32 jours 11 heures 51 minutes et 30 secondes après leur entrée dans l’hémisphère Sud, les quatorze chasseurs de records sur Banque Populaire V ont fait voler en éclat un chrono établi en 2005 par Bruno Peyron à bord d’Orange II. Bénéficiant de conditions clémentes, l’équipage par la voix de son skipper, savourait ce moment si attendu du retour dans son jardin : " Nous avons passé l’Equateur à grande vitesse. Nous sommes à 35 nœuds, sur une mer quasi plate, ce n’est que du bonheur. Le bateau ne souffre pas, les bonhommes encore moins. Tout le monde est ravi, surtout les jeunes cap-horniers. Bonjour l’hémisphère Nord ! Ce n’est pas mal du tout ce record ! Ce sera de plus en plus difficile à prendre mais ce sera encore faisable et c’est ça la bonne nouvelle…".
Un enthousiasme naturellement partagé par Thierry Duprey du Vorsent, barreur/régleur du bord : " Nous sommes dans l’hémisphère Nord depuis quelques minutes et on a l’impression d’être de retour dans notre terrain de jeu habituel. Ca faisait trente-deux jours qu’on avait quitté l’hémisphère Nord, en gros, ça représente les trois quarts du temps dans le Sud et un quart dans le Nord. Ca nous rapproche de la maison, c’est bien. Les conditions sont superbes, la mer est complètement plate et on est quasiment en route tout droit. On a vraiment des conditions exceptionnelles. On ne pouvait rêver mieux, notamment pour le bateau. Cette météo fait qu’on peut battre le record, maintenant, notre angoisse c’est la technique. On a fait 20 000 milles sans arrêt au stand, il faut que le matériel tienne."
Une certaine sérénité s’installe, d’autant que la zone de convergence intertropicale se présente elle aussi comme particulièrement accueillante ainsi que le rappelait Thierry Duprey du Vorsent : " Le Pot au Noir n’est pas très actif et comme on est bien décalé dans l’Ouest, il va être facile à passer. Ce sera une des premières fois où je le passerai sans zone de transition, de calme plat, sur un seul bord. Encore une fois, la chance nous sourit."
Avec 26,31 nœuds de moyenne depuis leur départ de Ouessant le 21 novembre, rarement un bateau n’aura autant vu défiler les milles et fait la démonstration d’une telle fiabilité. Des qualités que le chef de bord ne manquait pas d’évoquer : " Hier soir, vers 18 heures, nous étions au large de Recife au Brésil et nous étions encore au large du Cap Horn il y a moins d’une semaine. Ce Maxi Banque Populaire V est un avion de chasse unique sur la planète. D’ici une semaine on devrait rentrer à Brest et bizarrement ça s’annonce comme la plus longue semaine de ce tour du monde ".









