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Figaro. Combat au près et belle glisse engagée

Départ du Trophée Banque Populaire Grand Ouest 2026 - Concarneau le 1!/04/2026 © Alexis Courcoux/Trophée BPGO

Ce Trophée BPGO reste une course super engagée pour les Figaristes. En tête depuis le départ, quelques duos se relaient donnant le tempo Loïs Berrehar et Charlotte Yven (Banque Populaire), Gaston Morvan et Benjamin Ferré (SLB Pharma) ainsi que Jérémie Beyou et Paul Morvan (Beyou Racing) s’échangent régulièrement la première place dans une flotte qui commence nettement à se décanter.

Depuis le débordement de la cardinale d’Anvers, à l’est des îles Chausey, en milieu de nuit, le 3e Trophée Banque Populaire Grand Ouest est entré dans une autre phase. Spis envoyés, trajectoires libérées, les duos déboulent à pleine vitesse (plus de 13 nœuds de moyenne) en direction de la pointe bretonne, après un empannage clé négocié au petit matin au large de Perros-Guirec. Un changement de rythme net, presque brutal, après plus de trente heures passées au près à enchaîner les virements et à composer avec les courants, souvent au plus près des cailloux.

Le changement d’allure s’est immédiatement ressenti à bord… et dans la physionomie de la flotte. Regroupés en moins de dix milles hier soir, les duos se sont rapidement étirés au portant : plus de 25 milles d’écart ce matin, près de 50 à la mi-journée. Reste que les trajectoires se sont allongées, que le rythme s’est stabilisé, et que les marins ont enfin pu s’installer dans une logique de quarts après un début de course éprouvant. « Ça bombarde, on se régale ! », a raconté Colombe Julia (Colombe au Large) dans une note vocale. « Avec Jules, on a trouvé notre cadence à bord, on enchaîne de bons relais, et malgré des conditions engagées, on prend beaucoup de plaisir. » Cette nouvelle phase n’a rien d’un long fleuve tranquille. Les bateaux, lancés à plein badin, vibrent, tapent, et flirtent parfois avec la sortie de piste dans un registre qui impose aussi de préserver le matériel. Certains en font déjà les frais, à l’image de Quentin Mocudet et Basile Gautier (Saveurs & Délices), dont l’amure de spi est endommagée. À l’intérieur, le répit est rare.. Le vacarme complique le sommeil, pourtant indispensable. « Ce n’est pas facile de dormir mais il le faut », confirme Eliaz Morineau (Demain sans HPV). « L’objectif, c’est de réussir à s’organiser : que l’un barre pendant que l’autre se repose, parce que la course est encore longue. » Même constat pour Léo Bothorel (Decathlon – La fresque du climat) : « Le début a été intense, avec beaucoup de manœuvres et un froid mordant. Là, on commence à faire de grands bords et à se caler dans un rythme plus stable. » Une respiration bienvenue, sans pour autant relâcher la vigilance.

Sein en ligne de mire, une nouvelle bascule attendue
Car cette parenthèse rapide pourrait être de courte durée. En fin d’après-midi, à l’approche de l’île de Sein, une zone de molle menace de venir perturber la progression de la flotte. Une transition piégeuse, située au sud de la zone interdite au large de Brest, où les écarts pourraient se resserrer… ou se creuser davantage. Si les premiers parviennent à s’extraire rapidement avec le courant, ils pourraient consolider leur avantage. À l’inverse, un enlisement dans cette bulle sans vent offrirait une opportunité aux poursuivants de revenir. Passage à niveau ou regroupement : l’équation reste ouverte. Dans la foulée, les duos devraient retrouver un flux plus établi pour déborder les Glénan dans la nuit, avant de mettre le cap vers le waypoint Banque Populaire Grand Ouest. Un point de passage finalement décalé plus à l’est, au large d’Arcachon, afin d’éviter des conditions trop rugueuses dans l’ouest du golfe de Gascogne. Une option évoquée par la direction de course avant même le départ de l’épreuve, qui permettra de naviguer dans un vent de travers plus gérable, mais au prix d’un parcours légèrement rallongé (880 milles contre 830).
Une chose est sûre : après avoir résisté, puis accéléré, la meute des Figaro Beneteau 3 s’apprête à entrer dans une nouvelle séquence où les contrastes vont s’enchaîner, les équilibres restant fragiles.