Accueil Blog Page 1608

La course a repris ses droits

Telefonica Blue
DR

Le plus touché est Telefonica Black, officiellement en suspension de course, qui a du rebrousser chemin et qui vient de regagner le port de Subic Bay dans l´île de Luzon aux Philippines. Son équipe technique, déjà sur place, a immédiatement commencé le check up complet du VO 70, notamment la jonction coque-pont, avant de donner l´agenda précis du bateau pour les prochains jours.

Les six autres équipages sont toujours en course, Delta Lloyd et Green Dragon ayant repris la mer hier en fin d´après-midi, après avoir mis leur course entre parenthèses plus de 12 heures, ancrés à l´abri d´une baie de l´île Luzon pour réparer ou panser provisoirement leurs plaies. Barre à roue et rail de grand voile endommagés ainsi qu´une grand voile déchirée pour le concurrent hollandais et problème général de structure pour Green Dragon.

 Ce dernier a procédé à une réparation provisoire pour couvrir les 1 000 derniers milles qu´il lui reste à couvrir avant de gagner Qingdao. Le skipper, Ian Walker et ses hommes savent que la réparation est un peu aléatoire mais ils  savent aussi qu´ils sont considérés comme les « locals de l´étape » puisqu´ils portent également les couleurs de l´Irlande et de la Chine dans cette course. Ils sont donc déterminés à tout faire pour arriver sous voile dans le port de la cité nautique des JO de Pékin 2008 afin de faire honneur à leurs partenaires.

 

En tête de flotte, Telefonica Blue qui avait pris l´option d´affronter la tempête qui faisait rage vendredi et samedi dans le détroit de Luzon conserve le bénéfice de son audace et tient toujours le leadership de cette étape de 2 500 milles. Le VO 70 espagnol, ainsi que les deux VO 70 suédois sont actuellement très proches des côtes du nord-est de l´île de Taiwan. Toute la nuit, ils ont joué avec des vents capricieux en force et en direction ce qui a permis à Puma qui passe un peu plus au large des côtes de leur reprendre une vingtaine de milles ces trois dernières heures.

“La nuit a été compliquée, rapportait Bekking dans son dernier message. Le vent passait de 0 à 20 nœuds en quelques secondes, faisant le tour du compas, le tout dans une nuit d´encre. Nous avons dû changer de voiles à de nombreuses reprises, ce qui a nécessité d´avoir tout le monde sur le pont. Les gars sont éreintés mais personne ne se plaint. Ils se réveillent, montent sur le pont, font leur boulot, reviennent s´écrouler sur leur bannette en espérant qu´on ne les réveille pas une nouvelle fois avant l´heure. »

 

Un nouveau coup de vent de nord-est est attendu en fin de journée sur le nord de Taiwan. Il faudra donc que les concurrents refassent une dernière fois le dos rond avant d´arriver en Chine qui fête aujourd´hui son nouvel an. Le repos viendra ensuite car la fin d´étape s´annonce relativement peu ventée.

A 64 milles de l´Espagnol, Ericsson 3, toujours en seconde position ce matin,  mais voit son avance sur Ericsson 4 fondre comme neige au soleil.  Alors que 30 milles les séparaient hier à la même heure, 10 petits milles ne séparent plus les deux bateaux ce matin. Et l´appétit du leader du classement général pourrait ne pas s´arrêter là… Telefonica Blue va devoir surveiller ses arrières… D´autant qu´il faudra sans doute compter sur un Puma très remonté après avoir vu son leadership lui échapper jeudi sur rupture de bôme et qui semble avoir retrouvé tous ses moyens, la rage en plus.

La bagarre s´annonce rude entre ces 4 concurrents jusqu´à Qingdao.

Classement ce lundi 26 janvier à 8h Paris

1 – Telefonica Blue à  699 milles de l´arrivée Qingdao – Chine

2 –  Ericsson 3 à 64 milles

3 – Ericsson 4 à 68 milles

4-  Puma à 156 milles

5 – Delta Lloyd à 236 milles

6 -Green Dragon à 285 milles

7 – Telefonica Black – course suspendue – au port.

8 – Team Russia – DNS

- Publicité -

Wilson au Horn

Rich Wilson - Great American III
DR

" Yes you can "
Et de 10. Le vétéran et seul concurrent américain de ce 6e Vendée Globe a laissé derrière lui un long et éprouvant océan Pacifique. Lundi en début d’après-midi, le skipper de Great American III franchissait le rocher-frontière qui marque le passage en Atlantique. A la vacation de la mi-journée, Rich décrivait son environnement : 40 nœuds de vent d’ouest et une mer difficile à son arrivée sur le plateau continental. " C’est gris, gris, gris " poursuivait-il, la voix fatiguée, mais néanmoins satisfait de vivre un des très grands moments de sa course. Présent lors de la vacation radio, Judson Hamblett, attaché diplomatique de l’ambassade américaine à Paris n’a pas manqué de féliciter Rich Wilson, sous forme d’un clin d’œil ‘Obamesque’ : " Rich, yes you can ! ".

A ce jour, il ne reste plus que deux concurrents dans le Pacifique : Raphaël Dinelli et Norbert Sedlacek. Le premier a passé la dernière porte de sécurité ce matin à 8h30. Le second devrait le suivre en fin de journée. Avec 7000 milles de retard sur Michel Desjoyeaux, les deux compères franchiront le Horn quand le premier aura posé son sac à terre !

L’avarie cachée de Foncia : le safran bâbord
L’arrivée est-elle pour samedi ou pour dimanche ? Tout dépend de la stratégie de Michel Desjoyeaux. En train de s’extirper de l’anticyclone des Açores à des moyennes somme toute correctes (9,5 nœuds), le leader a le choix entre deux options. Empanner rapidement pour aller chercher plus au nord un front très actif ou bien temporiser et laisser le front venir à lui pour bénéficier de conditions de navigation toujours rapides mais plus clémentes. Tout porte à croire que le navigateur de Port la Forêt optera pour l’option 2, même si cela retarde légèrement son heure d’arrivée aux Sables. Avec plus de 500 milles d’avance sur Roland Jourdain, il peut se payer le luxe de laisser du temps au temps. D’autant que le skipper de Foncia révélait ce midi une avarie survenue le 25 décembre dernier et qui aurait pu le contraindre à jeter l’éponge. Lors de sa remontée vers la première porte Pacifique au près dans 35 à 40 nœuds de vent, il a failli perdre son safran bâbord. Une grosse frayeur rétrospective qui décuple aujourd’hui l’attention qu’il porte à son matériel. Pour arriver vainqueur, il sait qu’il faut finir la course et se contraindre à naviguer prudemment.

Le même dilemme anime aujourd’hui les pensées de Bilou, tiraillé entre son envie de tirer sur le bateau et la nécessité de le préserver. Roland Jourdain sait que la météo lui sera moins favorable dans ses 2340 derniers milles de course. D’autant moins favorable s’il prend du retard sur les systèmes dont bénéficie actuellement Mich’ Desj’. Du coup, le skipper de Veolia Environnement se voit bien aux Sables d’Olonne trois jours après le vainqueur. Mais au-delà de cette seconde place qu’il occupe vaillamment depuis une bonne quarantaine de jours, il se réjouit déjà à l’idée – après son abandon dans le Vendée Globe 2004 et l’année dernière sur la Barcelona World Race – de boucler enfin jusqu’au bout son tour du monde !

Problématique Atlantique
Derrière lui, chacun cherche son chemin en Atlantique, dans un contexte météorologique pas toujours coopératif. Si Armel Le Cléac’h profite à son tour d’alizés bien installés, Marc Guillemot et Samantha Davies sont moins bien servis dans l’hémisphère sud. Mais une nouvelle source de motivation anime le couple franco-britannique presque inséparable depuis l’océan Indien : un duel à une poignée de milles de distance, à la faveur d’un retour tonitruant de la navigatrice anglaise. Même double mixte entre Brian Thomson et Dee Caffari, eux aussi à quelques milles d’écart dans les faibles alizés du sud. Ils ont désormais distancé Arnaud Boissières qui navigue au près le long des côtes du Brésil ! Du près musclé est également au menu pour l’Anglais Steve White au large de l’Argentine.

Le classement de 16 heures le 26/01/09
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 1823,8 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 518 milles du leader
3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1029,8 milles
4- Marc Guillemot (Safran) à 2126 milles
5- Samantha Davies (Roxy) à 2128,7 milles
6- Brian Thompson (Barhain Team Pindar) à 2430,8 milles
7- Dee Caffari (Aviva) à 2545,9 milles
8- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2929,4 milles
9- Steve White (Toe in the Water) à 3670,1 milles
10- Rich Wilson (Great American III) à 5200 milles
11- Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) à 6995 milles
12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 7068,4 milles

- Publicité -

Pause dominicale

Armel Le Cleac h - Brit Air
DR

Quasiment aucun changement dans les écarts entre tous les solitaires après une nuit plutôt paisible, de l’Atlantique Nord au Pacifique Sud. À quelques milles près, ce sont les mêmes distances parcourues pour tous les concurrents, ce qui indique bien qu’il n’y a pas ce dimanche, de grands évènements météorologiques sur le plan d’eau. Presque tout le monde navigue dans des conditions agréables, entre neuf et treize nœuds de moyenne, sur une mer maniable et des températures clémentes. Mais le grand gagnant de ce week-end est bien Armel Le Cléac’h (Brit Air) qui semble être déjà sorti du Pot au Noir, une Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) qui ne l’a pratiquement pas ralenti ! L’air de rien, il a grappillé deux cents milles à son prédécesseur Roland Jourdain (Veolia Environnement) sur ce passage toujours assez incertain… Ce dernier est à son tour au large du Cap Vert, dans de bons alizés d’Est qui lui permettent de maintenir son écart face au leader. Michel Desjoyeaux n’a pas beaucoup de questions à se poser : les conditions sont telles que son dauphin ne peut que suivre sa trace avec 500 milles d’écart.
 
Ralentissement progressif mais temporaire
 
Après quarante jours de domination, le skipper de Foncia peut dérouler tranquillement une fin de course qui annonce un vent d’Est qui adonne pour passer au secteur Sud ce dimanche en mollissant, mais ce passage délicat ne devrait pas durer plus d’une journée. Au fur et à mesure qu’il gagne en latitude, Michel Desjoyeaux peut arrondir sa courbe vers Les Sables d’Olonne sur une mer qui se lisse lentement. Mais la semaine prochaine se présente sous d’autres auspices : un autre train de dépressions arrive sur la Vendée et va sérieusement brasser le golfe de Gascogne avec de très forts vents d’Ouest !
 
Ce n’est pas le même scénario pour les concurrents de l’Atlantique Sud : Marc Guillemot (Safran) est arrivé doucement à s’extraire de la zone orageuse brésilienne et doit passer près de Salvador de Bahia ce dimanche. Le Trinitain est encore assez proche des côtes (60 milles) et navigue dans un alizé très modéré d’Est, tout comme Samantha Davies (Roxy) qui a aussi réussi à retrouver des brises plus établies depuis hier soir. L’hémorragie de milles face à Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) est enfin circonscrite et il semble même que le Britannique a dû fait un arrêt technique en plein milieu de l’océan pour réparer quelque chose, car il y perdu bien des milles sur Dee Caffari (Aviva). Les réparations de la grand voile de l’Anglaise font donc leur effet dans cette brise de secteur Est modérée : quatorze nœuds de moyenne…
 
Même environnement pour Arnaud Boissières depuis le début du week-end : les brises se sont installées durablement d’Est et Akéna Vérandas peut tracer sa route directement vers l’équateur. Tout comme Steve White (Toe in the water) qui tire un trait rectiligne depuis son passage de l’île des Etats… Pour Rich Wilson (Great American III), le cap Horn s’approche à 350 milles de son étrave et l’Américain doit le franchir lundi dans des conditions météorologiques très maniables. Une situation similaire pour les deux derniers qui filent à une dizaine de nœuds vers l’ultime porte des glaces. En ce onzième dimanche en mer depuis le départ des Sables d’Olonne le 9 novembre dernier, c’est probablement l’un des plus agréables pour tous les solitaires !

Classement du dimanche 25 janvier 5h00

1-Michel Desjoyeaux (Foncia) à 2139,7 milles de l’arrivée

2-Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 503,6 milles du leader

3-Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1028,9 milles

4-Marc Guillemot (Safran) à 2045,2 milles

5-Samantha Davies (Roxy) à 2168,7 milles

6-Brian Thomson (Bahrain Team Pindar) à 2432,6 milles

7-Dee Caffari (Aviva) à 2499,6 milles

8-Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2951,4 milles

9-Steve White (Toe in the water) à 3656,8 milles

10-Rich Wilson (Great American III) à 5227 milles

11-Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6977,8 milles

12-Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 7051,9 milles
 

 

- Publicité -

La parabole de Michel

Foncia Desjoyeaux vitesse croisière
DR

Michel Desjoyeaux (Foncia) peut se permettre de laisser courir un peu pour mieux passer dans une mer encore assez hachée par des alizés qui ont atteint parfois plus de trente nœuds la nuit dernière. Encore quelques grains, encore des rafales, mais une lente bascule vers l’Est qui permet au leader de naviguer travers au vent à plus de quinze nœuds de moyenne. Et en piquant au Nord à Nord-Ouest (345°) plutôt que de pointer plein Nord (360°) afin que le monocoque tape moins, que le gréement fatigue moins et que le skipper dorme un peu mieux, le solitaire fait d’une pierre deux coups : la trajectoire finale pour atteindre les Sables d’Olonne va ressembler à une magnifique parabole ! Dès ce week-end, le premier va ainsi obliquer progressivement vers le Nord au niveau de la latitude des Canaries (28° Nord), puis doucement glisser vers le Nord-Est quand la brise va s’orienter au Sud-Ouest. Une fois l’archipel par le travers, Michel Desjoyeaux pourra piquer vers le golfe de Gascogne, probablement en s’écartant du plateau continental au large du cap Finisterre où l’état de la mer risque d’être dangereux… Cette belle courbe parabolique vers le but sera peut-être brisée par un ou deux empannages avant d’atterrir sur la Vendée.
 
Des écarts croissants
Le leader peut s’appuyer sur un matelas d’avance qui ne fait que croître au fil des jours depuis le passage du cap Horn : Roland Jourdain n’a pas tout à fait les mêmes conditions de navigation et a perdu encore du terrain depuis qu’il s’est extrait jeudi soir du Pot au Noir. Il peut désormais bénéficier d’un alizé de Nord-Est d’une quinzaine de nœuds qui va se renforcer, mais il perd quasiment 70 milles par jour sur le premier ! Au passage de l’équateur le skipper de Veolia Environnement avait 2 jours 03 heures 16 minutes de retard, mais il pourrait encore accumuler une demie journée de plus avant l’arrivée car les conditions météorologiques seront un peu moins favorables pour le dauphin… Mais à ce rythme, le monocoque rouge devrait tout de même aussi améliorer le temps de référence établi sur le Vendée Globe en 2004 par Vincent Riou (87j 10h 47’ 55’’).
 
Ce ne sera pas le cas du troisième actuel, Armel Le Cléac’h devant entrer dans la « zone d’ombre » équatoriale dès ce soir. Le skipper de Brit Air ne voyait pas encore à midi les nuages noirs à développement vertical, caractéristiques de la Zone de Convergence Inter Tropicale, mais le Pot au Noir était bien à quelques dizaines de milles de son étrave : le ralentissement ne s’annonce pas aussi radical que ses deux prédécesseurs car les grains sont moins étendus, mais il devrait être plus long. La ZCIT est en effet plus étendue et semble progressivement remonter vers l’équateur, une position plus normale à cette période de l’année : les alizés de l’hémisphère Nord faiblissent un peu ces prochains jours tandis que ceux de l’hémisphère Sud se renforceraient : le Pot au Noir se décalera d’autant. Et les 500 milles d’écart que concède Armel Le Cléac’h sur Roland Jourdain devraient donc plutôt augmenter, autour de 700 milles voire plus !
 
Croisement brésilien
Pour Marc Guillemot (Safran), la navigation le long des côtes brésiliennes n’est pas de tout repos : certes le Trinitain y a trouvé de la brise parfois même portante, mais il y a du « monde dans le bourg ». Des plateformes de forage, des pêcheurs, et surtout des filets et de lignes flottantes où frétillait du poisson… Il se sort progressivement de cette nasse pour aller retrouver des alizés d’Est installés au large de Salvador de Bahia : il peut encore espérer que ces vents deviennent plus réguliers pour remonter rapidement vers l’équateur. Si l’anticyclone de Sainte-Hélène se restructurait ces prochains jours, il pourrait s’engager dans une fissure du Pot au Noir, et devenir plus menaçant face à Armel Le Cléach, puisque Marc Guillemot bénéficie d’un temps de redressement atteignant 71 heures sur son prédécesseur… Gardons à l’esprit que le parcours qui leur reste est similaire à une transat retour Brésil-France, comme il y en a eu une, il y a un peu plus d’un an…
 
Samantha Davies (Roxy) a perdu des milles ces temps derniers, mais l’hémorragie devrait être circonscrite dès ce soir : la Britannique traverse une dorsale ce vendredi après-midi et peine donc dans des vents faibles. Le retour de la brise de secteur Nord-Est devrait lui permettre de recoller à Marc qui a quant à lui, une convergence à franchir… Un croisement au large du Brésil est donc à prévoir, mais il sera difficile pour la jeune Anglaise de devancer Marc de plus de deux jours, avance due à son détournement vers Yann Eliès.
 
Happy Birthday Dee !
36 bougies… Dee Caffari (Aviva) semble vivre de sacrés bons moments, non seulement parce qu’elle fête une nouvelle fois son anniversaire en mer, mais aussi parce que sa grand voile ressemble de plus en plus à un patchwork : à force de découper d’autres voiles pour plaquer les morceaux sur les zones délaminées, la Britannique peut enfin envoyer de la toile et retrouver des vitesses plus conformes au potentiel de son monocoque. De là à inquiéter Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), il y a un grand pas puisque son compatriote s’est échappé à cent milles devant. Le plus puissant des monocoques de ce sixième Vendée Globe semble retrouver des ailes et 400 milles à rattraper sur Samantha reste dans le domaine du possible…
 
Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) n’est plus du tout dans le même système météo que ses deux devanciers : très à l’Ouest au large de l’Uruguay, il ne s’est pas encore débarrassé des hautes pressions. Mais comme l’anticyclone se décale vers le Sud-Est, l’Arcachonnais va enfin remettre du charbon ce week-end avec la possibilité de naviguer dans des brises établies, mais contraires. C’est le cas pour Steve White (Toe in the water) mais pour lui, ce sont des vents de Nord qui atteignent quarante-cinq nœuds ! Le Britannique semble cumuler les situations contraires depuis qu’il est entré dans le Pacifique…
 
Horn, sweet Horn
L’Américain Rich Wilson (Great American III) voit s’approcher le bout du tunnel : le cap Horn n’est plus qu’à 700 milles et le vent est plutôt coopératif. Du Sud-Ouest dix nœuds qui va tourner au Nord-Ouest 35 nœuds pour le week-end : des conditions idéales pour parer le cap Dur et remonter enfin vers les chaleurs tropicales et des eaux moins hostiles. Ce n’est pas encore le cas pour Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) qui naviguent toujours en bordure méridionale d’un gros anticyclone Pacifique. S’il fallait aller vers la pointe de l’Amérique directement, cela serait presque une partie de plaisir, mais le problème est qu’il y a encore une porte des glaces à franchir ! Impossible de descendre pour attraper les vents d’Ouest et heureusement d’ailleurs, car il y a encore des glaces dérivantes dans leur Sud… A ce rythme, les deux compères n’auront pas encore passé le cap Horn quand le vainqueur franchira les digues du port vendéen ! Mais ce fut toujours le cas lors des précédentes éditions du Vendée Globe, avec Jean-François Coste en 1990, Jean-Yves Hasselin en 1993, Catherine Chabaud en 1997, Pascale di Gregorio en 2001, Karen Leibovici en 2005.

1-Michel Desjoyeaux (Foncia) à 2 480 milles de l’arrivée
2-Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 539,8 milles du leader
3-Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1044,3 milles
4-Marc Guillemot (Safran) à 1992,6 milles
5-Samantha Davie (Roxy) à 2109,3 milles
6-Brian Thomson (Bahrain Team Pindar) à 2590,7 milles
7-Dee Caffari (Aviva) à 2671,8 milles
8-Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2909,1 milles
9-Steve White (Toe in the water) à 3727,8 milles
10-Rich Wilson (Great American III) à 5217,8 milles
11-Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6963,2 milles
12-Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 7057,4 milles
 
 

- Publicité -

Thompson au charbon

Brian Thompson tempête Vendee Globe 2008
DR

Desjoyeaux-Jourdain : écart stabilisé
L’hémorragie des milles qui séparent Michel Desjoyeaux de Roland Jourdain semble être enrayée ce matin.  Calé dans le sillage de Foncia, qui poursuit son cavalier seul dans le nord-ouest du Cap Vert, Veolia Environnement a bien accéléré cette nuit et affichait, poussé enfin par de solides alizés de nord-est, des moyennes de 14 nœuds.
 
A 150 milles dans le sud de l’équateur, Armel Le Cléac’h, est sensé aborder le pot au noir, un passage qui a piégé  son prédécesseur pendant presque 48 heures. Mais comparée aux récits de Roland Jourdain, qui relatait une nuit cauchemardesque coincé sous un grain gigantesque et une pluie diluvienne, la traversée de cette zone tant redoutée semble pour l’instant indolore pour le skipper de Brit Air. Cette nuit, il n’avait pas encore ralenti !
 
Marc Guillemot et Sam Davies à la recherche du vent perdu
La situation est moins agréable pour les 4e et 5e du classement. Marc Guillemot, fidèle à sa stratégie « côtière », continue de tirer des bords 30 milles au large du Brésil. Une vraie partie de slalom entre les plates-formes de forage et les bateaux de pêche comme en témoignent les images expédiées au petit matin par le skipper de Safran. Les vents thermiques et autres effets de sites recherchés par Marc Guillemot ont un prix : une grosse fatigue générée par une veille constante et l’obligation de manœuvrer au portant. Bien plus au large, la première femme de ce Vendée Globe n’est pas mieux servie, bien au contraire. Depuis trois jours, Marco et Sam, coincés entre lignes de grains et dorsale anticyclonique, sont en recherche de vent et de vitesse. Résultat : une nette bien que discrète remontée de leurs poursuivants.
 
Brian à l’attaque
Brian Thompson est en effet le plus rapide au pointage de ce samedi matin. Dans des conditions idéales pour faire parler son puissant Barhain Team Pindar, le navigateur Britannique a passé toute la nuit à glisser au largue à plus de 15 nœuds. Il y a une semaine, Brian accusait encore 1000 milles de retard sur Samantha Davies. Ce matin, il n’est plus qu’à 350 milles !  Englué dans une bulle anticyclonique uruguayenne que Brian et Dee ont réussi à éviter, Arnaud Boissières voit ses compagnons de route s’échapper. Ce matin, Akena Vérandas était toujours deux fois moins rapide.
 
Au large de l’Argentine, tout va bien pour Steve White, dernier de la troupe à évoluer en Atlantique. Hier, Steve a pu enfin choquer les écoutes et progresse à 12 nœuds. Lui aussi opère depuis une semaine une timide mais constante remontée, avec pas loin de 300 milles de gagnés sur Akena Vérandas.
 
L’actualité est différente pour les trois bateaux qui ferment la marche. Rich Wilson plonge doucement vers le sud pour doubler, d’ici deux jours environ, le mythique cap Horn. Quant à Raphaël Dinelli et Norbert Sedlacek, ils vont devoir infléchir leur route vers le nord pour passer la dernière porte de sécurité Pacifique. Les deux hommes ont franchi ce matin la barre des 7000 milles de retard sur les leaders.

Classement 4:00 GMT
1 Michel Desjoyeaux (Foncia) à 2361,7 milles de l’arrivée
2 Roland Jourdain (Veolia Environnement) à  524,4 milles du leader
3 Armel Le Cléac’h (Brit Air) à  1030,2 milles
4 Marc Guillemot (Safran) à 2003,4 milles
5 Samantha Davies (Roxy) à 2168,8 milles
6 Brian Thompson (Barhain Team Pindar) à  2510,3 milles
7 Dee Caffari (Aviva) à 2612,1 milles
8 Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2952,3 milles
9 Steve White (Toe in the Water) à 3687,8 milles
10 Rich Wilson (Great American III) à 5214,9 milles
11 Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) à 7001,7 milles
12 Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 7065,8 milles

- Publicité -

Route barrée en tête du Vendée Globe

Roland Jourdain - Veolia Environnement
DR

Alors que la tempête fait rage sur les côtes basques et du côté de Météo France à Toulouse, les vents sont nettement moins violents sur le reste de l’Atlantique Nord et encore plus poussifs au large du Brésil ! Car en bas de ces " hurle vents ", l’anticyclone de Açores impose sa loi : puissantes, vastes, stables, ces hautes pressions génèrent des alizés de Nord-Est soutenus entre la latitude du Cap Vert et celle des Canaries avec plus de vingt-cinq nœuds et des grains. Et même si la tendance est à un lent décalage vers l’Europe, ce centre d’action météorologique a surtout des velléités à se compresser par le Nord sous l’influence d’une succession de dépressions entre Terre-Neuve et l’Irlande. La conséquence est un anticyclone des Açores en forme de haricot qui s’étale très loin, des Canaries à l’arc caraïbe. Michel Desjoyeaux (Foncia) n’a pas d’autre solution que de le contourner largement par l’Ouest : le solitaire navigue donc vent de travers au cap 355° pour ne pas " couper le fromage " trop tôt.

Flirt isobarique
Toute la difficulté est de trouver la voie qui permet de ne pas trop ralentir tout en n’allongeant pas trop la route. Le leader annonce ainsi qu’il navigue dans une vingtaine de nœuds d’Est avec une mer encore très agitée, mais qu’il va envoyer le gennaker dans un vent mollissant dès dimanche soir. Le temps qu’il passera dans cette métastase anticyclonique n’est pas encore bien cerné mais il va perdre du terrain face à Roland Jourdain. Le skipper de Veolia Environnement subit en effet les mêmes conditions que Michel Desjoyeaux il y a deux jours, c’est à dire du vent de Nord-Est puissant avec des grains à plus de trente nœuds. Mais le gain du dauphin ne risque pas d’entamer l’avance du leader, juste l’écorner une journée, puisque le poursuivant aura aussi à négocier ces tentacules anticycloniques dès mardi. Les trajectoires des deux premiers sont d’ailleurs strictement les mêmes et Roland Jourdain aura peut-être l’opportunité de clignoter à droite un peu plus tôt en rasant les Açores.

Le Pot au Noir a bien changé en deux jours seulement ! Autant il était actif mais court pour Michel Desjoyeaux, autant il était calme mais long pour Roland Jourdain, autant il se présente comme presque inexistant pour Armel Le Cléac’h (Brit Air) : le navigateur va passer l’équateur cette nuit et à dix nœuds de moyenne comme il le traverse depuis vendredi soir, le solitaire en sera sorti dès dimanche matin… Coup de pot dans le Pot ! Qu’en sera-t-il pour les suivants : nul ne le sait encore, car dans l’hémisphère Sud, ce n’est pas le même scénario qui se déroule. L’anticyclone de Sainte-Hélène s’est envolé au large de la Namibie et des bouffées d’air chaud s’échappent du Brésil. Résultat : une masse nuageuse s’interpose pour cisailler des alizés de Sud-Est, mous, instables, peu développés.

Le carnaval des brises
O Brazil ! Le carnaval n’a lieu que dans un mois mais c’est déjà le grand feu d’artifice au large de Rio : Marc Guillemot (Safran) dansait encore la nuit dernière au milieu de plateformes de forage en zigzaguant au gré des brises entre pêcheurs et cargos, sous des grains orageux, des éclairs, du tonnerre et une chaleur… tropicale. Le Trinitain entrevoit la sortie et va retrouver des alizés de Sud-Est certes souffreteux mais installés jusqu’à l’approche du Pot au Noir. Le topo est légèrement différent pour Samantha Davies (Roxy) qui doit virevolter entre une dorsale qui pousse un soupir de secteur Nord tandis que la masse orageuse envoie des bouffées d’air asthmatiques de secteur Sud-Est ! Coincée depuis deux jours dans cette nasse piégeuse, la Britannique a droit à des souffles venus de tous les points cardinaux…

Petit à petit, le géant Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) revient à grand pas sur sa compatriote en gardant dans son sillage Dee Caffari (Aviva) : l’Anglais profite enfin du potentiel de son monocoque hyper puissant pour commencer à inquiéter Sam. Elle n’est plus qu’à moins de 300 milles de son étrave et navigue deux fois moins vite ! Effet temporaire puisque Brian tout comme Dee vont aussi devoir traverser cette zone orageuse. Quant à Arnaud Boissières (Akéna Vérandas), il n’a pas de vent portant comme ses deux prédécesseurs, mais une brise de secteur Nord qui l’oblige à faire du près. Il n’a plus qu’à espérer que l’anticyclone de Sainte-Hélène revienne à sa position normale et que les bulles de chaleur brésiliennes se dissipent pour ne pas avoir à louvoyer jusqu’à Salvador de Bahia…

Sortie Pacifique
Steve White (Toe in the water) va être le concurrent qui a le plus navigué au près ! Il est encore à négocier des brises de Nord-Ouest fortes puisqu’elles atteignent jusqu’à quarante nœuds mais au moins le Britannique peut-il faire route directe vers les alizés. Rich Wilson (Great American III) bénéficie d’un vent qui se renforce progressivement et à ce rythme, l’Américain doit franchir le cap Horn lundi. Mais il reste encore plus de 2 200 milles au duo Dinelli-Sedlacek, qui bordure toujours un énorme anticyclone afin d’aller couper l’ultime porte des glaces, avant d’en finir avec le Pacifique… Il y aura plus d’un océan d’écart quand le vainqueur franchira la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne !

Classement de 16h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 2266,7 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 510 milles du leader
3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1017,4 milles
4- Marc Guillemot (Safran) à 2023,8 milles
5- Samantha Davies (Roxy) à 2170,6 milles
6- Brian Thomson (Bahrain Team Pindar) à 2442,3 milles
7- Dee Caffari (Aviva) à 2564,6 milles
8- Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2953,8 milles
9- Steve White (Toe in the water) à 3654,1 milles
10- Rich Wilson (Great American III) à 5217,8 milles
11- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6988,2 milles
12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 7054 milles

- Publicité -

La Volvo Race dans la tourmente

Telefonica Blue
DR

La subtilité du jeu d’échec a fait place au repli stratégique. Sauf pour Telefonica Blue qui n’a déclaré aucun dommage jusqu’à maintenant et qui poursuit sa course, en cavalier seul, bravant les conditions climatiques actuelles du Détroit de Luzon.

L’option du VO 70 espagnol pourrait paraître téméraire, si elle n’était sans doute conditionnée par le fait que les prévisions météo ne vont pas forcément rendre les choses plus faciles pour les retardataires, notamment à l’approche de Qingdao.

Telefonica Black qui s’était également engagé dans le détroit ce matin, rebrousse chemin actuellement pour venir trouver refuge auprès de côtes de Luzon. En effet, l’équipage avait entendu cette nuit un craquement au niveau de la coque qui l’avait, dans un premier temps, poussé à réduire la voilure. Mais la perspective de se lancer dans un rodéo dantesque sans réellement connaître l’origine de ce bruit les a fait reculer.

Le second tandem de cette édition 2008-2009 de la Volvo Ocean Race, Ericsson 4 et Ericsson 3, actuellement bord à bord en 2ème et 3ème position le long des côtes, ne sont  pas encore entrés sur le ring et continuent leur louvoyage à très petite vitesse en attendant, pour leur part, que les conditions soient plus praticables avant de s’engager dans le détroit.

Depuis la fin de la matinée, on connaît mieux le sort de Puma, stoppé dans sa course en milieu de nuit. Dans une conversation téléphonique avec le PC course, Ken Reed, le skipper, racontait que la bôme du VO 70 était cassée à la moitié et que l’équipage, actuellement au mouillage, tentait une réparation de fortune sans assistance afin de poursuivre l’étape dès que les conditions le permettraient. La déception était palpable dans les paroles de l’américain, qui voyait tous les efforts de son équipe, aux commandes de la flotte pratiquement depuis le départ de Singapour dimanche, s’évanouir en fumée.

De son côté, Delta Lloyd qui est également au mouillage a demandé la suspension de sa course pour pouvoir bénéficier d’une assistance. Le concurrent hollandais a l’une de ses deux barres à roue hors service, une déchirure dans sa grand voile et son rail de grand voile endommagé.  La suspension de course et donc l’assistance est possible mais elle oblige à 12 heures d’arrêt au stand minimum.

Quant à Green Dragon, considéré comme le « local » de cette étape, il avait annoncé dans la nuit des problèmes de structure à l’avant du bateau. Le VO 70 sino-irlandais qui vient de rejoindre la côte ouest de Luzon a jeté l’ancre à une dizaine de milles au nord de la position de Puma et a également demandé la suspension de sa course. L’équipage tente pour l’instant une réparation sur les renforts intérieurs, sachant qu’au-dessus du pont, le gréement du bateau était fragilisé après une rupture d’étai jeudi.

Classement ce samedi 24 janvier à 17h Paris
1 – Telefonica Blue à 989 milles de l’arrivée Qingdao – Chine
2 –  Ericsson 3 à 104 milles
3 – Ericsson 4 à 105 milles
4 – Telefonica Black à 140 milles
5-  Puma à 158 milles
6 – Delta Lloyd – course suspendue
7 –Green Dragon – course suspendue
8 – Team Russia – DNS

- Publicité -

500 milles d’avance : Desjoyeaux s’échappe

Desjoyeaux Foncia Cap Horn 2009
DR

Désormais, le podium provisoire se compte par tranches de plus de 500 milles. C’est la distance qui sépare Michel Desjoyeaux de Roland Jourdain et ce dernier d’Armel Le Cléac’h. Il est bien loin le temps où, sur le trajet aller, aux abords du Cap Vert, le top 10 du Vendée Globe jouait des coudes dans une petite centaine de milles !

Marco à la plage
Contrairement aux alizés du sud particulièrement faiblards (comme en témoigne la timide progression de Brit Air), leurs ‘homologues’ de l’hémisphère nord sont assez solides pour permettre à Foncia d’aligner des moyennes nocturnes de 15 nœuds. Mais le reste de la flotte n’est pas du tout à la même enseigne. Certes, Roland Jourdain ne devrait plus tarder à être récompensé de ses efforts. Logiquement, il devrait bénéficier à son tour d’un flux d’Est-Nord-Est d’une vingtaine de nœud, profitables à son bateau rouge.

Mais en règle générale et depuis plus de 24 heures, l’allure n’est pas folichonne. Marc Guillemot flirte actuellement à 13 milles des plages brésiliennes où il est allé chercher des vents thermiques pour tenter d’avancer. Ce matin, Safran profitait de quelques légères accélérations à 10 nœuds tandis que Sam Davies était à nouveau fortement ralentie au large de Rio.

Thompson décolle
Au sein du trio franco-britannique, Brian Thompson est le seul à avoir décollé. Ce matin, le skipper de Bahrain Team Pindar était le deuxième concurrent le plus rapide derrière Desjoyeaux. Brian est à l’attaque et ne cesse de distancer sa compatriote Caffari. Pas très gentleman, ni très fair-play envers lady Dee qui fête en ce 23 janvier ses 36 printemps.

Enfin, Steve White, qui fait cap au nord-est au large de l’Argentine, Rich Wilson, à 770 milles du Horn, et le tandem Dinelli/Sedlacek à 700 milles de la dernière porte Pacifique, doivent composer avec des vents peu coopératifs et des vitesses moyennes parfois bien inférieures à 10 nœuds.

Le classement de 5 heures le 23/01/09 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 2594,2 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 517 milles du leader
3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1030 milles
4- Marc Guillemot (Safran) à 1987,9 milles
5- Samantha Davies (Roxy) à 2048,6 milles
6- Brian Thompson (Barhain Team Pindar) à 2615,4 milles
7- Dee Caffari (Aviva) à 2681,7 milles
8- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2823,3 milles
9- Steve White (Toe in the Water) à 3729,8 milles
10- Rich Wilson (Great American III) à 5195, 4 milles
11- Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) à 6921,7 milles
12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6997 milles

- Publicité -

TELEFONICA BLACK S’IMPOSE

Telefonica Black
DR

South Rock Light doublé, Telefonica Black poursuivait sa route bâbord amure, se rapprochant des Philippines, alors que Puma, emmenant Telefonica Blue dans son sillage, virait de bord aussitôt et repartait au large, tribord amure. Quatre heures plus tard, vers 9h (Paris) c’était au tour des cinq autres concurrents de passer la marque en rangs serrés.
 
Sur les VO 70 la navigation au près qui prédomine depuis le départ de Singapour dimanche est  humide et intense : « Nous luttons sans répit contre des vents extrêmement changeant en vitesse et en direction.  Les manœuvres sur le pont sont incessantes, écrivait hier Mikel Pasabant, l’opérateur média de Telefonica Black. Pas beaucoup de temps pour profiter du paysage, mais le moral des troupes est au beau fixe car nous sommes contents d’être là où nous sommes après 6 jours de course.»
 
Comme prévu les vents violents de la mousson d’hiver se sont mis en place à la hauteur de Taiwan et vont commencer en milieu de journée à leur barrer la route, ce jusqu’en milieu de week-end. Les prochaines 48 heures vont donc être périlleuses pour le matériel avec une mer formée de creux de 4 à 5 mètres. En effet, des vents violents soufflant en rafale jusqu’à 40 nœuds vont attaquer les concurrents de face alors que de forts courants les porteront en sens contraire.
 
Mais les équipages semblent avoir parfaitement anticipé ce mauvais quart d’heure. Les voiles de gros temps sont prêtes, les rations de nourriture ont été augmentées, les masques et les combinaisons étanches sont à portée de main.  Pour aborder cette délicate partie du parcours, Green Dragon devra faire particulièrement attention. En effet, le concurrent sino-irlandais a cassé un étai hier après-midi, ce qui fragilise l’ensemble de son gréement. Pas forcément très enthousiasmant quand on s’engage dans une partie de saute-moutons de deux jours.

Classement ce vendredi 23 janvier à 8h Paris
 
1 – Telefonica Black à 1 285 milles de l’arrivée Qingdao – Chine
2 –  Puma à 4 milles
3 – Telefonica Blue à 12 milles
4 – Delta Lloyd à 31 milles
5 – Ericsson 3 à 40 milles
6 – Green Dragon à 41 milles
7 – Ericsson 4 à 42 milles
8 – Team Russia – DNS
 
VOLVO OCEAN RACE 2008-2009
Classement général Provisoire après 5 manches (sur 17)
 
1-       Ericsson 4 – 39 points
2-       Telefonica Blue – 33,5 points
3-       Puma – 31 points
4-       Ericsson 3 – 24 points
5-       Green Dragon – 22,5 points
6-       Telefonica Black – 19  points – après les 3 points retirés en fin d’escale à Singapour pour avoir changé ses safrans.
7-       Team Russia – 10,5 points – s’est retiré provisoirement de la course
8-       Delta Lloyd – 10 points
 

- Publicité -

Pannes de vent… sauf pour Desjoyeaux

Jourdain Véolia
DR

Tout le monde a le droit aux vacances, mais de là à se mettre aux abonnés absents, il y a un pas qu´Eole s´octroie sans vergogne ! Rarement les océans Pacifique et Atlantique Sud ont été aussi langoureux : sieste avant un réveil brutal, paresse après les secousses des semaines précédentes, dépression anticyclonique ? Ce jeudi matin, le vent a un air de rien… Et rien dans les voiles, égale un moteur qui cale et un arrêt sur le bord de l´onde. Il faut réinjecter du carburant et ce n´est pas si aisé de reprendre des tours dans ce tour du monde. Seul le leader se joue de cette dernière fantaisie marine : Michel Desjoyeaux (Foncia) trace un joli sillon dans des alizés de Nord-Est à déjà plus de 500 milles dans le Nord de l´équateur. Une brise stable mais une mer assez dure qui incitent le solitaire à prendre de l´angle : au lieu de chercher à faire du cap pour raccourcir son sprint final en terme de distance à parcourir, le navigateur a légèrement choqué les voiles pour mieux passer dans ces vagues cassantes : une route au Nord-Nord Ouest qui a aussi le bénéfice d´enrouler les hautes pressions des Açores très largement par l´Ouest pour éviter de se faire phagocyter par un méandre anticyclonique… La barrière qui semble se former très au large des Canaries n´est pas faite pour inciter au chemin de traverse! Avec 440 milles d´avance sur son dauphin, Michel Desjoyeaux assure ses arrières tout en protégeant son avant.

Zéro plus zéro égal ?
Ce n´est pas le mur des lamentations, mais ça grince dans les engrenages ! Roland Jourdain (Veolia Environnement) croyait s´être extrait des miasmes du Pot à l´issue d´une journée pour le moins paisible mais suffocante, et voilà que Neptune l´enserre de ses tentacules cumuliformes. Et un orage par-ci, et un grain par-là : le marin étire sa peine à encore 25 milles dans le Sud de la ligne de changement d´hémisphère ! De quoi tourner en rond toute la nuit et le solitaire a bien tenté des routes à 90° du cap normal, rien n´y a fait : quand il n´y a rien, autant aller se coucher… Dure sentence pour Bilou qui voit ses chances de retour s´amenuiser quand pendant ce temps, son poursuivant petit à petit, fait son nid. Pas suffisamment toutefois pour mettre de la pression dans la dépression : les alizés de Sainte-Hélène sont aussi partis se refaire une santé bien loin de leur position habituelle ! Le zéphyr brésilien est un peu poussif et même quand Armel Le Cléac´h (Brit Air) se met travers au vent, cela ne dépasse que rarement les dix nœuds au large de Bahia… « C´est pas la joie », dirait Salvador.

Le carnaval de Rio n´a pas encore débuté et cela se sent au large du Cabo Frio : Marc Guillemot (Safran) peine encore sous un ciel chargé de grains, de pluies et de bouffées d´air tropical, et 200 milles plus à l´Est, Samantha Davies (Roxy) peut prendre le temps de faire une lessive : un bon déluge pour rincer, et un coup de chaud pour sécher ! Mais en attendant une nouvelle machine, le temps s´étire et les milles aussi : ça rame sec au large de Trindade… Quant à la troïka franco-britannique, elle n´est pas mieux lotie au-dessus du plateau abyssal argentin : cap à l´Est pour Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et Dee Caffari (Aviva) qui ont bien du mal à se défaire d´airs contraires, cap au Nord pour Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) qui tente un contournement de masses orageuses déferlant du Rio de la Plata.

It´s a long way to…
L´Atlantique Sud est sens dessus dessous au point que Steve White (Toe in the water) est lui aussi à moitié encalaminé dans le Nord-Est des Malouines : les grands vents du Sud font là encore défaut alors qu´il navigue dans les Cinquantièmes ! Y´a plus de saison… Et que dire du Pacifique ! Mama mia… L´Américain Rich Wilson (Great American III) a beau avoir fêté l´investiture de Barak Obama, l´océan n´est pas franchement ridé : une petite moyenne en deçà des dix nœuds à 850 milles du cap Horn ! Même distance pour les deux compères de queue par rapport à leur dernière porte des glaces à franchir. Mais au rythme d´un sénateur, le temps d´arriver au cap Dur, le vainqueur du Vendée Globe aura déjà avalé force steaks… Moins de 10 000 milles toutefois pour Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) avant d´apercevoir les digues des Sables d´Olonne. Allez, Eole, reprend ton souffle !

Classement à 5h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 2828,6 milles de l´arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 440,1 milles du leader
3- Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 1022,1 milles
4- Marc Guillemot (Safran) à 1890,4 milles
5- Samantha Davie (Roxy) à 1971,3 milles
6- Brian Thomson (Bahrain Team Pindar) à 2604,6 milles
7- Dee Caffari (Aviva) à 2637,1 milles
8- Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2771,5 milles
9- Steve White (Toe in the water) à 3686,1 milles
10- Rich Wilson (Great American III) à 5147,8 milles
11- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6881,3 milles
12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6901,4 milles

- Publicité -
- Publicité -