Ce dimanche 20 avril à 13h02, les 19 duos de la Transat Paprec se sont élancés. Au programme : après les « au revoir » des pontons, un parcours côtier spectaculaire sous un ciel gris certes mais avec des conditions clémentes (10 à 15 nœuds de vent de nord-ouest) avant de prendre le large. C’est donc le début d’un sacré périple, la seule transatlantique disputée à armes égales et en duos mixtes.
Ils ont créé la surprise en s’insérant dans les premières positions dès le parcours côtier hier puis en tenant la cadence dans la soirée et ce lundi. Cindy Brin et Thomas André n’ont pourtant jamais disputé la Transat Paprec. Monitrice de voile, première native de Saint-Barthélemy à participer à la course, elle répète à l’envie qu’il s’agit « du rêve d’une vie ». De son côté, Thomas, fier de ses racines bretonnes, a fait ses gammes en Mini et débute sa 2e année en Figaro, non sans talent. Récit de l’histoire saisissante de Cap St Barth dont l’arrivée est attendue avec ferveur dans la perle des Caraïbes.
Ces derniers jours sur le village de la Transat Paprec, Cindy Brin arborait de grandes lunettes de soleil cachant son visage et les cernes qui creusaient son visage. Elle reconnaissait à demi-mot que l’ultime semaine avait été « un peu compliquée ». La native de Saint-Barthélemy évoquait la météo capricieuse de Concarneau et le froid mais il était facile de deviner qu’il n’y avait pas que ça. Il fallait quitter ses deux enfants pendant près de trois semaines et, surtout, être à la hauteur d’un challenge immense. Car pour Cindy, la Transat Paprec n’est pas vraiment une course comme les autres. « Être ici, c’est le rêve d’une vie, un projet de 20 ans » répétait-elle hier.
« Avec Thomas, un bon feeling dès le début » L’histoire est belle : Cindy est née et a grandi à Saint-Barthélemy. Dès le plus jeune âge, elle a été marquée par les arrivées de la Transat Paprec, ces marins venus de l’hexagone, leurs visages façonnés par les efforts et les embruns, la fête pour les recevoir et tout l’imaginaire qu’ils charriaient avec eux. Devenue monitrice de voile, ce sont ses élèves qui l’ont encouragée à sauter le pas. « Je pousse mes jeunes à donner toujours le meilleur d’eux-mêmes et à aller au bout de leur rêve, expliquait-elle il y a un mois. Quand je leur ai parlé de cette transatlantique, ils m’ont dit ‘vas-y Cindy, il faut que tu y ailles’ ».
Pourtant, pas question de ne pas s’y préparer consciencieusement. Cindy décide de se rendre en métropole et d’y passer l’hiver, loin de la douceur de Saint-Barth. Elle essaie le bateau en octobre dernier et réalise plusieurs tests avec des skippers afin de trouver son binôme. Avec Thomas André, Cindy assure qu’ils ont eu « un bon feeling dès le début ». Lui s’est fait connaître en représentant les écoles Diwan (l’enseignement en breton) lors de ses années Mini. Sportivement, Thomas est souvent au rendez-vous à l’image de sa 5e place à la Mini-Transat en 2023 puis de ses bons débuts en Figaro (6e du Trophée Laura Vergne en 2024). Ce Breton aime son duo avec Cindy, « une passerelle entre deux territoires », la Bretagne et Saint-Barthélemy, à l’image de ce qu’est la Transat Paprec.
« Ils démontrent tous les deux qu’ils apprennent très vite » Au départ, l’émotion est palpable. La mère de Cindy est en larmes. Ses enfants, son compagnon et des proches sont là aussi. Thomas peut aussi compter sur sa copine, sa famille et ses amis. « Le départ a été super intense et très émouvant », confiait Thomas ce matin. Car après l’émotion, les deux ont tout donné, avec un sacré enthousiasme.
Leur plaisir de naviguer ensemble se perçoit dès le « top départ ». Durant le parcours côtier, ils parviennent à jouer des coudes avec les leaders. Mieux, ils prennent un temps les commandes de la course dans le chenal de Concarneau. « Faire la course devant les cadors, c’est un super cadeau que l’on a fait à nos proches et déjà un beau souvenir », savoure Thomas. Alors que la flotte file dans le golfe de Gascogne, le duo s’accroche encore et passe la soirée à la 3e place. À l’issue de la première nuit, les deux marins étaient 6es au coude-à-coude avec Jules Ducelier et Sophie Faguet (Région Normandie), un des favoris. Rien n’est facile pour autant : Thomas confie qu’ils ont tous les deux été malades cette nuit. « On a serré les dents comme on pouvait mais là ça va mieux », rassure-t-il.
Quoi qu’il en soit, « leur début de course est incroyable, s’enthousiasme Francis Le Goff, le directeur de course. Ils ont beaucoup de qualités : elle est monitrice, lui progresse en Figaro depuis l’an dernier et ils démontrent tous les deux qu’ils apprennent très vite. »
Ce départ canon est une belle promesse pour eux et un sacré signal pour le dynamisme de la voile à Saint-Barthélemy. Car dans son sillage, Cindy montre aussi la voie aux jeunes à qui elle enseigne la discipline. Parmi eux, il y a le jeune Stanley Haes (10 ans) qui s’est offert récemment la 3e place à la Coupe Internationale de printemps à Martigues en Optimist. Après avoir remporté sa coupe, Stanley et sa famille sont venus à Concarneau encourager Cindy, un avant-goût de ce qui aura lieu à son arrivée à Saint-Barthélemy. « Ça va être exceptionnel, confiait-elle juste avant de partir. Je crois savoir à quoi m’attendre mais je ne sais pas quelle sera l’ampleur de l’accueil ». Dans la foulée, sourire malicieux, Thomas ajoutait : « il y a beaucoup de skippers qui veulent arriver avant nous pour vivre la fête avec nous. Mais nous, on a envie d’arriver avant eux ! »
ILS ONT DIT Martin Le Pape (Demain) : « Tout va bien à bord de Demain. On a eu une nuit humide avec trente nœuds de vent mais rien d’extraordinaire. En terme de vitesse c’est pas mal : on a un petit décalage Est par rapport au reste de la flotte, notamment Skipper Macif et Région Normandie. On verra ce que ça donne d’ici quelques jours pour traverser la molle au cap Finisterre. »
Davy Beaudart (Hellowork) : « Après un départ assez tonique en baie de Concarneau, on a commencé par un bord de reaching sous gennaker. C’était assez engagé et loffé avec des rafales à près de 30 nœuds et c’était bien humide face à la mer. Le bateau était penché, sous l’eau. Ensuite, ça a commencé à mollir à l’approche du front. On a continué à faire du près dans une dizaine de nœuds de vent jusqu’à ce que le front nous passe dessus avec pas mal de pluie pendant à peu près 2 heures. Une fois qu’on a passé le front en fin de nuit, le vent est revenu de Nord-Ouest, on a remis le gennaker depuis. C’était à nouveau humide et engagé mais là ça commence à mollir. Et on a retrouvé un peu de soleil aussi ! »
En cette dernière journée du Spi Ouest-France Banque Populaire Grand Ouest 2025, les marins ont pris la mer de bon matin afin de profiter au maximum des conditions météo. Des courses engagées et des compétiteurs remontés à bloc, les ingrédients étaient réunis pour terminer en beauté la 47e édition de la régate de référence pour les amateurs et professionnels.
Toutes les séries ont réalisé une dernière course avant de ranger leur matériel et de clôturer cette parenthèse enchantée. Gilles Bricout, le nouveau directeur de course, accompagné des comités de course et de leurs équipes, aura réussi à faire naviguer les 2345 marins dans toutes les conditions : vent, soleil, pluie et pétole.
Grâce aux équipes salariées et bénévoles de la Société Nautique de La Trinité-sur-Mer (SNT) et de la Fédération Française de Voile (FFV), 164 courses auront été lancées pendant les quatre jours de régate. Du côté des visiteurs, la satisfaction est également totale. Du beau spectacle, des marins de renom, des animations variées : la fête a été complète.
Objectif atteint pour Ouest-France, la SNT, avec le soutien de la mairie de La Trinité-sur-Mer et tous les partenaires publics et privés : réunir dans les meilleures conditions passionnés, néophytes et toutes les populations autour d’un événement convivial et sportif. Le rideau se ferme sur le Spi Ouest-France Banque Populaire Grand Ouest 2025 : la régate que les jeunes compétiteurs rêvent de faire et à laquelle les marins aguerris reviennent toujours.
Rendez-vous du 3 au 6 avril 2026 pour la 48e édition !
Jean-Pierre Kelbert et Alexis Loison – Léon, IRC Double : « Nous sommes super contents. Nous avons déjà navigué plusieurs fois ensemble et notre duo fonctionne bien. L’objectif est rempli pour nous : gagner le spi avec le JPK 1050, un bateau sorti du chantier il y a un mois. Pour une première c’est génial. Nous l’avons fait et bien fait. En plus, c’est la première fois qu’Alexis gagne le Spi, j’espère que nous avons enfin conjuré le sort ! »
Sébastien Col – Demain sans HPV, Figaro 3 : « Nous étions une super équipe constituée par Eliaz. Nous n’avions jamais navigué ensemble avant, excepté deux jours d’entraînement avec Orlabay. L’équipage rassemblait les compétences nécessaires pour gagner en Figaro. Nous sommes complémentaires, ça a bien fonctionné à bord. Je n’avais pas participé au Spi depuis une quinzaine d’années. C’est un beau rendez-vous de la voile française, il faudra que je revienne plus souvent ! »
Tom Laperche – SVR Lazartigue, Open 7.50 : « Nous sommes très contents. C’est toujours disputé, on ne sait jamais ce qui va se passer. C’est sympa de passer un week-end et de naviguer avec l’équipe rapprochée du trimaran. La première fois que j’ai participé au Spi, c’était en Open 5.70 avec la SNT et je suis toujours content de revenir pour cette régate « à la maison ». »
Solune Robert – Sails of Change – Machiavelique, Mach 6.5 : « L’objectif est rempli. Nous nous sommes entraînés tout l’hiver et on s’est régalé. C’était un beau Spi avec des conditions sympas. J’ai participé à de nombreux Spi sur des supports différents. Ce qui ma plait c’est ce chassé croisé de personnes qui travaillent dans la voile et qui viennent pour kiffer et s’amuser. Je tiens à remercier Sails of Change de nous avoir permis de participer au Spi 2025. »
Olivier Porte – membre du directoire de Ouest-France : « Ce fut un vrai Spi : les navigants viennent chercher du vent, un peu d’aventure, d’expérience, d’entraînement. C’est une belle édition sur le plan sportif. Il y a la fois des amateurs et des pros et ce n’est pas une régate du dimanche, c’est une vraie compétition. On doit continuer à faire grandir l’événement, à donner envie aux jeunes d’aller vers la voile habitable et d’animer le territoire grâce à ça. Tout ceci ne serait pas possible sans la SNT, notre partenaire historique, et sans la mairie de La Trinité-sur-Mer. »
Les résultats
Groupe 570 (570) après 9 courses (dont 8 retenues.)
1: «Hydrophobic», Jeff Janssens ( / Cercle de Voile D Arcachon) 11 points 2: «Aquitaine 2», Simon de Pannemaecker ( / Cercle de Voile D Arcachon) 16 points 3: «Alambic Snt», Mateo Brun ( / Societe Nautique de la Trinite S/mer) 38 points 4: «All Purpose Roscoff», Pierre le Cleach ( / Ass. Carantec Nautisme) 45 points 5: «Bonobo Lycee Institution St Malo», Thomas Guesnon ( / S N Baie de St Malo) 48 points 6: «Taureau», Morgan Rohou ( / Centre Nautique de Roscoff) 50 points 7: «Cache Cache Lyce Institution Saint Malo», Eric Cottrel ( / S N Baie de St Malo) 57 points 8: «Ycg 1933», Laurent Travert ( / Y C de Granville) 58 points 9: «Toxic», Erwan Marechal ( / Club de Voile St Aubin Elbeuf) 59 points 10: «Chocapic», Lucie Gout ( / A P C C Nantes) 64 points 11: «Teen Black», Hugo Martin ( / Club de Voile St Aubin Elbeuf) 81 points 12: «Ville D’arzon 2», Virgile Nobileau ( / Yacht Club Crouesty Arzon) 92 points 13: «Bessec Chausseur Lycee Institution Saint», Quentin Galais ( / Wishbone Club Dinard) 100 points 14: «Callot», Niels Meyer-Bisch ( / E V du Locquirec) 103 points 15: «Timac Agro Lycee Institution», Charles Sizaret ( / Y C de St Lunaire) 112 points 16: «Aspejic Snt», Prune Bouttard ( / Societe Nautique de la Trinite S/mer) 114 points 17: «Atalibustieres», Florine Bourit ( / Yacht Club de Cherbourg) 121 points 18: «Vile D’arzon 1», Vincent Gouesbet ( / Yacht Club Crouesty Arzon) 126 points 19: «LycÉe Maritime Saint Malo», Mewen Chesnot ( / S N Baie de St Malo) 129 points 20: «Baltic», Nathan Delhomme ( / Club Voile Cazaux Lac) 159 points 21: «La Quille Qui Chante», Clement Fossey ( / Societe des Regates de Concarneau) 167 points 22: «Lycee Maritime Paimpol – Cdv 22», Theo Richard ( / C N de Plouguerneau) 169 points
Groupe BF24 (B24) après 9 courses (dont 8 retenues.)
1: «Waka Nui», Marc Kervizic ( / C N de Belon) 8 points 2: «Sea Otter», Denis Holl ( / Societe des Regates de Vannes) 17 points 3: «Phenomene», Agathe Reille ( / Cercle de Voile de Moisson Lavacourt) 33 points 4: «Qui Veut Naviguer Avec Nous», Mathias Berjamin ( / Societe des Regates de la Turballe) 38 points 5: «Ventito», Laurent Boisneau ( / Societe des Regates de la Turballe) 46 points 6: «Dream-On», Stephane Blondeau ( / Societe Nautique de la Trinite S/mer) 49 points 7: «Apuma», Andre Sonnois ( / Voiles de Seine Boulogne Billancourt) 55 points 8: «Zolatka 2», Nathalie Menuet ( / Cercle de Voile D Arcachon) 63 points
Groupe J70 (J70) après 9 courses (dont 8 retenues.) 1: «Sailing Impact», Philippe Guigne ( / Yacht Club de France) 16 points 2: «Jour J», Beatrice Joyaud ( / Societe Nautique de la Trinite S/mer) 17 points 3: «Leclerc Sport Hennebont», Richard Fromentin ( / Centre Nautique de Lorient) 27 points 4: «Hydro Sailing Team», Tangi le Goff ( / Loguivy Canot Club Sect Voile) 40 points 5: «Jibe Set – Pierre Oceane», Herve Leduc ( / la Rochelle Nautique) 41 points 6: «Le Tib», Nicolas Rostand ( / Cercle Nautique la Flotte En Re) 45 points 7: «Snt Elite», Marc Gojon ( / Societe Nautique de la Trinite S/mer) 51 points 8: «Trsikell», Fernando Alonso Rocha Leao ( / Union Nautique Marseillaise) 65 points
9: «Jiminy Cricket», Patrick Torfou ( / Ste Regates A Voile D’annecy) 69 points
Au matin du dernier jour de course du Spi Ouest-France Banque Populaire Grand Ouest 2025, les coureurs sont partis le couteau entre les dents. Une seule manche aura été courue, faute à un vent très faible. Pour cette 47e édition, les coureurs ont passé d’excellents moments à batailler dans la baie de Quiberon et à refaire la régate une fois rentrés au ponton. Les classes Mach 6.5 et Open 7.50 auront une nouvelle fois montré leur dynamisme et leur attrait pour les marins de tous les horizons.
Open 7.50 Tom Laperche, Emilien Lavigne, Lucas Valenza-Troubat, Erwan le Draoulec et Antoine Gautier (SVR Lazartigue) remportent cette 47e édition avec une bonne longueur d’avance sur leurs concurrents directs. En effet, malgré de très belles performances, Loïs Berrehar, Basile Bourgnon, Sébastien Josse, Quentin Ponroy et Martin Brault (Banque Populaire) n’ont pas réussi à les déloger de la première place. Le podium est complété par l’équipage Biotex : Matthieu Souben, Damien Seguin, Frédéric Moreau, Jean-Baptiste Gelee et Guillaume Trotte.
Mach 6.5 L’équipage composé de Solune Robert, Noé Delpech, Bruno Mourniac et Mathieu Perramant sur Sails of Change – Machiavelique termine sur la plus haute marche du podium. Ils s’adjugent la victoire devant Mathieu Bourdais, Mathieu Durand, Gaël Ledoux et Ewen Leclech (Dimension Polyant), également très inspirés pendant ce week-end pascal. La troisième place revient au deuxième équipage Sails of Change sur Mach Sea Mumm : Duncan Spath, Yann Jauvin, Jules Bidegaray et Julien d’Ortoli.
Tom Laperche : « Le Spi en Open 7.50, c’est toujours disputé, on ne sait jamais comment ça va se terminer. Nous n’avons pas eu beaucoup le temps de nous entraîner et nous sommes très contents d’avoir gagné. Les Open 7.50 restent les bateaux les plus adaptés au Spi et à la navigation en équipage, que ce soit au niveau de la chorégraphie d’équipage ou de la tactique. Dès qu’il y a un peu d’air, ça va très vite, c’est sympa. En plus il y a du beau monde, le plateau est vraiment sympa. »
Solune Robert : « Nous sommes venus en souhaitant faire de notre mieux voire gagner. L’objectif est rempli ! Nous nous sommes régalés en Mach 6.5 pendant les entraînements cet hiver. Je viens du multicoque et j’ai appris beaucoup de choses sur ce sportboat. Dès que le vent rentre et qu’on plane sous spi, ça devient une autre dimension du kiff. Le niveau de la flotte est assez dense et la classe est très sympa. L’ambiance à bord était carrément bien. Nous avions Mathieu, notre préparateur, à bord et nous étions très contents de partager ça avec lui. Je tiens à remercier Sails of Change de nous avoir donné l’occasion de participer au Spi. »
729 coureurs, 56 nations, 6 zones de course, la mythique SOF, dont c’est la 56ème édition cette année, affiche un dynamisme et un enthousiasme débordants. En ce début de cycle de 4 ans jusqu’aux prochains Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028, le plateau des athlètes réunis ici à Hyères est un heureux brassage : les jeunes champions ultra talentueux viennent se frotter aux plus expérimenté(e)s, médaillé(es) olympiques ou champion(nes) du monde, et tentent de bousculer la hiérarchie internationale ! Dans un vent d’ouest forcissant progressivement jusqu’à 16-18 nœuds, les premières échauffourées de la semaine ont offert un spectacle magique entre la presqu’île de Giens, Porquerolles, Port Cros et l’île du Levant.
Windfoil (iQFOiL) Les Français déjà dans le bon tempo Avec 4 courses lancées pour les 48 femmes et les 76 hommes, la journée fut intense et largement disputée. Derrière l’Australien Grae Morris, médaillé d’argent aux Jeux 2024, et le Polonais Pawel Tarnowski, les Français signent une belle première journée : le podium provisoire pour Clément Bourgeois et une quatrième place pour Louis Pignolet. « Les deux premières courses en Slalom furent compliquées le temps que le vent s’établisse. Ensuite, c’est monté d’un cran, et nous avons fait deux courses sous format Race. Je suis content de mon résultat, une victoire en Slalom et une 2eme place en Race. Les concurrents sont là, il y a moins de monde que sur la coupe du monde à Palma, mais le niveau est très dense et il y a de quoi jouer aux avant-postes. » explique Louis. Chez les femmes, Lucie Belbeoch tire parfaitement son épingle du jeu et monte sur la troisième marche du podium provisoire derrière les chinoises Zheng Yan et Wenqi Li.
Formula Kite (kitefoil) Bon début pour Benoît Gomez ! Il fallait avoir les nerfs solides sur chacun des 8 départs lancés par le comité de course du rond Bravo devant les Salins d’Hyères (4 pour les 23 femmes, 4 pour 66 hommes). La très attendue médaillée d’argent aux Jeux, Lauriane Nolot, termine 7e au classement du jour juste derrière sa compatriote Lysa Caval, 6e, mais à égalité de points. C’est la Britannique Lily Young qui mène la danse en ce début de semaine, devant la chinoise Wan Li et la Polonaise Izabela Satrjan. Mais tout reste encore à faire ! Chez les hommes, le Français Benoît Gomez démarre en fanfare en s’octroyant la troisième place (il réalise 3 courses de 2ème) derrière l’Italien Ricardo Pianosi, quatrième des derniers jeux olympiques et le jeune Singapourien de 18 ans, Maximilian Maeder (vainqueur de la SOF en 2022 à l’âge de 16 ans !).
Catamaran Double Mixte (Nacra 17) Un vent de jeunesse affûtée Les 32 équipages mixtes ont couru 3 courses ce lundi. Une occasion en or de se jauger, d’observer les jeunes arrivants, de s’imprégner du niveau de compétition d’ores et déjà très élevé. Les Italiens (Gianluigi Ugolini et Maria Giubilei) en tête du classement provisoire avec une victoire sur la dernière course, confirment que chaque départ permet d’engranger de l’expérience face à une concurrence brillante : « Ce n’est que le premier jour, mais nous sommes heureux d’être dans le bon rythme. Nous espérons du vent fort pour les jours à venir, ce sont nos conditions ! » confie Gianluigi. 7èmes, Tim Mourniac et Aloise Retornaz, malgré une première course en demi-teinte, sont satisfaits de jouer dans le top 5 : « C’est une belle entrée en matière, nous sommes contents, on va essayer de progresser encore au fur et mesure de la semaine. Il y a des bons résultats mais encore des choses à travailler, c’est le début d’un nouveau cycle et d’une nouvelle collaboration avec Aloise. Le plateau s’est bien rajeuni ! Ce qui est chouette, c’est que tous ces jeunes équipages ont beaucoup travaillé depuis les jeux, et ont bien augmenté leur vitesse. La semaine promet d’être très intéressante. »
Dériveur solitaire (ILCA) Théo Peyre au pied du podium La catégorie du dériveur en solitaire ILCA est à Hyères la plus représentée avec 112 inscrits chez les hommes (ILCA7) et 76 chez les femmes (ILCA6). Autant dire que les régates sont diablement disputées et une victoire si difficile à remporter ! Si le Néerlandais Duko Bos mène le classement provisoire après deux courses, devant le Monténégrin Milivoj Dukic et le Croate Filip Jurisic, un drapeau bleu-blanc-rouge flotte au pied du podium provisoire ! Theo Peyre, du club de La Pelle à Marseille, démarre fort sa Semaine Olympique Française à Hyères. Les femmes ont pu profiter de conditions un peu plus toniques, les deux courses ayant été lancées après 15h. Une entrée en matière réussie pour la danoise Anna Munch, suivie de l’Américaine Charlotte Rose (toutes deux à égalité de points), devant de la Belge Emma Plasschaert.
Dériveur double mixte (470) D’entrée de jeu, c’est serré ! En 470, les 41 équipages ont pu profiter d’un vent d’ouest établi au-dessus de 15 nœuds dans l’après-midi pour s’adonner à deux courses bien rythmées. Le jeu est largement ouvert dans cette série mixte au regard des résultats des 6 premiers : nul doute que la régularité sera payante tout au long de la semaine. Les Allemands, Simon Diesch et Anna Markfort sont en tête du provisoire devant les Italiens, Giacomo Ferrari et Alessandra Dubili. Les Français Matisse Pacaud et Lucie de Gennes du Yacht Club de Cannes sont troisièmes ! Rappelons que ces derniers sont triples champions du monde Jeune (2022, 2023, 2024) et furent partenaires d’entraînement pour les JO 2024 de Camille Lecointre et Jérémie Mion.
Dériveur double (49er), 39 inscrits femmes et 69 inscrits hommes Un top 20 très homogène Ils ont été les premiers à quitter le parking et les premiers à rentrer après 3 courses pour les 39 équipages féminins et les 69 équipages masculins. Pour tous, ce furent des conditions de navigation « shifty » dans un vent peu établi et changeant, notamment sur le premier départ. Lou Berthomieu, nouvelle équipière de Mathilde Lovadina (11èmes), expliquait à son retour de régate : « J’ai trouvé que c’était technique, les extrémités de flotte s’en sont mieux sorti. Mais on était là pour travailler les départs, on est contentes sur ce point, nous avons eu quelques difficultés sur des placements, et la dernière course de 4ème fait du bien, cela montre que nous sommes dans le rythme. Une flotte si nombreuse, cela change beaucoup de chose. Il y a le gratin mondial, et des jeunes qui commencent, il y a de tout et le top 15 est très homogène. » Au final du jour, les Belges Isaura Maenhaut et Anouk Geurts trustent la première place devant les Britanniques Eleanor Keers et Jess Jobson, et les Suédoises Maja Hansson Mild et Linn Berntsson. Chez les hommes, c’est serré ! Les Américains (Nevin Snow et Ian Macdiarmid) et les Britanniques (Eliott Wells et Billy Vennis-Ozanne) sont à égalité de points avec une victoire et une place de deuxième chacun. Les premiers français, Kevin Fisher (il remplace son frère Erwan qui attend un heureux évènement) et Clément Péquin sont 14èmes, et n’ont certainement pas dit leur dernier mot pour rejoindre le top 10…
La 59e édition de la Snim s’est achevée lundi sur une nouvelle journée d’anthologie, mettant un terme à des régates intenses soutenues par des conditions météo à la hauteur de la rade olympique. Des centaines de marins, des manches disputées jusqu’à la dernière bouée, une organisation millimétrée et un plateau de haut niveau : la grande classique pascale de la Société Nautique de Marseille confirme sa place de rendez-vous incontournable du calendrier IRC en Méditerranée.
Rade nord : Champagne sailing ! Petite attente rythmée par la houle marseillaise en rade nord en ouverture de cette ultime journée, avant qu’un flux de 12 nœuds attendu comme le Messie fasse son entrée en scène. Sous un soleil radieux, les IRC 0-1 ont ouvert le bal sur un parcours construit, suivi des autres classes. Après une heure trente d’une très belle course, le comité envoyait un parcours côtier de 16 milles pour l’ensemble de la flotte, habilement établi entre le port autonome, les Catalans et une bouée au large. « J’ai vécu cette Snim comme un événement exceptionnel » livre Paul Bastard au terme de sa première expérience en tant que président du comité Rade Nord « A la fois pour les compétences des personnes qui œuvrent pour mouiller les parcours, mais également pour le respect des coureurs envers les comités ».
Au terme de 7 courses en IRC 0-1, c’est une 2e victoire sur la Snim pour l’équipage transalpin de Lisa-R déjà arrivé en tête en 2024 et à nouveau présent « Afin de nous mesurer à une concurrence affûtée qui nous aide à progresser ». Signe de l’intensité des affrontements, le Ker 43 Italien termine à égalité de points avec le TP 52 Team Guenifey. En IRC 2, c’est l’équipage de Palavas Sloughi qui monte sur la première marche du podium. « Naviguer 4 jours à Marseille est un réel bonheur » pour cet équipage qui a bataillé avec un autre bateau de Palavas, Seven Mani à bord duquel courrait le parrain de l’édition : Kito de Pavant . « La Snim est une des plus importantes régates de Méditerranée, avec une super ambiance sur l’eau et sur les pontons » En IRC 3, Yves Ginoux à bord du Grand Soleil 37 Week End Millionnaire renoue avec une victoire à la Snim qui lui avait échappé de peu l’an dernier et remporte sa 13ème coupe avant d’aller se mesurer aux régatiers bretons. Chez les duos, Pierre Perdoux et Pierre Grosgogeat s’imposent une nouvelle fois à bord du JPK 10.10 Ilogan. « Merveilleux ! » déclara le skipper, malgré une côte cassée lors d’une manœuvre sur la plage avant. Mais le marin victorieux garde le sourire « Le comité a assuré et il y avait une superbe ambiance pendant les courses, c’était vraiment chouette ». Carton plein pour les JPK 10.10, qui trustent les cinq premières places du classement Duo. Une autre bataille intense avait lieu également parmi les 5 Sun Fast 30 OD. Dans cette petite monotypie, Christopher Pratt et Robin Follin arrivent en tête à bord de Cap Marsa, issu de la flotte de Cap Regatta.
Rade Sud : Zéro blabla, des résultats Le vent n’a pas joué les filles de l’air dans la rade sud. Dès l’arrivée des concurrents sur site, le comité n’a pas tardé à envoyer les procédures de départ. Après avoir couru plusieurs construits, les IRC 4 sont partis sur un côtier de 15 milles, tandis que les monotypes ont enchainé sur un 4e aller-retour. Une petite bascule, une montée en puissance du vent autour de 15 nœuds et l’arrivée de houle ont pimenté les débats. « On a eu un vent facile et maniable dès l’instant qu’on était sur l’eau. » raconte Aline Williot, présidente comité Rade Sud « Cette dernière journée est excellente et elle clôture cette Snim en beauté »
En IRC 4, c’est Guy Claeys sur le JPK Expresso qui l’emporte de trois points devant le JPK 10.10 Raging Bee skippé par Jean-Luc Hamon et le J109 Happy Few Two de Jean-Paul Mouren. Chez les Grand Surprise, c’est l’équipage de Louis Dreyfus Travocean, skippé par Baptise Gourbesville qui s’impose avec panache. « On est passé par tous les temps. Nous avons fait marcher le bateau, avec un beau finish et une belle place de premier, que demander de mieux ! » La Snim a également permis de remettre le Trophée 2025 du Challenge Méditerranée Voile Entreprise à l’équipage de CVE Marseille skippé par Fabrice Merle. Ce prix – qualificatif pour le Championnat de France – se court pour la 8ème année en Grande Surprise sur le total de points entre les deux grandes régates d’ouverture de saison de la rade de Marseille.
Le bilan d’Henri Escojido – Président de la Société Nautique de Marseille : « Nous avons eu le privilège d’accueillir une centaine de bateaux très performants, avec des équipages en adéquation avec ce niveau-là. Pour cette 59e édition, notre souhait était que l’évènement soit à la hauteur des attentes, en grande partie grâce au concours des bénévoles, qui sont un atout indispensable à la réussite de l’évènement. La régate a débuté vendredi avec un des marqueurs de la Snim, à savoir cette grande course de nuit qui a ravi tous les participants et s’est terminée en beauté aujourd’hui. Je pense que les marins vont repartir heureux et j’espère qu’ils reviendront courir à Marseille l’année prochaine au rendez-vous du 60e anniversaire »
Kito de Pavant, parrain de cette 59e édition : « Nous avons eu de superbes conditions, avec de belles régates. Comme d’habitude, nous avons reçu un accueil incroyable, que ce soit de la part du comité ou des organisateurs. Je pense que tous les coureurs ont vraiment pris du plaisir, la dernière journée était parfaite, avec quasiment 20 nœuds de vent et du soleil. Et la grande course était également magique, avec un incroyable coucher de soleil entre les îles »
Vus sur les pontons : Brice Aque, Louis Barbet, Victor Bordes, Hervé Cunningham, Kito de Pavant, Robin Follin, Jean Pierre Laville, Jean-Paul Mouren, Christopher Pratt, Pierre Quiroga, Richard Sautieux, Lili Sebesi, Maxime Sorel
Les classements provisoires (avant jury)
IRC 0 et 1 – Général après 7 courses (6 retenues) 1/ Lisa R (Giovanni Di Vencenzo – Italie) – 14 pts 2/ Team Guenifey (Julien Llorca – CNTL) – 14 pts 3/ Vito 2 (Gian Marco Magrini – SNST) – 22pts
Dans 3 jours, Tim Mourniac et Aloïse Retornaz feront leur entrée sur la première épreuve de leur préparation Olympique commune. En effet, Tim a déjà couru les jeux de Marseille, Aloïse les jeux de Tokyo, mais la Semaine Olympique qui débute est bien la première épreuve qu’ils courent ensemble sur le catamaran Nacra 17, en vue des Jeux 2028.
L’hiver aura été studieux mais aussi synonyme de lâcher prise pour Aloïse qui avait besoin de souffler après la Women’s America’s cup. Parallèlement à leur préparation physique, Tim et Aloïse se sont préparés sur le plan d’eau de Brest. Si le Nacra 17 est le support de prédilection de Tim, il est une découverte pour AloÏse. Toutefois, ces premiers entrainements laissent entrevoir un beau potentiel. Tim : « Nous sommes contents du travail que nous avons fait sur le bateau, nous avons de bonnes sensations. »
Depuis deux jours, c’est à Hyères que Tim et Aloïse prennent leurs marques sur le plan d’eau de la Semaine Olympique sur lequel ils déploient toute leur énergie. Pour Tim « Les prémices sont plutôt prometteurs, après deux jours d’entrainement où nous avons retrouvé les « copains » du circuit international.» Quant à Aloïse, elle ne cache pas son enthousiasme de retrouver les concurrents étrangers : « J’aime l’adrénaline que procure la confrontation. C’est motivant d’avoir des concurrents autour de soi. » Les jours qui les séparent du début de l’épreuve, lundi prochain, seront partagés entre la poursuite des entrainements sur l’eau et leur préparation physique sans oublier de se relaxer pour être au top de leur forme, sur ce support très sollicitant qu’est le Nacra 17.
Tim Mourniac et Aloïse Retornaz chercheront à performer mais surtout à identifier leurs axes de travail dans l’optique du Championnat du Monde qui se déroulera dans six mois en Sardaigne.
Photo : Vincent Curutchet / Pôle Finistère Course au Large
À quelques jours du départ de la Transat Paprec, Erwan Tabarly, coach au Pôle Finistère Course au Large, partage ses impressions sur les six équipages qui se préparent au sein du Pôle. Avec neuf participations à son actif, dont une victoire en 2016 aux côtés de Thierry Chabagny et une deuxième place en 2012 avec Eric Peron, Erwan connaît bien les défis de cette course. Voici son ressenti à l’approche de cette nouvelle édition :
Erwan Tabarly : « La Transat, c’est une aventure qui m’a toujours fait rêver. Traverser l’Atlantique, c’est un parcours mythique, un vrai défi. C’est un peu rude au début, mais une fois que tu arrives, c’est les Antilles, la chaleur, l’accueil. En double, l’intérêt c’est de partager, de pousser le bateau ensemble et de faire les choix à deux. Parfois, c’est plus compliqué de se décider, mais c’est ce qui fait la beauté de cette course. Le double mixte ouvre de nouvelles possibilités et offre énormément d’opportunités aux filles. Cette année, la flotte est bien plus fournie, et c’est impressionnant de voir autant de bateaux sur la ligne de départ. Au Pôle, six équipages se préparent, et certains n’ont qu’un objectif : la victoire. »
Charlotte Yven et Hugo Dhallenne (Skipper MACIF) « Charlotte et Hugo forment un équipage redoutable et figurent parmi les grands favoris. Charlotte, qui a remporté la dernière édition, aborde cette course avec une confiance renforcée. Hugo, qui entame sa première saison sous les couleurs de Skipper MACIF, a déjà prouvé qu’il avait de belles capacités. Tous deux sont des figaristes aguerris, ayant pris part à la Solitaire du Figaro. C’est donc une équipe parfaitement rodée.»
Jules Ducelier et Sophie Faguet (Région Normandie) « Ce duo est particulièrement prometteur. Bien que Jules n’ait pas autant d’expérience que d’autres, sa progression rapide, notamment lors de la dernière Solitaire du Figaro, a impressionné. Sophie, quant à elle, a une solide expérience avec trois transats en-cours à son actif. Ensemble, ils maîtrisent parfaitement leur bateau. Un équipage solide, qui vise sans hésitation la plus haute marche du podium. »
Martin Le Pape et Mathilde Géron (DEMAIN) « Martin est le plus expérimenté du groupe. Fort de quatre participations à la Transat Paprec (anciennement AG2R La Mondiale), il connaît bien cette course. Pour Mathilde, il s’agit de sa première participation. Elle a l’expérience du haut niveau avec les Jeux Olympiques et elle connait beaucoup d’autres supports comme les Ocean Fifty sur lesquels elle a navigué ces dernières années. Leur complicité est évidente, ils ont clairement un atout à jouer dans cette transat. »
Victor Le Pape et Estelle Greck (Région Bretagne – CMB Espoir) « Victor participe pour la première fois à une transat. Il se prépare sérieusement, mettant toute son énergie dans cette aventure d’une grande transatlantique. Il maitrise bien le Figaro, en particulier dans les conditions difficiles. Estelle, quant à elle, prend part à sa septième transat. Elle est dans son élément au large et apportera son expérience précieuse. Ils abordent la Transat avec un statut d’outsider. »
Lola Billy et Corentin Horeau (Région Bretagne – CMB Océane) « Lola et Corentin sont deux profils très différents. Corentin est un pur figariste, parfaitement à l’aise sur le support. Il a remporté la Solitaire, et son niveau n’est plus à prouver. Lola, pour sa part, en est à sa première année en Figaro et a dû assimiler énormément de choses en peu de temps. L’objectif est autant la compétition que la transmission. »
Thomas André et Cindy Brin (Cap St Barth) « Thomas et Cindy sont particulièrement solides en mer, même si, sur le papier, ils ne figurent pas parmi les favoris. Thomas connaît peu le Figaro, tandis que Cindy est une totale débutante dans cette discipline. Monitrice de voile à Saint-Barthélemy, elle entraîne l’équipe d’Optimist. C’est un équipage qui nous a agréablement surpris. Lors des entraînements, leur présence et leur compétitivité sont indéniables. Ils ont le potentiel de créer la surprise. »
C’était l’effervescence des grands jours sur les pontons de la Société Nautique de Marseille. C’est sous un soleil radieux, dans des conditions de vent idylliques – 15 à 18 nœuds de secteur ouest – que des centaines de marins ont pris le départ de la 59e Snim. Au programme, la grande course et une alternant parcours banane et un côtier. Henri Escojido, le président de la Société Nautique de Marseille, et Kito Pavant, le parrain de l’épreuve, ont ouvert cette nouvelle édition accompagnés par les responsables des ronds nord et sud, Paul Bastard et Aline Williot, ainsi que du responsable météo Henry Antoine.
Rade nord : la grande course d’entrée de jeu Après un puissant coup de mistral qui a secoué la rade marseillaise la veille de cette première journée, les concurrents ont rencontré des conditions de rêve pour cette première journée de la grande classique marseillaise organisée par la société Nautique de Marseille. En rade nord, c’est le départ de la grande course qui a pu être donné pour les 56 concurrents inscrits en IRC 0,1,2,3 et les duos. Après un bord au nord-ouest jusqu’à une bouée devant la calanque de Niolon, les bateaux repartaient contourner Planier, avant de mettre le cap sur une marque devant Sanary, et retour sur la rade de Marseille. Un périple d’environ 54 mille nautiques. A 18 h 30, Team Guenifey et Arobas 2, en tête de la flotte, viraient l’Ile Verte en face de La Ciotat. Les premiers bateaux pourraient atteindre la ligne d’arrivée aux alentours de 22 heures.
Alterner parcours banane et grand côtier en rade Sud Que ce soit sur les balcons de la Corniche, ou bien depuis les jardins du palais du Pharo, le public était au rendez-vous pour admirer les phases de départ dans les deux rades marseillaises. « Nous avons pu lancer nos deux séries sur un premier parcours banane, avec un vent orienté au 270, dans un flux de 12 nœuds faiblissant, signe d’une bascule en fin de journée. Un 2e départ a pu être lancé, pour un côtier d’une douzaine de milles » a détaillé Aline Williot, présidente comité Rade Sud, réservé aux IRC4 et aux monotypes. Un heureux programme bouclé aux alentours de 18h30.
Pour samedi, les fichiers météo annoncent un solide flux d’Est. Les skippers de la rade sud ont rendez-vous à 9 heures 30 pour le briefing de cette deuxième journée, ceux de la rade nord à 11heures.
Zoom sur : Une équité sportive recherchée par les concurrents Le comité technique de jauge a procédé à plusieurs contrôles à terre, sous l’égide d’Hélène Silve, accompagnée de Basile Després, du centre de calcul de l’IRC. Une douzaine de bateaux ont été vérifiés, avant que l’équipe procède également à des contrôles sur l’eau, avant la phase de départ. Guy Claeys, le skipper du JPK 10.10 Expresso félicite la présence de contrôles visant à améliorer l’équité sportive entre les différents participants. « Un grand bravo aux protagonistes pour l’efficacité du dispositif en place »
Ils ont dit Dominique Tian : «Nous courons sur Glen Ellen, un Club Swan 42 acquis en Croatie en début d’année, qui courait en Espagne sous le nom de Natalia. Le CS 42 est un bateau idéal par rapport au Ker 46, mon précédent voilier. C’est un bateau qui est plus simple à mener, et qui possède une belle polyvalence. La Snim est un évènement incroyable qui va nous servir d’entrainement avant de courir le Fastnet, qui fêtera sa 100e édition »
Pour le premier jour du 47e Spi Ouest-France Banque Populaire Grand Ouest, les conditions ont été très sportives sous un ciel très pluvieux. Comme annoncé, les conditions de vent (20 nœuds établis de sud-est) et une mer agitée ont donné du fil à retordre à la direction de course. Les premiers départs ont été donnés à 11h00 pour la majorité de la flotte. En revanche, les départs des J70, Seascape 24, Open 5.70, Open 7.50, Mach 6.5 et Diam 24 ont été retardés jusqu’à 12h30. Les marins en ont profité pour partager un moment convivial sur le village du Spi avant d’affronter une baie de Quiberon survoltée. A cause de ces conditions très soutenues, les Hansa et Miniji ont été contraints de rester à terre sans pouvoir prendre aucun départ. La journée s’est déroulée sous une pluie incessante et un vent toujours soutenu. Un grand côtier a été lancé pour les IRC double, Multi2000, Class40 et Mini 6.50. Les monotypes ont couru deux courses tandis que les J99, First 31.7 et les Surprise ont réalisé trois courses. En fin de journée, on décompte un certain nombre de marins rincés et de bateaux aux avaries sans gravité parmi les 461 équipages en lice.
Pour les treize Open 7.50 et les douze Mach 6.5, dans 20 nœuds établis de sud-est, une mer formée et sous la pluie, les marins ont pu faire parler leur envie et leur talent pendant deux courses de haute volée.
Mach 6.5 Duncan Spath (Sail of Change II) tire son épingle du jeu dès le premier jour de course. Il devance les deux bateaux Dimension Polyant, barrés par Logan Vergy et Mathieu Bourdais. Le deuxième équipage Sail of Change, mené par Solune Robert prend la quatrième place. Ils terminent la journée ex æquo en points avec Anthony Marchand (Actual). La sixième place revient à Mathieu Jones (Alternative Sailing), avec cinq points de retard sur la tête du classement.
Open 7.50 Tom Laperche (SVR Lazartigue) prend la tête du classement, un petit point le séparant de son poursuivant direct, Matthieu Souben (Biotex). Le “père” de l’Open 7.50, Nicolas Groleau (Atchoum), monte sur la troisième place du podium provisoire. Loïck Peyron (Kerdo Open Bar) signe un beau retour dans la classe en terminant la journée à la quatrième place, devant Basile Bourgnon (Banque Populaire) et Raphaël Lutard (NST Racing), tous deux ex æquo en points.
Fred Moreau – Biotex – Open 7.50 : « C’était tout d’abord humide à cause de la pluie et des vagues. Ensuite, c’était sportif car les conditions étaient musclées et il fallait faire les bons choix tactiques. Enfin, c’était génial car ces bateaux sont extras, on peut être à 18-20 nœuds dans des surfs. Le niveau est vraiment relevé, dès que tu fais une erreur, tu la payes cher. C’est génial aussi car il y a une super ambiance. Les marins sont contents et mesurent leur chance de naviguer sur ces bateaux. Ils n’ont pas pris une ride en 25 ans. Pour All Purpose, c’était les premières manches en confrontation avec beaucoup de monde pour nos voiles en membrane Biotex, réalisées à partir de 65% de fibres d’ortie. Nous sommes hyper satisfaits, nous étions dans le match, les membranes tiennent la route en terme de performance. C’est un plaisir et une satisfaction de voir qu’on peut faire autrement, qu’on peut avoir un impact environnemental réduit».
Duncan Spath – Sail of Change II – Mach 6.5 : « Il y a eu beaucoup de vent mais nous avons navigué tranquillement. Nous n’avons pas voulu nous précipiter dans le jeu mais simplement rester dans ce que l’on sait faire. Nous nous sommes régalés avec de super sensations de planage au portant. Nous sommes très contents mais le plus dur reste à venir. L’objectif est de rester réguliers dans les prochains jours pour jouer le plus longtemps aux avant-postes».
La journée de demain prévoit d’être plus calme (5 à 12 nœuds d’ouest) et ensoleillée pour le plus grand bonheur des marins. Les conditions seront parfaites pour que le grand public puisse admirer les régatiers dès 9h15 lors de la grande parade qui rassemble tous les marins dans le chenal de La Trinité-sur-Mer.
Anthony Marchand – Actual – Mach 6.5 : « C’était génial, nous avons eu de super sensations dans une flotte serrée. Il fallait faire attention pendant les manœuvres mais c’était une journée fun, compétitive et de plaisir. C’était une première pour nous de naviguer dans autant de vent. Nous avions un peu d’appréhension à surtout ne pas faire de bêtises. Il n’y a pas eu de casse, c’était l’objectif du jour. »
Jimmy Pahun – Joie des Îles – Osiris Habitable B : « Nous sommes un peu déçus car nous avons cassé un hauban intermédiaire à la fin de la première course. Ce n’est pas grave, il y en aura d’autres demain ! Il y a beaucoup de trafic, les conditions sont sportives, ce sont des moments que nous n’oublierons pas. Nous sommes accompagnés de Gildas Morvan et tout l’équipage est très content. Pour ma part, je suis toujours ravi de venir naviguer sous le soleil trinitain ! »
Elouen Arnaud – Ose ta victoire – Class40 : « Je navigue avec Thomas Lurton sur le n°100, un beau pointu « old school ». Les conditions étaient musclées avec beaucoup de pluie, nous sommes trempées. Nous avons fait un joli parcours côtier jusqu’à Houat avec des allures bien débridées. On s’est régalé. Le plateau est énorme, il y a des concurrents de très haut niveau. C’est super intéressant car notre objectif c’est d’apprendre. Nous avons hâte de prendre le départ de la course de 24h demain, ça va être super cool. »
Gatien Elouan Drouard et Elouan Barnaud – TM56 Technologie Marine – Mini 6.50 : « Ce Spi commence fort ! C’était très cool et humide avec beaucoup de vent. Naviguer dans la flotte notamment au contact des Class40, c’était impressionnant et ça fait rêver. »
Un millier de marins s’activent dans le Vieux-Port de Marseille pour l’incontournable rendez-vous de la Semaine Nautique Internationale de la Méditerranée. A 48 heures du coup d’envoi de l’événement phare de la Société Nautique de Marseille, les meilleurs équipages sont dans les starting-blocks. A leurs côtés, de jeunes espoirs vivent intensément ces ultimes moments de préparation, parfois fébrilement. À la croisée des chemins, les épreuves de la Semaine Nautique Internationale de la Méditerranée offrent un terrain de rencontre unique entre jeunes passionnés et champions confirmés. L’excellence sportive et le partage d’expérience font de la Snim un véritable tremplin pour les talents en devenir, autant qu’un rendez-vous majeur de très haut niveau.
Du beau monde sur l’eau à partir de vendredi ! Épreuve de référence dans le monde de la voile, la Snim accueille chaque année un plateau d’exception confirmant son statut dans le calendrier des régates. Parmi les plus grandes unités en équipage, on attend avec intérêt le Swann CS42, tout nouveau porte drapeau de la saga des Glen Ellen de la SNM, avec notamment Louis Barbet à la barre et Richard Sautieux à la tactique. Il devra se mesurer au prestigieux ICE 52 Swell skippé par Victor Bordes et un équipage de cadors, dont Maxime Sorel, skipper engagé dans la dernière édition du Vendée Globe – abandon sur blessure – ou le champion de trail et régatier Sébastien Henri. Le parrain de l’édition, Kito de Pavant, leur donnera la réplique à bord du First 40 Seven Mani de Manu Nebout du Cercle Nautique de Palavas. Du côté des étrangers, très haut niveau également à bord du Ker 46 transalpin Lisa R, vainqueur de sa catégorie l’an dernier à la Snim, qui revient défendre son titre avec notamment Francesco Bertone à la tactique. A noter également la présence de Pierre Quiroga à bord du Cape 31 Terrible Joy du Monégasque Loïc Pompee et une équipe de jeunes du Yacht Club de Monaco. Une flotte homogène de Grand Surprise – menés comme des voitures de rallye et parfaitement maitrisés – complète le tableau du grand rendez-vous de printemps.
La grande course comme première navigation de nuit ! Pour Christopher Pratt, manager de la structure Marsail, la Snim est incontestablement le bon moment pour surfer sur la transmission, dans l’héritage des JO courus cet été sur le plan d’eau phocéen. Le navigateur chevronné de la SNM va s’aligner à bord de Cap Marsa, l’un des Sun Fast 30 One Design de Cap Regatta, en compagnie de Robin Follin – tous deux projetant de s’aligner au départ de la prochaine édition de la Route du Rhum. Face à leur grande expérience, l’épreuve représente un véritable challenge pour certains de leurs adversaires directs comme Clara Bayol – 23 ans – et Charles Hénon – 22 ans. « La Snim est notre premier vrai test en double en mer de nuit » explique la co-skipper d’Alwena for Pure Ocean, un autre bateau de cette série « Pour nous qui visons la course au large, les choses sérieuses vont vraiment commencer ! » C’est effectivement l’objectif de ce jeune binôme, recruté par Ludovic Gérard fondateur de Massilia Sailing Academy. Le double vainqueur de la Cap Martinique a créé cette structure pour permettre la mutualisation d’entrainements et le partage de connaissances pour les équipages du bassin Méditerranéen en préparation de courses transatlantiques. MSA – qui met un monotype à la disposition de ce jeune équipage – reçoit le soutien des grands clubs du Vieux Port, et notamment de la Société Nautique de Marseille. Si la jeune navigante, par ailleurs double championne du monde de Match Racing, est confiante dans sa gestion des manœuvres, elle anticipe plus de difficultés et espère une importante marge de progression dans l’utilisation des logiciels de navigation et la tactique de nuit. Depuis 2010, une grande course est au programme de la Snim pour les plus grandes catégories, ainsi que pour les duos. Le principe de cette course est simple : proposer aux coureurs un parcours côtier optimal, tout en leur permettant d’arriver avant ou en toute première partie de nuit. En fonction des conditions météo, la grande course peut être lancée dès le vendredi 15h, mais l’organisation peut également décider de la différer au samedi ou au dimanche, en prévenant les coureurs par un avenant la veille du jour choisi.
Snim : Semaine Nautique Internationale de la Méditerranée 59e édition, du vendredi 18 au lundi 21 avril 2025
Régate grade 3 comptant pour les Championnats Méditerranée IRC Duo et Equipage
Parrainée par Kito de Pavant
Ouverte aux IRC et monotypes
Grande course pour les IRC 0, 1, 2, 3, Duos
Plus de 100 équipages
Programme Jeudi 17 avril : Confirmation des inscriptions, contrôles de jauge Vendredi 18 avril : 10h30 briefing des skippers, 15h mise à disposition en mer départ de la grande course pour les 0, 1, 2, 3 et Duos (en fonction de la météo) Samedi 19 avril : 9h30 briefing des skippers, 11h mise à disposition en mer Dimanche 20 avril : 9h30 briefing des skippers, 11h mise à disposition en mer Lundi 21 avril : 9h30 briefing des skippers 11h mise à disposition en mer, dernier départ possible 15h30 19h Remise des prix