Profitant du vent encore soutenu sur une mer assagie, Alberto Riva, Jean-Marre et Benjamin Schwartz se sont lancée à la chasse au record de vitesse sur 24 heures.
« Vous vous tenez comme dans une Fiat Panda dans un ravin. Ici, les cailloux sont de vagues de 5 à 6 mètres) et vous projettent à trois cloisons de distance. Après une nuit sur le fil du rasoir, avec des rafales de 45 nœuds, les choses semblent se calmer un peu ici. Nous avons déjà parcouru 410 milles en 24 heures et nous essayons de battre le record, qui est de 430 milles*, même si notre principale occupation est de rester en un seul morceau », témoigne, hier en fin de journée, dans un message à sa communauté le jeune skipper milanais.
« 435,9 milles entre deux pointages » Pari tenu pour le trio de tête qui a appuyé sur le champignon, poussant son Class40 au maximum de son potentiel dans des pointes de vitesses sidérantes pour un bateau de 12 mètres.
Selon Benjamin Schwartz, l’équipage d’Acrobatica a battu le record « d’une petite courte tête avec 435,9 milles entre deux pointages ». « On a réussi à remettre du charbon bon au bon moment en sortie du gros de la dépression. Le bateau allait admirablement bien dans la mer au reaching un peu ouvert, c’est assez impressionnant. On a réussi à le pousser, sans prendre de risque… », ajoute le co-équipier d’Alberto Riva.
L’analyse des classements intermédiaires dans la journée permettront de définir le nouveau record de vitesse de 24h établi, en ce début de deuxième semaine de course entre sur la deuxième moitié du parcours entre Belle-Ile-en-Mer et Marie Galante. Un nombre de milles qui devra ensuite recevoir l’homologation officielle du WSSRC* pour entrer aux tablettes officieelles…
Gagre à Groupe SNEF… Ce matin, Acrobatica, suivi par Groupe SNEF bien revenu dans la nuit sur son prédécesseur au classement, progresse dans moins de 15 nœuds de vent du nord. Ces deux bateaux ont de toute évidence fait le break sur le reste de la flotte, puisque le 3è, Vogue avec un Crohn, affiche, ce matin, un retard d’environ 115 milles.
Mais sur l’échiquier Atlantique, le jeu se corse pour le groupe de tête qui se rapproche d’une zone de vents plus faibles, susceptible à favoriser des divergences dans les trajectoires autour de l’éternel question du nord et du sud. Pas étonnant donc de voir ce matin Captain Alternance glisser sous la route directe, cap au sud-ouest. Après les excès de vitesse d’hier, le net ralentissement général annoncé en tête de flotte promet encore son lot de surprises et de rebondissements. La course continue de plus belle en direction de Marie-Galante. Et, elle n’a visiblement pas fini de nous tenir en haleine..
Le record de vitesse de 24 heures en Class40
D’après les tablettes de WSSRC (World Sailing Speed Record), le plus joli score officiellement homologué par un Class40 remonte à 2021. De 428,53 milles, il appartient à Ian Lipinski qui était alors accompagné par un certain Ambrogio Beccaria. Selon la Class40, un autre représentant de l’Onda Azzurra (vague azure) italienne, Alberto Bona, a établi l’été dernier, toujours en double sur la course Les Sables-Horta, un nouveau record de 430,47 milles parcouru d’un point à un autre sur 24 heures.
Après une halte technique à Santa Marina, dans les Açores, pour tenter de réparer l’électronique à bord, l’équipage du Groupe Interaction a pris la décision d’abandonner la course Niji 40. Malgré tous les efforts déployés et une détermination sans faille, il est apparu impossible de poursuivre.
Depuis l’approche des côtes espagnoles, l’équipage d’Interaction Team Voile, engagé en Class 40 sur la Niji 40, vivait avec une panne électronique qui le privait de ses outils de navigation essentiels. Sans eux, il se trouvait “aveugle” en ce qui concerne la force et la direction du vent, rendant la navigation, notamment de nuit, très risquée. Les skippers ont alors préféré adopter une allure modérée afin de minimiser les dégâts potentiels. L’équipage a fait escale à Santa Maria le 15 avril pour tenter de réparer l’électronique, avant in fine, de prendre la décision de mettre fin à son aventure transatlantique.
Une fin de course aux raisons multiples Les skippers d’Interaction Team Voile ont pris la décision de mettre fin à leur course pour les raisons suivantes : L’ombre du retard : Entre la panne électronique initiale, l’escale technique infructueuse, les skippers d’Interaction Team Voile ont accumulé un retard trop important pour se maintenir dans la course, et ce même avec la meilleure volonté et motivation. Les engagements professionnels : En effet, Yannig Livory, Erwan Livory et Louise Comont concourent en qualité d’amateurs dans un monde de professionnels. Ils ont donc des obligations professionnelles qui les attendent à terre et ne peuvent se permettre de reporter davantage leur retour. Le calendrier de Louise en jeu : Louise Comont, dernière arrivée d’Interaction Team Voile et concourant par ailleurs sur le circuit Mini 6.50, risquait de manquer sa prochaine course, compromettant sa saison.
Une fois l’électronique réparée, ils feront donc chemin inverse pour rentrer à Lorient en toute sécurité. Mais ce n’est pas tout ! Ce voyage n’a pas été vain Louise, toujours plus forte : Les pannes ont ouvert une nouvelle porte pour elle : se former davantage sur le bricolage et l’électronique. Elle qui participait à sa première transatlantique se servira aussi bien sûr de cette expérience et des conseils de ses équipiers pour ses qualifications de course en 6.50 sur l’année 2024 et 2025. Naviguer à trois, une belle aventure : Même si l’issue n’est pas celle espérée, les skippers ont savouré chaque instant de cette navigation à trois, renforçant leur esprit d’équipe, cher à l’ensemble du Groupe Interaction et central dans le projet d’Interaction Team Voile. Loïc Gallerand, Dirigeant Créateur du Groupe Interaction, salue l’engagement des skippers : « Nous tenons à souligner leur exploit, ténacité et abnégation dans l’effort. Ce sont des navigateurs amateurs sur le papier mais dans les faits, Yannig, Erwan et Louise portent les valeurs du Groupe Interaction comme de vrais professionnels. Je sais que les jours qui viennent seront difficiles, car renoncer l’est toujours. Mais, pour leur sécurité, ils ont pris les bonnes décisions. » Le Groupe Interaction souligne également l’accompagnement précieux et le professionnalisme de l’ensemble des membres l’organisation de la Course Niji40.
L’IMOCA Groupe Dubreuil, paré de ses nouvelles couleurs – French bee à tribord, Air Caraïbes à bâbord -, a retrouvé le ponton du Vendée Globe après trois mois de chantier centré sur la fiabilité et la sécurité à bord. Trois mois qui ont aussi permis à son skipper Sébastien Simon de se remettre d’une fracture cervicale survenue en course.
Mis à l’eau le 4 avril aux Sables d’Olonne, le monocoque IMOCA Groupe Dubreuil a retrouvé son élément et effectué une première navigation technique. Grâce au travail sans relâche de Sébastien Simon et de son équipe, la saison 2024 commence sous les meilleurs auspices avec The Transat CIC et la New York Vendée au printemps. Deux courses en solitaire et qualificatives pour le Vendée Globe, dont le départ sera donné le 10 novembre.
« Nous avons réussi à tenir les délais, sourit Sébastien Simon, j’en suis assez fier car ce n’était pas gagné. Cette première navigation fait du bien parce qu’on a l’impression de faire un grand pas en avant ». Certes, il reste beaucoup de travail, « ça ne va pas être facile, mais je suis très heureux d’avoir une équipe soudée, motivée et un partenaire comme le groupe Dubreuil qui nous soutient et nous apporte sa confiance ». Depuis moins d’un an, la jeune équipe vendéenne évolue et prend de l’expérience au fil des épreuves, avec pour seul objectif d’être au départ du Vendée Globe dans les meilleures conditions, « tous ensemble, en pleine forme et toujours aussi motivés ».
« Voir notre IMOCA Groupe Dubreuil avec ses nouvelles couleurs French bee et Air Caraïbes ici, dans le port des Sables d’Olonne, ça fait vraiment plaisir. Je trouve qu’il a assez fière allure », s’enthousiasme Sébastien Simon.
« Ce projet d’IMOCA biface est inhabituel car généralement les sponsors sont côte à côte… Mais au-delà des arrivées et des départs de course qui font partie des réseaux de nos compagnies aériennes, c’est aussi un symbole fort : malgré les identités distinctes de nos deux marques, tous nos collaborateurs sont dans le même bateau ! Sébastien emportera également avec lui un petit bout de chacune de nos filiales, représentées à l’intérieur et à l’extérieur de l’IMOCA. C’est un partenariat vraiment fédérateur pour toutes nos entreprises et pour notre groupe familial qui fête cette année ses 100 ans », commente Paul-Henri Dubreuil, Président- directeur général du groupe éponyme.
Le chantier d’hiver a surtout permis de travailler sur l’ergonomie afin de rendre le bateau plus confortable et de permettre à Sébastien Simon de naviguer avec plus de sécurité. À la suite de sa commotion cérébrale survenue lors de la transat Retour à La Base en décembre dernier, le skipper et son équipe ont aménagé l’IMOCA Groupe Dubreuil avec notamment deux sièges de veille moulés sur-mesure. « Aujourd’hui la sécurité est un élément important après mon accident, explique Sébastien. Je n’ai pas envie que ça se reproduise. La situation aurait pu être plus grave, je l’ai bien en tête. Nous avons aussi travaillé avec des pêcheurs locaux sur la mise en place de filets pour m’empêcher d’être projeté dans la zone de vie. Les premiers essais sont encore plus concluants que ce qu’on imaginait. »
Un nouveau mât a également été réceptionné et mis en place. « Ce n’est pas rien un démâtage. Non seulement c’est douloureux mais ça génère aussi énormément de travail », ajoute-t-il. L’électronique embarquée a été revue de A à Z. « On poursuit ce qu’on a entrepris depuis trois mois. La première navigation a montré des choses plutôt positives, tous les capteurs fonctionnent, et d’autres à améliorer comme l’automatisation ».
Reprise du sport et retour au large
Tous les voyants sont donc au vert pour Sébastien Simon et son IMOCA Groupe Dubreuil. Libéré de son corset sur-mesure qui a permis de souder sa cervicale, le skipper a repris le sport sous la surveillance de son kinésithérapeute, Eliott Boucard, et de son médecin du sport, Edouard Stavaux, afin de muscler son dos et son cou. Une préparation physique adaptée qui lui permet de reprendre l’entraînement en mer sereinement dès demain pour 48h de navigation au large.
Puis le Groupe Dubreuil Sailing Team mettra le cap sur Lorient d’où sera donné le départ de The Transat CIC, première course de la saison que le skipper abordera avec beaucoup d’envie. « Les deux transats ne vont pas être faciles mais je ne me mets aucune pression de résultat. Ce sera un bel entrainement pour le Vendée Globe. Le chemin parcouru depuis l’été dernier est immense. Il faut prendre les choses pas à pas et essayer de savourer un peu le moment. De toute façon, je suis sûr que si on arrive au bout de ces deux transats le résultat sera honorable. »
« Je n’ai jamais vu ça ! » Cette habituée du port écarquille les yeux. C’est la première fois qu’une telle foule est rassemblée dans le port pour saluer les concurrents de la Cap-Martinique. Le ponton principal, pourtant vaste, était noir de monde et il fallait se faufiler pour saluer un concurrent. Ceux qui n’étaient pas sur les pontons étaient réunis sur le môle Loïc Caradec dans une ambiance à la fois joyeuse et admirative pour ces héros du moment. Comme dans les plus grandes courses au large, ils sont partis les uns après les autres pour rejoindre la ligne de départ Dream Yacht.
Thibaut Derville, co-organisateur est très heureux de ce départ : « Les 60 bateaux ont quitté les pontons dans une très belle ambiance. Il y a beaucoup d’émotion, même pour ceux qui connaissent la musique. Sur le ponton, ça n’a pas changé, les gens sont toujours émus et encouragent tous les participants. » Le coup d’envoi a été donné à 15h00 précises depuis La Garonne, bâtiment de la Marine Nationale, par le vice-amiral d’escadre Jean-François Quérat, préfet maritime de l’Atlantique.
Une transat à portée d’amateurs
Cette Cap-Martinique est singulière dans le monde de la course au large. C’est la seule transatlantique, sans escale, destinée aux amateurs. Pour les participants, c’est souvent le rêve d’une vie, comme une petite Route du Rhum à portée d’amateurs. Adrian Kuttel vient d’Afrique du Sud pour participer à cette aventure : « C’est un beau parcours, de beaux bateaux et la flotte est magnifique. Il y a des gens formidables et de grands marins. Je suis accro à la Cap-Martinique » sourit celui qui s’engage cette fois en solitaire après avoir participé à la dernière édition en double.
JM Liot / Cap-Martinique.JM Liot / Cap-Martinique.
Emotional scenes,Pen Duick VI FR (14) taking the treasured double - “provisional” first in line honours and first in Leg four IRC handicap ranking.
Photo by Tim Bishop/PPL
Pen Duick VI FR a franchi la ligne d’arrivée du Royal Yacht Squadron, à Cowes, à 22h52 UTC ce 11 avril, après 37 jours difficiles en mer et 6814 milles parcourus, remportant à la fois la première place “provisoire” en temps réel et la première place au classement IRC de la quatrième étape. Les yeux sont maintenant tournés vers le classement général IRC et sur Triana FR (66) qui détient une avance de 19 heures. Les vents capricieux pourraient encore changer la donne !
Pen Duick VI occupe actuellement la deuxième place du classement IRC de l’Overall Race, à 19 heures de Triana FR (66). Mais Triana a encore 1350 milles à parcourir avant de franchir la ligne d’arrivée. Les prévisions annoncent des vents faibles qui ralentissent sa vitesse moyenne. Elle doit maintenir une vitesse moyenne de 4,9 nœuds jusqu’à l’arrivée pour conserver son avance en IRC sur Pen Duick VI. Une vitesse inférieure pourrait permettre à Pen Duick VI de remporter le prix IRC tant convoité de l’OGR (Overall IRC PRIZE)
Avec près de deux jours d’avance sur son plus proche rival, L’Esprit d’équipe FR, la domination de Pen Duick VI sur cette dernière étape est incontestable. Marie Tabarly et ses dix membres d’équipage, tous déterminés à bord, semblaient à la fois soulagés et immensément fiers de leur exploit. Marie avait déclaré dès le début que Pen Duick VI s’illustrerait dès l’apparition du vent et elle avait raison. Pour cette dernière étape, la stratégie de Marie était “d’aller vite, vite, vite et d’accélérer à la fin”. Une stratégie clairement gagnante ! ” Il y a eu tellement de moments marquants. Je me souviens que nous allions vite, dans 55 nœuds de vent et qu’il y avait des dauphins qui sautaient sur les vagues. Dans 55 nœuds ! Fou. Je me souviens d’avoir couru très près de Translated 9 et de Maiden et d’avoir pu les voir. Puis toutes les discussions entre potes, quatre fois par jour à la radio, elles vont me manquer. Il y a beaucoup trop de moments, tellement de moments incroyables. Je suis très, très fière de mon équipage. J’ai 21 personnes extraordinaires, de bons êtres humains, avec qui tu veux passer du temps. C’était exactement ce que j’avais prévu avec eux, pas de surprise, tout était parfait.”
Mais ce sont aussi les autres équipages de la flotte OGR qui resteront à jamais gravés dans la mémoire de Marie. ” Je pense à Translated 9, c’étaient mes meilleurs ennemis. Je leur ai dit au début que je serai leur pire cauchemar et il s’est avéré qu’ils étaient mon pire cauchemar. Nous étions quatre, entre Spirit of Helsinki, Maiden et Translated 9, avec qui nous nous sommes très bien battus. Ce fut un honneur et un plaisir de naviguer contre eux. Mais ce soir je pense à Translated 9. J’ai été proche avec les gens de cette course, c’est extraordinaire. Je ne réalise toujours pas que c’est fini. Je me sens comme si ce n’était qu’une des étapes. Le bateau qui gagnera ce tour du monde sera celui qui arrivera à bon port, ayant trouvé le bon équilibre entre solliciter le matériel et l’équipage, tout en les préservant. En d’autres termes, il faut savoir être à la fois sur le frein et sur l’accélérateur. Pour la première fois, je ressens un certain soulagement à l’idée d’arriver. Je pense que je suis épuisée physiquement, émotionnellement et nerveusement. Il reste encore du temps, mais Pen-Duick VI est nettement en meilleure forme que moi.”
La course autour du monde, qui célèbre le 50e anniversaire de la première course Whitbread, s’est avérée difficile pour le voilier, le skipper et l’équipage. Et cela n’a pas toujours été le cas pour Pen Duick VI. Parti en septembre dernier de Southampton au Cap, l’étape 1 s’est avérée difficile pour le voilier historique. À la fin de l’étape, une enquête a révélé que le sceau de sécurité d’une sacoche de téléphone de l’équipage avait été brisé, ce qui a entraîné une pénalité de 72 heures sur les résultats de Pen Duick VI. Après cet ajustement, le bateau s’est classé 4ème en ligne d’honneur et 7ème en IRC. Marie et son équipage étaient déterminés à améliorer ces résultats.
L’étape 2, du Cap à Auckland, s’est avérée plus fructueuse, avec une 2e place en ligne d’honneur et une 5e place en IRC. C’est au cours de l’étape 3 que Pen Duick VI a vraiment montré ce dont il était capable, arrivant à Punta del Este premier sur la ligne et deuxième en IRC.
Mais une fois de plus, Pen Duick VI a fait la une des journaux après avoir eu un homme à la mer au début de l’étape 4 à Punta del Este. Le membre d’équipage impliqué a été récupéré en quelques minutes et aucun blessé n’a été signalé. Pen Duick VI n’a pas encore fourni d’informations sur cet incident. À ce jour, il s’agit de la seule situation d’homme à la mer sur l’ensemble de l’OGR.
Le départ de Punta del Este à Cowes a été lent pour toute la flotte. Ce fut un long combat et Marie a récemment admis que, tout à fait compréhensible, elle et son équipage étaient fatigués. Cependant, ils étaient déterminés à tout donner lors de cette dernière étape et à terminer à Cowes – haut lieu de la voile et des marins :
L’Esprit d’équipe FR (85), un autre ancien yacht de Whitbread et vainqueur de la course de 1985, qui se trouve à 360 milles derrière, devrait prendre la deuxième place de la ligne d’honneur, en arrivant à Cowes dans les 48 heures. La troisième place revient pour le moment à SPIRIT OF HELSINKI, à 100 milles derrière, progressant rapidement, suivi de Neptune FR (56), à 200 milles plus loin, puis de MAIDEN.
Le reste de la flotte fait face à des vents faibles qui vont compliquer leur progression. Les prochaines 48 heures seront extrêmement difficiles pour les équipages déjà frustrés par la lenteur de leur avancement.
NOTE – Tous les résultats sont provisoires et ne deviennent officiels qu’après les contrôles de conformité, la signature des déclarations des skippers et des équipages, et le respect des obligations du règlement de course. C’est à ce moment qu’une CARTE BLEUE est délivrée et que les résultats deviennent officiels.
La seconde édition de la Cap-Martinique s’élance dimanche de La Trinité-sur-Mer. Soixante bateaux et cent marins participent à cette transatlantique 100% amateur. Sur les pontons, l’ambiance est studieuse car ici, personne ne peut se vanter d’avoir de l’avance sur cette fameuse « to do list » qu’il faut avoir bouclé avant le jour J. Les skippers partagent les outils, les coups de mains et aussi les astuces pour partir dans les meilleures conditions.
INTERVIEWS
Ludovic Sénechal (FOP France) : « Avec Noël, ça va faire 14 ans qu’on navigue ensemble. Nous avons deux tâches bien réparties à bord. Noël s’occupe de la stratégie et de la navigation et moi, je suis sur le pontr à mettre du charbon. On est assez complémentaires. Ce qui est bien sur la Cap-Martinique, c’est que c’est d’une seule traite. Il n’y a pas d’arrêts ou de stand by. L’objectif, c’est d’en mettre le plus possible derrière (rires). On va essayer de jouer dans les meilleurs mais tout le monde en a envie. On court pour FOP France, c’est la maladie de l’homme de pierre. C’est une maladie rare qui touche la fille d’un ami. Ils seront présents cette semaine et ça nous fait plaisir de courir pour eux. »
Philippe Benoiton (Passe Coque) :
« Prendre le départ de cette Cap-Martinique, c’est un rêve qui se réalise. Cela fait quarante ans que j’en rêve. J’ai connu plein de gens qui faisaient des transats et c’est mon tour aujourd’hui. Ça n’est que de la joie. J’ai vraiment envie de m’éclater et de faire ça avec une bande de gens formidables. Je représente une association locale de Saint Philibert, qui s’appelle Passe Coque. Dans un port comme celui-là, il y a plein de bateaux qui ne servent à rien, qui pourrissent. L’association reprend les bateaux, les remet en état et les offre à d’autres associations. Pour moi, une Cap-Martinique réussie, ça serait d’arriver juste après l’arrivée de ma femme et de mes filles qui seront à Fort-de-France. »
Bertrand Fourmont (Alpha Sablé) : « C’est ma troisième transatlantique mais c’est la première en solitaire car je ne veux faire aucun compromis. C’est une dimension supplémentaire car il faut tout gérer, prendre toutes les décisions. Pour moi, c’est l’aboutissement de tout ce que l’on fait en exercice, en formation, en entraînement, en course. Aboutir un tel challenge en solitaire, c’est impressionnant. L’engagement sociétal de la Cap-Martinique me va bien. J’ai déjà un engagement par le Rotary Club. Quand il a fallu choisir une association, j’ai tout de suite pensé à Alpha Sablé qui se consacre à l’alphabétisation des personnes étrangères sur le territoire. Ça a été un engagement au quotidien car j’ai donné des cours d’une heure et demi avec eux avec des groupes de 25 personnes. Je leur ai beaucoup parlé de bateau et de cette course. Ce ne sont pas des mots du quotidien pour eux mais ça a été très suivi. Ils sont venus la semaine dernière et ont pu visiter le bateau. »
Alexandre Ozon « C’est ma seconde édition à la Cap-Martinique et j’ai gagné la première. Il y a deux ans, c’était un peu bizarre car on sortait tout juste du COVID. On a enchaîné la Transquadra et la Cap-Martinique. Le calendrier a fait que les deux courses se sont enchaînées comme ça, nous avions passé beaucoup de temps sur l’eau je n’avais pas fait de préparation spécifique pour la Cap-Martinique. La première édition était relativement facile car on a eu du soleil, c’était génial ! Deux ans se sont écoulés et je ne dis pas que tu oublies tout. Mais la préparation est complètement différente. On a l’impression de repartir d’une feuille blanche, c’est assez bizarre. Je veux quand même arriver dans les trois premiers en solo. Je me suis fixé un objectif parce que ça booste toujours. Après, je pars avec un bateau âgé de 20 ans et je bataille contre des carènes ultra affûtées. Je me suis dit : « Tiens, allez, c’est un challenge, je repars avec le bon vieux bateau. » Ça ne va pas être facile parce qu’il y a pas mal de concurrents en solo et en double d’ailleurs, mais ça, c’est autre chose. »
Miguel Antao (Dessine moi la High Tech) « J’avais le rêve de faire une course transatlantique depuis la France. Il y a deux transatlantiques IRC en amateur, dont la Cap-Martinique qui a l’avantage d’être d’une seule traite, il n’y a pas plusieurs étapes à gérer, comme par exemple faire escale à Madère entre deux étapes. J’ai trouvé que c’était une meilleure option. En y réfléchissant bien, j’ai bien examiné et suivi la première édition. Le concept de soutenir une cause m’a fait encore plus rêver. Je pense que c’est vraiment ce que je cherchais. »
LES ENGAGÉS
DUO: Amalric Pierre-Henri, Sallé de Chou Bruno ( L’Envol /Figaro 2 ) Amedeo Jacques, Tailliandier Brice ( Solidarité paysans / JPK 110 ) Antao Miguel, Carpentier Patrice ( Dessine-moi la High Tech / Figaro 2) Apolda Jérôme, Ayrault Stéphane ( Echo Mer / JPK 10.30) Baseden Harold, Cathelineau Thaïs ( Vaincre la Mucovicidose / JPK 10.10) Bastard Eric, Castelnau Alexandre ( L’Arche La Belle Porte / JPK 10.10) Bihan-Poudec Hervé, Prigent Christophe ( Association Préventions / J 99) Bondonneau Alexandre, Hurdiel Rémy (Sleep Sailing Lab – Fonds USS/ Sun Fast 3300 ) Branchet-Allinieu Jean-Christophe, Le Guern Francois ( Rêve de clowns / Sun Fast 3200) Charmy Laurent et Letouzé Pierrick (?/ Sun Fast 30 OD) D’Aboville Vianney, Ropartz François (Parrains Marins pour Enfants du Mékong/ JPK 960) Darnaudguilhem Michel, Bru Christophe ( 9 de Coeur / A35R) Dumortier Amaury, Thiriez Geoffrey ( Terre d’enfants/ Figaro 2) Follin Adrien, Garetta Pierre ( SNSM Saint-Tropez / Sun Fast 3300) Foucart Michel, Gindre Yann (A Chacun son Everest/J 97) Geraud Hervé, Jarrousse Emmanuel (Namasté/Sun Fast 3200) Gerin Victor, Gerin Oscar (Planéte Urgence/ JPK 960) Graffan Bernard, Strube Nicolas (EHPAD Saint-Léger / JPK 10.10) Grimaud Nicolas, De Fougerollles Thierry (Institut Pasteur/Figaro 2) Grippon Pierre, Pinta Guillaume (Aura France/Pogo 30) Lecat Ivan, De La Rivière Gwendal (Le Rocher/Pogo 30) Le Trequesser Yvan / Comelli Samuel ( Tooth Colibri / Sun Fast 3200) Lollier Christophe, Lecoq Armand (Coco an Dlo / Sun Fast 3200) Lunven Olivier, Lunven Vincent ( Association FERDINAND /J 99) Manuel Joseph, Manuel Edouard (? / Sun Fast 3200 ) Merette Paul, Seeten Joé ( La Table Ronde / MARE 35) Montécot Jacques, Lafite Samuel ( Loire Odyssée / Figaro 2) Mora Christine, Vernhet Didier (un palier deux toits/ Figaro 2) Motte Gauthier, Tesson Pierre-Antoine (Sauvegarde / 56-MC 34) Pejoan Sébastian, Pejoan Marine ( EndoFrance/ Bongo 9.60) Quenot Gerard, Daniels Bertrand (Association Neurofibromatoses et Recklinghausen/JPK 10.30) Racine Noël, Senechal Ludovic (FOP France Maladie de l’Homme de Pierre/JPK 10.30) Ravel d’Estienne Alexis, Prevost Jean-Baptiste (Initiatives Grand Largue/ Ofcet 32) Riché Stanislas, Leblanc Marc (Artic /Ofcet 32) Robin Daniel, Cossais Laurent (Association Martial Caillaud / J 99) Rosen Jacobson Robert, Mac Donell Finlayson Calanach (SNSM La Trinité-sur-Mer / Sun Fast 3300) Semaille Bertrand, Debry Tristan (ASA Madagascar / JPK 10.30) Van Gaver Paul, Van Gaver Arnaud (Les Emplaqués / JPK 10.10) Willame Marc, Jeu Antoine (Fédération Française des Diabétiques /JPK 960) Wolfe Christina, Wolfe Justin (Sailors for the Sea /Sun Fast 3300)
● SOLO:
Aubry Hervé ( Des pieds et des mains /JPK 10.30) Benoiton Philippe ( Passe Coque / JPK 10.30) Bory Cabaud Laurent ( TANJOMOHA /Figaro 2) Coret Pascal ( CDC Développement Solidaire / Pogo 30) Fourmond Bertrand ( ALPHA Sablé /JPK 10.30) Froment Quentin ( Fidesco / Sun Fast 3300) Gaudru Philippe (Camino de l’Espoir/Sun Fast 3600) Gerard Ludovic (Fondation Pure Ocean/JPK 10.80) Hamon Jean François (Pour Aster/Sun Fast 3300) Houchard Pierre-Marie (Les Dotis/A35) Job Even (Epilepsie France/Figaro 2) Kuttel Adrian (Sentinel Ocean Alliance/JPK 10.30) Lebas Julien ( Le Havre Zéro Déchet / Bongo 9.60) Libeau Hervé (Abilis /JPK 10.30) Mangione Paolo (MABAM / Sun Fast 3600) Ozon Alexandre (Trophée Estuaire Rose / Bepox 990 ) Paul Maxime ( Ehpad Sainte Bernadette / JPK 10.10) Rigalleau Jacques ( ORA /Sun Fast 3200) Triem Philippe (Pour un Sourire d’Enfant / Sun Fast 3600) Vian Régis (Ecole Jules Verne /JPK 10.10)
LE HAVRE, FRANCE - NOVEMBER 07 : Imoca Guyot Environnement - Water Family, skippers Benjamin Dutreux and Corentin Horeau, is pictured during Imoca start of the Transat Jacques Vabre in Le Havre, France, on November 07, 2023. (photo by Vincent Curutchet / Alea)
Benjamin Dutreux s’apprête à remettre son IMOCA aux couleurs de GUYOT environnement et de la Water Family à l’eau. L’opération, prévue en début de semaine prochaine (lundi ou mardi selon les conditions météorologiques) , va ainsi mettre un terme à quatre mois et demi de travaux. Quatre mois durant lesquels le skipper Vendéen et son équipe, qui avaient déjà réalisé des évolutions d’envergures l’été dernier avec notamment la modification de l’étrave, le renforcement du fond de coque ainsi que l’installation d’un nouveau bout dehors et de nouveaux safrans, ont cherché à continuer à gagner en performance, en particulier au portant, en vue du prochain Vendée Globe. A la clé : un gain de poids non négligeable et des modifications sur le plan ergonomique avec, entre autres, un nouveau roof.
Savoir faire preuve de persévérance, de curiosité mais aussi de volonté d’apprendre sont les clés pour progresser et grandir chaque jour. Cela, Benjamin Dutreux l’a bien compris et depuis longtemps. Explorer de nouvelles méthodes, idées et approches : tel est donc son fonctionnement. « On voit que ça bosse dur dans toutes les équipes. Que chacun se donne les moyens d’avancer et de s’améliorer. De notre côté, on se bat pour rester à niveau en termes de performances. Pas question de baisser la garde ! », explique le skipper de GUYOT environnement – Water Family. Ainsi, après avoir réalisé un chantier d’envergure l’été dernier, dans la foulée de The Ocean Race, le navigateur et son équipe ont profité de cet hiver pour effectuer de nouveaux travaux d’optimisation. « Cela est passé par une cure « d’amaigrissement » du bateau. Nous avons ainsi enlevé les différentes couches de peintures qui s’étaient additionnées au fil du temps puis fait le tri parmi les différents systèmes mis en place par les anciens propriétaires successifs. En clair, nous avons fait table rase du passé en quelque sorte », détaille le Vendéen qui est ainsi parvenu à gagner 300 kilos sur sa monture. « On dit que le Diable se niche dans les détails et c’est vrai. Nous avons changé pas mal de petites choses ici et là, et finalement allégé le bateau de manière significative, ce qui sera précieux aux allures portantes, en principe majoritaires sur un tour du monde », précise Benjamin qui a, par ailleurs, travaillé sur l’ergonomie de sa machine. « Nous avons conçu un nouveau roof complètement fermé et doté de hublots qui vont me permettre d’avoir une visibilité à 360°. Je vais, de ce fait, bénéficier d’un poste de pilotage plus efficient, avec tout à portée de main (table à cartes, piano…), mais aussi plus sécurisant », poursuit le Sablais.
Faire évoluer techniquement, miser sur la fraîcheur
Parallèlement à ces belles évolutions, lui et son équipe ont également planché sur le volet de la sobriété énergétique. « Depuis le début du projet, c’est une démarche qui nous tient à cœur. Cette fois, nous avons bossé sur des choses qui peuvent sembler toutes bêtes mais qui, sur un Vendée Globe, permettent de réduire considérablement la consommation d’énergie », souligne le marin qui, à titre d’exemple, a remplacé les écrans couleurs par des écrans noir et blanc. « On sait par ailleurs que gain d’énergie égale gain de poids », rappelle Benjamin Dutreux, gagnant, par ricochet, sur tous les plans. « Dans le même temps, nous avons procédé au renforcement du mât, à la modification du voile de quille (partie mince et effilée de la quille partant du puit et reliant le bulbe, ndlr) et à quelques autres sujets imposés par la classe IMOCA afin de rester dans les règles », commente le skipper du 60 pieds IMOCA aux couleurs de GUYOT environnement – Water Family dont la remise à l’eau est donc prévue lundi ou mardi, en fonction des conditions météo. Le test de retournement à 90° sera effectué dans la foulée tandis que les premières navigations techniques débuteront à partir du vendredi suivant. « On est tous très impatients de découvrir le bateau dans sa nouvelle configuration sur l’eau. Il a d’ores et déjà beaucoup d’allure et sa nouvelle peinture est très réussie », assure Benjamin Dutreux dont le programme sportif cette saison est constitué, en amont de la 10e édition du Vendée Globe dont le coup d’envoi sera donné le 10 novembre, de la New-York Vendée – Les Sables d’Olonne (du 22 mai au 12 juin) puis du Défi Azimut – Lorient Agglomération (du 14 au 29 septembre). « Nous avons articulé notre calendrier de manière à arriver avec un maximum de niaque et de fraîcheur au départ du tour du monde », termine Benjamin qui ne se trompe évidemment pas d’objectif.
Les 13 équipages de trois marins de la Niji40 ne connaissent pas beaucoup de répit. Les trios ont établi leur routine à bord, dans un souci constant de performance. En mode trois-huit en somme, ils alternent à tour de rôle entre le cockpit, l’ordinateur et la bannette pour maintenir la cadence à un très haut niveau d’exigence. Sur la base de quarts d’une heure et demi – deux heures, un roulement s’est établi dans chaque bateau, au nord comme au sud du plan d’eau.
Scow, boulot, dodo, c’est leur crédo pour tirer le meilleur de leur Class40 de dernière génération aux lignes arrondies qu’ils poussent dans leurs retranchements sur fond de grande bataille stratégique. Un exercice qui sourit aujourd’hui aux trois complices d’Acrobatica, toujours présents aux avant-postes depuis le coup d’envoi de la course entre Belle-Île-en-Mer et Marie-Galante. Ce matin, après avoir couru depuis plus de 48 heures aux trousses d’Amarris, ils sont enfin parvenus à se propulser en tête pour une toute petite poignée de milles d’avance. Ce qui ne manque pas de réjouir, ce midi, le talentueux Alberto Riva qui raconte que « tout va bien à bord. À part l’écoute de grand-voile un peu fatiguée, le bateau est en forme, et l’équipage est super ». Bien entouré de son complice Jean Marre avec qui il a travaillé sur un long chantier d’hiver pour préparer son voilier prototype de 12,19 mètres, il s’appuie aussi sur l’immense expérience de Benjamin Schwartz. Peu connu du grand public, ce dernier n’en compte pas moins parmi les équipiers les plus recherchés, sur les circuits IMOCA et ULTIM ; en mer comme à terre pour ses compétences en matière de routage météorologique. « À trois, on fait tous un peu tout à bord. Ben fait un peu plus tourner les routages sur l’ordi pour nourrir la réflexion collective. Et il n’y en a pas un d’entre nous qui fait la cuisine pour les autres », s’amuse Alberto qui confie être surtout « branché sur la course ».
Kéni Piperol (Captain Alternance) : « Je suis calé à la nav, je surveille la vitesse des autres. On est toujours en cirés, en bottes, avec des vestes chaudes. Au près, dans le vent apparent, il ne fait pas si chaud que ça. On a réussi à garder un bateau intègre, à 99% de son potentiel. La route nord nous laissait plus de chance de ne pas se laisser enfermer dans la dépression tropicale qu’on va passer demain. J’espère donc qu’on pourra changer d’allure, pour ensuite mettre le clignotant vers les Açores. J’espère aussi mettre le spi et avoir des températures un peu plus chaudes… » Nicolas Jossier (La Manche Évidence Nautique) : « On essaie de ne pas trop regarder ceux du sud. D’une part parce qu’ils nous font envie ; de l’autre parce qu’on a parfois des angoisses en se disant que cela pourrait être favorable pour eux. On est quand même plus focalisés sur les bateaux autour de nous, c’est le choix qu’on a fait, et c’est vraiment avec eux qu’on fait cette option là. C’est assez sérieux à bord. Chacun prend ses quarts, règle, jette un coup d’œil à la nav. Le maître mot, c’est concentration, avec l’objectif d’avancer. Cela nous permet de nous projeter vers la suite. »
Erwan Le Draoulec (Everial) : « On se sait pas si on a choisi d’aller au bon endroit, mais ce qui est sûr c’est que, on doit faire des jaloux dans le groupe du nord. Il fait grand beau, grand bleu, ça donne le sourire à tout le monde. On s’est bien organisés pour les quarts. Depuis 24h, le rythme est un peu plus cool que lors du passage de la dépression en début de course. Avec les deux compères, on s’ennuie rarement. Thomas (Rouxel) nous raconte ses histoires de Volvo Ocean Race et de haute mer, c’est bien sympa. On a le moral, même si on se pose forcément des questions sur la route. »
Jean Marre (Acrobatica) : « Dans nos roulements, tout l’enjeu consiste à rentabiliser au maximum nos quarts de 2 heures de sommeil. C’est hyper important vu qu’on creuse notre dette de sommeil tous les jours (…) Au bout du compte, il n’y a pas trop de temps pour faire autre chose, même si moi j’aime bien écouter des podcasts quand je travaille dans le cockpit. »
Ouvertes depuis le 2 janvier, les inscriptions à la cinquième édition de la DRHEAM-CUP/GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE battent leur plein, avec déjà plus de 50 inscrits à trois mois du coup d’envoi. Dont une forte proportion d’étrangers et d’IRC, notamment en double, puisque l’épreuve fait office de seconde manche du Championnat d’Europe IRC double.
D’édition en édition, le succès de la DRHEAM-CUP/GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE ne se dément pas. La course est en effet devenue, les années paires, un rendez-vous incontournable de la course au large, ayant réussi dès sa troisième édition à « entrer dans la légende », comme l’indiquait déjà fin 2021 le président de la Fédération Française de Voile, Jean-Luc Denéchau. Ils étaient 40 bateaux au départ de la première en 2016, 76 en 2018, 90 en 2020, 118 en 2022 ; combien seront-ils sur la ligne le 15 juillet prochain en rade de Cherbourg-en-Cotentin ?
« A ce jour, 54 inscriptions ont été validées, ce qui est très encourageant, répond Jacques Civilise, fondateur et organisateur de la course. Nous attendons encore une flotte nombreuse, qui, par rapport aux éditions précédentes, va évoluer dans sa composition, du fait d’un calendrier de courses très chargé cette année, qui nous privera sans doute de la présence de certaines unités qui ont l’habitude de venir depuis plusieurs éditions, Je pense aux Imoca, qui seront tout juste rentrés de la New York Vendée-Les Sables d’Olonne et entreront en chantier en vue du Vendée Globe, à une partie des Class40 qui achèveront la Transat Québec-Saint-Malo ou aux Figaro Bénéteau 3 participant dans le même temps au Tour Voile. »
Plusieurs Class40 seront cependant au rendez-vous, notamment le vainqueur de l’édition 2022, Xavier Macaire, qui ne cache pas son attachement à la DRHEAM-CUP/GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE, inscrite au calendrier de l’European Trophy de la classe : « C’est une course que j’ai désormais l’habitude d’inscrire à mon programme, parce que j’apprécie l’ambiance et les organisateurs. Et cette année, ça me tient particulièrement à cœur de venir défendre mon titre », indique le skipper de Groupe SNEF, qui, dans cette dynamique classe des monocoques de 40 pieds, bataillera notamment avec Nicolas Jossier (La Manche Évidence Nautique), l’entrepreneur normand Alexandre Le Gallais (Trim Control) ou de deux nouveaux venus en Class40, les anciens ministes Louis Mayaud (Belco) et Nicolas Guibal (NG Grand Large).
Le gros de la flotte sera composé cette année des IRC, avec notamment une forte proportion d’IRC double (26 inscrits pour l’instant), la DRHEAM-CUP/GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE faisant office de deuxième manche du Championnat d’Europe IRC double, dans la foulée de la première, la Cowes Dinard St Malo Race. Autre fait notable, la moitié des inscrits à ce jour vient de l’étranger, avec 10 nationalités représentées, dont de nombreux Britanniques.
« C’est une réelle satisfaction d’accueillir autant d’équipages étrangers ; ça correspond tout à fait à l’ADN de la DRHEAM-CUP/GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE qui se revendique comme une course ouverte à tous, estime Jacques Civilise. Et ça récompense le travail important que nous avons mis en œuvre pour développer l’épreuve à l’international. Notamment en obtenant, grâce à nos amis du Royal Ocean Racing Club (RORC), que la course soit non seulement inscrite au calendrier du RORC, mais également, pour la première fois cette année, au Championnat du RORC, ce qui signifie qu’elle attribue des points pour le classement général de la saison. »
La DRHEAM-CUP/GRAND PRIX DE FRANCE DE COURSE AU LARGE est également inscrite au programme 2024 du Championnat IRC Manche/Atlantique du pôle course du Yacht Club de France, à ceux de la classe Multi 2000 – plusieurs unités, dont Jess de Gilles Buekenhout et Rayon Vert d’Oren Nataf sont déjà inscrites – et de la classe Figaro Beneteau. Enfin, elle accueillera pour la première fois cette année une flotte de Sun Fast 30 One Design, les nouveaux monotypes dessinés par VPLP Design et construits par Multiplast et Jeanneau, qui se retrouveront par la suite en septembre à Lorient pour les Championnats du monde de course au large double mixte. Par ailleurs, un premier yacht classique s’est officiellement inscrit, le plan Fife de 1938 Merry Dancer, propriété de Vincent Delaroche, PDG de Cast Software.
Autant dire que la flotte de l’édition 2024, au sein de laquelle les organisateurs espèrent également accueillir des Ultim sur le parcours DC1500 qui leur est dédié, s’annonce particulièrement riche en termes de diversité de bateaux sur le plan d’eau, avec toujours ce mélange entre professionnels et amateurs qui, depuis la première en 2016, contribue à son succès. A noter enfin que le tarif des inscriptions sera majoré à partir du 11 mai, les organisateurs souhaitant inciter les candidats à s’inscrire le plus en amont possible, afin de pouvoir, en collaboration avec les autorités portuaires de Cherbourg-en-Cotentin et de La Trinité-sur-Mer, les accueillir dans les meilleures conditions.
Engagé dans la course au large depuis 2018 aux côtés d’Emmanuel Le Roch et Basile Bourgnon, en Class40, en Mini 6.50 et en Figaro Bénéteau, Edenred change de dimension. Le leader mondial des solutions digitales de paiement à usages spécifiques annonce en effet intégrer la classe Ocean Fifty dès 2025 à la barre d’un nouveau trimaran en collaboration avec Neo Sailing Technologies. Ce nouveau bateau, le onzième de la classe, portera les couleurs d’Edenred et sera mené par Basile Bourgnon et Emmanuel Le Roch. La mise à l’eau est prévue au printemps 2025.
Du monocoque au multicoque, la montée en puissance d’Edenred Après sept ans en monocoque, la stratégie de sponsoring voile d’Edenred évolue. Le Groupe se lance en multicoque et s’alignera sur les plus grandes courses avec le trimaran Edenred dès 2025. « Nous sommes ravis d’annoncer une nouvelle étape majeure pour Edenred dans le sponsoring voile. Depuis 2018, nous avons parcouru un chemin remarquable aux côtés d’Emmanuel et Basile, nos deux skippers. Notre collaboration a été un véritable apprentissage, et nous sommes maintenant prêts à relever le défi du multicoque avec un projet résolument axé sur la performance. En rejoignant la classe Ocean Fifty, nous passons un cap dans le domaine de la course au large et nous nous apprêtons à affronter les meilleurs skippers », explique Bertrand Dumazy, Président directeur-général d’Edenred.
La naissance d’un nouvel Ocean Fifty Neo Sailing Technologies Lab, basé au Verdon-sur-mer (33), dispose d’une autorisation de construction de la classe pour lancer un onzième Ocean Fifty. La conception et la construction du futur trimaran bénéficient de l’expérience des équipes de Neo Sailing Technologies, de Quentin Vlamynck, directeur technique de NST et de l’architecte Romaric Neyhousser. « C’est excitant de participer à la conception d’un nouveau bateau. Nous avons la chance de travailler en confiance avec Quentin Vlamynck qui a l’expérience du chantier mais surtout la casquette de skipper avec des heures de navigation derrière lui en 50 pieds. Ensemble, nous imaginons une version évoluée d’Arkema 4 et Primonial 2 », précise Emmanuel Le Roch. Le multicoque dans l’ADN de Basile Bourgnon et d’Emmanuel Le Roch Si trente ans les séparent, Basile et Emmanuel ont en commun de partager depuis toujours la passion du multicoque. Emmanuel a vécu les grandes années des trimarans 60 pieds Orma avec Laurent Bourgnon, le père de Basile, tandis que ce dernier a fait ses gammes tout jeune sur des petits catamarans de sport. « J’ai vite été trop grand pour l’Optimist », s’amuse Basile. « Le Mini 6.50 et le Figaro sont des écoles formatrices et obligatoires, mais le multicoque a toujours été mon objectif.. La navigation en multicoque est beaucoup plus instinctive pour moi. C’est peut-être dans mes gênes », sourit le skipper d’Edenred. « Participer à la naissance et à la construction d’un multicoque est un rêve qui se réalise. Cela arrive très tôt dans ma carrière, j’ai beaucoup de chance. Avec Manu, nous allons tout donner pour les résultats et la performance. Nous avons une histoire et des envies communes. Notre duo, à terre comme sur l’eau, fonctionne très bien ».
Performance, vitesse et partage Quinze mètres de long, quinze mètres de large, doté de foils, l’Ocean Fifty est un bateau rapide et puissant. Plus dynamique que jamais, la classe est en plein développement avec douze bateaux possiblement attendus dès 2025 soit le maximum autorisé par le numerus clausus qu’elle s’est imposée. « Ce circuit est une marche médiane et intéressante entre le Class40 et l’Imoca, en termes de budget et dans la gestion de projet. Sportivement, le plateau est superbe avec des skippers aguerris et de nouveaux projets ambitieux », note Emmanuel Le Roch. « Le programme de navigation est attractif avec du large et des épreuves sous forme de grands prix en équipage sur des plans d’eau très différents allant de la Manche à la Méditerranée. En multicoque, on se sent vivant, il y a une dimension plus intense. Je suis impatient de partager ma passion de la vitesse et des sensations fortes avec les collaborateurs d’Edenred », conclut Emmanuel. La notion de partage et la dimension humaine d’un tel projet comptent beaucoup pour les skippers d’Edenred. Cela tombe bien : la voile n’a pas son pareil pour fédérer et raconter de formidables histoires. En attendant, la mise à l’eau du bateau, prévue au printemps prochain, Basile Bourgnon va se concentrer sur sa troisième saison en Figaro Bénéteau avec de grandes ambitions. Le Class40 Edenred est quant à lui officiellement en vente et fera sans aucun doute le bonheur d’une autre équipe très prochainement.