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Duel dans la brise

TFV 09 - St Cyprien
DR

C’est dans ces conditions très variées que se sont affrontés Courrier Dunkerque et TPM – COYCH, respectivement premier et deuxième au classement général. Les deux favoris se sont disputés les trois manches de la journée. TPM – COYCH remporte les première et dernière courses alors que Courrier Dunkerque les termine en deuxième position. Le vainqueur 2008 s’est quant à lui imposé sur la deuxième manche, immédiatement suivi par l‘équipage de Fabien Henry. Un jeu de chassé-croisé qui n’est pas sans rappeler la spécialités des barreurs Sébastien Col (TPM – COYCH) et Pierre-Antoine Morvan (Courrier Dunkerque) : le match race.
Si le duel entre les deux équipages est à souligner, il ne faut pas négliger pour autant les très belles performances de la journée. Côtes d’Armor, barré par Stéphane Letertre, signe notamment deux jolies 3e et 5e places. Normal Sup – Lagardère, qui participe pour la première fois au TFV, a fait la preuve de ses capacités en terminant 10e et 5e des deux premières courses.

Après une telle bataille au sommet, le podium du classement général n’en est que renforcé. Courrier Dunkerque mène au classement général Honda, suivi de TPM – COYCH qui distance de 15 points Nouvelle Calédonie, lui-même mieux installé à sa troisième place. Purflo – Les Thermes Marins – Saint-Malo (6e au général à quatre points du 5e Elcimaï – Ville de Marseille) garde le spi Malongo du leader amateur. Pas d’échange de spi non plus du côté des étudiants, puisque CSC – HEC – Ecole Navale (9e au général) mène toujours le classement CSC.

L’escale à Saint-Cyprien prend fin ce soir. Les équipages partent pour Port-Barcarès à 19 heures, et ce convoyage de 13 milles se fait au moteur.

Ils ont dit…

Interview de Sébastien Col, barreur de TPM – COYCH :

Une très belle journée pour TPM – COYCH. Quelle est l’ambiance à bord ?
« L’ambiance est toujours positive avec TPM – COYCH, c’est toujours un plaisir de les retrouver sur le TFV. Quand en plus, les résultats sont bons, c’est un double plaisir. »

Qu’est-ce qui a fait la différence aujourd’hui ?
« L’adaptation. Les conditions ont vraiment évolué toute la journée. Au début, nous avons eu une mer plate, et ensuite nous avons eu 20 – 25 nœuds avec du gros clapot. La Méditerranée peut nous réserver beaucoup de changements dans la même journée : la force de l’équipe est de s’adapter à toutes ces conditions. Entre les manches, nous nous sommes remis en question au niveau des réglages et du choix des voiles. Le tacticien Erwan Israël a fait du super boulot, il était vraiment en phase avec le vent. Nous avons aussi fait des départs corrects, ce qui nous a permis de mettre en place la stratégie. »

Votre duel avec Courrier Dunkerque a-t-il tourné au match race dans la brise ?
« Oui ! La dernière manche surtout. Nous nous sommes retrouvés dès le départ avec exactement le même objectif : partir à gauche du plan d’eau. Ils sont repassés devant sur la fin du premier bord de près et nous avons dû mobiliser toute notre énergie pour les repasser sur le premier bord de portant. Nous avons dû les contenir jusqu’à la ligne d’arrivée, et nous vraiment fait du match race pour nous détacher du reste de la flotte. Le match race en Farr 30 sur le TFV dans 20 à 25 nœuds de vent, ça envoie ! Nous allons bien dormir ce soir. »

Interview d’Eric Brezellec, skipper du bateau Normale Sup – Lagardère (première participation au TFV)

Aujourd’hui vous terminez 5, 10 et 14e des trois manches. C’est plutôt un bon résultat ?
« Oui, même si on a fait une petite « galipette » dans la dernière manche qui nous coûte quatre places. Mais c’est un nouveau projet sur le TFV avec un équipage qui n’avait jamais navigué dans ces conditions. C’est une découverte et on progresse tout au long de l’épreuve. L’équipage est jeune et l’objectif était de bien faire et s’amuser. On y arrive, et en plus on régate vraiment, parfois avec les meilleurs.
Moi, ce n’est pas mon premier tour, mais l’équipage, si. Je trouve que c’est une bonne cuvée. Je suis content d’être avec eux. On prend les manches après les autres sans se soucier du classement, on fera les comptes à l’arrivée. »

Classement général provisoire avant jury à l’issue de l’escale de St Cyprien :

1 Courrier Dunkerque Daniel SOUBEN
2 Toulon Provence Méditerranée – COYCH Fabien HENRY
3 Nouvelle Calédonie Ronan DREANO / Vincent Portugal

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Le nouveau podium de Sarah Steyaert

JO 2008 - Sarah Steyaert - Laser
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Championne du monde en titre et cinquième des derniers Jeux Olympiques, elle ajoute un troisième podium européen à son palmarès qui devient l’un des plus éloquents de la voile olympique française. Cette performance souligne l’excellente santé du laser radial tricolore, une dizaine de jours après la victoire de Sophie de Turckheim sur les Jeux Méditerranéens. L’Antiboise a eu moins de réussite sur ce championnat d’Europe puisqu’elle termine seulement 18ème européenne malgré plusieurs belles manches. Les deux membres de l’équipe de France vont maintenant profiter de quelques jours de repos avant de s’envoler pour Karatsu au Japon. Elles y disputeront leur championnat du monde à partir du 25 juillet.

Ils ont dit…

Sarah Steyaert :
"Aujourd’hui, il fallait que je fasse le mieux possible car je savais qu’il y aurait de gros changements dans les classements. Sur la deuxième manche, je suis passé en retard à la bouée au vent mais j’ai pris une option à gauche sur le deuxième près qui m’a permis de bien revenir. Je suis contente de cette deuxième place car c’est ma première régate avec les étrangères depuis les JO. J’ai retrouvé de bonnes sensations et il me reste un peu de travail pour retrouver les bons réflexes tactiques. Je ne m’attendais pas à faire un si bon résultat. On ne pouvait pas rêver meilleur entraînement avant le championnat du monde."

François Husson (entraîneur) :
"Ca s’est terminé avec beaucoup d’émotion. Au début de la dernière manche, Sarah n’avait que 5 bateaux derrière elle mais elle est revenue comme elle seule sait le faire. C’est une performance d’autant plus belle que Sarah a très peu navigué cette année. Pendant ce championnat, nous avons eu peu d’air mais c’est resté très instable avec des bascules à 50 °. Dans ces cas là, il faut rester confiant et attendre le bon couloir. Sophie n’a pas eu de réussite car elle s’est fait disqualifier sur de bonnes manches. Elle a fait de supers manches et de moins bonnes. Il y avait sans doute un peu de fatigue après les Jeux Med. Maintenant, il va falloir récupérer avant le championnat du monde au Japon."

Résultats définitifs

1 CRO Mihelic Tina
2 FRA Steyaert Sarah (CV Chatelaillon)
3 DEN Lindberg Alberte

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Dispersion germanique

Horta - Les Sables
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Axel Strauss associe toute la délicatesse de l’artisan ébéniste qu’il est, avec un certain sens de la rigueur tout alémanique. On pourrait donc supposer chez lui cette politesse exquise qui serait de ne pas faire d’ombre aux ténors de la course. Arrivé en 9ème position de la première étape, il avait ainsi démontré que lui et son coéquipier Juerg Burger, savaient faire marcher un bateau. Mais, visiblement, derrière ses yeux bleus, le garçon cache aussi des trésors de malice : en refusant de marcher dans les brisées de Telecom Italia, en persistant vers le nord à l’aide d’un empannage judicieux, l’équipage de Tzu Hang sème un sacré bazar. Pointé en 6ème position à moins de dix milles du leader, il avance à plus de huit nœuds quand la majeure partie de la flotte peine encore à se maintenir à plus de six nœuds. Le branle-bas de combat est donc de rigueur et tout un chacun cherche à protéger au mieux ses arrières. Telecom Italia le premier qui ne se contente pas de sa position de leader de la flotte retrouvé : visiblement Giovanni Soldini et Karine Fauconnier ont senti le vent du boulet et leur route indique clairement leur volonté de réduire le décalage de latitude avec les voiliers les plus au nord.

Guerre des nerfs

Au bout du compte, ces premières heures de course ont été plus éprouvantes que prévu : petits airs et grande houle se conjuguent mal avec sérénité. Les voiles qui battent, le bateau qui peine à progresser, les réglages sur le fil détruits en un quart de seconde par une vague revêche, sont autant de petites piques qui viennent entamer le moral des navigateurs. Et ce d’autant plus, que la diversité des options rajoute une pression supplémentaire. On a beau avoir fait tourner les logiciels de routage, être confiant dans ses choix, il n’est jamais simple de partir à la perpendiculaire de la route : les chemins de l’école buissonnière, passées les minutes de l’inconscience, ont toujours un arrière-goût de culpabilité. Et si l’on était en train de jouer la course sur un coup de poker hasardeux ? Même les plus solides des concurrents partis au nord le laissaient transparaître dans leurs messages : il n’est jamais facile d’accepter de descendre au classement général, même si l’on sait que c’est pour mieux rebondir. Olivier Grassi (Grassi Bateaux) a ainsi pu fêter ses quarante ans en mer par une place de dernier au classement provisoire de ce matin. Mais le cadeau d’anniversaire, s’il vient avec un léger retard, sera peut-être plus luxueux que prévu.

Pour les hommes du sud, la punition est lourde : ainsi Courrier de l’Odet (David Consorte – Arnaud Aubry) qui, vingt-quatre heures plus tôt, caracolait en tête de flotte et se trouve relégué au classement de quatorze heures en dernière position : sic transit gloria mundi.

Benoît Parnaudeau et Jean Saucet (Entreprendre en coopérative) faisaient ce constat légèrement désabusé : quand Telecom Italia entrouvre une porte à la faveur d’un choix de route peu orthodoxe, le plus souvent celle-ci débouche sur un mur ou sur un précipice. Si le constat vaut pour la route du sud, il se peut que cette fois-ci le chat italien ait laissé entrebâillé un petit passage vers la route du nord. Rien qu’à cette idée, la souris germanique Tzu-Hang s’en pourlèche déjà les babines.

Ils ont dit…

Denis Lazat (Les enfants changeront le monde)
« Apres 24 heures de pétole et de concentration non-stop pour extraire des moindres bouffées d’air évanescentes un petit dixième de nœud vite reperdu, la course au large: travail ou vacances? C’est une question de force de vent. S’il fallait que je donne des chiffres, je dirais moins de 10 nœuds ou plus de 15 : travail. Entre 10 et 15 nœuds : vacances. Donc aujourd’hui, c’est clairement du boulot! En attendant le vent, nous nous abimons les yeux devant l’écran du bord, cherchant à percer les secrets de fichiers météo qui déroulent des encéphalogrammes désespérément plats. Je regrette le temps ou la météo était moins fiable. »

Pierre-Yves Chatelain (Destination Calais)
« Les 24h qui viennent de se passer ont été longues et éprouvantes, vent très faible et instable, houle encore importante qui fait claquer les voiles, mais ce matin le temps est magnifique, superbe soleil, et le vent commence à revenir doucement, cinq à six nœuds, nous sommes sous spi et tout va bien. La mer aussi se calme ce qui facilite bien les choses, il n’y a plus qu’à se concentrer pour partir à la chasse aux dixièmes de milles et essayer de revenir sur le groupe juste devant nous, la course est encore longue…. »

Classement au 17 juillet à 14h (TU+2)

1 – ITA 55 Telecom Italia (Giovanni Soldini – Karine Fauconnier) à 1096 milles de l’arrivée
2 – GBR 43 Palanad II (Nicholas Brennan – Alex Alley) à 2 milles
3 – GBR 42 Keysource (Paul Worswick – Ian Bartlett) à 5 milles

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Envolées dans 35 noeuds

TFV 09 - Port Barcarès
DR

Le vent, encore raisonnable en début de régate (20 à 25 nœuds de Nord Ouest), a forci lors du dernier bord de spi. Les rafales ont atteint 35 nœuds, et le comité n’a pas pu renvoyer de manche. Une météo enfin animée appréciée par certains. Ainsi, Côtes d’Armor, décidément à l’aise dans la brise, prend la 4e place de cette manche. Les Hollandais de TU Delft terminent 6e et CSC – HEC – Ecole Navale 7e. D’autres étudiants ont subi des revers techniques, puisque Centrale Paris – Mécénat Chirurgie Cardiaque et Supélec – Dauphine ont du abandonner après avoir déchiré leurs grand-voiles.

Au classement général provisoire, Courrier Dunkerque mène, toujours suivi de TPM – COYCH et de Nouvelle Calédonie. Purflo – Les Thermes Marins – Saint-Malo (6e au général) garde la tête du classement amateur Malongo malgré une 20e place aujourd’hui. Quant à l’équipage d’Hervé Gautier, CSC – HEC – Ecole Navale (9e au général), il reste toujours leader du classement CSC. Un classement à revoir après les délibérations du jury car, à terre, les réclamations sont nombreuses. Preuve, s’il en fallait, que la brise attise la compétition.

Des régates sont prévues devant Port-Barcarès demain. En raison de l’avis de grand frais en cours, les organisateurs décideront du maintien du programme en fonction de la force du vent. Mais la Méditerranée est changeante, et la Tramontane devrait suffisamment faiblir pour que le ralliement pour Marseille, long de 110 milles, puisse être lancé demain soir comme prévu.

Interview de Pierre-Antoine Morvan, barreur de Courrier Dunkerque :

Encore une bonne journée ?
« Une bonne journée parce que nous gagnons la seule manche du jour et reprenons un point sur le deuxième, et une bonne journée aussi parce que nous ne faisons qu’une seule manche. Les coefficients diminuent jusqu’à l’arrivée et nous nous rapprochons de la victoire finale. »

Calme à Saint-Cyprien, brise à Port-Barcarès : vous êtes imbattables ?
« C’est vrai que nous a réussi à avoir des voiles polyvalentes et un équipage polyvalent. Pendant tout le TFV, nous essayons de faire beaucoup de manches moyennes ou biens – là, c’est plutôt très bien, mais nous sommes plutôt du genre à jouer des manches « safe », à assurer des bonnes places plutôt qu’à jouer la gagne tout le temps. Nous avons anticipé le bateau pour pouvoir toujours faire des manches moyennes, que le vent soit léger ou fort. »

Sébastien Col pour TPM COYCH et Damien Iehl sur Elcimaï Ville de Marseille, tu connais bien tes adversaires, tous membres de l’équipe de France de Match race ! Est-ce que ça ajoute du piment ?
« Oui, et nous nous connaissons bien ! Nous naviguons ensemble toute l’année, nous nous entrainons ensemble en match race. Là, c’est un peu différent, c’est une flotte ; mais hier, avec Sébastien, nous nous sommes bien amusés et ça ressemblait plus à une régate de match race ! »

Justement, le match race t’est-il utile sur le TFV ?
« Oui, on apprend et on travaille beaucoup certaines choses comme les manœuvres. Il n’y a que deux bateaux et on apprend à mieux se placer. Mais c’est vrai que la technique est différente et que c’est parfois un défaut : on a tendance à revenir au contact alors qu’il faut s‘éloigner. »

Quelle serait l’alchimie qui permet une telle réussite ?
« Nous avons la chance d’avoir quasiment tout notre équipage de match race à bord. A côté de ça, notre tacticien, Daniel Souben, est super. Et nous avons la chance d’avoir deux régleurs qui sont, je pense, les meilleurs du TFV. Pour le barreur, c’est plus facile ! »

Ils ont dit…

Stéphane Levaillant, skipper de Centrale Paris – Mécénat Chirurgie Cardiaque (première participation au TFV) :
« Cinq minutes avant le départ de la manche, nous étions en train de régler nos voiles, au près, et nous avons eu un fort coup de vent – 32, 33 nœuds sur notre compteur. Notre grand-voile a beaucoup battu, nous n’avons pas assez lofé car c’était compliqué et il y avait beaucoup d’air. La voile s’est déchirée sur la chute. Nous avons affalé les voiles pour rentrer et réparer.
Notre sentiment ? La frustration de ne pas prendre le départ, de voir les autres naviguer dans un endroit magnifique, avec du vent. Après quelques coups de téléphone, j’ai trouvé une voilerie à Canet-en-Roussillon. On va aller bricoler ! »

Yann Alex Janssens, tacticien de T. Brussels :
« C’étaient des conditions très difficiles aujourd’hui pour nous parce que nous ne sommes pas un équipage très entrainé. Sur les manœuvres, on remarque de grandes différences entre les équipages bien rodés et nous. Nous avons essayé de naviguer un peu plus calmement, de ne pas faire de dégâts. Nous avons assez bien réussi, je pense.
Nous ne nous sommes pas fait peur, mais nous avons eu un petit souci avant le départ. La latte de grand-voile est partie, nous avons réussi à réparer avant le départ mais elle s’est rebarrée pendant la manche !
L’ambiance à bord est un peu tendue car tout le monde ne sait pas ce qu’il doit faire. C’est ma première participation. J’ai déjà beaucoup appris, je compte revenir ! »

Mady Fobert, manager de T. Brussels :
« Le but de mon association est de faire naviguer des amateurs sur des régates nationales et internationales de haut niveau. C’est notre 17e participation, et en 16 ans, 336 équipiers sont passés à bord. Cette année, deux filles, Delphine et Evelien, vont naviguer avec nous. En général, dans notre équipage, un tiers connaît bien le TFV pour y avoir participé cinq ou six fois, un tiers en est à sa deuxième ou troisième participation et le dernier tiers découvre l’épreuve. Par exemple, notre plus jeune participant a 17 ans. La majorité est bruxelloise, mais on a aussi à bord des Wallons et des Flamands. Quelques Français qui vivent à Bruxelles nous rejoignent. »

Classement général provisoire avant jury à l’issue de l’escale de Port-Barcarès :

1 Courrier Dunkerque Daniel SOUBEN
2 Toulon Provence Méditerranée – COYCH Fabien HENRY
3 Nouvelle Calédonie Ronan DREANO / Vincent PORTUGAL

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TBS : 30 ans de voile et de passion.

TBS - 1979
TBS - 1979

2009. L’une des principales attractions de cette 40ème édition de la Solitaire du Figaro réside dans le duel entre Michel Desjoyeaux et Armel Le Cléac’h. Le vainqueur du Vendée Globe et son dauphin, champion du monde IMOCA, se retrouvent au départ de la plus dure et la plus concurrencée des courses en solitaire. Outre leur formidable esprit de compétition, les deux hommes ont un autre point commun : leur équipementier, TBS.
 
En 30 ans, la voile a évolué. Les courses, les hommes et le matériel avec… Mais la marque TBS, entre sponsoring, partenariats équipementiers et développements de produits nautiques, chaussures et vêtements, est toujours bien présente dans cet univers. De 1979 à 2009, de Pierre Follenfant à Michel Desjoyeaux en passant par Florence Arthaud, Olivier De Kersauzon ou Ellen Mac Arthur, du sponsoring sur le premier Vendée Globe en 89 à la victoire sur la Solitaire du Figaro 98, des mythiques modèles de chaussures bateau Yole ou Globe aux équipements techniques développés pour Desjoyeaux et Le Cléac’h sur le dernier Vendée Globe, l’histoire de la marque est intimement liée à la mer, à la voile et aux hommes et femmes qui en écrivent la légende. Retour sur 30 ans de voile, d’aventures et de passion…

TBS et Pierre Follenfant : main dans la main depuis 30 ans
 L’histoire de la marque dans la voile, c’est aussi celle de Pierre Follenfant. Le rochelais, grand animateur de la course au large française dans les années 80 a été le premier marin sponsorisé par TBS. 30 ans plus tard, celui qui est également commercial pour la marque et qui a apposé sa signature sur plusieurs millions de paires de chaussures bateau TBS se remémore avec plaisir les débuts de cette grande histoire : « En 1979, je naviguais déjà beaucoup et je cherchais un partenaire pour prendre le départ de la Course de l’Aurore. Etant parallèlement représentant dans le domaine de la chaussure, j’ai naturellement pris contact avec la toute jeune marque TBS qui venait de se créer. Ils se sont rapidement engagés et c’est ainsi que l’histoire a débuté. Tout s’est ensuite enchaîné très vite : en 83, la marque qui était jusqu’alors spécialisée dans les chaussures de tennis se lance dans la chaussure bateau avec un modèle révolutionnaire. La « Yole » apporte souplesse, couleur et fraîcheur sur ce marché alors très conventionnel. J’y appose ma signature. Le succès est colossal : en quelques années, des milliers de paires seront vendues ! Notre histoire commune connaît son apogée en 89 quand je m’aligne au départ du premier Vendée Globe sur un 60 pieds aux couleurs de TBS, chaussé du nouveau modèle de chaussure portant ma signature et au nom évocateur, la « Globe »… » Fort de ces 10 magnifiques premières années de collaboration, la marque prend son rythme de croisière dans la voile et sollicite Pierre Follenfant pour élargir ses partenariats à d’autres skippers sans pour autant négliger celui qui se sera révélé un acteur incontournable de son histoire nautique. 2009, 30 ans après son premier sponsoring TBS, Pierre Follenfant court en ce mois de juillet le championnat d’Europe de J80 sous les couleurs de… TBS !
 
Des marins, des chaussures…
TBS a été l’une des premières marques françaises, dès le début des années 80, à percevoir l’impact que pouvait apporter la caution d’un sportif à ses produits. Signées Pierre Follenfant, les chaussures « Yole » puis « Globe » demeurent encore aujourd’hui parmi les chaussures de loisir au succès le plus marquant. Dans la lignée de ces modèles, avec les « marinières » signées Florence Arthaud au début des années 90 puis avec des modèles portant les griffes d’Isabelle Autissier ou d’Ellen Mac Arthur, TBS connaît de nouveau le succès, cette fois sur des modèles féminins… Toujours dans « les bons coups », la marque initie dès 1998 une collaboration avec un certain Michel Desjoyeaux. Les « Mich Desj by TBS » verront rapidement leur succès croître au gré des victoires du professeur…
 
TBS, Mich, Armel et les autres…
A la suite des nombreux partenariats mis en place lors des deux premières décennies, TBS créé en 2001 le « Team TBS ». Durant 4 ans, les meilleurs skippers viendront rejoindre cette équipe aux allures de « dream team ». Michel Desjoyeaux, Ellen Mac Arthur, Vincent Riou, Armel Le Cléac’h, Sébastien Josse… Marins expérimentés ou jeunes espoirs, ils rafleront tout sur leur passage et apporteront leur concours, en tant qu’experts consultants, à la conception et à l’élaboration des chaussures et vêtements nautiques TBS. « Nous faisons partie du laboratoire vivant de TBS. Sur l’eau, nous prenons tous les mêmes embruns. » : c’est ainsi que Sidney Gavignet, alors skipper du Figaro TBS, parlait de ce Team. Mais si la collaboration avec ces marins s’inscrit bien dans une démarche de développement, elle demeure avant tout une histoire d’hommes que Michel Desjoyeaux définit ainsi : « A une époque, le slogan de TBS était « l’imagination technique » : ça ne pouvait que coller avec des gens comme nous ! Mais au-delà de l’aspect produit ou sponsoring, ces 30 années d’histoires maritimes n’auraient connu ce succès sans des histoires fortes d’hommes. Avec TBS, pour moi mais je pense comme pour tous ceux qui ont eu la chance de collaborer avec la marque, les relations sont simples, franches, passionnées et passionnantes. » Et le professeur Desjoyeaux de conclure sur cette note poétique : « 30 années de voile pour les 20 points de TBS, c’est tous simplement 1 fois et demi du bonheur… »

Source : TBS
www.tbs.fr

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Courrier Dunkerque leader du nord au sud

TFV09
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Les trois courses ont été rythmées par une brise thermique de six à huit nœuds grimpant à dix en cours d’après-midi. Si Courrier Dunkerque a particulièrement bien apprivoisé cette météo très méditerranéenne, d’autres ont tiré leur épingle du jeu. Grâce à ses 4e et 2ème places de la journée, TPM – COYCH dépasse Nouvelle-Calédonie et prend la deuxième place du général. ELCIMAI – Ville de Marseille et Val Thorens, 4e et 5e du général, gagnent pareillement une place. Purflo – Les Thermes Marins – Saint-Malo (6e au général) est toujours leader du classement amateur Malongo, et CSC – HEC – Ecole Navale (9e au général) premier du classement étudiant CSC. D’autres étudiants ont crée la surprise aujourd’hui : Brest Grandes Ecoles termine 5e de la première manche officielle, Centrale Paris – Mécénat Chirurgie Cardiaque 4e de la deuxième manche. C’est la meilleure place obtenue par ces derniers depuis le départ de Dunkerque, une réussite également partagée par Ville du Port – Région Réunion et Normale Sup – Lagardère grâce à leur 6e et 5e place décrochée dans la dernière manche.

Saint-Cyprien est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux visages parmi les équipages, et non des moindres ! Sébastien Col, vice-champion du monde 2008 de match racing, a rejoint TPM – COYCH comme barreur ; Jean-Sébastien Pons, spécialiste du multicoque, embarque à bord de Courrier Dunkerque. Bernard Mallaret de Delta Voile et François Brennac, spécialiste du TFV et champion de match race, sont respectivement tacticien et barreur de Nouvelle-Calédonie. Enfin, Marc Bouet, entraineur de l’Equipe de France de Match Race, remplace Eric Drouglazet comme tacticien à bord de BRED. D’autres manches sont prévues demain devant la côte de Saint-Cyprien, avant le départ du ralliement pour Port-Barcarès à 19 heures.

Interview de Daniel Souben, skipper de Courrier Dunkerque :

Que faut-il faire pour vous battre ?
« C’est vrai que nous sommes dans une dynamique positive, tout s’enchaine bien. Dans la deuxième manche nous avons eu un brin de réussite mais c’est aussi parce que nous restons concentrés. On navigue parfois sur le fil mais disons qu’on est du bon côté de la barrière »

Ce doit être dur pour vos poursuivants de voir des nordistes entamer ainsi la Méditerranée ?
« Peut-être et comme le TFV est aussi une guerre psychologique, c’est évidemment un plus d’attaquer ainsi la Méditerranée. L’an dernier nous n’avions pas bien réussi ici alors nous avons bien travaillé pour ne pas répéter cette erreur. C’est un coup de massue supplémentaire pour la concurrence ».

Quand ce coup sera-t-il définitif ?
« On y verra plus clair après les manches de St Cyprien et Port Barcarès. Si nous avons au moins maintenu notre avance ce sera bien parti même s’il restera la grande étape de ralliement vers Marseille »

Nous avons analysé la place des femmes dans le TFV et observé que Courrier Dunkerque est un des bateaux à ne pas embarquer d’équipières. C’est un choix ?
« Nous n’avons peut-être pas de femmes dans nos relations ! (rire). Non, cela ne s’est tout simplement pas présenté car en 2006 et 2007 nous avions des équipières. Nous n’avons évidemment rien contre et ce n’est pas du tout un handicap comme le montre Marseille qui embarque régulièrement des femmes. Certains postes sont peut-être plus propices, c’est tout ».

Ils ont dit…

Servane Escoffier, piano de TPM – COYCH :
« Ce qui me motive sur le TFV, c’est le contact en équipage, le contact humain. C’est une des conditions pour progresser et évoluer – c’est sympa de partager sur l’eau quand on fait surtout du double ou du solitaire. Au niveau régate, ça fait du bien de travailler le moindre détail, la moindre seconde. C’est très bon et très agréable !
C’est mon 4e Tour de France à la Voile, mais c’est la première fois que j’ai la chance d’être avec TPM – COYCH. J’ai navigué en pro avant, mais en féminin, et deux fois en étudiant. C’est très intéressant aussi, et très enrichissant. Chaque projet diffère par ses priorités.
En équipage féminin, la priorité est de réussir à faire un équipage assez performant avec des petits poids. Et aujourd’hui, c’est de réussir à faire sa place dans un équipage où ils sont tous très bons, sans exception.
De plus en plus d’équipages professionnels ont une fille sur le bateau. Les filles sont en général au même poste : piano. Sur les équipages masculins, il y a de plus en plus souvent une femme ou une fille, peut-être parce que ça tempère… Je ne sais pas trop, c’est plutôt aux hommes qu’il faut demander ! »

Marie Duvignac, piano d’Elcimaï – Ville de Marseille jusqu’à Royan :
« Dimitri Deruelle, qui est le skipper du bateau, est aussi mon entraineur en match race. Je navigue par ailleurs, je fais du Mini en solo, et j’avais un peu de temps dispo en juillet. Il m’a proposé de faire partie de l’équipage et j’ai accepté. A bord, je suis piano. Sur les bananes, je coordonne les envois de voiles au pied de mât. Sur les ralliements, je m’occupe de tout ce qui est matossage, gestion de l’intérieur du bateau, pliage des voiles, et j’aide le numéro un pour les manœuvres sur la plage avant. J’ai l’impression que quand tu es une fille sur le TFV, tu es forcément piano car c’est le poste le moins difficile physiquement. Mais c’est vrai que les autres années, il y avait des équipages 100% féminin. Donc une fille est capable d’assurer tous les postes!
Dans l’équipage, il n’y a pas de différence : tu es équipier avant tout. Ce qui est compliqué, ce sont les petits trucs du quotidien. J’essaie de m’organiser avec un seau quand les garçons dorment à l’intérieur, ou quand ils sont tous dehors…! »

Classement général provisoire avant jury à l’issue des étapes en Manche et Atlantique :

1 Courrier Dunkerque Daniel SOUBEN
2 Toulon Provence Méditerranée – COYCH Fabien HENRY
3 Nouvelle Calédonie Ronan DREANO / Vincent Portugal

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Les Pen Duick en Méditerranée

Flotte Pen Duick 09
DR

Avec plus d’un siècle d’existence pour la célèbre « petite tête noire » et des faits maritimes qui ont fait rêver des générations de navigateurs en écrivant les plus grandes lignes de l’histoire maritime française, la flotte des Pen Duick est entrée il y a longtemps dans le patrimoine national. La Banque Populaire en est depuis sept ans le mécène, affirmant ainsi sa volonté de faire perdurer l’héritage et de le partager avec tous. Depuis 2003, en tant que partenaire officiel de l’association, elle met à sa disposition les moyens financiers pour entretenir et faire naviguer les Pen Duick, du premier du nom au numéro VI de la lignée. Permettant ainsi à des amateurs, des enfants mais aussi à ses collaborateurs de découvrir ces monuments historiques à l’occasion de navigations partout en France, elle assure ainsi la continuité voulue par le grand marin.

La flotte au grand complet…

Dans le cadre de leur volonté farouche de mener l’héritage d’Eric Tabarly à la rencontre du public, l’Association éponyme et la Banque de la Voile entameront en septembre prochain une grande tournée méditerranéenne. Le mythique cotre centenaire dont la ligne épurée est si étroitement liée à la vie du navigateur, mais aussi Pen Duick II à bord duquel il remporta la Transat Anglaise en 1964, Pen Duick III au palmarès si élogieux, Pen Duick V l’ancêtre des monocoques 60 pieds actuels et enfin Pen Duick VI le voilier de la seconde victoire de Tabarly sur la Transatlantique en solitaire en 1976 ; pas un des bateaux encore existants* ne manquera à l’appel. Basée en Bretagne, la flotte a coutume d’aller à la rencontre des passionnés au gré du littoral français, souvent en Atlantique. Sa présence en Méditerranée marquera un temps fort de l’année 2009, autant sur le plan de la découverte que du partage.

…Aux rendez-vous de la Belle Plaisance

La tournée en Méditerranée des Pen Duick, débutera dès le 4 septembre avec la présence de Pen Duick II, Pen Duick III et Pen Duick VI à Saint Cyprien. Ces derniers convoieront ensuite vers Cap d’Agde et La Grande Motte, avant de rallier Marseille et d’y retrouver Pen Duick et Pen Duick V. Car c’est dans la ville marseillaise que continuera la belle parade du 10 au 21 septembre, avec au programme, deux épreuves sportives, la Baticup et la Juris Cup, dont Pen Duick II, Pen Duick III, Pen Duick V et Pen Duick VI prendront part.

Dans le même temps, Pen Duick rendra hommage à un autre voilier de légende, Tuiga, dont le centenaire sera fêté à Monaco du 16 au 20 septembre. Après la cité phocéenne et le Rocher, la flotte se retrouvera à Cannes à l’occasion des Régates Royales qui se dérouleront du 22 au 26 septembre et accueillera à nouveau à son bord des invités pour des navigations exceptionnelles au cœur de l’histoire de la Belle Plaisance. Enfin, pour le plaisir des yeux et le bonheur de voir se mêler les Pen Duick aux plus belles unités, ce sont les Voiles de Saint-Tropez qui viendront clorent la tournée méditerranéenne du 28 septembre au 4 octobre. Autant de rendez-vous qui se profilent comme de grands moments pour la Banque Populaire et l’Association Eric TABARLY.

* Rappelons que Pen Duick IV, le seul multicoque de la lignée, a disparu en mer en 1978 alors que son skipper Alain Colas était en course sur la Route du Rhum. Il s’appelait alors Manureva.

Programme de la tournée méditerranéenne de la flotte des Pen Duick

SAINT CYPRIEN
du 4 au 5 septembre 2009
Présence de Pen Duick II – Pen Duick III – Pen Duick VI

CAP D’AGDE
le 6 septembre 2009
Présence de Pen Duick II – Pen Duick III – Pen Duick VI

LA GRANDE MOTTE
du 7 au 8 septembre 2009
Présence de Pen Duick II – Pen Duick III – Pen Duick VI

BATICUP MÉDITERRANÉE
du 12 au 13 septembre 2009 à Marseille
Présence de Pen Duick – Pen Duick II – Pen Duick III – Pen Duick V – Pen Duick VI

CENTENAIRE DE TUIGA
du 16 au 20 septembre 2009 à Monaco
Présence de Pen Duick

JURIS CUP
du 16 au 20 septembre 2009 à Marseille
Présence de Pen Duick II – Pen Duick III – Pen Duick V – Pen Duick VI

REGATES ROYALES DE CANNES
du 22 au 26 septembre 2009 à Cannes
Présence de Pen Duick – Pen Duick II – Pen Duick III – Pen Duick V – Pen Duick VI

VOILES DE SAINT TROPEZ
du 28 septembre au 4 octobre 2009 à Saint Tropez
Présence de Pen Duick – Pen Duick II – Pen Duick III – Pen Duick V – Pen Duick VI

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De l’art de l’interprétation

Départ de Horta 09
DR

La parenthèse açorienne est désormais dans le sillage des concurrents et à bord, les stratèges ont regagné leur place. Il faut dire qu’avec une situation météo teintée d’incertitudes, force est de constater qu’aucun répit stratégique ne leur aura été concédé. Le jeu du moment consiste en effet à se frayer une route la plus rapide possible vers les dépressions océaniques et surtout à déjouer les pièges de l’anticyclone. Si sur le papier la règle est claire, en mer, elle laisse place à l’expression de sensibilités opposées. Ainsi, chacun ne va-t-il pas chercher son salut au même endroit. Honneur au haut du tableau et aux plus proches de la route directe, les partisans de l’Est, qui ont depuis ces dernières heures les faveurs du classement. Courrier de l’Odet (David Consort- Arnaud Aubry) mène actuellement les débats devant Destination Calais (Pierre-Yves Chatelain – Lionel Regnier) et permet à son équipage d’afficher une belle satisfaction depuis ce matin. A l’opposé, au Nord-Ouest de la route, une grande majorité de la flotte a choisi dès les premières heures de course de gagner au plus vite la voie rapide vers le train des dépressions.

Parmi ces duos aujourd’hui relégués en deuxième partie de tableau figurent les deux premiers de l’étape Les Sables – Horta, Telecom Italia (Giovanni Soldini – Karine Fauconnier) et Zed 4 (Gérald Bibot – Didier Le Vourc’h). Très inspirés sur le premier acte, ces deux équipages et une grande majorité de la flotte ont pris le parti d’une route plus longue mais plus fréquentée par Eole. Compte tenu de l’homogénéité des vitesses entre les différentes voies et du fait que personne ne se soit encore trouvé englué dans les calmes, la prime va actuellement à ce groupe sur le long terme. Mais tout ceci reste provisoire, d’autant que de sérieux concurrents ont décidé de s’exprimer différemment. En effet, légèrement décalé dans l’Est, un autre groupe tente l’émancipation sur une voie médiane. Actuellement mené par Groupe Partouche (Christophe Coatnoan – Halvard Mabire), ce courant joue la prudence relative. Mais avec des acteurs comme Halvard Mabire ou Yvan Noblet (Appart City), suffisamment aguerris au jeu de la régate et à ses bouleversements, il va être intéressant de garder un œil sur cette politique intermédiaire.

Une reprise en douceur

En course dans la deuxième étape depuis moins de 24 heures, les concurrents de Les Sables – Horta – Les Sables n’auront pas tardé à retrouver leur rythme et leurs marques. En effet, si d’un point de vue tactique, la réflexion est plus que jamais de mise à bord des Class 40, le retour en course se fait en douceur. La navigation au près pour se sortir de l’archipel portugais n’a rien d’un enfer et leur permet une acclimatation que l’on peut qualifier d’idéale pour une reprise des hostilités. Tant que la flotte continue à bénéficier des faveurs d’Eole, le sort des duos peut même être considéré comme enviable d’autant que le soleil et la chaleur viennent ajouter la touche finale au tableau. Mais que l’on ne s’y trompe pas, l’ambiance dominante n’est pas à la langueur affichée sur les plages du littoral français en cette période, mais d’avantage aux tempêtes sous les crânes des marins. On s’observe, on s’envisage, on se dévisage et on espère un verdict en sa faveur. Une question se pose pour tous, fallait-il assumer son intuition en choisissant les trajectoires franches du Nord-Ouest ou de l’Est ou se garder la possibilité d’une stratégie opportuniste ? Réponse au prochain épisode…

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Nicolas Lunven en transition

Nicolas Lunven
DR

Que t’a apporté le Tour de France à la voile ?

Les Farr 30 sont des voiliers très techniques. Cela me permet de continuer à évoluer et progresser dans la finesse des réglages. Et puis le Tour de France est un bon entraînement à la Solitaire du Figaro car nous naviguons quasiment dans les mêmes recoins géographiques. En terme de navigation, j’apprends beaucoup et puis j’emmagasine des données. Enfin, cette épreuve est l’occasion de courir en équipage. C’est enrichissant humainement.

Comment vont se dérouler techniquement tes deux dernières semaines de navigation au pôle d’entraînement de Port la Forêt ?

Du 15 au 22 juillet, je vais valider les derniers préparatifs du bateau comme le réglage du mât et l’informatique embarquée. Je vais naviguer sans concurrence à Port La Forêt. Mon préparateur Mathieu Hacquebard a travaillé tout le mois de juillet sur « CGPI ». On sera prêt pour le départ à Lorient, un plan d’eau que je connais bien.

Comment appréhendes-tu cette Solitaire du Figaro ?

Très bien ! J’ai réalisé un bon début de saison avec une cinquième place à la Solo Les Sables, une sixième à la Solo Concarneau et une troisième à la Solo Quiberon. Je suis donc assez confiant. Le plateau sera très élevé mais cela ne me met pas plus de pression. Je vais faire ma régate et ne pas me laisser influencer par les ténors du circuit.

La 40ème Solitaire du Figaro : c’est une édition anniversaire qui emmènera la flotte entre la France, L’Espagne et l’Irlande sur un parcours classique en quatre étapes de 1706 milles nautiques. Le départ aura lieu de Lorient le 30 juillet, cap sur La Corogne en Espagne (345 milles). La deuxième étape se courra entre La Corogne et Saint Gilles Croix de Vie, avec un départ d’Espagne le 4 août pour 365 milles. Ensuite, la flotte quittera la Vendée pour Dingle en Irlande le 10 août avec un parcours de 485 milles. Enfin, l’arrivée de la dernière étape sera jugée à Dieppe après 511 milles de course, lancée le 16 août de Dingle. Un postlogue clôturera la 40ème édition de l’épreuve le 22 août à Dieppe.

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Au-dessous du volcan

arrivée à Horta de Pierre Rolland
DR

Les remises de prix ont des vertus symboliques insoupçonnées. Au delà des récompenses et des gratifications des bons élèves, elles sonnent aussi la fin d’un épisode et permettent enfin de se projeter dans l’avenir. Celle de mardi soir, sur la terrasse de l’hôtel Faial, n’a pas dérogé à la tradition. Elle offrait ainsi une dernière opportunité de revivre les grands moments de ces quelques sept jours de mer, d’échanger entre concurrents avant que chaque équipage ne rentre dans sa bulle.

Changement d’ambiance dès le mercredi matin : on reste courtois, on ne s’évite pas, mais on sent bien que chacun a besoin de retrouver une part de cette intimité qui n’appartient qu’aux navigateurs. La fresque entamée lundi a pu être achevée aujourd’hui, une fois le soleil retrouvé. Chacun est venu ensuite apposer sa signature, en respect de la tradition. Une pause, une respiration avant de retourner préparer le bateau : ici chaque équipier a ses marottes qu’il faut s’efforcer de respecter sous peine de déstabilisation psychologique, le rangement du matériel et de l’avitaillement permet de s’accrocher à des détails très pratiques, de réfléchir à la stratégie qu’on s’efforce d’élaborer… Deux concurrents ne prendront pas le départ de cette deuxième étape : Yves Ecarlat (Vale Inco Nouvelle Calédonie) dont l’équipier a dû rentrer se faire hospitaliser en France et Gonzalo Botin (Tales), du fait des réparations à effectuer sur ses safrans.

Chacun sa route…

Les dernières prévisions météorologiques laissent entendre que le retour pourrait être plus rapide que prévu. Le flux d’ouest qui s’installe au nord du 42ème parallèle devrait ensuite propulser la flotte à vive allure vers les Sables d’Olonne. La seule incertitude consiste à savoir comment monter dans le train des dépressions océaniques, quand les barbules de vent s’alourdissent de traits supplémentaires sur les fichiers de prévisions. Faudra-t-il monter dans le nord au risque de rallonger sa route de manière inopportune, gagner dans l’est pour échapper aux pièges de l’anticyclone qui ne manque pas de se reformer sur l’archipel ou assumer une part de pusillanimité, en jouant les voies médianes ? C’est peut-être ici que réside la clé de la réussite sur cette deuxième étape. Pour le reste, il va falloir être prêt à faire de la vitesse, à passer de longues heures à la barre quand le bateau surfe sous spinnaker sur la houle du large. Eviter de se laisser griser par des longues glissades qui, au bout du compte, finissent par rallonger la route, mais s’en tenir à la stricte comptabilité des vitesses moyennes de rapprochement, autrement plus parlantes. Alors on échafaude des scénarios, on fait tourner les logiciels de routage en forçant des points de passage obligés, on élabore un plan B au cas où les choses ne tourneraient pas comme on le souhaite… Trop d’introspection peut entrainer parfois des revers de fortune : heureusement pour eux, les navigateurs de Horta – Les Sables vont devoir se plonger rapidement dans le concret à mesure qu’approchera l’heure de rejoindre la ligne de départ. Le Pico n’est pas le Popocatépetl et personne ne souhaite suivre les routes erratiques du vice-consul.

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