7 avril 2016, large Belle-Ile, entrainement en solo de Thomas Coville sur le Maxi Trimaran SODEBO ULTIM'
Thomas Coville augmente encore son avance (+619 milles) et aligne 29 nds de moyenne au compteur dont des pointes à 35 nds. Une énorme performance pour le marin en solitaire qui avance à un train d’enfer comme un funambule le long de l’Antartique poussée par une grande houle. Au prix de manœuvres de régatier, il est parvenu à se placer en avant d’une de ces dépressions qui tournent comme des satellites autour du bas de la Terre. Et, grâce à ses performances ébouriffantes, il glisse devant le tourbillon, comme un surfeur de vagues géantes devant la crête écumante.
Vingt jours que Sodebo Ultim’ a doublé Ouessant. Dix jours que le solitaire griffe les Quarantièmes et les Cinquantièmes. A un train d’enfer, comme un champion de Formule 1 inscrit par erreur dans un rallye Dakar. 30 nœuds en voilier ? Le vacarme, le vent en pleine figure, les chocs, tout dans ce shaker fait l’effet de rouler à 300 km/h en roadster sans pare-brise. Sur une piste pleine de trous et de bosses.
La mer est à 4 degrés Celsius, l’air guère plus chaud. Nos vieilles ennemies les glaces se tiennent en embuscade, quelque part là-bas à droite, là où le ciel est blanc. Sodebo Ultim’ traverse les confins de l’Indien comme un boulet de canon. Le Grand Robert définit la vitesse comme « le fait de parcourir ou d’être capable de parcourir un grand espace en peu de temps. » L’évidence est là : Thomas Coville en est capable.
Petite nuit blanche. Le pot au noir est très actif. Il s’est développé à notre arrivée. Je crains que cela ne soit pas fini. Il y a eu un moment très chaud avec le vent qui a forcé d’un coup. On n’était pas très fier. On a toujours le maximum de toile donc parfois on se retrouve surtoilé. Surtout cette année où on a une performance du bateau qui est meilleure. Le bateau a beaucoup progressé.
Le safran a été profilé. C’est une aventure maritime de rentrer dans ce pot au noir. Notre système de quart fonctionne très bien. C’est étrange de se retrouver dans exactement le même système comme l’année dernière. C’est un peu surréaliste.
Alors que Morgan Lagravière est arrivé à Cap Town ce samedi matin accueilli par l’équipe de PRB qui attend Vincent dimanche, Armel Le Cleac’h régate de nouveau au contact avec Alex Thomson à qui il a réussi à reprendre 117 milles en 3 jours. Les deux leaders sont largement devant le reste de la flotte qui n’aura jamais été aussi étirée sur un Vendée.
Alex Thomson qui a annoncé avoir cassé un de ses foils il y a quelques jours ne semble pas très handicapé en vitesse pour le moment. Le britannique a précisé qu’il essaiera de couper le bout de son foil qui traîne dans l’eau et qui ne remplit plus son rôle. Après le mastwalk, Alex nous annonce le foilwalk!
Les prochains jours s’annoncent à nouveau corsés pour les leaders. C’est donc un court moment de répit que les deux leaders peuvent mettre à profit pour recharger un peu les batteries, faire un rapide check up du bateau à une allure moyenne ces dernières 24h à 12-13 nds.
Si on a les yeux rivés sur la tête de la flotte, on regarde souvent le match à trois entre Thomas Ruyant (Le Soufle du Nord); Jean Le Cam et JeanPierre Dick. Ces trois-là naviguent à un bon rytme et se livrent à une très belle régate.
Ces dernières 24 heures entreront dans les annales de la jeune carrière de Thomas Ruyant. Le skipper du voilier « Le Souffle du Nord pour Le Projet Imagine », en course sur son premier Vendée Globe, n’a jamais été aussi au Sud en bateau et est le marin le plus rapide de la flotte avec 447,5 milles engloutis en une journée.
Naviguant toujours en avant d’un front, le vainqueur de la Transat 6.50 2009 et de la Route du Rhum 2010, enfant de la cité du fameux corsaire Jean Bart, a allongé largement la foulée ces derniers temps. Auteur d’une nuit de navigation d’anthologie, Thomas a chipé la huitième position à Jean Le Cam et revient, peu à peu, sur Jean-Pierre Dick et son 60 pieds à foils. En approche du cap de Bonne-Espérance qu’il devrait atteindre dimanche dans la nuit ou lundi matin, le nordiste n’a jamais été aussi en phase avec son bateau et les éléments depuis le départ du Vendée Globe et semble particulièrement heureux en mer même si l’exercice reste extrêmement difficile notamment sur le pont du Souffle du Nord où les changements de voiles sont nombreux.
Thomas Ruyant à la vacation officielle ce matin :
« Je suis dans une petite molle, mais ça va tout de même très vite : je suis placé juste comme il faut devant la dépression qui nous accompagne, et c’est relativement facile. Mais il ne faut pas traîner sur le chemin pour avancer aussi vite qu’elle et la conserver le plus longtemps possible. Le front est à environ 50 milles derrière et il va à peu près à la même vitesse que nous. Depuis 48h, toute la garde robe y est passée : actuellement, je suis avec des ris dans la grand-voile et le J-2 (petit génois) avec 25-30 nœuds de Nord-Nord Ouest et quelques rafales de temps en temps. Normalement, nous allons garder ce flux encore au moins une journée avant la rotation à l’Ouest. C’est vraiment agréable d’exploiter comme cela le potentiel du bateau parce qu’il n’y a pas une mer désordonnée, mais au contraire elle est assez bien rangée et donne de sacrées accélérations par moment : c’est grisant, parfois flippant… Ça fait du bien ! On monte jusqu’à 25-27 nœuds dans les surfs avec 20 nœuds de moyenne.
Il fait bien noir cette nuit et le ciel était assez chargé au coucher du soleil : on devrait avoir de la pluie dans la journée. Je suis sur le 32°S mais il ne fait pas encore trop froid : il faut mettre une petite polaire la nuit et c’est plutôt humide dehors. Quand ça a accéléré au début, j’ai passé pas mal de temps sur le pont pour valider la toile et régler les voiles, mais maintenant j’ai passé le temps d’adaptation et je peux dormir tranquille, je mange bien. C’est le point le plus Sud de toute ma vie ! Et ça ne va pas s’arranger… C’est bien d’avoir des voisins, de naviguer en trio : cela donne des références et j’ai vu que je suis revenu un peu sur Jean-Pierre (Dick) et Jean (Le Cam). Cela permet de bien se motiver pour limiter l’écart avec la tête de la flotte. »
Francis Joyon et ses 5 hommes d’équipage ont bataillé cette nuit au coeur de la Zone de Convergence Intertropicale, aussi appelée Pot au Noir. Ils sont parvenus à rejoindre à l’aube des zones de vent de secteur sud -annonciateur des alizés de l’Atlantique Sud- non sans s’être affranchis d’un « péage » matérialisé par 3 heures d’arrêt quasi complet, prix à payer pour s’ouvrir la route vers l’Equateur encore distant ce matin de près de 260 milles. Réduit en milieu de nuit à 96 milles, le retard sur le tenant du Trophée Jules Verne (Banque Populaire V) est reparti à la hausse. Il atteint les 140 milles alors que le maxi-trimaran IDEC SPORT progresse de nouveau, au près cette fois, vers l’hémisphère sud. Francis Joyon, Bernard Stamm, Boris Herrmann, Gwénolé Gahinet, Clément Surtel et Alex Pella ne s’attendent pas à un Atlantique sud de tout repos. L’anticyclone de Sainte-Hélène est en passe de reconstruction sur leur route et les alizés ne se montrent pour l’heure guère tonique. Un déficit au passage du Cap de Bonne Espérance est d’ores et déjà acté par Francis et ses hommes qui savent en revanche qu’il y aura dans le Grand Sud, matière à se refaire et à demeurer dans le match pour la conquête de ce trophée ultime.
150416- Entrainement en solo au large Lorient pour le monocoque 60 pieds IMOCA Banque Populaire VIII, Skipper, Armel Le Cléac'h.
Il n’est plus qu’à 8 milles d’Hugo Boss. Armel Le Cléac’h se livre à formidable match avec Alex Thomson. Dans la nuit de jeudi à vendredi, Armel Le Cléac’h a franchi le mythique Cap de Bonne-Espérance, après 18 jours, 3 heures et 30 minutes de course. Toujours deuxième au classement de 15h, le skipper Saint-Politain continue de naviguer à vive allure et de réduire son écart à 29,32 milles d’Alex Thomson (Hugo Boss). D’ici quelques heures, le vent devrait mollir permettant au marin de baisser le rythme et de faire un check-up complet du Mono Banque Populaire VIII. Cette zone de transition sera de courte durée, une nouvelle dépression est attendue pour ce week-end. Nous avons contacté Armel pour qu’il nous livre son état d’esprit.
Quelles sont tes conditions actuelles ?
C’est vraiment sportif depuis plusieurs jours, nous n’avons pas eu de répit pour l’instant. Je pensais que le vent allait mollir mais il est toujours soutenu. Il y a encore de l’air assez fort, 25-30 nœuds avec une mer agitée, je n’ai pas pu dormir beaucoup cette nuit. Comme les courants sont forts au sud de l’Afrique du Sud, un peu comme le « Gulf Stream » dans l’Atlantique Nord, la mer est cassante et va dans tous les sens. J’attends de trouver le moment où le vent va mollir pour pouvoir faire un check-up à l’extérieur. Je commence déjà à ranger l’intérieur tranquillement et dès que les conditions seront plus stables, dans l’après-midi ou demain, je vais pouvoir aller sur le pont, ce que je n’ai pas pu faire depuis un petit moment, c’était trop humide.
Premier point de repère, le cap de Bonne-Espérance, es-tu content de ton temps de passage ?
La météo nous a été favorable depuis le début de la course, je ne pouvais pas rêver mieux pour aller aussi vite. A part dans le Pot au Noir, il n’y a pas eu une seule journée où je me suis arrêté. On a toujours été rapide, avec du vent et sans s’écarter de trop de la route optimum. C’est sûr aussi qu’avec nos bateaux, on a progressé, notamment dans ces allures là où on va vite. Avec les foils, on arrive à gagner des milles et des milles à chaque fois. Et cela donne un temps canon de référence, tant mieux, ça va dans le bon sens mais il va falloir tenir. On sait que le Vendée est long, si j’arrive à gagner 2 à 4 jours par ci, par là, c’est bien, peut-être que l’on en perdra plus tard, on ne le sait pas.
Quel est ton programme sur les prochains jours ?
Les conditions devraient être plus clémentes demain avant de retrouver à nouveau une dépression qui va nous emmener jusqu’aux îles Kerguelen. Je vais profiter de cette transition pour faire le tour du bateau avant de repartir pour un petit tour de manège (une nouvelle dépression est attendue dans le week-end). Ca va être bien d’avoir quelques heures de break pour aller sur le pont sans se faire rincer complètement. Ensuite, retour des trombes d’eau, là il va falloir bien gérer le choix de voile. Normalement, si tout va bien, on devrait être au passage des Kerguelen mercredi dans la journée.
Raconte-nous, comment ça se passe dans les Quarantièmes Rugissants ?
J’arrive à peu près à me reposer, à bien manger, je trouve mon rythme dans les mers du Sud et mes repères d’il y a 4 ans. Il ne fait pas encore très froid, c’est gris, on a eu hier soir, un petit bout de ciel bleu avant que le soleil se couche mais ça n’a pas duré longtemps ! Le ciel était étoilé mais maintenant c’est de nouveau bien couvert. L’océan indien, ce n’est pas le passage le plus facile, c’est un enchainement de dépressions qui sont nerveuses avec une mer souvent désorganisée, ce n’est pas pratique pour les bateaux. Pour comparer, dans le Pacifique, il y a une longue houle avec des conditions favorables pour surfer, ici c’est haché. Plus vite on le traverse mieux on se porte. Il y a un peu de monde ici, j’ai vu les premiers Albatros hier soir, ce matin il y avait d’autres oiseaux, ils font route avec nous. J’ai aussi vu des baleines, heureusement elles ne s’approchent pas trop du bateau (rires). Dans les courants actuels, je pense qu’il doit y avoir des zones d’eaux chaudes avec de nombreux poissons, ça change des cargos !
As-tu eu des petites bricoles à bord ?
J’attends de faire un tour complet mais pour l’instant, il y a juste eu quelques petites usures liées à des frottements, rien d’important. Il va falloir faire un peu de couture et d’entretien avant que ça s’abîme.
Et as-tu pu suivre les problèmes de tes camarades ?
Je suis de loin les péripéties de chacun, j’ai appris hier l’abandon de Morgan (Lagravière), c’est toujours difficile d’apprendre ça. Je suis triste pour lui, il a fait une belle course depuis le début. Pour ceux qui ont tapé, difficile de savoir d’où cela provient, peut-être un poisson, un détritus mais c’est tellement humide que l’on ne peut pas faire de constat, on ne voit pas grand-chose sur le pont.
CLASSEMENT DE 15H :
1) Alex Thomson – HUGO BOSS à 1 780 milles de l’arrivée.
2) Armel Le Cléac’h – BANQUE POPULAIRE à 29,32 milles du leader.
3) Sébastien Josse – EDMOND DE ROTHSCHILD à 278 milles du leader.
4) Paul Meilhat – SMA à 922 milles du leader.
5) Jérémie Beyou – MAITRE COQ à 970 milles du leader.
Halvard Mabire et Miranda Merron sont fin prêts à s’élancer ce samedi 26 novembre à 13 heures française, depuis Lanzarote aux Canaries, en direction de Port Louis, sur l’île de la Grenade, dans le cadre de la troisième édition de la RORC Transatlantic race. Le célèbre Royal Ocean Racing Club, auquel appartient Miranda, est en effet l’instigateur de cette course ouverte aux monocoques et aux multicoques, et longue de 2 865 milles. Campagne de France va profiter de cette très jolie épreuve pour poursuivre sa mise au point et son optimisation. C’est dans un état d’esprit concentré, studieux et entièrement tourné vers la performance qu’Halvard et Miranda entament cette saison hivernale qui les verra disputer d’autres courses classiques aux Antilles, avant une nouvelle transat retour vers l’Europe à la fin de l’hiver.
« L ‘avitaillement est fait, et Halvard a plongé pour caréner le bateau aujourd’hui ». Miranda Merron s’affaire aujourd’hui aux derniers détails d’avant transat. Si cette RORC Transatlantic race ne revêt pas (encore) le prestige des grandes courses classiques françaises, elle n’en demeure pas moins une transat à part entière, que des marins aussi chevronnés qu’Halvard et Miranda prennent très au sérieux. De nombreux grosse unités monocoques, maxis et multicoques sont au départ, au premier rang desquels les Protos Maverick et Leopard. Campagne de France disposera en Class40 d’un redoutable adversaire en la personne de Catherine Pourre et son Mach 40 Earendil, l’un des tout meilleur de la flotte.
La météo s’annonce d’emblée très compliquée, avec un alizé pratiquement inexistant, et des allures de près dans du vent fort durant au moins les 3 ou 4 premiers jours. Halvard et Miranda ont choisi de ne partir qu’à deux équipiers. « Ce sera un bel entraînement en vue de la Transat Jacques Vabre 2017 » explique Halvard. « Nous sommes le seul bateau à partir ainsi en double sur cette RORC transatlantique race. Nous espérons arriver à la Grenade sous 12 à 14 jours. »
Crée en 2012, Le Championnat de France Course au Large en Solitaire – Mini 6,50 est basé sur les trois événements en solitaire historiques de la Saison Mini : La Pornichet Sélect en avril, le Trophée Marie-Agnès Péron en juin et les Sables – Les Açores – Les Sables en Août.
Côté prototypes, Ian LIPINSKi, vainqueur de la dernière Mini-Transat en série (GRIFFON. FR – FRA 865) a très bien géré son passage en prototype et a dominé le Championnat comme les courses de la saison du bassin Atlantique, à bord de son plan Raison de 2014.
Côté Série, le Championnat s’est joué sur la dernière épreuve. Tanguy BOUROULLEC (KERHIS-France – FRA 909), après une 4ème place à la Pornichet Sélect et une 10ème place au Trophée Marie-Agnès Péron s’adjuge donc le championnat dès sa première saison en mini, en remportant la course phare de la saison « Les Sables – Les Açores – Les Sables » sur son Pogo 3 de 2016.
Outre les français qui sont majoritaires, le podium est complété en prototype par Jaanus TAMME (ROPEYE – EST 787), et Alberto BONA (PROMO STUDI LA SPEZIA – ITA 756), en série Jonas GERCKENS (VOLVO – BEL 882) prend la deuxième place, suivi de Valentin GAUTIER (SHAMAN – SUI 903). La Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Irlande, l’Allemagne, les Pays Bas, Tahiti et la Croatie sont également présents dans le classement.
La cérémonie de remise des prix du Championnat de France Course au Large en Solitaire – Mini 6,50 aura lieu le 3 décembre à 17 heures au Nautic de Paris (Hall1—Stand G1).
Classement général Prototypes 1 ‐ Ian LIPINSKI (FRA) 2 ‐ Jaanus TAMME (EST) 3 ‐ Alberto BONA (ITA) 4 ‐ Antoine CORNIC (FRA) 5 ‐ Maxime SALLE (FRA) 6 ‐ Nick JOYCE (GBR) 7 ‐ Gaultier ENGUEHARD (FRA) 8 ‐ Charlotte MERY (FRA) 9 ‐ Robin SALMON (FRA) 10 ‐ Pablo TORRES (ESP)
Classement général Bateaux de séries 1 ‐ Tanguy BOUROULLEC (FRA) 2 ‐ Jonas GERCKENS (BEL) 3 ‐ Valentin GAUTIER (SUI) 4 ‐ Pierre CHEDEVILLE (FRA) 5 ‐ Erwan LE DRAOULEC (FRA) 6 ‐ Henri PATOU (FRA) 7 ‐ Thomas DOLAN (IRL) 8 ‐ Aurélien POISSON (FRA) 9 ‐ Henri LEMENICIER (FRA) 10 ‐ Steven ROUXEL (FRA)