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Mini. Julien Letissier vainqueur de la première étape malgré une avarie de safran

Vincent Olivaud

Malgré une avarie de safran et le retour sous pression de ses poursuivants dans la pétole des Açores, Julien Letissier a franchi la ligne en vainqueur ce 29 juillet. Épuisé mais aux anges, le skipper revient sur sept jours d’une course folle, entre avaries techniques, batailles tactiques et gestion du matériel avant d’attaquer la seconde étape.

« Ça va très bien ! Je suis super content, et surtout, je n’en reviens pas d’arriver premier. Je savais que j’avais un tout petit matelas d’avance. Ce matin, faire le tour de l’île de Pico ne s’est pas avéré être une très bonne idée, et je pensais avoir perdu tout mon avantage. Mais en arrivant, c’est Manon qui m’a appris que personne n’était encore arrivé. Au classement d’hier, je me savais en tête avec environ 8 milles d’avance, mais 8 milles dans la nuit, ça se reprend en un rien de temps. Je n’étais donc vraiment pas sûr de mon coup.
Cette étape, c’était une vraie course longue en Mini : un départ de dingue, avec deux premieres journées complètement folles. La deuxième ou troisième nuit, pendant qu’on contournait le DST, j’ai fait un départ à l’abattée monumental. Tout le bateau s’est couché, le mât dans l’eau… Résultat : une latte de grand-voile pétée et surtout tout le système de fixation du safran tribord arraché. Je me suis retrouvé sans safran sous le vent.

J’ai passé 7 à 8 heures à bricoler pour essayer de réparer la fixation. Et comme si ça ne suffisait pas, il a fallu monter chercher une prise de ris dans 25 nœuds au large de la Corogne, puis rebelote le lendemain soir dans 23-25 nœuds parce qu’elle a pété à nouveau. Je me suis fait secouer par le bateau. Je suis fatigué, mais vraiment heureux d’être là.
J’ai réussi à dormir un peu dans la molle au niveau de la dorsale. Dès le départ, on savait qu’il fallait être à fond pendant deux jours. Caroline était partie très fort, elle était même devant à 27 nœuds, mais le lendemain j’ai appris qu’elle avait eu de gros soucis et qu’elle était repassée derrière. J’ai réussi à creuser l’écart en donnant tout ce que j’avais.
Dans la dorsale, le jeu s’est complètement resserré. Un matin, vers le 24 ou 25 juillet, en pleine pétole avec 2 nœuds de vent et une mer d’huile, je sors du bateau avec mon petit-déjeuner. Je regarde derrière moi, je prends les jumelles… et je vois une voile à seulement 3 à 5 milles ! C’était Koki. C’était incroyable : après trois jours à me croire à l’abri, je le voyais juste derrière. Il a fallu réattaquer direct, alors que tu as juste envie de te poser en te disant que tu as un matelas d’avance.

Le tour de Pico ce matin était terrible. Je pensais trouver du vent en allant plus au sud, mais je me suis retrouvé dans 3 mètres de houle sans un brin d’air. Les voiles battaient, le bateau était scotché, et j’avais peur que la houle me drosse contre la côte sans que je ne puisse rien faire.
Quand j’ai pris le départ, je visais la victoire, évidemment. On part toujours pour gagner, même si on ne sait jamais ce qui peut arriver. C’est ma deuxième fois à Horta : il y a deux ans, j’avais dû m’arrêter au Portugal à cause d’une casse trop importante. Cette fois, je suis au bout. Pour la seconde étape, on verra bien. J’espère juste qu’on aura du vent pour rentrer vite, mais quoi qu’il arrive, ce sera sympa !
Avant de repartir, j’ai un gros travail de check et de bricolage. Le bateau a été bien secoué. Je l’avais un peu négligé cette année faute de temps avec le travail, mais il en est à 4 victoires sur 4 courses du Championnat de France. Il est incroyable, mais là, il m’a rappelé qu’il fallait que je m’en occupe : des bouts qui cassent, des pièces en carbone à réparer… Je compte faire une journée de contrôle, une journée de bricolage, et le reste du temps, me reposer et profiter d’Horta.
Koki Sawada est incroyable ! Au début de la course, je ne le voyais plus à l’AIS et je me disais qu’il gérait tranquillement. Puis avec mes galères de safran et le manque de classements le premier jour, j’étais persuadé d’être distancé par Caroline, Koki ou Adrien. Et finalement, je me suis retrouvé devant. Koki est clairement l’adversaire de la saison, il est très aiguisé. Avant le départ, il me disait qu’il appréhendait cette étape sans routage extérieur, mais franchement, il n’a vraiment pas de souci à se faire ! »

Programme :
-Mercredi 29 juillet : Arrivée des premiers concurrents à Horta
-Dimanche 2 août : Remise des prix de la première étape
-Mercredi 5 août : 11h00 – Départ de la deuxième étape
-Lundi 12 août : Arrivée des premiers concurrents aux Sables-d’Olonne
-Samedi 15 août : 11h30 – Remise des prix

Source CP