Vendée Globe. Clarisse : « Je commence à m’habituer au rythme »

Clarisse Crémer a franchi l’Equateur et se trouve bord à bord avec Romain Attanasio en 17e position. « L’équipe m’a mis une bouteille de bière à bord pour fêter ça, comme le veut la tradition », confie la navigatrice, sourire aux lèvres.

« Il fait 30 degrés à bord même si je pense que le bateau en rajoute un peu, explique-t-elle en rigolant. Progressivement, je commence à m’habituer au rythme et aux exigences d’un tour du monde. Le moral va de mieux en mieux. » « Son début de course a été difficile à cause des conditions mais aussi parce qu’il fallait prendre la mesure du défi qu’elle s’est lancée, ajoute Erwan Steff, responsable logistique du Team Banque Populaire. Désormais, elle s’est mise en mode course et file vers le sud. »

Banque Populaire X continue ainsi sa progression au cœur de l’Atlantique et les conditions au passage du Pot au Noir, toujours très redoutées, se sont avérées plutôt malléables. Certes, elle a dû faire face à un grain à 30 nœuds jeudi au petit matin. « Même si c’est plutôt calme, ça demande du boulot, certifie Clarisse. On n’est pas sauvé tant qu’on n’est pas sorti de la zone et c’est toujours difficile d’anticiper ce qu’il va se passer. » Mais l’épisode météo était relativement court. « La traversée du Pot au noir n’a rien à voir avec le manque de vent que l’on avait connu pendant la Transat Jacques Vabre l’an dernier ». Résultat : « j’ai moins de manœuvres, moins de changements de voile et le bateau est donc moins sollicité. Je suis actuellement sur un long bord tout droit qui va durer durant les cinq prochains jours. »

Ces derniers jours à bord que Clarisse qualifie « d’assez tranquilles » lui ont également permis de gagner en confiance et de prendre du plaisir, aussi. « J’ai pu constater qu’on peut aussi profiter et que cela contribue à être plus lucide sur la gestion du bateau ». Banque Populaire X navigue désormais à proximité de trois autres concurrents (Isabelle Joschke, Romain Attanasio et Alan Roura). « J’ai échangé avec Alan par WhatsApp. Je suis contente d’avoir des bateaux autour. C’est stimulant et rassurant ». Elle ne perd pas son tempérament de compétitrice pour autant : « On essaie de rattraper le groupe devant nous mais ça paraît difficile. Et c’est parfois rageant de voir que ça a toujours l’air d’aller plus vite à l’avant de la course. »

Désormais, c’est l’ anticyclone de Sainte-Hélène qui se profile en ligne de mire. « Normalement, je vais devoir le contourner par l’ouest, ce qui obligera à faire un grand tour, ajoute Clarisse. Mais il faut encore que les modèles météorologiques s’affinent dans les prochains jours ».

La navigatrice profite aussi des conditions plus agréables pour dormir davantage et pour se ressourcer. Au programme ces derniers jours : visionnage de documentaires, notamment sur Michelle Obama et Kamala Harris, la nouvelle vice-présidente américaine. Deux destinées de femmes fortes qui ont su se battre, ne jamais renoncer et continuer coûte que coûte à tracer leurs sillons, comme d’autres le feraient au milieu de l’Atlantique.