Il y a François qui se barre et les autres…

Francois Gabart
Francois Gabart

François Gabart sur son trimaran Macif V2 a commencé à accélérer plein ouest dans l’alizé. Francis Joyon sur son Idec Sport valeureux est maintenant à 130 milles dans son sillage et même s’il a son “pt’it” vélo à bord, il aura beau pédaler, Macif sur ses foils est plus rapide. Il reste encore 1800 milles à parcourir, François Gabart est en short, la voix claire à la vacation, en pleine maîtrise de son sujet.

« Ça se passe vraiment pas mal ! Je suis bien content de ce que j’ai fait cette nuit. Je me suis bien battu pour faire avancer le bateau, ça va pas trop mal parce que je me suis repositionné. C’était un peu plus compliqué parce qu’on avait pas trop de vent. On est dans le prolongement du front qui permet de descendre vers l’alizé. Je suis assez content, le bateau ne va pas trop mal. Les tensions de lattes ne sont pas parfaites mais il y a moins de tension d’écoute de voile au portant. C’est vraiment du détail et ça ira sans souci jusqu’en Guadeloupe. Je suis à fond sur le bateau, je ne vais pas me relâcher même si je vais veiller à ne pas perdre d’énergie inutilement. Je ne vais pas faire n’importe quoi et attaquer comme un malade mais on va tenter de gagner par-ci- par-là quelques milles. A priori, il n’y a pas d’options très nord ou très sud pour confirmer la trajectoire. Je vais essayer de gérer la fatigue et l’engagement. Ça demande encore beaucoup de concentration. Là, le ciel est plutôt couvert, il y a entre 13 et 20 nœuds de vent et on est au portant. Il y a une petite houle de nord de travers mais les conditions sont loin d’être difficiles. » 8/11/2018 – 11h

Alex Thomson au taquet

Derrière, le tableau est plus contrasté, voir plus passionnant surtout en Imoca. Alex Thomson fait parler la poudre sur son Hugo Boss. Il est descendu à fond vers le sud et battu le record de vitesse “38.5 knots. We’re flying!!” Lui aussi est dans son élément. Ça bastonne, il pousse à fond la manette des gaz. Du grand Alex qui montre qu’effectivement on peut prendre du plaisir en mer sur cette Route du Rhum surtout quand il s’agit d’aller débouler devant ses deux concurrents Paul Meilhat (SMA) qui se donne à fond et Vincent Riou (PRB), prudent, qui attend son heure. L’écart latéral se réduit. Verdict en fin de journée. Une autre course va commencer où Yann Eliès pourra peut-être se joindre à la fête pour être sur la photo finish.

De la stratégie en Multi50

En multi50, Armel Tripon peut lui aussi enfiler son short. Bien calé dans le sud, il est à l’abri des mauvaises conditions météos et accélère franchement. Sa prise de risque a été payante mais la stratégie dans les prochaines 24h compte double. Thibaut Vauchel-Camus, Erwan Le Roux, Gilles Lamiré plus nord sont encore là.

Yoann Richomme impressionne

En Class40, il faut compter les rescapés comme les bobos qui n’ont pas manqué de tomber en escadrille sur la flotte. Yoann Richomme (Veedol-Aic) fait une course parfaite malgré les conditions difficiles rencontrées. Son Lift40 qu’il a soigneusement préparé depuis 1 an et mis à l’eau à peine quelques mois avant le départ, tient le choc. Louis Duc sur Carac, l’autre Lift40 rentre quant à lui au port. Yoann devance Phil Sharp et Aymeric Chappelier, les ténors de la Classe. Kito de Pavant, 4è réalise aussi une belle course. l’expérience parle. Derrière Arthur le Vaillant sur le dernier Mach40 mis à l’eau s’en sort très bien. Il devance Luc Berry et Nicolas Troussel tandis qu’Antoine Carpentier auteur d’un très bon départ ets 5è.

En Rhum Multi, Pierre Antoine sur Olmix fait sa course en solo alors que derrière Loïc Peyron fait du cabotage le long des côtes espagnoles où il devrait passer le cap Finisterre aujourd’hui où il va retrouver à 80 milles de son étrave François Corre qui navigue sur le même “culbuto”. En Rhum Mono, Sydney Gavignet trace sa route tranquillement.

5 jours de rab

Comme le rappelait l’organisation de la course, si une cinquantaine de coureurs ne sont pas actuellement en course, ce ne sont pas que des abandons. Les marins se sont mis à l’abri et devraient repartir sitôt que les conditions météos le permettront. La Direction de Course a prolongé au 7 décembre la fermeture de la ligne d’arrivée, afin de permettre aux « retardataires » d’être classés, soit cinq jours de plus au compteur pour traverser l’Atlantique : 3 452 milles entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre.