La sélection Challenge Bretagne – CMB continue. Il n’en reste plus que trois. Tests médicaux et physiques, entretiens individuels, , navigation dans du vent médium puis dans des conditions musclées : la semaine qui s’achève a été dense pour les six jeunes sélectionnés sur dossier pour la phase 2 du Challenge Bretagne – CMB. Une phase à l’issue de laquelle trois finalistes ont été désignés.
« Nous avons retenu Loïs Berrehar (23 ans, Carnac), Pierre Rhimbault (24 ans, La Rochelle) et Gauthier Thomas (24 ans, Douarnenez). En réalité, dès hier soir, nous disposions de suffisamment d’éléments pour prendre une décision posée et constructive. Nous avions, en effet, un point de vue déjà bien éclairé sur les capacités techniques des uns et des autres. La navigation d’hier, dans le vent fort, a réellement fait ressortir les candidats ayant une vision décentrée du bateau, des capacités à anticiper à bord et une véritable culture du large », a expliqué Christian Le Pape, Directeur du Pôle Finistère Course au Large qui a donné rendez-vous aux trois marins restant en lice entre le 28 novembre et le 2 décembre pour la finale au terme de laquelle le nouveau Skipper Espoir Bretagne – CMB sera connu.
MACSF, skipper Bertrand de Broc (FRA) at start of the Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on November 6th, 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / Vendee Globe
MACSF, skipper Bertrand de Broc (FRA) au départ du Vendée Globe, aux Sables d'Olonne le 6 Novembre 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / Vendee Globe
Bertrand de Broc a tapé quelque chose au large du Portugal et va devoir se dérouter vers Fernando de Noronha. Il est au coude à coude avec Louis Burton et ne semble pas au ralenti mais le bruit est insupportable. Il fera un état des lieux du bateau et tenter de comprendre les raisons de ce bruit.
Depuis quelques jours Bertrand de Broc sur l’IMOCA MACSF entend un bruit assez assourdissant. A l’origine de ce bruit, peut-être un choc au large du Portugal. Les chocs étant très fréquents lors d’une course, Bertrand de Broc n’y a pas prêté spécialement attention dans un premier temps. Mais le bruit s’est amplifié au fur et à mesure jusqu’à en devenir insupportable quand le bateau dépasse 14 nœuds. Plusieurs pistes sont en cours d’études avec Marc Guillemot, team Manager MACSF, pour identifier son origine. Un check complet doit être effectué sur le bateau, notamment sa coque, sa quille et ses safrans. Pour cela, Bertrand envisage une halte sans mouillage sous le vent de Fernando de Noronha, pour faire une inspection en plongée.
Nous vous informerons demain matin des résultats. Bertrand, actuellement 14ème au classement, reste dans la course.
« A bord d’un IMOCA, il y a toujours beaucoup de bruit cela fait partie de notre quotidien. Il y a les bruits connus, voire rassurants et ceux qui doivent donner l’’alerte. Je ne mets pas de casque anti-bruit lorsque je navigue pour pouvoir les entendre et les reconnaitre. Sur le long terme lorsqu’il y a un problème ceux-ci peuvent devenir insupportables. » explique Bertrand de Broc
6 octobre 2016- Entrainement en solo au large de Groix, Monocoque 60 pieds IMOCA StMichel-Virbac, skipper Jean-Perre Dick. Y.Zedda/StMichel-Virbac Sailing Team
Jean-Pierre Dick va enfin pouvoir accélérer et remonter au classement. Son option prise il y a plusieurs jours continue de lui coûter cher au classement mais passé le pot-au-noir il peut enfin espérer des vents plus favorables pour revenir.
Ça glisse à bord de StMichel-Virbac lancé à plus de 18 nœuds dans l’alizé. Joint par téléphone ce matin, Jean-Pierre Dick avait une bonne voix malgré l’étude des fichiers météo favorables aux leaders dans la descente jusqu’à la porte des glaces. StMichel-Virbac réduit l’écart sur le neuvième, Jean Le Cam désormais à 25,2 milles de JP au classement de 12h. Quel est ton état d’esprit et ton objectif à court terme ?
« Mon objectif est de faire glisser StMichel-Virbac au maximum pour gagner des places, cela fait toujours du bien au moral ! J’ai pu distancé Thomas Ruyant. Ma prochaine étape est de viser la neuvième place de Jean qui est maintenant à une trentaine de milles devant moi. C’est positif ! »
Quelles sont les conditions à venir ?
« Aujourd’hui la situation est encore une fois idyllique pour Alex Thomson et la tête de flotte avec une dépression qui les emmène jusqu’à la porte des glaces. Ce sont des conditions de record pour l’épreuve ! Pour la deuxième partie de la flotte, nous allons devoir jongler avec les systèmes météo après Rio pour attraper une nouvelle dépression et gérer un troisième passage à niveau. Je m’attends encore à perdre du terrain à terme mais c’est une course de très longue haleine ! »
Tu navigues au large de Recife aujourd’hui, cela te rappelle des souvenirs ?
« J’ai des souvenirs de Transat Jacques Vabre et de Barcelona World Race ici. Le pit-stop avait été un moment fort du projet lors de la Barcelona World Race 2010 avec Loïck Peyron. Cela fait partie des bons souvenirs de la course. »
Classement de 12h
1 – Alex Thompson – Hugo Boss à 20 463,6 milles de l’arrivée
2 – Armel Le Cléac’h – Banque Populaire VIII à 101,1 milles du leader
3 – Sébastien Josse – Edmond de Rothschild à 108,2 milles du leader
9 – Jean Le Cam – Finistère Mer Vent à 629,9 milles du leader
10 – Jean-Pierre Dick- StMichel-Virbac à 655,1 milles du leader
18/11/2016 - Fukuoka (JPN) - 35th America's Cup Bermuda 2017 - Louis Vuitton America's Cup World Series Fukuoka - Practice Day 0
Après le magnifique spectacle de Toulon, c’est Fukuoka qui accueille ce week-end le dernier ACWS. On connaîtra enfin le grand vainqueur de ces neuf Acts qui se sont courus depuis deux ans. Commencera alors la dernière ligne droite pour les six équipes engagées pour se perfectionner sur leur AC50 avant d’entamer la première phase de la compétition : les Qualifiers, où un challenger sera éliminé.
Chaque équipe dispose maintenant de son propre AC45 Test. Un bateau encore en mode laboratoire et qui prendra sa forme définitive fin décembre, comme l’autorise le règlement. Il suffira alors pour chaque équipe de remplacer les coques de son AC45T par celles à la bonne longueur de la jauge de l’AC50. Une opération qui ne devrait prendre que quelques jours.
Les Français et les Kiwis peuvent enfin s’adonner, depuis cet été, à la mise au point de leur AC50. Les Japonais en ont déjà un, et les Américains, les Suédois et les Anglais deux. C’est une course contre la montre pour optimiser le travail du bureau d’études, tester le maximum de configurations possibles et surtout travailler les automatismes à bord. Un travail sur un bateau extrêmement physique où il faut sans arrêt charger les batteries sur deux colonnes de winches.
Les Qualifiers commenceront le 26 mai. D’ici là, les équipes devront se rendre au Japon, à Fukuoka, pour le dernier ACWS. Celui-ci consacrera la meilleure équipe, celle qui aura marqué le plus de points sur les 9 Acts courus entre 2015 et 2016. Les Anglais, en tête du classement général, semblent bien partis. Ils devancent les Américains de 14 points et les Kiwis de 17. Si on en restait là et que les Anglais parviennent à aller jusqu’au match contre le defender Oracle, ce dernier commencerait avec -1 point la confrontation, sachant que le vainqueur est celui qui arrive à marquer 7 points. Un avantage non négligeable pour les Anglais, mais encore faut-il arriver au bout et battre les autres challengers.
En attendant, seules trois équipes sont déjà aux Bermudes : les Américains, les Suédois et les Japonais. Ils s’entraînent régulièrement ensemble. On a vu récemment les Japonais et les Américains faire des démonstrations de foiling tack, histoire de mettre la pression sur les autres challengers. Réussir cette manœuvre est capital pour espérer gagner. Les Américains y étaient parvenus avec beaucoup de difficulté lors de la dernière édition. Le niveau va donc être relevé dès les Qualifiers.
Les Français quant à eux s’installeront aux Bermudes au mois de février. Le temps de disposer de leur AC50, qui mettra un mois pour venir par mer en janvier. « Nous avons décidé de convoyer notre AC50 au mois de janvier. C’est une période où on navigue très peu aux Bermudes. C’est l’hiver là-bas aussi. On va donc naviguer autant que possible en France jusqu’au mois de décembre, pour terminer tous nos développements. On sera à nouveau opérationnels au mois de février, et cette fois-ci aux Bermudes, où nous aurons trois à quatre mois pour finaliser nos entraînements », détaille Bruno Dubois, le team manager de l’équipe.
L’équipe sort autant que possible sur son AC50. Elle navigue à la base navale de Lanvéoc-Poulmic, où elle bénéficie de meilleures conditions de vent et de sécurité pour s’entraîner. De plus, elle peut le faire à l’abri des regards. « On essaie depuis juillet d’installer un rythme dans la semaine. On se donne un jour de congé, un jour de maintenance, et le reste c’est de la navigation dès qu’on peut », explique Bruno Dubois. Le bateau sort dans le même range de vent défini par le protocole, entre 5 et 25 nds. L’équipe disposera fin décembre d’une deuxième aile, actuellement en fin de chantier. Elle a déjà construit deux paires de foils, qu’elle teste sans relâche, et lancé la construction d’une troisième. Les progrès à bord sont sensibles. « Entre le premier jour et aujourd’hui, notre progression se compte en nœuds gagnés. On est sur une courbe de progression très forte. La vitesse de ces AC45T n’a rien à voir avec les AC45, et encore moins les GC32 », s’enthousiasme Franck Cammas.
Le vent s’annonce léger et instable ce week-end. Land Rover a de bonnes chances de gagner comme Oracle ou les kiwis.
L’enjeu est important et le Defender s’est invité à la fête pour troubler la sélection des challengers. Si le Defender termine 2è cela donne un bon avantage au premier challenger qui commencera avec 2 points la compétition des Qualifiers. Mais l’intérêt du Defender sera aussi de parier pour le challenger qui ne pourra pas aller jusqu’au Match. Sinon le Defender aura un point en moins. A l’inverse, si le Defender gagne ce week-end, le Challenger commencera à -1 pour le Match. L’enjeu n’est pas si négligeable finalement.
Sébastien Josse a traversé cette ligne imaginaire, matérialisée par la latitude zéro, après 9 jours 12 heures et 1 minute de mer, cinq heures (4h 59′) dans le sillage du leader Alex Thomson. Ce chrono permet au skipper de Hugo Boss de s’emparer du temps de référence entre les Sables d’Olonne et l’équateur, propriété de Jean Le Cam depuis douze ans, en l’améliorant de 1 jour et 4 heures. Ces chiffres en disent long sur le rythme imprimé par les hommes de tête sur ces premiers 3 500 milles du tour du monde. Au classement de 15h, le dernier-né des Gitana est quatrième à 79,4 milles du tableau arrière du 60 pieds britannique.
Un temps record à l’équateur
« Les chronos tombent et ça ne devrait être que le début ! » assurait Sébastien Josse. Leader de la flotte du Vendée Globe depuis quatre jours, Alex Thomson a logiquement franchi l’équateur en tête hier peu après 20h. Outre les honneurs du classement, le gallois s’offre un joli temps de référence en améliorant de 1 jour et 4 heures le chrono détenu depuis 2004 par le marin français Jean Le Cam. Quatrième solitaire dans son sillage, Sébastien Josse signe également une belle performance en entrant dans l’hémisphère Sud après seulement 9 jours 12 heures et 1 minute de course.
Au delà des temps canons, qui compte tenu des performances des nouveaux IMOCA et du niveau de perfectionnement des dernières générations ne sont en soi pas une très grande surprise, ce qui marque plus c’est bien les faibles écarts entre les cinq premiers. En effet, moins de six heures (5h 47′) séparent Hugo Boss de SMA ; des temps qui illustrent parfaitement la régate au contact que nous offrent les solitaires depuis le 6 novembre, date de départ des Sables d’Olonne. Cette émulation pousse les solitaires à se « mettre dans le rouge » pour exploiter tout le potentiel de leur machine : « je m’attendais exactement à ce rythme sur la descente de l’Atlantique ! Avec le plateau et le potentiel de nos bateaux ce n’est pas une surprise. D’être au contact est sollicitant mais vraiment intéressant, tout le monde se met dans le rouge mais personne ne lâche rien. Le Vendée Globe est une course d’endurance, il faut gérer son effort et savoir où l’on veut mettre le curseur» déclarait le skipper d’Edmond de Rothschild.
Les huit de l’hémisphère Sud
Après le Golfe de Gascogne, la traversée du Pot-au-Noir a constitué le deuxième passage à niveau de ce 8e Vendée Globe. Et à l’entame de ce onzième jour de course, une première hiérarchie est installée.
Sur les vingt-neuf concurrents en course, huit bateaux naviguent ce mercredi après-midi dans l’hémisphère Sud, avec dans l’ordre du classement Hugo Boss, Banque Populaire, PRB, Edmond de Rothschild, SMA, Maître Coq et plus loin Guéguiner Leucémie Espoir. Dans ce groupe d’ouvreurs les cinq premiers se tiennent en moins de 100 milles et ils naviguent cet après-midi bâbord amure, par le travers de l’archipel de Fernando de Noronha, dans un alizé de Sud-Est dont l’intensité varie sensiblement selon la latitude. Selon les dernières prévisions, ce flux devrait prendre du coffre dans les prochaines heures, au fur et à mesure que la flotte gagnera dans le Sud, pour atteindre les 20 nœuds dès la nuit prochaine.
Ce club des « sudistes » est parvenu à créer une rupture avec ses poursuivants. Non loin de l’équateur, Jean Le Cam est 9e et accuse 350 milles de retard.
Que leur réserve Sainte-Hélène ?
L’anticyclone de Sainte-Helène, qui doit son nom à l’île où Napoléon Ier fut envoyé en exil en 1815 et mourut en 1821, fait la pluie et le beau temps dans l’Atlantique Sud. Son positionnement et son étendu décident en effet du sort des marins qui se dirigent vers les mers du Sud.
Les premières prévisions sur la zone semble indiquer un passage plutôt intéressant pour les premiers solitaires du Vendée Globe : « Ce n’est pas encore complètement calé mais pour l’instant l’anticyclone est très Sud et plutôt étalé dans l’Est. Une dépression se forme actuellement à la latitude de Rio et si nous parvenons à nous glisser à l’avant de son front chaud nous pourrions avaler plutôt rapidement l’Atlantique Sud et faire notre entrée dans le Grand Sud d’ici une bonne semaine. Il y a un timing à ne pas louper pour pouvoir bénéficier de cet enchaînement.»
Mais en attendant les mers du Sud et leurs trains de dépressions, le skipper de l’écurie aux cinq flèches profitent de conditions tropicales pour bien glisser vent de travers au large du Brésil : « la chaleur est étouffante à bord, il fait plus de 40° C à l’intérieur du bateau et dehors impossible de rester au soleil sans protection, tu crames ! Mais on ne va pas se plaindre car bientôt ce sera le grand froid.»
Temps des cinq premiers entre les Sables d’Olonne et l’équateur
1. Alex Thomson (Hugo Boss) 9 jours 7 heures 2 minutes
2. Armel Le Cleac’h (Banque Populaire VIII) 9 jours 9 heures et 56 minutes, à 2h 54′ du leader
3. Vincent Riou (PRB) 9 jours 10 heures et 24 minutes, à 3h 22′ du leader
4. Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) 9 jours 12 heures et 1 minute, à 4h 59′ du leader
5. Paul Meilhat (SMA) 9 jours 12 heures et 49 minutes, à 5h 47′ du leader
Jérémie Beyou reste dans la course malgré de sérieux problèmes de pilotes. Il doit impérativement trouver une solution avant les mers du sud. Après 9 jours 16 heures et 49 minutes, Jérémie Beyou a franchi mercredi matin l’équateur au terme d’une descente express de l’Atlantique Nord. Légèrement ralenti depuis le Pot-au-noir par des problèmes de pilotes automatiques, le skipper de Maître CoQ s’accroche au peloton de tête qui file vers le Brésil.
Sorti en moins de 48 heures d’un Pot-au-noir qui n’aura finalement pas trop ralenti la tête de flotte, Jérémie Beyou a franchi mercredi matin l’équateur en sixième position peu avant 5h du matin, heure française, au bout de 9 jours 16 heures et 49 minutes de mer. L’écart le séparant du leader, Alex Thomson, était de moins d’une demi-journée (9h47), preuve que, malgré les problèmes de pilotes automatiques qu’il rencontre depuis quelques jours, le skipper de Maître CoQ est loin d’être décroché de la tête de flotte. Jérémie Beyou, comme les cinq marins l’ayant précédé, est passé sous le temps de référence à l’équateur sur le Vendée Globe, détenu depuis 2004 par Jean Le Cam (10 jours et 11 heures).
Transparent, Jérémie est revenu mercredi en fin de matinée sur ces problèmes de pilotes : « J’ai eu des soucis avec mes deux premiers pilotes quasiment depuis le départ des Sables d’Olonne, ils se sont aggravés durant le passage du Pot-au-noir, me laissant sans pilote. J’utilise maintenant un troisième pilote sommaire qui me permet de passer du temps à essayer des modes de réparation. Le reste du temps est passé à la barre. Toute l’équipe m’aide à essayer de trouver une solution à cette panne d’ordre électronique. »
Ces problèmes ont forcément eu des conséquences sur la bonne marche du bateau : d’abord parce qu’ils ont perturbé sa traversée du Pot-au-noir, ensuite parce qu’ils ont obligé le skipper à passer beaucoup de temps à tenter de déceler la panne au détriment des phases de récupération. Enfin parce que le troisième pilote est moins performant que les deux autres, ce qui oblige Jérémie Beyou à davantage régler le bateau pour l’adapter aux variations du vent et surtout à beaucoup barrer, le skipper étant plus efficace que le troisième pilote.
« Bien que le classement soit pour l’instant compromis, j’essaie de rester en course car les conditions sont clémentes et que nous ne désespérons pas de trouver une solution », ajoute Jérémie, 7ème à 15h. Maître CoQ progresse au large du Brésil dans des alizés forcissant peu à peu.
7 avril 2016, large Belle-Ile, entrainement en solo de Thomas Coville sur le Maxi Trimaran SODEBO ULTIM'
Thomas Coville attaque aujourd’hui le 10ème jour du sprint dans lequel il s’est lancé le 6 novembre dernier pour battre le record du tour du monde à la voile en solitaire qui est de 57 jours 13h et 34 min.
Après un passage de l’Equateur en un temps express et record (5 jours 17h), Sodebo Ultim’ cavale aujourd’hui dans le sud de l’Atlantique Sud et contourne l’anticyclone de Sainte-Hélène pour passer le Cap de Bonne Espérance en fin de semaine.
Avec plus de 25 nœuds en vitesse moyenne depuis Ouessant, Thomas Coville affole les compteurs ! En neuf jours, Sodebo Ultim’ a parcouru plus de 6000 milles (plus de 11 110 kilomètres).
Depuis son départ le 6 novembre dernier, le skipper a tracé une ligne éblouissante et presque parfaite qui va d’Ouessant à la latitude de l’Argentine. Depuis qu’il a passé les Iles du Cap Vert, il a fait beaucoup de changement de voiles pour suivre le vent et continuer à filer à cette allure là mais il n’a pas fait le moindre virement ou empannage. Depuis le 10 novembre, Sodebo Ultim’ avance bâbord amure et à toute allure !
Entre sa position aujourd’hui et le cap de Bonne Espérance qui marque presque l’entrée dans l’Océan Indien, Thomas Coville entre dans une zone particulièrement stratégique de ce tour du monde à la voile. Et le skipper n’a pas d’autre choix que celui de la négociation, une négociation de 48 heures.
A partir de demain matin, jeudi 17 novembre jusqu’au samedi 19, le skipper va devoir enchainer les empannages pour se glisser dans un couloir étroit d’environ 80 milles de large (soit 148 kms de large). Au nord de ce couloir, une cellule anticyclonique où les vents peuvent être variables et faibles, et au sud, une zone de glaces que les routeurs de Thomas ont qualifié de NoGo Zone (cette NoGoZone est située en dessous du 43° Sud). Cette année, les satellites ont en effet repéré des champs de glaces exceptionnellement nord (45°Sud).
La carte postale du mercredi 16 novembre
« Hier j’ai eu un lever de lune incroyable. C’était la quasi pleine-lune, elle était comme un ballon devant mon flotteur bord avec une symétrie parfaite. J’étais sur le filet et pendant quelques minutes j’ai profité de cet instant, le temps s’est arrêté. Aujourd’hui, c’est ciel bleu, la mer est relativement plate. Depuis deux jours, j’avais une houle de face qui s’est heureusement atténuée. Je suis sous grand-voile haute. Ça déboule de nouveau à 28 nœuds alors que j’ai fait une petite nuit à 22-23 nœuds. Ça glisse bien, c’est super grisant. »
La routine du matin
« J’essaie de prendre un petit déjeuner au lever du jour. Il me reste quelques fruits frais à mettre dans les mueslis, je me fais un thé. Les jours précédents, je pouvais être en terrasse mais ça s’est nettement rafraichi. Avant hier, c’était short et tee-shirt et après chaque manœuvre, j’étais en sueur. La nuit dernière était bien fraîche. J’ai commencé à remettre le bonnet et le ciré. Depuis les Canaries, je n’avais pas besoin d’être très couvert, l’eau était chaude. Hier, c’était la vraie transition. A 40 degrés sud, c’est la rupture ! Aujourd’hui, je mets 5-10 min à m’équiper mais bientôt ça va prendre plus de temps. »
Vitesses
« 27-28 nœuds, on s’y habitue vite à l’image des personnes qui ont des grosses voitures. Quand il y a plus de mer, ça peut vite devenir impressionnant. Je n’accepte pas de descendre en dessous de 20 nœuds, 25 nœuds c’est acceptable. On fait des bonnes pointes de vitesse mais il faut faire attention au matériel et à ne pas se laisser trop prendre au jeu. Depuis le début, globalement on a du vent régulier. Pour aller à 28-30 nœuds, il faut un vent de 15-22 nœuds. C’est la réussite pour aller vite avec ces engins-là ! »
L’approche des glaces
« Toute à l’heure au radar, j’ai croisé un brise-glace. Ça donne le ton de ce qui se trouve au Sud ! Hier également, j’ai eu une alerte radar d’un super tanker. Depuis le départ, on sait que les glaces sont assez nord. Il y a un énorme amas de glaces de plusieurs dizaines de kilomètres qui s’est disloqué et forme des growlers. C’est à la fois magique et angoissant. Tout l’enjeu, c’est la tenaille entre la zone de non vent située au nord et provoquée par l’anticyclone de Sainte-Hélène et au sud la zone de glaces. Il faut que je me faufile dans ce couloir ce qui va nécessiter de faire beaucoup de manœuvres et d’empannages à priori toutes les heures et demi. Soit environ quarante empannages dans cette zone. On ne va pas jouer au samouraï, je n’irai pas dans la zone de glace. Si l’anticyclone remonte un peu dans le nord, cela me permettra de me dégager plus vite. »
Etat d’esprit
« Une transat, c’est 7-8 jours, là je vais en faire encore 8 d’affilée. C’est un peu l’ultra-trail. J’ai bien géré le matériel depuis le départ. Le joli temps de référence à l’Equateur m’a mis en confiance. On va surement perdre un peu de temps avec Sainte-Hélène, mais ça s’équilibre avec tout de même une très bonne vitesse sur la trajectoire de Sodebo Ultim’. Je suis plutôt confiant pour la suite. »
Sailing aerial images of the IMOCA boat Hugo Boss, skipper Alex Thomson (GBR), during training solo for the Vendee Globe 2016, off England, on September 16, 2016 - Photo Cleo Barnham / Hugo Boss / Vendée Globe
Images aériennes de Hugo Boss, skipper Alex Thomson (GBR), lors d'une sortie d'entrainement en solo au large de l'Angleterre, le 16 Septembre 2016 - Photo Cleo Barnham / Hugo Boss / Vendée Globe
Le skipper anglais Alex Thomson à bord de HUGO BOSS vient de battre un record sur le Vendée Globe ce soir. Alors qu’il mène la flotte depuis samedi soir, Alex vient de devenir le premier skipper étranger à atteindre l’Equateur en un temps record dans l’histoire de la course. Il a franchi le plus grand parallèle de la Terre après seulement 9 jours, 7 heures et 3 minutes de course – à 19:05 UTC – et se dirige maintenant vers l’Atlantique Sud.
Le record de l’Equateur était détenu jusqu’à présent par Jean Le Cam, également engagé dans cette édition, qui avait atteint le premier ce point stratégique du Vendée Globe en 2004 en seulement 10 jours et 11 heures.
Le Vendée Globe est la seule course de voile autour du monde en solitaire sans escale et sans assistance. La course a lieu tous les quatre ans et a, par le passé, largement été dominée par les Français. 29 Imocas étaient au départ de cette édition. La course est réputée pour être la dernière véritable grande aventure humaine de l’histoire. Seulement 71 sur les 138 partants depuis la création de la course, en 1989, ont réussi à la terminer et trois y ont laissé leurs vies.
Alex Thomson est déterminé à être le premier skipper britannique à gagner le Vendée Globe. C’est une course qui pourrait prendre jusqu’à 80 jours. Alex est clairement le favori à l’heure actuelle avec plus de 56 milles d’avance sur Armel Le Cléac’h à bord de Banque Populaire VIII.
Initiatives-Coeur a en effet subi une sérieuse avarie : la tête de mât s’est arrachée. Tanguy va étudier les possibilités de réparation et continuer la course en sécurité. Il devrait débuter le chantier. Sur la longue job-list qui l’attend, il n’a déjà plus à récupérer le code zéro (ndlr: qui s’était enroulé autour de la quille suite à l’incident). La quille désormais libérée, la voile repêchée, c’est une première victoire pour Tanguy.
Ca y est Jeff Pellet est parti ce dimanche sur son bateau ComInVendée pour un Tour du Monde sans escale et vraiment sans assistance. L’aventure commence pour lui bien qu’elle ait débuté il y a maintenant 3 ans pour monter son projet. On sait à quel point c’est dur de monter un projet Vendée Globe. Jeff aura sillonné sans relâche la Vendée à moto et rassemblé plus de 400 partenaires pour pouvoir partir. Il a même vendu sa maison pour acheter son bateau. Depuis le début de l’opération grâce à ses partenaires, il a récolté un budget de 280K€ pour un budget initial de 460K€. Il restera le remboursement du prêt obtenu pour le bateau.
Une course de fond où il a tout donné pour être au départ de la course mythique dont il rêve depuis longtemps. Il nous en parlait il y a 14 ans lorsque nous l’avions connu à Valence sur la Coupe de l’America. Mais finalement on lui a claqué la porte au nez pour des questions de règlement.
Nous l’avions rencontré au Grand Pavois il y a un an, revu après la 1ere Conférence de presse du Vendée Globe et eu au téléphone après la publication d’un Avenant sur la course limitant les places à 27. Cela s’est joué à pas grand chose et c’est avec une certaine amertume contre l’organisation du Vendée Globe qu’il est parti ce dimanche.
“Cela fait 20 ans que je pense à cette course, et si proche du but, se voir refuser l’accès au départ de cette manière me laissera forcément des séquelles. D’abord il y a eu de l’incompréhension, de la colère et puis beaucoup d’amertume sentiment qui ne me quitte toujours pas aujourd’hui. Mais maintenant je suis en mode préparation pour ce tour du monde, j’essaie de laisser de côté au maximum les choses négatives pour avancer au mieux. Mon esprit de compétiteur m’aide énormément, et les témoignages de soutien qui nous viennent de tous horizons renforcent ma volonté d’aller jusqu’au bout de l’aventure. Notre victoire à tous aujourd’hui sera de boucler notre tour du monde, alors je fonce dans ce sens là plus déterminé que jamais!”
De nombreuses personnalités lui ont apporté leur soutien à commencer par le plus symbolique Philippe Jeantot, le navigateur et créateur du Vendée Globe qui est devenu le parrain officiel du bateau : “..”Fais toi plaisir, soit en communion avec ton bateau et ramènes le aux Sables”…” lui a t-il lancé avent de partir.