JO Paris 2024. Nicolas Hénard : “Il faut qu’on continue à se battre pour convaincre ! “

SNIM 2012
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Le Comité international olympique, qui a validé lundi le programme des Jeux olympiques de Paris-2024, a en revanche repoussé au 31 mai prochain sa décision concernant l’introduction de l’épreuve de course au large.

La commission exécutive du CIO s’est déclarée « favorable à l’ajout d’une épreuve mixte de kitesurf et d’une épreuve mixte de 470 – dériveur biplace », a indiqué le CIO dans un communiqué.

Mais le gouvernement olympique a décidé de « procéder à un examen complémentaire de l’épreuve mixte en mer afin d’évaluer comme il se doit les principaux aspects que sont les coûts, la sûreté et la sécurité des athlètes. Une décision sera prise d’ici au 31 mai 2021 », a ajouté l’instance basée à Lausanne, à l’issue d’une réunion de sa commission exécutive qui s’est tenue lundi après-midi et qui a validé l’entrée des quatre sports additionnels : le breakdance, l’escalade, le skateboard et le surf.

L’entrée de la course au large, en équipage double mixte sur un quillard, disputée sur 3 jours et 2 nuits au départ de Marseille, a été décidée par World Sailing en 2018. Mais cette petite révolution, largement soutenue par la Fédération française de voile, a cependant rencontré des résistances de la part de la « vieille garde » du monde de la voile olympique qui a trouvé des appuis au sein même du CIO, soulevant notamment les problèmes liés à la sécurité.

« C’est un peu le verre à moitié vide ou à moitié plein, il faut qu’on continue à se battre pour convaincre, comme on le fait depuis six mois », a réagi Nicolas Hénard, interrogé par Courseaularge.

« Le CIO demande des éléments supplémentaires concernant les coûts, la protection des personnes et la sécurité de l’épreuve. Mais cela fait 6 mois qu’on fait le boulot et qu’on démontre que la France a le savoir-faire », a ajouté le patron de la FFV, qui doit maintenant définir un plan d’attaque avec Tony Estanguet, président du Comité d’organisation de Paris-2024.

Pour le double champion olympique en Tornado, « il faut que World Sailing et Paris-2024 se mobilisent pour convaincre le CIO. Ce serait dommage pour la France si on n’avait pas au programme cette épreuve alors que le monde entier a en ce moment les yeux braqués sur le Vendée Globe. Et le sauvetage en quelques heures de Kevin Escoffier et sa récupération par la Marine nationale montre que la France a le savoir-faire ».

Par la voix de son directeur général David Graham, World Sailing s’est dit “déçue” de la réduction du quota d’athlètes en voile qui passera de 350 aux prochains Jeux olympiques de Tokyo l’été prochain à 330 à Paris-2024.

Concernant la course au large, « nous sommes impatients de poursuivre notre étroite collaboration avec le CIO et le Comité d’organisation des JO de Paris-2024 afin de répondre aux importantes questions posées afin de garantir la protection des meilleurs marins du monde et la sécurité de la course », a ajouté M. Graham.

« La course au large est une façon excitante de montrer notre sport et d’engager les fans du monde entier à travers le eSport dans cette aventure extraordinaire. Marseille sera un site parfait pour les compétitions de voile en 2024 et nous sommes impatients de contribuer au développement de notre sport avec le CIO et Paris 2024 », a encore souligné M. Graham.

Paris 2024 de son côté s’est globalement « réjoui » des décisions prises par la Commission exécutive du CIO. « Outre l’annonce historique d’une parité parfaite entre les athlètes femmes et hommes, pour la première fois de l’Histoire des Jeux, le CIO a dévoilé le programme “sport” des Jeux de Paris 2024, marqué par l’entrée de huit nouvelles épreuves, et la confirmation de l’intégration des quatre sports additionnels proposés par Paris 2024. Sobriété, créativité, égalité entre les femmes et les hommes, et jeunesse sont au cœur du programme “sport” de Paris 2024 », a indiqué Paris-2024 dans un communiqué.

Le COJO s’est félicité de l’introduction de « trois nouvelles épreuves mixtes en voile, dont le Kitesurf mixte et le “470” mixte (pour remplacer les épreuves hommes et femmes de “470”, et le “Finn” hommes) ».

La troisième épreuve « pourrait être la course au large mixte », a ajouté sur un ton très neutre Paris-2024, se gardant bien de froisser le CIO. «Son introduction au programme est soumise à des études complémentaires sur les coûts, la sûreté et la sécurité des athlètes, dont les conclusions seront communiquées le 31 mai prochain », expliquent les organisateurs des Jeux parisiens.


Pour Nicolas Hénard, “il est dommage que certains, dans le monde de la voile, n’aient pas encore compris ce que la course au large peut apporter à leur propre sport. C’est l’épreuve rayonnante de la voile. Un million de personnes suivent le Vendée Globe grâce à Virtual Regatta, les inscriptions affluent au sein de la classe depuis sa création. Nous sommes donc confiants dans la capacité à convaincre la CIO de l’importance de cette épreuve, qui répond de plus à l’exigence de parité hommes/femmes ».

Concernant les questions posées par le CIO, « c’est juste une évidence que la sécurité entre la Corse et Marseille est optimale. Nous allons de nouveau donner tous les arguments et mobiliser tous les acteurs », a encore ajouté M. Hénard.