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Yann Eliès à la bagarre avec Le Cam jusqu’au bout

Photo sent from the boat Queguiner - Leucemie Espoir, on January 5th, 2017 - Photo Yann Elies Photo envoyée depuis le bateau Queguiner - Leucemie Espoir le 5 Janvier 2017 - Photo Yann Elies Bientot les Alizés

Si le match entre Armel Le Cleac’h (Banque Populaire) et Alex Thomson (Hugo Boss) a repris des couleurs et promet un finish passionnant, celui entre Yann Eliès et Jean Le Cam n’en est pas moins aussi passionnant avec Jean-Pierre Dick comme lièvre. Jean Le Cam est impressionnant. C’est toute son expérience qui parle mais Yann Eliès a lui aussi des atouts importants.

Ce lundi, Yann Eliès poursuit sa route au large du Brésil, poussé par un alizé plutôt mou et toujours à la lutte avec Jean Le Cam. De fait, depuis plusieurs jours déjà les deux hommes ne se « dé-scotchent » pas et le jeu du marquage bat son plein. Le skipper de Quéguiner – Leucémie Espoir, joint en fin de matinée par téléphone, fait le point sur la situation.
Comment ça se passe aujourd’hui à bord de Quéguiner – Leucémie Espoir ?
« Ca va, même si j’évolue dans des conditions qui ne sont pas idéales. J’aimerais bien avoir un alizé un peu plus stable et avancer un peu plus tranquillement. Je ne vais toutefois pas me plaindre : il fait bon et la nuit il a encore des périodes de relative fraicheur, ce qui permet de bien récupérer. Par ailleurs, je suis toujours à la bagarre avec Jean (Le Cam). Hier, je pense que je n’avais pas la bonne voile mais j’ai changé dans la soirée et je pense que ça va un peu mieux. On se bat tous les deux à quelques milles près. De temps en temps, je le vois à l’AIS. Quoi qu’il en soit, le point positif c’est que cela nous fait faire des milles pas trop durs vers l’arrivée. »

Depuis trois jours, c’est très mou. Vous attendiez-vous à ça ?

« Je savais que ça allait être comme ça, avec un alizé un peu poussif. Je regrette un peu de m’être fait embarqué légèrement trop dans l’Est par Jean. Je pense que si j’avais été tout seul, j’aurais eu une trajectoire un peu plus à l’ouest et peut-être alors que j’aurais bénéficié d’un alizé un peu plus soutenu car Jean-Pierre (Dick) a l’air d’avoir un peu plus de pression que nous. Le truc c’est que je ne suis pas tout seul sur le plan d’eau et que j’ai vraiment envie de finir devant Jean. »

Le jeu du marquage est grand ouvert…
« Oui, surtout que lui et moi avons des bateaux assez proches en termes de performances. C’est sûr qu’il faut s’attendre à ce que ce soit comme ça jusqu’au bout. »

Le Pot-au-Noir se confirme-t-il relativement facile pour vous ?
« J’avoue que je n’ai encore trop regardé en détails car c’est encore dans cinq jours. Néanmoins, ça a effectivement l’air de s’annoncer plus simple que pour les premiers. Après, est-ce qu’on va vraiment passer dedans comme une lettre à la poste, c’est difficile à dire, même si on rêve toujours de ça. Jusqu’à présent, de toutes les traversées que j’ai faites dans cette zone, ça ne m’est arrivé qu’une fois de passer sans écueils. On verra. »

D’ici là, que va-t-il se passer ?
« J’espère que d’ici à 24 heures, on va rentrer dans un alizé un peu plus stable. Pour l’heure, il faut se rendre compte qu’on est à peine un peu plus nord que Rio de Janeiro et que les vrais alizés sont plus nord que ça. C’est donc normal qu’on galère un peu en ce moment. Normalement, plus on va monter au nord et plus ça va devenir stable. J’espère que ça va arriver rapidement, comme ça on pourra pleinement se concentrer sur la porte d’entrée dans le Pot. »

Avec Jean Le Cam à coté, est-ce difficile de trouver son propre rythme ?
« C’est vrai que pas évident et qu’il faut penser à dormir sans trop perdre de terrain. L’objectif, c’est de finir devant lui, mais c’est aussi de finir la course quoi qu’il arrive car l’important reste quand même se prendre soin de soi et du bateau. J’ai évidemment du mal à me détacher de mon duel avec Jean mais j’essaie de ne pas trop déculpabiliser quand je vais dormir. Finir dans le Top 5, c’est une barrière importante. C’est tout con, mais sur la page d’accueil du Vendée Globe, il n’y a que les cinq premiers qui apparaissent. De plus, terminer premier bateau sans foils, ce serait bien aussi. »

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IDEC à fond vers le Cap Horn +990mn

First aerial images of IDEC SPORT maxi trimaran, skipper Francis Joyon and his crew, training off Belle-Ile, Brittany, on october 19, 2015 - Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

28,4 nds de moyenne sur les dernières 24h. C’est bien reparti pour Idec qui accentue à nouveau son avance, passant de 800 à 990 mn. Un empannage et ça repart à pleine vitesse ! Après une journée de net ralentissement, IDEC SPORT a réussi à attraper en bordure nord d’une dépression australe des vents plus favorables pour allonger la foulée en direction du cap Horn. La barre des 10 000 milles restant à parcourir jusqu’à l’arrivée a été franchie dans la nuit, Francis Joyon et son équipée sauvage ont renoué avec les hautes vitesses et augmentent la cadence sur les eaux du Pacifique Sud qui tiennent leurs promesses.

Du vent de nord-ouest soufflant jusqu’à 40 nœuds dans les rafales sur des vagues moins scélérates, touts les ingrédients sont réunis pour de nouveau faire le bonheur du grand trimaran rouge et gris qui a retrouvé, bâbord amures, l’angle de progression qui lui sied si bien. « On vient d’empanner. La mer est encore un petit peu confuse, mais ça marche bien. Le bateau avance à 30-35 nœuds sans trop forcer. La mer va s’améliorer au fil du temps », raconte Francis Joyon à l’aube de ce week-end qui démarre fort, à 2 700 milles environ du cap Horn.

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“La navigation la plus dingue que j’ai vécue” Gwénolé Gahinet

First aerial images of IDEC SPORT maxi trimaran, skipper Francis Joyon and his crew, training off Belle-Ile, Brittany, on october 19, 2015 - Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Après une traversée express de l’océan Indien – « le run le plus violent et le plus magnifique de ma vie de marin », selon Sébastien Audigane ; « de loin la navigation la plus dingue que j’ai vécue, à la limite des icebergs, à la limite du bateau, à la limite de l’équipage » dixit Gwénolé Gahinet – l’aventure du Trophée Jules Verne continue de plus belle pour l’équipage d’IDEC SPORT. Sur les eaux lointaines et désertiques du grand Pacifique Sud, une bataille beaucoup plus stratégique commence pour Francis Joyon et ses hommes, au rythme des systèmes météo qui doivent se succéder sur leur route. De quoi augurer une semaine de course contre chronomètre qui redouble d’intensité en direction du cap Horn, alors que les compteurs affichent toujours une avance sur le record de plus de 820 milles.

D’une dépression à une autre, les jours se suivent et ne se ressemblent pas à bord d’IDEC SPORT qui a négocié ces 24 heures une petite zone de transition, offrant des conditions plus clémentes bienvenues pour sécher les cirés et revigorer un peu les esprits. S’ils ont cédé quelques milles dans leur remontée au nord et n’ont pas dû ménager leur peine pour parvenir à toucher des nouveaux vents frais, cette journée de répit temporaire reste un moment que les six navigateurs du bord ont apprécié à sa juste valeur. Une pause bienvenue leur permettant de réparer quelques bricoles à bord et de reprendre des forces en prévision d’une trajectoire qui redescend déjà dans la rugosité des latitudes plus extrêmes du Grand Sud.

La diagonale du Sud
« C’est agréable d’avoir le bateau un peu plus au sec, sans des centaines de litres d’eau qui nous tombent dessus chaque seconde ; de retrouver un peu de soleil, des albatros, une belle lumière »,reconnaît volontiers Francis Joyon, qui se félicite ce matin d’être parvenu – au prix d’une dizaine d’empannages – à attraper « les cheveux de la dépression », qui les précédaient encore la nuit dernière.

Et le skipper d’IDEC SPORT, confiant pour la suite des évènements sur les eaux froides baignant l’Antarctique, d’ajouter : « la situation est moins simple que dans l’océan Indien qui a été assez sauvage avec des distances parcourues sidérantes. On a à présent devant nous un Pacifique assez dynamique. C’est plutôt favorable. Espérons qu’il soit à la hauteur de son nom et qu’il nous apporte du bon vent. Là, on pique en diagonale vers le Sud. On va se retrouver rapidement vers 57° Sud… »

« À fond jusqu’au Horn !»
Une dépression qu’il faut traverser, un anticyclone qui barre la route en dessous duquel il faudra se faufiler en limite des glaces, la quatrième semaine de course, qui débute aujourd’hui depuis le départ de Brest pour Francis Joyon, Alex Pella, Bernard Stamm, Sébastien Audigane, Gwénolé Gahinet et Clément Surtel, promet son lot de surprises et de rebondissements dans un environnement hostile.

Mais tous sont prêts et déjà parés à attaquer pour garder le tempo de cette navigation extrême menée à un train d’enfer, comme l’explique ce dernier : « On est parti pour se faire un joli Pacifique. On se prépare psychologiquement de nouveau à avoir froid, à enfiler les gants, les doubles bonnets, et tout le reste. On a de l’avance. À nous de jouer maintenant pour attraper les systèmes au bon moment, tirer sur le bateau quand il le faut et le préserver dès qu’on en a la possibilité. Quoi qu’il en soit, on restera à fond jusqu’au Horn ! » Des propos que ne contredit évidemment pas Bernard Stamm, qui reste encore étonné par la capacité d’IDEC SPORT à allonger la foulée et à « rétrécir la planète »…

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48 heures décisives pour Armel Le Cleac’h

@ Yvan Zedda / Banque Populaire

Armel Le Cleac’h est entré dans le Pot au Noir qui semble très actif et Alex Thomson a ralenti aussi fortement. Cette Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) va accompagner les leaders vers le Nord retardant la remontée de l’Atlantique. Un week-end à haut risque déterminant pour la suite.

Les systèmes météo classiques sont complètement bouleversés ne facilitant pas la tâche au skipper de Banque Populaire qui, depuis le passage du rocher, doit se creuser les méninges. Joint par son équipe à terre, Armel préfère prendre les choses avec philosophie et progresser étape par étape pour arriver à bon port aux Sables d’Olonne. Entretien dans l’après-midi, entre deux grains.

Quelles sont tes conditions actuelles ?
Ca va mieux, le soleil revient un peu devant après une nuit orageuse. C’est le début du Pot au Noir, un premier jet un peu « bordélique ». J’espère qu’il y aura plus de vent que sur les fichiers pour le franchir. La matinée a été très agitée, du vent dans tous les sens, des orages, une grosse pluie non stop, là c’est un peu plus stable devant, je vais pouvoir me reposer un petit peu et faire sécher les cirés. Je suis à peu près à 100 milles de l’Equateur, je vais y être dans la soirée si tout va bien. La bouteille de champagne est prête pour Neptune.

Comment va le marin ?
Je suis un peu fatigué, il a fallu beaucoup manœuvrer et régler les voiles. Le Pot au Noir est anormalement actif pour cette période de l’année mais bon il faut faire avec. Il remonte avec moi vers le Nord. Derrière, cela devrait être plus facile pour mes poursuivants. Au niveau des conditions, ça remue encore sur le bateau mais la mer commence à se ranger. Il fait moins chaud, le ciel est couvert mais c’est plus agréable pour vivre sur le bateau. Je vais faire une sieste, ranger mes affaires et reprendre des forces pour être en forme pour la suite.

Avec le stress permanent de la course, arrives-tu à te détendre un peu ?
Le soir, j’essaye de me détendre un peu, surtout dans les alizés. En ce moment, je regarde une nouvelle série, Band of Brothers, c’est sur la seconde guerre mondiale, c’est vraiment super et j’ai déjà terminé mes trois bouquins. Sinon, je continue à écouter mes podcasts à bord.

En ce moment tu es plutôt concentré sur ce qui se passe devant l’étrave ou derrière ?
Les deux…devant, il y une zone à traverser qui va être déterminante pour la suite de la course. Les prochaines 48 heures vont être décisives. Je sais que l’écart va se réduire, il va falloir être bon pour rester devant. J’ai un matelas d’avance mais on fera les comptes à la sortie. J’espère qu’on aura un peu de réussite, car on ne peut pas dire que j’ai été gâté depuis plusieurs jours.

Malgré les difficultés, on entend à ta voix que tu gardes toujours le sourire…
Ce n’est pas toujours facile, je ne change pas là-dessus, j’avance étape par étape en essayant de ne penser qu’au positif. Parfois, les conditions ne sont pas simples, il y a eu des moments vraiment compliqués mais je garde le sourire, je me raccroche à des petits détails. Tu vois rien que tout à l’heure, j’ai regardé des photos par satellite de la zone, je voyais des gros grains et quand je suis sorti de cette situation et que j’ai commencé à entrevoir le soleil, c’était ma petite victoire. Même si j’ai perdu du terrain et que la suite ne sera pas facile, ce sont des petites choses comme ça qui me permettent avancer.

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40 noeuds dans l’Ocean Indien

Images impressionnantes tournées le 1er janvier.

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Un peu de répit pour Idec +810mn

Training for the maxi tri IDEC Sport, skipper Francis Joyon, and his crew, prior to their circumnavigation crew record attempt for Trophy Jules Verne, off Belle Ile, on october 12, 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

IDEC s’offre un peu de répit et du soleil après avoir parcouru en 20 jours la moitié de son parcours à 24,2 nœuds de vitesse moyenne. L’équipage compte plus de 800 mn d’avance, soit un peu plus d’un jour sur le record.
Bousculé ces dernières 48 heures par une méchante houle travers à la marche du bateau, l’équipage de Francis Joyon se doit de ralentir la folle course en avant du maxi-trimaran IDEC SPORT. « C’est un amusant paradoxe » poursuit Francis, « Nous tentons de battre des records de vitesse, mais nous nous triturons les méninges depuis 48 heures pour essayer de ralentir le bateau tout en le préservant. »  Les superbes performances inégalées du plan VPLP lancé en 2005 ne doivent cependant pas faire oublier la violence des éléments qui, au terme de 19 jours, dont 8 menés à des vitesses rarement égalées, commence à prélever leur écot d’avaries, même superficielles. « Le plexiglas de la protection du poste de barre n’a pas résisté à une déferlante » explique sans émotion particulière Francis Joyon. « Nous avons dû bricoler un nouveau panneau pour protéger le poste de barre » renchérit Guénolé Gahinet.

À l’approche du 22ème jour de course sur le Trophée Jules Verne, IDEC SPORT a laissé la dépression australe, avec laquelle il a convolé en justes – et rapides  – noces sur toute la traversée de l’océan Indien, dans son sillage rectiligne. Après un « tout droit » express sur un même bord, Francis Joyon et son équipage, qui ont empanné et multiplié les manœuvres ces dernières heures, connaissent un ralentissement bienvenu. Salués par les albatros, forts de leur solide avance sur le tableau de marche du record planétaire (près de 800 milles ce matin), ils entament le dernier tronçon de leur parcours autour de l’Antarctique avec un peu de douceur méritée, comme en témoigne Sébastien Audigane dans son carnet de bord du jour…

« Nous venons de passer notre première journée ensoleillée depuis bien longtemps. En effet, après le « gybe » de ce matin, le temps s’est nettement amélioré laissant place au soleil, à une petite chaleur temporaire bienvenue. Plus de paquet de mer et de vent apparent fort dans la figure. Le casque ou la cagoule en néoprène ont été remplacés par les lunettes de soleil et le simple bonnet. Ça fait du bien de souffler un peu, la route est encore longue pour le Horn. Nous glissons sous gennak dans une mer encore un peu formée. Les albatros sont avec nous. Tout va bien à bord d’IDEC SPORT ! »

 

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Promesse d’un nouveau départ au Pot au Noir

150416- Entrainement en solo au large Lorient pour le monocoque 60 pieds IMOCA Banque Populaire VIII, Skipper, Armel Le Cléac'h.

Alex Thomson (Hugo Boss) est bien revenu sur Armel Le Cleac’h (Banque Populaire) et se trouve à 226 mn du leader. C’est encore beaucoup mais à l’approche du Pot au noir, il a encore sa chance. Une chance qu’il a su saisir à l’aller avec son tempérament fougueux. Hier, de la chance il en a eu après avoir eu un problème avec son enrouleur. “Je naviguais au près tribord amures sous J1 et grand-voile à pleine puissance avec la quille bien positionnée et les ballasts pleins. J’étais assis à la descente en train de manger lorsque j’ai entendu une explosion énorme. Je croyais que c’était un démâtage ! Je me suis précipité pour voir ce qui se passait. Le gréement était en place. Mais le J1 n’était plus attaché à l’étrave. On voit les pièces ici. L’enrouleur. Karver. La voile y était attachée. Et cette pièce, ce réa passait par ici. On voit que cela s’est ouvert. Il y avait deux causes possibles. L’axe s’est éventuellement cassé ou plus probablement, l’axe en est sorti. Mais l’attache reste toujours en place. C’est un peu bizarre. Mais on voit que c’est tordu et reste ouvert. L’enrouleur reste entier. Cet enrouleur Karver. Ce n’est pas là le souci. Cela fonctionne à merveille. Mais lorsque que tout s’est détaché, cela partait dans tous les sens et heurtait le pont et la coque, la barre des flèches et le foil. Il fallait en premier lieu l’empêcher de casser le bateau. Je me suis mis au portant, mais cela partait toujours dans tous les sens et il fallait que je l’attrape avec un lasso. Je l’ai saisi et l’ai attaché, mais cela provoquait encore des dégâts. Il fallait le déconnecter sans me blesser, car le bord était coupant. J’ai réussi à mettre la voile sur un autre enrouleur et à l’enrouler. Cela m’a coûté des milles, mais cela aurait pu me coûter la course. Cela aurait pu heurter le gréement et faire tomber le mât. J’étais content d’avoir résolu ce problème sans trop de dégâts. On voit bien les bords dentelés. J’ai de la chance que cela ne m’a pas touché. Je répète que ce n’est pas l’enrouleur mais cette pièce qui a causé le problème. L’axe s’est cassé ou en est sorti. Mais cela n’est pas de Karver. A part cela tout va bien. J’ai hâte d’être au reaching d’ici quelques jours. »

Est-ce qu’Alex Thomson a épuisé sa réserve de chance ? En tout cas il lui en faudra pour aller chercher Armel Le Cleac’h qui parait imperturbable et souverain sur ce Vendée Globe. Le Pot au noir ne s’annonce pas facile pour le leader. Il devrait le ralentir et le forcer à le passer plein ouest puis se rouvrir à nouveau dans son sillage. Cette remontée de l’Atlantique nord s’annonce passionnante et rien n’est encore joué. La tension va monter dans les prochains jours pour le dernier acte de ce Vendée avec pourquoi pas un rebondissement avec Jérémie Beyou 3e, en embuscade et qui ne lâche rien.

CLASSEMENT DE 12H :
1 – Armel Le Cléac’h – BANQUE POPULAIRE à 4 379,8 milles de l’arrivée.
2 – Alex Thomson – HUGO BOSS à  165,5 milles du leader
3 – Jérémie Beyou – MAITRE COQ à  678,3 milles du leader
4 – Jean-Pierre Dick – ST MICHEL – VIRBAC à 1 406,7 milles du leader
5 – Yann Elies – QUEGUINER – LEUCEMIE ESPOIR à 1 446,2 milles du leader

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Nouveau record pour Francis Joyon +1024mn

Le 31 décembre on avait laissé l’équipage d’IDEC aux portes des 40è avec 105mn de retard. 4 jours plus tard, Francis joyon et son équipage disposent de 1024 mn d’avance. Une ahurissante cavalcade australe qui s’est concrétisé par l’accaparement de nouveaux records intermédiaires, certes non homologables, mais qui font du bine au moral.

Après Leeuwin, voici à peine deux jours, c’est celui de la Tasmanie, au sud-est de l’Australie, qui est tombé en milieu de nuit, passant du maxi-trimaran Spindrift 2 de Yann Guichard et Dona Bertarelli, à celle des Joyon, Pella, Surtel, Gahinet, Stamm et Audigane. Il s’établit à présent à 18 jours, 18 heures et 31 minutes et efface les 20 jours, 4 heures et 37 minutes établis l’an passé par le plus grand trimaran de course au monde et ses 14 marins. IDEC SPORT entre de tonitruante manière dans l’Océan Pacifique avec ce matin plus de 1 060 milles d’avance sur son adversaire virtuel, le tenant du titre Banque Populaire V. Un écart conséquent appelé à se stabiliser ces prochaines heures, Loïck Peyron et ses 13 hommes d’équipage ayant en cette partie du parcours, réalisé de belles journées sur la route directe. Un moment modéré par une mer creuse et mal rangée, le tempo s’est de nouveau accéléré pour Joyon et ses hommes qui sont repassés au dessus de la barre des 800 milles parcourus quotidiennement, à la faveur de vitesses moyennes qui dépassent les 35 noeuds.
« Nous sommes en avance sur nos plus folles espérances » explique Francis Joyon. « Nous avons tiré le meilleur parti des conditions proposées. Le bateau, son excellent passage à la mer et son bon plan de voilure, associé à un équipage qui ne lâche rien, ont fait le reste. » Et Francis de se faire le porte-parole de l’unanime opinion du bord : « La route est encore longue et nous arrivons à un point de ce Trophée Jules Verne où hommes et matériel commencent à souffrir. »

 

A moins de 1 000 milles de l’antiméridien, IDEC SPORT en aura terminé, sur sa vitesse actuelle, demain soir avec la première moitié express de son tour du monde. Pour l’anecdote, il sera revenu sur une partie de la flotte du Vendée Globe, partie des Sables d’Olonne quelques 6 semaines avant son décollage de Ouessant.

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Interview Bernard Stamm : “Standby, boulot, dodo”

@ JM Liot/DPPI/IDEC

“Standby, boulot, dodo. Le rythme est élevé et pas le temps de parler à bord d’Idec Sport. C’est sympa mais studieux” Bernard Stamm livre un aperçu des conditions à bord alors que le bateau fonce à des vitesses incroyables.

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Francis Joyon dans les temps du record

IDEC Sport a rattrapé les 3/4 de son retard, passant de -700 mn il y a 3 jours à -100mn aujourd’hui. L’équipe a mis le turbo et glissera à la mi-journée sous l’Archipel des Kerguelen, 48 heures seulement après son passage à Bonne Espérance ! Des vitesses impressionnantes pour rester aussi à l’avant d’un front qui propulse le bateau au-delà des 40-45 nds en vitesse de pointe.

« Même si la probabilité restait faible, c’est vrai que d’avoir croisé un iceberg cette nuit, cela nous a refroidis, c’est le cas de le dire… », avoue Francis Joyon. « Aujourd’hui, on a une nouvelle zone à risque à traverser, mais à la tombée de la nuit, la situation doit s’améliorer » explique-t-il, pas mécontent de continuer sa progression de jour dans ces eaux peu accueillantes de l’océan Indien. La visibilité, qui persiste à 500 mètres dans la grisaille, la brume et le crachin ambiants, leur laisse le temps de réagir. À la barre, mais aussi au niveau des voiles, prêtes à être enroulées dans l’urgence pour parer le risque de contact avec ces blocs de glace dérivant.

Après 14 jours de course sur le Trophée Jules Verne, prudence et vigilance sont les maîtres-mots à bord d’IDEC SPORT. Sommé de rester sur le qui-vive –  les yeux en permanence sur le radar et sur la température de l’eau -, l’équipage de haut vol n’en met pas moins toute ses compétences au service de la performance. Les derniers relevés de positions qui se suivent depuis deux jours en témoignent. Ils confirment les hautes vitesses constantes, à 36 nœuds de moyenne, qui permettent au maxi-multicoque d’abattre les milles et de foncer tout droit sur la route des trois caps, à coup de 870 milles par 24 heures. Un rythme époustouflant qui dure depuis près de trois jours !

« On essaye d’être proche des 40 nœuds, »  confirme Francis Joyon  : « On est très motivés puisqu’il s’agit de ne pas se laisser rattraper par la dépression qui nous suit. Plus en arrière, on serait confronté à des conditions de vent et de mer plus difficiles qui nous rendraient beaucoup moins rapides. Il faut faire une moyenne de 36 nœuds pour rester devant et c’est vrai que 36 nœuds, ça y va… » poursuit-il. « Il faut être sans arrêt sur les réglages et à la barre qui peut décrocher à tout moment, comme cela s’est passé –  une fois avec moi, une fois avec Alex -, dans des vitesses de l’ordre de 44-45 nœuds. C’est très sportif tout ça ! »

À fond devant le front
Même topo de la part de Bernard Stamm qui se prépare « un risotto aux cèpes, agrémenté de parmesan, d’huile d’olive et d’un soupçon d’ail en poudre », avant d’aller prendre son quart.  « L’ambiance du bord est très studieuse dans ces conditions exigeantes. Le rythme est soutenu. C’est un peu stand-by, boulot, dodo », explique le marin suisse qui mesure qu’il devra tirer le meilleur du bateau une fois sur le pont, tout un gardant bien l’œil ouvert face aux risques encourus à 800 milles dans l’ouest des Kerguelen.  « Le front froid dépressionnaire nous suit comme notre ombre. Et s’il nous venait de freiner, de traîner sur une manœuvre, il nous rattraperait. On changerait radicalement de décor. Raison de plus pour appuyer sur le champignon », confirme-t-il.
Au même moment, IDEC SPORT fonce toujours à plein régime dans ces contrées lointaines. Calé dans le sillage de son concurrent virtuel, il ne concède plus que 270 milles de retard, soit une poignée d’heures à ces vitesses là, sur le chrono planétaire.
« Pour moi la marge globale sur le record reste excellente si on arrive à rester devant le front. Pour nous, c’est un peu maintenant que le Trophée Jules Verne se joue. Si on arrive à se maintenir devant, on garde une chance importante de le battre », ajoute de son côté Francis Joyon.

 

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