la quille. J’ai essayé de faire une marche arrière en réduisant la toile pour le récupérer. Cela m’a pris trois heures d’effort… »

Yann Eliès (Generali), 6e à 68 milles : « C’est super sympa d’être au contact avec les autres concurrents. Parfois on s’appelle par téléphone. On ne parle que du passé, pas de l’avenir. On refait le match ! Les dés sont jetés pour le pot-au-noir. On sent qu’on approche de la bête. L’alizé est de plus en plus faible. »

Roland Jourdain (Veolia Environnement), 10e à 136 milles : « J’ai investi hier dans l’ouest. Ça m’agaçait de suivre les autres, je voulais tenter quelque chose. Le pot-au-noir, on y va un peu au pif ! La prudence aurait été d’empanner plus tôt et de rester au contact des autres. C’est amusant, les courses à la voile, on se souvient que des bons souvenirs. Mais dans le pot-au-noir, on ne se souvient que des mauvais. »

Les 5 premiers au pointage de 16h00
1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 21 136 milles de l’arrivée
2- Sébastien Josse (BT) à 27,3 milles du leader
3- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 44,1 milles
4- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 44,8 milles
5- Vincent Riou (PRB) à 54,3 millesPremiers étrangers
7- Mike Golding (Ecover) à 86,5 milles
12- Samantha Davies (Roxy) à 268,5 milles
13- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 272,1 milles

La ligne de départ est fermée

Le groupe de l’ouest menace le trio de tête

Armel Le Cleac h - Brit Air
DR

Cas d’école tactique : Loïck Peyron a du empanner cette nuit pour marquer son avantage et se caler sur l’axe de la route des poursuivants venus du large. Du coup, ce matin, Gitana Eighty se retrouve pratiquement à ouvrir le chemin devant Jean Pierre Dick. Quant à Sébastien Josse et surtout Jean Le Cam, 75 milles plus à l’est, ils ont dû multiplier ce type de manœuvres. On imagine une nuit harassante pour ces deux hommes, en quête d’un couloir de descente plus favorable (plus occidental) pour aborder dans quelques heures le pot au noir.

Compression des écarts

Le groupe des chasseurs de l’ouest, sous spi en route directe, et bénéficiant d’un meilleur angle de vent, en a donc profité pour revenir au contact. Ce mardi matin, Paprec-Virbac 2, quatrième, n’est plus qu’à 33 milles du tableau arrière de Gitana alors qu’hier à la même heure, il accusait encore 88 milles de retard. Cette compression des écarts concerne presque la moitié de la flotte et promet, à l’aube de ce neuvième jour de course, quelques heures de régate particulièrement intenses. D’autant que la tendance devrait s’accentuer. Au petit matin, les hommes de tête ont vu leur vitesse chuter (entre 5,5 et 7 nœuds) et il faut descendre jusqu’à la 10e place (celle de Jérémie Beyou, à 97 milles des premiers) pour voir les speedomètres afficher plus de 9 nœuds.

Le regroupement sera-t-il généralisé au moment d’aborder les premiers grains orageux de la zone de convergence intertropicale ? Le pot au noir sera-t-il l’occasion d’un nouveau départ ? Possible…

Classement à 5h00 ce mardi 18 novembre :
1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 21 433 milles de l’arrivée
2- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 6,7 milles du leader
3- Sébastien Josse (BT) à 22 milles
4- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 32,9 milles
5- Armel Le Cléac’h (Brit’Air) à 42 milles

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