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Création de la Louis Vuitton World Series

Emirates Team New Zealand qualifié finale LV Cup
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L’association WSTA (World Sailing Team Assocation) regroupe les participants de précédentes régates des Louis Vuitton Cup : K-Challenge (France), BMW Oracle Racing (USA), Emirates Team New Zealand, Mascalzone Latino (Italie). Elle accueille également de nouveaux venus comme Team Artemis (Suède), Team Synergy (Russie), Team French Spirit (France) et Joe Fly Italia (Italie). D’autres équipes rejoindront l’association dans les semaines qui suivent.

Intitulées les Louis Vuitton World Series, ces régates constituent une première dans le monde de la voile, et donnent suite aux Louis Vuitton Pacific Series organisées à Auckland, Nouvelle Zélande, en février dernier. Le succès de cette compétition avait convaincu tous les partenaires de cette aventure de créer un nouveau programme de courses basé sur le même concept et format.

Dix équipes seront invitées à se battre en duels successifs pendant 15 jours sur deux paires de bateaux identiques, tirés au sort. Ce concept témoigne de la volonté de renouer avec l’esprit originel du duel.

La WSTA et Louis Vuitton prévoient d’organiser plusieurs régates par an. Plusieurs villes dont Nice, Hong Kong, Auckland, Newport et d’autres villes européennes ont manifesté leur intérêt.

Une conférence de presse aura lieu mardi 8 septembre à Paris. Des informations complémentaires concernant les premières régates prévues fin 2009 seront révélées à cette occasion.

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Le Tour de Bretagne fait le plein

Tour de Bretagne 5-12 septembre 2009
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Nicolas Lunven et Jean le Cam : un duo détonnant.
Ces deux là ont au moins deux points communs : ils ont remporté le Tour de Bretagne et la Solitaire du Figaro. Nicolas Lunven, récent vainqueur de la Solitaire du Figaro et vainqueur du Tour de Bretagne en 2007, embarquera à bord de CGPI. Il sera associé à Jean le Cam, vainqueur du Tour de Bretagne en 1999 et triple vainqueur de la Solitaire du Figaro. Les deux hommes se connaissent pour avoir navigué ensemble sur le monocoque de Jean le Cam. C’est tout naturellement que Nicolas l’a invité pour le Tour de Bretagne.  

Isabelle, Fred, Ronan, Jean-Paul : les inscrits de dernière minute.
Inscrite in extremis, Isabelle Joschke participera à son premier tour de Bretagne, sur Synergie. Quant à Fred Duthil, 3ème de la Solitaire du Figaro, il sera associé à François Lebourdais sur Bbox Bouygues Telecom, tous deux ayant couru le Tour de Bretagne en 2005. Ronan Treussart, qui avait couru les deux dernières éditions, a réussi à rassembler les moyens pour courir sous les couleurs de Renault Arcadie, avec Thibault Vauchel. Quant au marseillais Jean-Paul Mouren, il participera au Tour pour la première fois, en compagnie d’Elise Garcin.

De Saint-Malo à la Trinité-sur-Mer en passant par Saint-Quay Portrieux, Perros Guirec, Brest, Piriac-sur-Mer.
Une semaine de course, deux courses de nuit, quatre escales, six villes étapes, dans cinq départements différents. Jongler entre les îles, franchir les caps, négocier les courants et les effets de sites, choisir le bon moment pour filer vers le sud au franchissement de Ouessant et du raz de Sein sont autant d’épreuves que les 34 duos devront passer avec succès pour espérer figurer sur le podium.

Loïc Ponceau, Directeur de course : «La formule plait. Pas mal de skippers peuvent faire le Tour de Bretagne avec de tous petits budgets. La course est intéressante avec des petits et des grands formats d’étapes. Pas mal de jeunes la font pour préparer leur participation à la Solitaire 2010 et faire parler d’eux pour trouver un partenaire. D’autres viennent pour régater sur des parcours côtiers comme les skippers de monocoques Imoca 60′. Les côtes de Bretagne sont parmi les préférées des régatiers, ce succès en est la preuve ! ».

La liste des inscrits

1 AGIR RECOUVREMENT Adrien HARDY Dominique HARDY
2 ALHYANGE Acoustique Vianney JACQUIER Pierre DOMBRE
3 ALL MER – INEO GDF SUEZ Alexis LOISON Jérome AUBERT
4 ARTEMIS OCEAN RACING Jonny MALBON Nick BUBB
5 BANDIT MANCHO Rolf TOULORGE Bruno JAMES
6 BANQUE POPULAIRE Gildas MAHÉ Vincent BIARNES
7 BBOX BOUYGUES TELECOM Frédéric DUTHIL François LEBOURDAIS
8 CGPI Nicolas LUNVEN Jean LE CAM
9 COTES D’ARMOR Oswenn LE FOLL Tual LE GUILLERM
10 DEFI MOUSQUETAIRES Thomas ROUXEL Sébastien JOSSE
11 ESPOIR REGION BRETAGNE Francois GABART Jean-François CUZON
12 ESPOIRS HABITABLES BAIE DE MORLAIX Damien CLOAREC Guillaume RIVOALEN
13 GAVOTTES Jean-Pierre NICOL Frédéric RIVET
14 GENERALI Philippe LAOT Jean-Baptiste EPRON
15 GRANDEUR NATURE Sébastien THÉTIOT Laurent MERMOD
16 Groupe SNEF Jean-Paul MOUREN Elise GARCIN
17 HCI Vincent VACHETTE Sébastien DEBEAUPTE
18 ILIDAN Antoine CARRAZ Johan BARBARIN
19 ITO MARINE Gwenole BERNARD Vincent FRESNAIS
20 JOANNA Louis-Maurice TANNYERES Hugues BOUSQUET
21 LUISINA Eric DROUGLAZET Laurent PELLECUER
22 MARCO POLO Frédéric ESPAGNON Gaël LEDOUX
23 OPERA EN PLEIN AIR Jérôme SAMUEL Jean-François ROBIN
24 PORT DE CAEN OUISTREHAM Fabien DELAHAYE Paul MEILHAT
25 RENAULT ARCADIE Ronan TREUSSART Thibault VAUCHEL
26 SAMSUNG MOBILE Joseph BRAULT Antoine KOCH
27 SENOBLE Arnaud GODART-PHILIPPE Yannick LE CLECH
28 SKIPPER MACIF Eric PÉRON Gérald VENIARD
29 SONIC BOOM II Simon BRADY ANDY GREENWOOD
30 SUSHIBAR Matthieu GIROLET Alexandre TOULORGE
31 SUZUKI AUTOMOBILES Thierry CHABAGNY Alexis LITTOZ
32 SYNERGIE Isabelle JOSCHKE Tanguy LEGLATIN
33 TRIER C’EST PRESERVER Laurent GOUEZIGOUX Etienne SVILARICH
34 YAKA Clément MACHETEL François COUDRAY

Les précédents vainqueurs

1997 : Michel Desjoyeaux – Marcus Hutchinson (Sill Plein Fruit – France 3 Ouest)
1999 : Jean le Cam – Jean-Luc Nelias (O’Sea)
2001 : Gildas Morvan – Charles Caudrelier (Cercle Vert)
2003 :Gildas Morvan – Bertrand Pacé (Cercle Vert)
2005 : Thierry Chabagny – Gildas Mahé (Lèbre – FMI)
2007 : Nicolas Lunven – Charles Caudrelier (Bostik)

 
Le parcours 2009

3 étapes de jour, 2 étapes de nuit, 1 journée de régates en rade de Brest sont au programme de cette 7ème édition.

Samedi 5 septembre 2009  : Départ de Saint-Malo > Saint-Quay-Portrieux
Dimanche 6  : Saint-Quay-Portrieux > Perros-Guirec
Lundi 7 / mardi 8 : Perros-Guirec > Brest
Mercredi 9 : Rade de Brest > Parcours banane
Jeudi 10 / vendredi 11 : Brest > Piriac-sur-Mer
Samedi 12 : Piriac-sur-Mer > La Trinité-sur-Mer et remise des prix

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Peters & May étend sa présence en France.

Peters & May
Peters & May

Peters & May France sera présent pour la première fois au Festival International de la Plaisance à Cannes afin d’y proposer ses services et son expertise.

"Au cours de ces six premiers mois d’activité, nous avons collaboré avec de nombreux constructeurs français. Notamment le Chantier C.I.M pour lequel nous avons effectué la livraison de deux catamarans de 20 mètres à Dubaï. Nous avons géré le processus dans son ensemble, depuis la préparation du bateau, en passant par le chargement, le déchargement et les formalités administratives. Parmi d’autres marques prestigieuses, nous avons effectué le transport de bateaux Lagoon, Jeanneau, Princess, Fjord, Sunsail et The Moorings. Enfin, nous avons signé un accord de collaboration avec les Chantiers Jeanneau afin de devenir leur partenaire privilégié pour les propositions de transport vers le Pacifique, l’Extrême Orient et le Moyen Orient." explique Thibaut de Montvalon, Directeur Général, Peters & May France.

"Nous travaillons aussi en étroite collaboration avec des concessionnaires de renom, tels que Princess France et Camper & Nicholson afin de leur permettre de proposer les meilleurs services à leurs clients. Nous fournissons un ensemble complet de solutions pour répondre à leurs exigences que ce soit en matière de transport terrestre ou maritime, de formalités de douane ou de toute autre opération relative au transport."

"Nous offrons également des services de transport sur mesure pour des propriétaires privés ou des capitaines de yacht. Par exemple, nous avons récemment emmené un yacht des Grenadines, dans les Caraïbes, jusqu’en Europe en proposant un service personnalisé. Nous avons fourni au client un capitaine, nous nous sommes chargés des tâches administratives et des formalités légales, et nous avons également détourné la livraison pour réceptionner un hors-bord et une annexe acheté par le propriétaire sur une autre île des Caraïbes" termine Thibaut de Montvalon.

Peters & May France identifie, recherche et sélectionne les solutions de transport appropriées en fonction de la nature de la cargaison, du budget disponible, du délai imparti et de la destination. Avant l’expédition, ils anticipent toutes les démarches administratives afin de garantir un transport sans encombre. Ils se chargent notamment des formalités de dédouanement et celles d’importation à satisfaire à destination.

Les bureaux de Peters & May et leurs partenaires stratégiques sont situés dans les ports tout autour du globe et employent un personnel hautement qualifié et expérimenté afin de proposer les meilleures solutions clés en main.

Avec plus de 30 ans d’expérience dans le domaine de la logistique nautique, le groupe Peters & May propose, sur la scène internationale, des solutions de transport maritime, aérien ou routier pour le transport de bateaux comme de leur équipement. Peters & May est aussi le partenaire logistique des plus grandes courses à la voile : Volvo Ocean Race, Coupe de l’America, Audi MedCup, Rally ARC, etc.
En s’appuyant sur son réseau de 12 bureaux et de nombreuses agences réparties autour du globe,  Peters & May  transporte chaque année 8 000 bateaux dans plus de 150 ports et de 60 pays.

Retrouvez  Peters & May au Festival International de la Plaisance de Cannes, stand JAS022

Source : Peters & May
www.petersandmay.com

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Yann Eliès revient sur son incroyable saison 2009 !

Yann Eliès
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Des rêves à la réalité
Tout au long d’une éprouvante et laborieuse période de rééducation, Yann Eliès n’a eu qu’un objectif : surmonter ses doutes et se surpasser pour retrouver la totalité de ses moyens physiques et recouvrer sa force mentale de compétiteur acharné. Fort de ses deux victoires sur les courses préparatoires (Solo Concarneau et Transmanche) et sur la première étape de la Solitaire entre Lorient et La Corogne, et riche désormais d’une superbe deuxième place sur le podium de cette 40è édition, ses objectifs sont bel et bien remplis. Echafaudés comme des rêves, alors qu’ils semblaient pourtant impossibles il y a quelques mois encore, ils ont pris toute leur réalité sur l’eau.
 
Interview de Yann Eliès
 
Quelques jours après la fin de la Solitaire du Figaro, votre 2ème place sur le podium résonne-t-elle comme une grande réussite ?
« Pour être sincère, il m’a fallu quelques jours pour ravaler la déception vécue quand la victoire sur la Solitaire s’est dérobée sous l’étrave de Generali alors que j’y croyais tant, et ce jusque dans les derniers milles. Je l’ai tellement touchée des doigts jusqu’à ce qu’une évolution de la météo, imprévue et imprévisible, ne vienne chambouler les choses et le scénario que j’avais construit au fil des quatre étapes… Mais, quand je suis monté sur le podium, j’ai pleinement réalisé l’ampleur du travail réalisé depuis mon opération en Australie sur la base de la décision que j’avais alors prise, avec Erwan Steff (responsable logistique et fidèle ami de Yann, ndlr), mes proches et mon partenaire Generali, de naviguer très vite à nouveau et de prendre le départ de la Solitaire. C’était le meilleur choix, il m’a permis de tenir le bon cap : j’ai pu trouver les ressources nécessaires pour me motiver et surmonter les baisses de moral qui jalonnent une période de rééducation sportive. Sur le podium à Dieppe, j’ai effectivement compris que cette deuxième place a la valeur d’une vraie victoire. J’ai pris conscience que depuis mon accident dans l’océan Indien, avec toute l’équipe, nous avons réalisé un quasi sans faute… »
 
Quels sont les moments clés, les étapes fortes qui ponctuent votre retour à la compétition sur cette 40ème édition de la Solitaire ?
«  D’abord quand j’ai pu me déplacer avec une canne et rejoindre un deuxième centre de rééducation, Kerpape à Lorient. Quand j’ai ensuite eu la possibilité de conduire et partager mon temps entre la rééducation pure et dure avec un nombre incalculable de longueurs de piscine et le boulot, entouré de mon équipe, pour reprendre bien en main mes affaires courantes de marin ! Cela a énormément compté dans ma reconstruction. Et puis, à la fin du mois de mars, Jérémie Beyou m’a emmené faire un petit tour de Figaro : de quoi piquer au vif ma motivation… Ensuite les choses se sont enchaînées très vite avec un premier stage d’entraînement à Port-La-Forêt, en double avec Philippe Laot. Le dernier jour, il m’a laissé seul à bord. Quand j’ai bordé les voiles, j’ai vu que, dans le petit temps, j’avais déjà tous mes réflexes et la vitesse. J’ai eu une belle surprise et de belles émotions : j’ai alors vraiment senti que si je parvenais à être prêt physiquement pour le départ de la Solitaire, j’avais tous les moyens – notamment l’envie plus que tous – de faire quelque chose de grand. Les victoires sur la Solo Concarneau et la Transmanche ont ensuite fonctionné comme deux accélérateurs : je pouvais m’accrocher à cette idée et ce challenge un peu fou de non seulement participer à la course, mais de pouvoir – malgré la petite inconnue sur ma capacité physique à enchaîner quatre étapes –  jouer la gagne. »
 
Quels sont vos projets immédiats ?
« Je cède la barre de Generali pour le Tour de Bretagne à Jean-Baptiste Epron et Philippe Laot, qui ont tellement partagé avec moi depuis le départ du Vendée Globe, le meilleur comme le pire. De mon côté, je vais participer au Trophée Clairefontaine à la Grande Motte (10-13 septembre, ndlr). Avec Nicolas Troussel et Nicolas Bérenger, je vais former un équipage de figaristes : ça va être très sympa de se frotter sur l’eau aux rois du multicoque. Et surtout, je serai, cet hiver, du prochain Jules Verne aux côtés de Pascal Bidégorry et son équipage à bord de Banque Populaire V. Je suis très heureux à l’idée de refaire un tour du monde et de vivre une aventure collective sur un tel bateau. Je garde en effet d’excellents souvenirs des précédents Jules Verne avec Bruno Peyron. Après cette Solitaire qui m’a permis de revenir en mode compétition, je vais signer mon retour au grand large… »

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Quand la bulle les tient…

Guillermo Altadill - Estrella Damm 1876
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La chaleur règne à bord des monocoques Imoca et pas seulement parce que la Grande Bleue offre aux marins un tableau classique de fin d’été. Qu’on ne s’y trompe pas, si la tempête est loin d’être dans le prolongement de la botte italienne, elle est bien présente sous les crânes des stratèges. Nouvel écueil à éviter sur leur longue route entre Istanbul et Nice, la bulle anticyclonique était dans toutes les bouches à l’occasion de la vacation du jour. Sur la manière de lui échapper les avis ont divergé ces dernières heures et en la matière chacun s’attachait ce midi à défendre ses choix. Ainsi, celui qui retrouvait la nuit dernière sa place de leader, Kito de Pavant, avouait-il se satisfaire de la négociation du phénomène en ayant opté pour la voie du « tout droit ». Devançant à présent la concurrence de 16 milles, le méditerranéen ne boudait pas les effets d’un positionnement un peu plus nord que ses adversaires directs. Du côté de ces derniers aussi les motifs de satisfaction étaient palpables. Se livrant un duel à vue, Guillermo Altadill (1876) et Michel Desjoyeaux (Foncia) appréciaient la proximité et y trouvaient une belle source de stimulation ; ces deux derniers ayant rejoint le niçois Jean-Pierre Dick dans son option sudiste. En quête de pression, le local de l’étape, par la voix de son acolyte Damian Foxall, ne cachait rien de sa satisfaction quant à l’inspiration africaine et confiait commencer à en toucher quelques dividendes. Enfin, pour la queue de la flotte aussi cette veille de rentrée des classes livrait quelques bonnes nouvelles, à commencer par une nette réduction du retard sur les premiers. Avec seulement 50 et 58 milles de plus à parcourir, contre 130 et 134 il y a 24 heures, l’addition commence à perdre en sel pour Roland Jourdain et Marc Thiercelin. De quoi apporter un peu de douceur aux hommes et redonner définitivement aux marins des raisons d’espérer.

Boire, manger, dormir…

Les prochaines heures vont donc livrer un premier verdict, celui du contournement de la bulle. Les classements à venir devraient nous renseigner un peu sur la tendance et le passage à la pointe ouest de la Sicile sera un premier baromètre de la réussite. Mais gardons nous bien d’en tirer de trop hâtives conclusions tant la Méditerranée habitue ses amoureux aux surprises. Tous ses prétendants le rappelaient ce midi, il faudra attendre l’arrivée dans la baie des Anges pour savoir qui décrochera l’auréole… En attendant, des vents plus favorables en force devraient accompagner les concurrents de l’Istanbul Europa Race et leur permettre d’y voir un peu plus clair. Après quatre jours de course, les organismes et les montures peuvent commencer à sentir les effets d’une navigation qui si elle n’est pas musclée, n’en est pas moins usante. A bord on s’organise, on récupère comme on peut par cette chaleur à laquelle il faut s’habituer et on tente de garder hydratation et alimentation comme faisant partie de la liste des priorités. Sur ce point, les hommes de Groupe Bel avouaient avoir eu quelques inquiétudes suite à la panne du déssallinisateur leur permettant de produire leur eau douce. Une nuit dans le ventre de la machine lui aura rendu sa fonction ce matin. Sur Veolia Environnement, si le liquide n’est pas un problème, il n’en va a priori pas de même pour le solide, les vivres commençant à manquer et une certaine forme de rationnement s’organisant. Si cette première étape devait jouer les prolongations, Bilou et ses hommes pourraient donc arriver plus qu’affamés à Nice. Pour la course et pour les estomacs, chacun se prend aujourd’hui à invoquer Eole…

Classement de la première étape à 14 heures (HF)

1. Groupe Bel – Kito De Pavant
2. 1876 – Guillermo Altadill
3. Foncia – Michel Desjoyeaux
4. Paprec Virbac 2 – Jean-Pierre Dick
5. Veolia Environnement – Roland Jourdain
6. DCNS – Marc Thiercelin

Ils ont dit : 

Kito de Pavant – Groupe Bel :

« Cette nuit, nous avons été aux aguets. Le vent était encore très instable et il n’y avait pas beaucoup d’air. Dans ces conditions, c’est toujours plus tendu à bord, il faut sans cesse vérifier les réglages et s’appliquer à la barre. En revanche, hier nous avons pu bien progresser, au reaching, nous avons même mis le pilote pour nous reposer. Nous sommes sur une route un peu plus nord. A dire vrai, quand nous avons quitté les eaux grecques, les fichiers météo misaient plutôt sur une option sud, mais les suivants révélaient surtout que la bulle anticyclonique que nous avions à contourner prenait plutôt la forme d’une grande barrière entre la Sicile et la Libye. J’ai estimé qu’il était préférable d’aller tout droit. Le faut d’être Méditerranéen me donne peut-être un petit avantage : je connais certains coups et beaucoup de ceux que nous avons tentés en mer Egée, nous les avons faits à partir des observations que j’ai pu faire auparavant. Mais, je sais aussi combien la Méditerranée est capricieuse et j’ai appris à me méfier comme de la peste. C’est à la fois le terrain de jeu que je préfère et celui que je déteste le plus ! »

Guillermo Altadill – 1876

« Nous sommes toujours dans des conditions de vent très faibles. Nous avons passé toute la nuit en duel avec Foncia. D’être bord à bord, cela nous motive pour pousser le bateau à 100%  de son potentiel et de trouver les bons réglages pour avoir la meilleure vitesse possible. La course est passionnante et c’est une vraie satisfaction de découvrir le bateau, l’ancien Gitana de Loïck Peyron, dans ces conditions de régate au contact. A bord, entre les Espagnols Antoine Mermot, de l’équipe de Gitana, et notre équipier néerlandais, nous avons développé un nouveau langage : une combinaison d’espagnol, de français et d’anglais. Cela fonctionne très bien ! Je ne perds pas de vue Groupe Bel, qui progresse plus au Nord et qui peut-être sur la meilleure route pour trouver la porte de sortie de la bulle anticyclonique. Plus au Sud, Paprec-Virbac 2 revient actuellement dans le classement. Il a dû toucher un peu plus de pression, mais je ne suis pas sûr qu’il puisse compenser la route supplémentaire parcourue… »

Michel Desjoyeaux – Foncia :

« Il fait très chaud, mais on s’en accommode. On ne va pas s’en plaindre, mais aujourd’hui, la température de l’eau est même plus élevée que celle de l’air ! Nous n’avons toujours pas beaucoup de vent : on s’approche de la bulle dont on devrait pouvoir s’extraire au fil de la journée au fur et à mesure que l’on va pouvoir gagner dans l’ouest. Nous avons un beau lièvre, 1876, à côté  nous. C’est motivant, cela nous permet de bien batailler. Pour l’heure, un coup ça passe pour eux, un coup c’est pour nous. Les autres ? Je crois que personne ne sait très bien à quelle sauce il aura été mangé à la sortie de cette grande barrière anticyclonique. C’est la grande incertitude. Quoi qu’il en soit, la hiérarchie qui se dessinera en Sicile ne sera qu’un classement provisoire. Cette étape se dispute sur le mode d’un grand chassé-croisé et il promet de se poursuivre jusqu’à Nice. La fête continue ! »

Damian Foxall –Paprec Virbac 2 :

« Nous sommes toujours sur une route très différente de celles empruntée par les autres bateaux, c’est la plus proche des côtes africaines. Nous sommes partis sur cette option sud dans l’objectif de toucher des vents plus soutenus le plus tôt possible. Nous avons sans doute payé assez cher en termes de milles supplémentaires parcourus. Mais, depuis quelques heures, le vent rentre un peu et nous avons des meilleures conditions. Si nous sommes chanceux, nous allons donc toucher plus de pression avant les autres. On verra bien… Quoi qu’il en soit si le passage de la Sicile regroupera la flotte dans un petit entonnoir, il y aura encore jusqu’à Nice beaucoup d’options à tenter encore et beaucoup de coups à jouer : cette étape est loin d’être terminée. Quoi qu’il en soit, même en Méditerranée, c’est le meilleur qui gagne… Réponse à l’arrivée. »

Roland Jourdain – Veolia Environnement

« Même si nous avons réduit l’écart à 50 milles ces dernières heures, nous avons le même marais barométrique, une grande barrière qui s’étale de la Sicile à la Libye, à traverser que les autres. Nous devons subir et faire avec les mêmes petits airs et je ne crois pas que nous soyons encore sortis d’affaire. D’autant que nous accusons encore le coup de notre progression assez calamiteuse depuis deux jours. Après la dernière nuit assez paisible, nous revoilà donc repartis à la chasse à la risée.  Il n’y a pas grand chose d’autre à faire, mais pas question pour autant de baisser les bras : nous avons bien l’intention de nous en sortir coûte que coûte… On peut encore mettre deux jours pour rejoindre la pointe de la Sicile et toucher de l’air. DCNS est un peu revenu sur nous, on le voit à la jumelle. Peut-être qu’il a eu un peu moins de malchance que nous. Depuis le départ, on constate que les bateaux sont somme toute assez proches en termes de vitesse. Pour faire la différence, il faut donc faire le moins d’erreurs. J’en ai déjà fait une belle au passage du Péloponnèse et l’objectif principal du bord est bien d’essayer d’en effacer l’ardoise… »

 

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Alliaura Marine tient ses promesses.

Alliaura
Alliaura

Le chantier Alliaura Marine consolide sa capacité de production et poursuit le lancement de ses nouveautés.
Il y a quelques mois, ce chantier, spécialiste de la construction de bateaux de croisière de luxe en multicoques et monocoques, annonçait un investissement de près de 10 millions d’euros dans un nouveau site de production près de Lorient. Aujourd’hui, ce chantier complémentaire de celui des Sables d’Olonne est opérationnel. Alliaura Marine a donc repensé ses services en fonction de cette nouvelle structure et a regroupé les services supports au siège social, situé près du Mans (à Saint Pavace), ville réputée pour la haute technologie notamment dans l’automobile.
 
Le chantier ne perd pas de vue les projets qu’il annonçait au dernier salon nautique de Paris pour 2009-2010 :
– Le Privilège 515 sera présenté, en avant-première aux salons nautiques de Cannes et de La Rochelle ce mois-ci. Ce nouveau modèle vient en complément de la gamme actuelle,
– Le Privilège 955, dont les études sont en cours d’achèvement et dont l’outillage nécessaire à sa construction sera prêt avant la fin de l’année, sera présenté de manière plus précise au Monaco Yacht Show,
– Le Feeling 48 sera lancé à la fin de l’année 2010.
 

Source : Alliaura Marine
www.alliaura.com

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Huit stars de la voile à La Grande Motte

Trophée Clairefontaine
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Le Team Alinghi, détenteur de l’America’s Cup, vainqueur du Trophée Clairefontaine de Valencia 2008 (Espagne), a déclaré forfait vendredi dernier en raison d’une prolongation de la phase d’entraînement à bord du catamaran géant qui affrontera les Américains en février 2010. L’absence de Luc Dubois, Pierre-Yves Jorand et Yves Detray – de retour l’an prochain – permet d’ouvrir la porte au héros océanique de l’été : Pascal Bidégorry, invité à La Grande Motte pour sa traversée express de l’Atlantique (3 j. 15 h. 25 m.) et son record absolu de vitesse en 24h00 (908 milles) aux commandes du maxi trimaran Banque Populaire V.
 
Michel Desjoyeaux, son deuxième Vendée Globe en poche et ses quatre victoires dans le Trophée Clairefontaine, sera de la fête, entre deux étapes de l’Istanbul Europa Race à la barre de Foncia. 
Loïck Peyron, septuple vainqueur du Trophée Clairefontaine et troisième de l’édition 2008, sera au rendez-vous, tout comme Franck Cammas, ancien détenteur du Record de traversée de l’Atlantique sur le trimaran géant Groupama 3 et double vainqueur du Trophée Clairefontaine.
 
Du côté de la voile olympique, le plus récent médaillé d’or en Tornado, l’Espagnol Fernando Echavarri, sacré en Chine sur le catamaran olympique, viendra pimenter la recette à succès du Trophée Clairefontaine. Nicolas Charbonnier, invité l’an passé en Espagne pour sa médaille d’argent en 470 aux JO de Pékin, avait réalisé l’exploit de terminer deuxième de ce combat des chefs malgré sa méconnaissance du catamaran. Il revient cette année avec des ambitions à la hausse.
 
Il avait été décidé d’inviter le vainqueur de la 40e Solitaire du Figaro, courue cet été, avec Nicolas Troussel, vainqueur 2008 et Nicolas Bérenger, Grand Mottois d’adoption, pour équipiers de luxe. Invitation faite à Nicolas Lunven, le brillant vainqueur en question, celui-ci, déjà engagé aux dates du Trophée Clairefontaine, a souhaité que son valeureux dauphin, Yann Eliès, prenne sa place et la barre du catamaran 100% Classe Figaro. Ce sera son deuxième Trophée Clairefontaine.
 
Enfin, le Trophée Clairefontaine 2009 a souhaité saluer l’exploit de l’Allemand Boris Herrmann, premier skipper à boucler victorieusement un tour du monde par les trois caps en Class40 (12,20 m) : la Portimão Global Ocean Race. Il sera présent lui aussi à La Grande Motte.
 
Depuis son origine, en 1990, le Trophée Clairefontaine est le seul événement au monde à réunir des champions issus de disciplines aussi différentes de la voile internationale, à armes rigoureusement égales, sur des catamarans spectaculaires de 7,65 mètres tous identiques, exclusivement conçus et utilisés pour ce spectacle.
 
 

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Trois skippers de l´Equipe de France de Match Racing à Saint Moritz pour la 6ème étape

Mathieu Richard - Pornichet 2009
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L’enjeu sportif est en effet important cette semaine en Suisse puisque 12 marins parmi les meilleurs mondiaux vont s’affronter pour essayer d’enlever une victoire sur cette 6ème étape du World Match Racing Tour à commencer par Mathieu Richard. Le Nantais vient non seulement défendre son titre remporté l’année dernière mais aussi conforter sa première place du classement mondial de match racing. Il devance pour l’instant le Néo-Zélandais Adam Minoprio de sept points. Le Kiwi, présent lui aussi en Suisse, sera donc un redoutable adversaire. Mathieu compte sur sa solide et fidèle équipe pour réitérer la performance de 2008, il sera entouré de Yannick Simon, Greg Evrard et Olivier Herlédant.
Seb Col défendra aussi les couleurs françaises avec Erwan Israël, Christophe André et Gilles Favennec. Le barreur du Team K-Challenge arrive boosté par sa victoire aux internationaux de France. « Ce sont deux régates d’affilée avec le Danish Open (l’épreuve se déroule dans la foulée de Saint Moritz du 9 au 13 septembre, ndlr), on va essayer d’aborder cette série avec de la fraîcheur et de la motivation après notre victoire aux Internationaux de France » commente t-il.
Quant à Philippe Presti, il connaît lui aussi très bien le plan d’eau suisse qu’il retrouve pour la troisième fois. Il avait terminé 3ème l’an dernier et se méfie d’un lac qu’il qualifie de très « farceur » avant d’ajouter que cela peut aussi être divertissant ! Philippe sera entouré de Julien Falxa, Mathieu Renault et Andy Horton.
Les Français auront face à eux des étrangers de haut vol dont Adam Minoprio, déjà cité plus haut mais aussi l’australien Peter Gilmour, actuellement troisième du championnat du monde et récent vainqueur de la 5ème manche du World Tour en Suède ou encore Ian Williams, champion du monde en titre…
Aujourd’hui, pour la session d’entraînement, les skippers ont pu prendre en main le monotype BLU 26 qui leur servira de support pour cette épreuve. « Un bateau bien né, typique des lacs, fin et élancé » décrit Philippe Presti. Demain, le premier signal d’attention est prévu à 11h00, juste après le briefing. L’épreuve se clôturera dimanche après-midi.        
 

Interview de Mathieu Richard : « Saint Moritz est une épreuve unique au monde : du match race de haut niveau à 1852 m d’altitude dans la prestigieuse station de ski suisse… Le cadre est splendide, on aperçoit des cimes enneigées et le lac est très sympa à naviguer. Mais il est aussi tout petit avec des vents forcément très irréguliers. Y’a du boulot pour les tacticiens ! C’est une épreuve que j’aime bien, d’autant plus qu’on l’a gagnée l’an passé. Ce serait top de faire le doublé ! Nous sommes motivés à bloc ! ».

Interview de Seb Col : « Ce sont deux régates d’affilée avec le Danish Open, on va essayer d’aborder cette série avec de la fraîcheur et de la motivation après notre victoire aux Internationaux de France. Le plan d’eau est particulier, atypique. Situé à 1800 d’altitude, le vent y est instable et les parcours restreints. Il faut être opportuniste et ne rien lâcher du début à la fin de chaque manche. Le bateau est typé pour les lacs, peu de hauteur de franc bord, assez toilé et vivant ».

Interview de Philippe Presti : « C’est ma troisième participation. C’est une épreuve atypique au milieu de la montagne sous les sommets à 4000 mètres, c’est sympa. Le lac est très "farceur" comme un lac de montagne peut l’être, c’est divertissant… Le bateau est bien né et typique des lacs, fin, élancé et toilé. L’an dernier, ce fut un réel succès ».

Français engagés sur le Saint Moritz Match Race :

Equipage de Mathieu Richard (APCC Voile Sportive) : Yannick Simon (APCC Voile Sportive), Greg Evrard (APCC Voile Sportive) et Olivier Herlédant (APCC Voile Sportive)

Equipage de Philippe Presti (CV Cazaux Lac) : Julien Falxa (CV Arcachon), Mathieu Renault (SR Vannes), Andy Horton

Equipage de Seb Col (YCPR) : Erwan Israël (COYCH), Christophe André (YCPR) et Gilles Favennec (SN Saint Quay Portrieux)


Skippers étrangers engagés sur le Saint Moritz Match Race :

Adam Minoprio (NZL) ; Ian Williams (GBR) ; Torvar Mirsky (AUS) ; Johnie Berntsson (SWE) ; Björn Hansen (SWE) ; Peter Gilmour (AUS) ; Alvaro Marinho (POR) ; Eric Monnin (SUI) ; Francesco Bruni (ITA)

Rappel du classement mondial après 5 étapes (sur 9 programmées) :

1. Mathieu RICHARD (FRA), French Match Racing Team/ French Team Spirit, 68 points
2. Adam MINOPRIO (NZL), Emirates Team New Zealand/Black Match Racing, 61 points
3. Peter GILMOUR (AUS), YANMAR Racing, 56 points
4. Torvar MIRSKY (AUS) Mirsky Racing Team, 54 points
5. Ian WILLIAMS (GBR), Bahrain Team Pindar, 49 points
6. Damien IEHL (FRA), French Match Racing Team, 44 points
7. Ben AINSLIE (GBR), Team Origin, 40 points
8. Sebastien Col French Team/K-Challenge France,33 points
9. Paolo CIAN (ITA), Team Shosholoza, 31 points
10. Bjorn Hansen (SWE), Team Onboard, 16 points
11. Philippe Presti French Match Racing Team, 14 points

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La Méditerranée taille grand large

Foncia et DCNS
DR

Alors que les dernières heures de course restent marquées par de nombreux chamboulements et va-et-vient dans le classement, la hiérarchie qui se dessine n’a jamais semblé aussi provisoire. Aux avant-postes, trois bateaux, Foncia (Michel Desjoyeaux), Groupe Bel (Kito de Pavant) et 1876 (Guillermo Altadill), réunis dans l’ordre dans un mouchoir de 8 milles, n’ont évidemment pas fini de se chamailler, avec force et conviction. Au centre, mais sur une route résolument décalée au sud vers les côtes africaines, Paprec-Virbac 2 (Jean-Pierre Dick) est passé à l’offensive sur une option où il espère profiter de vents favorables. En arrière, Veolia Environnement (Roland Jourdain), qui paye encore cash les heures et les milles perdus dans une impitoyable zone sans vent, est désormais engagé dans un duel au soleil avec DCNS (Marc Thiercelin). À plus 130 milles des premiers (la note est effectivement salée pour Roland Jourdain et ses hommes), seuls quatre petits milles séparent désormais ces deux bateaux, dont les sillages se croisent et se décroisent comme s’ils régataient en baie.
Prudence, concentration et plaisir

Voilà pour les forces en présence, tandis que les dernières prévisions météo révèlent que la Méditerranée n’a pas fini de faire des siennes et jouer des tours à ces équipages de marins de haut vol. En tête comme en queue de flotte, aucun ne baisse la garde. Toutes les compétences réunies à bord de ses six bateaux d’exception n’ont qu’un objectif : esquiver les entourloupes et éviter les pièges qui jalonnent le parcours à haut risque de cette première étape longue de 1450 milles au départ de la magique cité d’Istanbul. Prudence et concentration sont les mots d’ordre qui s’imposent à bord, alors que chacun espère encore et toujours attraper des risées plus soutenues dans ses voiles.

Qu’ils soient en panne de vent ou qu’ils risquent de connaître les affres de la pétole molle, aucun ne boude pourtant son plaisir de disputer une course d’une telle intensité dans des eaux chargées d’histoire et au fil de paysages enchanteurs. Pas de langueurs méditerranéennes qui tiennent dans la première partie de cette course de dimension européenne, qui révèle son plus beau caractère méridional.

Classement de la première étape à 14 heures (HF)
1- Foncia – Michel Desjoyeaux   
2- Groupe Bel – Kito De Pavant  
3- 1876 – Guillermo Altadill
4- Paprec Virbac 2 – Jean-Pierre Dick   
5- Veolia Environnement – Roland Jourdain   
6- DCNS – Marc Thiercelin  

Ils ont dit…

Christopher Pratt – DCNS : « Nous sommes toujours dans des vents très faibles et il fait effectivement très chaud. Cette nuit, nous avons vu que le malheur des uns peut, peut-être, faire un peu notre bonheur : Veolia Environnement, qui est tombé dans une grande zone sans vent, n’est plus très loin (15 milles séparent alors les deux bateaux au classement, ndlr). Nous remontons sur eux et le moral du bord remonte aussi ! Il n’empêche que nous avons toujours du mal à analyser les fichiers et qu’il est reste difficile de trouver la porte de sortie de notre calvaire. Nous nous efforçons donc de faire marcher le bateau. Nous n’avons pas joué les bons coups en mer Egée et nous avons vécu des heures difficiles : c’est dur de batailler tout seul dans son coin dans la pétole quand les autres s’échappent. Mais l’ambiance est très bonne à bord, on continue de bien travailler, on attend notre heure : aujourd’hui, nous sommes ravis de savoir Veolia Environnement dans les parages, d’avoir l’opportunité de montrer enfin le potentiel du bateau et de prouver que l’équipe a les compétences pour sortir son épingle du jeu… »

Jean-Pierre Dick – Paprec-Virbac 2 : « Nous gardons une vitesse supérieure à 10 nœuds et cette nuit, nous avons profité d’un vent de travers plus soutenu que prévu, pour bien avancer. Les prochaines heures s’annoncent néanmoins torrides avec la traversée de l’anticyclone qui barre la route au sud de la Sicile. La situation météo est très complexe et aucun de nous n’est à l’abri de tomber dans un trou d’air comme l’a vécu Veolia Environnement. Sous ces latitudes, cela reste très aléatoire : c’est la loi de la Méditerranée ! Pour autant, nous progressons sur une route plus sud que l’ensemble de la flotte. Nous espérons toucher des vents plus soutenus au large de la Libye et de la Tunisie et de compenser par un peu plus de vitesse le chemin supplémentaire parcouru. L’arrivée à Nice pourrait se révéler pas facile dans la mesure où il se pourrait bien que le mistral vienne un peu corser l’affaire. Mais nous n’y sommes pas encore.

En tout cas, dans ces conditions, la course est fabuleuse. Chaque minute est un vrai moment de plaisir vécu sur cette mer et ses couleurs. C’est magique pour moi qui revis des souvenirs de ma jeunesse et de croisières en Méditerranée… »  

Roland Jourdain – Veolia Environnement : « Cela pourrait aller mieux, on a quand même beaucoup subi cette nuit et nous sommes toujours au beau milieu d’une belle bulle. La mer est plate avec des risées erratiques qui finissent par s’évanouir. Pour combien de temps encore ? Impossible à dire : ça peut encore durer ! Il fait très chaud, ce n’est pas simple du tout. On commence à accuser un retard qui risque d’être difficile à rattraper. Mais dans tout ça, j’ai eu le plaisir de voir un banc de cinq daurades coryphènes qui tournent autour du bateau : je n’en avais jamais croisé en Méditerranée, voilà c’est fait ! Compte tenu de la faible vitesse du bateau, j’ai même pu les filmer un peu sous l’eau ! »

Michel Desjoyeaux – Foncia : « Nous avons pas mal tiré notre épingle du jeu. La Vache est en effet restée coincée le long du Péloponnèse. Nous sommes contents de ne pas y être allés ! La situation reste très indécise et le chassé-croisé continue et personne ne sait comment on va se sortir du prochain coup de Jarnac, nous sommes dans l’expectative la plus totale. Nous avons encore un peu d’air, mais le vent doit bientôt mollir… Nous avons beau avoir acheté une bouilloire à Istanbul, elle ne veut rien nous dire. Nous ne sommes pas loin de 1876, nous avons effectivement des routes un peu convergentes depuis la fin de la mer Egée. »

Guillermo Altadill – 1876 : « Nous avons passé une très bonne nuit, nous avons bien navigué et fait les bons choix de voiles. Nous sommes aussi restés très concentrés sur la vitesse du bateau et nous avons pu grappiller quelques milles sur Foncia. Nous avons effectivement privilégié une route plus au large au passage du Péloponnèse : elle nous semblait plus sûre, avec plus de pression. Les prochaines 5-6 heures s’annoncent cruciales pour la suite de la régate. Au niveau de l’île de Malte, il risque d’avoir un tournant dans la course quand le vent va mollir. Quoi qu’il en soit, il y aura des coups à jouer… »

Kito de Pavant – Groupe Bel : «  Nous sommes restés collés à la côte en Grèce : c’est le jeu et la route est encore longue. Là, nous avons une belle vitesse de 13,5 nœuds. Le bateau va vite et nous en profitons avant que le vent ne mollisse. Nous nous rapprochons d’une zone très compliquée, les fichiers météo ne sont pas d’accord du tout les uns avec les autres ! Il y a du jeu et de quoi faire ! On voit que des grandes options se dessinent à droite et à gauche avec un décalage de 300 milles du nord au sud. Il s’agit d’être plus malin que les fichiers météo. A bord de Groupe Bel, nous sommes à l’attaque et nous espérons revenir dans le match très vite. On va essayer d’être opportuniste et de faire les bons choix… »

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Groupe Bel devant et casse-tête pour tous

Groupe Bel
DR

Si sur le papier, la première étape de l’Istanbul Europa Race a des allures de guide de voyage pour citadins stressés, pour les marins, elle est entrain de virer à la guerre des nerfs. Depuis leur entrée en Mer Egée hier matin, les six équipages se sont en effet mués en slalomeurs des mers, tentant, autant que possible, de se déjouer des pièges tendus par les îles. A ce jeu là, si toutes les inspirations stratégiques sont les bienvenues, il faut souvent accepter de perdre pour regagner ensuite. Nul n’échappe à la règle. Ainsi, le leader de ces dernières 24 heures, Kito de Pavant, confiait-il à l’occasion de la vacation du jour avoir connu une neutralisation de sa trajectoire pendant deux heures. La faute à un gros caillou venant perturber le vent de la Vache. Du côté de ses poursuivants aussi les déconvenues et autres surprises parfois désagréables sont venues troubler une vision idyllique. Mais à y regarder la valse des positions et surtout des écarts, on sait que rien n’est figé. La stratégie à très court terme s’organise et on tente de limiter les dégâts.

L’Europe dans la course
La quasi absence du Meltem, ce vent caractéristique de la zone soufflant à cette période de l’année et pouvant aller jusqu’à 50 nœuds, est désormais une donnée intégrée et l’idée consiste à perdre le moins possible le long des îles. Dans des vents flirtant péniblement avec les dix nœuds, envisager une option radicale n’est pas à l’ordre jour, d’autant qu’en tout l’incertitude plane. Mais pour le moment, Groupe Bel possède un micro matelas que dans de telles circonstances il convient de préserver comme une grande richesse, d’autant que le souffle des quatre plus proches poursuivants pourrait vite se faire sentir. Pour y échapper, le monocoque rouge a pris le parti d’un passage entre la pointe du Péloponnèse et l’île de Cythère quand Michel Desjoyeaux, Roland Jourdain, Guillermo Altadill et Jean-Pierre Dick tricotent dans l’Est. A qui les Dieux grecs donneront-ils raison ? Le choix ne sera pas aisé tant les prétendants ont les arguments pour les séduire. En effet, même si le commandement échappe pour l’heure à ces quatre équipages, aucun n’affichait en ce deuxième jour de course d’inquiétude particulière quant au caractère définitif du classement. Au contraire, là où les bulles coincent parfois les marins, s’organise la vie du bord. Dans des moments difficiles pour les nerfs, les hommes se soudent et achèvent de se découvrir. Les différentes cultures s’expriment et ce joyeux mélange contribue à donner à cette épreuve unique sa stature européenne. Ainsi, français, espagnols, hollandais, américains et irlandais sont-ils tous embarqués dans la même galère…

Entrée en Mer Ionienne
Enfin, un peu en retrait après avoir été victime de la pétole dans les Dardanelles, DCNS peine à réduire son retard. Silencieux ce midi, les hommes de Marc Thiercelin doivent actuellement mettre toute leur énergie à réduire l’écart et revenir dans le match. Mais en marins d’expérience qu’ils sont, ils savent sans doute pertinemment bien que si on ne peut réussir tous les coups stratégiques, une seule belle inspiration peut suffire à changer la donne et relancer le suspense. Avec ce que réserve le scénariste de cette Istanbul Europa Race, ceux qui ferment actuellement la marche devraient avoir de quoi se refaire. En attendant, chacun se prépare aux adieux avec la mer Egée et à présenter ses hommages à la mer Ionienne. Mais là encore, les choix seront compliqués, les vents vraisemblablement faibles et instables,et les prédictions difficiles. Décidemment que la course est belle !

Ils ont dit

Kito de Pavant – Groupe Bel
« Le vent est très faible, 6 à 7 noeuds de vent mais on marche à 10 noeuds. C’est un bateau extraordinaire. Ce matin il marchait à 11 noeuds avec un vent de 5 noeuds. Je trouve ça plutôt magique. La nuit s’est bien passée après eu la surprise dimanche soir de voir les Espagnols revenir à notre hauteur. 1876 est revenu par l’Est et on s’est retrouvé tous les deux englués dans la pétole, devant Mykonos. Puis nous nous sommes perdus de vue dans la nuit durant laquelle on leur a collé une vingtaine de milles. Je suis donc satisfait de la navigation nocturne mais de toute façon je n’avais aucun doute sur la capacité des Espagnols à bien faire avancer leur bateau. Ils vont rester des concurrents redoutables sur un monocoque bien travaillé par Loïck Peyron pour le Vendée Globe.
C’est rare d’avoir si peu de vent en mer Egée au mois d’août et chaque caillou est un obstacle. Nous allons entrer en mer ionienne et j’espère ne pas avoir l’occasion de mes comparer à vue avec mes adversaires. C’est reposant quand je les sais un peu plus loin. Ma question du moment est comment passer Cythère ? Puis ensuite comment bien franchir la bulle anticyclonique qui se forme au large de la Sicile ? C’est moi qui fait la navigation sur Groupe Bel. Ce n’est pas évident de choisir la bonne route, sur ou sous le vent mais on est tous sur la même longueur d’onde. Heureusement on devrait toucher du vent de nord ouest pour traverser l’Adriatique. J’espère ce soir, peut-être demain matin ».

Michel Desjoyeaux – Foncia
« C’est assez impressionnant de voir les écarts se faire et se défaire très rapidement. Rien n’est acquis, des dizaines de milles se réduisent à rien en quelques heures. Il faut être vigilant mais on s’amuse bien. Depuis le début on se dit que personne ne parviendra à réussir tous les gros coups. Il faut donc essayer de ne pas les rater mais on fait l’accordéon. Je crois qu’il faut rester zen parce que ce pourrait être le cas jusqu’à la fin de la Méditerranée. Hors régate, je n’avais jamais navigué ici. Nous avons passé beaucoup d’îles cette nuit. J’ai vu une île de jour mais elle ne m’a pas donné envie de m’arrêter. C’était un peu râpé, et si tu y mets une chèvre, elle mange la végétation qu’il y reste en trois jours. Le truc, c’est que tu approches d’une île sans savoir les conditions de vent que tu vas trouver. Et tu vois un bateau te dépasser pas loin, à 10-12 noeuds, quand toi t’es arrêté. C’est un peu agaçant. Depuis le départ, on ne fait pas nos nuits de huit heures même si on est cinq parce qu’il y a beaucoup de manoeuvres. Je pense qu’on va arriver un peu tard à Nice, la suite n’est pas beaucoup plus ventée mais ce n’est pas grave, on est bien en mer. Sur Foncia, Jérémie Beyou barre beaucoup, il sera entraîné pour la Transat Jacques Vabre. Il aura bien le bateau en main et je pourrai lui laisser tout faire. Dans le coin, on ne voit pas grand monde et dans l’immédiat c’est plutôt du style "Les bronzés font de la voile" avec trois gars devant moi qui dorment sur les sacs de toiles. Il fait très chaud dans le sud des Cyclades…"

Jean-Luc Nélias – Veolia Environnement
« Cette nuit a été un peu compliquée, dans la chaleur de cette fin d’été, pour traverser une ribambelle de petites îles. On s’est empétolé au dévent de certaines d’entre elles et le jeu était d’en sortir au plus vite. Les îles culminent à une altitude de 500 à 1000 mètres et cela constitue un bel abri pour le vent. Pour les vacances ce doit être super. Pour la voile c’est moins bien. Les dévents vont parfois dix à quinze fois au-dessus d’une île. Et le vent vient taper contre elle. Cela explique les regroupements de bateaux auxquels on assiste. Il faut donc traverser les îles en choisissant les dévents. Veolia Environnement est resté collé deux heures la nuit dernière. Pendant ce temps, on s’est dit "voilà, les autres avancent et vont gagner" et puis au lever du soleil on a vu des voiles à l’horizon, cela nous a rassurés mais tout reste aléatoire. Là, on marche à une vitesse fabuleuse de 8 noeuds, sur une mer plate, par grand beau temps, devant des îles sèches et arides. Ce n’est sans doute pas terrible pour y cultiver un potager."

Guillermo Altadill – 1876
« Nous sommes dans le petit temps et nous avons 7 à 8 noeuds de vent. Nous avons passé la nuit à naviguer entre les îles dans des conditions variables. Les premières heures, nous étions avec Groupe Bel, à 10 mètres à peine. Et puis ce matin je constate qu’il a été meilleur que nous puisqu’il a de nouveau 20 milles d’avance tandis que Foncia et Veolia Environnement sont revenus tout près de nous. Je n’oublie pas qu’il s’agit de notre première régate avec ce bateau. Nous sommes donc satisfaits de rester au contact de monocoques qui ont beaucoup plus de milles d’entraînement que nous. Depuis le départ, nous travaillons avec de nouvelles voiles, un nouveau système de bord. L’équipage est bien occupé mais il a trouvé rapidement son rythme de vie. »

Alex Pella –Paprec Virbac 2
« Ce sont des conditions de mer très méditerranéennes. La mer est bleue et plate avec peu de vent. Ce fut une nuit compliquée, on a souffert comme tout le reste de la flotte mais il y a une bonne ambiance à bord. Parfois la nuit on ne voit pas à qui on parle, on pose une question en Anglais, il répond en Français. C’est marrant. Forcément c’est un peu rageant d’être derrière mais on connaît bien cette mer et il y a encore beaucoup d’heures de course et des coups à jouer pour revenir sur les bateaux qui nous précèdent. Pour ma part, c’est une expérience exceptionnelle puisque Jean-Pierre Dick nous transmet son bateau et favorise une prise en main dans des conditions idéales. »

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