A moins de 300 milles de l’arrivée, l’ambiance n’a guère changé à bord du maxi-catamaran Orange 2. Une seule différence notable : le petit genaker a été affalé en raison de la bascule du vent au secteur sud. Une bascule attendue et un vent qui souffle toujours à une trentaine de noeuds. Sous grand voile à 2 ris et trinquette à poste, la progression de Bruno Peyron et de ses treize hommes d’équipage est toujours de 25 à 27 milles par heure de navigation. Comme ces conditions, engendrées par le déplacement d’une dépression, vont perdurer, le calcul est rapide. Le passage de la ligne au large de l’île d’Ouessant devrait intervenir cette nuit entre une heure et six heures du matin. Soit un temps de course de 50 jours, les heures attenantes évoluant entre 14 et 19 heures. Une performance qui va mettre tout le monde d’accord puisque, à nouveau, le record du tour du monde et le tenant du Trophée Jules Verne ne feront plus qu’un. Les temps de parcours réalisés l’année dernière par Cheyenne (Steve Fossett) et par Geronimo (Olivier de Kersauson) vont être ainsi relégués respectivement de plus de 7 et 12 jours. Ce différentiel de temps explique à lui seul le niveau de performance atteint par cette nouvelle tentative, la quatrième dans la carrière de Bruno Peyron et sa troisième victorieuse. Incontestablement, le skipper, le premier en 1993 à passer sous les 80 jours a mis cette fois la barre très haut placée. Mais Bruno est le premier à re-situer le débat : « A l’époque, je ne voulais déjà pas connaître les limites du faisable. J’ai exactement la même réponse aujourd’hui ».


















