Quel stress et quel suspens pour l’équipage du trimaran Sodebo Ultim 3 à qui il reste à peine 1 500 milles (2 778km) à parcourir jusqu’à la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne entre Ouessant et le cap Lizard. Pourtant, Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel savent que ces dernières heures s’annoncent très délicates. Un défi de taille les attend : une forte dépression hivernale nommée Ingrid leur barre la route entre les Açores et le golfe de Gascogne. Face à ces conditions extrêmes que le bateau n’a jamais rencontrées mais pour lequel il a été normalement conçu, ils vont s’attacher à trouver le bon compromis pour continuer à progresser tout en restant en sécurité. Toujours en avance sur la trace d’IDEC Sport, l’équipage de Sodebo Ultim 3 est attendu sur la ligne d’arrivée entre samedi soir et dimanche matin. Pour faire tomber le record qui tient depuis 2017, ils doivent passer la ligne avant 20h31 dimanche soir…
Sonore de Nicolas Troussel sur les conditions attendues. Il est également tombé de sa bannette qui est tombée sur Benjamin.
Dans les alizés qui permettent de poursuivre la remontée de l’Atlantique, l’équipage a bénéficié d’un peu de répit ces dernières heures. « Ça tapait un peu mais on a levé le pied, confie Benjamin Schwartz. On est surtout dans la gestion pour anticiper la suite ». Tous ont en effet les yeux rivés sur ce qui les attend à partir de demain, quand ils se rapprocheront des Açores. « Une très grosse dépression hivernale nous attend et nous accompagnera jusque dans le golfe de Gascogne », explique Thomas Coville. Des vents de plus de 40 nœuds, des rafales à 50 nœuds et une mer déchaînée sont attendus, avec « plus de 10 mètres de houle », précise-t-il.
« Trouver le bon dosage entre vitesse et sécurité »
Alors que les premiers effets de la tempête seront perceptibles dès demain midi, rien n’est laissé au hasard par l’équipage de Sodebo Ultim 3 qui se prépare. Un check complet du trimaran géant a été réalisé. L’équipage travaille également étroitement avec la cellule routage à terre pour veiller à leurs trajectoires. « Notre but, c’est d’arriver à se laisser de la marge pour anticiper les conditions les plus fortes », précise Philippe Legros, responsable de la cellule routage. Concrètement, Sodebo Ultim 3 devrait rester à proximité de la route directe. « Si les routages nous amènent près de la côte espagnole, nous avons choisi de faire une route plus ouest afin de garder une marge de manœuvre ». Une fois passé le plus fort de la tempête, la fin de parcours s’annonce également incertaine, à cause de phénomènes secondaires générés par la dépression.
Cette dépression, « c’est Rendez-vous en terre inconnue » assure Philippe Legros. Pour y faire face, Thomas Coville rappelle qu’il est essentiel de « trouver le bon dosage entre la vitesse et notre sécurité et le record ». Benjamin Schwartz sourit : « le but c’est d’arriver avec le record mais d’arriver surtout ». Dans de telles conditions, il est difficile de connaître avec précision le moment où Sodebo Ultim 3 franchira la ligne d’arrivée. Thomas Coville évoque « une arrivée dans la nuit de samedi à dimanche, peut-être dimanche ». En attendant, la vigilance, la concentration et le sang-froid sont à leur maximum. « Cette tentative de Trophée Jules Verne n’aura pas été de tout repos, conclut Thomas. À nous de gérer du mieux possible ce nouveau défi.»









